Enseignement : le ministère et les syndicats s’accordent sur le calendrier des concours, formations et promotions

Dans le cadre du dialogue sectoriel entre le ministère de l’Éducation nationale et les syndicats les plus représentatifs du secteur, une réunion de la commission technique s’est tenue le mercredi 19 février 2025 à Rabat.

Selon un communiqué conjoint des cinq syndicats les plus représentatifs (UMT, CDT, UGTM, FNE, FDT), cette réunion a permis d’établir un calendrier précis pour la mise en œuvre de plusieurs engagements clés liés au statut de base et aux accords des 10 et 26 décembre 2023.

Les discussions ont abouti à plusieurs décisions concrètes, notamment la tenue hebdomadaire de la commission technique chaque jeudi, avec un ordre du jour prédéfini et un compte rendu signé immédiatement par les parties prenantes.

Parmi les principaux résultats de cette réunion figure la fixation des échéances pour plusieurs concours et formations.

La question des retards de promotion et la clarification de certaines dispositions réglementaires ont également été abordées, avec un engagement du ministère à trancher rapidement au sujet des promotions en attente de 2021, 2022 et 2023.

Le département a aussi promis d’annoncer les résultats de l’examen professionnel 2024 avant les concours susmentionnés afin de permettre aux lauréats de participer aux nouvelles sélections.

Ces mesures viennent en réponse aux revendications formulées lors de la réunion du 18 février 2025, présidée par le ministre de l’Éducation nationale. Selon un communiqué conjoint des cinq syndicats à la suite de cette première réunion, celle-ci avait permis de rappeler l’importance du respect des engagements antérieurs, notamment :

L’application intégrale des accords des 10 et 26 décembre 2023, incluant la mise en œuvre du statut de base, la réduction du temps de travail hebdomadaire, l’indemnité pour travail dans les zones difficiles et reculées, ainsi que l’application des articles 81, 89 et 77 relatifs aux promotions et indemnités.

–  L’accélération du travail des commissions techniques, avec une implication renforcée des directions centrales du ministère et la définition d’un calendrier précis pour la mise en œuvre des réformes.

La reprise des travaux de la commission mixte le 19 février, afin de finaliser la programmation des examens, promotions et mouvements de mutation, ainsi que l’adoption des textes réglementaires concernant plusieurs catégories professionnelles.

Si les syndicats saluent ces avancées, ils restent vigilants quant à l’exécution des engagements pris par le ministère. « Cette feuille de route est un engagement contractuel qui ne tolère aucun recul ou tentative de contournement », avertissent les cinq syndicats.

Éducation nationale : voici ce qui a été convenu entre le ministère et les syndicats

Dans un communiqué, le ministère a indiqué que le secrétaire général du ministère, Younes Shimi, avait présidé, jeudi, les travaux de la commission conjointe rassemblant le ministère et les cinq syndicats les plus représentatifs de l’enseignement, en présence des représentants de la Fédération nationale de l’enseignement (FNE – UMT), du Syndicat national de l’enseignement (SNE – CDT), de la Fédération libre de l’enseignement (FAE – UGTM), de la Fédération nationale de l’enseignement (FNE Tendance démocratique) et du Syndicat national de l’enseignement (SNE-FDT).

La réunion a porté sur l’examen des dossiers relatifs à la situation des enseignants suppléants (précédemment), des animateurs de l’éducation non formelle et titulaires de décisions d’affectation (précédemment) ainsi que des enseignants des unités relevant de « Madrassa.com« .

Lors de cette réunion, les syndicats ont fait part des attentes et revendications relatives à ces dossiers afin de poursuivre leur examen et aboutir à des progrès, selon le communiqué.

De même, le secrétaire général du ministère a présidé, vendredi, une réunion de travail en présence des représentants des cinq syndicats et des responsables concernés du ministère, dans le cadre de la mise en œuvre des engagements issus des accords des 10 et 26 décembre 2023, et en application des dispositions du statut des fonctionnaires de l’Éducation nationale, eu égard à son impact positif pour les femmes et les hommes de l’enseignement.

