Criquets pèlerins. La situation reste sous contrôle malgré la reproduction printanière

Plusieurs vidéos circulant sur les réseaux sociaux font état d’une récente invasion de criquets pèlerins, principalement dans la région de M’Hamid El Ghizlane (sud de Zagora), les environs d’Errachidia et au sud de Tata, notamment dans la vallée de l’oued Drâa.

Parallèlement, des images récentes montrent clairement des criquets pèlerins adultes en phase solitaire.

Vidéo montrant des populations de criquets dans la commune de Taouz, province d’Errachidia. (source : réseaux sociaux)

Les précipitations persistantes, enregistrées jusqu’au mois de mai dans le Sud-Est, ont créé un environnement favorable au développement de la reproduction des criquets pèlerins. Cependant, la situation demeure sous contrôle par les autorités de lutte antiacridienne et ne présente pas à ce stade les caractéristiques d’une invasion.

La situation normale s’explique principalement par deux facteurs : d’une part, la présence des criquets se concentre dans l’aire de récession printanière habituelle de l’espèce (sud-est du Maroc) ; d’autre part, les dispositifs de surveillance et de contrôle déployés dans la région assurent une gestion efficace de la situation acridienne.

En avril 2025, les équipes du centre national de lutte antiacridienne ont traité 1.785 hectares, dont 600 hectares par voie aérienne, notamment dans la vallée du Drâa, du Ziz-Ghris et quelques zones de l’Oriental.

Situation acridienne nationale : la reproduction printanière a augmenté le nombre des criquets

Au cours du mois d’avril 2025, plusieurs sites de reproduction de criquets pèlerins ont été observés dans le Sud marocain. Des groupes d’adultes en phase de reproduction ont été signalés principalement dans trois zones distinctes : le sud-ouest de Merzouga, le sud-ouest de Zagora, ainsi que les secteurs sud-est et sud de Tata. Ces observations ont été particulièrement concentrées durant la première quinzaine du mois, indiquant une activité reproductive soutenue dans ces régions.

Parallèlement, les prospections ont révélé la présence de populations larvaires dispersées sur un vaste territoire allant de Fam El Hisn à Zagora. L’évolution temporelle de ces populations montre une progression nette des stades de développement. En effet, alors que les jeunes stades dominaient en début de mois, les observations de fin avril ont mis en évidence une prédominance de stades plus avancés.

Certaines zones ont présenté des concentrations plus importantes, notamment au sud de Tata où des groupes de larves du 1er au 4ᵉ stade ont été recensés durant la première quinzaine, tandis que le sud-ouest de Zagora a accueilli des populations mixtes de tous les stades dans la seconde moitié du mois.

Criquets
Les différences entre le criquet pèlerin solitaire et le criquet pèlerin grégaire.

Durant la période entre le 1ᵉʳ et le 19 mai 2025, les données recueillies par la FAO ont recensé 56 sites d’adultes solitaires et 46 sites de forme larvaire. Fait important, aucune formation de bandes larvaires ni aucun individu grégaire n’ont été détectés durant cette période. Ces éléments suggèrent que, malgré une activité reproductive continue et un développement larvaire actif, la situation reste sous contrôle sans signe avant-coureur de grégarisation.

La situation dans les pays du Maghreb

Contrairement à la situation relativement stable observée au Maroc, la situation reste préoccupante en Algérie et en Tunisie.

L’Algérie a fait face à une activité acridienne plus intense durant le mois d’avril 2025, particulièrement dans les régions sahariennes où des formes grégaires et des bandes larvaires jusqu’au 5stade ont été identifiées, et dont le nombre a augmenté jusqu’à 66 signalisations durant le mois de mai 2025.

En Tunisie, la situation acridienne se caractérise par la présence de formes adultes de criquets pèlerins solitaires, transients et grégaires, dispersés, en groupes. Durant la deuxième moitié d’avril 2025, plusieurs bandes de premiers stades larvaires sont apparues, dont le nombre a augmenté de 8 sites de bandes larvaires à 123 signalements de bandes larvaires.

Une nouvelle situation a été enregistrée en Mauritanie à la fin du mois d’avril et en mai, marquant l’apparition de formes solitaires adultes de criquets pèlerins. Cette situation suggère une probable immigration depuis le Maroc vers le sud, après la période de récession printanière. Les populations de criquets devraient se déplacer vers des zones plus propices au développement, correspondant à l’aire de récession estivale située au niveau des pays du Sahel.

Criquets pèlerins : pas de risque imminent d’invasion au Maroc (Avis d’expert)

Dans sa dernière mise à jour du 24 mars 2025, la surveillance acridienne de la FAO a émis une alerte concernant l’Algérie, la Libye et la Tunisie, appelant à des prospections et à des opérations de lutte dans toutes les zones à risque. Une mission de la FAO est en cours pour évaluer la situation et prévenir une aggravation dans ces trois pays.

Si le Maroc reste, pour l’instant, épargné par une invasion de criquets pèlerins, selon le dispositif de veille de la FAO, la présence de ces insectes près des frontières orientales a toutefois soulevé des craintes auprès de la population d’une propagation imminente vers le territoire marocain et plus particulièrement les terres agricoles, dans une période de croissance des cultures.

Après de timides apparitions dans plusieurs régions du sud-est de l’Atlas, de nouvelles vidéos, datées du vendredi 29 mars, ont resurgi sur les réseaux sociaux, montrant des criquets volant de nuit dans le centre d’Ighrem, relevant de la province de Taroudant.

Video montrant l’apparition d’un groupe dense de criquets dans le centre d’Ighrem (Source: réseaux sociaux)

Contacté par nos soins, le Dr Thami Ben Halima, expert en entomologie et lutte antiacridienne, nous éclaire sur la situation actuelle. Avec une expérience de plus de cinquante ans dans la lutte antiacridienne, il a notamment dirigé le centre national de lutte antiacridienne d’Agadir (1975-1994) et a occupé le poste de secrétaire executif de la commission de lutte contre le criquet pèlerin dans la région occidentale de la FAO (1999-2012).

Au nom de la commission de lutte contre le criquet pèlerin dans la région occidentale, Thami Ben Halima à la 38e session du Comité de lutte contre le criquet pèlerin de la FAO, organisée à Rome en 2006 (crédit de l’image : FAO).

La situation actuelle au Maroc

Dans un précédent article, nous avons dressé un état des lieux actualisé, basé sur les dernières données de la FAO en date du 24 mars. Celles-ci ne recensent que quelques sites abritant des criquets ailés solitaires, principalement dans la vallée de l’Oued Draa. Cette situation a également été confirmée par les autorités intervenant dans les zones signalées de la région de Draa Tafilalet.

Mais depuis, quelques groupes ont été observés dans la région du sud-est, conduisant les autorités à réactiver les centres de commandement locaux et mobiliser les moyens aériens.

De son côté, Thami Ben Halima est rassurant à ce stade. Il réaffirme le caractère normal de la situation acridienne. Les sites où la présence de criquets a été signalée correspondent en effet à des aires de reproduction connues du criquet pèlerin. Cette reproduction se produit naturellement après les précipitations et le développement de la végétation, généralement durant la période printanière dans l’Afrique de l’Ouest et la mer Rouge.

Un autre signe, relevé par l’entomologiste, concerne le type des criquets observés au Maroc. Jusqu’à présent, seules des formes ailées solitaires, de couleur brune, ont été recensées. Ces criquets solitaires adoptent une stratégie de discrétion pour éviter les prédateurs. Leur couleur et leur comportement leur permettent de se camoufler efficacement. Ils se déplacent lentement, privilégient les vols nocturnes, ont un régime alimentaire restreint et évitent tout contact avec leurs semblables.

