Espagne : arrestation d’un présumé partisan de Daech avec la collaboration de la DGST marocaine

« Grâce à la coopération étroite en matière de lutte antiterroriste entre la Guardia civil et la DGST, les services de sécurité ont pu identifier et interpeller cet individu, dont l’activité intense sur les réseaux sociaux sert la stratégie de propagande de l’organisation terroriste Daech », indique la Garde civile dans un communiqué.

Le mis en cause, placé en détention sur ordre du juge d’instruction, représente une menace potentielle pour la sécurité publique en raison de son exposition continue à des contenus djihadistes particulièrement violents, précise la même source.

L’arrestation du présumé partisan de Daech a été rendue possible grâce à la collaboration de la DGST.

Cette opération s’inscrit dans le cadre de la coopération continue entre l’Espagne et le Maroc en matière de lutte contre le terrorisme et l’extrémisme, et des efforts des deux pays en faveur de la sécurité régionale et internationale.

Cellule liée à Daech : voici le commentaire d’Alain juillet, ancien directeur du renseignement à la DGSE

Réagissant, dans une déclaration à la MAP, à la mise en échec d’un plan terroriste d’une extrême gravité visant le Maroc, à l’instigation et sur incitation directe d’un haut dirigeant de Daech au Sahel, ainsi qu’aux recherches et investigations menées par le BCIJ qui ont permis de recueillir des informations de terrain étayées par des données techniques sur l’existence d’une zone montagneuse, suspectée d’être utilisée comme l’arrière-base de soutien logistique en armes et munitions destinées aux membres de cette cellule pour l’exécution de ses plans terroristes, Alain Juillet a mis en avant « le professionnalisme, l’efficacité et l’anticipation des services de sécurité marocains ».

Évoquant l’existence de foyers radicaux islamistes au Sahel, il a fait remarquer que la capacité d’anticipation des services de sécurité est « extrêmement importante » pour empêcher ces individus de passer à l’acte.

Dans ce cadre, a-t-il précisé, le Maroc est connu pour être « un des pays les plus efficaces dans la lutte antiterroriste, grâce aux capacités d’anticipation de ses services et à leur maîtrise et bonne connaissance de ces milieux qui lui permettent d’identifier rapidement les risques et les menaces terroristes ».

L’ancien directeur à la DGSE a rappelé, dans ce contexte, l’ »excellent » niveau de coopération entre la France et le Maroc dans ce domaine.

« Les services de sécurité marocains obtiennent de très bons résultats. Ils sont bien informés. La dernière opération prouve qu’ils ont su agir efficacement avant que l’on soit arrivé au stade des attaques. Et ça, c’est très important dans le domaine de la lutte antiterroriste », a estimé Alain Juillet.

Et d’ajouter que « l’exploitation des résultats des investigations et enquêtes diligentées dans ce cadre va permettre non seulement d’éclaircir les tenants et aboutissants de cette affaire, mais de mettre au grand jour des ramifications dans d’autres pays, parce que le terrorisme islamiste a une vocation internationale ».

(Avec MAP)

Cellule terroriste liée à Daech : le film des événements et des interrogations légitimes

Les habitants des quartiers de neuf villes (Casablanca, Tanger, Tamesna, Azemmour, Tanger, Laâyoune, Fès, Guercif, Ouled Teïma) se sont réveillés, le mercredi 19 février, sur un scénario peu habituel.

Les services de la DGST et de la DGSN quadrillent le quartier que survolent des hélicoptères, alors que des snipers sont postés sur les toits pour ne rien laisser au hasard.

Des policiers (hommes et femmes) mettent à l’abri les habitants par mesure de sécurité avant l’intervention des éléments de la Force spéciale. Armés de béliers, ils enfoncent des portes blindées, lâchent des grenades assourdissantes et prennent d’assaut les lieux. D’autres membres de la même force interviennent depuis les terrasses à l’aide de cordages. En un clin d’œil, les cibles sont neutralisées : 12 individus au total, âgés entre 18 et 40 ans.

Les enquêteurs, accompagnés de chiens renifleurs, passent les lieux au peigne fin. Était-il nécessaire de procéder au déploiement d’un dispositif aussi imposant ? La réponse est oui, et les rebondissements qui suivront nous confortent dans cette conviction.

Les enquêteurs ont saisi des charges explosives prêtes à l’emploi sous forme de bonbonnes de gaz bourrées de clous pour faire le maximum de dégâts. Cela rappelle le mode opératoire des terroristes du 16 mai 2003. Mais aussi une cocotte-minute piégée, et cela nous renvoie à l’attentat du café Argana à Marrakech, le 28 avril 2011.