Cette réunion, qui s’est déroulée dans une atmosphère positive et responsable, a abordé un certain nombre de points liés aux gestionnaires économiques et administratifs, notamment les fonctions confiées à cette catégorie, en plus des aspects liés à leur parcours professionnel, la mobilité et les conditions de travail, selon la même source.

Le secrétaire général du ministère a également tenu une autre réunion, vendredi, en présence des représentants du Syndicat national de l’enseignement (SNE-CDT), de la Fédération libre de l’enseignement, de la Fédération nationale de l’enseignement (Tendance démocratique), du Syndicat national de l’enseignement (SNE-FDT), ainsi que du directeur des ressources humaines, du directeur des affaires juridiques et du contentieux, du directeur de la formation et du développement des compétences, en plus d’un certain nombre de responsables du ministère.

Les travaux de cette réunion ont porté sur les modalités d’organisation du concours de recrutement des professeurs agrégés de l’enseignement secondaire qualifiant du 1ᵉʳ grade, ainsi que sur le dossier des spécialistes pédagogiques et sociaux, outre le dossier de promotion de grade au choix pour la catégorie des administrateurs scolaires.

À l’issue de cette réunion, qui a abordé l’amélioration des conditions de la famille de l’éducation et de la formation, il a été convenu de fixer la date du samedi 22 février 2025, pour l’organisation du concours de recrutement des professeurs agrégés de l’enseignement secondaire qualifiant du 1ᵉʳ grade, qui sera ouvert à tous les fonctionnaires titulaires ayant obtenu un diplôme de master ou un diplôme d’ingénieur d’État ou équivalent.

Il a également été convenu d’examiner les différentes demandes et attentes liées au dossier des spécialistes pédagogiques et sociaux, notamment en ce qui concerne les moyens de travail, la clarification des fonctions, entre autres, et de fixer le nombre d’administrateurs scolaires concernés par la promotion de grade au choix au titre des années 2021, 2022 et 2023, et de poursuivre l’examen de ce dossier avec les départements ministériels concernés.

Et d’ajouter que le ministère s’emploie à programmer, dans les meilleurs délais possibles, les réunions des commissions administratives paritaires centrales compétentes afin de statuer sur la promotion au choix au titre de l’année 2023, qui fut reportée jusqu’à ce que les mesures nécessaires soient prises en coordination avec les départements gouvernementaux concernés.

Le ministère s’est également félicité des efforts et de l’attention particulière accordée par le Chef de gouvernement au dialogue social sectoriel du système de l’éducation et de la formation, notamment l’interaction positive avec les différents dossiers soumis et l’octroi des dérogations nécessaires pour les résoudre.

Il s’agit aussi d’œuvrer de concert avec les partenaires sociaux, en faisant preuve d’impartialité, selon le communiqué, qui précise que toutes les mesures et décisions prises par le ministère visent à répondre aux revendications et attentes des femmes et des hommes de l’enseignement, telles que soulevées par les syndicats du secteur sur la table du dialogue.

Le ministère a ainsi salué la contribution positive de l’ensemble des acteurs qui ont contribué à enrichir le débat et à trouver des solutions aux questions abordées, appelant les syndicats les plus représentatifs de l’enseignement à poursuivre l’action commune avec le ministère et à s’impliquer davantage dans la mise en œuvre des divers chantiers de réforme du système éducatif.

Le 1er Forum national de l’enseignant, les 26 et 27 septembre à Rabat

Organisé sous le patronage du Roi Mohammed VI par le ministère de l’Éducation nationale, du préscolaire et des sports en partenariat avec la Fondation Mohammed VI de promotion des œuvres sociales de l’éducation-formation, ce forum vise à mettre en lumière le rôle central des enseignants dans la transformation de l’école publique, à la hauteur des attentes des citoyens, indique un communiqué des organisateurs.

Cette édition inaugurale, organisée sur le thème de « L’enseignant : moteur de transformation de l’éducation », se distingue par son approche novatrice, dont le contenu a été coconstruit avec les enseignants, afin de répondre au mieux aux enjeux de leur métier et de ses mutations, note-t-on.

