Pas de nouvelle vague Covid, juste un pic saisonnier des virus respiratoires (Dr Merabet)

La question d’un éventuel retour d’une vague de Covid-19 refait surface. Contacté par Médias24, le Dr Mouad Merabet, coordonnateur du Centre national des opérations d’urgence de santé publique, apporte des éclaircissements : « Il y a eu une vaguelette, mais plus maintenant. C’est la grippe qui circule à présent ».

Une circulation saisonnière des virus respiratoires

Chaque année, avec la baisse des températures, divers virus respiratoires refont leur apparition. « En cette période de froid, nous observons, dans l’hémisphère nord, une circulation des virus respiratoires saisonniers », explique le Dr Merabet. Cette circulation commence généralement en octobre et se poursuit jusqu’à la fin mars. Parmi les virus en circulation, on retrouve principalement :

Qu’en est-il du Covid-19 ?

Le SARS-CoV-2, responsable de la maladie Covid-19, continue de circuler, mais sous une forme atténuée. « Le SARS-CoV-2 circule sous forme de vagues entrecoupées de périodes d’intervagues », précise le Dr Merabet. Toutefois, ces vagues sont de moins en moins marquées et dépendent de l’apparition de nouveaux variants.

« Depuis Omicron en 2022, aucun nouveau variant préoccupant ou variant d’intérêt n’a été enregistré « , rassure-t-il. Seuls des sous-variants et sous-lignés d’Omicron ont été observés, sans impact significatif sur la gravité ou la transmissibilité du virus.

La grippe en première ligne

Cet hiver, une légère augmentation des cas de Covid-19 a été observée, mais elle est en train de disparaître. « Nous sommes désormais dans une période où le virus circule faiblement, sans grande vague », indique le Dr Merabet, qui parle de « vagues de troisième génération de Covid-19 », moins intenses qu’auparavant.

C’est la grippe qui domine actuellement. « En premier lieu, c’est le virus de la grippe qui circule », souligne le Dr Merabet, suivi du rhinovirus et du SARS-CoV-2. Les autres virus respiratoires, tels que le VRS ou le parainfluenza, circulent également, mais avec une intensité moindre.

Si le SARS-CoV-2 n’a jamais disparu et ne disparaîtra probablement jamais, il a perdu en gravité et en létalité. « On peut dire que la gravité et la létalité du SARS-CoV-2 rejoignent actuellement celles des autres virus respiratoires saisonniers », conclut le Dr Merabet.

Ainsi, la situation sanitaire actuelle ne présente aucun caractère inhabituel. Comme chaque hiver, la vigilance reste de mise, notamment pour les populations vulnérables, face à la circulation des virus respiratoires.

Où en est la situation du Covid-19 au Maroc ? (Dr Mouad Merabet)

Contacté par Médias24, le coordonnateur du Centre national des opérations d’urgence de santé publique au ministère de la Santé a fourni une évaluation détaillée de la situation épidémiologique actuelle du SARS-CoV-2 au Maroc. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) suit actuellement plusieurs variants du virus, dont cinq variants d’intérêt et quatre variants sous surveillance, parmi lesquels le variant dit « FLiRT » qui connaît une augmentation aux États-Unis. Cependant, « cette augmentation des niveaux de circulation n’a pas été accompagnée par une augmentation des cas de Covid graves et de décès », a précisé le Dr Mouad Merabet.

L’OMS n’ayant pas encore statué sur le risque lié à cette nouvelle lignée d’Omicron, les autorités sanitaires restent en état d’alerte et maintiennent une surveillance continue.

Concernant la situation au niveau national, le Dr Merabet a souligné que, « depuis le début de l’année 2024, le niveau de circulation du SARS-CoV-2 est faible, voire très faible au Maroc« . Il a noté que de « petites vaguelettes ont été enregistrées avec une gravité et une létalité très faibles mais non nulles« . Plus récemment, « nous avons enregistré une petite vaguelette avec deux cas graves et un décès, et ce depuis quatre semaines ».

Le Docteur Merabet a également assuré que les autorités sanitaires marocaines suivaient de près la situation épidémiologique au niveau mondial et national. « Nous procédons régulièrement à une évaluation des risques, sur la base des données scientifiques disponibles et des recommandations des organisations internationales, notamment l’OMS ».

Faible circulation du Covid-19 et recrudescence des cas de grippe saisonnière (Dr Mouad Merabet)

Les cas de Covid-19 se maintiennent à la baisse comme en témoignent les dashboards ci-dessous. 113 cas, deux cas sévères et un décès ont été enregistrés le 12 janvier courant, contre 373 cas et trois cas sévères recensés le 19 mai 2023. Le coronavirus devient-il une simple grippe ? La réponse avec le Dr Mouad Merabet, coordonnateur du Centre national des opérations d’urgence de santé publique.

