HPS : marges en baisse au S1-2025, mais ambitions et backlog record maintenus

HPS a tenu, le 24 septembre, une conférence de presse pour faire le point sur ses résultats semestriels et ses perspectives.

« Ce premier semestre confirme notre croissance continue, avec un chiffre d’affaires ajusté en hausse de 25,7%. Mais avec l’impact du dollar, la croissance finale ressort à 16,4% », a expliqué Abdessalam Alaoui Smaili, cofondateur et CEO de HPS.

Sur une base pro forma, le chiffre d’affaires a reculé de 7,4%, une baisse qu’il attribue entièrement à la dépréciation du dollar de 10,7%.

« Si l’on neutralise cet impact, le paiement continue de progresser légèrement, conformément à nos prévisions, même si la transition SaaS réduit temporairement le revenu par rapport aux projets on-premise », a-t-il ajouté.

Backlog record : une visibilité inédite pour les prochaines années

Au-delà des chiffres semestriels, la direction insiste sur le niveau exceptionnel du carnet de commandes. À fin juin, le backlog atteignait 1,3 milliard de dirhams, en hausse de 46,6% par rapport au début d’année. À fin août, il s’est établi à 1,6 MMDH, soit une progression de 82,8%.

« C’est probablement le niveau le plus élevé de notre histoire« , souligne Abdessalam Alaoui Smaili.

« Ce backlog représente des commandes fermes, encore non livrées, et qui devront être exécutées dans les meilleurs délais. Cela nous donne une visibilité rare sur le second semestre 2025 et même au-delà ».

La direction précise que la majorité de ces contrats s’étaleront sur 2025, 2026 et 2027, garantissant une base solide de revenus récurrents pour les prochaines années

SaaS, on-premise et timing des contrats : une stratégie flexible

La transition vers le SaaS était anticipée comme un passage stratégique pour HPS, mais aussi comme un facteur temporairement pénalisant pour le chiffre d’affaires et la rentabilité.

« Comme expliqué l’an dernier, nous attendions pour 2025 un impact total de -80 MDH sur le chiffre d’affaires lié à la transition SaaS. Ce que nous constatons aujourd’hui est strictement conforme à nos prévisions », a rappelé Brahim Berrada, directeur général de HPS.

En parallèle, les revenus SaaS progressent rapidement, à savoir +20% sur le semestre, portés par la migration croissante des volumes des grands clients bancaires mondiaux signés en 2023 et 2024.

Le SaaS représente désormais environ 20% à 25% du chiffre d’affaires total du groupe

Alors, si le groupe accélère la transition vers le SaaS, il n’abandonne pas pour autant les contrats on-premise, notamment ceux conclus avec des banques de premier rang en Asie.

« Nous ne pouvons pas imposer à nos clients de choisir entre SaaS et on-premise. Le SaaS est plus rentable à long terme et apporte plus de prévisibilité, mais les contrats on-premise génèrent du chiffre d’affaires immédiat et soutiennent nos marges à court terme », explique Brahim Berrada.

Pour Abdessalam Alaoui Smaili, ces contrats jouent aussi un rôle stratégique. « Ne pas signer ces contrats on-premise serait une erreur : ce sont de gros montants et cela nous donne une position stratégique si le client décide de migrer vers le SaaS plus tard ».

Ces projets généreront une reconnaissance partielle des revenus dès le second semestre 2025, tandis que la majorité sera comptabilisée en 2026 et 2027, avec un effet positif attendu sur les marges à moyen terme.

Rentabilité sous pression mais objectifs confirmés

La direction reconnaît que la rentabilité a été pénalisée par deux facteurs : la dépréciation du dollar et le passage au SaaS.

« L’EBITDA a été impacté par la baisse du dollar et par la transition SaaS qui pèse sur les marges au début ».

« Mais nous savions que cette phase entraînerait une baisse provisoire. Les investissements réalisés commencent déjà à produire les effets attendus. Avec les deux gros contrats on-premise signés cette année, nous allons reconnaître plus rapidement des revenus au second semestre et améliorer nos marges dès fin 2025″.

Malgré ces vents contraires, HPS maintient ses ambitions pour 2025 :

Nos projections sont confirmées. Nous finirons 2025 avec une croissance de 20% et un EBITDA en hausse de 30%. La croissance du résultat net sera elle aussi à deux chiffres 

Recentrage stratégique : la cession du Testing

Parallèlement, le groupe poursuit son recentrage sur les activités les plus stratégiques et rentables. L’activité Testing, jugée peu porteuse, a vu ses revenus chuter de 90% au premier semestre et sa rentabilité devenir négative.

« Cette activité est structurellement peu rentable et nous avons donc décidé de la céder d’ici fin 2025 pour nous recentrer sur le paiement », a indiqué Brahim Berrada. La transaction devrait être finalisée d’ici fin novembre et son effet positif sur les marges sera surtout visible à partir de 2026.

« Les choix que nous avons faits en matière de technologie et de stratégie commerciale se révèlent payants : nous gagnons des parts dans des environnements très compétitifs et les grands acteurs nous font confiance ».

Switching, marché marocain et croissance

L’activité Switching confirme sa bonne dynamique avec une croissance de 12%, portée par une hausse de 15% des retraits DAB et de 25% des paiements électroniques.

« Le marché marocain reste sous-pénétré en matière de cartes et de paiement marchand, ce qui laisse une forte marge de croissance. La fin du monopole du CMI sur l’acquisition va dynamiser la concurrence et soutenir notre activité Switching à long terme », explique Brahim Berrada.

Cette évolution structurelle devrait profiter à tout l’écosystème des paiements et renforcer la position de HPS sur le marché domestique.

Gestion des coûts et trésorerie renforcée

Sur le plan des charges, la direction a poursuivi ses efforts d’optimisation. « Les charges RH ont baissé de 5% hors effet de change, malgré l’augmentation des effectifs, car nous avons remplacé des ressources externes coûteuses par des embauches internes plus efficaces », a précisé Brahim Berrada.

En revanche, les charges externes ont augmenté, tirées par les dépenses cloud pour le SaaS, les projets internationaux comme au Canada ou en Australie, ainsi que par l’ouverture de nouveaux bureaux.

