Ce qu’il faut savoir sur les projets d’aménagement dans la province de Benslimane

À travers six projets d’aménagement urbains, la province de Benslimane se prépare pour passer d’une vocation dominée par l’activité rurale à une vocation touristique et sportive en marge de la préparation de la Coupe du monde 2030.

Dans une première étape, l’agence urbaine de Benslimane-Berrechid a lancé une série d’appels d’offres pour concevoir les plans d’aménagement de ces projets, nécessitant pour chacun un diagnostic territorial afin de proposer les solutions les plus efficaces.

Au terme de ces projets « fast-track« , dont la durée des études ne dépassera pas neuf mois, la province se dotera d’une feuille de route opérationnelle comprenant un ensemble de projets au montage technique et financier finalisé, prêts à être lancés.

En tant que ville candidate pour accueillir la finale, Benslimane entend valoriser davantage ses atouts naturels afin de se positionner comme une ville hôte véritablement verte et durable. Pour cela, ces projets devront fixer un vaste programme d’aménagement visant à concilier développement urbain, préservation écologique et amélioration du cadre de vie de ses habitants.

Bien que ces six projets soient en relation avec des routes, l’aménagement proposé ne se limitera pas aux routes, mais couvrira également une large zone tampon de celles-ci. Ces aménagements comprennent la programmation d’équipements et d’espaces, la gestion de la mobilité urbaine et interurbaine, ainsi que l’organisation des zones touristiques, des commerces…

Projet d’aménagement de la route menant au Grand Stade Hassan II

Desservant le futur Grand Stade Hassan II, ce projet prévoit une refonte complète de la route régionale 313 qui relie Benslimane à Mohammédia. L’aménagement retenu intégrera quatre échelles d’intervention :

Ce cadre d’aménagement devra être cohérent avec le Schéma directeur d’aménagement urbain en cours d’approbation, mais aussi avec les visions de mise à niveau de la province de Benslimane en marge de l’organisation de la Coupe du monde 2030. Les options d’aménagement seront concrétisées à travers un programme d’action comprenant des projets prêts à être mis en œuvre.

Projet d’aménagement de trames viaires de Benslimane 

Dans le cadre de la revalorisation de Benslimane, ce plan d’aménagement s’inscrit dans la dynamique de mise à niveau urbaine en dotant la ville d’axes structurants modernes, fonctionnels et porteurs d’une image positive. L’objectif est de transformer ces artères en véritables cadres de vie, de mobilité et de développement, en cohérence avec les ambitions de croissance de la ville et les exigences liées à l’organisation de la Coupe du monde 2030.

Il se concentrera principalement sur trois interventions majeures : l’aménagement des emprises des traversées urbaines, la mise en place d’un ordonnancement harmonieux des façades, ainsi que la conception et l’aménagement des équipements publics bordant ces axes stratégiques de Benslimane.

Projet d’aménagement de la ville de Bouznika

À proximité de Benslimane, la ville de Bouznika devrait également profiter de l’attrait attendu lors de l’organisation de la Coupe du monde. À cet effet, un plan d’aménagement devrait repenser les vocations urbaines le long des trames viaires de Bouznika : d’une part, la route nationale 23 menant à Benslimane et, d’autre part, le tronçon de la route nationale 1 reliant Casablanca à Rabat.

Le second projet consiste en la revalorisation des plages de Bouznika et de Cherrat à travers leur mise à niveau, notamment en termes d’infrastructures. Cela inclut les travaux d’aménagement de la corniche de Bouznika et la création d’une nouvelle voie côtière longue de 9 kilomètres. Cet aménagement devrait permettre de prévoir l’aménagement de « fan zones » lors de l’organisation de la Coupe du monde 2030.

Projet d’aménagement du lac Oued Maleh

Grâce à un plan d’aménagement sectoriel, ce projet devrait renforcer la vocation touristique du barrage du lac Oued Maleh, tout en assurant la préservation de cet environnement fragile qui connaît un afflux périodique. Actuellement, l’absence d’un aménagement adéquat l’empêche d’exploiter le plein potentiel de cette zone.

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Le groupe de Florentino Pérez, président du Real, vise le chantier du Grand Stade Hassan II

Bien qu’elle n’ait pas encore pris de décision définitive, des sources du secteur des infrastructures ont confirmé au journal espagnol Voz Populi que l’entreprise de Florentino Pérez avait commencé il y a plusieurs mois à prendre des initiatives, en attendant une évaluation finale des divers risques que cela comporterait.

Plusieurs grandes entreprises de construction espagnoles, poursuit le média espagnol, sont en contact depuis des mois avec des cabinets d’avocats de premier plan, expérimentés en matière de marchés publics marocains. L’objectif est de se faire conseiller tant du point de vue légal et de la sécurité juridique que du rapport coût-bénéfice aux niveaux économique, stratégique et de l’entreprise concernant le projet de « plus grand stade du monde ».

Le projet emblématique représente un grand attrait en soi dans le secteur des infrastructures, notamment du fait de son envergure et des 115.000 spectateurs qu’il pourra accueillir. Voz Populi estime dans son article que la capacité d’accueil est l’un des principaux facteurs déterminants dans la compétition qui oppose le stade de Benslimane au Camp Nou de Barcelone (qui, après sa rénovation, devrait atteindre environ 105.000 spectateurs) et au Santiago Bernabéu de Madrid (qui chercherait des solutions pour atteindre 85.000 places) pour accueillir la finale du Mondial 2030.

Le marché relatif à la construction de cet édifice titanesque avait été lancé en avril dernier pour un coût estimé à 3,2 milliards de DH. L’ouverture des plis est prévue pour le 10 juin.

Le délai de construction du stade est estimé à environ 30 mois, afin qu’il soit prêt d’ici fin 2027, car d’après Voz Populi, le Maroc table sur le fait que la FIFA se prononcera définitivement sur le lieu de la grande finale en 2028.

