Moulay Yacoub, une destination qui coule de source

À quelques kilomètres de Fès, dans un décor de collines arrondies, Moulay Yacoub déploie subtilement ses charmes. Cette petite bourgade, nichée au creux des montagnes du pré-Rif, est depuis des siècles un haut lieu du thermalisme au Maroc. Elle tire sa renommée d’une source chaude aux propriétés curatives, qui a façonné son identité, son économie et sa notoriété bien au-delà des frontières chérifiennes.

Ici, le climat est doux et sec, avec des hivers modérés et des étés chauds mais ventilés, rendant la région propice à la détente tout au long de l’année. Le paysage, fait d’oliviers, de sentiers sinueux et de reliefs tendres, donne un goût de sérénité avant même de plonger dans l’eau soufrée. Jaillissant à plus de 50 degrés, la source est connue pour ses bienfaits sur les affections dermatologiques, les rhumatismes ou encore les troubles respiratoires.

Moulay Yaacoub Vichy
Jaillissant à plus de 50 degrés, la source est connue pour ses bienfaits. Ph : Vichy Thermalia

L’expérience y est en même temps thérapeutique et sensorielle. L’onde enveloppe le corps, atténue les tensions et laisse une sensation de légèreté immédiate. Réaménagée, la station propose un parcours complet de soins faits de bains, hammams, massages et douches à jet. Pour les plus traditionnels, les anciennes thermes restent accessibles avec leur charme brut et leur ambiance plus populaire.

Président du Conseil régional du tourisme de Fès-Meknès, Ahmed Sentissi le confirme : « Moulay Yacoub est l’une des stations thermales les plus marquantes du continent africain. Elle incarne une richesse naturelle que nous avons à cœur de valoriser ». Chaque année, ce sont des milliers de visiteurs originaires de tout le Royaume, d’Europe ou d’Amérique du Nord qui viennent tester les propriétés de cette eau si singulière.

« Le bouche-à-oreille joue aussi un rôle essentiel. Beaucoup entendent parler de cette source aux effets presque miraculeux et veulent s’y baigner. C’est vous dire son rayonnement », souligne le président du CRT Fès-Meknès. L’engouement suscité s’inscrit également dans une dynamique plus large de promotion des stations thermales du pays. Les acteurs du secteur entendent ainsi repositionner le Maroc comme une destination de bien-être à part entière.

Les anciennes thermes de Moulay Yaacoub
Les anciennes thermes restent accessibles avec leur charme brut et leur ambiance plus populaire. Ph : DR

Se rendre à Moulay Yacoub, c’est renouer avec une tradition ancestrale du soin par l’eau et redécouvrir un art de vivre fondé sur la lenteur, l’écoute du corps et le respect des rythmes naturels. Que l’on soit en quête de soulagement physique ou simplement d’un souffle rassérénant, la source millénaire répond à toutes ces attentes. Elle ne souffre aucune hâte, se laisse découvrir lentement et se savoure à l’image d’une promesse de reconnexion à soi…

L’ONMT lance deux plans pour dynamiser le tourisme à Fès et à Ouarzazate

L’Office national marocain du tourisme (ONMT) annonce le lancement de deux plans de relance stratégiques pour les régions de Fès et Ouarzazate, intitulés respectivement « Shining Fès » et « Rising Ouarzazate », afin de booster la visibilité de ces destinations sur les marchés internationaux.

« L’ONMT déploie une stratégie de reconquête pour repositionner deux joyaux patrimoniaux, à savoir Fès et Ouarzazate », indique l’ONMT dans un communiqué, ajoutant que ces plans visent à accompagner, en partenariat avec les autorités locales et les opérateurs touristiques, la relance de ces territoires à fort potentiel.

Chaque plan est articulé autour de 3 leviers majeurs, notamment des actions de renforcement de notoriété à travers la presse et les « éductours », un renforcement de la programmation avec les prescripteurs de voyage ainsi qu’une amélioration de la connectivité aérienne.

« Shining Fès » : la capitale spirituelle sous les projecteurs

Le plan de relance « Shining Fès » s’appuie sur une série d’initiatives à fort impact médiatique et commercial, fait savoir le communiqué, notant que la programmation prévoit un documentaire sur la gastronomie fassie produit par TV5 Monde, diffusé du 11 au 21 mai 2025, qui met en lumière la richesse culinaire de la médina, en écho à l’identité patrimoniale de la ville.

Il prévoit également un second documentaire intitulé « les artisans du Maroc », produit par France 2 valorisant les savoir-faire ancestraux de la région ainsi que la série Minute Voyage sur M6 pour mettre sous les projecteurs la capitale spirituelle du Royaume.

Sur le marché britannique, la BBC consacrera un épisode de « Clive Myrie’s African Adventure » à Fès, en plus de la création d’une page dédiée à Fès sur le site Travelzoo, couplée à des offres spéciales proposées par les tour-opérateurs partenaires entre avril 2025 et avril 2026.