Côté trésorerie, le groupe affiche une position solide : 280 MDH à fin juin, en hausse de 37%, grâce à un flux opérationnel de 104,6 MDH et au passage du SaaS à une phase désormais génératrice de cash.

Perspectives 2026 : marges en nette amélioration

La direction se veut confiante pour la suite. Les investissements dans le SaaS, les contrats on-premise et le recentrage stratégique devraient porter leurs fruits dès la fin 2025, avec une accélération attendue en 2026.

« Ces contrats commencent déjà à générer de l’EBITDA positif. La rentabilité va s’accélérer sur le second semestre 2025 et encore plus en 2026 », a assuré le directeur général.

La direction indique viser, à partir de 2026, une marge d’EBITDA supérieure à 20%, grâce à la montée en puissance du SaaS et à l’arrêt des activités peu rentables.

À moyen terme, HPS vise une croissance organique comprise entre 12% et 17% par an, avec une base de revenus récurrents en forte hausse grâce au modèle SaaS

« Nous avons fait des choix difficiles mais nécessaires. Aujourd’hui, ils portent leurs fruits : nous renforçons nos parts de marché, nous gagnons des contrats majeurs et nous construisons une croissance durable », a conclu Abdessalam Alaoui Smaili.

HPS signe deux contrats majeurs en Asie et cède son activité Testing

HPS a annoncé, ce 22 septembre, la signature de deux contrats stratégiques avec de grandes institutions financières asiatiques, classées respectivement dans le Top 100 et le Top 200 des plus grandes banques mondiales.

Chacun de ces accords représente une valeur de plusieurs dizaines de millions de dollars et sera déployé en mode On-Premise.

Ainsi, HPS prévoit une contribution significative à ses revenus et à son EBITDA dès le second semestre 2025.

Les deux projets s’appuieront sur PowerCARD V4, la dernière génération de la plateforme technologique de HPS, conçue pour offrir performance, agilité et sécurité de nouvelle génération.

Ces déploiements viseront à moderniser l’intégralité des plateformes de paiement sur des marchés particulièrement dynamiques d’Asie-Pacifique, desservant une population de plus de 500 millions de personnes.

« Ces deux succès stratégiques auprès d’institutions financières de premier plan constituent une étape majeure dans notre stratégie de croissance internationale. Ils illustrent la robustesse et la scalabilité de PowerCARD V4 et offrent une forte visibilité sur les revenus et résultats dès 2025, alors que nous poursuivons notre expansion en Asie et consolidons la position de HPS comme leader mondial des technologies de paiement », a déclaré Abdeslam Alaoui Smaili, CEO de HPS.

Ces nouvelles signatures s’ajoutent à plusieurs autres contrats de grande envergure déjà remportés par HPS en Asie ces dernières années. Elles renforcent la crédibilité et la visibilité du groupe auprès des banques et institutions financières de premier plan dans la région, qui est aujourd’hui le marché le plus vaste et le plus dynamique de l’industrie des paiements.

Enfin, bien que la stratégie de HPS reste centrée sur l’expansion de son offre SaaS à long terme, le groupe continue d’offrir à ses clients flexibilité et choix dans les modèles de déploiement.

Les contrats On-Premise signés récemment contribuent ainsi à atténuer les impacts financiers à court terme de la transition vers le SaaS, tout en consolidant la durabilité du modèle économique de HPS.

Cession de l’activité Testing

Par ailleurs, HPS a également annoncé la signature d’un accord portant sur la cession de son activité Testing, incluant la dénomination Acpqualife, à la société française Synanto Services SAS.

L’opération reste soumise aux conditions réglementaires habituelles et devrait être finalisée dans les prochains mois.

Cette cession s’inscrit dans le cadre du plan stratégique AccelR8 de HPS. Comme l’explique le groupe, « l’objectif est de concentrer les ressources et les investissements sur le cœur de métier, à savoir les solutions de paiement, tout en renforçant la trajectoire de croissance. L’activité Testing, dont les perspectives de croissance et de marge étaient inférieures à celles des autres pôles, bénéficiera ainsi d’un environnement plus favorable au sein de Synanto ».

Dans le cadre de cette opération, l’ensemble des contrats clients et fournisseurs liés à l’activité Testing, ainsi que les collaborateurs concernés, seront transférés à Synanto.

La continuité des activités sera donc assurée, avec de nouvelles perspectives d’évolution pour les équipes. Les autres activités de HPS en France, quant à elles, restent inchangées et continueront à être renforcées dans le cadre d’AccelR8.

« Cette cession constitue une étape importante dans la mise en œuvre de notre plan stratégique AccelR8. Elle nous permet de renforcer notre recentrage sur les paiements, tout en offrant aux collaborateurs de l’activité Testing de nouvelles perspectives au sein d’un acteur qui place les talents et la proximité au cœur de son modèle », souligne Abdeslam Smaili Alaoui, CEO de HPS.

« Nous sommes heureux d’accueillir les équipes Testing d’Acpqualife. Leur expertise complète parfaitement nos savoir-faire et contribuera à renforcer notre positionnement dans le secteur Banque, Finance et Assurance. Chez Synanto, nous croyons en la proximité et en l’autonomie des agences, et nous avons à cœur d’accompagner ces nouveaux talents dans leur développement », ajoute Julien Vallon, président de Synanto.

Synanto est une entreprise de services numériques en forte croissance, avec plus de 250 collaborateurs et un chiffre d’affaires annuel de 25 millions d’euros. Son modèle décentralisé, basé sur des agences autonomes implantées en France, au Luxembourg et en Tunisie, privilégie la proximité avec les clients et la valorisation des talents.

Bourse : les dernières recommandations des analystes sur les actions cotées à Casablanca

Malgré une conjoncture encore hésitante, plusieurs analystes voient des opportunités claires sur la place casablancaise. Les récentes notes publiées entre avril et mai 2025 dévoilent des convictions affirmées sur certaines valeurs de croissance, à l’image d’Akdital, de CMGP ou encore de HPS.