Par contre, les formes grégaires (criquets vivant en groupes), identifiées en Libye, en Algérie et en Tunisie, présentent des caractéristiques différentes : leur couleur change, ils se déplacent plus vite et sont attirés par leurs sembables. Ils forment des bandes larvaires ou des essaims adultes d’une superficie kilométrique. C’est à ce stade qu’ils deviennent une menace dévastatrice, capables de ravager les cultures.

Criquets
Schéma montrant la différence entre le criquet pèlerin solitaire et le criquet pèlerin grégaires (modifié d’après Rogers, 2014).

Face à la situation actuelle au Maroc et dans la région, l’action publique se limite à des opérations proactives de précaution préventive, sans entamer la phase de lutte. Par contre, tout est prêt pour la déclencher à tout moment, moyens aériens, stocks de pesticides, moyens humains, logistique…

En ce qui concerne la vidéo filmée dans le centre d’Ighrem, Ben Halima estime qu’il ne s’agit pas d’un groupe de criquets pèlerins, mais d’une espèce locale non nuisible.

« À Agadir, on observe souvent tel regroupement de criquets, près de lampadaires, ce qui peut faire penser à une invasion. En réalité, une véritable invasion se caractérise par des essaims massifs, parfois sur des dizaines de milliers d’hectares, formant un nuage noirâtre. En cette période printanière, les populations solitaires se trouvant au Maroc ont tendance à se concentrer et à se reproduire. Il serait important de les disperser rapidement, et je suis convaincu que les équipes du Centre national de lutte antiacridienne agiront avec efficacité. Même en cas d’inaction, si ces groupes parviennent à produire des larves et atteindre le stade adulte, ils s’envoleront vers le sud vers des conditions plus favorables », explique Thami Ben Halima.

Dans le contexte actuel, la prolifération de fausses informations a accompagné cette vague, notamment celles concernant la mobilisation des Canadair (qui ne sont pas adaptés à ce type d’intervention), la diffusion de photos anciennes ou provenant d’autres pays…

Ces fausses informations sèment la peur parmi les agriculteurs et les citoyens, alors qu’en réalité, seules des campagnes de précaution sont menées. Même en cas d’invasion et de lancement des opérations, les agriculteurs n’auraient rien à craindre, car les produits utilisés sont homologués et ne présentent aucun risque, ni pour les cultures, ni pour la santé humaine et animale, nous explique Thami Ben Halima.

« Les pesticides utilisés dans le cadre de la lutte antiacridienne sont homologués par l’ONSSA et appliqués de manière normative et précise par des équipes professionnelles. Ces équipes prennent toutes les précautions nécessaires pour que les pulvérisations aériennes n’aient aucun impact sur les zones humides, les zones écologiquement sensibles, la santé humaine ou la santé animale. Par mesure de sécurité supplémentaire et avant toute intervention, les autorités demandent toujours aux apiculteurs de déplacer les ruchers et aux éleveurs d’éloigner leurs troupeaux des zones de traitement », précise notre expert.

Quand faut-il craindre la présence des criquets pèlerins ?

En temps normal, le Criquet pèlerin vit en faible densité dans des zones arides ou semi-arides, loin des terres agricoles. Durant ces périodes dites de rémission, il ne cause pas de dommages significatifs aux cultures, et les essaims ou bandes larvaires sont rares, voire inexistants.

Une invasion ne survient pas brutalement : elle résulte de plusieurs mois de conditions favorables (reproduction réussie, humidité suffisante). Si rien n’est fait pour la contenir, une résurgence locale peut évoluer en recrudescence, puis en invasion généralisée.

Les criquets grégaires, plus petits (4,5 à 6 cm) que les solitaires (jusqu’à 9 cm), changent de couleur (rose immatures, jaune et noir à maturité) et adoptent un comportement grégaire. Ce phénomène se produit lorsque la végétation commence à se dessécher, incitant les individus ailés solitaires à se rassembler et à former des groupes. Ce regroupement peut survenir pendant qu’ils se réchauffent au soleil, se nourrissent, se perchent ou volent.

Criquets
20 juillet 2004 , Ain Beni Methar Photo des criquets pèlerins après traitement montrant l’imporance de l’invasion de 2003-2005 (Crédit FAO)
Criquets
Criquet pélerin au sud du Maroc lors de l’invasion 2003-2005 (FAO)

Le passage d’une phase solitaire (peu nuisible) à une phase grégaire (comportement ravageur), ou l’inverse, se fait par des stades intermédiaires appelés transiens. Parmi ces phases transitoires, la transiens congregans (passage vers la grégarisation) est particulièrement cruciale, car elle représente le moment opportun pour une intervention préventive efficace.

Cette transformation Transiens dépend de la densité : dès 250 à 500 adultes/ha ou 0,5 à 5 larves/m², la grégarisation peut s’enclencher, favorisée par des facteurs environnementaux comme les vents convergents, les pluies localisées et la réduction des zones végétales favorables.

Ils forment des bandes larvaires puis des essaims d’ailés, consommant jusqu’à 2,5 g de nourriture par jour (leur poids). Bien qu’ils pondent moins d’œufs que les solitaires, leur reproduction rapide, leur métabolisme accéléré et leur concentration en masse les rendent extrêmement destructeurs.

Photo montrant un essaim de criquet pèlerin au Sénégal (Photo Ben Halima, octobre 2004)

Lorsqu’ils deviennent grégaires, les criquets pèlerins forment d’immenses essaims qui peuvent représenter des densités impressionnantes : au sol, on compte en moyenne 50 criquets par mètre carré (soit 50 millions par kilomètre carré), avec des extrêmes variant de 20 à 150 millions d’individus au kilomètre carré. En vol, leur superficie déployée est deux à trois fois plus importante qu’au repos, tout en maintenant une densité maximale d’environ 10 criquets par mètre cube.

Le cycle journalier des criquets suit un rythme bien établi. À l’aube, ils quittent leurs perchoirs nocturnes et se rassemblent au sol pour absorber la chaleur du soleil avant d’entamer des vols courts et intermittents. Vers midi, lorsque la température dépasse 20°C (ou 23°C par temps couvert), commence leur vol soutenu. Se déplaçant principalement dans le sens du vent, ils avancent à une vitesse légèrement inférieure à celle du vent (environ 3-4 m/s par temps calme), parcourant ainsi jusqu’à 100 kilomètres en une journée après 9 à 10 heures de vol continu.

En fin de journée, environ une heure avant le coucher du soleil, les essaims se posent lorsque les courants thermiques faiblissent, passant la nuit accrochés à la végétation.

L’expérience marocaine dans la lutte antiacridienne

Depuis 2006,  la commission de lutte contre le criquet pèlerin de la FAO  a mis en place une stratégie préventive pour contrôler les populations de criquets pèlerins. Elle repose sur trois piliers fondamentaux, permettant d’anticiper et de contenir les pullulations avant qu’elles n’atteignent le stade d’invasion :

Grâce à cette stratégie préventive de de la FAO, plus de 20 résurgences de criquets pèlerins ont été maîtrisées, évitant ainsi le développement d’invasions majeures dans toute la région. Auparavant, dans les pays abritant les zones de reproduction les plus importantes en nombre et en superficie, les prospections étaient trop limitées pour agir efficacement et à temps.

Lutte anti acridienne
22 juillet 2004, Bouarfa – mobilisation d’unités aériennes pour controler l’invasion acridienne (Crédit FAO).