Sur le plan commercial, deux grandes campagnes avec Carrefour Voyages et Havas Voyages en France seront déployées autour de la thématique « gastronomie, terroir, artisanat ».

En parallèle, Fès sera l’hôte d’un workshop avec Voyage Privé, plateforme de vente privée premium, et participera au salon Travel Connect en Espagne permettant de créer du lien direct entre la destination et les distributeurs.

Des webinaires, formations en ligne et des modules d’e-learning, notamment un module Fès-Meknès seront prévus pour accompagner la montée en compétence des réseaux de vente.

Enfin, la stratégie d’image sera renforcée par l’accueil de voyages de presse, d’influenceurs et de créateurs de contenu sur les marchés français, allemand, italien et britannique.

« Rising Ouarzazate » : cinéma, désert et expérience immersive

Pour sa part, le plan « Rising Ouarzazate » adopte une logique complémentaire, dans la mesure ou la ville sera repositionnée comme destination d’exception au croisement du désert, du cinéma et de l’expérience immersive.

L’ONMT prévoit la production d’un contenu audiovisuel au Royaume-Uni, centré sur l’histoire du cinéma à Ouarzazate, qui valorisera les studios mythiques de la région et ses paysages spectaculaires ayant servi de décor à de grandes productions.

En parallèle, la région sponsorisera un film britannique en compétition, avec une visibilité particulière sur le festival UK du film, dans une stratégie de contenu à forte valeur symbolique avec le prix du Meilleur décor naturel.

Des médias audiovisuels européens majeurs sont également mobilisés : La chaîne italienne RAI 3 a tourné un épisode de l’émission GEO à Ouarzazate, centré sur la relation entre le territoire, la culture nomade et les traditions berbères. Le groupe Sky TV, à travers l’émission gastronomique Gamberorosso, consacrera un épisode spécial à la cuisine du sud marocain, en octobre 2025.

Ouarzazate deviendra également une scène d’accueil pour des événements structurants. Le plus marquant est la participation de la région au Desert Women’s Summit, au deuxième semestre 2025, un rassemblement international de 150 femmes leaders venant du monde entier, qui viendront expérimenter l’intensité spirituelle et la force d’inspiration du désert marocain.

Par ailleurs, la ville accueillera deux conventions majeures du tourisme espagnol, à savoir la CEAV qui compte 100 agents de voyages en octobre 2025 et l’IDEMICE pour le réseau MICE, ainsi qu’un événement Frameless centré sur l’immersion artistique et sensorielle.

Comme à Fès, des voyages de familiarisation, workshops internationaux, modules de formation en ligne, et voyages de presse et d’influence sont prévus tout au long du second semestre 2025.

Une attention particulière sera apportée pour dynamiser les connexions directes vers ces destinations et venant compléter l’effort déjà déployé pour la saison estivale 2025.

Avec ces deux plans, l’ONMT confirme sa volonté de traiter chaque destination comme un univers unique, avec des leviers sur mesure et une logique de co-construction locale.

Fès et Ouarzazate sont ainsi appelées à retrouver leur éclat, au cœur d’une stratégie destinée à l’ensemble de ces territoires et destinations touristiques, conclut le communiqué.

Le CRI Fès-Meknès prépare un nouveau plan d’action

Lors de son 13e conseil d’administration, le Centre régional d’investissement, CRI Fès-Meknès a présenté son bilan 2024 et tracé les grandes lignes de son nouveau plan d’action. Sous la présidence de Karim Zidane, ministre délégué chargé de l’investissement, la session a mis en lumière les réformes visant à dynamiser l’investissement, à simplifier les démarches pour les investisseurs et à renforcer la compétitivité économique de la région.

Cette session a été consacrée à la présentation du bilan des activités, à l’évaluation des performances du Centre et à l’approbation des comptes de l’exercice 2024, indique un communiqué du CRI.

Lors de l’ouverture des travaux, le ministre a rappelé les orientations royales du Roi Mohammed VI, visant à renforcer le processus de développement national à travers la promotion de l’investissement productif. Il a souligné l’importance d’accélérer l’implémentation de ces projets et de suivre leur exécution sur le terrain, afin d’inaugurer une nouvelle ère de croissance et de consacrer le Royaume comme une destination privilégiée d’investissement tant au niveau régional qu’international.

Le ministre a également mis en lumière la réforme des CRIs, qui vise notamment à renforcer leur rôle de référent en matière d’investissement au niveau régional. Cette réforme permet de simplifier les procédures liées à l’investissement, dans le but d’accélérer et d’uniformiser le parcours des investisseurs, ajoute la même source.