Le marché de construction du Grand Stade Hassan II est lancé

Il s’agit du deuxième lot dans le cadre de la réalisation du plus grand stade en Afrique, et deuxième plus grand au monde (plus de 115.000 spectateurs). Il porte sur les gros œuvres, l’étanchéité, la charpente métallique, les revêtements, les faux plafonds, la menuiserie et la peinture, tandis que le premier portait sur les travaux de terrassement. Ces derniers, qui sont quasiment achevés, ont été réalisés par la SGTM pour 356 millions de DH.

Le délai d’exécution de ce nouveau marché est fixé à 30 mois. Il courra à compter de la date prévue par l’ordre de service prescrivant le commencement de l’exécution des travaux, lequel doit être notifié dans un délai maximum de 30 jours qui suit la date de notification de l’approbation du marché. Si l’on fait les calculs, les travaux de ce présent marché devraient s’achever vers le mois de décembre 2027, comme prévu par Fouzi Lekjaa, président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), et président du Comité Coupe du monde 2030.

Sur les documents de cet appel d’offres, la Société nationale de réalisation et de gestion des équipements (Sonarges), maître d’ouvrage, et l’Agence nationale des équipements publics (ANEP), maître d’ouvrage délégué, précisent que le site du stade est exposé. L’agressivité du climat et de la nappe souterraine exige l’utilisation des bétons, conformément à la norme marocaine NM 10.1.008 (Norme marocaine du béton), dont l’entreprise attributaire est tenue de respecter les caractéristiques, et ce, pour chaque classe d’exposition (durabilité des ouvrages pour cent ans, classe de résistance minimale, dosage minimal en ciment, nature de ciment, teneur en air….).

Elles exigent également que tous les bétons qui seront mis en œuvre soient fabriqués mécaniquement sur le site. Des centrales à béton (dont le nombre et le rendement feront l’objet d’un dimensionnement suivant la cadence prévisionnelle du bétonnage) seront obligatoirement installées avant le commencement du bétonnage.

Exigences spécifiques pour les concurrents non installés au Maroc

Ce marché est ouvert aussi bien aux concurrents installés au Maroc qu’à ceux hors Maroc. Des exigences spécifiques sont par ailleurs imposées aux concurrents non installés au Maroc.

D’après les dispositions de ce marché, ces derniers devront présenter au moins deux attestations de réalisation des travaux de gros-œuvres, charpente métallique et lots secondaires de projets achevés durant les dix dernières années, comme suit :

– un projet de construction d’un stade de plus de 40.000 places ; 

– un projet d’importance similaire d’un montant total des travaux supérieur ou égal à 6 MMDH toutes taxes comprises.

La Sonarges et l’ANEP entendent par projets d’importance similaire, les stades, les grands hôpitaux, les grandes aérogares, les complexes touristiques, les tours de grande hauteur ou autres édifices recevant du public présentant une importance similaire. Les projets de bâtiments résidentiels ne seront donc pas pris en compte. Ces critères seront pris en considération lors de l’évaluation des offres.

10 autres lots devraient être lancés

D’après les documents de ce marché, une dizaine d’autres lots devraient encore être lancés dans le cadre de ce projet. Il s’agit des :

Lot 3 relatif à la couverture, et qui porte sur la charpente métallique, les câbles précontraints, l’enveloppe et les finitions architecturales ;

Lot 4 relatif à l’électricité, et qui porte sur les courants forts et les courants faibles ;

Lot 5 relatif aux fluides, et qui porte sur le chauffage-ventilation, le conditionnement d’air, et le désenfumage, ainsi que sur la plomberie sanitaire et l’incendie ;

Lot 6 relatif aux ascenseurs et escaliers mécaniques ;

Lot 7 relatif à la menuiserie bois, mobiliers fixes, agencement et signalétique ;

Lot 8 relatif aux équipements de cuisine et à la buanderie ;

Lot 9 relatif aux équipements audiovisuels et multimédia ;

Lot 10 relatif aux aménagements extérieurs et espaces verts ;

Lot 11 relatif aux équipements mortuaires ;

Lot 12 relatif aux équipements biomédicaux.

Voici les différents intervenants dans ce projet :

Groupement de maîtrise d’œuvre : Tarik Oualalou, Populous LTD SAS, Maffeis Engineering S.P.A, M-E Engineers LTD SARL; Rider Levett Bucknall ;

Bureau de contrôle : Socotec Maroc ;

Laboratoire : LPEE.

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Un beau moment pour la culture, l’architecture et le sport : le Grand Stade Hassan II expliqué par Tarik Oualalou

Les terrassements du Grand Stade Hassan II bientôt achevés, lancement prochain des appels d’offres pour le gros œuvre

M. Belqasmi s’exprimait ce jeudi 24 avril 2025 dans le cadre du Business Forum Maroc-France consacré au Mondial 2030.

Des appels d’offres pour le gros œuvre et des lots techniques seront bientôt lancés, a révélé M. Belqasmi.

Pour rappel, les travaux de terrassement sont assurés par la Société générale des travaux du Maroc (SGTM), qui avait remporté ce marché (Lot 1), en août 2024, pour 356 millions de DH.

Les travaux de terrassements généraux englobent l’implantation des ouvrages, l’amenée, la mise en place, le repli de tous les matériaux et matériels nécessaires, l’abattage et le dessouchage des arbres et arbustes existants et la transplantation des palmiers et arbres.

Stade Hassan II de Benslimane

Doté d’un budget global prévisionnel de 5 MMDH, ce stade, avec ses 115.000 places, sera le plus grand stade en Afrique et le deuxième plus grand à l’échelle mondiale.

Début février 2025, Fouzi Lekjaa, président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), avait indiqué que la fin des travaux de ce stade est prévue en 2027.

Le Forum d’affaires Maroc-France a vu la participation de plus de 300 opérateurs économiques des deux pays. Il a été organisé par BPI France, la FRMF et la CGEM avec l’appui de l’ambassade de France.

 

Football. SGTM dévoile de premières images du chantier du grand stade Hassan II de Benslimane

« Les équipes de la SGTM entament ce projet de grande envergure, prévu pour une capacité de 115.000 spectateurs. Ce stade, le plus grand du Maroc, prendra progressivement forme grâce à l’engagement et à la coordination de nos équipes sur le terrain », lit-on sur le compte LinkedIn de la société.