En temps normal, le Centre national de lutte antiacridienne (CNLAA), basé à Ait Melloul, coordonne exclusivement les actions de surveillance et de traitement préventif. Il suit l’évolution des populations de criquets, mène des prospections dans les zones de reproduction, gère les stocks de pesticides et évalue l’impact environnemental des opérations. Il collabore également avec les instances internationales comme la FAO qui publie un bulletin mensuel sur la situation acridienne.

En temps de crise (recrudescence ou invasion), la coordination passe à un poste de coordination central (PCC) interministériel situé à Rabat, appuyé par 13 postes de coordination régionaux (PCR) répartis le long de trois lignes de défense :

Lutte anti acridienne
26 juillet 2004, Agadir- pulvérisation des plantes lors de l’invasion acridienne entre 2003 et 2005 (Crédit FAO).

« Dans le cadre du fonctionnement des postes de commandement régionaux et du poste de commandement central, le ministère de l’Agriculture joue un rôle important. Tous les organismes du ministère situés le long des frontières, d’Oujda à Lagouira, apportent un soutien essentiel aux opérations de lutte antiacridienne, que ce soit pour les prospections ou les interventions. Ce soutien est rendu possible grâce au personnel et aux équipements des Directions provinciales de l’Agriculture (DPA) et des Offices régionaux de mise en valeur agricole (ORMVA) implantés dans ces zones frontalières », précise notre expert.

Rappellons que la dernière invasion de criquets pèlerins au Maroc, survenue entre 2003 et 2005, a été marquée par l’arrivée d’essaims en provenance de la Mauritanie et du Sénégal. Le manque de pluie a empêché la reproduction de ces criquets qui sont arrivés immatures, une phase particulièrement dangereuse. La crise a été maîtrisée grâce à une intervention aérienne décisive, impliquant des avions gros porteurs, des Turbotrush et des hélicoptères, qui a empêché une reproduction printanière la deuxième année. Au total, 5 millions d’hectares ont été traités lors de cette campagne de lutte, qui a pris fin en mars 2005.

Le Maroc copréside la réunion des agences des Nations unies à Rome

Cette réunion conjointe, créée en 2017 à la demande des membres des agences onusiennes ayant siège à Rome, constitue une plateforme de coordination pour discuter des questions stratégiques relatives à la sécurité alimentaire dans le monde.

Cette année, les discussions ont porté notamment sur la mise en œuvre du Protocole d’accord, signé entre les trois agences en 2023, visant à renforcer l’efficacité et l’efficience de la contribution des organismes à la sécurité alimentaire et à la nutrition, en particulier à la réalisation de l’objectif de développement durable (ODD) numéro 2. L’étude de cas relative à ce point a été consacrée au Programme conjoint pour le Sahel.

Les autres points concernent la mise à jour opérationnelle conjointe sur l’aide humanitaire à Gaza, en Haïti et au Soudan, et la coopération internationale visant à assurer un suivi du bilan du Sommet des Nations unies sur les systèmes alimentaires +2 et les contributions des trois agences onusiennes à d’autres processus mondiaux.

Intervenant en sa qualité de président du conseil d’administration du Programme alimentaire mondial, Youssef Balla a souligné « l’importance de la collaboration entre les agences basées à Rome pour lutter contre les niveaux croissants de faim à travers le monde, exacerbés par les conflits, les chocs climatiques et les crises multidimensionnelles ».

Il a rappelé, à cet égard, que les efforts conjoints sont essentiels pour fournir une aide humanitaire efficace dans des régions durement touchées comme Gaza, Haïti et le Soudan.

L’ambassadeur à également relevé l’importance du recours aux solutions diplomatiques pour soutenir les médiations visant la résolution des conflits, en appelant à un accès humanitaire fluide et durable permettant d’acheminer les aides alimentaires à des endroits difficiles d’accès.

Au cours de cette session, qui a été marquée par la participation de la vice-secrétaire générale de l’ONU, Amina Mohammed, et du directeur général de la FAO, Qu Dongyu, ainsi que de la directrice exécutive du Programme alimentaire mondial, Cindy McCain, le diplomate a exhorté les trois agences à apporter leurs contributions au Forum politique de haut niveau et au Sommet de l’avenir, qui se tiendront bientôt à New York, ainsi qu’à la Conférence des parties à la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, qui aura lieu dans les prochains mois.

(Avec MAP)

Akhannouch s’entretient avec le directeur général de la FAO

A cette occasion, le chef du gouvernement a rappelé « l’intérêt particulier que le Maroc accorde au secteur de l’agriculture et au monde rural, en vue de réaliser un développement intégré et de créer de la valeur ajoutée, à travers les stratégies successives basées sur la restructuration de l’agriculture, l’amélioration de la productivité, le placement de l’investissement au cœur de l’équation agricole, ainsi que sur la promotion du capital humain », indique un communiqué du département du chef de gouvernement.

De son côté, le directeur général de la FAO a salué l’expérience marocaine en matière d’agriculture et d’industrie de la transformation alimentaire, considérant que les stratégies adoptées par le Maroc au cours des vingt dernières années sous la conduite du Roi, peuvent constituer un « exemple à suivre pour les différents pays africains ». Il a assuré que la FAO entend développer son partenariat avec le Royaume de manière profitable aux autres pays africains.

Les deux parties ont également passé en revue les mécanismes de renforcement du partenariat stratégique permanent entre le Maroc et la FAO, qui gère dans le Royaume un portefeuille estimé à quelque 22 millions de dollars dans les domaines de la permaculture et du développement rural notamment, ainsi qu’en matière d’interventions urgentes, souligne la même source.

Ils se sont également félicités de l’accompagnement technique offert par la FAO, et qui a évolué de manière notable, à travers la mise en œuvre sur le terrain de projets répondant à des besoins ponctuels, vers un partenariat stratégique basé sur une approche de programmation.

Ces entretiens ont été l’occasion de mettre l’accent sur l’importance de la Conférence régionale de la FAO pour l’Afrique, pour laquelle le gouvernement a mobilisé toutes les conditions de réussite, afin d’en faire une opportunité d’échange de bonnes pratiques, de prospection de partenariats et d’examen de solutions innovantes autour des systèmes d’agriculture et d’alimentation, ajoute le communiqué.

Réunion de préparation de la 33e Conférence régionale de la FAO prévue au Maroc

Présidée par le ministre de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, Mohammed Sadiki, accompagné du représentant de l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) au Maroc, cette rencontre a pour objectif de sensibiliser et de communiquer autour de l’organisation de la 33e session de la Conférence régionale de la FAO pour l’Afrique. C’était aussi l’occasion de discuter de la participation des ministres des pays africains au Salon international de l’agriculture au Maroc (SIAM) qui se tiendra à Meknès, juste après l’ARC33, du 22 au 28 avril 2024, indique un communiqué du ministère de l’Agriculture.

La 33e conférence régionale ministérielle de la FAO pour l’Afrique sera organisée sous le thème « Systèmes agroalimentaires résilients et transformation rurale inclusive ».

Présidée par le Maroc, cette conférence rassemblera plus de 50 ministres des États membres africains ainsi que des représentants des pays observateurs, de l’Union Africaine, des organisations donatrices, de la société civile et du secteur privé.

Le Maroc accueille la 33e session de la Conférence régionale de la FAO pour l’Afrique en avril 2024

Cette conférence, qui se tiendra sous le thème « Systèmes agroalimentaires résilients et transformation rurale inclusive », constitue une opportunité majeure pour les pays africains pour discuter de solutions pratiques pour la sécurité alimentaire et l’amélioration de la production agricole, indique un communiqué conjoint de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et du ministère de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts.

L’événement devrait attirer des délégués de toute l’Afrique, notamment des ministres de l’Agriculture et d’autres portefeuilles essentiels à la transformation des systèmes alimentaires tels que les finances, le commerce et l’industrie, la foresterie, la pêche, l’environnement, la science et la technologie, la santé, entre autres, ainsi que des représentants de la société civile, du secteur privé, des partenaires de développement et des pays membres observateurs, poursuit la même source.