Le président du conseil d’administration a, pour sa part, salué le dynamisme soutenu du CRI et l’efficacité de la commission régionale unifiée d’investissement (CRUI). Cette commission s’est imposée comme un cadre unifié et concerté pour l’examen et la prise de décisions concernant les projets d’investissement, apportant célérité et transparence, et renforçant la sérénité du climat des affaires dans la région.

Karim Zidane a insisté sur la nécessité de poursuivre les efforts pour améliorer l’environnement des affaires et ainsi consolider la position du Maroc en tant que destination de choix pour les investisseurs.

Il a exhorté le directeur du CRI Fès-Meknès à déployer des efforts au niveau régional pour mieux accompagner et promouvoir l’investissement, et faciliter l’acte d’investir pour les entreprises et les porteurs de projets. À cet égard, un nouveau plan d’action, qui intégrera une approche territoriale du développement économique, sera présenté lors du prochain conseil d’administration. Ce plan servira de feuille de route pour stimuler davantage l’investissement, renforcer l’offre territoriale intégrée et améliorer l’attractivité de la région.

Le président du conseil d’administration a également invité l’ensemble des acteurs de l’écosystème à soutenir la dynamique d’investissement au niveau régional et national, afin de concrétiser les objectifs de la nouvelle Charte de l’investissement, en particulier la création d’emplois stables, la réduction des disparités entre les provinces et préfectures en matière d’attraction des investissements, et l’orientation des investissements vers les secteurs prioritaires et les métiers d’avenir.

Ce conseil d’administration a offert l’occasion au directeur général du CRI Fès-Meknès de présenter le bilan des réalisations du CRI pour l’année 2024, ainsi que les états financiers de l’exercice 2024.

Plus de 1,2 milliard de DH pour un pôle des sciences de la santé dans la région de Fès-Meknès

Ce projet prévoit la construction de :

– un Centre Hospitalier Universitaire (CHU) euro-méditerranéen,

– une faculté euro-méditerranéenne de médecine,

– une faculté euro-méditerranéenne de médecine dentaire,

– un CHU euro-méditerranéen de médecine dentaire.

Fruit d’un partenariat entre le Conseil régional et l’Université Euromed de Fès (UEMF), ce projet vise à renforcer l’infrastructure hospitalière de la région en développant une offre de soins de niveau 3 et en améliorant la formation et l’enseignement supérieur dans le domaine médical. L’investissement global est réparti entre le Conseil régional, avec 150 MDH, et les partenaires avec 956,45 MDH.

Présidée par Abdelouahed El Ansari, président du Conseil, et en présence du wali de la région Fès-Meknès, Mouad Jamai, ainsi que du gouverneur de la province de Moulay Yacoub, Mohamed Samir El Khamlichi, cette session a permis l’examen et la validation d’une quarantaine de conventions de partenariat. Celles-ci concernent notamment la santé, l’enseignement, l’eau, l’investissement, les infrastructures et l’économie sociale et solidaire.

Parmi les projets adoptés figurent la création d’un centre numérique régional, la réalisation de la deuxième phase de Fès Smart Factory, écosystème d’innovation orienté vers l’industrie 4.0, et la mise en place d’un incubateur régional de projets.

Le Conseil a également validé une convention de partenariat avec la CDG pour la digitalisation de son administration dans le cadre du programme de développement régional, ainsi qu’un accord-cadre relatif à la gestion de l’eau.

D’autres accords ont été approuvés, notamment une convention-cadre pour la gestion des déchets ménagers et assimilés sur la période 2025-2034, un soutien aux festivals régionaux, la création d’un fonds régional pour le financement des projets d’investissement et la promotion de l’emploi. Des initiatives en faveur de la préservation des métiers de l’artisanat, de l’amélioration des conditions des détenus et du développement des zones d’activités artisanales ont également été adoptées.

Le Conseil a, en outre, validé plusieurs conventions visant à soutenir les coopératives et les groupements d’utilité économique, à améliorer la commercialisation des produits du terroir et à encourager les activités culturelles, sportives et de communication dans la région.

Dans le cadre de l’accélération de la mise en œuvre du Programme de développement régional (PDR) 2022-2027, le président du Conseil a souligné que la région, en concertation avec la wilaya et les partenaires, a identifié les projets prioritaires en tenant compte des capacités de financement, de la disponibilité des partenaires et du foncier.

(Avec MAP)

AgriTech Expo 2025 : une 2e édition axée sur l’innovation et la gestion durable de l’eau

Cet événement phare, organisé dans la région de Fès-Meknès, considérée comme le réservoir d’eau douce du Royaume, met l’innovation technologique au cœur du développement agricole et de l’économie de l’eau.

Il s’aligne ainsi sur les orientations stratégiques du Maroc, notamment en matière de gestion durable des ressources hydriques et de cultures résilientes, comme l’a souligné le Roi Mohammed VI dans son discours du 29 juillet 2024, indiquent les organisateurs dans un communiqué.