Medias24
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Le Covid-19 détrôné par les virus saisonniers  

« Nous recensons des cas d’infection par le SARS-CoV-2, mais sa circulation demeure faible. Le taux de positivité est de 5% ; autrement dit parmi 100 patients présentant des signes d’infection respiratoire, seulement 5 sont positifs au SARS-CoV-2. En revanche, ce qui circule actuellement, de façon dominante, c’est l’influenza (grippe). Nous sommes en saison hivernale, et elle se caractérise par la recrudescence des cas d’infection respiratoire aiguë due à la circulation des virus saisonniers », explique à Médias24 le Dr Mouad Merabet.

Et d’ajouter : « Durant les deux premières années du Covid-19, la circulation habituelle des virus saisonniers était quasi nulle. C’est le SARS-CoV-2 qui dominait à l’époque. Or, les virus saisonniers sont de retour depuis 2022 et co-circulent avec le SARS-CoV-2. Aujourd’hui, ils sont en tête de liste, notamment l’influenza (en particulier l’influenza de type A) dont le taux de positivité est de 35%, suivie par le VRS (virus respiratoire syncytial) qui survient généralement chez les enfants mais peut aussi concerner les adultes, dont le taux de positivité se situe entre 8% et 10%. »

Aucun variant préoccupant du Covid n’a été enregistré au Maroc depuis Omicron 

« Il faut garder à l’esprit que les virus saisonniers présentent à leur tour des risques pour les personnes âgées, les personnes présentant des facteurs de risque et les patients atteints de maladies chroniques. Les infections virales saisonnières sont autant contagieuses et sujettes aux complications. Elles sont transmissibles par les mêmes modalités que celles du Covid-19″, poursuit le Dr Merabet.

« Nous devons avoir une culture de prévention des infections respiratoires aiguës après avoir fait face, pendant trois ans, au Covid-19. Les malades symptomatiques, quel que soit l’agent pathogène en cause, doivent donc porter des masques, s’éloigner des autres, s’isoler, éviter de se rendre dans des endroits publics. Ils doivent également consulter un médecin et éviter l’automédication. Les infections respiratoires aiguës, contrairement à ce qui est véhiculé, nécessitent du repos. Les personnes à risque doivent se faire vacciner annuellement contre la grippe saisonnière ».

« Le Covid-19 n’a pas totalement disparu. Nous sommes entrés actuellement dans les vagues de troisième génération, qui sont de petites vaguelettes. Les rumeurs ayant circulé récemment autour de l’apparition d’un nouveau variant plus grave que le variant Delta sont fausses. Depuis l’apparition d’Omicron, il n’y a eu aucun variant préoccupant. Seuls les variants d’intérêt et les variants sous surveillance sont enregistrés », souligne-t-il.

« Non, nous ne manquons pas de lits oxygène » (Dr Merabet)

Nous avons également fait réagir le Dr Merabet sur l’insuffisance prétendue des lits oxygène, signalée par certains internautes. « Non, nous ne manquons pas de lits oxygène. Nous n’en sommes pas là. Pas du tout. S’il est vrai que, par moments, les patients peuvent constater une saturation des lits oxygène, par exemple le soir, il ne faut pas généraliser ces expériences personnelles ».

Le ministère de la Santé et de la protection sociale a récemment démenti les rumeurs concernant la publication d’un communiqué de presse mettant en garde contre la hausse de la gravité des cas d’infection aux variants du coronavirus.

Dans un communiqué publié le mardi 16 janvier, le ministère précise que le variant Omicron-XBB fait partie des souches mondialement répandues depuis 2022. Le Maroc avait enregistré une petite vague de la troisième génération en avril et mai 2023, qui avait duré huit semaines et s’était caractérisée par une propagation modérée du sous-variant Omicron-XBB et de ses sous-variants, avec 12 cas graves et un décès enregistrés au cours de cette période.

Le ministère explique que la situation épidémiologique du Covid-19 est normale, et que les souches découvertes au Maroc ne représentent pas un danger sanitaire supplémentaire par rapport aux variants précédents. Il a en outre confirmé que les vagues de Covid-19 continuaient de s’atténuer en termes de gravité et d’intensité, grâce à l’immunité naturelle et à l’immunité acquise par la vaccination, ainsi qu’à la réduction constante de la gravité des variants en circulation.

Covid-19 : le ministère de la Santé appelle à la vigilance avec la possibilité d’une nouvelle vague provoquée par « l’Eris »

Aucun cas de contamination par la nouvelle souche EG.5 du variant Omicron n’a été signalée au Maroc à ce jour, mais sa propagation au Maroc et l’apparition d’une nouvelle vague sont probables, indique un communiqué du ministère de la Santé, qui a auparavant consulté le comité scientifique ad hoc. Ce communiqué a été publié ce vendredi 11 août 2023.

Ce dernier a estimé qu’une nouvelle vague, provoquée par la souche EG.5 appelée « Eris », est possible et pourrait provoquer des atteintes graves, voire des décès pour les personnes à risque, ajoute le communiqué.

Notons que cette souche est devenue la plus répandue en France avec 35% des atteintes. Dans ce pays, cette souche est considérée comme (légèrement) plus contagieuse et plus résistante aux anticorps, mais aucune certitude n’existe quant à sa virulence.