L’ARC33 servira de plateforme stratégique pour les membres et autres parties prenantes afin de partager les meilleures pratiques, d’explorer des partenariats et de discuter des opportunités et solutions innovantes sur la transformation des systèmes agroalimentaires, conclut-on.

Bientôt, une plateforme agricole “Satellites et intelligence artificielle”, avec accès gratuit aux agriculteurs

Créé il y a quelques mois pour renforcer le virage vers l’agriculture digitale au Maroc, en application des principes de la stratégie agricole Generation Green, le Pôle digital de l’agriculture, de la forêt et observatoire de la sécheresse, affiche déjà ses grandes ambitions, notamment incarnées par la plateforme « Satellites et intelligence artificielle », dédiée au développement de géo-services agricoles, à la production de la data agricole et foncière et au monitoring de l’irrigation

Le Pôle digital est un groupement d’intérêt public composé de 11 établissements qui représentent le monde de la recherche, les services publics dédiés à l’agriculture et les services financiers.

Amené à révolutionner le monde agricole à travers la digitalisation et la mise à disposition de données à un large éventail d’organismes et autres professionnels du secteur, ce projet a également pour objectif d’améliorer le niveau de vie des agriculteurs, « en les aidant à adopter une vision entrepreneuriale dans la gestion de leurs exploitation agricoles », affirme à Médias24 le Professeur Loubna El Mansouri, directrice du Pôle digital.

Un budget de 21 millions de dirhams

Afin de développer la plateforme « Satellites et intelligence artificielle », une enveloppe budgétaire de 21 millions de dirhams (MDH) sera nécessaire. Le financement s’articulera autour d’un partenariat public privé (PPP), qui n’a pas laissé insensible l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). 

« Nous avons soumis ce projet à Rome, au siège de la FAO. Ils ont été convaincus et ont accepté de financer la première phase du projet à hauteur de 4 MDH. D’autres participations financières sont en cours de finalisation », indique Loubna El Mansouri.  

« Le premier livrable est prévu pour décembre 2023. A cette date, la plateforme sera accessible mais uniquement pour certains services comme la reconnaissance automatique des cultures par satellites qui facilitera la gestion du patrimoine agricole du pays », ajoute-t-elle.

Au moment du lancement de la campagne agricole d’automne, au mois d’octobre, des experts de la FAO se rendront au Maroc pour assister l’ensemble des parties prenantes lors des tests qui seront effectués dans le bassin de Oum Errbia, lequel alimente trois périmètres irrigués pour tester l’efficacité des procédures et évaluer leur pertinence.

« Avec l’aide des directions régionales de l’Agriculture, nous allons également procéder à des tests grandeur nature à Béni Mellal et Doukkala. Ces essais seront aussi lancés au mois d’octobre, lors du démarrage de la campagne agricole ».

Prévisions météorologiques, maladies et ravageurs

Plus de dix stratégies digitales internationales ont été étudiées avant d’établir la feuille de route relative à la création de la plateforme. « Les études ont mis en évidence le besoin d’opter pour des plateformes software, basées sur l’intelligence artificielle et la Data Satellite », explique la directrice du Pôle digital agricole. 

Un constat corroboré par les spécificités du monde agricole national, établies via une étude stratégique, sous forme de mapping de consultation qui a concerné 28 organismes dont les agrégateurs et les établissements étatiques. « D’après nos études, il s’est avéré que les besoins des agriculteurs en termes de Data tournent autour de différents services, dont les prévisions météorologiques, les besoins en eau des cultures et les données sur les maladies et autres ravageurs des plantes« , affirme notre interlocutrice. 

Des informations essentielles à la bonne conduite des cultures. Même si elles sont disponibles, il n’est pas simple de les réunir car l’une des plus grandes limites du secteur agricole en matière de Data, réside dans la fragmentation des données.

« Les plateformes existantes ne sont pas communicantes et les services digitaux ne sont pas interopérables en général », regrette Mme El Mansouri. « C’est aussi l’une des raisons pour laquelle nous allons lancer la plateforme digitale », souligne Loubna El Mansouri. Pour simplifier, les objectifs de ce projet se déclinent comme suit : 

Développer des procédures automatiques de parcellisation et de cartographie des cultures basées sur les satellites et le Deep Learning ; 

– Valider les bases de données WaPOR (FAO), à l’échelle du Bassin à une résolution de 30 m pour estimer la productivité de l’eau à l‘échelle de la parcelle ; 

– Valider les bases de données WaPOR à l’échelle du Bassin à une résolution de 250m et 100m pour le suivi de la sécheresse dans le pluvial et développer des géo-services pour l’aide à la gestion des périmètres irrigués.

Implanter une vision entrepreneuriale

Sur le plan socio-économique, la plateforme « Satellites et intelligence artificielle » est dans la droite lignée des exigences de la stratégie Génération Green. « Notre objectif est avant tout d’améliorer les conditions de vie des agriculteurs en mettant à leur disposition un outil qui leur permette de mieux gérer leurs exploitations agricoles », assure Mme El Mansouri. 

Une aide capitale dont les avantages prennent la forme de e-services directs, pour prévenir notamment les agriculteurs des événements météorologiques extrêmes à venir (grêle, chergui). « Indirectement, la plateforme permettra au ministère de l’Agriculture de fournir des informations aux agriculteurs en matière d’assolement, en les conseillant sur les cultures à planter en fonction des conditions pédoclimatique de chaque région », explique la directrice du pôle digital. 

In fine, l’intérêt de cette plateforme de data agricole sera de renforcer l’actif de l’agriculteur tout en l’aidant à s’intégrer dans une vision entrepreneuriale. « C’est un outil de gestion qui nous permettra d’aboutir à une transformation de paradigme et de changer la relation qu’entretient l’agriculteur avec sa terre« , souligne Mme El Mansouri.  

L’accès à la plateforme sera gratuit 

Vous l’aurez certainement compris, la plateforme est destinée aux exploitants agricoles et à l’exécutif public, notamment le ministère de l’Agriculture et les 34 organismes sous sa tutelle. Mais pas uniquement. Les impulseurs de technologies sont également concernés.  

« L’outil leur fournira des modules sous formes de data as a service (DAS), afin de fournir des jeux de données à un écosystème que l’on souhaite dynamiser. Les informations fournies donneront aux impulseurs l’occasion de tester leurs algorithmes et entraîner leurs modèles. Par exemple, en fournissant des informations relatives au rendement de telles ou telles cultures sur une zone délimitée », explique Mme El Mansouri. 

« Nous allons également nous ouvrir sur le monde de la recherche. Le digital n’est pas un secteur qui est basé sur le savoir mais sur la connaissance. Il faut développer ce secteur pour ne plus être uniquement des consommateurs de technologies importées », poursuit-elle. 

A priori, l’accès à la plateforme sera gratuit. « Il est vrai que parmi les financements que reçoit le Pôle digital du ministère de l’Agriculture, une partie provient du privée et d’investisseurs qui souhaitent sans doute un retour sur investissement. Mais il n’est pas prévu de monétiser la plateforme, du moins pour le premier livrable. Surtout que nous ciblons 95% des agriculteurs du Maroc, qui sont petits et moyens ».

En résumé, la plateforme disposera de droits d’accès différents pour chaque catégorie d’utilisateurs, à travers différents modules. « Nous réfléchissons également à mettre en place un accès pour le grand public à la data agricole« , annonce la directrice du Pôle digital.  