Le 17 février 2025, l’AgriTech Expo viendra couronner une série de workshops interactifs réunissant jeunes talents, experts et acteurs du secteur agricole. Organisés la veille de l’ouverture officielle, ces ateliers permettront de confronter les idées, de partager les meilleures pratiques et de formuler des recommandations concrètes pour l’avenir de l’agriculture au Maroc, précise le communiqué.

Les réflexions collectives issues de ces discussions seront compilées dans un Livre blanc, remis aux instances gouvernementales et aux parties prenantes du secteur. Ce document servira de référence pour orienter les politiques agricoles futures et encourager l’adoption de solutions innovantes et durables.

L’AgriTech Expo 2025 proposera :

Adoption des statuts de la SRM Fès-Meknès, dotée d’un capital de 100 MDH

Les statuts de cette société définissent son cadre juridique, incluant sa dénomination, son objet, son siège social, ainsi que les modalités de gouvernance, les droits des actionnaires et la répartition des bénéfices. La contribution du Conseil régional à ce capital sera prise en charge par l’État, à travers le ministère de l’Intérieur, conformément à la charte des actionnaires adoptée lors de cette session.

Le Conseil a également donné son feu vert à la création de la société « Fès-Région Aménagement » en tant que S.A, avec l’approbation de ses statuts et de sa charte des actionnaires. Cette entité aura pour mission la construction, l’aménagement et le renforcement des infrastructures et équipements, en collaboration avec des partenaires publics et privés. Elle sera également chargée de gérer et d’exploiter des infrastructures confiées par les collectivités territoriales.

En parallèle, plusieurs projets stratégiques ont été validés, notamment :

(Avec MAP)

Agriculture. Les cultures annuelles et pérennes fortement éprouvées par la sécheresse actuelle

L’ombre d’une nouvelle année de sécheresse continue de planer sur le secteur agricole. Malgré un début de campagne prometteur en termes de pluviométrie, les dernières semaines sèches ont douché les espoirs des agriculteurs, notamment dans les zones Bour, où les plantes céréalières ne sont pas les seules à souffrir. 

Les pluies du mois de novembre ont certes lancé les travaux du sols et permis d’améliorer les performances de la filière oléicole dans la région de Fès-Meknès, augmentant ainsi le taux d’huile, mais depuis, les précipitations se sont raréfiées. Actuellement, les plantes subissent un stress hydrique « à des degrés divers, selon la date du semis », explique à Médias24 Mostapha Mrhari, chef de division des filières de production agricole à la Direction régionale de l’agriculture (DRA) de Fès-Meknès.

« À l’image des légumineuses, toutes les grandes cultures sont également stressées en raison de la sécheresse et de l’amplitude de température entre le jour et la nuit. Nous espérons des précipitations dans les prochains jours », ajoute-t-il. Selon M. Mrhari, « les plantes herbacées, comme les légumineuses, ont généralement une capacité de défense et une résilience face à la sécheresse inférieures à celles des plantes ligneuses ». Ce qui explique pourquoi les rosacées sont moins affectées par le climat sec actuel.

La plupart des fruits du Maroc proviennent de rosacées: pommes, abricots, poires, pêches, prunes, cerises, amandes, nèfles, coings, fraises, framboises….

À ce jour, la baisse des températures est particulièrement bénéfique pour la filière des rosacées. « Les rosacées entrent en dormance, et plus elles sont exposées au froid, meilleure sera leur floraison. Une floraison optimale conduit à un meilleur rendement pour l’année suivante », souligne M. Mrhari.

Globalement, les plantes ligneuses, telles que les arbres, grâce à leurs structures plus robustes et leurs systèmes racinaires profonds, tolèrent mieux des périodes prolongées de stress hydrique. Cependant, elles ne sont pas totalement à l’abri des conséquences de la pénurie d’eau, surtout dans la région de Marrakech-Safi. 

« Tandis que les cultures annuelles, comme les légumineuses, se portent assez bien, la situation est plus complexe pour les cultures pérennes, notamment les arbres fruitiers », confirme une source professionnelle. « Les zones de production qui bénéficient de l’eau souterraine parviennent à maintenir leur irrigation, mais dans d’autres zones, la sécheresse affecte gravement les cultures. Certains arbres sont stressés, tandis que d’autres sont totalement desséchés, notamment ceux qui ne bénéficient pas des eaux des barrages ou des pompages », ajoute notre interlocuteur.

De plus, « actuellement, les autorisations de pompage sont suspendues par l’Agence du bassin hydraulique de Tensift », précise-t-il. Une décision qui s’explique par la chute inexorable des réserves souterraines dans ce bassin. À titre d’exemple, le niveau piézométrique de la nappe phréatique Oulad Bou Sbâa a reculé d’environ six mètres au cours de l’année hydrologique 2023-2024, selon le ministère de l’Équipement et de l’Eau.

