Où placer son argent en 2026 ? Les arbitrages changent, la sélectivité s’impose

Où placer son argent en 2026 ? La question revient avec d’autant plus d’acuité que le contexte d’investissement n’est plus celui des deux dernières années. Après une phase de forte expansion portée par la revalorisation des marchés actions, l’environnement devient plus sélectif. Les opportunités existent toujours, mais elles ne se situent plus aux mêmes endroits ni au même niveau de risque.

Entre la Bourse, le marché obligataire, les placements monétaires sécurisés, la gestion collective via les OPCVM et certains actifs comme les métaux précieux, les arbitrages évoluent. Voici la lecture d’un directeur de gestion d’actifs, contacté par Médias24, sur les choix d’allocation en 2026.

La Bourse : toujours un moteur clé en 2026

Pour notre interlocuteur, les actions restent la classe d’actifs offrant le meilleur potentiel à moyen terme, même si le marché est entré dans une phase plus sélective.

« La Bourse reste centrale dans une allocation, mais la performance dépend beaucoup plus des résultats des entreprises. On n’est plus dans une hausse généralisée, le marché est devenu plus exigeant ».

« Les replis actuels correspondent surtout à des prises de bénéfices après deux années de forte progression. C’est un phénomène normal dans la vie d’un marché, pas un changement de tendance de fond ».

Le potentiel se concentre désormais sur les entreprises capables de maintenir une croissance bénéficiaire solide, avec des fondamentaux visibles et une bonne exécution opérationnelle.

Côté secteurs, la préférence va vers les segments offrant de la visibilité : banques, télécoms, BTP et matériaux de construction, ainsi que la santé. « Ce sont des secteurs ancrés dans la dynamique domestique, avec des revenus récurrents ou une forte visibilité sur l’activité. Dans un marché plus mature, cette lisibilité devient déterminante ».

Pour 2026, l’exposition aux actions reste donc un pilier du portefeuille, mais avec une sélection plus rigoureuse et une attention accrue au couple rendement/risque.

Pour 2026, l’exposition aux actions reste donc un pilier du portefeuille, mais avec une sélection plus rigoureuse et une attention accrue au couple rendement/risque

Obligataire : du portage, mais peu de levier de performance

Sur le marché obligataire, notre interlocuteur reste plus mesuré. Les niveaux actuels de taux offrent du rendement et surtout de la visibilité, mais le potentiel de gains en capital apparaît limité, notamment après la remontée observée sur les maturités intermédiaires.

Les rendements se situent autour de 2,7% sur le 2 ans, à près de 3% sur le 5 ans et autour de 3,2% sur le 10 ans, avec un 15 ans proche de 3,5%. La hausse récente sur le 2 et le 5 ans traduit un ajustement des anticipations de taux plutôt qu’un véritable changement de régime.

« Les obligations redeviennent intéressantes en logique de portage, mais il ne faut pas en attendre un moteur de performance comme lors des phases de forte détente monétaire. Les niveaux actuels offrent surtout un rendement courant et de la sécurité, pas un fort potentiel de plus-values ».

Autrement dit, le rôle de l’obligataire dans le portefeuille est d’abord stabilisateur. « Avec un 10 ans autour de 3,2%, l’investisseur sécurise un rendement connu à l’avance s’il conserve le titre. Mais sauf choc majeur sur les taux, la marge de baisse reste réduite, donc les gains supplémentaires sont mécaniquement limités ».

« Les obligations servent donc surtout à équilibrer le risque global du portefeuille, à lisser la volatilité et à sécuriser une partie du rendement, davantage qu’à rechercher une surperformance. L’achat d’obligations aujourd’hui ne permet pas de générer des gains significatifs en capital ».

OPCVM : du sécuritaire au dynamique selon le profil

Les OPCVM restent un outil central d’allocation, car ils permettent d’accéder aux différentes classes d’actifs avec une gestion professionnelle.