Le programme scientifique de cet évènement, ouvert sur les réussites nationales et les approches inspirantes à l’international, compte plus de 150 interventions et activités autour de quatre axes principaux, à savoir, « Se former au métier d’enseignant », « S’épanouir dans son travail », « Adopter des pratiques efficaces en classe » et « Comprendre ses élèves ».

Selon les organisateurs, ce forum est un espace réservé aux enseignants et professionnels du secteur de l’éducation inscrits par les académies régionales, et directions provinciales selon des critères de représentativité territoriale, genre, cycle d’enseignement, capacité à diffuser auprès du reste de la communauté des enseignants, tranches d’âge et niveaux d’expérience afin de garantir une représentativité équitable, d’enrichir les échanges et de promouvoir une dynamique intergénérationnelle, notamment.

L’intégralité du contenu sera disponible en ligne, et les plénières et tables rondes transmises en live sur les réseaux sociaux de manière à garantir au plus grand nombre l’accès au contenu de la programmation scientifique.

Ce Forum aspire à devenir un rendez-vous annuel, afin de favoriser une large participation de la communauté des enseignants.

Voici la version finale du nouveau Statut unifié des enseignants

Adopté jeudi 15 février par le Conseil de gouvernement, le nouveau statut concerne environ 150.000 fonctionnaires qui seront régis par le statut avec les mêmes droits, obligations et parcours professionnel des autres fonctionnaires du département de l’Education nationale.

Ce statut comporte plusieurs mesures en termes de promotion de nombreux fonctionnaires d’une façon rétroactive et avec des procédures simplifiées.

Ce statut permettra de résoudre certains dossiers en suspens, dont celui des fonctionnaires de l’échelle 10 qui ont été recrutés dans l’échelle 9, de changer de cadre pour les conseillers en orientation et planification ainsi que les économes, et d’intégrer des fonctionnaires appartenant à des catégories chargées de mission après quatre ans dans certaines instances.

Dialogue social : la loi sur la grève, principal sujet du prochain round ?

Le 5 février dernier, lors de son intervention au Parlement, le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a rappelé la prochaine ouverture d’un nouveau round de dialogue social. Les nouvelles rencontres avec les partenaires sociaux démarreront au mois d’avril.

Un nouveau round à fort enjeu pour les différentes parties et qui intervient après un épisode de tensions sociales qui a affaibli les syndicats et le gouvernement, celui des grèves des enseignants.

Cette expérience, douloureuse par ses multiples conséquences, va certainement peser sur les prochaines discussions surtout que l’un des dossiers chauds attendu est celui de la loi organique sur la grève. 

La loi organique sur la grève était d’abord et avant tout une revendication du patronat. Il semble qu’elle soit devenue, après les évènements des derniers mois, une priorité pour tous les partenaires, y compris les syndicats qui ont perdu du poids et de la légitimité face à des coordinations, légalement et réglementairement non représentatives, mais qui ont fait sur le terrain d’une grande démonstration de force.

Une démonstration de force qui a fait plier gouvernement et syndicats, qui n’ont pas pu mettre un terme aux grèves à cause du vide juridique. La grève est un droit constitutionnel, qui a besoin d’une loi pour l’organiser, le cadrer et définir les règles de son exercice. Elle a fait défaut.

Toujours pas de loi sur la grève

Malgré les promesses faites par le gouvernement en septembre 2023 à ce sujet, le processus de révision de ce projet de loi organique bloqué au parlement depuis des années, n’a pas été entamé.

Selon des sources proches des négociations, « plusieurs réunions bilatérales gouvernement/partenaire social ont été tenues et tous les articles du projet de loi ont été examinés. Le département du ministre Younes Sekkouri a centralisé les propositions d’amendements et la vision de chacun des partenaires sociaux. Maintenant, il reste à savoir ce qui sera fait de ces propositions ».

