Le Maroc en huitième de finale de la Coupe du Monde U17

Le Maroc a fait énormément de progrès en peu de temps dans cette Coupe du Monde U17. Assez pour éliminer les États-Unis en seizième de finale, ce vendredi 14 novembre, à Doha.

L’équipe nationale poursuit donc son aventure au Qatar. Elle croisera le Mali en huitième, mardi 14 novembre.

Jude Terry a été l’unique buteur côté États-Unis et Abdellah Ouazane a égalisé sur une action de grande classe en fin de match. Juste avant la séance des tirs au but.

Ziyad Baha a été le premier à s’élancer avec réussite. Goo Villa a fait de même pour les Américains.

Ismail El Aoud a eu également la bonne idée de transformer son pénalty car dans la foulée, Chouaib Bellaarouch a repoussé la tentative de Cooper Sanchez.

L’avantage fut donné par Wissam Dardak. Alors que les États-Unis avaient recollé au tableau d’affichage, le Maroc rata l’occasion d’enfoncer le clou.

Mathis Albert égalisa pour son équipe en prenant à contre-pied Bellaarouch après avoir raté un penalty pendant la deuxième mi-temps.

Tout était à refaire. Et Ilias Hidaoui ne manqua pas l’occasion de tromper le gardien adverse. Chouaib Bellaarouch s’étira de tout son long pour offrir la qualification au Maroc.

Les Lionceaux de l’Atlas, pris parfois en grippe par l’arbitre, dormiront certainement mieux que d’habitude ce soir en ressassant le film d’un match assez fou. Leur meilleur du tournoi.

Ils peuvent être fiers du visage affiché et du rebond dont ils ont été capables après leur catastrophique entame de compétition. N’oublions pas qu’à un âge où on n’a pas encore le droit d’avoir le permis, le résultat ne pèse pas bien lourd face à l’apprentissage.

Réduire les espaces et jouer rapidement vers l’avant à la récupération

Dans un stade acquis à la cause marocaine, le 4-1-4-1 bas et compact mis en place par Nabil Baha, qui a décidé de lancer la majorité des joueurs vainqueurs de la Nouvelle-Calédonie, a particulièrement gêné les États-Unis en réduisant les espaces, quitte à délaisser le contrôle du ballon.

De toute façon, il valait mieux attirer l’adversaire pour le prendre dans le dos en capitalisant sur la vitesse d’Abdelali Eddaoudi.

D’ailleurs, à la domination territoriale des Américains, le Maroc a opposé application et concentration, tout en se projetant rapidement par séquences, à l’image de la tête croisée de Nahel Haddani qui a frôlé la base du montant droit d’Aidan Stokes (5’).

Le portier américain a certainement poussé un ouf de soulagement en voyant Moncef Zekri dévisser sa tentative de volée. Conclusion d’un contre rondement mené (18’).

Le Maroc était bien entré dans son match. Mais les protégés de Nabil Baha concédaient un peu trop de coups francs aux abords de leur surface de réparation.

Chouaib Bellaarouch a dû s’interposer à deux reprises pour capter des tirs cadrés. Sauf qu’il n’a rien pu faire sur le but de Jude Terry (21’), étrangement esseulé au point de penalty, à la réception d’un centre en retrait.

Une ouverture du score logique au vu de la mainmise des États-Unis sur ce début de match. Mais frustrante dans un sens, car le Maroc avait eu les meilleures occasions jusque-là.

Pour se sortir de l’ornière, l’équipe nationale était obligée de se faire davantage violence afin de revenir au score, alors que Oulad Ibn Salah et ses coéquipiers n’avaient jamais réussi à le faire dans cette compétition.

Que ce soit contre le Japon ou le Portugal en phase de groupe, ils ont plutôt tendance à baisser les bras et subir dans des proportions encore plus importantes.

L’enjeu résidait donc à savoir si les Marocains avaient appris de leur erreur. En ce sens, il y a eu du mieux.

Le Maroc a laissé filer un momentum favorable

Les percées plein axe balle au pied d’El Khalfaoui ont contribué à créer des brèches dans la défense américaine et donner l’impression à ses amis qu’ils avaient encore toutes leurs chances.

Cependant, les esprits se sont échauffés à la demi-heure de jeu. Et ce n’était pas forcément à l’avantage du Maroc qui avait laissé filer un momentum favorable.

Les Américains ont bien joué le coup en amenant les Marocains sur un terrain dont ils ne raffolent pas.

Pour peu qu’ils aient gardé leur calme, la stratégie offensive de l’équipe nationale qui consistait à fixer sur un côté avant de trouver le joueur libre de l’autre avait du sens et commençait à porter ses fruits.

En rentrant au vestiaire, le Onze national était encore en vie dans un match particulièrement éprouvant sur le plan mental. Un premier acte où l’équipe nationale a fait jeu égal avec les États-Unis au nombre de tirs cadrés (5).

Le staff de l’EN avait pour mission de convaincre ses joueurs de lâcher les chevaux. Car au fond, c’était un peu miraculeux qu’ils soient aujourd’hui sur le terrain.

Malgré une entame énergique, le Maroc était à deux doigts de voir ses rêves en partie envolés lorsque par deux fois, Chouaib Bellaarouch s’interposa magistralement devant les attaquants américains.

Malheureusement, Zakaria El Khalfaoui n’a pas bonifié les arrêts de son gardien dans la continuité. Sa déviation au premier poteau (54’) fut sortie par Aidan Stokes.

Bellarouch et Ouazane, héros de la soirée

On avait la sensation à ce moment que le Maroc avait laissé passer sa chance. Mais pour le plus grand bonheur des supporters présents, Mathis Albert a complètement manqué l’occasion d’aggraver le score sur un pénalty concédé par Bilal Sokrat (57’).

L’espoir était toujours permis. Moncef Zekri pensait avoir ravivé la flamme en égalisant à la 64e. Son but a été toutefois refusé pour une position de hors-jeu.

Alors qu’il restait une vingtaine de minutes à jouer, le Maroc était plus près de l’égalisation que du gouffre. Les entrées conjuguées d’Abdellah Ouazane et d’Ismail El Aoud ont pesé dans le demi-terrain offensif.