Source : Ministère de l’Equipement et de l’eau
Source : Agence du bassin hydraulique de Tensift

La situation est particulièrement complexe pour les producteurs d’agrumes, principalement implantés dans la province de Marrakech. « Contrairement à d’autres cultures, ils ne dépendent pas uniquement des eaux des barrages ou des précipitations. Pour assurer une irrigation mixte, ils puisent également dans les nappes phréatiques », explique notre interlocuteur.

En conséquence, les superficies cultivées diminuent d’année en année. « Les agriculteurs qui irriguaient autrefois 30 hectares se contentent désormais de 20 hectares, sacrifiant ainsi 10 hectares », regrette notre source.« Certains, pour préserver l’intégralité de leurs vergers, préfèrent répartir l’eau disponible sur tous leurs arbres, quitte à réduire le rendement, leur priorité étant avant tout de maintenir leurs arbres en vie », conclut-elle.

Fès-Meknès : l’étude du projet d’alimentation en eau dessalée confiée à ADI, filiale de Nareva

ADI, filiale de Nareva (Al Mada), a remporté le marché lancé par le ministère de l’Equipement et de l’eau pour l’élaboration d’une étude sur l’alimentation de la région Fès-Meknès en eau dessalée.

Selon les documents du procès-verbal de la commission de l’ouverture des plis, ADI a présenté l’offre la plus avantageuse avec 1,78 million de DH. ADI avait soumissionné à ce marché aux côtés des sociétés CID et NOVEC.

D’après les prévisions du ministère de l’Equipement et de l’eau, la nappe phréatique de Fès-Meknès risque de ne plus pouvoir sécuriser les besoins futurs en eau potable, industrielle et touristique, étant donné les aléas climatiques et les fluctuations importantes des précipitations sur des périodes et des séquences de plus en plus espacées.

La solution qui a donc été envisagée est que, en plus des adductions d’eau du barrage Idriss 1er, il soit fait recours au dessalement de l’eau de mer, en cas de saturation des ressources en eaux conventionnelles.

Les prestations qui sont demandées à ADI comprennent deux missions :

Le délai d’exécution des travaux est fixé à 10 mois.

Tourisme thermal au Maroc : le Vichy Thermalia Spa Moulay Yacoub, un exemple pour valoriser un secteur en devenir

Bien que le Maroc soit riche en sources naturelles et en sites propices au thermalisme, le potentiel de ce secteur demeure largement sous-exploité. « Le Maroc possède des ressources naturelles exceptionnelles, telles que les eaux thermales de Moulay Yacoub ou de Sidi Harazem, qui, combinées à un climat clément, attirent les visiteurs en quête de relaxation et de soins thérapeutiques, » explique le directeur général du Vichy Thermalia Spa Moulay Yacoub, Adel Koubaji, lors d’un échange avec Médias24.

Ahmed Akkari, directeur du centre thermal, ajoute que le tourisme thermal peut se diversifier en s’alliant à d’autres formes de tourisme comme le tourisme culturel ou écologique : « Nous travaillons sur des offres qui permettront aux visiteurs de découvrir la région de Fès et ses richesses historiques tout en profitant des bienfaits des soins thermaux. »

Une offre de soins de qualité au service de la santé et du bien-être

Le complexe thermal propose une large gamme de soins alliant bien-être et prévention médicale, destinés aussi bien à une clientèle marocaine qu’internationale. « Notre spa dispose de 30 cabines de soins, cinq hammams et propose des cures préventives qui visent à traiter et à soulager des maladies chroniques, permettant ainsi à nos clients de réduire leur dépendance aux médicaments », explique M. Akkari.

En partenariat avec la marque Vichy, le Vichy Thermalia Spa Moulay Yacoub bénéficie du savoir-faire de la marque française, qui apporte une expertise de pointe en bien-être.

Adel Koubaji souligne l’importance de cette collaboration : « La marque Vichy, avec son expertise, vient compléter l’expérience thermale traditionnelle de Moulay Yacoub, offrant un service de qualité qui attire de plus en plus de visiteurs ». L’ambition de l’établissement est d’attirer une clientèle de bien-être et de santé, en faisant du Maroc une destination privilégiée pour le tourisme thermal.

Vichy Thermalia Spa Moulay Yacoub s’efforce de répondre à une demande croissante pour des séjours de bien-être, rendue encore plus importante à la suite de la pandémie de Covid-19. En effet, le directeur du centre thermale note une augmentation de la demande pour les cures thermales et les soins préventifs : « Après la pandémie, nous avons constaté un intérêt accru pour les destinations axées sur le bien-être. Les visiteurs recherchent des solutions naturelles pour améliorer leur santé et renforcer leur immunité ».