D’après de précédentes explications fournies à Médias24, le ministère de Younes Sekkouri devait centraliser les différentes propositions et venir au parlement avec des amendements de consensus,  fruit des différentes visions. S’ensuivra alors l’exercice législatif habituel dans les deux chambres du parlement. Discussion des amendements, vote et adoption.

Ce processus permettra, a priori, de changer fondamentalement le contenu du projet de loi déposé au parlement. La balle est donc dans le camp de Younes Sekkouri qui doit faire aboutir ce chantier.

La CGEM mettra certainement le focus sur ce point qu’elle attend depuis l’accord du dialogue social de 2019. Le second dossier porté par le patronat, et déjà inscrit dans l’accord social, est celui de la réforme du code du travail.

Quels seront les dossiers portés par les syndicats pour ce round ? Médias24 a contacté les syndicats représentatifs. Pour l’instant, seul l’UMT a répondu.

Miloudi Moukharik, secrétaire général de l’UMT, indique que l’augmentation des salaires, la revalorisation du SMIG et du SMAG, la revalorisation des pensions de retraite, ainsi que l’augmentation des salaires des enseignants de la formation professionnelle en particulier, sont leurs priorités pour ce nouveau round.

L’augmentation des salaires, priorité de l’UMT

« Pour l’UMT, ce nouveau round doit aboutir à des résultats concrets », déclare Miloudi Moukharik. « Nous avons accepté de reporter le round prévu en septembre dernier à la demande du chef du gouvernement, suite au séisme d’Al Haouz, mais à condition d’aboutir à des résultats concrets durant le round d’avril ».

« En tant qu’organisation syndicale, nous allons continuer à demander des augmentations générales de salaires« , poursuit notre interlocuteur.

« Pour l’UMT, la principale revendication qui va permettre aux salariés du public et du privé d’augmenter leurs revenus est la baisse de l’impôt sur les salaires« , ajoute Miloudi Moukharik, rappelant que « les salariés sont la seule catégorie sociale qui paie ses impôts à la source sans évasion fiscale, et que ces impôts peuvent atteindre jusqu’à 38%. C’est d’ailleurs l’une des recommandations des Assises de la fiscalité de 2019 ».

« Nous espérons atteindre un SMIG de 5.000 DH »

« Nous allons également continuer à demander la revalorisation du SMIG et du SMAG. Le SMIG de 3.140 DH ne permet plus aux gens de survivre. Nous espérons qu’un SMIG de 5.000 DH soit possible et réalisable de la part du patronat privé », indique encore Miloudi Moukharik.

« En outre, l’UMT va revendiquer la revalorisation des pensions de retraite. Les retraites sont gelées depuis 18 ans, et lorsque nous avons obtenu, durant le dialogue du mois d’avril 2022, une augmentation modeste de 5%, celle-ci n’a pas été versée de la manière souhaitée. Nous nous sommes alors retrouvés avec deux catégories de retraités, ce qui est inconcevable pour nous. Ceux qui ont arrêté de travailler avant 2019 ont perçu les 5%, tandis que ceux qui sont sortis après 2019 n’ont pas, à ce jour, perçu cette augmentation ».

« L’accord que l’on avait paraphé avec Aziz Akhannouch était clair et net : une augmentation générale de 5% pour les retraités. Nous allons donc revenir à la charge sur ce point« .

Sur les négociations sectorielles, priorité à la formation professionnelle

« Nous allons également demander au gouvernement d’ouvrir des négociations sectorielles, secteur par secteur. Nous avons néanmoins un secteur prioritaire, celui de l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail« , souligne Miloudi Moukharik.

« Les enseignants du public ont reçu des augmentations via l’amendement de leur statut. Les enseignants du supérieur, pour leur part, ont perçu une augmentation de 3.000 DH. En revanche, le secteur de la formation professionnelle n’a bénéficié d’aucune augmentation alors qu’il fournit les enseignants au secteur de l’enseignement supérieur notamment ».