C’est d’ailleurs sur une déviation aérienne de Ouazane pour Hamza Bouhaddi que le tir de ce dernier a heurté un bras américain dans la surface. Mais la carte verte brandie par Nabil Baha n’a pas suffi à changer l’avis de l’arbitre.

Pourtant, on a vu des penaltys sifflés pour moins que ça. Ce n’était que partie remise. Avant qu’il ne quitte sa bande de copains sur blessure, Abdellah Ouazane a eu un éclair de génie.

Il s’est occupé de tout pour égaliser d’un tir croisé légèrement dévié à l’entrée de la surface, en sortie d’un dribble qui a éliminé trois joueurs d’un coup (90’).

Le public exulta au moment où le banc de touche sautait de joie. Tant mieux, car le Maroc avait besoin de soutien pour poursuivre sur sa lancée.

Wassim Derdak a bien tenté sa chance mais sans grande réussite. C’était avant que Chouaib Bellaarouch ne nous gratifie de deux arrêts décisifs lors de la séance des tirs au but pour qualifier ses amis au prochain tour.

Coupe du monde U17. Maroc-États-Unis, le dilemme de Nabil Baha

En vue du seizième de finale de la Coupe du monde U17, opposant le Maroc aux États-Unis sur le terrain numéro 7 de l’Aspire Zone, ce vendredi 14 novembre (16h45) à Doha, au Qatar, le sélectionneur national, Nabil Baha, devra résoudre une sorte de quadrature du cercle.

Que faire lorsque ce sont les remplaçants qui l’emportent, alors que le célèbre adage dit que l’on ne change pas une équipe qui gagne ?

Faut-il accorder sa confiance au onze qui s’est qualifié en marquant l’histoire du Mondial par l’ampleur de sa victoire sur la Nouvelle-Calédonie (16-0), ou miser sur les titulaires habituels, quitte à froisser certains de ses protégés ?

Le sélectionneur du Maroc se retrouve ainsi confronté à un véritable casse-tête. Le défenseur central Driss Aït Cheikh, le latéral gauche Moncef Zekri, le milieu de terrain Abdellah Ouazane et l’avant-centre Ziyad Baha sont les principaux éléments de cette équation.

Présents mais sans être là lors des défaites subies devant le Japon (0-2) et le Portugal (0-6), ces champions d’Afrique de la catégorie n’ont certainement pas perdu leur talent du jour au lendemain.

Mais leur prestation fut loin des standards auxquels ils nous avaient habitués. Voici quelques statistiques issues des deux premières rencontres qui en attestent :

–  Driss Aït Cheikh : seulement 30 % de duels défensifs remportés ;

–  Moncef Zekri n’a réussi aucun des deux centres qu’il a tentés et n’a remporté aucun duel aérien ;

–  Abdellah Ouazane n’a réussi qu’une passe dans le dernier tiers et aucune en direction de la surface de réparation ;

–  Ziyad Baha n’a cumulé que 0,07 xG lors des deux premières rencontres. Soit une bribe d’occasion de but. Aucun tir cadré ni dribble réussi.

Bref, chacun de ces joueurs a failli là où on l’attendait le plus. Un par ligne, cela fait tout de même beaucoup. Certes, Baha et Ouazane ont participé au festival avec leurs coéquipiers face à la Nouvelle-Calédonie en inscrivant chacun un doublé.

Mais face à une équipe réduite à neuf et complètement désunie et démotivée.

Le niveau des joueurs est assez homogène dans l’effectif

Alors, quelle attitude le technicien marocain doit-il adopter ? Il y a répondu de manière sibylline lors de la conférence de presse d’avant-match. « Le match face à la Nouvelle-Calédonie a redonné un élan à toute l’équipe et les joueurs sont désormais plus en confiance ».

Autrement dit, pas seulement aux remplaçants qui ont qualifié le Maroc, mais aussi aux titulaires déchus. Une manière de mettre tout le monde dans le même panier et de préparer le retour des titulaires dans le onze.

De toute façon, « le niveau des joueurs est assez homogène dans l’effectif. Quel que soit le joueur qui sera lancé, il sera capable de faire une bonne prestation », assure l’un des entraîneurs de jeunes qui a notamment participé à l’éclosion de Ziyad Baha, du temps où il était à l’Académie du Fath Union Sport (FUS) de Rabat.

Notre interlocuteur insiste sur la capacité de rebond de l’attaquant de 16 ans, qui a rejoint en début de saison les U19 de Calavera FC en Andalousie (Espagne), en provenance du Betis de Séville.

On attend également que Abdellah Ouazane en fasse de même et qu’il mette enfin derrière lui sa signature avortée au Real Madrid lors du dernier mercato estival.

Il y a fort à parier que les Marocains ont besoin de perdre pour apprendre à gagner. Il s’agit désormais de capitaliser sur l’écrasant succès précédent pour écrire une nouvelle page de leur histoire dans ce Mondial au Qatar.

« Le groupe avait besoin de croire en ses capacités et d’avoir le déclic pour gagner des matchs, et ils l’ont fait contre la Nouvelle-Calédonie », assure le sélectionneur national.

En fait, la réussite des Marocains passera par leur capacité à transformer le passé en un tremplin pour un avenir radieux. Outre la phase de groupes, cela devrait également leur permettre de mieux appréhender le choc qui les attend contre les États-Unis.

D’autant que les Américains auront certainement aussi à cœur de venger leurs compatriotes U20 et U23, qui ont respectivement subi la loi du Maroc en quart du Mondial U20 et des Jeux olympiques de Paris 2024.

Des sauts de concentration à exploiter

Au premier tour, les États-Unis ont dominé leurs adversaires pour finir premiers d’un groupe comprenant la République tchèque, le Burkina Faso et le Tadjikistan.

Une poule au niveau relativement faible, comparée à celle du Maroc. Mais pour leur 18e participation à l’épreuve planétaire dans la catégorie U17, les Américains ne cachent pas leur volonté d’aller un peu plus loin que la 4e place atteinte à l’issue de l’édition 1999.