La SGTM et ses équipes promettent « Un travail minutieux pour mener à bien ce projet d’ici 2027, marquant un tournant stratégique pour le Maroc à l’aube de la Coupe du monde 2030 ».

Pour rappel, la Société générale des travaux du Maroc (SGTM) a remporté ce marché (Lot 1), en août 2024, pour 356 MDH.

Ces travaux de terrassements généraux englobent l’implantation des ouvrages, l’amenée, la mise en place, le repli de tous les matériaux et matériels nécessaires, l’abattage et le dessouchage des arbres et arbustes existants et la transplantation des palmiers et arbres.

Doté d’un budget global prévisionnel de 5 MMDH, ce stade, avec ses 115.000 places, sera le plus grand stade en Afrique et le deuxième plus grand à l’échelle mondiale.

Début février 2025, Fouzi Lekjaa, président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), a indiqué que la fin des travaux de ce stade est prévue en 2027.

Un beau moment pour la culture, l’architecture et le sport : le Grand Stade Hassan II expliqué par Tarik Oualalou

Il n’est pas possible d’être un architecte novateur et de talent, sans une grande culture. Tarik Oualalou, malgré son jeune âge, fait et fera partie de cette catégorie, celle de l’architecture contemporaine marocaine de grande qualité.

Ce lundi 17 février 2025, il a présenté publiquement et pour la première fois, ce projet monumental et en tous les cas magistral, qu’est le futur Grand Stade Hassan II de Casablanca-Benslimane. Un pur moment de grâce que tout un chacun devrait écouter et, par moments, méditer. Cette présentation a été faite dans le cadre de la semaine scientifique de l’UM6P dont c’était la 5e édition.

La manière dont il évoque la modernité est intéressante et mériterait débat. Il rappelle que la tradition est « archéologique », « officielle ». Et que la culture est moderne. Il veut probablement dire en cela que la culture est vivante et que, par conséquent, elle est inventée et réinventée. Tandis que la tradition est figée, et donc muséographique. Ou, comme l’a dit un jour l’architecte français Jean Nouvel à Casablanca, la tradition a un jour été une modernité.

Oualalou n’a pas construit un bâtiment et d’ailleurs, rappelle-t-il, tous les stades se ressemblent. Mais un lieu vivant, auquel les visiteurs donneront chaque fois une tonalité. Un lieu qui s’inscrit dans l’expérience qu’est la sienne, celle des œuvres surgies de la terre et de l’eau, légères et monumentales, à l’instar de ses réalisations à l’IMA Paris, à Dubai, à Doha et à Marrakech. La tente ici n’est pas utilisée en tant que telle, mais en tant que « notion ».

Sur le stade lui-même, Oualalou explique que « c’est un stade de dernière génération qui s’appuie sur les dernières recommandations de la FIFA, avec énormément de retour d’expérience. Nous avons la chance d’avoir un partenaire, Populous, qui a construit des centaines de stades. Le stade utilise également les dispositifs techniques les plus avancés, de frugalité énergétique, de récupération des eaux, d’un arrosage intelligent… ».

En tous les cas, Tarik Oualalou inscrit sa démarche architecturale dans ce genre de réflexions et pas dans la construction architecturale. Dans le communiqué exposant le concept choisi pour le stade, il est écrit que « le projet a été conçu par les architectes de l’agence Oualalou + Choi, et par Populous, le leader mondial du design sportif ». Et, comme disait Boileau, « ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément ». Les mots ici sont bien ciselés. Cf. vidéo ci-dessous, à partir de 3:30:00.

Tout n’est pas dit, mais l’architecte a levé un peu plus le voile sur ce futur temple mondial du sport.

-oOo-

« Je voudrais quand même vous dire, je vous ai écouté avec beaucoup d’attention aujourd’hui. Et je suis absolument fasciné par l’énergie, l’optimisme et la gourmandise que vous avez tous de l’avenir. Et peut-être une certaine confiance candide dans la technologie. Nous, architectes, on a un rapport très différent avec le futur. Le thème « Shaping the Future », c’est un peu notre travail puisque l’architecture est d’abord et avant tout une promesse.

« Mais au fond, l’architecture est une discipline vieille, têtue, vénérable qui est emprisonnée dans la gravité, dans les nécessités humaines et leurs désirs. Et peut-être à cause de cette lenteur ou grâce à cette lenteur, on a eu la fonction pendant 500 ans d’imaginer à quoi ressemble le futur. Depuis, je ne sais pas comment ça marche.

« Depuis les villes idéales de la Renaissance au 15e siècle jusqu’aux élucubrations des années 60, l’architecture a eu pour fonction d’imaginer le futur de l’établissement humain. Cette fonction a presque complètement disparu. Peut-être parce que nous l’avons fabriquée. Nous avons construit et participé avec un certain enthousiasme, et sans aucune résistance, mais dans une forme de collaboration sévère, à la détérioration de notre nature, de notre planète. À la fabrication d’environnement qui empêche la gestion et la structuration des formes politiques de nos tribus. Et à la création d’espaces où nos corps disparaissent.

Dialoguer avec la culture

« Cette fonction, d’imaginer l’avenir, devient à mon sens d’autant plus importante que le futur de l’architecture, c’est le futur de l’effondrement. De l’effondrement de la vie, de l’effondrement du travail, de l’effondrement de l’histoire. Et que la seule manière de l’imaginer autrement c’est de se remettre en résistance. Et cette résistance pour moi, dans notre travail, c’est d’abord un nouvel ancrage dans la culture.

Notre seule véritable tradition au Maroc, c’est la modernité

« Je parle de la culture parce que la conversation architecturale est emprisonnée depuis cent ans dans une dualité entre tradition et modernité, alors que notre seule véritable tradition au Maroc, c’est la modernité. Et il faut sortir de cette notion. Cette notion nous emprisonne. La tradition, au fond c’est l’histoire officielle. La tradition, elle est écrite, elle n’est pas mouvante, elle est figée, elle est folklorique. Elle n’est pas un outil avec lequel on peut travailler. La tradition, elle est archéologique, elle n’est pas architecturale.