Le ministère rappelle que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a levé l’état d’urgence sanitaire internationale mais maintient les consignes de prudence face au risque de nouveaux variants. Le communiqué précise que le degré de virulence de la nouvelle souche n’a pas encore été déterminé. Il rappelle que la situation épidémiologique au Maroc est stable. Malgré cela, la population qui ne l’a pas fait est invitée à compléter ses doses vaccinales.

Toute personne présentant des symptômes respiratoires doit porter le masque, s’abstenir de se rendre au travail ou à des activités sociales et se rendre dans un établissement de soins pour être diagnostiquée.

Le ministère de la Santé a par ailleurs diffusé en interne à ses différents services et établissements, une circulaire à ce sujet qui peut être consultée ici.

Effets secondaires des vaccins anti-Covid-19 : les résultats de la pharmacovigilance au Maroc

Panuvéite, ulcère de Mooren, éruption maculopapuleuse et exacerbation de la rosacée sont autant d’effets indésirables provoqués par les vaccins anti-Covid-19 administrés au Maroc, et relevés par des études scientifiques. Ces cas restent cependant rares par rapport au vertige, à la fièvre, à la rougeur et à la fatigue, qui sont, eux, des effets secondaires plus courants.

37.000 évènements indésirables déclarés au Maroc

Traditionnellement, le développement d’un vaccin nécessite une dizaine d’années, mais la pandémie de Covid-19 a imposé la nécessité d’agir très rapidement.

De nombreux vaccins ont donc été mis sur le marché en urgence, et comme tout autre vaccin ou médicament, ils ont provoqué différents effets secondaires chez certains patients, dont la majorité restent bénins.

Depuis le début de la campagne de vaccination au Maroc en janvier 2021, près de 37.000 évènements indésirables ont été déclarés au Centre national de pharmacovigilance, principalement via la plateforme Yakadaliqah (70%), dans le cadre de la stratégie nationale de surveillance des évènements indésirables post-vaccinaux, apprend-on.

« Sur ces 37.000 cas, 6.000 ont été déclarés avec des délais allant de un à onze mois », nous confie le Centre de pharmacovigilance joint par nos soins.

« Parmi ces 6.000 cas d’événements dits retardés, nous avons eu une centaine de cas de Covid-19. Les déclarants faisaient référence à un échappement aux vaccins administrés, mais cela reste inférieur aux taux attendus avant la vaccination. »

« Nous avons également reçu des cas de manifestations d’ordre général, telles que la fatigue, le vertige, les troubles hormonaux, notamment les troubles menstruels mineurs chez les jeunes filles. Les déclarations de troubles menstruels restent toutefois faibles au Maroc par rapport à ce qui a été observé au niveau international », ajoute notre source.

« Certaines personnes vaccinées ont pour leur part rapporté des douleurs articulaires et des tendinites ayant duré quelques mois après la vaccination. »

« Sur les 37.000 cas, moins de 1% ont été rapportés comme étant sérieux »

Et notre interlocutrice d’ajouter : « Lorsque l’on compare le profil des effets indésirables déclarés immédiatement ou dans le mois suivant la vaccination et ceux déclarés tardivement, il n’y a pas une grande différence. Il n’y a pas non plus de différence entre les différents vaccins administrés au Maroc » en termes d’événements indésirables rapportés.

« Nous avons par exemple des cas d’anxiété rapportés, qui étaient pour la majorité davantage en rapport avec la maladie du Covid-19 elle-même et la période anxiogène de la vaccination qu’avec le vaccin anti-Covid. »

« Sur les 37.000 cas, moins de 1% ont été rapportés comme étant sérieux. Cela signifie qu’ils ont nécessité une prise en charge », ajoute le centre, expliquant que « lorsque l’on parle de cas sérieux, il peut notamment s’agir de cas considérés comme tels par ceux qui les ont déclarés, ou ayant nécessité une admission a l’hôpital par exemple ».

En revanche, au Maroc, « nous n’avons pas reçu de cas de syndrome thrombotiques thrombopénique ayant fait l’objet de signal au niveau de certains pays. Cependant, sur les 37.000 évènements déclarés, on compte trois cas de thrombopénies auto-immunes. Tous les cas considérés graves et qui ont représenté moins de 1% de l’ensemble des déclarations ont été rapportés dans le mois suivant la vaccination », précise notre source.

Des cas de manifestation oculaire après la vaccination anti-Covid…

Outre les effets secondaires rapportés au Centre de pharmacovigilance, d’autres ont fait l’objet d’études scientifiques, notamment les manifestations oculaires.

Les effets secondaires oculaires des vaccins anti-Covid-19 ont été largement signalés au niveau mondial, y compris au Maroc. C’est le cas d’une femme de 41 ans, sans antécédent médical significatif, hormis une hyperthyroïdie traitée par antithyroïdien de synthèse, qui a développé une panuvéite. On parle de panuvéite lorsque l’uvée est affectée dans son intégralité. Non traitée, la maladie risque d’entraîner des conséquences graves, car cette inflammation peut affaiblir la vision ou provoquer une perte de la vue.