« Pour protester, les enseignants de la formation professionnelle ont récemment tenu une grève générale dans tous les instituts et Cités des métiers et des compétences. Cette action a été suivie par de premiers contacts avec la direction de la Formation professionnelle, le ministre de l’Enseignement supérieur et le ministre délégué chargé des Finances, Fouzi Lekjaâ. Ces contacts doivent toutefois être déclinés en négociations », conclut Miloudi Moukharik.

La Fédération nationale de la formation professionnelle, affiliée à l’UMT, a en effet tenu le 18 janvier dernier une grève nationale de 24 heures en guise d’avertissement dans tous les établissements du secteur. Leur principale revendication est une revalorisation des salaires, à hauteur de 2.000 DH, ainsi qu’une amélioration des conditions de travail.

2.500 nouveaux enseignants seront recrutés cette année

Le ministère de l’Education nationale, du préscolaire et des sports a annoncé l’ouverture, le mardi 23 janvier 2024, des candidatures pour le concours d’accès aux centres régionaux des métiers de l’éducation et de la formation des cadres enseignants de 2e grade.

La région de Marrakech-Safi accapare le plus grand nombre de nouvelles recrues prévues (479), suivie de Casablanca-Settat avec 397 nouveaux enseignants, et Tanger-Tétouan-Al Hoceima qui connaîtra le recrutement de 292 enseignants.

Les 2.498 nouveaux enseignants seront répartis sur les deux cycles primaire (145 enseignants) et secondaires (2.353 enseignants).

Les candidats présélectionnés pour le concours écrit seront annoncés le 8 février prochain. Les résultats définitifs seront connus le 1er mars.

Rappelons que les discussions se poursuivent pour la révision du statut unifié des enseignants, objet de longue crise dans le secteur. Le projet de décret relatif au nouveau statut est programmé au Conseil de gouvernement du 8 février prochain.

Éducation : les suspensions, ce point de discorde qui persiste entre ministère et enseignants

La Coordination nationale du secteur de l’éducation, regroupant pas moins de 24 coordinations, a organisé ce jeudi 18 janvier une conférence de presse au siège du Parti socialiste unifié, intitulée : « L’Appel de Rabat pour rendre justice aux hommes et femmes de l’Education, fondé sur le retour des suspendus, la mise en œuvre des engagements antérieurs et la résolution de tous les dossiers en suspens, en tant qu’approche essentielle pour restaurer la considération pour l’école publique et le système éducatif ».

Une conférence intervenant à la suite de la journée d’étude organisée antérieurement au Parlement, sur le thème « La possibilité de surmonter la crise de l’Education ».

530 enseignants encore suspendus selon les coordinations

Les coordinations affiliées à la Coordination nationale du secteur de l’éducation, présentes à cette occasion, ont fait savoir que les suspensions et les retenues sur salaire à l’encontre des enseignants, qui sont au nombre de 530 selon celles-ci, étaient maintenues.

Revendiquant le règlement des dossiers catégoriels en suspens, elles précisent que les grèves ont été uniquement suspendues, et non levées définitivement, une déclaration aux accents de menace implicite.

Elles critiquent par ailleurs les exigences imposées par certains directeurs d’établissement pour la levée des suspensions, telles que la non-affiliation à une coordination, l’assurance obligatoire des cours de soutien et l’engagement à ne plus prendre part à une grève.

« Les 300.000 enseignants sont tous solidaires. Ils suffit que nous leur donnions le feu vert pour qu’ils entament de nouveau les grèves ». Les Tansikiyat rappellent que la crise dans le secteur ne peut se régler qu’à travers un dialogue avec les coordinations. « La balle est dans le camp du ministère de l’Education nationale », soulignent les coordinations.

Le ministère a levé les suspensions et les retenues sur salaire selon les syndicats

Pourtant, la FNE et la CDT, deux des cinq syndicats les plus représentatifs ayant signé l’accord du 26 décembre avec le ministère, portant essentiellement sur le renouvellement du statut unifié via un nouveau décret abrogeant l’ancien texte objet de la discorde, ont été informées par le ministère qu’il n’y avait plus de suspensions, que l’étude des dossiers était en cours et que les suspensions seront discutées avec les syndicats.