Engagement pour une gestion durable des ressources thermales

La gestion de l’eau, précieuse et naturelle, est une priorité pour le Vichy Thermalia. « La source, à 54°C, nous fournit l’eau thermale utilisée à 40°C dans nos installations. Nous avons mis en place une station de purification des eaux usées, qui sont ensuite réutilisées pour l’arrosage des espaces verts », explique le directeur général. Le groupe Madaëf accompagne cette démarche en vue de minimiser l’impact environnemental, l’objectif étant la préservation durable des ressources thermales.

Le directeur des thermes précise également que l’approvisionnement en eau thermale est partagé entre l’hôtel, les thermes rénovés et les thermes anciens, sous la régulation de l’Agence du Bassin Hydraulique de Sebou, afin d’assurer une utilisation rationnelle et équitable des ressources disponibles.

Défis et perspectives de développement du tourisme thermal

Malgré les opportunités, le secteur du tourisme thermal au Maroc fait face à plusieurs défis. « Il est essentiel de renforcer le partenariat public-privé pour dynamiser ce secteur. Un soutien plus marqué de la part de l’Office national marocain du tourisme (ONMT) serait un atout pour promouvoir le tourisme thermal marocain à l’international », estime le directeur général. Il pointe également le besoin de réflexion sur des incitations fiscales qui rendraient ce secteur plus attractif pour les investisseurs.

Pour l’avenir, le Vichy Thermalia Spa Moulay Yacoub prévoit de passer à un classement 5 étoiles en 2025, une montée en gamme stratégique pour attirer davantage de touristes internationaux, souvent attentifs au nombre d’étoiles. « Bien que nous offrions déjà un service complet – chambres de luxe, restauration haut de gamme et soins de bien-être – certains visiteurs hésitent encore à préférer un hôtel 4 étoiles comme le nôtre face à un 5 étoiles, surtout lorsqu’il s’agit de grandes chaînes auxquelles ils sont habitués, » explique M. Koubaji.

Les projets futurs de l’établissement incluent également la participation active à des salons internationaux comme Top Resa à Paris et le Salon international du bien-être et de la nutrition. Adel Koubaji confirme : « Ces événements sont essentiels pour renforcer notre visibilité à l’étranger, en particulier auprès des marchés européens, très sensibles aux offres de santé et de bien-être ». En intégrant des partenariats et en élargissant sa clientèle internationale, le Vichy Thermalia Spa Moulay Yacoub aspire à devenir un pôle d’attraction majeur pour les amateurs de thermalisme.

Pour l’équipe du Vichy Thermalia, les prochaines étapes incluent non seulement le passage au classement 5 étoiles, mais aussi des coopérations avec des spécialistes de la médecine thermale, en ORL et dermatologie, pour offrir des soins plus diversifiés et spécialisés. L’établissement continue ainsi de jouer un rôle central dans la promotion d’un tourisme thermal durable et innovant, s’appuyant sur l’héritage des sources thermales de Moulay Yacoub, tout en ouvrant la voie à de nouvelles perspectives pour le Maroc sur le marché international du bien-être.

En réunissant authenticité marocaine et expertise internationale, le Vichy Thermalia Spa Moulay Yacoub pose les bases d’un modèle inspirant pour le développement du tourisme thermal au Maroc, conjuguant respect de l’environnement, innovation et valorisation des ressources naturelles locales.

Fès-Meknès. Voici l’état d’avancement de la campagne agricole 2024-2025

Dans la région de Fès-Meknès, la campagne agricole 2024-2025 démarre dans de bonnes conditions, à la faveur d’un cumul pluviométrique qui a atteint 80,33 mm à la date du 13 novembre 2024, « soit une hausse de 25,8 % », indique à Médias24 la Direction régionale de l’Agriculture.

La province de Boulemane est celle qui a enregistré le plus de précipitations, avec un cumul pluviométrique de l’ordre de 98,4 mm. La province de Taounate est celle qui en a reçu le moins (52,7mm). Mais ce cumul est supérieur à celui de l’année dernière à la même époque (44,3 mm).

En outre, les réserves hydriques du bassin de Sebou s’élèvent à 2,2 milliards de mètres cubes, dont les barrages alimentent les zones agricoles de la région. De fait, la Direction régionale de l’Agriculture « s’attend à un bon démarrage de la campagne agricole ». Une saison agricole qui débute avec les travaux du sol.