Plus tard dans cette journée du mercredi, les enquêteurs déterrent un autre engin explosif caché par les prévenus à Aïn Aouda, non loin de Rabat.

De Tamesna au Sahel et du Sahel à Boudnib

Le jeudi 20 février, l’enquête menée par la DGST débouche sur une autre découverte qui fait froid dans le dos. Un arsenal d’armes à feu est découvert dans la commune Oued Naâm dans la région de Boudnib, près de la frontière orientale du Royaume. Et il y avait de quoi perpétrer des massacres : deux Kalachnikov (fusils d’assaut), deux carabines, dix pistolets et des munitions de divers calibres.

Selon le pôle DGSN-DGST, ces armes avaient été introduites avec la complicité de réseaux de contrebande et déposées dans une cache dans une zone au relief accidenté et très difficile d’accès. Les coordonnées géographiques avaient été envoyées à certains prévenus qui formaient le noyau dur de la cellule (nous y reviendrons). Détail intéressant à retenir : certaines armes étaient emballées dans des journaux maliens datés du 27 janvier. Autrement dit, ces armes avaient été acheminées au Maroc après cette date.

Dans sa communication officielle, le pôle DGSN-DGST ne mentionne à aucun moment l’Algérie limitrophe du lieu où la cache a été découverte et par où avaient peut-être transité les armes. Un deuxième itinéraire est possible : la voie mauritanienne, mais elle aurait été beaucoup plus longue, et le mur de sécurité rend la tâche presque impossible. Quel rôle aurait alors joué le voisin de l’Est, sachant que lesdites armes ont peut-être traversé des centaines de kilomètres sur son territoire ? Difficile pour nous d’avancer une réponse, à ce stade de l’enquête.

« Qui nous dit que l’Algérie ne cherche pas à envenimer les relations entre le Maroc et le Mali, voire d’autres pays de la région, pour faire capoter les initiatives du Royaume en faveur de ces pays, et surtout l’Initiative atlantique lancée par le Roi Mohammed VI ? », s’interroge Ihssane El Hafidi, docteur spécialiste en gouvernance sécuritaire.

« Plusieurs pays du Sahel et surtout le Mali ont ouvertement accusé l’Algérie d’encourager les groupes terroristes dans la région, et ce n’est pas moi qui le dis. C’est officiel et écrit noir sur blanc ! », poursuit l’expert.

Sur ce dernier point, notre interlocuteur n’a pas tort. Début janvier, Bamako avait vivement protesté contre Alger à ce sujet. Dans un communiqué officiel, la diplomatie malienne avait dénoncé « la proximité et la complicité de l’Algérie avec les groupes terroristes, qui déstabilisent le Mali et à qui elle a offert le gîte et le couvert ».

L’enquête en cours nous apportera plus de lumière sur cet aspect.

Des lieutenants et des seconds couteaux

Le mode de fonctionnement de cette cellule est assez particulier. Il y a d’abord un noyau dur, dont les deux individus arrêtés à Tamesna, selon nos sources.

Ce noyau dur, formé de « coordonnateurs » était en contact direct avec Daech dans la région du Sahel. Les autres membres seraient des exécutants embrigadés pour passer à l’acte le moment venu. Mais tous, selon les autorités, ont prêté allégeance à Daech.

Et pour coordonner avec Daech au Sahel, la cellule traitait avec un haut responsable chargé des relations extérieures. Selon nos sources, ledit responsable serait marocain et frère de l’un des douze prévenus.

« Actuellement, près de 120 Marocains combattent dans les rangs de Daech au Sahel, et certains sont bien placés dans la hiérarchie de ce groupe terroriste. La plupart d’entre eux sont d’anciens détenus pour terrorisme au Maroc ou d’anciens combattants du groupe terroriste en Irak et en Syrie », souligne une source qui connaît bien le dossier.

Le démantèlement de cette cellule vient témoigner encore une fois du professionnalisme des services de sécurité marocains qui jouissent d’une grande réputation dans le monde entier en matière de lutte contre le terrorisme et le crime organisé.

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Cellule terroriste liée à Daech : une cache d’armes découverte près de la frontière orientale du Maroc

Les investigations menées par le BCIJ, relevant de la DGST, dans le cadre de l’enquête en cours sur le démantèlement d’une cellule terroriste affiliée à l’organisation Daech opérant dans la région du Sahel, ont permis de recueillir des informations de terrain, corroborées par des données techniques, sur l’existence d’une zone montagneuse suspectée d’être utilisée comme base arrière pour le soutien logistique en armes et en munitions destinées aux membres de cette cellule en vue de l’exécution de leurs projets terroristes, annonce un communiqué de la DGSN-DGST.