Selon les réponses fournies par le ministère à la FNE et à la CDT, les retenues sur salaire ont également été suspendues, d’autant que le traitement des retenues, tel que convenu dans l’accord du 26 décembre, est en cours.

Suspensions et retenues sur salaire à l’encontre de 500 enseignants

Ce chiffre recueilli auprès d’une source syndicale nous a été confirmé par le ministère de l’Education nationale.

Lors de son passage le lundi 8 janvier devant les députés, Chakib Benmoussa, s’est prononcé sur les suspensions d’enseignants de leurs postes et les retenues sur salaire des enseignants grévistes qui font grand débat.

« Je confirme que la grève est un droit garanti par la Constitution. Toutefois, la loi insiste sur le principe de la rémunération en contrepartie du travail. C’est ce qui a été appliqué par tous les gouvernements successifs », a affirmé le ministre de l’Education nationale.

« Les agressions contre les enseignants non grévistes, les provocations au sein des établissements scolaires et le non-respect de la sacralité de l’établissement expliquent les procédures entamées par le ministère contre certains enseignants ».

Il a souligné que l’objectif du gouvernement est « que les enseignants rejoignent leurs classes. C’est pour cette raison que ce dernier a entamé un dialogue social « sérieux et responsable » avec les enseignants. Il s’est engagé en décembre à ne pas procéder à la retenue sur salaire pour les enseignants ayant rejoint leurs classes après les vacances trimestrielles ».

Appui scolaire : les enseignants auront la possibilité d’assurer des cours de soutien rémunérés (Benmoussa)

Interrogé à ce sujet, ce lundi 8 janvier à la Chambre des représentant, le ministre de l’Education nationale, Chakib Benmoussa, s’est arrêté sur les mesures initiées pour remédier au temps scolaire perdu. 

Les mesures citées sont au nombre de cinq. D’abord, le prolongement de l’année scolaire actuelle d’une semaine pour tous les cycles. « Plusieurs critères ont été pris en considération, dont le plus important était celui des dates de la tenue des concours d’accès aux établissements et instituts supérieurs nationaux comme internationaux ».

Autre mesure citée, l’adaptation des programmes scolaires de tous les niveaux pour compléter les manuels scolaires, à travers la rationalisation et la diminution des séances programmées avec des pourcentages définis.

« Pour le cycle primaire, l’accent sera mis sur les futurs apprentissages. Les cours similaires et complémentaires seront réunis et fusionnés. Pour le cycle secondaire, le temps dédié à certaines unités d’apprentissage sera réduit. Les unités d’apprentissage qui se complémentent seront fusionnées. Les séances dédiées à l’évaluation, la préparation des dossiers et aux travaux pratiques seront exploitées dans la finalisation des unités d’apprentissage », a-t-il expliqué.

Des cours de soutien rémunérés 

Le renforcement du soutien scolaire, pour accompagner les élèves dans la consolidation des apprentissages, figure également parmi les mesures initiées. « La priorité est accordée aux matières certifiantes et aux bases de l’apprentissage pour les niveaux non certifiants. Les enseignants qui le souhaitent ont la possibilité de donner des cours de soutien aux élèves le soir, le week-end, durant les vacances trimestrielles et mi-trimestrielles, en contrepartie d’une rémunération« , détaille le ministre.

La révision de la programmation des examens certifiants et des contrôles continus et le report de l’examen national, régional et provincial d’une semaine, avec la révision du nombre de contrôles continus au cours des premier et deuxième semestres, sont les autres points relevés par Benmoussa.

Le ministre cite in fine la possibilité pour les équipes pédagogiques d’adopter les formules pédagogiques adéquates. « Nous sommes conscients du fait que la prolongation [de l’année scolaire, ndlr] d’une semaine n’est pas suffisante en soi. Or, nous avons travaillé en parallèle sur les manuels, les curricula et sur la fusion des séances complémentaires. Les élèves étudieront tout le programme scolaire… Cela va permettre aux élèves du public d’être sur un pied d’égalité avec ceux du secteur privé qui n’ont pas été concernés par les grèves », a-t-il noté.