Quand il s’est agi d’imaginer le stade de Benslimane, on a voulu trouver une intersection entre les cultures

« La culture, par contre, c’est quelque chose de mouvant, d’organique, de contradictoire, de sale, de pluriel, de protéiforme. Et c’est cette conversation-là que je veux engager avec vous aujourd’hui.

« Quand il s’est agi d’imaginer le stade de Benslimane, on a voulu trouver une intersection. Tous les stades du monde se ressemblent. Vous prenez une canette de Coca, vous l’écrasez et ça ressemble à un stade. En essayant d’imaginer quelque chose qui ne pourrait être qu’ici et nulle part ailleurs.

Le Moussem marocain. Extrait de la présentation de Tarik Oualalou.

« On a essayé de trouver une notion qui est celle de la congrégation. Celle qui, au Maroc, appelle les gens entre eux à se réunir de façon temporaire. La notion du Moussem, elle est incroyablement belle. C’est souvent dans un territoire rural, au milieu de nulle part, des gens qui se retrouvent dans une période courte avec la notion de la fête, de la festivité. Et au fond, un match de football, ce n’est que ça.

« Et il y a tellement peu de moments dans le monde qui sont des moments de pur bonheur, qu’on a voulu construire autour de cette de cette idée du Moussem qui est une idée de structures temporaires qui s’appuient sur cette idée de la tente. La tente, elle s’installe dans un lieu, elle peut se déplacer, se remettre. C’est une figure presque proto-architecturale. Elle existe avant le bâtiment.

Extrait de la présentation de Tarik Oualalou

« Mais c’est surtout tout ce qu’il y a autour. La tente, c’est un petit lieu dans un grand territoire. Ce que vous voyez ici, c’est le grand territoire dans lequel le stade va s’installer. Et ce qui nous importait, ce n’est pas de faire un bâtiment ni un monument mais de faire un lieu qui soit un grand lieu public qui serve tout le temps. Un stade de football, c’est utilisé de temps en temps. Et le reste du temps, c’est pas utilisé. Et donc pour nous, il fallait qu’on imagine à quoi ça pouvait servir. À d’autres espaces de sport, des espaces de jeux pour les enfants, des parcours santé, un endroit pour faire le marché. Un endroit qui s’ouvre à sa communauté. Et de l’installer dans un rapport à la nature dont je parlerai tout à l’heure.

Extrait de la présentation de Tarik Oualalou.

« Le stade de Benslimane, le Grand Stade Hassan II, il a été décidé d’en faire le plus grand stade du monde. Un stade, c’est déjà une grande chose. Mais alors, une très, très grande chose devient un objet un petit peu maladroit. Donc plutôt que de le rendre plus petit, on l’a rendu beaucoup, beaucoup plus grand. La tente qui couvre le stade, au fond, prend un territoire beaucoup plus large et devient un espace protecteur de la nature. Utiliser la notion de la tente — j’utilise le terme « notion » plutôt qu’autre chose parce que ce n’est pas une image.

L’idée, la notion de tente est dans le Grand Stade Hassan II. Ici, exemples réels de tentes au Maroc et dans le monde. Extrait de la présentation de Tarik Oualalou.

Ce qu’on a construit pour le Grand Stade Hassan II, ce n’est pas une tente qui existe déjà. C’est l’idée d’une tente

« La tente, elle est intimement marocaine. Mais elle est complètement universelle. La tente, elle existe en Mongolie, c’est la yourte, elle existe chez les Amérindiens, c’est le tipi, elle existe partout en Afrique. C’est une forme universelle. Et ce qu’on a construit pour le Grand Stade Hassan II, ce n’est pas une tente qui existe déjà. C’est l’idée d’une tente. C’est l’idée d’une notion. Et ce qui nous intéressait, c’est de proposer un lieu où on arrivait à proposer ce qui est intimement une part de notre ADN qui est l’hospitalité.

« Alors, c’est très intangible mais on est dans un moment de telle contraction de nos civilisations où vous allez en Europe, vous allez aux États-Unis. Partout, on rejette l’autre. Peut-être le Maroc est un des derniers lieux où le rapport à l’autre est quelque chose qui nous plaît, qui nous enrichit et qu’on veut mettre en avant.

Accueillir la Coupe du monde de football 2030, c’est montrer au monde comment on sait accueillir

« Accueillir la Coupe du monde de football 2030, c’est montrer au monde comment on sait accueillir. Et ce n’est pas une phrase publicitaire de l’office du tourisme. C’est, en fait, vraiment vrai. Et il faut que ça continue à être vrai. Et pour que ça le soit, il faut l’incarner, il faut lui donner des formes.

« Et l’idée de cette tente permettrait à la fois de dialoguer avec la culture qui est intimement marocaine mais aussi que les gens, par familiarité, s’y retrouvent. Parce que l’Américain qui va venir, le Japonais qui va venir, l’Européen qui va venir va s’y retrouver. Et ce qui nous importe quand on fabrique un projet architectural, ce n’est pas de se montrer tel qu’on est, différent. Mais c’est de montrer les intersections qu’on a avec les autres cultures. Leur donner des points d’entrée. Des moments de conversation avec nous.

Extrait de la présentation de Tarik Oualalou.

« Ce moment de conversation, il commence d’abord dehors. Un match de football, c’est avant, pendant et après. Et c’est tous les lieux de l’avant, du pendant et de l’après qui nous ont intéressés.

Extrait de la présentation.

« C’est des lieux où on a voulu proposer un nouveau rapport à l’extérieur. Quand on construit un stade dans la forêt de Benslimane, on fait d’abord ça avec douceur dans la nature. Mais quand on installe une très, très grande chose, c’est compliqué de le faire avec douceur.

« Donc la nature, on doit travailler avec elle, on doit aussi la reconstruire et on doit imaginer le projet architectural comme quelque chose qui protège, pas quelque chose qui détruit. Et cette notion de reconstruire des climats, au fond, elle est incroyablement nécessaire.