L’importance de l’imagerie satellite 

D’un point de vue technique, la plateforme développée par le Pôle digital, avec le concours de plusieurs organismes tel que l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), s’appuie sur l’intelligence artificielle mais en particulier sur l’imagerie satellitaire.  

« Plus de 90% de la data qui circule dans le monde provient des satellites. Il était logique que l’on opte pour cette technologie. D’autant que la fréquence de visite du satellite est importante et chaque semaine, on peut avoir une imagerie satellite actualisée d’une qualité qui offre une meilleure compréhension du terrain », estime Loubna El Manssouri.

« A condition d’avoir l’expertise nécessaire », nuance-t-elle. « En ce sens, nous avons créé un pool d’experts au sein du Pôle digital agricole, dédié au traitement des images satellites ». Un groupe de travail qui aura fort à faire, puisque ce sont des milliers de giga-octets de données qui devront être traitées, du fait de la multitude de sources choisies. 

Outre les données libres d’accès du satellite Copernicus, « nous allons recevoir des données fournies par le satellite Mohamed VI ce qui est un atout majeur. Nous allons également collaborer avec l’Agence spatiale européenne, premier producteur de données satellite au monde, devant la NASA », se réjouit la directrice du pôle digital. 

Ainsi, la task force qui mène ce projet novateur est composée d’une pléiade de compétences nationales et internationales. « Il faut dire que nous n’allons pas créer cette plateforme à partir d’une page blanche », tient à préciser Loubna El Mansouri. « Nous nous appuyons également sur l’expertise de l’INRA et de l’ICARDA notamment. »

L’Agence nationale de la conservation foncière, du cadastre et de la cartographie (ANCFCC) est elle aussi fortement impliquée dans cette révolution agricole. Membres du Conseil d’administration du Pôle digital agricole, « ils détiennent toutes les données satellitaires en rapport avec le foncier agricole du pays », conclut notre interlocutrice.

Combien d’eau le Maroc exporte-t-il dans ses fruits et légumes ? Enfin une réponse scientifique

Vous êtes-vous déjà demandé combien d’eau virtuelle le Maroc exportait-il dans ses produits agricoles ? En d’autres termes, quelle est la quantité d’eau qui a été utilisée pour produire tel ou tel légume ou fruit exporté ?

Des chercheurs marocains apportent enfin une réponse. Beaucoup la trouveront surprenante. Le Royaume importe en effet davantage de produits consommateurs d’eau qu’il n’en exporte. L’eau virtuelle exportée est principalement contenue dans les légumes, et celle importée est contenue dans les céréales. 

Une étude inédite réalisée par ces chercheurs, qui a nécessité trois ans de travail, livre une estimation complète de l’exportation et de l’importation d’eau virtuelle dans le commerce extérieur de 40 cultures, au cours de la période allant de 2000 à 2017.

Les résultats soulignent que le Royaume a été un importateur net d’eau virtuelle au cours de la période étudiée. Autrement dit, « la balance de l’eau virtuelle est positive », précise Abdeslam Boudhar, l’auteur principal de l’étude*. 

« Lorsqu’on compare les exportations en eau du Maroc à ses importations, on remarque que le pays importe plus de produits agricoles consommateurs d’eau. Mais il doit en importer davantage et exporter encore moins, car la situation hydrique du pays est alarmante », estime le chercheur du Laboratoire d’études et de recherche en sciences économiques et de gestion (LERSEG) de l’université Sultan Moulay Slimane à Béni Mellal. 

Partant de ce postulat, le commerce de l’eau virtuelle, établi sur le modèle climatique Penman-Monteith de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), « pourrait être un outil efficace pour atténuer la pénurie d’eau », assure notre interlocuteur. D’autant que « l’exportation totale d’eau virtuelle a eu tendance à augmenter, tandis que l’importation diminue », précise-t-il. 

En matière d’intensité hydrique des produits végétaux exportés, « elle est excessivement concentrée sur les produits à forte intensité hydrique, tels que les mandarines, les figues, les oranges, les abricots, les prunes, les agrumes, les olives, les tomates, les asperges, les pommes de terre, les pois et les artichauts », complète l’étude en question.  

Importations d’eau virtuelle : orge, maïs et blé principalement

En détail, les cinq principales cultures en termes d’importation d’eau virtuelle au cours de la période étudiée sont l’orge, le maïs, le blé, les dattes et les lentilles séchées. L’eau virtuelle importée contenue dans ces produits végétaux représente 99% du volume total d’eau virtuelle importée. 

La plus importante quantité d’eau virtuelle importée dans la catégorie des céréales est issue de l’orge ; elle représente environ 45% du volume total d’eau virtuelle importée dans la catégorie des céréales (150 millions de tonnes sur la période entre 2000 et 2017). L’orge devance le maïs, le blé, le millet et l’avoine.

Les légumineuses importées les plus gourmandes en eau sont les lentilles séchées et les pois chiches. 

S’agissant des légumes, au cours de la période 2000-2017, les cinq cultures les plus importantes du point de vue de l’importation d’eau virtuelle sont ci-dessous :

– les pommes de terre ;

– les olives ;

– les tomates ;

– les pois ;

– les asperges.

Pour ce qui est des fruits importés, les cinq premiers selon le critère de l’eau virtuelle sont :

– les dattes ;

– les poires ;

– les pommes ;

– les raisins ;

– les bananes.

L’eau virtuelle importée dans ces produits fruitiers représentait seulement 1% du volume total de l’eau virtuelle des 40 cultures étudiées.

Exportations d’eau virtuelle : olives, mandarines et tomates principalement

En termes d’exportation d’eau virtuelle entre 2000 et 2017, les cinq produits végétaux trustant les premières places sont :

– les olives ;

– les mandarines et clémentines ;

– les tomates ;

– les abricots ;

– les fraises.

Bien que les olives aient la teneur en eau la plus élevée, elles sont pourtant présentées comme étant une culture éco-responsable, comme l’a récemment rappelé Mohammed Sadiki, ministre de l’Agriculture.

« L’olivier consomme de l’eau mais, en termes économiques, il est rentable contrairement à d’autres cultures », nuance Abdessalam Boudhar. 

Quant aux cinq légumes exportés qui consomment le plus d’eau, ils se déclinent comme suit :

– les pommes de terre ;

– les olives ;

– les tomates ;

– les pois ;

– les asperges.

Concernant les légumineuses, les pois chiches sont le principal produit agricole exportateur d’eau virtuelle. Viennent ensuite les lentilles sèches. 

Les cinq premiers fruits en termes d’exportation d’eau virtuelle sont :

la mandarine et la clémentine ; 

– les abricots ;

– les fraises ;

– les oranges ;

– les melons.

L’eau virtuelle contenue dans ces produits représente environ 26% du volume de l’eau virtuelle exportée. Les avocats n’ont pas été inclus dans l’étude en raison de l’absence de données.

En outre, les dix principaux fruits dont la balance commerciale est négative en termes de teneur en eau sont les suivants : 

– les mandarines et clémentines ;  

– les figues ; 

– les oranges ;

– les abricots ; 

– les prunes ; 

– les agrumes ;  

– les pamplemousses ; 

– les pastèques ;  

– les framboises ; 

– les pêches et nectarines.

Par ailleurs, les auteurs de l’étude précisent que les dattes sont également une culture très gourmande en eau, mais indiquent qu’un investissement important a été réalisé pour augmenter la production et les exportations dans ce secteur. 

Équilibre et spécialisation régionale

En résumé, l’étude indique que le Maroc a une structure de commerce d’eau virtuelle préjudiciable à ses ressources en eau. Pour y remédier, « le pays devrait modifier l’utilisation de l’eau dans l’agriculture à grande échelle », estiment les auteurs. 