« Les fonds monétaires évoluent autour de 2,5% à 2,7% de rendement. Ils offrent sécurité et liquidité, mais avec une performance limitée. Les OPCVM obligataires court terme tournent autour de 3% à 3,5%. Là aussi, la logique reste celle du portage : stabilité et visibilité, mais peu de potentiel de forte hausse ».

« Ces fonds monétaires servent surtout à sécuriser une partie de l’épargne et à lisser la volatilité du portefeuille. Le rendement est modéré, mais le risque aussi ».

Les OPCVM monétaires servent surtout à sécuriser une partie de l’épargne et à lisser la volatilité du portefeuille. Le rendement est modéré, mais le risque aussi

Les fonds diversifiés permettent un compromis entre obligations et actions, en captant une partie de la dynamique boursière tout en conservant un coussin obligataire. Quant aux fonds actions, ils suivent naturellement l’évolution du marché boursier.

« Les OPCVM actions restent le moteur de performance sur le long terme, mais ils sont exposés aux mêmes mouvements que la Bourse. La volatilité fait partie du parcours, surtout dans un marché devenu plus sélectif ».

Métaux précieux : records de prix et limites comme actif d’épargne

Sur les marchés internationaux des matières premières, les métaux précieux ont enregistré des mouvements spectaculaires depuis la fin de 2025 et au début de 2026. Le prix de l’or a récemment franchi pour la première fois la barre des 5.000 $ l’once, avec des pics à plus de 5.090 $/oz, témoignant d’un intérêt fort des investisseurs en période d’incertitude mondiale. Dans le même temps, le prix de l’argent a dépassé 100 $ l’once dans les échanges récents, ce qui montre une volatilité élevée sur ces marchés.

« Certains grands établissements financiers révisent également leurs prévisions à la hausse pour 2026. Par exemple, Goldman Sachs a relevé son objectif de prix de l’or à 5.400 $ l’once en fin d’année, reflétant une demande soutenue des investisseurs et des banques centrales ».

Pour notre interlocuteur, « ces niveaux extrêmes illustrent davantage un mouvement de refuge et de spéculation plutôt qu’une classe d’actifs comparable à des actions ou des obligations dans une allocation structurée ».

« Les métaux précieux ne génèrent pas de revenus, de dividendes ni de cash-flow. Leur prix est fortement lié aux anticipations macroéconomiques, aux tensions géopolitiques et à des flux spéculatifs. Cela peut créer des pics remarquables, mais aussi des replis tout aussi importants », explique-t-il.

« L’accumulation de métaux précieux présente des risques spécifiques. En particulier, leur volatilité peut être nettement supérieure à celle des actions ou des obligations, et ils manquent de rendement courant (intérêts ou dividendes). Dans un portefeuille équilibré, ces instruments ne doivent pas être considérés comme une classe d’actifs principale, mais plutôt comme un élément de diversification limité et ciblé, pour ceux qui veulent une exposition très prudente aux conditions de marché extrêmes ».

Conseils pratiques : fiscalité et régularité

Au-delà des marchés eux-mêmes, notre interlocuteur rappelle que la manière d’investir compte tout autant que le choix des actifs.

« Les produits d’assurance-vie et les enveloppes comme le PEA peuvent constituer des solutions intéressantes pour investir en actions ou en OPCVM tout en bénéficiant d’un cadre fiscal plus favorable sur la durée ».

« La performance ne dépend pas uniquement du marché. La fiscalité joue aussi un rôle important, surtout pour les placements de long terme ».

« Investir une somme chaque mois en bourse permet de lisser les points d’entrée et de réduire l’effet de la volatilité. Chercher le moment parfait pour entrer est souvent plus risqué que d’investir progressivement ».

Dans un marché devenu plus sélectif, cette approche progressive aide à construire une exposition sur la durée sans concentrer le risque sur un seul moment. « Sur le court terme, il peut y avoir des mouvements de marché. Sur le long terme, ce sont la croissance et les fondamentaux qui font la différence ».