La même source précise que « l’expertise technique et le processus de géolocalisation par satellite, réalisés à l’aide des coordonnées et des données géographiques saisies dans le cadre de l’enquête, ont permis d’identifier la zone suspecte dans la province d’Errachidia, précisément sur la rive est de l’Oued Guir, au niveau de « Tel Mzayel », relevant de la commune et du caïdat de « Oued N’aam », dans la région de Boudenib, à la frontière orientale du Royaume ».

« Les inspections sur le terrain et les opérations de cartographie ont révélé que la zone en question se trouve au pied d’une formation rocheuse escarpée, caractérisée par des accès difficiles et non aménagés. Cela a nécessité le déploiement de moyens logistiques afin de faciliter l’accès au site d’intervention pour mener les inspections requises et les investigations préliminaires nécessaires », poursuit le communiqué.

« En application du protocole de sécurité et de sûreté relatif aux menaces terroristes, notamment dans les zones suspectées de contenir des armes et des explosifs, le BCIJ a mobilisé des unités cynophiles spécialisées dans la détection d’explosifs, des équipements de détection de métaux, un dispositif de reconnaissance et d’identification des substances suspectes, ainsi que des robots spécialisés dans l’analyse des engins explosifs et un scanner à rayons X ».

« Les opérations de perquisition et de ratissage, qui ont duré près de trois heures, ont permis la découverte d’une cargaison d’armes et de munitions enterrée dans un endroit isolé au pied de la formation rocheuse. Ces armes étaient emballées dans des sacs plastiques et des journaux imprimés au Mali, notamment des hebdomadaires datés du 27 janvier 2025″.

« Les armes saisies dans le cadre de cette opération comprennent deux fusils d’assaut de type Kalachnikov avec deux chargeurs de munitions, deux fusils de chasse, dix pistolets de différents calibres, et une importante quantité de cartouches et de munitions de divers calibres ».

« L’ensemble des armes et des munitions saisies ont été placées sous scellés et inventoriées de manière détaillée avant d’être transférées au laboratoire national de la police scientifique pour les analyses balistiques et techniques nécessaires ».

« Les investigations menées jusqu’à présent indiquent que les armes et l’équipement saisis ont été fournis et expédiés par un haut responsable de Daech dans la région du Sahel, chargé des relations extérieures de l’organisation, via des circuits de contrebande illégaux ».

« Après avoir sécurisé l’acheminement et la dissimulation des armes et des munitions dans cette base logistique, ce dirigeant de Daech a transmis les coordonnées du site à l’équipe des « coordinateurs » au sein de la cellule terroriste démantelée hier, mercredi, en vue de leur récupération et de leur utilisation pour exécuter leurs projets terroristes ».

« Parallèlement à ces opérations de terrain, les enquêtes et investigations menées par le BCIJ se poursuivent sous la supervision du parquet compétent, afin d’identifier toutes les ramifications de cette cellule terroriste et de déterminer ses liens avec la branche africaine de Daech opérant dans la région du Sahel ».

 

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Mise en échec d’un plan terroriste extrêmement dangereux visant le Maroc, 12 arrestations

Cette opération a été menée sur la base de renseignements précis fournis par la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST). Selon la même source, ce projet terroriste avait été planifié et coordonné sous l’impulsion directe d’un haut responsable de Daech opérant dans la région du Sahel.

Une intervention simultanée a été effectuée dans plusieurs villes du Royaume, notamment Laâyoune, Casablanca, Fès, Taounate, Tanger, Azemmour, Guercif, Oulad Teïma et Tamesna.

Cette opération a conduit à l’arrestation de 12 individus âgés de 18 à 40 ans, ayant prêté allégeance à Daech et activement impliqués dans la préparation et la coordination d’actions terroristes majeures.

L’intervention a été supervisée par les forces spéciales de la DGST, qui ont appliqué un protocole de sécurité strict en raison de la menace terroriste élevée. Des tireurs d’élite ont été déployés aux points d’intervention et des équipes spécialisées ont été mobilisées pour la détection d’explosifs et l’inspection des lieux suspects. Par ailleurs, des policiers ont procédé à l’évacuation préventive des habitants des logements situés à proximité des zones ciblées, afin de garantir leur sécurité.

Afin d’éviter toute résistance violente de la part des membres de la cellule terroriste, les forces spéciales ont utilisé des grenades assourdissantes à titre préventif.