En ce sens, « il faut trouver un équilibre entre les exportations et importations de produits agricoles. Car si l’idée est d’exporter pour avoir des devises afin d’importer d’autres produits dont on a besoin, il faut tenir compte du manque de disponibilité en eau », recommande Abdeslam Boudhar.

Les auteurs de l’étude préconisent également un arrêt des subventions des cultures consommatrices d’eau dans le cadre de la politique agricole, à l’instar de celui des subventions à l’irrigation d’agrumes et d’avocats, décidé par le ministère de l’Agriculture. 

Or, d’après les opérateurs agricoles consultés, une telle mesure n’empêche pas la croissance de ses filières, car les investisseurs dans ces produits agricoles peuvent se passer des subventions. « L’impact de cette décision dépend des agriculteurs car c’est une question de coût/bénéfice », précise Abdeslam Boudhar.

« Si l’agriculteur arrive, sans subventions, à produire et réaliser des bénéfices, il va certainement continuer cette activité, à moins que l’état n’intervienne pour carrément interdire les exploitations de produire telle ou telle culture. »

De plus, l’étude évoque la possibilité de refuser, dans le cadre de la politique agricole, des partenariats avec des pays étrangers qui ne consomment pas beaucoup d’eau. Enfin, « l’Etat doit promouvoir la technologie et la recherche scientifique dans le domaine agronomique afin de mettre en place des cultures adaptées aux spécificités de chaque région en termes de ressources en eau », insistent les chercheurs.

A ce titre, il faudrait encourager une politique agricole qui combine les considérations financières et écologiques. « Les agriculteurs doivent assurer un revenu raisonnable pour en vivre, mais on doit en parallèle tenir compte de la nouvelle donne écologique », avance Abdeslam Boudhar.

« Lorsqu’on propose une solution écologique, elle contient une dominante économique. Par exemple, quand on propose aux agriculteurs de s’adapter aux conditions climatiques, il est certain d’être gagnant sur le plan économique parce que s’il ne respecte pas la situation écologique de la région, il risque de tout perdre en cas de pénurie d’eau », assure-t-il.

« Nous travaillons sur un projet de recherche lié à la gestion durable de l’eau agricole dans les régions de Béni Mellal, Khénifra, El Haouz et Souss, en collaboration avec l’université Mohammed VI polydisciplinaire de Ben Guérir, les universités Ibn Zohr d’Agadir, Cadi Ayyad de Marrakech et Sultan Moulay Slimane de Béni Mellal. La question s’impose », conclut-il.

(*) Une étude réalisée par Abdeslam Boudhar¹, Said Boudhar², Mohamed Oudgou³ et Aomar Ibourk⁴.

  1. Laboratoire d’Etudes et de Recherche en Sciences Economiques et de Gestion (LERSEG), Faculté Polydisciplinaire, Université Sultan Moulay Slimane, Béni Mellal 23000, Maroc
  2. Département des sciences économiques, Faculté de droit, des sciences économiques et sociales, Université Cadi Ayyad, Marrakech 40000, Maroc
  3. Laboratoire d’Etudes et de Recherche en Sciences Economiques et de Gestion (LERSEG), Ecole Nationale Supérieure de Commerce et de Gestion, Université Sultan Moulay Slimane, Béni Mellal 23000, Maroc
  4. Laboratoire d’Economie Sociale et Solidaire, Gouvernance et Développement (LARESSGD), Faculté des Sciences Juridiques, Economiques et Sociales, Université Cadi Ayyad, Marrakech 40000, Maroc

https://medias24.com/2023/04/25/quelle-place-pour-lagriculture-face-a-la-rarete-de-leau-la-reponse-de-hassan-benabderrazik/

L’amandier impacté par le gel et les basses températures

Depuis quelques semaines, plusieurs régions du Royaume sont concernées par de fortes pluies et des chutes de neige. Dernier épisode en date, dans la nuit du mercredi 15 au jeudi 16 février 2023, où de fortes pluies ont touché plusieurs provinces.

Ces pluies étaient attendues par une large frange d’agriculteurs, notamment les producteurs de céréales. « Les récentes précipitations sont bénéfiques pour les cultures céréalières d’automne, car elles ont énormément souffert du manque d’eau ces dernières semaines », assure à Médias24, Mohammed Rbaiti, agriculteur dans la région de Berrechid. 

A quelques kilomètres de Marrakech, Ayoub, producteur de pommes de terre, ne s’inquiète pas outre mesure des conséquences du froid ou de la pluie sur ses cultures, contrairement aux producteurs de tomates. S’agissant des arbres fruitiers, ils sont en période de dormance. Du moins, si l’on excepte les amandiers. 

La particularité de l’amandier est qu’il fleurit avant le printemps, entre les mois de janvier et février. Une caractéristique qui s’avère parfois être son talon d’Achille, car elle le rend fragile quand les températures baissent. Selon l’Institut national de recherche agronomique (INRA), l’amandier constitue la seconde spéculation arboricole après l’olivier dans le Royaume.

Les fleurs qui subissent le gel ne donneront pas de fruits 

L’aire de répartition des amandiers au Maroc se situe majoritairement le long des vallées des principaux oueds du sud du pays. Une part non négligeable se trouve dans certaines zones de montagne, à l’instar de celles qui surplombent la ville de Béni Mellal. 

En empruntant la route nationale vers Ouaouizeght, en passant par la vallée de Isseksi, on peut croiser des amandiers fleurissant en cette période de l’année. Néanmoins, au-dessus de 1.000 mètres d’altitude, « les amandiers craignent les températures glaciales et le gel, car ils ont du mal à s’adapter aux conditions climatiques en moyenne ou haute montagne », explique un ingénieur forestier. 

Et d’ajouter : « Le froid inhibe la croissance et la fructification, car les fleurs qui subissent le gel ne donneront pas de fruits ». En effet, pendant la floraison, des températures en-dessous de -4° C peuvent causer de sérieux dégâts selon les variétés. « A ces hauteurs, même si l’amandier peut produire, il ne pourra jamais avoir un rendement satisfaisant », souligne notre interlocuteur. 

« Les deux dernières années, j’ai perdu plus de la moitié des récoltes espérées », déplore Abdessamad, un agriculteur dans la vallée de Isseksi. « Avec les récentes chutes de neige et les conditions climatiques extrêmes, je crains le pire cette année », conclut-il. 

Plus de 200.000 ha d’amandiers

Avec plus de 200.000 ha, l’amandier occupe 73% de la superficie totale des rosacées. La moitié de la population est issue de semis. L’autre moitié est cultivée en intensif et semi-intensif selon des plantations régulières, mais aussi dans le cadre de la défense et de la restauration des sols.

L’essentiel de la production dans ce secteur est assuré par la variété de fond Ivarcona. Selon l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), en 2021, près de 180.000 tonnes d’amandes non décortiquées ont été produites au Maroc. 

Les amandes sont utilisées notamment pour préparer du nougat, des dragées croustillantes et des barres énergétiques. Pelées, elles servent à préparer du lait d’amande, une boisson sans lactose d’origine végétale, et du granité d’amande. 

Stress climatique : l’État mise sur le caroubier avec 100.000 ha d’ici 2030

Dans le cadre de l’adaptabilité du secteur forestier aux conséquences du réchauffement climatique, l’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF) a misé sur la valorisation des espèces forestières résistantes à la sécheresse et multifonctionnelles. Le caroubier est l’un des bénéficiaires de cette orientation qui intervient en parallèle à celle du ministère de l’Agriculture. 