Bourse, OPCVM, OPCI, immobilier… : le point sur les rendements

Il existe plusieurs types de placements au Maroc, répondant à des stratégies d’épargne et d’investissement très différentes selon l’horizon choisi, court, moyen ou long terme.

Les rendements qui en découlent varient fortement d’un produit à l’autre : certains privilégient la sécurité et la liquidité, d’autres misent sur la performance et la prise de risque.

Pour optimiser son épargne, l’investisseur peut combiner plusieurs approches, en mixant placements prudents et dynamiques. Mais il n’existe aucune recette miracle, car chaque épargnant agit selon ses objectifs, son profil et son appétence au risque.

Pour mieux évaluer les rendements offerts par les différents supports au Maroc, Médias24 a croisé les données les plus récentes et sollicité plusieurs acteurs du marché.

L’objectif est de dresser une photographie fidèle des rendements moyens observés sur les cinq dernières années, tout en mettant en lumière les tendances qui se redessinent sur le marché des placements.

Le marché boursier

La Bourse de Casablanca affiche une hausse de près de 26% depuis le début de l’année 2025. Sur un horizon de cinq ans, la progression dépasse 80%, illustrant le potentiel de rendement élevé qu’offre ce segment pour les investisseurs disposés à accepter une certaine volatilité.

« La Bourse reste un levier d’investissement puissant, mais elle exige une approche sélective et une vraie discipline de gestion », explique un analyste de marché. « Les investisseurs doivent raisonner en termes de stratégie de long terme, de diversification et de tolérance au risque ».

« Si le rendement moyen annualisé du MASI ressort autour de 12% à 13% sur les cinq dernières années, il s’accompagne d’une volatilité bien supérieure à celle des produits de taux ou de l’immobilier. Par ailleurs, le marché actions se distingue par sa capacité à créer de la valeur sur la durée, mais il demeure exposé aux cycles économiques et aux comportements spéculatifs », explique le même analyste.

Les OPCVM : un éventail de rendements selon la stratégie et l’horizon

Les Organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM) continuent d’occuper une place centrale dans les portefeuilles d’épargne au Maroc. Leurs performances reflètent la diversité des stratégies d’investissement, entre prudence monétaire et exposition aux actions.

Les fonds monétaires affichent un rendement moyen de 2,7% sur un an, tandis que les obligataires court terme (OCT) se situent autour de 3,4%. Ces produits, à faible volatilité, restent privilégiés pour les placements de trésorerie à court horizon.

Les fonds obligataires moyen et long terme (OMLT) enregistrent une performance moyenne de 7,1% sur un an et un rendement annualisé de 3,1% sur cinq ans.

« Les niveaux de taux observés depuis deux ans demeurent attractifs. La détente amorcée par Bank Al-Maghrib soutient les portefeuilles obligataires, notamment sur les maturités longues », explique un gestionnaire d’actifs.

Les fonds diversifiés, qui combinent actions et obligations, se distinguent par leur capacité à capter la hausse des marchés. Ils affichent 18,2% sur un an et environ 5,5% par an sur les cinq dernières années.

« Ces fonds offrent un bon compromis entre rendement et risque. Ils profitent de la dynamique boursière tout en conservant une composante obligataire qui limite la volatilité ».

Enfin, les fonds actions dominent largement le paysage. Leur performance atteint 34,6% sur un an, soit la meilleure progression du marché et environ 18,8% par an sur cinq ans, selon les rendements annualisés.

L’action reste la classe d’actifs la plus performante sur le long terme, mais aussi la plus exposée aux corrections de marché. Sur cinq ans, les fonds actions ont presque doublé, ce qui illustre la profondeur du rebond boursier.

Immobilier locatif et OPCI

« Le rendement locatif brut pour un appartement à usage résidentiel oscille en moyenne entre 5% et 8% par an », estime une source de gestion des actifs immobiliers.