Pour ce faire, ils pourront compter sur une défense globalement solide. Les protégés de Gonzalo Segares n’ont encaissé qu’un seul but en plus de 270 minutes de jeu.

Néanmoins, c’est l’une des équipes qui concède le plus de tirs par match, la faute à des sauts de concentration. Pour preuve, cette séquence qui s’est répétée à plusieurs reprises, notamment lors de leur match face au Burkina Faso.

Sur cette action, et alors qu’ils doivent presser chacun son homme, les Américains commettent deux oublis et ne sont pas à distance d’intervention.

Un pressing haut où les positions des Américains ne sont pas optimales. Le marquage est assez léger, ce qui a permis aux Burkinabès de ressortir le ballon et de se retrouver dans une situation de supériorité numérique face à la défense américaine.

Une occasion qui n’a pas été correctement exploitée, mais qui révèle l’une des failles dans le système défensif des États-Unis.

Dans la foulée, les Burkinabès se sont retrouvés en supériorité numérique dans le camp américain.

Offensivement, comme nous l’expliquions auparavant, le futur adversaire de l’EN essaye de récupérer le ballon assez haut sur le terrain. Mais il peut également défendre bas, en bloc médian, afin de capitaliser sur la rapidité de certains de ses joueurs offensifs.

À l’image de Cavan Sullivan. Entré en jeu pour inscrire le but décisif du succès 1-0 contre le Burkina Faso, tout juste 48 heures après avoir participé à un match de MLS avec le Philadelphia Union.

Le meneur de jeu américain est assez précis dans la demi-terrain offensive (70 % de passes réussies).

Vif, rapide et doté d’une bonne vision de jeu, il brille également par sa justesse dans la prise de décision. En tout cas, il sera à surveiller comme le lait sur le feu par la bande à Nabil Baha.

Coupe du Monde U20. Le Maroc en demi-finale après avoir battu les États-Unis (3-1)

S’il faut une bonne attaque pour gagner des matchs, il est impossible d’aller loin dans un tournoi sans une grande défense. La victoire du Maroc face aux États-Unis (3-1), ce dimanche 12 octobre en quart de finale de la Coupe du monde U20, en est la parfaite illustration.

Cette qualification a mis du temps à se dessiner sur la pelouse de l’Estadio El Teniente de Rancagua, au Chili. Elle est le fruit d’une défense d’airain, d’une solidarité à toute épreuve et d’un réalisme froid dans les moments clés.

La glace dans le sang, les hommes de Mohamed Ouahbi ont su frapper au bon moment, notamment grâce à Fouad Zahouani  (31′) et Yassine Gessime (87′). Entre-temps, Josh Winders avait, lui, trompé son propre gardien (67′), après l’égalisation de son équipe en fin de première mi-temps (45’+6).

Le Maroc est désormais invité à la table des grands, vingt ans après sa dernière participation dans ce tournoi. Il retrouvera, dans le dernier carré, la France, mercredi 15 octobre à partir de 21h.

Mais on demandera quand même aux Lionceaux de l’Atlas de nous éviter autant de frayeurs. Car à un moment donné, ce Maroc–États-Unis pouvait aussi basculer de l’autre côté.

On ne change pas une équipe qui gagne

Mohamed Ouahbi a reconduit le même onze que celui aligné face à la Corée du Sud en huitièmes. Un onze où Houssam Essadek perd sa place au profit de Naïm Byar.

Au-delà des hommes, quelques ajustements ont également été apportés au niveau des positions. Saad El Haddad occupait le couloir gauche de l’attaque tandis que Yassine Gessime était en soutien de Yassir Zabiri.

À l’image du match précédent, les Lionceaux de l’Atlas ont failli être cueillis à froid dans les premières minutes de la rencontre, lorsque Brooklyn Raines échappa à la défense sur le côté droit avant de centrer au point de penalty.

Heureusement que Ali Maamar était assez vigilant pour s’interposer et repousser le tir de Zavier Gozo (1’).

Entame délicate pour les Lionceaux de l’Atlas. C’est peu de le dire. Ils étaient même incapables d’enchaîner trois passes dans le camp américain. Jusqu’à cette belle sortie de balle où Saad El Haddad, d’une transversale millimétrée, trouva Othmane Maama à l’opposé.

Comme souvent, le débordement du virtuose marocain s’est conclu par un centre brûlant. Toutefois, Saad El Haddad n’a pas réussi à reprendre correctement le ballon (7’).

Deux situations chaudes pour chacune des deux équipes dans les dix premières minutes. De quoi annoncer un quart de finale intense et disputé. Cela dit, la domination restait clairement américaine.

L’équipe nationale peinait à franchir le premier rideau de pression imposé par les États-Unis. Elle perdait le ballon (17 secondes) plus facilement qu’elle ne le récupérait (32 secondes).

Heureusement, l’arrière-garde marocaine veillait au grain. Mais sur les rares incursions dans le dernier tiers, les Lionceaux ont manqué de tranchant.

Alors que le tempo de la rencontre baissait, Zavier Gozo n’était pas loin de surprendre Yassir Benchaouch sur un centre à la trajectoire étrange, qui finit sa course sur la barre transversale du portier marocain.

La réaction des Lionceaux de l’Atlas ne s’est pas fait prier, à travers une transition rapide conclue par un centre au second poteau pour Othmane Maama.

Il s’y est pris à deux reprises pour remettre le ballon au deuxième poteau, où attendait Fouad Zahouani, esseulé, pour ouvrir le score (30’).

La demande de review du coach américain n’a fait que mettre en lumière l’excellente lecture de jeu et la récupération de Saad El Haddad à l’origine de l’action.

Un scénario idéal pour le Maroc. Ce but permettait aux joueurs d’exploiter davantage leur vitesse en contre. Mais avant de se projeter vers l’avant, il fallait d’abord s’arracher derrière pour préserver la cage de Benchaouch.

D’autant qu’en face, les États-Unis ont redoublé d’intensité et accéléré le rythme de leurs transmissions. Les permutations incessantes rendaient la tâche plus ardue pour les Marocains, et les nombreux corners concédés n’arrangeaient rien.