Aujourd’hui, on n’a plus le droit d’imaginer des bâtiments qui sont des carapaces

« En 2025, on n’a plus le droit d’imaginer des bâtiments qui sont des carapaces. L’histoire de l’architecture depuis la grotte jusqu’à aujourd’hui, c’est une histoire de mise à distance. C’est une histoire de protection. La nature est quelque chose qu’on doit ordonner et dont on doit se protéger. Sauf qu’en faisant ça, on l’a ruinée. On vit aujourd’hui la sixième grande extinction de cette planète. La moitié de ce qui vivait il y a cent ans ne vit plus. Et l’architecture doit d’abord témoigner pour la vie plus que d’être dans le confort des humains. Et pour ça, elle ne peut plus se fermer à la nature, elle doit devenir une membrane, une respiration. Et ça, ça existe chez nous.

Agir sur les climats dans les ruelles des médinas. Extrait de la présentation.

« Quand vous vous baladez dans une petite ruelle, derb, de la médina kadîma de Marrakech ou à Rabat ou à Fès, il peut faire 45 °C dehors. Quand vous êtes à l’intérieur de cette petite rue, il fait 15 °C de moins. Le vent circule, le rapport au corps change, on commence à se toucher autrement.

« La manière dont on peut fabriquer le climat change notre rapport à notre corps. À l’organisation de nos tribus. Et à la fin, dans notre rapport à la nature qui n’est plus quelque chose qui doit nous faire peur. Et ce rapport, il existe dans cet espace qui est une immense ombrière puisque, au fond, le stade, c’est un bâtiment.

Extrait de la présentation.

« Et au lieu d’être fermé, il est couvert par un immense territoire dont on pourrait considérer qu’on n’en a pas besoin. Mais qui est le lieu des oiseaux, des insectes, des animaux, des enfants, des marchés. Et c’est un lieu qui est protégé un peu de la pluie, un peu de la température. Mais il pleut quand même un petit peu. Et il fait chaud quand même un petit peu.

« C’est un lieu où l’interaction est encore indéterminée. On ne dit pas aux gens « faites ça ici ». D’ailleurs, ça ne marche jamais au Maroc. Les gens ne font jamais ce que vous voulez là où vous voulez qu’ils le fassent. Et donc l’important pour nous, c’est de donner une cimaise à l’activité humaine.

Extrait de la présentation.

« Ces lieux, ils sont dedans, ils sont dehors, ils sont minéraux, ils sont végétaux, ils sont habités, ils sont sanctuarisés, ils sont protégés et surtout ils sont changeants. Ils sont mutables.

Extrait de la présentation.

« Ce sont des lieux qui sont suspendus, qui sont enterrés, qui sont sur le sol et qui permettent que l’ensemble de ce volume puisse vivre.

« Je parle de volume avec une certaine gourmandise parce que quand on construit, on utilise beaucoup de masse. Des grandes masses. Quand on est dans un bâtiment comme ça, c’est des centaines de milliers de tonnes de matière qu’on utilise. Quand on construit avec des structures tendues, c’est d’une très, très, très grande légèreté. C’est la manière la plus efficace avec très peu de matière de fermer un très, très grand volume. Et cette légèreté-là, elle nous importe.

Quand on construit un bâtiment, on construit un univers

« La troisième notion que je voulais partager avec vous, c’est celle d’un imaginaire géographique. Parce qu’un bâtiment, c’est une toute petite partie du monde. Mais c’est un monde en tant que tel. Et cette idée est incroyablement importante pour moi. Quand on construit un bâtiment, on construit un univers. Et un univers, c’est une géographie. C’est une place dans le territoire qui se vit de très loin. Qui se vit de plus en plus proche. Qui se vit de dedans. Qui doit presque changer d’échelle.

Extrait de la présentation.

« Quand on le regarde, on ne doit pas savoir si c’est grand, si c’est petit. Il doit très vite retrouver sa place. Mais ça, ce sont des images. Et après, on doit travailler très, très dur à leur donner une incarnation réelle. Et c’est tout le travail qui a été fait durant cette dernière année. Et je dois dire qu’il a été fait avec le sentiment de participer à une aventure fabuleuse. Et ça, c’est assez génial parce qu’on n’a pas ça tout le temps. Et dans tout ce qui se passe autour de la Coupe du monde, il y a un sentiment d’appropriation qui est absolument fabuleux.

Extrait de la présentation.

« Je vais pas entrer dans des choses trop techniques, mais il y a une idée vraiment intéressante. N’importe quelle structure, pour qu’elle soit stable, quand c’est une structure tendue, elle doit avoir une double courbure pour qu’elle soit rigide. Or, quand on a dessiné la tente, elle est dessinée de façon très ventrue comme un voilage. La double courbure lui donne une forme presque de mur.

Extrait de la présentation.

« Et ici, il y a une idée qui a été développée, que je trouve délicieuse, c’est au fond que la forme ne soit pas donnée par une seule membrane mais par deux membranes. Une qui a une courbure complètement négative, celle qu’on voit de l’extérieur. Et une grande membrane qui est sous la tente, qui la rigidifie. Qui est une espèce de voûte céleste qui vient la mettre en tension par en dessous. Et cette intersection ou cet interstice entre deux mailles qui permet presque à deux objets de dialoguer entre eux, permet un monde du dehors et un monde du dedans.

« Le monde du dehors c’est cette figure géographique. Le monde du dedans, c’est ce grand univers qui est vraiment une espèce de voûte céleste qui, quand on regarde le ciel, vient tenir le territoire. Et j’ai pour habitude de dire que l’architecture est la relation que les hommes créent entre le sol et le ciel. On peut presque regarder chaque acte architectural en regardant son sol et en regardant son profil. Et ce qui se passe entre les deux, est au fond relativement peu important. Mais pour arriver à faire ça, il y a un très grand travail de maîtrise de géométrie, de modélisation. J’utilise tous ces mots pour que les scientifiques qui sont dans la salle ne nous regardent pas souvent comme les cousins débiles des semaines de la science qui nous arrivent souvent.