Les perquisitions menées dans les domiciles des suspects ont permis la saisie d’engins explosifs en cours d’assemblage à Tamesna. Parmi les objets retrouvés figurent quatre bonbonnes de gaz modifiées contenant des clous et des substances chimiques, reliées par des fils électriques à des téléphones portables servant de détonateurs à distance.

Une cocotte-minute suspecte, remplie de clous et de substances chimiques explosives, a également été découverte, en plus d’un important arsenal d’armes blanches, d’une somme en dollars américains et de divers produits chimiques suspects.

D’autres éléments saisis dans les logements des suspects incluent un dispositif de vision à distance, des répliques d’armes à feu, des supports numériques, des masques destinés à dissimuler leur identité ainsi qu’une fresque murale arborant le logo de Daech. Des documents manuscrits détaillant les repérages de plusieurs sites et infrastructures ciblés ont également été retrouvés.

L’enquête en cours révèle que les membres de cette cellule étaient directement liés à un haut dirigeant de Daech opérant au Sahel. Ce dernier, membre de la « commission des opérations extérieures » de l’organisation, était chargé de coordonner les financements et le soutien logistique des cellules affiliées en dehors de la région sahélienne. Il avait également fourni aux membres arrêtés des contenus numériques expliquant les modalités pratiques de mise en œuvre des attentats.

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En collaboration avec la DGST, arrestation de 7 membres présumés de Daech en Espagne

Trois suspects ont ainsi été interpellés dans la province de Tolède grâce à des renseignements fournis par la DGST sur un groupe d’individus dans un stade avancé de radicalisation, indique la Garde civile dans un communiqué.

Selon les données de l’enquête, l’un des mis en cause exerçait une influence sur son entourage et tenait un discours de propagande à caractère djihadiste, relayé sur les réseaux sociaux par plusieurs de ses partisans, dont un mineur qui a été également arrêté dans le cadre de cette opération.

Les perquisitions effectuées lors de cette opération, dont la DGST a joué un rôle clé, ont permis la saisie de matériel multimédia dont le contenu fait l’apologie d’organisations terroristes et d’actes de violence, notamment des attaques suicides, ajoute la même source.

Par ailleurs, les opérations menées dans les provinces de Pontevedra et Madrid ont permis l’arrestation de plusieurs suspects dissimulant des contenus de propagande djihadiste dans des vidéos prétendant promouvoir l’activité physique et les techniques de défense personnelle.

Appuyées par la DGST, ces opérations ont été menées sous la supervision du tribunal central d’instruction, en coordination avec le ministère public de l’Audience nationale espagnole et avec le soutien d’Europol en vue de démanteler les réseaux de radicalisation et de prévenir de potentielles menaces terroristes.

Terrorisme. Du loup solitaire aux cellules familiales : nouvelles révélations sur la cellule de Had Soualem

Du loup solitaire au recrutement intrafamilial. La lutte contre le terrorisme au Maroc prend une tournure inquiétante, avec l’émergence de ce vecteur de radicalisation de plus en plus fréquent. C’est ce que révèle l’enquête, en cours, au sujet de la cellule terroriste démantelée récemment à Had Soualem,

Les détails de cette enquête ont été exposés lors d’une conférence de presse tenue ce vendredi 30 janvier par le Bureau central d’investigation judiciaire (BCIJ, relevant de la DGST). Son directeur général, Cherkaoui Habboub, a présenté des éléments autour de cette opération de grande envergure.

Les faits remontent au 26 janvier : le BCIJ, grâce à des renseignements précis fournis par les services de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST), a réussi à déjouer un complot terroriste majeur . « Ce complot était en phase avancée de préparation pour des attaques terroristes imminentes, incluant l’utilisation de matériaux explosifs », a expliqué Cherkaoui Habboub.

 

Les membres de la cellule avaient « filmé plusieurs cibles potentielles, esquissé des plans pour accéder à ces cibles et prévu des itinéraires de repli après l’exécution de leurs attaques », ajoute le directeur du BCIJ.

Selon les enquêteurs, les quatre membres de la cellule, dont trois frères, avaient prêté allégeance à Daech et avaient déjà enregistré une déclaration pour revendiquer leurs futures attaques.

Le phénomène de recrutement familial

Ce qui distingue cette cellule, surnommée « la cellule des trois frères », est avant tout son mode de recrutement. « La gravité de cette cellule ne réside pas uniquement dans la préparation des attentats, mais aussi dans l’influence familiale comme vecteur de radicalisation », a affirmé le directeur du BCIJ.

Le chef présumé de la cellule, l’aîné des trois frères, a utilisé son autorité morale pour entraîner les membres de sa propre famille dans ce projet meurtrier.