Pour l’instant, 535.460 ha ont été préparés, dont 24.570 ha irrigués et 510.890 ha en bour. Ces travaux ont été effectués à hauteur de 18 330 ha par traction animale. Cependant, la majorité des agriculteurs misent sur les travaux mécaniques (517.130 ha). Concernant l’installation des grandes cultures, l’état d’avancement des semis de céréales d’automne, de légumineuses alimentaires et de cultures fourragères a atteint 132.356 ha et se décline comme suit :

– Céréales d’automne : 109.165 ha, dont 54.740 ha de blé tendre, 22.740 ha de blé dur et 31.685 ha d’orge ;

– Légumineuses alimentaires : 3.489 ha, dont 3.169 ha de fèves, 260 ha de lentilles et 60 ha de petits pois ;

– Cultures fourragères : 19.702 ha, dont 6.335 ha d’orge fourragère, 4.955 ha d’avoine, 3.950 ha de luzerne, 2.365 ha de féveroles, 822 ha de maïs fourrager, 480 ha de bersim et 300 ha de vesce.

S’agissant des cultures maraîchères, le programme initial prévoyait 6.600 ha, mais la superficie réalisée a atteint 6.787 ha, dont : 

– 3401,7 ha de pomme de terres , 

– 1.003 ha de navet ; 

– 450 ha de choux fleur ; 

– 408 ha d’ail ; 

– 337 ha de carotte ; 

– 175 ha d’oignon vert ; 

– 150 ha de coriandre ; 

– 150 ha de melon ; 

– 150 ha de persil ; 

– 130 ha de betterave potagère ; 

– 100 ha de fenouil.

Campagne céréalière. Le semis direct continue de tracer son sillon (Infographies)

Lors du lancement officiel de la campagne agricole 2024-2025, le ministère de l’Agriculture a annoncé 90.000 hectares supplémentaires de céréales semées grâce au semis direct, portant le total à 250.000 hectares, soit une augmentation de 56 % par rapport à la précédente saison agricole. Une hausse qui marque une accélération par rapport aux premières années, où les superficies restaient limitées :

– 30.000 ha la 2e année (2021);

– 50.000 ha la 3e année (2022);

– 100.000 ha la 4e année (2023);

– 160.000 ha la 5e année (2024);

– 260.000 ha la 6e année (2025).

Bien que le semis direct nécessite un investissement matériel important et une utilisation accrue d’herbicides pour contrôler les mauvaises herbes (conséquence d’un sol non retourné), cette technique agricole présente des avantages indéniables en période de pénurie d’eau.

Le ministère de l’Agriculture prévoit d’étendre cette technique à 1 million d’hectares, soit 25 % des surfaces céréalières, d’ici 2030, dans le cadre du Programme national de semis direct. Ce programme, doté d’une enveloppe budgétaire de 1,1 milliard de dirhams pour une valeur ajoutée prévisionnelle de 1,6 MMDH, devrait bénéficier à 200.000 agriculteurs répartis dans les différentes régions céréalières :

– Fès-Meknès : 200.000 ha;

– Marrakech-Safi : 200.000 ha;

– Rabat-Salé-Kénitra : 200.000 ha;

– Casablanca-Settat : 156.000 ha;

– Tanger-Tétouan-Al Hoceïma : 130.000 ha;

– L’Oriental : 50.000 ha;

– Béni Mellal-Khénifra : 44.000 ha;

– Drâa-Tafilalet : 20.000 ha.

Réduction des coûts d’installation des cultures jusqu’à 60 %

Le Programme national de semis direct vise à s’adapter aux conditions climatiques de plus en plus défavorables aux cultures céréalières tout en atténuant les pratiques agricoles qui fragilisent les sols. « Les méthodes actuelles de labour intensif des sols augmentent leur vulnérabilité à la sécheresse, à l’érosion et à la perte de fertilité », souligne le ministère de l’Agriculture.

Outre la conservation des sols, ce système de production permet de réduire les coûts d’installation des cultures jusqu’à 60 %, en diminuant considérablement les travaux du sol et en économisant entre 800 et 1.000 DH/ha. Expérimenté au Maroc par l’Institut national de recherche agronomique (INRA) depuis plus de quarante ans, le semis direct est un système de production qui permet l’installation des cultures en un seul passage.

Une méthode qui implique que l’engrais de fond et la semence sont déposés à la profondeur souhaitée, à l’aide d’un semoir composé des éléments suivants :

– La trémie transporte et alimente les semences vers les organes semeurs. Deux systèmes de distribution et de réglage distincts sont nécessaires, car les poids d’engrais et de semences varient en fonction du type d’engrais;

– Le distributeur achemine les semences vers l’élément semeur;

– Les éléments semeurs placent les semences dans le sol, principalement grâce à un disperseur;

– Les rouleaux, qui peuvent être de différents types, appuient les semences. Le rouleau à pneumatiques, par exemple, assure un bon appui;

– Le disque ouvreur creuse un sillon dans le sol;

– Le traînard recouvre le sillon creusé par le disque ouvreur.

L’un des principaux obstacles à l’adoption du semis direct reste le coût du semoir qui constitue l’élément clé de cette technique. Le prix d’un semoir de taille moyenne fabriqué au Maroc atteint 120.000 DH, tandis que les semoirs importés coûtent entre 180.000 et 300.000 DH.