Il y a un travail où la technologie est utile, mais elle n’est pas déterminante

« Mais il y a un travail où la technologie est utile mais elle n’est pas déterminante. C’est un élément qui nous permet d’aller plus vite, d’aller plus loin, d’avoir une meilleure maîtrise mais en aucun cas, c’est un objectif en tant que tel.

Un objet d’une très grande simplicité, mais aussi d’une très grande complexité

 

Extrait de la présentation.

« La tente est elle-même faite non pas d’un voile mais de grands éléments horizontaux qui sont espacés entre eux et qui permettront de faire passer le climat. Elle tient sur 36 mâts. C’est rien du tout pour quelque chose qui fait 500 m de diamètre. Qui est immense. Chaque mât que vous voyez là tient le poids d’une Tour Eiffel. À peu près 10.000 t. Donc c’est une chose très légère qui tient sur des éléments très ponctuels. Et c’est cet effet d’étonnement presque enfantin qui est pour moi un des plaisirs architecturaux les plus importants. Vous rentrez dans une église gothique, vous ne savez pas comment ça tient. Et ce presque moment de fragilité, presque d’inquiétude nous redonne cet effet de surprise enfantine qui est pour moi un des déclencheurs de l’émotion architecturale les plus extraordinaires. Et donc, un objet d’une très grande simplicité, mais aussi d’une très grande complexité. Et tout le travail, c’est d’arriver à cette complexité.

« Je passe un film très rapidement qui est celui qui a été présenté au concours qui essaie de raconter le rapport entre Casablanca et ce territoire-là parce que c’est bien sûr le stade de la finale de la Coupe du monde, on l’espère. Mais c’est aussi le stade de deux grands clubs. Deux grands clubs historiques de la grande ville du football au Maroc. C’est le stade du Raja et du Wydad qui ça sera leur nouvelle maison. Et on a construit ce bâtiment d’abord pour eux, pour que cette appropriation puisse se faire. Pour que dans tous les lieux intermédiaires, quelque chose qui est pensé comme des questions sécuritaires, problématiques, dangereux pour la ville; ces moments de congrégation deviennent tout d’un coup des moments de fête, de plaisir, de partage et une projection pour le monde parce qu’aujourd’hui, nous sommes capables de le faire. Ça, nous le savions. Mais nous ne croyions pas complètement.

Le Maroc est un immense lieu d’invention. Un immense lieu d’expérimentation. Peut-être un des grands théâtres où l’humanité peut inventer sa place sur cette Terre au XXIe siècle

« Et pour moi, un projet comme celui-là c’est une manière de collectivement commencer à croire à ce que l’on sait déjà, que le Maroc est un immense lieu d’invention. Un immense lieu d’expérimentation. Peut-être un des grands théâtres où l’humanité peut inventer sa place sur cette Terre au XXIe siècle. Peut-être qu’on doit encore passer un peu de temps à se nettoyer, finir de se décoloniser de certains carcans, de certaines images qu’on a du mal à laisser partir. Et il faut le faire avec douceur, avec gentillesse mais aussi avec une certaine autorité qui se construit aussi dans des lieux comme cette université.

« Ce qui est important pour moi, c’est de dire non seulement on peut le faire mais que c’est un travail absolument collectif ».

[Tarik Oualalou décrit alors un cheminement expérimental, un retour d’expérience qui a permis d’arriver à cette œuvre en devenir qu’est le Grand Stade Hassan II].

« […] la  terre était enfermée dans une perception vernaculaire, folklorique. On veut la sortir, l’injecter dans le monde contemporain. On a ensuite travaillé sur un bâtiment un peu plus grand en inventant l’idée d’un bloc de terre préfabriqué. Mais on a pu le faire sur une chose expérimentale et temporaire, ici à Doha (Qatar). Et en prenant ce travail d’expérimentation, on a commencé, grâce aux universités, grâce aux jeunes ingénieurs à mettre en place un matériau qui nous appartient; que l’on sait utiliser; qu’on peut d’autorité proposer. Et qui n’existait pas avant mais qui est, au fond, rien de plus que de faire un peu de cuisine. C’est un peu d’eau, un peu de terre, 2 grammes de ciment, un peu de chaux. Mais ce travail -là de mise au point, cette invention par la matière, par l’itération, c’est quelque chose dont les architectes n’ont pas besoin et pour vous, dans cette école, vous en avez l’habitude.

« Et comme vous avez un département d’architecture, je prends mon bâton de pèlerin pour vous dire que le plus important pour un département d’architecture dans une école comme celle-ci, c’est d’apprendre à expérimenter. De réapprendre à expérimenter plutôt qu’à simplement assembler ce qui existe déjà. Alors, on ne peut pas le faire sur tout et on ne peut pas le faire à grande échelle. Et on le fait de façon incrémentale sur de petits sujets. On le fait sur la fixation sur un projet, on le fait sur la dimension sur l’autre, on le fait sur le mélange sur l’autre. Et au fur et à mesure, on construit une compréhension de la matière. On en développe un rapport à sa plasticité à ses possibilités plastiques.

« Et ce qui nous a permis ensuite de faire le bâtiment permanent de l’Expo Universelle à Dubaï qui est le plus haut bâtiment en terre jamais construit. Qui est entièrement structurel, qui se tient. Qui parle du Maroc non pas parce qu’on fait des arcades, des tuiles vertes vernissées, qu’on met des motifs de zellige dessus. Ça, c’est le folklore. Il parle du Maroc par sa matérialité. Par ses jardins suspendus, parce que c’est un bâtiment qui est une ville, parce que c’est un bâtiment qui est organisé autour d’un patio, parce que c’est un bâtiment que l’on vit à travers une grande rue qui est une rampe que l’on traverse. Et on n’a pas besoin de donner une image. On a besoin de faire vivre une expérience. Et quand je disais tout à l’heure, « il faut se décoloniser un peu plus, il faut se décomplexer« , c’est de considérer qu’on n’a plus besoin de se montrer mais d’inviter les gens.