Cette dynamique de radicalisation familiale met en lumière une évolution inquiétante des schémas traditionnels de recrutement. Là où les cellules terroristes se composaient autrefois de jeunes isolés, dits « loups solitaires », de plus en plus de recrues viennent désormais de foyers entiers.

Les armes, matériaux et matières chimiques suspectes saisis chez les membres de la cellule.

Agés de 26 à 35 ans, les membres de la cellule étaient tous issus de milieux modestes, avec des niveaux d’éducation relativement faibles, deux d’entre eux étant mariés et pères de famille. Un profil classique pour ce type de dossiers.

« Sur le plan social, deux d’entre eux sont mariés et ont des enfants, tandis que leurs situations professionnelles sont similaires, exerçant des métiers modestes et intermittents, à l’exception d’un membre qui a cessé récemment toute activité rémunérée », décrit le patron du BCIJ.

Une cellule connectée aux réseaux internationaux

En outre, l’enquête a mis en évidence des liens directs avec Daech, notamment à travers les canaux numériques. « Les membres de cette cellule ont entretenu des relations avec un leader de Daech dans la région du Sahel, qui leur envoyait des contenus extrémistes », a précisé Cherkaoui Habboub.

Les enquêteurs ont également révélé que les membres de la cellule envisageaient de rejoindre les camps de Daech après avoir mené à bien leurs funestes plans. Une fois leurs attentats perpétrés, ces présumés extrémistes projetaient de s’enfuir vers la région du Sahel, un bastion de l’organisation terroriste.

« Cela démontre que les organisations terroristes dans cette région cherchent activement à attirer des combattants et leurs familles en leur offrant des conditions d’hébergement et de vie favorables », poursuit le directeur du BCIJ.

Des cibles et des objectifs bien définis

Les attentats projetés par cette cellule visaient des cibles stratégiques telles que des installations de sécurité, des supermarchés, ainsi que des lieux publics fréquentés par des civils et des étrangers.

Des croquis des repérages effectués par les membres de la cellule.

« Ils avaient même pris des photos de ces lieux pour mieux préparer leurs attaques », a ajouté Cherkaoui Habboub, soulignant la précision avec laquelle ces individus avaient planifié leurs actions terroristes qui étaient imminentes.

Démantèlement à Had Soualem d’une cellule terroriste sur le point de passer à l’acte

Selon un communiqué du Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ), cette opération visait à déjouer un complot terroriste imminent qui était en phase de préparation.

Elle a mobilisé, selon la même source, des officiers du BCIJ, la brigade aérienne et le centre judiciaire de la Gendarmerie royale, en plus d’un groupe de snipers relevant de la Force spéciale de la DGST.

Parmi les quatre prévenus, âgés de 26, 29, 31 et 35 ans, figurent trois frères soupçonnés de lien avec Daech et qui s’activaient dans la région de Had Soualem dans la province de Berrechid.

La même source explique que cette opération sécuritaire a été menée dans deux endroits différents, à savoir deux maisons situées dans les lotissements Al Omrane et Al Amal dans le quartier Al Wahda à Had Soualem.

Des techniciens en détection d’explosifs et des membres d’une unité cynotechnique ont pris part à cette opération.

Les opérations de perquisition sur les lieux d’intervention, ajoute le communiqué, ont permis la saisie d’armes blanches de différentes tailles, d’un important lot de bouteilles contenant des liquides et des poudres chimiques, de sacs contenant une grande quantité d’engrais chimiques, de soufre, de poudre de charbon, de sels et de matériaux suspects, en plus de fils électriques et du matériel de soudure.

Des rubans adhésifs, soupçonnés d’avoir servi à la préparation et à la fabrication d’explosifs, ont été mis à la disposition des experts de la police scientifique et technique afin de les soumettre aux expertises techniques nécessaires.

Selon le communiqué, les enquêtes de renseignement sur cette affaire ont commencé il y a quelque temps après que la Direction générale de la surveillance territoriale (DGST) a visionné une vidéo dans laquelle les individus arrêtés déclaraient leur « allégeance et loyauté » à l’organisation terroriste Daech, tout en promettant de commettre des actes terroristes imminents.

Un sniper de la Force spéciale de la DGST.

Les procédures d’enquête et de traque ont révélé que les suspects ont visité, en une journée, quatre quincailleries de la région de Had Soualem, auprès desquelles ils ont acheté des matières chimiques utilisées dans la fabrication d’explosifs, avant de les stocker dans l’une de leurs maisons et de les préparer pour des opérations expérimentales de fabrication d’explosifs.