Recommandations par valeur : le consensus actuel

Akdital bénéficie d’une recommandation à l’achat de la part de BKGR, avec un cours cible fixé à 1.758 DH. Le potentiel de hausse dépasse les 22%, porté par une dynamique d’expansion nationale et internationale.

Le groupe prévoit l’ouverture de 200 centres de diagnostic à l’horizon 2030, ainsi que des implantations au Moyen-Orient. La marge d’exploitation devrait rester stable autour de 30%, tandis que la fiscalité favorable (IS à 20%) renforce encore les perspectives bénéficiaires. Sur la période 2024-2031, la croissance annuelle moyenne du RNPG est estimée à +23,2%.

CMGP affiche également un consensus favorable. CFG Bank valorise le titre à 397 DH et BKGR à 392 DH, soit un potentiel d’appréciation avoisinant les 25%.

La société bénéficie d’une dynamique diversifiée : montée en puissance d’Agrossem, diversification vers de nouvelles gammes de produits (énergies renouvelables, traitement des eaux) et plusieurs opérations de croissance externe en cours de finalisation. L’amélioration des conditions hydriques depuis février constitue un catalyseur conjoncturel important pour l’activité.

LabelVie, récemment couverte par Sogécapital Bourse, suscite aussi des perspectives positives. Sans donner de cours cible explicite, la note met en avant un retour solide de la croissance organique, avec une progression de 4,2% des ventes à périmètre constant au premier trimestre. La stratégie d’expansion via les formats discount Supéco contribue significativement à la croissance globale, tandis que la marge arrière s’est hissée à 10,5%. Le recentrage sur la distribution alimentaire permet également une lecture plus directe des résultats opérationnels.

HPS, enfin, poursuit une mutation stratégique qui séduit les analystes de BKGR. Le modèle SaaS, qui permet de générer des revenus récurrents à marge élevée, commence à porter ses fruits. Le groupe table sur 180 MDH de revenus SaaS en 2027, tout en intégrant la montée en puissance de CR2, éditeur irlandais récemment acquis. Le résultat net est attendu en forte progression sur les trois prochaines années, avec un cours cible réévalué à 734 DH, soit un potentiel de hausse de 29%.

Marché actions : des résultats solides en 2025, un potentiel toujours présent pour 2026

Les prévisions consolidées de BKGR pour le Scope 40 tablent sur une dynamique robuste de l’activité et des bénéfices en 2025 et 2026. Porté par la reprise industrielle, l’effet de base favorable dans les télécoms et une solide génération de cash dans les secteurs bancaires et miniers, le marché continue de dégager du potentiel.

Le chiffre d’affaires global du Scope 40 devrait croître de 8,6% en 2025 à 298,8 MMDH, puis de 7,9% en 2026 pour atteindre 322,3 MMDH. Cette croissance serait soutenue aussi bien par les branches financières que par les activités industrielles. Le résultat opérationnel suivrait une trajectoire similaire, avec une hausse attendue de 16,3% en 2025 à 84,2 MMDH, puis de 8% en 2026.

Quant au RNPG, il bondirait de 29,4% en 2025, principalement en raison de la non-récurrence des charges exceptionnelles chez IAM, avant de croître plus modérément en 2026. Retiré de l’effet exceptionnel lié au litige IAM/Wana, la progression resterait soutenue à près de 11% en 2025.

IAM, Managem et les banques vont dominer les gains de résultats

IAM représenterait à elle seule plus de la moitié de la progression du RNPG en 2025, grâce à la restitution de 1,34 MMDH dans le cadre du partenariat signé avec INWI et à l’absence d’indemnité cette année.

Managem, soutenu par la hausse des cours des métaux précieux et le démarrage des projets Tizert et Boto, devrait plus que doubler son résultat net entre 2024 et 2026.

Les banques, de leur côté, bénéficieraient du cycle de baisse des taux initié par Bank Al-Maghrib, avec une croissance de leur RNPG de 10,3% à 17,2 MMDH, tirée par la marge d’intérêt et un coût du risque légèrement réduit.

Des dividendes en hausse… mais un rendement stable

La masse de dividendes du Scope 40 est attendue en hausse de 25,7% à 25,1 MMDH en 2025, essentiellement grâce à IAM. Toutefois, la hausse parallèle de la capitalisation boursière (+20,9%) limiterait l’évolution du rendement global, qui passerait de 2,9% à 3%. Il s’établirait à 3,1% en 2026.

Un PER de marché en recul, signe de valorisation plus attractive

Le PER du Scope 40 devrait reculer à 20,8x en 2025, contre 21,5x en 2024, sous l’effet de la progression bénéficiaire. Il poursuivrait son repli à 19,4x en 2026, un niveau considéré comme inférieur à la moyenne des cinq dernières années. Cette trajectoire traduirait un potentiel de valorisation toujours présent sur le marché.

Focus sectoriels

Dans l’industrie, la croissance du chiffre d’affaires devrait atteindre 9,4% en 2025. Managem profiterait de la progression des cours des métaux et du démarrage de la production aurifère.

LabelVie bénéficierait de l’effet plein des ouvertures de 2024 et de la montée en puissance de l’e-commerce via Bringo.

Akdital, pour sa part, capitaliserait sur la rentabilité croissante de ses établissements, notamment dans les villes intermédiaires. Le résultat d’exploitation des industries progresserait ainsi de 30,7% en 2025.

Du côté des banques, le produit net bancaire progresserait de 7,5%, soutenu par l’effet volume sur les crédits d’équipement, l’impact positif de la baisse du taux directeur sur le coût de refinancement et la bonne orientation des activités de marché. Le RBE augmenterait de 6,9%, porté par une gestion rigoureuse des charges. Le coefficient d’exploitation reculerait à 46,8%, contre une moyenne de 52,7% sur les cinq dernières années.

Les compagnies d’assurances enregistreraient une progression de 5,8% des primes nettes acquises, grâce à la relance de la collecte en épargne et à la bonne dynamique en Non-Vie. Le résultat technique grimperait à 2,2 MMDH en 2025. La capacité bénéficiaire du secteur progresserait de 8,6%, malgré les défis posés par la mise en œuvre prochaine des normes IFRS 17 et SBR.