Les hommes de Mohamed Ouahbi ont fait bloc

Pas découragés pour autant, les hommes de Mohamed Ouahbi ont fait bloc, solidaires, protégeant leur portier qui n’a quasiment rien eu à faire jusqu’à ce coup de sifflet inattendu de l’arbitre, signalant une faute discutable dans la surface.

Aux yeux de l’homme en noir, Ali Maamar a retenu Noris. Un contact léger à vitesse réelle, mais sanctionnable. C’est la décision derrière laquelle s’est rangé le corps arbitral après le review demandé par Mohamed Ouahbi.

Cole Campbell a transformé cette occasion rêvée au bout du temps additionnel, même si Yassir Benchaouch n’était pas loin de l’arrêter (45’+4). À noter qu’il s’agit du troisième penalty concédé par le Maroc dans cette compétition.

Le commencement du second acte n’a pas été plus à l’avantage de l’EN Acculés dans leurs vingt derniers mètres, les Marocains n’ont que trop rarement trouvé des décalages au milieu de terrain ou sur les côtés pour progresser et faire monter le bloc équipe.

Le repositionnement de Yassine Gessime sur le côté n’y a rien changé. Il s’est entêté à faire la différence tout seul et il en a oublié de jouer avec ses coéquipiers, dont Yassir Zabiri, qui a surgi tel un renard des surfaces pour prolonger une longue touche de Fouad Zahouani.

Surpris, Joshua Wynder poussa le ballon au fond de ses propres filets, redonnant l’avantage aux Lionceaux de l’Atlas (66’). Avantage que Yassir Benchaouch a conservé en multipliant les arrêts décisifs. Et quand il n’y pouvait rien, c’est le manque de réussite des Américains qui permettait au Maroc d’être devant.

Et même de mettre le but du break, au terme d’un contre conclu par Yassine Gessime (88’), qui est sorti de sa torpeur au meilleur des moments, pour le plus grand plaisir de ses coéquipiers et de toute une nation.

Les buts du Maroc peuvent être visionnés ici.

Les déclarations d’après-match:

Coupe du monde U20. Maroc–États-Unis, les clés du match

Trois jours après avoir gravi la colline sud-coréenne en huitièmes de finale de la Coupe du monde U20, ce sont les États-Unis, un col hors catégorie, qui se dressent devant le Maroc, en quart, ce dimanche 12 octobre (21h), à l’Estadio El Teniente de Rancagua, au Chili.

Il ne faut pas être forcément devin pour affirmer que le vainqueur de cette affiche a de grandes chances d’atteindre la finale et même de soulever le titre.

D’abord, car l’équipe qui se qualifiera croisera la France ou la Norvège en demi-finale. Deux adversaires potentiels qui ont atteint ce stade du tournoi sans convaincre grand monde.

Ensuite, parce que le Maroc comme les États-Unis sont les deux révélations de cette édition du Mondial U20. On ne donnait pas cher de la peau des Lionceaux de l’Atlas dans un groupe C très relevé.

Mais, les deux victoires coup sur coup face à l’Espagne et au Brésil ont révélé des ressources insoupçonnées dans le groupe marocain. Parce qu’il ne suffit pas d’avoir du talent sur le papier, il faut surtout réussir à l’exprimer sur le pré.

Le quart de finale de ce soir opposera deux groupes qui se valent

Les hommes de Mohamed Ouahbi ont démontré non seulement une maîtrise technique, mais aussi une maîtrise émotionnelle rare, surtout pour des joueurs qui ont obtenu le droit de vote depuis moins de deux ans.

De l’autre côté, les finalistes du Championnat U20 de la Concacaf 2024 ont impressionné par leur force de frappe offensive (16 buts en quatre matchs).

Ils en ont mis neuf à la Nouvelle-Calédonie, avant de battre la France (3-0) lors de la phase de groupe. Un tableau terni seulement par la défaite face à l’Afrique du Sud (2-1).

En somme, le quart de finale de ce soir opposera deux groupes qui se valent. Si des ajustements sont attendus, notamment en phase défensive pour contenir les nombreuses menaces adverses, Mohamed Ouahbi assure que ses joueurs ne vont pas pour autant jouer petits bras.

« Nous adopterons le même style de jeu et la même approche qui nous ont permis d’obtenir des résultats positifs jusqu’ici ». On serait tenté d’ajouter qu’il faudra également davantage de phases de possession.

Et pour cause, il ne faudra surtout pas réitérer ni l’entame du match ni les vingt dernières minutes de la deuxième mi-temps face à la Corée du Sud.

Des périodes émaillées par des prises de risques inutiles et des difficultés à poser le jeu, à éviter de se faire peur et surtout à ne pas redonner confiance à l’adversaire. De toute façon, le staff de l’équipe nationale ne s’avance pas dans l’inconnu.

« Nous avons déjà affronté l’équipe des États-Unis. Nous connaissons bien les capacités de ses joueurs et ce qu’ils peuvent produire sur le terrain », a souligné M. Ouahbi.

Des matchs où le Maroc a d’abord été surpris en subissant une lourde défaite (4-1) avant de se reprendre pour décrocher un match nul (0-0). Mais au fond, ces deux rencontres sont incomparables avec celle de ce soir.

Ne serait-ce qu’au regard du renouvellement de l’effectif qu’a dû opérer le staff de l’équipe nationale au moment de constituer son groupe, en raison de l’absence de plusieurs joueurs. Certains ont été retenus par leurs clubs tandis que d’autres ont tout bonnement décliné la convocation.

Le groupe est prêt mentalement et physiquement

En tout cas, ceux qui sont présents actuellement au Chili seront tous en état de forme pour relever le défi qui attend l’équipe nationale. « Le groupe est prêt mentalement et physiquement pour disputer ce match décisif », affirme Ismaïl Baouf.

Il n’en faudra pas moins pour espérer éliminer les Stars and Stripes, qui disputent leur 18e édition du Mondial U20. « Seul le Brésil en compte davantage. Les États-Unis ont atteint les quarts de finale des quatre derniers tournois », indique la Fédération internationale de football.