Les mêmes enquêtes et investigations ont également révélé que deux des frères arrêtés ont effectué des visites de reconnaissance dans différents endroits et à différents moments, au cours desquelles ils ont documenté avec des photos et des enregistrements vidéos de nombreuses cibles potentielles pour leurs plans terroristes.

Des membres de la Force spéciale de la DGST.

Les informations des services de renseignement, confirmées par les procédures de recherche, indiquent que les suspects avaient l’intention de mener des opérations de sabotage à l’aide de matières explosives, avant de rejoindre les camps de Daech dans la région du Sahel.

Au Conseil de sécurité de l’ONU, Omar Hilale décline la stratégie royale de lutte contre le terrorisme en Afrique

L’ambassadeur s’exprimait lors d’un débat public proposé par la présidence algérienne du Conseil de sécurité de ce mois de janvier, sous le titre « Lutte contre le terrorisme dirigée par l’Afrique et axée sur le développement« .

En droite ligne de la vision clairvoyante du Roi Mohammed VI, le Maroc a adopté une stratégie nationale d’envergure, fondée sur une approche multidimensionnelle, proactive et inclusive pour prévenir et éradiquer le terrorisme, a souligné M. Hilale.

La stratégie mise en place par le Royaume repose sur quatre piliers fondamentaux: le renforcement de la sécurité et de l’arsenal juridique, le développement économique et humain, la préservation de l’identité cultuelle ou encore la promotion de la coopération régionale et internationale, a expliqué le diplomate.

M. Hilale a relevé que la stratégie marocaine est, entre autres, basée sur la promotion d’un Islam du juste milieu, fondé sur les valeurs universelles de coexistence et de paix, notant que ce sont ces principes que le Royaume partage avec de nombreux pays, y compris les pays africains frères.

Il a, dans ce cadre, mis en exergue le rôle de la Fondation Mohammed VI pour les Oulémas africains et de l’Institut Mohammed VI de formation des imams, morchidines et morchidates, précisant que ces deux institutions répondent activement aux sollicitations de pays africains, européens et asiatiques pour la formation des leaders religieux.

Depuis sa création en 2015, l’Institut Mohammed VI de formation des Imams, Morchidines et Morchidates a formé plus de 3.000 bénéficiaires originaires de divers pays africains, a rappelé l’ambassadeur, ajoutant que ce mois de janvier, l’Institut a célébré la réussite de 100 imams du Mali.

Séparatisme, terrorisme et criminalité transfrontière, le mélange explosif

M. Hilale a, par ailleurs, mis en garde contre le lien entre le séparatisme, le terrorisme et la criminalité transfrontière qui constitue, selon lui, un phénomène gravissime pour la paix et la sécurité sur le continent africain.

Dans la même veine, l’ambassadeur a dénoncé la connivence croissante entre certains groupes séparatistes et des organisations terroristes, telles qu’Al-Qaida et Daech, notant que ce phénomène “exacerbe dangereusement l’instabilité régionale en Afrique”.

“Ces alliances pernicieuses ne se limitent pas seulement à semer la terreur. Elles divisent les communautés fragiles, exploitent les vulnérabilités structurelles des sociétés et alimentent un cycle d’insécurité persistante” en Afrique, a-t-il averti, signalant que les groupes séparatistes, en particulier, tentent de tirer parti de cette déstabilisation pour menacer l’intégrité territoriale des Etats membres et saper leur développement.

L’ambassadeur a jugé primordial que la communauté internationale se mobilise de manière proactive afin d’anticiper, contrer et neutraliser ces groupes déstabilisateurs, qui mettent en péril la paix, la sécurité et l’état de droit.

Par la même occasion, le Représentant permanent du Maroc auprès de l’ONU a fait part de l’attachement ferme du Royaume à son partenariat avec le système onusien, incarné par des actions concrètes comme l’établissement du Bureau programme de l’ONUCT à Rabat, premier en son genre en Afrique.

L’établissement de ce bureau démontre l’engagement résolu du Royaume en faveur de la mutualisation de l’expertise avec l’ONUCT, afin de dispenser des formations de qualité au profit des États africains, selon une approche collaborative et solidaire reflétant un esprit de responsabilité collective, a-t-il indiqué, rappelant que, depuis sa création en 2021, cette structure a formé plus de 2.000 agents issus de 38 pays africains.

Dans ce cadre, M. Hilale a réitéré la disposition du Maroc à continuer à œuvrer en faveur du renforcement et de la diversification de ce partenariat afin de répondre aux besoins et attentes des pays du continent.

Il a également cité la Plateforme de Marrakech, un événement de haut niveau réunissant les chefs des agences de lutte contre le terrorisme et de sécurité en Afrique, dont la 3ᵉ édition a eu lieu à Fès, en juin 2024.