Dans l’immobilier, Alliances tirerait profit de la baisse des charges fixes et de la normalisation de son activité. Le RNPG de la société augmenterait de plus de 60% en 2025. Le secteur de la santé, quant à lui, resterait sur une trajectoire ascendante avec une forte contribution d’Akdital, dont les bénéfices grimperaient de près de 60%.

Actionnariat : voici pourquoi les stock-options restent toujours absentes du paysage marocain

Dans d’autres pays, les entreprises offrent à leurs salariés bien plus qu’un simple salaire. Elles leur donnent une part de l’aventure, un bout du capital, un moyen de grandir avec elles. Les stock-options fonctionnent comme une porte d’entrée vers l’actionnariat salarié : un employé se voit proposer d’acheter des actions de son entreprise à un prix fixé à l’avance, souvent plus bas que celui du marché.

À condition de rester dans l’entreprise et d’attendre un certain temps, il peut exercer ce droit et, potentiellement, bénéficier d’une valorisation de ses titres. L’idée est simple : motiver les talents, les fidéliser et les aligner avec les objectifs de l’entreprise.

Mais au Maroc, cette mécanique n’a jamais trouvé sa place. Aucune réglementation ne définit clairement ce dispositif, et peu d’entreprises osent s’y aventurer. Le manque de cadre légal, combiné à une culture d’entreprise où le capital reste un cercle fermé, freine l’essor de cette pratique.

« Dans les grandes entreprises technologiques et financières aux États-Unis, les stock-options sont une évidence. Google, Microsoft, Apple ou encore Goldman Sachs en font un élément clé des packages salariaux », commente Kenza Sabouni, associée chez PwC Maroc.

« L’utilisation des stock-options comme instrument de valorisation des packages salariaux et comme moyen de rétention des employés est largement répandue à l’échelle internationale ».

Au Maroc, quelques initiatives existent. « Des entreprises telles qu’Attijariwafa bank et Maroc Telecom se distinguent comme des pionniers dans ce domaine », précise-t-elle. Mais ces cas restent isolés.

Une autre entreprise a osé sortir du cadre. En 2023, HPS a choisi d’ouvrir son capital à ses salariés, une démarche encore rare au Maroc. L’entreprise leur a proposé d’acheter des actions à 1.500 DH, alors que le cours en bourse dépassait 5.600 DH. À travers cette offre unique, les employés et consultants éligibles ont acquis 5% du capital.

Pourquoi si peu d’entreprises suivent-elles cette voie ? Plusieurs raisons peuvent être avancées, mais le principal frein ne vient ni du cadre légal ni de la fiscalité. « La culture d’entreprise constitue, à notre avis, le principal obstacle, car elle n’est pas orientée vers ‘l’actionnariat salarié’« , souligne Kenza Sabouni.

L’entreprise marocaine reste, dans bien des cas, une histoire de famille. Le capital ne se partage pas, il se transmet, génération après génération, dans un cercle restreint où l’actionnariat salarié peine à se frayer un chemin.

« Cet attachement constitue un obstacle majeur à surmonter. Les entreprises familiales, tant au Maroc qu’ailleurs dans le monde, cherchent à maintenir le contrôle au sein de la famille, ce qui peut rendre leurs dirigeants réticents à diluer leur participation en offrant des stock-options à leurs employés », explique-t-elle.

Ce modèle repose sur une gestion à long terme, où l’ouverture du capital est perçue comme un risque plutôt qu’un levier de motivation. « La culture d’entreprise de ce type de structure, fondée sur des valeurs traditionnelles et une gestion à long terme, peut ne pas s’aligner avec les incitations à court terme que représentent les stock-options », ajoute-t-elle.

Même les entreprises prêtes à franchir le pas se heurtent à d’autres obstacles. « La complexité et les coûts supposés relatifs à la mise en place de ce type de programme sont également rédhibitoires pour les petites et moyennes entreprises », souligne-t-elle.

Entre la gestion administrative et les contraintes fiscales, le dispositif devient vite un casse-tête, surtout pour des sociétés qui ne disposent pas des moyens techniques pour le structurer correctement.

Un cadre juridique inexistant

Les stock-options ne sont mentionnées dans aucun texte de loi au Maroc. Ni le Code de commerce ni la loi sur les sociétés anonymes ne les encadrent, laissant aux entreprises le soin de structurer elles-mêmes ces dispositifs sans cadre précis.

En l’absence de réglementation spécifique, mettre en place un tel programme relève du parcours du combattant, entre incertitudes légales et risques administratifs.

« À notre avis, pour que le Maroc puisse introduire efficacement les stock-options et encourager leur adoption dans un environnement économique national, il apparaît nécessaire d’envisager la mise en place de plusieurs initiatives« , estime Kenza Sabouni.

Concrètement, cela nécessiterait d’établir des règles claires sur plusieurs aspects :

« Cela inclut la définition des règles régissant l’attribution des stock-options, les conditions d’éligibilité, les modalités d’exercice et les obligations fiscales. Il serait également pertinent d’offrir des avantages fiscaux aux entreprises adoptant ce type de programme », explique-t-elle.

Un cadre fiscal peu utilisé

Si un salarié marocain reçoit des stock-options, comment seront imposés ses gains lorsqu’il les exercera ? Comme un revenu salarial ou comme une plus-value boursière ? Quel taux d’imposition lui sera appliqué ? Le manque de clarté sur ces points empêche les entreprises d’intégrer ces mécanismes dans leur politique de rémunération.

L’article 57 du Code général des impôts encadre la fiscalité des stock-options. L’abondement pris en charge par l’employeur est exonéré jusqu’à 10% de la valeur de l’action à l’attribution, le surplus étant imposé comme complément de salaire. La plus-value d’acquisition est soumise à l’impôt sur les profits de capitaux mobiliers lors de la cession des actions. Une période d’indisponibilité de trois ans s’applique, sauf en cas de décès ou d’invalidité.

Les entreprises doivent s’appuyer sur d’autres dispositifs. La souscription d’actions nouvelles entraîne une dilution des actionnaires. L’acquisition d’actions existantes est limitée : une société ne peut détenir plus de 10% de son capital sous forme d’actions propres, qui restent sans droit de vote ni dividendes tant qu’elles sont en sa possession.