L’année scolaire prolongée d’une semaine, l’examen du baccalauréat décalé

Le ministère de l’Education nationale a élaboré un plan national de gestion du temps scolaire et d’organisation pédagogique des apprentissages.

Dans un communiqué publié ce mardi 2 janvier, le ministère annonce les mesures suivantes :

– prolongation de l’année scolaire d’une semaine pour toutes les filières ;

– adaptation des programmes scolaires à tous les niveaux d’enseignement, afin de compléter le programme ;

– renforcement des mécanismes d’accompagnement et de soutien pédagogique afin d’aider les élèves à consolider leurs acquis ;

– modification des dates de tenue des examens unifiés nationaux et régionaux ;

– début de l’examen national pour l’obtention du baccalauréat le 10 juin 2024 au lieu du 3 juin 2024.

 

Enseignement : 70.000 grévistes malgré l’accord entre le gouvernement et les syndicats

Le taux de participation aux grèves avoisine les 40% avec 70.000 grévistes ce jeudi 28 décembre, selon une première évaluation de source autorisée.

La poursuite des grèves du corps enseignant intervient malgré le nouvel accord signé mardi 26 décembre 2023 entre la Commission ministérielle et les représentants des cinq centrales syndicales les plus représentatives.

Réunion « fructueuse » pour les parents d’élèves

Du côté des associations des parents et tuteurs d’élèves, les instances représentatives ont salué, ce mercredi à Rabat, les résultats de l’accord conclu entre le gouvernement et les syndicats de l’enseignement et ont appelé les enseignants à rejoindre les salles de classe pour rattraper le temps scolaire perdu.

Selon le président de la Fédération nationale des associations des parents d’élèves au Maroc, Noureddine Akkouri, la réunion a été « fructueuse ». Elle a en effet porté sur deux points fondamentaux, à savoir le rattrapage du temps scolaire perdu et les résultats de l’accord avec les syndicats, qu’il a qualifiés de « positifs » et « allant dans le sens de la réforme de l’école publique ».

Il est actuellement question de se pencher sur les moyens de rattraper le temps scolaire perdu afin que la saison actuelle se déroule dans les meilleures conditions, dans l’intérêt des élèves.

Le nouvel accord, objet de discorde

Dans un communiqué rendu public le mardi 26 décembre, la Coordination nationale des enseignants a exprimé son mécontentement quant au contenu de l’accord qui « ne satisfait pas le strict minimum des besoins des enseignants lésés qu’ils soient retraités ou en fonction ».

Ainsi, différentes coordinations, qui se disent « écartées du dialogue », refusent catégoriquement le nouvel accord du 26 décembre et annoncent la poursuite des grèves.

Rappelons que l’accord porte essentiellement sur le renouvellement du statut unifié via un nouveau décret abrogeant l’ancien texte. En vertu de cet accord, il a été convenu de :

Crise ouverte dans l’enseignement : reprise du dialogue sur le statut unifié ce jeudi 14 décembre

Quel sera le dénouement de l’actuelle crise du secteur de l’enseignement ? C’est la question à laquelle personne n’a de réponse immédiate et définitive tant le dossier est complexe. Une complexité qui s’explique par plusieurs facteurs:

1- le secteur cumule les déficits et les problèmes depuis plusieurs années.

2- l’héritage de l’ère Benkirane qui a introduit la notion de contractualisation dans le secteur et a ainsi créé une tension permanente depuis 2016.

3- le manque de représentativité des syndicats qui créé une vraie crise de médiation.

4- l’absence de légitimité institutionnelle des coordinations pour mener des négociations directes avec le gouvernement.

5- le virage politique pris par le mouvement des coordinations.

Ce nouveau débrayage dans l’enseignement, entamé le mercredi 13 décembre, où plus de 90.000 enseignants (sur 260.000) ont répondu à l’appel à la grève lancé par la Coordination nationale du secteur de l’enseignement (rassemblement des 25 coordinations) est une nouvelle preuve, s’il en faut, que la crise actuelle dans le secteur est d’une ampleur inédite.