Une étude réalisée par des chercheurs marocains du service d’ophtalmologie à la Faculté de médecine et de pharmacie de Tanger montre que trois jours après la réception de la seconde dose du vaccin Pfizer, cette femme a souffert d’une éruption cutanée douloureuse avec démangeaisons et d’une éruption vésiculeuse impliquant la paupière gauche, suivies d’une rougeur oculaire, d’une diminution de la vision, avec une aggravation de la douleur un jour plus tard.

Peu fréquent, le développement d’une uvéite après la vaccination est tout de même connu. Des manifestations oculaires à la suite du vaccin anti-Covid-19 ont d’ailleurs été rapportées par un grand nombre de personnes vaccinées dans le monde. Une étude de cas multinationale, réalisée au niveau de 40 centres sur trois mois en 2021, a conclu que l’inflammation oculaire se produit dans les 14 jours suivant le vaccin anti-Covid-19. La plus répandue est l’uvéite antérieure, avec plus de la moitié des patients ayant des antécédents reconnus d’uvéite.

D’autres manifestations oculaires ont par ailleurs été rapportées dans la littérature, notamment les uvéites antérieure et postérieure, la sclérite antérieure, la réactivation du virus Varicella-Zoster liée à l’uvéite, la paralysie du nerf facial, la paralysie du nerf abducens et la thrombose de la veine ophtalmique supérieure…

Un autre cas d’ulcère de Mooren, après la vaccination contre le Covid-19, a également fait l’objet d’une étude menée par des chercheurs marocains du service d’ophtalmologie pour adultes à la Faculté de médecine et de pharmacie de Casablanca. C’est une maladie rare du segment antérieur de l’œil, caractérisée par une kératite ulcéreuse unilatérale ou bilatérale rapidement progressive.

La patiente, âgée de 49 ans et suivie pour un prurigo cutané depuis janvier 2017, avait également rapporté une rougeur et une douleur à l’œil droit après la première dose du vaccin inactivé Sinopharm. Après une semaine de l’administration de la seconde dose, elle consulte à nouveau pour une baisse de son acuité visuelle.

… et des effets indésirables cutanés

Une autre étude a été réalisée par un groupe de chercheurs marocains du service de dermatologie du Centre hospitalier universitaire  (CHU) de Tanger, de la Faculté de médecine et de pharmacie de Tanger et du Centre de pharmacovigilance sur un cas rare d’association de trois réactions cutanées après la vaccination par AstraZeneca.

Il s’agit d’une patiente de 21 ans avec des antécédents médicaux d’anémie ferriprive, sous supplémentation orale en fer, qui a présenté trois effets indésirables différents dont le risque de gravité était qualifié de léger : réaction au site d’injection, exanthème maculopapulaire (EMP) avec énanthème et exacerbation de la rosacée après la prise de sa première dose de vaccin AstraZeneca.

Une anamnèse a démontré que la patiente avait été vaccinée cinq jours avant sa consultation. L’apparition des taches rouges au site d’injection, avec démangeaisons, a démarré trois jours après la vaccination. L’érythème s’est rapidement généralisé, produisant un exanthème maculopapulaire. La patiente, qui ne rapportait aucun antécédent allergique, ne présentait pas de prurit (hormis au site d’injection).

A l’examen clinique, cinq jours après la vaccination, l’éruption cutanée était généralisée, constituée de macules et de papules qui ne forment pas d’écailles (exanthème maculopapulaire). Sur le visage, la patiente présentait également un érythème qui était en faveur d’une rosacée (après examen clinique et dermoscopique).

Comme tout médicament, tout vaccin approuvé comporte un certain risque d’effets secondaires. Les effets indésirables cutanés des vaccins comprennent des réactions locales et généralisées. Certains mécanismes d’action sont connus, tandis que d’autres ne sont pas encore bien élucidés. La cause principale de ces réactions est allergique ou pseudo allergique. L’hypersensibilité peut être de type immédiat ou de type retardé, et elle est due au vaccin ou à l’un de ses composants.

La chloroquine discrètement retirée du protocole thérapeutique officiel du Covid

Les principaux changements, par rapport à la précédente version publiée en janvier 2022, sont les suivants :

– Au niveau du diagnostic des cas confirmés, l’usage du scanner n’est obligatoire que lors d’un contexte épidémiologique évocateur. Ce n’est donc plus un élément de confirmation mais d’orientation.

– Le dépistage élargi laisse place au dépistage ciblé.

– La quarantaine n’est plus recommandée.

– En ce qui concerne le traitement du Covid, l’hydroxychloroquine a été retirée du protocole.

– La période d’isolement pour les cas asymptomatiques et bénins passe à cinq jours au lieu de sept.

« La situation épidémiologique est la meilleure depuis l’apparition du Sars-Cov-2 au Maroc »

Dans une circulaire adressée ce vendredi 3 mars aux professionnels de la santé, le ministre de la Santé et de la protection sociale, Khalid Ait Taleb, estime que la situation actuelle est la meilleure depuis l’apparition du virus au Maroc.

« Elle est marquée par une diminution de l’ensemble des indicateurs de morbidité et de mortalité sur l’ensemble du territoire national », indique-t-il.