Dans ce contexte, les entreprises qui souhaitent mettre en place des stock-options doivent naviguer entre de nombreuses restrictions, ce qui complique encore davantage leur adoption. Tant que ces obstacles ne seront pas levés, les stock-options resteront un dispositif marginal au Maroc, accessible uniquement à quelques grandes entreprises capables de structurer des montages complexes.

HPS va poursuivre sa stratégie de croissance externe

Le groupe HPS a annoncé la conclusion de l’acquisition de la société irlandaise CR2. Une opération importante de croissance externe qui commencera à porter ses fruits dès le dernier trimestre 2024 comme l’annonçait le groupe HPS dans son communiqué des résultats trimestriels 2024.

Mais quelles sont les futures ambitions du groupe en termes de croissance externe ? Contacté sur le sujet, Brahim Berrada, directeur général du groupe nous confie : « HPS reste à l’affût d’autres opportunités dans le cadre de son projet de croissance AccelR8, mais nous ne pensons pas que nous finaliserons d’autres opérations en 2024 ».

HPS : chiffre d’affaires quasi-stable à fin juin

Le groupe affiche un produit d’exploitation à fin juin de 571,1 MDH, en hausse de 1,3% par rapport à la même période de l’année précédente. Les revenus réguliers, eux, progressent de 12,3% à 414,6 MDH. Ces derniers représentent désormais 76% des revenus des activités à fin juin 2024, contre 69% en 2023.

Au deuxième trimestre 2024, l’activité Paiement a connu une légère baisse des revenus de 1,4%. Cette évolution est le résultat d’un léger recul des revenus des projets en Europe notamment, compensé par une forte progression dans le déploiement des projets en Afrique. Parallèlement, une percée significative a été réalisée aux États-Unis avec la mise en œuvre réussie de nouveaux projets. En Europe, l’entrée en maintenance des nouveaux clients a également contribué à cette performance, tout comme l’augmentation des nouvelles demandes des clients en Asie.

Au deuxième trimestre 2024, HPS Switch a renforcé les capacités technologiques de sa plateforme monétique pour assurer une meilleure disponibilité des services, aussi bien pour les paiements par carte que pour les nouveaux modes de paiement, notamment le paiement mobile. Ces investissements continus dans l’infrastructure ont été réalisés pour répondre aux besoins croissants des partenaires. Ces initiatives ont conduit à une augmentation significative des revenus générés par l’activité Switching (+13,6% sur le premier semestre).

L’activité Testing a continué de faire face à une conjoncture sectorielle défavorable en France. La reprise de plusieurs projets reportés a permis une stabilisation partielle de l’activité. Des efforts soutenus ont été maintenus pour le référencement et la consolidation du portefeuille clients, ce qui a conduit à la reprise des activités auprès de certains clients majeurs et à l’attribution de nouveaux projets dans le cadre des appels d’offres. Ces initiatives se sont accompagnées d’un élargissement des efforts de prospection vers d’autres régions en France, ouvrant ainsi de nouvelles opportunités pour renforcer notre présence sur le marché.

Au deuxième trimestre 2024, les investissements en Recherche & Développement ont atteint 45,3 MDH, contre 41 MDH au deuxième trimestre 2023, marquant une hausse de 10,5%.

Afin de soutenir efficacement son développement, le Groupe HPS continue de gérer de manière proactive ses flux de trésorerie et ses équilibres bilanciels. Grâce à cette approche, l’endettement a été réduit de 6,3% à 108,8 MDH. Parallèlement, la trésorerie du Groupe a augmenté de 2,8%, atteignant 216,9 MDH.

Concernant les perspectives liées à son activité, le groupe rappelle que l’intégration de CR2 après son acquisition et suite à la levée des conditions suspensives contribuera à la performance du Groupe au titre de l’exercice 2024 à partir du 4ème trimestre. Sa couverture géographique, son expertise en matière de Banque Digitale et sa présence auprès de plus de 90 banques à travers le monde constituent un véritable levier de développement et un vivier de synergie à court et à moyen termes pour le Groupe HPS.

HPS confirme également ses objectifs de croissance et de rentabilité cette année.

Le marché réagit positivement à l’annonce de l’acquisition de CR2 par HPS

Lors de la séance du 27 août, en bourse, le marché a réagi positivement aux annonces du groupe HPS. En effet, ce dernier a annoncé la finalisation de l’acquisition du capital de la société irlandaise CR2.

A la clôture de la séance du 27 août, HPS gagnait 6,4% à 563,9 DH, suite à l’échange de 22.697 actions, pour un volule de près de 13,8 MDH. Il s’agit de la seconde volumétrie la plus importante au cours du dernier mois.

Source : Bourse de Casablanca

A l’heure où nous écrivons ces lignes, le titre affiche encore un bon engouement du marché avec une hausse de 3,39%. Le nombre de titres échangés atteint près de 55.000 pour un volume global de plus de 31,8 MDH, faisant de HPS la valeur la plus échangée à la côte.

Pour rappel CR2 devrait contribuer de manière significative à la performance financière de HPS en offrant de nouvelles opportunités de revenus sur des marchés complémentaires.  À court et moyen termes, CR2 devrait contribuer entre 25 et 30 millions d’euros au chiffre d’affaires annuel de HPS. Notons que cette transaction a été financée par de la dette bancaire.

HPS finalise l’acquisition de la société CR2 Limited par dette bancaire

HPS, annonce dans un communiqué diffusé le 27 août, la finalisation de l’acquisition de 100 % du capital social émis de la société irlandaise CR2 Limited (« CR2 »), suite à la satisfaction de toutes les conditions réglementaires habituelles. L’acquisition de CR2 par HPS a été annoncée pour la première fois le 24 mai 2024.