M. Hilale a, en outre, indiqué que la lutte contre le terrorisme dépasse de loin le cadre strictement sécuritaire. Elle s’inscrit, selon l’ambassadeur, dans le cadre d’une dynamique globale et holistique, où la protection des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, la préservation des valeurs de paix et de dignité humaine, ainsi que la promotion des partenariats et de la coopération internationale, deviennent des leviers essentiels pour éradiquer les causes profondes de ce fléau et en prévenir durablement les impacts et les ravages.

(Avec MAP)

Abdellatif Hammouchi reçoit l’Inspecteur général par intérim de la police pakistanaise

Les deux parties ont examiné les divers aspects de la coopération bilatérale dans le domaine sécuritaire, ainsi que les moyens de promouvoir cette coopération et d’élargir ses domaines, dans l’objectif de coordonner les efforts communs pour faire face aux défis sécuritaires, y compris dans la lutte contre les réseaux de migration irrégulière et de trafic d’êtres humains, suite notamment au récent naufrage d’une embarcation au large de Dakhla ayant causé le décès de plusieurs ressortissants pakistanais, indique un communiqué du pôle DGSN-DGST.

Cette rencontre a été l’occasion pour le responsable pakistanais d’exprimer les remerciements et la gratitude des hautes autorités de son pays au Maroc pour les actions d’intervention et de sauvetage déployées en faveur des ressortissants pakistanais, victimes d’un réseau international de migration irrégulière.

De même, les discussions des deux parties ont porté sur l’importance de renforcer la coopération en matière de lutte contre le terrorisme, compte tenu des menaces terroristes accrues qui guettent la sécurité des deux pays eu égard à leur proximité géographique de foyers de tension où s’activent les groupes affiliés à Al-Qaïda et à Daech.

Elles ont aussi évoqué les perspectives de développement du niveau de la coopération sécuritaire bilatérale, à travers l’échange d’expériences, d’expertises et de bonnes pratiques, ainsi que l’échange des données en matière de lutte contre les risques et les menaces à la sécurité des deux pays et de leurs citoyens.

Cette visite vient refléter l’importance de la coopération sécuritaire entre le Royaume du Maroc et la République islamique du Pakistan, en tant que partenaires clés dans les efforts internationaux de lutte antiterroriste et contre le crime organisé transfrontalier, souligne le communiqué, ajoutant qu’elle illustre aussi l’engagement ferme des services de la DGSN et de la DGST dans les actions internationales visant à neutraliser les risques et les menaces qui pèsent sur la sécurité régionale et internationale.

(Avec MAP)

Terrorisme. Interpellation à Taourirt d’un présumé partisan de Daech (BCIJ)

(Avec MAP)

Quelques centaines d’ex-jihadistes marocains bloqués en Syrie et en Turquie dans l’attente d’un éventuel retour (experts)

Quel sort le Maroc doit-il réserver à ses centaines de ressortissants partis combattre en Syrie et ayant acquis des compétences en guérilla urbaine et en fabrication d’explosifs après le début de la révolution de 2011 ? Une question plus que d’actualité, sachant que leur retour sans contrôle préalable ou suivi pourrait constituer un défi sécuritaire majeur pour le Royaume.

Des réponses au cas par cas 

Invité à livrer sa lecture, une source de premier plan, spécialiste marocain des flux migratoires des terroristes, nous révèle que les réponses qui devront se faire « au cas par cas » sont actuellement à l’étude par une commission parlementaire dédiée à cette problématique.

« Que ce soit en Syrie ou en Turquie, nos concitoyens emprisonnés ou libres ainsi que leurs enfants nés sur place font actuellement l’objet d’un recensement », déclare notre source en ajoutant que cette démarche a été également initiée par plusieurs autres pays voulant établir les responsabilités de leurs ressortissants.

« Ce sera à la justice de déterminer lesquels seront poursuivis »

Tout en refusant de se substituer à la justice en se prononçant sur la dangerosité de ces anciens combattants marocains en cas de retour dans leur patrie d’origine, le responsable estime que ceux qui sont suspectés d’avoir du sang sur les mains devront répondre de leurs actes.

Et d’ajouter qu’après la période de recensement des individus impliqués dans des activités illégales, une enquête sera ouverte par la justice marocaine pour collecter auprès de plusieurs services de sécurité, y compris étrangers, des éléments biographiques sur chaque combattant.