« Dans ce contexte, et selon les dernières recommandations du comité national scientifique et technique de la grippe, des infections respiratoires aigües (IRA) et du Covid-19, le manuel de procédure de veille et de riposte à l’infection par le Sars-Cov-2 a été actualisé, tenant compte de l’évolution de la situation épidémiologique et des dernières évidences scientifiques sur le virus et la maladie. »

Cette nouvelle version prendra effet à compter du 6 mars 2023.

Traitement : plus d’hydroxychloroquine

Des changements ont également été opérés sur le traitement et les conditions et durée d’isolement.

Le ministère retire l’hydroxychloroquine du protocole thérapeutique. Les patients Covid-19 seront traités selon leur état. Les cas asymptomatiques se contenteront de la vitamine C, de la vitamine D et du paracétamol, ainsi que d’autres médicaments selon leur tableau clinique.

Un traitement curatif sera indiqué chez les personnes adultes vulnérables (avec un ou plusieurs facteurs de risque de complications). Il s’agit du nirmatrelvir/ritonavir ou du molnupiravir durant cinq jours.

Par ailleurs, une antibiothérapie sera prescrite en cas de signes de surinfections bronchiques et un anticoagulant à dose préventive, si alitement.

Chez le diabétique hospitalisé, la metformine est à arrêter. Elle présente un risque augmenté d’acidose lactique en cas d’hypoxie.

Le suivi de la situation épidémiologique se fera à présent avec une rythmicité hebdomadaire et non quotidienne.

Enfin, aucune exigence n’est requise pour le départ ou l’arrivée des voyageurs internationaux. Des procédures spéciales seront établies si la situation épidémiologique l’exige.

Covid-19 : « La situation épidémiologique actuelle est la meilleure depuis l’apparition du virus au Maroc » (Dr Merabet)

Ce mardi 7 février, dans une présentation du bilan bimensuel de la situation épidémiologique, Mouad Merabet, coordonnateur du Centre national des opérations d’urgence de santé publique du ministère de la Santé et de la protection sociale, a annoncé que « la situation épidémiologique actuelle est la meilleure depuis l’apparition du coronavirus au Maroc ».

Depuis quatre semaines, le Maroc est en cinquième phase intermédiaire, après une cinquième petite vague de propagation massive du virus SARS-CoV qui a duré dix semaines et s’est manifestée par un niveau moyen de propagation du Covid-19, signale le Dr Merabet.

La cinquième phase intermédiaire se caractérise par une faible propagation du variant Omicron et de ses sous-variants, notamment BQ.1 et BA.2, relève-t-il.

Seulement 27 cas admis en réanimation depuis début 2023

« Depuis le début de l’année en cours, seuls 27 cas ont nécessité une hospitalisation en réanimation, dont seulement deux cas admis au cours des deux dernières semaines. Deux personnes âgées sont décédées des suites de graves complications du Covid au cours des premières semaines de cette année », indique le Dr Mouad Merabet.

Au niveau mondial, les indicateurs de morbidité, de virulence et de létalité sont en baisse continue dans les six régions surveillées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), poursuit-t-il.

« Bien que les sous-variants d’Omicron circulant actuellement dans le monde soient hautement transmissibles, une discontinuité entre l’infection et la maladie grave a été observée, par comparaison aux variantes préoccupantes précédentes », note le responsable. « Le virus conserve la capacité de muter et de donner naissance à de nouvelles variantes aux caractéristiques imprévisibles », nuance-t-il toutefois.

Le Covid-19 est toujours très meurtrier par rapport aux autres maladies infectieuses respiratoires

Dans une déclaration à l’issue de la tenue de la 14e réunion du Comité d’urgence du règlement sanitaire international concernant le coronavirus, l’OMS considère que la pandémie de Covid-19 constitue encore une urgence de santé publique internationale, informe le Dr Merabet.

Et d’expliquer : « Malgré l’amélioration significative de la situation épidémiologique mondiale, le Covid-19 est toujours très meurtrier par rapport aux autres maladies infectieuses respiratoires. La réticence à la vaccination et la diffusion continue de fausses informations sont des obstacles additionnels à la mise en œuvre d’interventions essentielles de santé publique. »

Au Maroc cependant, « la situation épidémiologique est rassurante dans toutes les régions du pays. L’unité de dépistage veille toujours à suivre les indicateurs épidémiologiques, y compris les mutants circulants, dans le cadre de la surveillance génomique », conclut le Dr Merabet.

Covid-19 : aucun cas ce lundi 30 janvier au Maroc, une première

Dans son bulletin quotidien sur la situation épidémiologique, le ministère de la Santé et de la protection sociale a fait état de trois guérisons et zéro nouveau cas d’infection à la Covid-19.

Le Maroc a enregistré 1.272.229 cas de contamination depuis le premier cas signalé au Maroc, le 2 mars 2020.

Le nombre total de décès est toujours de 16.296 (létalité 1,3%). Aucun décès n’a été enregistré lors des dernières vingt-quatre heures.

Les cas actifs sont au nombre de 66. Le nombre de cas sévères ou critiques s’établit à 2, avec zéro cas lors des dernières vingt-quatre heures.