« Avant de faire le stade, et je vais terminer sur ça, avant de faire cette immense structure tendue, on en a fait une toute petite de 500 m² sur le parvis de l’Institut du Monde Arabe. C’est la première structure tendue qu’on invente. C’est pas l’imitation d’une tente existante. On utilise une structure, on invente une topographie, on utilise un matériau, ici le flij, la laine de chameau qui est tissée dans le désert marocain [Le vélum de la tente noire est obtenu par l’assemblage les bandes tissées, flij, à partir de poils de chèvres et de dromadaires]. Et on commence à mettre en contrôle ces dispositifs. Ça, on continue à développer cette expérimentation à une échelle un petit peu plus grande pour le village de la COP22 à Marrakech où on fait une canopée plus grande, plus complexe qu’on continue à développer quelques années plus tard sur l’installation pour le village du FMI et de la Banque Mondiale et qui nous permet ensuite, quand on propose de faire quelque chose d’aussi grand, d’aussi fou, qui n’a jamais été fait avant, de dire « on sait le faire. » On sait le faire parce qu’on l’a déjà fait de façon incrémentale. Cette autorité-là qui doit venir de la maîtrise d’œuvre, elle se construit, elle ne se décrète pas ».

Vidéo de Tarik Oualalou (à partir de 3:30:00)

Avec l’implantation du grand stade à Benslimane, les prix des terrains s’envolent et atteignent jusqu’à 1.000 DH/m²

Depuis plusieurs mois, la province de Benslimane est le théâtre d’une explosion des prix du foncier. Ce phénomène, loin d’être anodin, attire l’attention des observateurs économiques et des professionnels du secteur.

Si la réputation de Benslimane en tant que ville à l’environnement agréable et au climat tempéré contribue à son attractivité, ces seuls facteurs ne suffisent pas à expliquer une telle flambée. La véritable raison de cette hausse spectaculaire réside dans un projet d’envergure : le Grand Stade Hassan II.

Une flambée immobilière sans précédent

Le futur Grand Stade Hassan II joue déjà un rôle de moteur économique et de centre gravitationnel des projets d’investissement. Son implantation s’accompagne d’un bouleversement du marché foncier, générant un afflux massif d’investisseurs et une pression haussière sur les prix.

Ce type de dynamique est bien connu dans l’économie urbaine : les infrastructures majeures tendent à revaloriser les terrains environnants, créant ainsi un effet d’entraînement sur l’ensemble de l’écosystème immobilier local.

Les terrains situés aux alentours du stade enregistrent une hausse de valorisation allant jusqu’à 150%

Les terrains situés aux alentours du stade enregistrent une valorisation exceptionnelle, certains connaissant des hausses de leurs prix supérieures à 150%. Selon des experts interrogés, cette augmentation est avant tout due à la demande croissante d’acquisition foncière dans un contexte où les investisseurs anticipent une transformation structurelle du paysage économique local.

Les prix dépassent les 1.000 DH/m² dans certaines zones

Contacté par nos soins, un conseiller immobilier basé à Benslimane explique : « Les prix des terrains ont connu une augmentation vertigineuse. Aujourd’hui, il est impossible de trouver un terrain à un prix raisonnable dans les zones stratégiques. On assiste à une transformation sans précédent du marché immobilier de la province ».

Cette hausse spectaculaire ne concerne pas uniquement les zones directement adjacentes au stade. Aziz Asfif, directeur d’une agence immobilière, confirme cette tendance. « La résistance des prix à Benslimane est remarquable. Même lors des crises immobilières, aucune correction majeure n’a été enregistrée. L’attrait de la région se renforce avec la dynamique du projet du grand stade ».

D’après les dernières estimations, les terrains agricoles qui se vendaient entre 200 et 400 DH/m² atteignent aujourd’hui des niveaux inédits, oscillant entre 600 et 1.000 DH/m².

« Certains lots d’un hectare sont valorisés jusqu’à 10 millions de dirhams, rendant leur acquisition quasi impossible pour les petits investisseurs. Les propriétaires vendent principalement des lots de plus de cinq hectares« , souligne Aziz Asfif.

Dans le même sens, notre source estime que l’annonce de la Coupe du monde 2030 a accentué la dynamique haussière du marché foncier à Benslimane, ce qui a intensifié la pression sur la demande, propulsant ainsi les prix à des niveaux exceptionnellement élevés.

« Parmi les nouveaux acquéreurs, on retrouve des investisseurs en provenance des Émirats arabes unis, d’Espagne et d’autres pays européens. Nombre d’entre eux envisagent de développer des infrastructures touristiques et hôtelières. Cette effervescence ne fait qu’accentuer la rareté des terrains disponibles et propulser les prix à des niveaux inédits », conclut-il.

« Le grand stade Hassan II de Benslimane sera prêt d’ici 2027 » (Fouzi Lekjaa)

Le président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF) a indiqué que la capitale économique bénéficiera de la construction du stade Hassan II à Benslimane, qui offrira une capacité record de plus de 115.000 spectateurs, et dont la fin des travaux est prévue en 2027.

Il a ajouté que tous les acteurs du football national sont déterminés à inscrire le nom de Casablanca dans les annales de la Coupe du monde en accueillant les matchs les plus importants de cet événement mondial.

Concernant le Complexe Mohammed V, Fouzi Lekjaa a précisé que celui-ci a été réaménagé pour porter sa capacité d’accueil à plus de 44.000 spectateurs, ajoutant qu’il a été équipé de toutes les infrastructures modernes, notamment les vestiaires, la tribune de presse et d’autres installations qui amélioreront l’accès du public.

 

Le Maroc, « un poids lourd dans le football mondial » (Le Point)

« Comment le Maroc est devenu un poids lourd dans le football mondial », titre Le Point.

« Avec cette nouvelle crédibilité, le Maroc est désormais un acteur majeur pour le continent africain et la Confédération africaine de football s’appuie énormément sur le pays africain », écrit le journal français.

L’article met à l’honneur le plan de développement du football marocain en s’arrêtant sur les infrastructures, les compétitions, la détection des talents… avec un focus sur le futur stade Hassan II de Casablanca, d’une capacité d’accueil de 115.000 sièges, lancé en prévision de la Coupe du Monde 2030.