CR2, avec des bureaux à Dublin, Dubaï, Jordanie, Inde et Australie, est réputé pour ses solutions innovantes de banque et de paiement numériques. Grâce à sa plateforme phare, BankWorld, CR2 alimente plus de 90 banques dans plus de 50 pays, offrant une suite complète intégrant des solutions de banque numérique, de portefeuille numérique et de paiement (y compris l’émission de cartes, la gestion des guichets automatiques et l’acquisition de commerçants). De plus, l’écosystème de partenaires de CR2 combine la fiabilité de BankWorld avec un accès facile aux innovations fintech tierces plug-and-play.

L’acquisition marque une étape importante dans le parcours de croissance de HPS alors qu’elle continue de mettre en œuvre son plan stratégique AccelR8. CR2 devrait contribuer de manière significative à la performance financière de HPS en offrant de nouvelles opportunités de revenus sur des marchés complémentaires. En combinant les atouts de BankWorld et de PowerCARD, HPS est désormais encore mieux positionné pour proposer à ses clients des solutions de paiement et de banque numérique de pointe, leur permettant d’améliorer leur compétitivité sur un marché en constante évolution.

La transaction devrait augmenter le bénéfice par action de HPS au cours de la première année suivant sa finalisation, reflétant les synergies attendues. Au cours des 12 mois jusqu’en juin 2023, CR2 a généré un chiffre d’affaires de 23,8 millions d’euros. À court et moyen termes, CR2 devrait contribuer entre 25 et 30 millions d’euros au chiffre d’affaires annuel de HPS. La transaction a été financée par de la dette bancaire.

HPS : recul de 14,6% du RNPG en 2023

En 2023, HPS a réalisé une solide performance financière et opérationnelle avec des revenus consolidés de 1 191,5 MDH, en hausse de 18,3% et de 20% à taux de change constant, par rapport à 2022.

Cette croissance s’inscrit dans le cadre du déploiement du plan stratégique « AccelR8 », mis en œuvre en 2022 et visant à stimuler la croissance, la résilience et la diversification du Groupe HPS.

L’activité Paiement a réalisé des revenus en progression de 19,1% en 2023 pour atteindre 977 MDH, représentant 86% des revenus consolidés du Groupe. Cette croissance a été portée par l’expansion géographique et l’accélération du déploiement des projets PowerCARD, aussi bien en mode SaaS qu’en mode On-Premise (+27,0%). Par ailleurs, les revenus liés à la licence ont enregistré une forte croissance au titre de l’année (+38,8%).

L’année 2023 a également été marquée par l’acquisition de clients importants, notamment au Canada et en Australie, ce qui a permis au Groupe d’élargir considérablement son exposition géographique aux régions à fort potentiel de développement.

Les revenus de l’activité Switching ont connu une croissance solide de 13% en 2023, par rapport à l’année précédente, pour s’établir à 77,7 MDH. Au cours de l’année 2023, l’activité Switching a déployé plusieurs initiatives visant à promouvoir l’adoption de nouveaux moyens de paiement électroniques et à renforcer la sécurité des transactions. Ces initiatives ont généré une nette augmentation des transactions interopérables, avec des opérations de retrait en hausse de 15,5%, une augmentation de 14,7% pour celles du paiement et une progression de 18,8% pour les transactions e-commerce.

L’activité Testing reste affectée par l’environnement économique défavorable et les tensions géopolitiques en Europe, qui ont conduit au report de plusieurs projets. En 2023, l’activité a réalisé des revenus de 83,4 MDH, en baisse de 4,3% par rapport à l’année précédente et a maintenu ses efforts en matière de référencement et de consolidation de son portefeuille clients.
L’EBITDA a augmenté de 18,8% à 246,6 MDH en 2023, avec une marge EBITDA de 20,7% et de 22,6% hors éléments exceptionnels, contre 20,6% en 2022. En effet, après une légère baisse durant le premier semestre (-1,7%) l’EBITDA a progressé fortement durant le second semestre (+45%), soulignant les gains importants en profitabilité enregistrés durant la période.
Par ailleurs, l’évolution de certains éléments hexogènes, tels que la parité de change et l’entrée en vigueur des nouvelles dispositions de la loi de finances en matière d’impôt sur les sociétés au Maroc, ont impacté le résultat net consolidé. Ce dernier a baissé de 14,6% à 100 MDH.
À fin 2023, le carnet de commandes s’établit à 820,8 MDH, en baisse de 12,2% par rapport à 2022 et de 11,3% à taux de change constant. Cette baisse reflète l’exécution accélérée de plusieurs projets de grande envergure. Elle s’explique aussi par des délais plus importants dans la finalisation de certains contrats majeurs. Cependant, le carnet de commandes à fin 2023 est constitué à hauteur de 78,5% de revenus récurrents ou réguliers, contre 64,4% en 2022, offrant une visibilité et une stabilité renforcées des revenus futurs du Groupe.

HPS : hausse de 17% des revenus en 2023

Les revenus au titre de l’année 2023 ont progressé de 17% à 1 179 MDH. A taux de change constant cette croissance serait de 19%. Cette solide performance confirme la trajectoire de croissance du Groupe telle que définie dans sa stratégie « AccelR8 », avec une forte contribution des revenus récurrents et réguliers qui progressent de 13,4% (71,1% des revenus consolidés) et un déploiement soutenu des projets.

L’activité de paiement du groupe a vu ses revenus au titre du trimestre progresser de 28,8% par rapport à 2022, grâce notamment à la forte demande des clients existants pour l’intégration de nouvelles fonctionnalités de la plateforme PowerCARD. Avec l’acquisition de nouvelles références, notamment au Canada et en Australie, l’activité Paiement a également bénéficié d’une contribution significative des revenus liés aux projets PowerCARD (+3,4%). Les revenus de l’activité Paiement au titre de l’année progressent ainsi de 19,1% par rapport à 2022 et représentent désormais 85,8% des revenus consolidés du Groupe (vs. 84,0% en 2022). Afin de mieux accompagner ses clients en Asie et en Amérique du Nord, HPS a ouvert deux nouveaux bureaux au Canada et en Inde et a procédé à l’extension de son bureau à Singapour.