Hajj 2023 : aucune limite sur le nombre de pèlerins cette année

« Le nombre de pèlerins reviendra à ce qu’il était avant la pandémie, sans aucune limite d’âge », a déclaré le ministre saoudien du Hajj, Toufic al Rabiha, le lundi 9 janvier lors d’une conférence de presse à Riyad.

L’année dernière, près de 900.000 fidèles, dont quelque 780.000 étrangers tirés au sort, avaient été accueillis à La Mecque, à condition d’être âgés de moins de 65 ans, d’être vaccinés et de présenter un test PCR négatif.

En 2021, pour limiter la propagation du virus, seuls 60.000 résidents d’Arabie saoudite ont été autorisés à faire le grand pèlerinage annuel, et à peine un millier l’année précédente, contre 2,5 millions de musulmans du monde entier en 2019.

L’un des cinq piliers de l’islam, le Hajj, consiste en une série de rites devant être accomplis sur cinq jours, à La Mecque et dans la région avoisinante, par tout musulman qui en a les moyens, au moins une fois dans sa vie.

ONDA : seuls les passagers ayant quitté la Chine sept jours avant leur arrivée seront admis au Maroc

Cette décision fait suite à celle prise par les autorités marocaines d’interdire l’accès au territoire national à tous les passagers en provenance de la Chine, indépendamment de la nationalité des voyageurs, à partir de ce mardi 3 janvier.

Une mesure préventive motivée par la récente augmentation de la transmission du Covid-19 en Chine, qui semble préoccuper plusieurs pays dans le monde. En témoigne certaines autorités sanitaires qui imposent désormais des restrictions aux voyageurs venant de Chine continentale, dont des tests négatifs.

Covid-19 : la Chine dénonce les restrictions imposées par plusieurs pays aux Chinois

« Certains pays ont mis en place des restrictions liées au Covid à l’entrée visant uniquement les voyageurs chinois. Cela est dénué de base scientifique et certaines pratiques sont inacceptables », a déclaré la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Mao Ning, ajoutant que la Chine pourrait prendre des « contre-mesures réciproques« .

La Chine maintient ses frontières largement fermées aux ressortissants étrangers depuis 2020. Le pays ne délivre plus de visas touristiques depuis bientôt trois ans et impose une quarantaine obligatoire à l’arrivée. Cette mesure d’isolement sera levée le 8 janvier, mais un test de dépistage de moins de 48 heures restera exigé avant d’arriver sur le territoire chinois.

Cette décision coïncide avec la reprise attendue et progressive de voyages à l’étranger par les Chinois, après trois ans de frustration. Au nom du principe de précaution, une douzaine de pays ont décidé d’imposer des tests PCR aux voyageurs en provenance de Chine, touchée par une déferlante de cas de Covid.

Rappelons que le Maroc a interdit l’entrée sur son territoire à tous les voyageurs en provenance de Chine, quelle que soit leur nationalité.

(Avec AFP)

Géopolitique. Comment va l’Afrique? Un entretien avec Abdelhak Bassou (PCNS)

Médias24 : Parlez-nous de ce rapport annuel de la géopolitique en Afrique. Quels sont ses objectifs et quelle est votre méthodologie de travail ?

Abdelhak Bassou : L’idée a commencé à germer en 2017. Elle se résume dans le fait que les chercheurs et membres du Policy Center for the New South qui traitent de l’Afrique dans leurs travaux durant toute l’année peuvent, chacun dans son domaine de prédilection, participer à un rapport sous forme d’ouvrage collectif qui rassemble les idées, réflexions, constats et observations sur la géopolitique de l’Afrique pendant l’année.

Cette idée initiale a été enrichie par une autre, celle de faire participer aux côtés des auteurs marocains d’autres experts et analystes parmi leurs frères africains. Le rapport devient ainsi une tribune de rencontres africaines où se croisent chaque année les perceptions des Africains sur la géopolitique de leur continent. L’une des ambitions du rapport est également de substituer aux discours afro-pessimistes et afro-optimistes, un narratif afro-réaliste qui raconte l’Afrique telle qu’elle est afin de mieux concevoir ce qu’elle doit être.

– Quels ont été les faits les plus marquants de la géopolitique africaine retracés dans ce rapport ?

– Nos auteurs présentent des analyses qui vont au-delà des faits géopolitiques ; ils analysent une année géopolitique et tentent d’en dégager une vision.

Certains faits géopolitiques ne sont pas traités en eux-mêmes en tant que faits, mais comme générateurs de problématiques géopolitiques. Le rapport raconte l’année 2021 et se trouve donc marqué par les effets de la pandémie et les efforts déployés pour un retour à la normale. Les événements du Mali, du Burkina Faso et de la Guinée ne sont pas sans marquer le panorama général de l’Afrique et par conséquent du rapport ; il en va de même de la persistance du climat d’instabilité en Libye ou de la situation qui secoue la Corne de l’Afrique.

Tous ces événements qui marquent l’année ne détournent pas les esprits de nos auteurs des questions structurelles et des facteurs constants qui doivent être rappelés, et sur lesquels nous revenons constamment, comme les problématiques de la gouvernance, du genre et du changement climatique.