Pour soutenir les agriculteurs intéressés par cette technique, le ministère de l’Agriculture prévoit de distribuer 200 semoirs au cours de la campagne agricole actuelle. En outre, des aides atteignant jusqu’à 50 % du coût du matériel sont accordées sous forme de subventions dans le cadre du Fonds de développement agricole (FDA). Des subventions plafonnées selon la taille du semoir :

– 50.000 DH pour les semoirs de moins de 2 mètres;

– 90.000 DH pour les semoirs de 2 à 3 mètres;

– 100.000 DH pour les semoirs de plus de 3 mètres.

Plus de 12 MMDH pour des projets devant ériger Fès-Meknès en pôle économique de premier plan

« Fès-Meknès représente un modèle prometteur pour le Maroc à la faveur des chantiers de développement en cours, qui feront de cette région un pôle économique, touristique et culturel de premier plan au niveau national », a-t-il dit lors de la cérémonie d’installation de Mouaad Jamai, que le Roi Mohammed VI a nommé wali de la région Fès-Meknès, gouverneur de la préfecture de Fès.

Le ministre a précisé que ces chantiers se déclinent en deux volets dont le premier concerne des projets structurants avec un coût total dépassant 11 milliards de DH, ajoutant que le second volet du programme stratégique pour la mise en valeur de la région comprend des projets de développement et de réhabilitation de la médina de Fès, dans l’objectif d’améliorer son attractivité pour la période 2025-2029, pour un montant total de 1,26 milliard de DH.

Concernant le premier volet, il a expliqué qu’il couvre plusieurs secteurs, notamment les infrastructures routières avec un budget de 365 MDH, incluant la construction de 5 rocades, la réfection des routes principales et secondaires, le renforcement du secteur du transport (754 MDH) à travers le lancement de plusieurs moyens de transport urbain et communal, ainsi que des infrastructures sportives à hauteur de 373 MDH.

Dans le domaine de la santé et de la protection sociale, un budget de 370 MDH a été alloué pour renforcer les infrastructures sanitaires, à travers notamment la modernisation de l’hôpital régional El Ghassani et de l’hôpital Ibn Al Khatib et la création de centres d’urgence et de traitement des brûlures.

Ces projets, a-t-il relevé, touchent également le secteur de la solidarité et de l’entraide nationale avec 87 MDH pour le renforcement des structures d’accueil et de protection des personnes sans abri et des enfants des rues, ainsi que pour la création de plateformes de commercialisation et d’intégration économique et sociale au bénéfice des femmes, précisant que ce programme inclut également la transition énergétique et le développement durable avec 828 MDH pour l’équipement en éclairage public solaire des bâtiments administratifs, des sites principaux et des places de la ville, ainsi que d’autres projets écologiques et des équipements publics locaux comme les marchés, les gares routières et le renforcement du système de vidéosurveillance.

Dans le même contexte, M. Laftit a souligné que le second volet du programme stratégique pour le développement de la région est consacré aux projets de développement et de réhabilitation de la médina de Fès, avec un budget total de 1,26 milliard de DH, en partenariat avec les ministères de l’Intérieur et de l’Economie et des Finances.

Ce programme couvre la restauration du patrimoine historique (108 MDH), la réhabilitation de l’espace urbain (647 MDH), le renforcement de l’attractivité économique et touristique (165 MDH), à travers notamment la réhabilitation des foundouks menaçant ruine, la mise à niveau des gares routières et la rénovation des équipements de proximité (184 MDH).

Le programme comprend également les bâtiments menaçant ruine pour un montant de 100 MDH, ainsi que le développement des compétences humaines (9 MDH) par le biais de la formation et l’accompagnement des artisans et commerçants.

En outre, M. Laftit a noté que la région connait le lancement de chantiers parallèles visant à améliorer les conditions de vie de sa population par le développement de secteurs comme les transports, la logistique et la santé, ainsi que l’amélioration de la qualité des services.

Dans ce cadre, plusieurs projets ont été programmés ou réalisés dans le cadre de l’Initiative nationale pour le Développement Humain, axée sur l’amélioration du revenu et l’inclusion économique des jeunes en 2024, avec la réalisation de 676 projets dans le domaine de l’économie sociale et solidaire.

Quelque 519 projets ont été aussi programmés pour améliorer l’accès à l’eau potable et à l’électricité, avec un coût total de plus de 50 millions de dirhams pour l’année 2024, a détaillé le ministre, ajoutant que 29 autres projets sont prévus pour le développement des voies et routes (50 MDH), et l’amélioration de l’accès aux services de santé grâce à la modernisation du Centre hospitalier universitaire Hassan II de Fès (500 millions de dirhams) et la construction de l’hôpital de Bensouda pour un coût de 420 MDH.