Cette performance dépend fortement de la localisation du bien, et du rapport entre le prix d’achat et le loyer perçu.

« Dans les grandes villes comme Casablanca ou Rabat, un appartement bien situé rapporte rarement plus de 5% à 6% brut. En revanche, dans les zones périphériques ou dans certaines villes secondaires, on peut atteindre 7% à 8%, mais au prix d’un risque de vacance plus important ».

Pour évaluer la rentabilité réelle d’un investissement locatif, il faut déduire plusieurs éléments du rendement brut. Les frais d’acquisition, les charges de copropriété, d’entretien et de gestion, la vacance locative structurelle ainsi que la fiscalité sur les revenus locatifs.

« Quand on intègre l’ensemble de ces paramètres, le rendement net réellement perçu tourne plutôt autour de 3% à 4% par an. C’est un rendement raisonnable, mais surtout régulier, ce qui fait tout l’intérêt de l’immobilier dans un portefeuille à long terme ».

Sur un horizon de cinq ans, le rendement cumulé d’un placement locatif se situe entre 16% et 22%, selon les hypothèses retenues

« Autrement dit, un investissement d’un million de dirhams génère entre 160.000 et 220.000 DH de revenus locatifs nets sur cette période, hors éventuelle plus-value », poursuit notre source.

« L’immobilier n’est pas un produit de spéculation rapide. C’est un placement de construction patrimoniale, stable, tangible, et qui sert souvent d’ancrage de sécurité face à la volatilité des marchés financiers », conclut-il.

Par ailleurs, le secteur offre aussi d’autres portes d’entrée. Les investisseurs peuvent y accéder indirectement via le marché actions, notamment à travers des sociétés comme Aradei Capital ou Immorente Invest, spécialisées dans l’immobilier professionnel et qui rémunèrent régulièrement leurs actionnaires grâce à la distribution de dividendes issus de loyers commerciaux.

En ce qui concerne les OPCI, ce sont des placements de long terme, conçus pour générer des revenus réguliers à partir d’actifs locatifs : bureaux, commerces ou plateformes logistiques.

Leur horizon d’investissement est généralement de dix ans, même si les investisseurs peuvent souscrire ou racheter leurs parts deux fois par an, selon les dispositions prévues dans le règlement de gestion.

Leur modèle repose sur un équilibre entre performance, sécurité et liquidité, l’objectif étant de produire un flux de revenus stable tout en préservant la valeur du capital investi. Un gestionnaire de fonds souligne que la vocation première d’un OPCI est de « créer de la valeur à long terme à travers un immobilier structuré et professionnellement géré, offrant des rendements durables et maîtrisés ».

« En moyenne, le rendement locatif brut des actifs immobiliers intégrés dans les OPCI se situe entre 6% et 9%, selon les catégories d’immeubles et la qualité des locataires ».

Un placement en OPCI offre sur un horizon de cinq ans une rentabilité globale située entre 34% et 53% cumulés

« Le métal jaune reste une valeur refuge. C’est un placement qu’on peut intégrer dans une stratégie d’investissement à long terme, mais il ne faut pas en abuser. Accumuler trop d’or comporte ses propres risques, notamment en matière de sécurité ou de volatilité du cours », estime un autre gestionnaire interrogé.

L’or évolue aujourd’hui à des niveaux records, portés par les incertitudes économiques mondiales. « Cela reste un actif complémentaire, précise-t-il. En général, on recommande d’y consacrer entre 3% et 5% d’un portefeuille bien diversifié. Il est très difficile de prévoir son rendement et son évolution », poursuit le même gestionnaire.

Comptes sur carnet, dépôts à terme et bons du Trésor

« Les comptes sur carnet restent un placement de précaution plus qu’un produit de rendement. Sur les cinq dernières années, leur rémunération est restée particulièrement basse, autour de 1,8% en moyenne, avec un point bas proche de 1% en 2022″, explique une source de marché contactée par nos soins.