– Comment l’Afrique a-t-elle géré la crise du Covid et comment en est-elle sortie ?

– Je crois que sur la gestion de la Covid-19 ou des crises en général, l’Afrique est à traiter au cas par cas. On ne peut pas, comme le font les analystes non africains, mettre dans un même panier les cinq régions et les 54 pays, pour ne finalement regarder que ceux qui s’en sortent mal, généraliser la vision et conclure que l’Afrique a mal géré la crise.

La réalité est que la gestion de la pandémie a changé d’un pays à l’autre et d’une région à l’autre. Cependant, la pandémie a révélé certaines défaillances africaines.

D’abord, un manque de solidarité entre pays africains. Si le Maroc par exemple a pris certaines initiatives pour soutenir des pays sur le continent, beaucoup d’autres pays africains nantis n’ont pas fait le geste. Ensuite, aucun pays africain n’est suffisamment développé en termes d’industrie médicale pour pouvoir donner à l’Afrique une assistance africaine. Toute l’Afrique est restée dépendante de l’étranger.

– L’Afrique a longtemps souffert de l’insécurité et de la violence. C’est une image qui lui colle. Est-ce toujours le cas ?

– Malheureusement oui. En tout cas jusqu’en 2021, année étudiée par le rapport, le continent n’est pas seulement un foyer de tension et d’insécurité, mais ce climat d’insécurité s’aggrave et s’étend. Aux antres classiques et connus depuis les deux dernières décennies comme le Sahel, la Corne de l’Afrique ou la région des Grands Lacs, s’ajoute le Bassin du lac Tchad, le Mozambique et l’Afrique centrale, sans parler de la situation en Libye et au Soudan.

Si l’on se doit de se féliciter de la quasi-disparition des guerres chaudes entre les Etats africains, force est de constater que les animosités et hostilités entre ces pays continuent de s’exprimer dans des conflits froids ou même tièdes, via des proxys ou par des moyens subversifs divers dont l’encouragement au séparatisme est la forme la plus classique.

– Parlons un peu de la crise du Sahel, qui concerne aussi le Maroc au vu de la proximité géographique. En quoi cette crise est-elle complexe ? Comment peut-on s’attendre à ce qu’elle évolue ?

– Il y a deux perceptions du Sahel : le concept restreint qui calque le Sahel sur les cinq pays du G5 Sahel et le concept élargi qui va de l’Atlantique jusqu’à la mer Rouge. Les deux formules présentent des situations qui ne peuvent être que complexes ; d’abord en considération de la multitude d’acteurs locaux et étrangers qui interviennent et dont les intérêts divergent. Le Sahel est de ce fait un théâtre de confrontation de stratégies multiples et diverses. Cette multiplicité d’acteurs et de stratégies donne naissance à des alliances qui se font et se défont dans des logiques qui défient la raison.

Tous les paysages géopolitiques sont volatiles et rendent les lendemains incertains. La conjoncture internationale qui ne fait que se compliquer avec la guerre de la Russie en Ukraine et les menaces de conflits dans l’Indopacifique, n’est pas de nature à augurer. Les Russes sont déjà au Mali ; les Iraniens arrivent dans la région ; du moins, c’est ce que laisse croire la multiplication des contacts entre Iraniens et Maliens et les solides relations que les deux parties entretiennent avec la Russie. Les Algériens autorisent désormais leur armée à intervenir à l’extérieur et consacrent 5 milliards de dollars de leur budget militaire à des opérations hors de l’Algérie qui ne peuvent être qu’au Sahel. La situation ira donc en se compliquant, par l’arrivée de nouveaux acteurs qui tenteront certainement d’aller plus loin que le Mali et de déstabiliser toute l’Afrique de l’Ouest.

– Les coups d’Etat ont toujours la peau dure en Afrique. Le rapport en parle. Pourquoi un bon nombre d’Etats africains n’arrivent toujours pas à s’en défaire ?

– Les coups d’Etat que l’on a cru disparaître du paysage politique africain, et surtout ouest-africain ont, hélas, connu un retour fracassant ces derniers temps. Cela a été le cas pour le Mali, la Guinée et le Burkina Faso, avec, en plus, un phénomène de coup d’Etat dans les coups d’Etat (Mali et Burkina Faso). Ce télescopage entre le militaire et le politique constitue un frein sérieux au processus de construction de l’Etat de droit dans le contexte africain et impacte négativement les performances économiques des Etats concernés.

A ce phénomène du retour du spectre des coups d’Etat militaires, il conviendrait d’ajouter une pratique largement diffuse connue sous le nom de « coups d’Etat constitutionnels », qui consistent en l’introduction de réformes constitutionnelles dans plusieurs Etats africains, et dont l’objectif premier est de contourner la limite de nombre de mandats présidentiels.

– Changeons pour un ton plus optimiste ! Quelles ont été les bonnes nouvelles en termes de géopolitique africaine ?