Le département de l’Agriculture a en effet pris le parti de favoriser les cultures adaptées à la nouvelle donne climatique et de stopper l’expansion des surfaces des filières agricoles consommatrices d’eau (agrumes, pastèques et avocats), dans le cadre de la stratégie « Génération Green 2020-2030 ».

Un pas supplémentaire a été réalisé pour augmenter la superficie du caroubier dans le domaine privé, afin d’atteindre 100.000 hectares d’ici 2030. A ce titre, l’implication de l’ANEF sera déterminante. Outre la production et la distribution gratuite de 2 millions de caroubiers aux agriculteurs privés, lors de la dernière décennie, l’Agence nationale des eaux et forêts chapeaute un programme de développement intitulé « Forêt du Maroc 2020-2030 ». 

“L’objectif est d’augmenter la superficie du caroubier du domaine forestier de 5.100 ha par an, au même titre que la production et la distribution gratuite, à l’horizon 2030, de 250.000 caroubiers supplémentaires, destinés aux domaines privés, en vue d’une hausse annuelle de 1.250 ha”, annonce Jamal Eddine Ouchkif.

Pour Médias24, le directeur de l’Economie forestière, du partenariat et de l’animation à l’ANEF fait le point sur cette essence forestière et ses perspectives économiques.

Le Royaume compte 80.000 ha de caroubier    

Sur le terrain, il n’existe pas de forêt proprement dite de caroubier dans le Royaume. L’ANEF note que cet arbre fruitier pousse souvent en association avec d’autres essences forestières comme l’olivier, le thuya, le chêne vert ou encore l’arganier. Des espèces dont il partage les mêmes caractéristiques écologiques. 

Actuellement, le Maroc compte plus de 68.000 hectares de caroubier qui relèvent du domaine forestier, et donc de l’ANEF. Cet arbre à la longévité bicentenaire, à la cime très étalée et qui peut atteindre 8 à 17 m de hauteur, est également présent dans le domaine privé à hauteur d’environ 12.000 ha.

La « superficie récoltée » désigne la superficie totale ensemencée pour la production d’une culture particulière au cours de la même année.

Outre les zones arides, le caroubier peut aussi se développer entre 600 et 1.000 mètres d’altitude. Son aire de répartition naturelle se situe dans les régions de Souss-Massa, Marrakech-Safi et Fès-Meknès. Mais il prospère en particulier dans la région de Béni Mellal-Khénifra (80%).  

Une résilience à toute épreuve 

Dans ces zones, le caroubier peut survivre à des températures oscillant entre -4°C et 40°C. Si en Espagne, le froid extrême a eu raison à plusieurs reprises de peuplement de caroubiers, « à part quelques rares épisodes dans des micro-climats, cette essence forestière n’a jamais souffert de gelée ou de sécheresse extrême dans le Royaume ».

A l’instar des espèces méditerranéennes (arganier, thuya, chêne vert), le caroubier fait preuve d’une résistance à la rigueur du climat et à la sécheresse. « Et chaque fois qu’il use de ses mécanismes de résistance, ces derniers se développent, se renforcent et deviennent encore plus résistants aux conditions climatiques extrêmes », indique Jamal Eddine Ouchkif.  

Cette résilience offre une production ininterrompue de gousse de caroube, d’année en année. Le caroubier est parmi les rares arbres qui fleurissent en automne (septembre à novembre), mais il faut attendre la maturité de ses fruits en juillet-août de l’année suivante pour récolter des gousses.

Apprécié pour ses graines, la gousse de caroube est très recherchée par l’industrie du cosmétique et de l’agroalimentaire où elle est utilisée comme sirop, agent sucrant ou encore substitut au cacao. Des tests sont en cours en Europe pour développer de nouvelles boissons à base de caroube ou des médicaments aux propriétés bénéfiques pour la digestion, comme le pain à base de farine de caroube, qui est sans gluten. 

Une moyenne de 60.000 tonnes de gousses par an 

Après l’Italie, « le Maroc est le deuxième plus grand producteur de caroubes au monde », affirme M. Ouchkif. « La production moyenne annuelle au niveau national est estimée à 60.000 tonnes, selon les conditions climatiques », précise-t-il. Cette production est principalement exportée en Europe (Espagne, Italie). Concernant la superficie cultivée, la production est estimée par la FAO à 21.976 tonnes en 2021.

Cette production est relative aux superficies cultivées.

Le rendement du caroubier, qui commence à produire des gousses à partir de 6 ans, est conditionné par l’âge de l’arbre, la région et la fertilité des sols, ainsi que son entretien. « Un arbre peut donner de 10 à 40 kg jusqu’à l’âge de 20 ans. comme il peut aller entre 100 et 250 kg à partir de 50 ans”, nous apprend notre interlocuteur. 

Pour atteindre un tel rendement en cas de plantation, la densité idéale est de 100 à 200 arbres/ha. « Au-delà, les caroubiers peuvent souffrir de la concurrence entre les arbres par rapport aux nutriments et aux ressources en eau », prévient Jamal Eddine Ouchkif.

Bien que la valorisation financière des fruits du caroubier ait toujours été élevée, son exploitation se heurte au manque de structuration des coopératives forestières, qui empêchent d’en tirer le maximum de bénéfices. 

Deux formes d’exploitation du caroubier 

L’exploitation du caroubier est régie par les droits d’usage reconnus par les dispositions du dahir du 10/10/1917 relatif à la conservation et l’exploitation des forêts, et celui du 04/03/1925. Elle s’opère via deux formules : 

– La vente par adjudications publiques de plusieurs lots de caroubier, organisée annuellement au niveau des régions, notamment dans la région de Béni Mellal-Khénifra, et à laquelle participent les exploitants forestiers agrémentés par l’ANEF, selon un cahier des charges spécifiques.

– L’exploitation via des coopératives forestières composées des ayants droit, dans le cadre de conventions de partenariat avec l’Agence nationale des eaux et forêts. La région de Béni Mellal-Khénifra compte 9 coopératives forestières, composées de 500 adhérents.

S’agissant de la vente par adjudications publiques, après avoir acquis un ou des lots de caroubiers, l’exploitant s’offre le droit de récolter et d’exploiter les gousses de caroube. Le produit doit ensuite être transporté conformément au cadre réglementaire régissant le transport des produits forestiers, dont l’obtention d’un permis de colportage, délivré par les services forestiers.

“A une époque, la gousse de caroube coûtait 1 DH/kg. Lors de la dernière adjudication organisée en 2021, le prix variait entre 7 et 8 DH le kilo”, assure M. Ouchkif. En comparaison, le prix minimum d’un kilogramme d’olives non récoltées dans la province de Béni Mellal était de l’ordre de 6 DH/kg (2021). En 2022, le prix du caroube a flambé dans les marchés, avec des tarifs atteignant 45 DH/kg en raison d’une forte demande.

Un revenu moyen mensuel compris
entre 1.000 et 1.500 DH

Concernant les coopératives forestières, le critère qui permet à ces structures de bénéficier des droits d’exploitation repose sur le principe du droit d’usage des populations vivant en forêt, reconnu par les dispositions du dahir du 10/10/1917 relatif à la conservation et l’exploitation des forêts, ainsi que celui du 04/03/1925, à l’instar de l’arganier.

Si l’exploitant achète le caroubier et se charge de son exploitation et sa valorisation, la coopérative entreprend une démarche différente. “Dans le cadre du partenariat conclu avec l’ANEF, un pourcentage de l’ordre de 30% du prix d’achat du caroube est payé par la coopérative sous forme de services offerts à la forêt, comme le gardiennage et la surveillance en vue de combattre l’exploitation illicite, la sylviculture ou encore la plantation de caroubier en domaine forestier. Les 70% restants sont encaissés à hauteur de 80% par la commune et 20% par l’ANEF.” 