Cela dit, ce n’est certainement pas le passé qui conditionnera le présent et l’avenir des deux équipes. L’issue de la rencontre dépendra de la capacité des joueurs à imposer leur rythme, à saisir les moindres opportunités et surtout à gérer leurs temps faibles.

Les États-Unis possèdent plusieurs cordes à leur arc. Ils savent quasiment tout faire. Défendre en bloc haut, médian ou bas, dérouler leur jeu de possession et construire patiemment leurs actions, mais également jouer rapidement les transitions vers l’avant.

Plus intéressant encore, leur positionnement n’est pas figé dans le marbre. Leurs joueurs n’hésitent pas à permuter, à dépasser leur fonction et à s’adapter au jeu, ce qui témoigne d’une grande intelligence situationnelle.

Le fait que Benjamin Cremaschi, le milieu de terrain auteur de cinq buts et deux passes décisives jusqu’ici, soit le joueur le plus décisif de son équipe et du tournoi constitue une preuve irréfutable de son impact.

« L’équipe américaine se distingue par la rapidité de ses joueurs, leur vivacité et leurs changements de position constants », insiste Mohamed Ouahbi.

Par exemple, leurs latéraux n’hésitent pas à rentrer dans le cœur du jeu pour apporter du surnombre au milieu de terrain et laisser de l’espace à l’ailier pour s’exprimer.

Un peu comme Achraf Hakimi au Paris Saint-Germain. Leur trio au milieu de terrain n’est pas statique. Il se déplace et se déforme pour s’adapter à la situation de jeu.

Que ce soit pour créer des surnombres en défense ou sur les côtés, faciliter la sortie de balle, ouvrir des lignes de passe ou se projeter rapidement vers l’avant.

À ce titre, les Marocains seront attendus sur leur capacité à conserver une structure et un bloc défensif compact, tout en contrôlant les différents déplacements auxquels ils auront à faire face. La communication entre les joueurs sera l’une des clés pour y parvenir.

En outre, le staff de l’équipe nationale aura à charge de réduire l’influence de Brooklyn Raines sur la progression du jeu de son équipe. Premier relanceur et véritable plaque tournante au milieu de terrain, il ne doit surtout pas se retrouver dans un fauteuil. Les Italiens l’ont payé très cher en huitièmes de finale (3-0).

Il faut surveiller de près Brooklyn Raines, car il est un relais essentiel pour la progression du jeu de son équipe.

Un bloc équipe compact, mais exposé à l’opposé

L’autre aspect que les Italiens n’ont pas réussi à suffisamment exploiter réside dans la compacité du bloc défensif des États-Unis. Vu comme ça, on pourrait croire que c’est une force plutôt qu’une faiblesse.

En effet, défensivement, le bloc équipe des États-Unis est compact. Les distances entre les joueurs et les lignes sont très réduites, ce qui leur permet de récupérer rapidement le ballon.

D’ailleurs, c’est l’une des quatre équipes à laisser l’adversaire faire le moins de passes par possession (7,7). Mais, chaque stratégie a aussi ses inconvénients, sinon, tous les matchs se termineraient par d’ennuyeux scores vierges.

Celle consistant à opposer à l’adversaire une énorme densité a pour effet de dépeupler une partie du terrain à l’opposé. L’Italie a failli ouvrir le score sur une situation de jeu similaire.

Sur cette situation de jeu, le bloc défensif des États-Unis est compact. Il coulisse vers un côté pour récupérer le ballon. Mais à l’opposé, le joueur italien dispose de beaucoup d’espace devant lui. Il a d’ailleurs failli ouvrir le score lorsque le jeu a basculé de son côté.

C’est une piste sérieuse à creuser, d’autant que l’équipe nationale possède de sérieux atouts en termes de dribble et de vitesse sur les flancs, qu’il faudra exploiter grâce à des renversements de jeu rapides.

Enfin, le Maroc devra parfois jouer à contre-nature, en essayant d’allonger et d’être présent à la retombée du deuxième ballon. Une séquence de jeu sur laquelle la défense américaine s’est montrée fébrile à de multiples reprises.

Coupe du monde U20. Maroc – États-Unis. Quelle heure, quelles chaînes ?

Le Maroc et les États-Unis s’affrontent en quart de finale de la Coupe du monde U20. Deux équipes qui n’ont pas eu trop de mal à franchir le tour précédent, tant elles ont de la qualité à revendre.

Malgré une entame de rencontre compliquée, le Maroc a par la suite été supérieur à une vaillante équipe de Corée du Sud, dans la nuit de jeudi à vendredi 10 octobre, en huitième de finale.

Un peu plus tôt, les États-Unis n’ont pas fait de détail face à l’Italie, qu’ils ont sèchement battue sur le score de 3-0. Autant dire que le quart de finale entre le Maroc et les États-Unis s’annonce passionnant.

Il met aux prises deux équipes qui ont le vent en poupe. Portées par des joueurs rapides et adroits devant le but. Ce sera donc aussi un face-à-face entre deux des meilleurs buteurs du tournoi, Yassir Zabiri (3 buts) et Benjamin Cremaschi, auteur de 5 buts et 2 passes décisives jusqu’ici.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, ce dernier n’est pas un attaquant mais un milieu de terrain particulièrement porté vers l’attaque. De la capacité des Lionceaux de l’Atlas à réduire son influence sur le jeu dépendra sans doute l’issue de la rencontre, entre autres.

Mohamed Ouahbi le sait trop bien. C’est un grand défi qui attend ses joueurs, qui connaissent bien leur futur adversaire. En mai dernier, une double confrontation avait été organisée entre les deux équipes.

Les États-Unis avaient largement remporté la première rencontre (4-1). La seconde s’était conclue sur un match nul et vierge. L’équipe nationale a donc des comptes à régler avec les Américains. Et c’est le moment ou jamais.

Dans les autres rencontres des quarts de finale, la Colombie a battu l’Espagne (3-2) tandis que l’Argentine est venue à bout du Mexique (2-0). La France quant à elle disputera son quart face à la Norvège, dans la nuit de dimanche à lundi 13 octobre, à partir de minuit.