– Le tableau géopolitique n’est pas complètement négatif en Afrique, comme le précise mon collègue Jamal Machrouh dans sa contribution au rapport. Plusieurs bonnes nouvelles peuvent effectivement être signalées. Il en est ainsi de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) opérationnelle en janvier 2021. Il est également question de l’amélioration des relations diplomatiques entre le Rwanda et le Burundi, après l’arrivée au pouvoir en 2020 d’un nouveau président, Évariste Ndayishimiye. Cette amélioration va aboutir à une réouverture des frontières entre les deux pays en 2022.

Une troisième bonne nouvelle est l’arrivée au pouvoir d’un nouveau président en Tanzanie, Mme Samia Suluhu Hassan, en mars 2021. La tournée diplomatique qu’elle a effectuée en Ouganda et au Kenya a participé à la suppression de nombreux obstacles, en particulier les mesures non-tarifaires, qui freinaient les échanges commerciaux entre ces pays, membres de la communauté d’Afrique de l’Est.

– Comment évolue le multilatéralisme en Afrique ?

– Il évolue en dent de scie et oscille entre, d’une part, de bonnes performances institutionnelles et normatives et, d’autre part, des réalisations insuffisantes en termes de volumes d’échanges commerciaux et de coordination politique.

Ainsi, la mise en place de la ZLECAF n’a pas encore produit des effets concrets puisque les négociations sur les questions techniques, comme les règles d’origine et la catégorie des produits sensibles, n’ont pas encore été achevées.

Pareillement, l’adoption d’une architecture de paix et de sécurité africaine, avec au centre un Conseil de paix et de sécurité, ne s’est pas traduite par un management inclusif et efficace des crises et conflits en Afrique.

L’Afrique représente une sorte de dernière frontière de développement et de croissance pour le monde

– Que pouvez-vous nous dire sur l’évolution de l’influence des puissances étrangères en Afrique ?

– L’Afrique représente une sorte de dernière frontière de développement et de croissance pour le monde. Les rivalités entre les puissances étrangères globales, mais aussi régionales, pour s’accaparer des parts additionnelles du marché et des potentialités économiques africaines sont de plus en plus apparentes.

La Chine poursuit sa percée économique en Afrique tandis que l’Occident tente d’y préserver ses marges d’influence. Au même moment, la Russie, la Turquie, l’Iran et bien d’autres conduisent des stratégies cohérentes pour renforcer leur présence en Afrique. La question, c’est de savoir si l’Afrique continuera à être un théâtre sur lequel se déploient les rivalités des puissances étrangères ou, au contraire, si elle réussira à s’imposer comme un partenaire à part entière.

– Quelle place pour le Maroc dans cette Afrique, entre un Maghreb qui a l’air impossible, un retour réussi à l’Union africaine et le renforcement des relations bilatérales avec un bon nombre de pays africains ?

– Le Maroc a forgé une vision globale et cohérente pour son action africaine. Celle-ci privilégie la conception et la réalisation de projets de développement structurants dans une approche de coopération Sud-Sud et win-win. Le projet du gazoduc Nigéria-Maroc en est une parfaite illustration. Il s’agit d’un projet d’acheminement du gaz à partir du Golfe de Guinée jusqu’en Europe en passant par onze pays ouest-africains, en plus de la Mauritanie et du Maroc. L’acheminement du gaz n’étant pas une fin en soi mais uniquement un moyen de participer à l’autonomie énergétique de l’ensemble des parties et au développement économique de toute la région.

L’expert, Abdelhak Bassou

Abdelhak Bassou est Senior Fellow au Policy Center for the New South, spécialisé dans les études en sécurité et en stratégies de défense. Il est également professeur affilié à la faculté de gouvernance et des sciences économiques et sociales de l’Université Polytechnique Mohammed VI.

Il a précédemment occupé plusieurs fonctions au sein de la Direction générale de la Sûreté nationale marocaine, où il a été chef de la division des frontières de 1978 à 1993. Il a exercé en tant que directeur de l’Institut royal de la police en 1998. Il a également occupé le poste de chef de la sécurité régionale (Errachidia 1999-2003, Sidi Kacem 2003-2005) et a été chef des renseignements généraux centraux de 2006 à 2009.

Abdelhak Bassou a contribué aux travaux de plusieurs organisations internationales, notamment le Conseil des ministres de l’Intérieur arabes de 1986 à 1992, où il a représenté la Direction générale de la sécurité nationale lors de nombreuses réunions. Abdelhak Bassou est titulaire d’une maîtrise en sciences politiques et études internationales de la faculté de droit, d’économie et de sciences sociales de l’Agdal à Rabat.

L’expert, Jamal Machrouh

Jamal Machrouh est Senior Fellow au Policy Center for the New South, où il se concentre sur les questions de géopolitique et de relations internationales.

Il est également professeur associé à la Facultés de Gouvernance, Sciences Economiques et Sociales de l’Université Mohamed VI Polytechnique et professeur de relations internationales à la National School of Business and Management, Ibn Toufaïl University à Kenitra.

Par ailleurs, Pr. Machrouh est chargé de conférences au Collège royal de l’enseignement militaire supérieur de Kénitra et à l’université Södertörn de Stockholm, en Suède. Il est l’auteur d’un livre intitulé « Justice and Development under World Trade Organization » et de divers articles traitant des relations internationales et de la géopolitique.