Dans le cadre du développement de son activité autour de sa plateforme monétique et grâce au renforcement continu de son infrastructure, l’activité Switching a accéléré sa croissance, avec des revenus en hausse de 29,1% au titre du 4e trimestre 2023 par rapport au même trimestre 2022. Cette évolution s’explique par le développement de nouveaux services à forte valeur ajoutée destinés aux institutions bancaires et financières et par l’intérêt croissant pour sa plateforme dédiée au Mobile Payment. A fin 2023, les revenus de l’activité Switching augmentent de 13,0% par rapport à l’année 2022.

La persistance d’une conjoncture économique défavorable en France et des tensions géopolitiques en Europe ont impacté la performance de l’activité Testing, avec le report et la mise en attente de plusieurs projets. Les différentes synergies déployées avec les autres activités du Groupe ont permis de limiter la baisse des revenus à 4,3% au titre de l’année 2023.

L’endettement consolidé a reculé de 22,5% par rapport à 2022 à 116 MDH. La trésorerie du groupe ressort en baisse de 7,4% à 221 MDH en 2023.

Brahim Berrada revient sur le plan de développement de HPS dans les 5 prochaines années

HPS a affiché un chiffre d’affaires de +15% à fin septembre 2023, à 842 MDH ; une hausse portée principalement par l’activité de Paiement.

Dans une industrie en pleine évolution, le groupe compte fortement améliorer ses revenus d’ici les prochaines années et atteindre un chiffre d’affaires consolidé compris entre 2,2 et 3 MMDH d’ici 2027. Pour cela, le groupe suit son plan de développement Acceler8.

Pour Médias24, le directeur général de HPS est revenu sur les performances affichées l’an dernier. Brahim Berrada a évoqué les grands projets du groupe et ses marchés les plus porteurs, ainsi que les ambitions de croissance externe, à même de générer entre 700 et 800 MDH de revenus supplémentaires d’ici 2027. Entretien.

Médias24 : Le groupe a affiché, d’après les derniers indicateurs financiers publiés, une bonne dynamique de croissance en 2023, poussée notamment par les bonnes performances de l’activité de Paiement. Quelles ont été les principales réalisations cette année ?

Brahim Berrada : Nous sommes ravis par les résultats probants que notre groupe a obtenus en 2023, témoignant d’une vigoureuse croissance, principalement portée par les excellentes performances de notre branche dédiée au Paiement. Cette année a été jalonnée de réalisations majeures qui ont consolidé notre position sur le marché, et satisfait les attentes de nos parties prenantes.

Parmi ces réussites marquantes, je soulignerais l’accélération du développement de notre offre SaaS notamment, avec une première référence sur le marché nord-américain avec l’une des principales banques du Canada, les différents succès dans les Caraïbes, et la poursuite du déploiement d’un certain nombre de projets stratégiques sur les marchés asiatiques et européens.

Parallèlement, nos investissements continus en recherche et développement continuent à porter leurs fruits, propulsant notre solution PowerCARD parmi les trois meilleures au monde selon le ‘‘Datos Insights 2023’’. Ces accomplissements renforcent notre position de leader et attestent du très fort engagement de l’ensemble des collaborateurs, ainsi que de la confiance de nos partenaires.

– Quels sont les marchés les plus dynamiques en termes de croissance pour HPS, d’un point de vue géographique ?

– Les marchés les plus dynamiques pour la croissance de notre groupe, d’un point de vue géographique, sont variés. Alors que les marchés africains et du Moyen-Orient continuent de générer une part significative de nos revenus récurrents, nous observons également un dynamisme soutenu en Asie-Pacifique, en Amérique du Nord et en Europe, où notre présence a été renforcée grâce à des partenariats et des clients stratégiques.

Ces marchés présentent d’importantes opportunités pour le groupe, et nous sommes résolus à capitaliser sur ces tendances. En 2023, nous avons intensifié notre stratégie d’expansion géographique en renforçant notre présence à Singapour, en transférant notre bureau de Johannesburg à Cape Town, en ouvrant un nouveau bureau à Montréal, et en initiant les démarches pour l’ouverture d’un bureau en Inde, dont l’achèvement est prévu dans les semaines à venir.

Notre approche consiste à étudier attentivement les marchés et à saisir les opportunités de manière proactive, en nous implantant là où nous estimons que cela est nécessaire pour soutenir notre croissance et répondre aux besoins de nos clients.

Actuellement, plusieurs cibles sont à l’étude, certaines à un stade avancé

– Après les deux acquisitions effectuées au cours des trois dernières années, y a-t-il une autre opération de croissance externe dans le pipe pour 2024 ?

– Notre stratégie de développement pour les années à venir, communiquée au marché, met en évidence la croissance externe comme un axe stratégique majeur. Forts des succès passés, nous avons concrétisé cette stratégie en établissant une direction M&A dédiée au sein du groupe et en nous associant aux services d’une des principales banques d’affaires internationales.

Actuellement, plusieurs cibles sont à l’étude, certaines à un stade avancé, et nous espérons finaliser certaines transactions dès 2024. Notre stratégie de croissance externe vise à accélérer notre expansion en consolidant notre position actuelle, en enrichissant notre offre de produits et de services dans le secteur du Paiement, ainsi qu’en explorant de nouveaux marchés géographiques.

– Quels sont les piliers fondamentaux de votre plan de développement Acceler8, et comment les mettez-vous en place ?

– Notre stratégie de développement Acceler8 pour les cinq prochaines années vise à atteindre des revenus compris entre 2,2 et 3 MMDH d’ici 2027, tout en augmentant la part des revenus récurrents et en étendant notre présence en Asie et en Amérique du Nord. Ce plan s’appuie sur cinq piliers essentiels qui guident nos actions quotidiennes :

– Renforcement de la croissance durable en mettant l’accent sur les revenus récurrents ;

– Amélioration continue de la qualité des produits et services, et notamment la poursuite de nos efforts en Recherche & Développement ;

– Renforcement de l’excellence opérationnelle en recherchant constamment les opportunités d’amélioration et d’efficacité ;

– Valorisation de notre capital humain ;

– Renforcement continu de notre engagement ESG selon les meilleurs standards internationaux.