C’est le vainqueur de ce match qui sera opposé au gagnant de l’affiche entre le Maroc et les États-Unis. Une affiche qui se tiendra à l’Estadio El Teniente, à Rancagua, au Chili, ce dimanche 12 octobre à 21 h. Elle est à suivre sur :

– Arryadia (TNT) ;

– BeIN Sports ;

FIFA+ (Streaming).

Karim Zidane représente le Roi au 17ᵉ Sommet des affaires USA-Afrique

Karim Zidane conduit une importante délégation composée de dirigeants et de hauts responsables du secteur public et privé, notamment de l’Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (AMDIE), de l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM), de l’Office national des chemins de fer (ONCF), de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), ainsi que de Medz, de Marsa Maroc et de représentants des banques marocaines.

La participation à cet évènement, qui se tient en présence de plusieurs chefs d’État africains ainsi que de hauts responsables de gouvernements de plusieurs pays, s’inscrit en droite ligne des hautes orientations royales en faveur du renforcement des partenariats économiques du Royaume avec les pays africains et les partenaires internationaux.

Elle vise à mettre en valeur les réformes engagées par le Maroc pour renforcer son attractivité économique, sous la conduite éclairée du Roi Mohammed VI, en particulier la mise en œuvre de la nouvelle Charte de l’investissement, et à promouvoir, ainsi, les opportunités qu’offre le Royaume dans des secteurs stratégiques tels que les énergies renouvelables, l’industrie automobile, l’aéronautique, l’agro-industrie et les technologies vertes.

Dans cette dynamique partenariale, le Maroc se positionne désormais comme un acteur incontournable dans les chaînes de valeur mondiales, à la faveur des relations économiques privilégiées et du partenariat structuré et durable qu’il entretient avec les États-Unis d’Amérique, consolidé par l’accord de libre-échange en vigueur depuis 2006. En effet, le Royaume figure parmi les principaux partenaires commerciaux des États-Unis en Afrique.

Organisé en présence de plus de 1.500 participants, dont des chefs d’État, des ministres, des décideurs économiques et politiques et des représentants du secteur privé, ce sommet constitue une plateforme majeure pour le dialogue économique et la construction de partenariats stratégiques durables entre les États-Unis et les pays africains.

Les droits compensatoires sur les engrais phosphatés marocains de nouveau sous examen aux USA

La Commission américaine du commerce international (USITC) a officiellement ouvert une procédure de second réexamen judiciaire (remand) concernant les droits compensatoires imposés aux importations d’engrais phosphatés en provenance du Maroc et de la Russie. Cette annonce, publiée dans le Federal Register le 10 juin 2025, marque un tournant significatif dans une affaire aux enjeux commerciaux et juridiques majeurs qui dure depuis 2021.

Un contexte judiciaire complexe depuis 2021

L’historique de ce dossier est marqué par plusieurs rebondissements. En mars 2021, l’USITC avait initialement rendu un verdict affirmant que les importations marocaines et russes avaient causé un préjudice matériel à l’industrie américaine, ouvrant ainsi la voie à l’application de droits compensateurs.

Cependant, le Tribunal américain du commerce international (CIT) est intervenu une première fois en septembre 2023, en émettant un premier remand. Cette décision renvoyait l’affaire à l’USITC pour une réévaluation. Malgré cette injonction, l’USITC avait confirmé ses conclusions initiales en janvier 2024.

Le plus récent développement est survenu le 22 avril 2025, lorsque le CIT a rendu une seconde décision (Slip Op. No. 25-32), toujours sous scellés, ordonnant un nouvel examen du dossier par l’USITC. C’est en réponse à cette directive que la Commission a formellement annoncé l’ouverture de cette procédure de second remand.

OCP, acteur clé parmi les parties impliquées

L’avis publié par l’USITC le 10 juin 2025 dans le Federal Register détaille précisément les modalités de ce réexamen. La Commission a notamment précisé qu’elle utiliserait exclusivement le dossier existant ; aucune preuve nouvelle ne sera acceptée durant cette phase.

Une période de commentaires a été ouverte, et les parties ont jusqu’au 20 juin 2025 pour soumettre leurs observations. La participation à cette procédure est réservée aux parties déjà impliquées dans l’affaire. Parmi elles figurent des acteurs majeurs tels que OCP S.A., EuroChem, PhosAgro PJSC, International Materials Ltd., Koch Fertilizer, ainsi que l’industrie américaine des engrais.

Prochaines étapes du second réexamen judiciaire

Cette nouvelle procédure de réexamen pourrait avoir des répercussions significatives. Le CIT pourrait, à terme, invalider la décision historique de 2021 si les arguments présentés sont jugés non conformes au droit ou aux procédures établies. Cela pourrait déboucher sur une modification, un maintien ou une annulation des droits compensateurs actuellement en vigueur sur les engrais phosphatés marocains.

Les yeux sont désormais tournés vers le 20 juin 2025, date limite pour le dépôt des commentaires par les parties prenantes. Ensuite, le processus de réévaluation par l’USITC sera suivi de près. Le CIT continuera de surveiller attentivement la conformité de la procédure avec ses directives et pourrait intervenir à nouveau dans les prochains mois.

Les marchés financiers mondiaux commencent à renouer avec leur niveau antérieur aux tarifs de Trump

La majorité des marchés financiers évoluent dans le vert pour la cinquième séance consécutive. Les gains enregistrés par l’ensemble des indices, au moment de la rédaction de cet article, ont permis de résorber quasi intégralement les pertes subies depuis le 2 avril 2025, date de l’annonce par Donald Trump de l’instauration de droits de douane généralisés.

Cette dynamique haussière concerne la quasi-totalité des places boursières mondiales, avec des performances variables mais globalement positives. Seules les bourses du Mexique et de l’Espagne affichent encore un repli.

Source : Investing

Ce rebond s’explique par deux facteurs majeurs. D’une part, l’annonce d’une trêve de 90 jours destinée à ouvrir une fenêtre de négociation entre l’administration Trump et ses principaux partenaires commerciaux. D’autre part, et de manière plus déterminante, la déclaration de Donald Trump évoquant une possible révision à la baisse des droits de douane sur les produits chinois ainsi que l’ouverture à des discussions bilatérales.