L’occasion de rappeler que le Maroc, en étroite coordination avec les États-Unis, dont il est un partenaire essentiel au sein de la Coalition mondiale contre Daech, avait déjà rapatrié de Syrie, en mars 2019, huit jihadistes marocains qui avaient été ensuite jugés avec fermeté.

Sur le temps qu’il faudra pour enquêter, rapatrier et juger l’ensemble des nationaux impliqués dans des actes terroristes, notre source conclut en avançant que les investigations internationales ne pourront pas se faire du jour au lendemain et que la balle est donc dans le camp de la justice.

« Un emprisonnement moyen compris entre 6 et 8 ans »

De son côté, l’ancien salafiste Mohamed Rafiki, condamné en 2003 à 30 ans de prison pour activités terroristes puis gracié en 2012, estime également que la résolution de la problématique du retour des combattants prendra le temps nécessaire pour éliminer tout risque de violences au Maroc.

« Le Maroc a longtemps éludé ce sujet en laissant chaque combattant rentrer au pays avant d’être poursuivi et condamné à une peine moyenne comprise entre 6 et 8 ans de prison », affirme le surnommé Abou Hafs en rappelant la déclaration du directeur général du BCIJ qui avait révélé que, jusqu’en 2022, 137 combattants, 99 femmes et 82 mineurs avaient pu être rapatriés.

Et de rappeler que, faute de chiffres officiels, on estime à un total de 1.662 le nombre de Marocains qui ont rejoint depuis 2011 les groupes combattants extrémistes en Syrie et en Irak.

Une procédure de retour encadrée par un examen minutieux de chaque parcours

Si la plupart des familles de ces combattants ont été, après un interrogatoire serré, autorisées à rentrer au Maroc sans être inquiétées, il n’en est pas de même pour ceux suspectés de terrorisme.

Leur retour est en effet encadré par une procédure particulière qui passe par « un criblage préalable » de leur parcours de radicalisation par des enquêteurs de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST) avant d’être déférés devant le procureur en charge des affaires terroristes auprès de la Cour d’appel de Rabat (Annexe de Salé).

Selon Abou Hafs, les services de sécurité marocains sont largement en mesure de retracer l’historique criminel de chaque combattant et de déterminer s’il représente un danger pour le pays.

« Une classification s’impose avant toute décision de rapatriement »

Interrogé à son tour sur leur niveau de dangerosité pour le Maroc, l’ancien salafiste se dit incapable de le déterminer sachant qu’il y a plusieurs catégories de Marocains qui sont partis en Syrie.

« Si certains n’ont jamais eu de visées terroristes et ont même fini par s’enfuir dès la première année de leur arrivée en Syrie, il est vrai que d’autres ont participé activement à des activités condamnables », estime le chercheur en sciences islamiques pour qui l’État marocain doit mettre en place une classification de chaque individu ayant migré en Syrie.

La solution consiste à faire en sorte qu’après la période actuelle de rapprochement diplomatique avec le nouveau régime syrien, les autorités marocaines essayent d’obtenir des informations sur chaque Marocain qui a contribué à la victoire de la rébellion islamiste.

« Des dizaines d’éléments sont dangereux car toujours imprégnés de l’idéologie extrémiste »

Face à la menace potentielle que quelques dizaines d’entre eux font peser sur la stabilité de leur pays d’origine, l’ancien salafiste estime que le Maroc ne pourra pas faire l’économie de recherches approfondies sur les profils les plus dangereux afin d’éviter une importation de leurs idées.

Et de rappeler que ces derniers ont acquis des compétences opérationnelles dangereuses, mais qu’en plus, certains d’entre eux ont occupé des postes importants au sein de l’organigramme criminel et mortifère de Daesh qui représente un vrai danger pour un pays comme le Maroc.

Selon Hassan Kettani, installé en Syrie et proche de mouvances jihadistes, plusieurs Marocains ex-combattants assument désormais des responsabilités dans la nouvelle direction du pays (tweet ci-dessous).

 

 

« L’avènement d’un régime syrien proche du Maroc pourrait accélérer leur retour »

Sur le délai nécessaire pour régler définitivement cette problématique, Mohamed Rafiki tient à rappeler que si ce sujet traîne, à juste raison, depuis plusieurs années, l’arrivée d’un gouvernement proche du Maroc devrait certainement accélérer sa résolution avec une nouvelle approche de travail basée sur l’échange d’informations relatives aux cas litigieux.

Suivant l’actualité syrienne de très près, l’ancien activiste salafiste avance qu’une partie des combattants ne rentreront plus au Maroc en rappelant plusieurs déclarations des nouveaux responsables qui n’excluent pas de les naturaliser pour services rendus au nouveau régime. Un problème en moins pour le Royaume.

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