“Grâce à ces coopératives forestières, nous créons des journées de travail dans les zones les plus marginales du Maroc pour de la main-d’œuvre non qualifiée, avec un revenu moyen compris entre 1.000 et 1.500 DH par mois”, se félicite Jamal Eddine Ouchkif, sans ignorer que ces structures présentent certaines lacunes. 

D’abord, le manque de compétences en termes de gestion administrative, financière et humaine. “Les coopératives doivent être structurées comme des entreprises, ce qui n’est pas toujours le cas actuellement. Sans cela, les unités de valorisation ne peuvent pas être très efficaces”, déplore-t-il. D’où l’accompagnement de ces coopératives, prévu par l’ANEF, dans les domaines de la formation technique, la gestion administrative et les ressources financières. 

Ensuite, la nature même d’une coopérative forestière, en comparaison avec une coopérative agricole, est un obstacle. Alors que les coopératives agricoles produisent elles-mêmes leurs ressources comme dans le cas de l’apiculture, “les ressources des coopératives forestières sont la propriété de l’État. Les adhérents de la coopérative n’ont qu’un droit d’exploitation”, affirme M. Ouchkif.   

Pour une coopérative forestière, la répartition de cette richesse sur l’ensemble des ayants droit, qui se comptent par centaines, est non négociable. “Quand la valorisation du caroubier était méconnue, cela ne posait pas de problème”, souligne notre interlocuteur. Sauf que désormais, les usagers des forêts convoitent tous leurs richesses.

Par exemple, une coopérative forestière, qui contracte le droit de valorisation de 100 quintaux de caroubier, a l’obligation de répartir cette richesse entre ses adhérents. Mais dans plusieurs cas, l’ensemble des ayants droit demandent eux aussi l’adhésion à la coopérative, afin de bénéficier de cette richesse malgré sa faible importance.

Diversification de l’activité des coopératives 

La solution est donc de créer plus de journées de travail – ce qui est l’essence même d’une coopérative – en diversifiant ses activités. “A l’ANEF, nous réalisons des activités d’entretien forestier, comme la sylviculture, les plantations, le gardiennage, les clôtures. Ces activités entrent dans le champ d’action et de compétences des coopératives. L’idée est de faire des coopératives forestières des partenaires privilégiés de l’ANEF pour une gestion durable des espaces forestiers.” 

“C’est possible car la loi forestière est en cours d’être adaptée dans le cadre de la stratégie ‘Forêts du Maroc 2020-2030’, mais aussi grâce aux apports du nouveau décret sur les marchés publics. Ainsi, les coopératives forestières auront la possibilité de participer aux appels d’offres des marchés publics, dont les critères de sélection seront à leur portée”, indique M. Ouchkif. Cette solution a l’avantage d’impliquer davantage les coopératives forestières dans la gestion des forêts qu’elles exploitent. 

En revanche, les programmes d’amélioration génétique du caroubier ne sont pas d’actualité. Hormis dans les domaines privés où les propriétaires recherchent principalement des variétés aux rendements élevés, l’ANEF privilégie la sauvegarde des espèces forestières naturelles en général, et du caroubier en particulier. En évitant la pollution et l’érosion génétique.

« Une fois qu’une plante est améliorée génétiquement, on perd de ses caractéristiques et de sa capacité de résilience aux facteurs de dégradation. » Un scénario à l’extrême opposé de l’objectif de l’ANEF qui réside dans “la pérennisation de la forêt pour des générations”. 

Pour y parvenir, la préservation des spécifications génétiques des espèces naturelles est impérative. Surtout dans les sites semenciers de caroubiers, fournisseurs de graines pour la reproduction, issues des meilleurs arbres en termes de caractéristiques liées à la vigueur, à la forme, à l’adaptation et à l’état sanitaire, appelés ‘arbres plus’. Sans doute en écho aux potentialités économiques d’une espèce à l’influence sociale et économique positive. 

https://medias24.com/2022/12/31/oriental-coup-denvoi-du-premier-projet-dagregation-de-la-filiere-du-caroubier/

Banque mondiale : la flambée des prix des produits de base se maintiendra jusqu’à fin 2024

“La guerre en Ukraine modifie la physionomie des échanges, de la production et de la consommation des produits de base, ce qui devrait maintenir les prix à des niveaux élevés jusqu’à la fin de l’année 2024, aggravant ainsi l’insécurité et l’inflation alimentaires”, souligne la Banque mondiale dans son rapport sur la sécurité alimentaire.

“On assiste depuis le début de la guerre en Ukraine à une vague de mesures sur les exportations et les importations de denrées”, ajoute le document. La crise alimentaire mondiale a été en partie aggravée par l’intensification des restrictions commerciales mises en place par les pays dans le but d’accroître l’offre intérieure et de faire baisser les prix.

“À la date du 10 octobre 2022, 21 pays avaient imposé 26 interdictions d’exportation sur certains produits agricoles et huit pays avaient adopté 12 mesures limitant les exportations”, précise la Banque mondiale, notant qu’après un bref répit pendant l’été 2022, les prix des engrais sont repartis à la hausse.

“En plus de l’augmentation des prix de l’énergie, les mesures de restriction des exportations ont contribué à limiter l’offre mondiale de fertilisants”, poursuit la Banque mondiale.

La part des pays à revenu élevé touchés par la montée de l’inflation dans l’alimentation atteint désormais 85,7 %. L’indice des prix des produits agricoles a augmenté d’un point de pourcentage par rapport au niveau observé il y a deux semaines.

Les cours du blé, du maïs et du riz en octobre 2022 sont supérieurs de 18%, 27% et 10%, respectivement, à ceux d’octobre 2021, précise l’institution financière.

Par rapport aux prix enregistrés en janvier 2021, les cours du blé et du maïs affichent une hausse de 38% et 4% respectivement, et ceux du riz une baisse de 21%. “La flambée des prix alimentaires est à l’origine d’une crise mondiale qui entraîne plusieurs millions de personnes supplémentaires dans l’extrême pauvreté et aggrave la faim et la malnutrition”, prévient la Banque mondiale, ajoutant que les hausses de prix de l’alimentation et de l’énergie causées par les chocs climatiques et les conflits ont mis un coup d’arrêt à la reprise.

222 millions de personnes en situation d’insécurité alimentaire

Selon une étude récente du Fonds monétaire international, il faudra mobiliser entre 5 et 7 milliards de dollars de dépenses supplémentaires pour aider les ménages vulnérables des 48 pays les plus durement touchés par la hausse des prix des importations de denrées et d’engrais. De plus, 50 milliards de dollars seront nécessaires pour mettre fin à l’insécurité alimentaire aiguë au cours des douze prochains mois.

Le nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire aiguë et qui auront besoin d’une aide urgente pourrait grimper à 222 millions dans 53 pays et territoires, selon un rapport conjoint du FMI et de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Jean Senahoun, nouveau représentant de la FAO au Maroc

Jean Senahoun a été nommé par le directeur général de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), Qu Dongyu, avec l’agrément du gouvernement marocain, indique l’organisation onusienne dans un communiqué.

Suite à cette nomination, Jean Senahoun a remis ses lettres de créances au ministre des Affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita.

De nationalité béninoise, Jean Senahoun est titulaire d’un doctorat en économie agricole de l’Université de Hohenheim de Stuttgart en Allemagne et d’une maîtrise en économie agricole.

En 2000, il avait rejoint la FAO (Bénin) en tant qu’économiste pour la division de l’économie agroalimentaire, pour ensuite occuper, dès 2017, le poste d’économiste principal au bureau régional de la FAO pour l’Afrique, installé au Ghana.