La combinaison de ces deux signaux a favorisé un climat d’apaisement sur les marchés, ravivant la confiance des investisseurs. Cet optimisme s’est traduit par un regain d’appétit pour les actifs risqués, dopant les indices boursiers à l’échelle mondiale.

Maroc–États-Unis. Voici les principaux produits exportés en 2023 et 2024 (infographie)

Dans une précédente analyse, Médias24 s’était penché sur la structure des échanges commerciaux entre le Maroc et les États-Unis afin d’analyser les impacts potentiels liés à la hausse des droits de douane décidée par Washington contre les exportations de plusieurs pays.

Verdict : l’impact direct, s’il devait se matérialiser, resterait limité, compte tenu du poids relativement marginal des exportations marocaines vers le marché américain, avec lequel le Royaume maintient par ailleurs une balance commerciale déficitaire.

Au-delà des chiffres globaux, il est utile d’analyser les exportations marocaines vers les États-Unis produit par produit, afin d’identifier les secteurs phares de cette relation commerciale bilatérale, et de mieux comprendre les leviers et vulnérabilités de l’échange entre les deux pays.

Voici donc, en millions de dirhams, le Top 10 des exportations marocaines vers les États-Unis en 2023 et 2024.

Il est à noter que le Maroc et les États-Unis ont signé un accord de libre-échange en juin 2004, entré en vigueur le 1er janvier 2006.

Et si les droits de douane cachaient une vraie stratégie ? La doctrine Trump-Miran en débat

Il existe un large consensus parmi les économistes : cette stratégie ne présente ni intelligence économique ni véritable vision stratégique sur le fond. Des économistes de premier plan, tels qu’Olivier Blanchard et John Cochrane, ainsi que des prix Nobel comme Paul Krugman, Joseph Stiglitz et Daron Acemoglu, ont vivement critiqué la démarche de l’administration Trump, allant jusqu’à la qualifier de « stupidité économique ».

« Ça ressemble à tout, sauf à un plan »

Dans le même esprit, Médias24 a sollicité l’avis d’un économiste marocain. Celui-ci s’inscrit dans la même ligne d’analyse, en dénonçant les contradictions internes des objectifs poursuivis par les États-Unis et en qualifiant les hausses tarifaires de piètre stratégie, aux effets incertains à court terme, mais potentiellement nocifs à long terme.

« Les objectifs de Trump sont illisibles et contradictoires en soi. Personne n’y comprend rien. Si son objectif est de négocier, alors les tarifs ne seraient pas permanents, et donc provisoires. Mais si son objectif est de rapatrier de la production, alors les tarifs doivent être permanents pour justifier des investissements aux États-Unis. Si, enfin, son objectif est de compenser des baisses d’impôts par les recettes douanières, alors il a besoin que les importations restent élevées, car c’est la base de taxation, or la hausse des tarifs va mécaniquement baisser les importations. Bref, c’est un tissu d’objectifs divergents, chacun porté par un de ses conseillers », explique-t-il.À court terme, les effets restent incertains et dépendront largement de l’orientation de la politique monétairePour ce qui est des impacts à court et à long terme, « les effets macroéconomiques à court terme sont indéterminés, ça dépendra beaucoup de la réaction de la FED. Donc il est très difficile de prévoir l’évolution du dollar par exemple ; il est soumis à des forces contradictoires : une force financière qui pousse plutôt à la baisse et une force commerciale qui pousse plutôt à la hausse, puisqu’il y aura moins d’importations », indique notre interlocuteur.

« Les effets macroéconomiques à long terme sont par contre certains. C’est du masochisme économique. La croissance potentielle américaine est solide à 3% – soit 2 points de plus que l’Europe –, le plein emploi est atteint (4% de chômage)… donc la dernière chose à faire, c’était d’enrayer la machine. Or la hausse des tarifs, c’est l’équivalent d’un immense choc d’offre négatif, avec une hausse de toute la structure des coûts. Ça change tout l’équilibre macroéconomique et ça conduit à une allocation inefficiente des ressources, donc à un affaiblissement de la productivité à long terme. Au lieu de faire de la tech, les Américains vont refaire des biens à faible valeur ajoutée », poursuit-il.

Pour notre source, il s’agit de la pire erreur économique de l’histoire. « Je pense que ce n’est pas abusif de dire que c’est probablement la pire erreur économique de l’histoire, je pense que c’est pire que les erreurs après la crise de 1929 (austérité budgétaire et resserrement monétaire en pleine dépression) », conclut-il.

Et si les droits de douane étaient une vraie stratégie ?

Dans les milieux académiques et médiatiques, une conviction domine : il n’y aurait aucune stratégie derrière cette politique. Rien, sinon une série de coups de force improvisés, guidés par l’obsession de paraître fort et de flatter la base électorale.

Cependant, lorsqu’on examine le profil des économistes qui entourent Trump, l’approche agressive et protectionniste de sa politique économique prend sens. La plupart de ses conseillers sont des experts reconnus en macroéconomie et en économie internationale.Ce que beaucoup prennent pour de la stupidité serait en réalité une stratégie volontaire, soigneusement élaboréeUn autre camp émerge, plus discret mais tout aussi influent. Il rassemble économistes proches de Trump, investisseurs, analystes et journalistes, unis par une même conviction : ce que beaucoup perçoivent comme de la folie ou de l’amateurisme serait en réalité une stratégie délibérée, pensée et assumée.

Ce camp refuse l’idée qu’une puissance comme les États-Unis, dotée d’un appareil technocratique aussi avancé, puisse naviguer à vue. Il s’appuie sur des doctrines, des écrits et des prises de position pour défendre l’existence d’un cap économique clair.

La vision la plus structurée est celle de Stephen Miran, souvent décrit comme l’architecte économique de Trump. Formé à Harvard et spécialiste de la macroéconomie, il a été conseiller principal au département du Trésor, où il a contribué à la réponse budgétaire pendant la récession liée à la pandémie. Il dirige aujourd’hui l’équipe d’économistes qui conseillent directement le président.