Grand stade Hassan II : L’Espagne face à l’ambition marocaine pour la finale de la Coupe du Monde 2030

La récente publication par le cabinet Populous de nouvelles images du futur Stade Hassan II de Benslimane-Casablanca semble avoir piqué la presse espagnole. Ce stade, le plus grand du monde, est au cœur des ambitions du Maroc pour accueillir la finale de la Coupe du Monde 2030 de football, une position qui n’est pas sans provoquer des réactions chez les voisins espagnols.

Les phrases « fatidiques » du texte de Populous accompagné de nouvelles images, étaient les suivantes : « le stade le plus grand du monde », « capable d’accueillir la finale de la coupe du monde selon les normes de la FIFA ».

L’impressionnant stade que le Maroc est en train de construire pour arracher au Bernabéu la finale de la coupe du monde 2030, titre le quotidien ABC.

Plusieurs journaux, dont la Razon, accusent le Maroc de vouloir “voler“ la finale à l’Espagne. 

A ce propos, rappelons quelques éléments de base face à cet emballement médiatique:

-Les deux matches les plus prestigieux de la coupe du monde sont dans l’ordre, la finale et le match d’ouverture.

-L’Espagne était jusqu’à une date assez récente, convaincue qu’elle allait organiser la finale.

-Le Maroc a toute la légitimité de prétendre à accueillir la finale, puisqu’il représente un continent.

-Le choix du lieu de la finale et celui du match d’ouverture ne se feront pas obligatoirement cette année 2024.

-Le processus prévoit la visite de la commission d’inspection du 20 au 27 septembre 2024. Puis la confirmation de la candidature tripartite le 11 décembre 2024.

-Le Maroc n’a toujours pas annoncé sa préférence, finale ou match d’ouverture.

Voici par ailleurs quelques extraits de nos confrères espagnols:

ABC : « Le Maroc ne bluffe pas »

Le quotidien espagnol ABC souligne l’ampleur du projet marocain, titrant : « L’impressionnant stade que le Maroc est en train de construire pour arracher au Bernabéu la finale de la Coupe du Monde 2030« . Selon lui, le Maroc est déterminé à rivaliser avec l’Espagne pour obtenir l’honneur d’organiser ce match tant attendu, ce qui montre bien que « le Maroc ne bluffe pas ».

La Razon : Une menace pour l’Espagne

La Razon ne mâche pas ses mots, accusant le Maroc de vouloir  « voler » la finale à l’Espagne. Le journal rappelle que « la Fédération royale espagnole de football (RFEF) considère le stade Santiago Bernabéu comme le grand favori pour accueillir cet événement. La FIFA, en juin dernier, avait d’ailleurs laissé entendre qu’elle soutiendrait l’Espagne dans cette démarche. Néanmoins, le Maroc, loin de rester passif, mène une campagne mondiale pour promouvoir son méga projet, le Stade Hassan II de Casablanca, une arène qui pourrait bien bouleverser les plans espagnols ».

El Español : « »Le Maroc dépense sa dernière balle »

Dans un article intitulé « Le Maroc dépense sa dernière balle pour la Coupe du Monde 2030« , El Español évoque la course effrénée entre l’Espagne et le Maroc pour s’assurer la finale de la compétition. « Bien que de nombreux observateurs penchent pour une désignation du Santiago Bernabéu, le Maroc n’a pas encore dit son dernier mot ». La publication met en lumière les efforts marocains pour finaliser ce stade ultra moderne, avec l’espoir de convaincre la FIFA de délocaliser la finale à Casablanca.

Mundo Deportivo : « Le Maroc déterminé à détrôner l’Espagne »

Le Mundo Deportivo relate également les ambitions marocaines, affirmant que  » le Maroc est déterminé à remporter la finale de la Coupe du Monde 2030 face à l’Espagne avec ce méga stade ». Le quotidien sportif insiste sur le fait que le Maroc ne souhaite pas simplement être l’un des nombreux sites de la compétition, mais bien le lieu de la grande finale.

Nouveaux projets de dédoublement de routes qui desserviront le futur Grand Stade Hassan II

La Direction provinciale de l’équipement, du transport et de la logistique de Benslimane vient de lancer un nouvel appel d’offres pour la réalisation de l’étude d’infrastructures routières qui desserviront le Grand Stade Hassan II de Benslimane.

L’appel d’offres se compose de trois lots :

– Lot nº1 : Etude de dédoublement de la RP 3317 du PK 0+000 au PK 5+000

– Lot nº2 : Etude de dédoublement de la RN1 du PK 292+156 au PK 296+156

– Lot nº3 : Etude de dédoublement de la RN1 du PK 298+156 au PK 315+500

Pour le premier lot, les prestations seront menées en deux parties, les études topographiques et les études routières, pour un coût établi à 270.180 DH et un délai d’exécution de 4 mois.

Par rapport au deuxième lot, les prestations de ce marché d’études seront composées en trois missions :

– Mission 1 : Etudes topographiques

– Mission 2 : Etudes routières du projet

– Mission 3 : Etudes des ouvrages d’art (ouvrage d’art sur Oued Bouznika au PK 296+150)

Le cout de ces prestations est établi à 406.440 DH pour une durée d’exécution de 4 mois.

En ce qui concerne le troisième lot, les prestations se composeront elles aussi de trois missions :

– Mission 1 : Etudes topographiques

– Mission 2 : Etudes routières du projet

– Mission 3 : Etudes des ouvrages d’art

Le coût de ces prestations est établi à 1,3 million de DH pour un délai de 4 mois.

 

Un projet de triplement de la route régionale qui desservira le Grand Stade de Casablanca dans le pipe

La Direction provinciale de l’équipement, du transport et de la logistique de Benslimane vient de lancer un appel d’offres pour la réalisation de l’étude de triplement de la RR 313 qui desservira le Grand Stade Hassan II de Benslimane du PK 5+500 au PK 13+000.

Les prestations seront menées en deux parties, les études topographiques et les études routières, pour un coût établi à 403.950 DH et un délai d’exécution de 4 mois.

Un deuxième appel d’offres a été lancé, qui concerne la réalisation de l’étude géotechnique du même projet, avec un coût estimé à 92.340 DH et un délai d’exécution de 45 jours.