La mise en œuvre de ces piliers repose sur une coordination étroite entre le comité Stratégie et RSE du conseil d’administration, le comité exécutif et l’ensemble des collaborateurs. Nous évaluons régulièrement nos progrès par rapport aux objectifs fixés dans le cadre d’Acceler8 et ajustons notre stratégie en fonction des retours du marché et des opportunités émergentes. Ce plan global reflète notre engagement à exceller dans tous les aspects de notre activité et à assurer une croissance soutenue.

– Le groupe ambitionne via ce plan de doubler, voire tripler ses revenus à l’horizon 2027. Vos performances actuelles vous permettront-elles de réaliser cet objectif ? 

– Notre plan de développement vise à réaliser une croissance ambitieuse reposant sur une croissance organique annuelle comprise entre 12% et 15%, et une stratégie de croissance externe qui devrait générer des revenus additionnels estimés entre 400 et 800 MDH d’ici 2027.

2023 marque une étape importante dans la mise en œuvre de ces orientations stratégiques, et nous restons concentrés sur l’exécution efficace de notre plan de développement pour créer de la valeur à long terme pour toutes nos parties prenantes. Les indicateurs financiers du 4e trimestre 2023 seront publiés le 26 février et devraient être conformes aux orientations de notre plan Acceler8.

– Quels sont les grands chantiers prévus cette année, en ce qui concerne le développement du portefeuille client ou le développement de produits ? 

– Cette année, nous avons identifié plusieurs grands chantiers dans le cadre de notre stratégie de développement. Tout d’abord, nous poursuivrons notre expansion géographique en opérationnalisant nos nouveaux bureaux au Canada et en Inde. Ces nouvelles entités sont cruciales pour accélérer le développement de nos activités dans ces régions stratégiques et renforcer notre présence sur ces marchés.

Parallèlement, nous demeurons engagés dans l’expansion de notre offre « Produits » en intégrant des fonctionnalités novatrices et en adoptant les technologies émergentes. La version 4 de PowerCARD introduit plusieurs innovations majeures qui répondent aux attentes de nos clients et marquent une avancée significative dans notre offre.

En outre, nous poursuivrons activement l’exploration de nouvelles opportunités de partenariats stratégiques afin d’élargir notre empreinte sur le marché. Ces alliances stratégiques nous permettront d’accéder à de nouveaux segments de clientèle, de diversifier nos sources de revenus et de renforcer notre position concurrentielle.

En résumé, nos principaux chantiers pour cette année comprennent l’expansion géographique, l’innovation Produits, la diversification de notre offre et le renforcement de notre stratégie de partenariat. Toutes ces initiatives sont alignées avec notre vision stratégique à long terme et notre engagement à répondre aux besoins évolutifs de nos clients.

Nous pouvons donc légitimement conclure que le split a atteint les objectifs que nous nous étions fixés

– Depuis plusieurs années, le titre ne connaît plus de croissance fulgurante en bourse. Vous avez opéré un split de l’action pour la rendre plus liquide. Pourtant, depuis cette opération, l’évolution du titre est globalement stable. Avez-vous amélioré votre liquidité finalement, et pensez-vous que cela pourrait pousser le marché à mieux valoriser l’entreprise ? 

– Le split d’actions que nous avons entrepris avait pour objectif principal d’accroître la liquidité de notre titre sur le marché, tout en le rendant plus attractif pour un éventail plus large d’investisseurs. Si l’on examine les données brutes, le volume d’échanges au cours du premier semestre s’élevait à 250 MDH, tandis qu’au cours du second semestre, il a atteint 800 MDH, soit plus de trois fois plus élevé. Nous pouvons donc légitimement conclure que le split a atteint les objectifs que nous nous étions fixés.

Quant à l’évolution du cours de l’action, elle est influencée par de nombreux facteurs. Après une croissance exponentielle sur près de cinq ans, il est naturel d’observer une certaine stabilisation. Toutefois, l’essentiel demeure dans la génération continue de croissance, la consolidation des fondamentaux et la création de valeur pour l’ensemble de nos parties prenantes.

HPS : revenus en hausse de 15% à fin septembre et charges financières attendues en baisse cette année

Le groupe affiche à fin septembre un produit d’exploitation en hausse de 15%, à 842 MDH. Les revenus récurrents progressent de 5,5%, à 571 MDH.

Les revenus de l’activité Paiement continuent d’enregistrer une forte progression et augmentent de 15,6% à fin septembre 2023, grâce notamment à une solide performance dans le déploiement de nouveaux projets en Asie et en Europe, et à la forte demande des clients existants (upselling) en Afrique. Les efforts de développement commercial se sont traduits par une hausse de 61,4% des revenus des projets PowerCARD auprès des nouveaux clients.

L’activité Switching enregistre des revenus en hausse de 8,7%, à 59 MDH par rapport à fin septembre 2022, conformément à l’évolution de la monétique au Maroc. À fin septembre 2023, le nombre de cartes émises par les banques marocaines a affiché une hausse de 4,9%, générant ainsi une hausse de 16,5% du nombre d’opérations effectuées (retrait d’espèces et paiements) et une progression de 23,4% des opérations de paiement en ligne.

L’activité Testing évolue dans un contexte économique peu favorable, conjugué à un environnement sectoriel marqué par le report des investissements IT au niveau des entreprises en Europe. Cependant, les efforts de renforcement de la base client et les référencements réalisés depuis le début de l’année ont permis à l’activité Testing d’atténuer la baisse de ses revenus à -4%.

Le périmètre de consolidation de HPS a connu un changement durant le premier semestre 2023, avec la création de la filiale HPS South Africa détenue à 100% par HPS et consolidée par intégration globale.

Grâce aux efforts d’optimisation des flux de trésorerie et de pilotage des besoins en financement, le groupe HPS continue de réduire son endettement, tout en renforçant ses ressources financières. Au terme du troisième trimestre, l’endettement recule de 17,3% et s’établit à 124 MDH, et les disponibilités ressortent à 258 MDH, en amélioration de 8,2% par rapport à fin 2022.

Par ailleurs, la stabilisation du taux de change USD/MAD à son niveau actuel (10,15-10,20) devrait permettre une réduction du poids des charges financières sur la profitabilité du groupe à fin 2023.