À ses côtés, Pierre Yared et Kim Ruhl, économistes au profil hybride, à la fois universitaires reconnus et impliqués dans les cercles de décision. Leurs travaux portent sur la macroéconomie et le commerce international.

Donc, il est difficile, dans ce contexte, de parler d’improvisation.

Comprendre la doctrine Miran

Miran part d’un paradoxe monétaire. Le dollar est recherché par les banques centrales du monde entier. Cette demande pousse la devise à la hausse, renchérit les exportations américaines et alimente un déficit commercial durable. L’industrie décline, les emplois se déplacent, les inégalités régionales se creusent. C’est le dilemme décrit par l’économiste Robert Triffin : être la monnaie‐pilier finit par fragiliser l’économie réelle du pays émetteur.

Plutôt que de réformer l’épargne ou la fiscalité intérieure, Miran propose un choc commercial. Les droits de douane sont appliqués de façon graduée et ciblée. Ils ne visent pas d’abord à protéger l’industrie, mais à inciter les devises étrangères à s’apprécier. Si l’euro, le yen ou le renminbi montent, les produits américains deviennent plus compétitifs sans que Washington n’ait à dévaluer activement le dollar.

Une fois la pression créée, la Maison‑Blanche cherche un compromis monétaire. Le modèle historique est l’accord du Plaza de 1985 où les alliés avaient accepté de réévaluer leurs monnaies. Miran imagine la même scène, mais dans un monde plus fragmenté : l’accès au marché américain devient un privilège accordé aux pays qui acceptent de partager le « fardeau du dollar » et de s’aligner sur certaines priorités sécuritaires.

Ainsi, les recettes douanières remplacent partiellement l’impôt intérieur. Miran défend l’idée qu’il vaut mieux taxer les importations que le travail ou le capital américains. Il propose même des obligations du Trésor à cent ans, destinées aux banques centrales étrangères, pour allonger la maturité de la dette et soulager le contribuable américain.

Au cœur de la doctrine, une équation explicite : les États‑Unis offrent stabilité financière et parapluie militaire, le reste du monde doit payer en retour. Ouvrir ses marchés, réévaluer sa monnaie, acheter de la dette américaine : autant de contributions exigées pour rester sous l’aile de Washington.

SeaLead lance une nouvelle ligne maritime reliant la Turquie, le Maroc et les États-Unis

Le service MEDUS offre une solution de transport rapide et efficace avec un calendrier de traversées bihebdomadaire et des temps de transit optimisés vers la côte Est des États-Unis, indique un communiqué de SeaLead.

Le premier départ est prévu le 29 mars depuis Mersin, avec une rotation incluant les ports d’Istanbul, Gebze, Aliaga, Casablanca, New York et Norfolk avant le retour à Mersin.
Selon SeaLead, cette nouvelle ligne répond à une demande croissante pour des solutions d’expédition plus rapides et plus flexibles entre l’Europe, l’Afrique du Nord et l’Amérique du Nord.

« Notre nouveau service MEDUS élargit notre portée en offrant une couverture directe du commerce transatlantique. Cette initiative stratégique renforce nos connexions avec les États-Unis, en complément de notre service transpacifique existant, et consolide notre position dans la région », a déclaré Suleyman Avci, Global Chief Executive Officer de SeaLead.

Le service MEDUS inclut également des connexions par feeders à destination et en provenance de plusieurs pays, notamment la Libye, la Tunisie, l’Algérie, l’Égypte, l’Espagne, la Grèce et la Roumanie, permettant ainsi d’élargir l’offre aux exportateurs et importateurs de ces régions.

Mark Lee, directeur régional Amérique du Nord chez SeaLead, cité dans le communiqué, souligne l’importance de cette expansion : « Le service MEDUS renforce notre couverture du marché nord-américain, nous permettant de mieux servir nos clients sur les deux côtes. En reliant la Méditerranée à la côte Est américaine et grâce à des connexions feeders dédiées, nous aidons nos clients à optimiser leurs chaînes d’approvisionnement plus efficacement ».

Nouveau système de visa américain pour les demandeurs marocains à partir du 8 février

Le nouveau système de visa américain sera opérationnel à partir du 8 février 2025. L’ambassade des États-Unis a dévoilé certains détails à connaître sur ce nouveau dispositif.

La page de connexion, le profil et les pages de prise de rendez-vous auront une apparence différente. Pour se connecter, il faudra se rendre sur www.ustraveldocs.com et procéder aux étapes suivantes :

L’ambassade américaine insiste pour que les demandeurs utilisent la même adresse mail enregistrée dans leur ancien profil lors de l’inscription dans le nouveau système, afin de récupérer leur reçu de paiement et leurs futurs rendez-vous.

« Dans le cas où vous avez payé vos frais de visa le 3 février ou avant dans l’ancien système et que vous n’avez toujours pas obtenu votre reçu de paiement à votre profil, vous pouvez cliquer sur « S’inscrire maintenant » et vous connecter au nouveau système », explique l’ambassade. « Une fois saisis le numéro du reçu de paiement et la date, vous pourrez récupérer votre nouveau reçu ».

« Les frais de livraison premium et de soumission de documents premium pourraient être révisés à partir du 8 février 2025, même si vous avez choisi ce service avant cette date », poursuit la même source.

Les services ordinaires, les services de paiement des taxes et le call center ne seront pas ouverts du mercredi 5 au vendredi 7 février, indique l’ambassade américaine dans une publication sur ses réseaux sociaux.

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par U.S. Embassy Morocco (@usembassymorocco)

Toutefois, sur la même période, les demandeurs de visa peuvent continuer à soumettre leur dispense d’entretien ou les 221g de documents au même emplacement de courrier. Les retraits de passeport et les livraisons vers les adresses choisies vont également se poursuivre.

Les demandeurs doivent honorer leurs rendez-vous en temps et en heure. Ceux ayant déposé leur demande de rendez-vous entre le mercredi 5 et le vendredi 7 février pourraient s’attendre à un retard de livraison de passeport durant ces trois jours.