L’accord du 10 décembre relatif à la hausse générale des salaires, qui avait pour but de calmer les protestations, n’a donc pas réussi à infléchir le mouvement protestataire qui dure depuis environ deux mois.

Ce jeudi 14 décembre, la deuxième journée de la grève coïncidera avec le démarrage des discussions sur la révision du statut unifié et les rencontres bilatérales entre Benmoussa et la FNE. Le degré de mobilisation des grévistes mais également les réactions des syndicats et de la FNE seront scrutés de près.

Pour plusieurs sources proches des négociations sondés par Médias24, le maintien de la grève était attendu malgré l’accord du 10 décembre.

« Une victoire à la Pyrrhus »

Une de nos sources estime que la réussite de la grève était prévisible du fait « du refus général de l’accord [du 10 décembre] manifesté dès les premières heures suivant son annonce ».

« C’est un accord qui a créé plus de problèmes qu’il n’en a résolu », nous explique notre source pointant du doigt non pas la hausse générale qu’elle trouve légitime et juste mais la seconde partie de l’accord portant sur les avantages catégoriels qui offrent des indemnités différenciées à des catégories. « Elles créent des injustices invraisemblables », commente notre source.

Pour elle, « cet accord financier prépare les contestations des dix prochaines années » et estime qu’il a consacré « ce que le statut unifié voulait gommer » à savoir les injustices et écarts entre les catégories.

« C’est une victoire à la Pyrrhus », résume-t-elle même si l’utilisation du terme « victoire » dans ce contexte est prématurée.

Le « politique » a pris le pas

Pour une autre source, le gouvernement s’attendait à ce que l’accord du 10 décembre ne mettrait pas fin totalement aux grèves. « Une sorte de résistance ».  Car, « le dossier a pris une tournure politique« .

« Le registre des revendications de l’amélioration de la situation des enseignants a été complètement dépassé par l’empreinte purement politique des grèves actuelles », analyse notre source.

« Quoi que le gouvernement avance, les coordinations le rejettent et demandent encore plus, mais au fond, ce qu’elles veulent d’abord c’est la légitimité politique. Leur rejet systématique comporte un message : c’est avec nous que le gouvernement doit dialoguer« , poursuit notre source.

Cela apparait, d’ailleurs, dans leurs communiqués et leurs prises de parole, les 25 coordinations et syndicats constituant la Coordination nationale du secteur de l’enseignement disent refuser les accords issus de rencontres auxquelles elles ne prennent pas part.

Le gouvernement, de son côté, est tenu par le respect du cadre institutionnel duquel il ne peut déroger: discuter dans le cadre d’un dialogue social/sectoriel avec les syndicats représentatifs.

Il a déjà discuté par le passé avec les coordinations, mais toujours par l’intermédiaire d’un syndicat : la FNE. La fédération a participé des mois durant aux négociations avec le département Benmoussa pour l’élaboration la première mouture du statut unifié avant de claquer la porte et rejoindre les mouvements contestataires.

La FNE a accepté ce mercredi 13 décembre de reprendre le canal des échanges avec le ministère de tutelle accompagné de représentants des coordinations.

Révision du statut unifié

Les rencontres auront lieu ce jeudi 14 décembre. Benmoussa reprend le dialogue avec les quatre syndicats représentatifs d’une part et avec le FNE et l’UNTM d’autre part au sujet du contenu du statut unifié dans l’espoir d’aboutir à un accord commun dans les délais.

Toutefois, il y a accord et accord. Que comprendra ce nouveau statut qui sera, par la force des choses, fruit d’un dialogue parcellaire cherchant à contenter différentes parties qui ont parfois des intérêts contradictoires?

Le gouvernement a « cédé » sur le volet financier et n’a pas hésité à exploser les compteurs. Sera-t-il plus ferme et même intraitable sur les points importants de la réforme notamment l’évaluation du travail des enseignants et leur implication dans la mise en place des nouvelles méthodes pédagogiques ?