« Même lorsque les taux ont commencé à se redresser, l’ajustement sur les carnets d’épargne est resté très limité. En 2025, les taux se situent entre 1,9% et 2,2%, soit leur niveau le plus élevé depuis 2019. Mais c’est une amélioration symbolique car en termes réels, le rendement reste faible et à peine supérieur à l’inflation ».

« Dans ce cadre, les comptes sur carnet restent une épargne d’attente, pratique et sans risque, mais qui ne protège pas contre l’érosion du pouvoir d’achat ».

Concernant les dépôts à terme, ils restent un choix rassurant pour beaucoup d’épargnants. Ils permettent de placer son argent en toute sécurité, avec une visibilité claire sur le rendement, même si celui-ci reste modeste.

« Sur les cinq dernières années, la rémunération de ces produits s’est en effet située autour de 2,4% pour les dépôts à court terme et un peu moins de 2,7% pour ceux dépassant un an. Après plusieurs années de recul, une amélioration a commencé à se dessiner à partir de 2023″, ajoute notre interlocuteur.

« On a vu une petite tension sur les taux à partir de 2023. Les banques ont légèrement relevé leurs grilles, mais la hausse est restée contenue. En 2024, les rendements se sont stabilisés autour de 2,8% à 3% pour les dépôts d’un an, avant un léger repli observé depuis le début de 2025.

Sur cinq ans, en cumul, un compte sur carnet a généré à peine 9% de rendement, contre environ 13% à 15% pour les dépôts à terme, selon la durée et les conditions offertes par les banques

« Maintenant, si on parle du marché obligataire, il est globalement détendu. Sur le court terme, les bons du Trésor à un an se négocient autour de 2,2%, tandis que ceux à cinq ans s’établissent à environ 2,5%. Les maturités à dix ans affichent un rendement proche de 2,8%, et la courbe se redresse progressivement pour atteindre 3,3% sur vingt ans et 3,7% sur trente ans ».

« Les conditions d’émission sont restées confortables depuis le début de l’année », indique notre interlocuteur. « La demande des investisseurs institutionnels demeure forte, ce qui permet au Trésor de financer ses besoins sans exercer de pression sur les taux ».

Fact-checking : l’État investit-il réellement ce qu’il annonce dans la santé et l’éducation ?

L’analyse de l’exécution des investissements publics sur la période 2019-2023 met en évidence un écart marqué entre les enveloppes d’investissement inscrites dans les lois de finances et les montants effectivement réalisés.

Il s’agit d’une confusion fréquente. L’investissement réel correspond à ce qui est effectivement exécuté, non au volume budgété. Seuls les volumes effectivement réalisés et payés permettent d’établir une analyse ou un constat pertinent.

Médias24 a ainsi examiné les départements dont les crédits d’investissement, particulièrement importants, influencent directement la dynamique socioéconomique du pays. Il s’agit des ministères de l’Éducation, de la Santé, de l’Équipement et de l’Agriculture.

Un décalage entre prévisions et exécution des investissements

Sur la période 2019-2023, les budgets d’investissement des ministères étudiés ont connu une nette augmentation, mais les réalisations effectives n’ont pas suivi le même rythme.

Le ministère de l’Éducation nationale en est un exemple clair. Ses crédits d’investissement sont passés d’environ 7,1 MMDH en 2019 à 9,3 MMDH en 2023. Pourtant, une part importante de ces sommes reste non dépensée.

Il existe un écart significatif entre les crédits ouverts et les montants effectivement réalisés (payés). Cet écart, en valeur absolue, s’est accentué en 2023, atteignant son niveau le plus élevé sur l’ensemble de la période analysée.

La situation du ministère de la Santé et de la protection sociale est encore plus préoccupante. Les crédits d’investissement y ont plus que doublé, passant de 4,1 MMDH à 10,5 MMDH sur cinq ans.

Malgré cette hausse spectaculaire, l’exécution demeure la plus faible parmi les ministères analysés. Elle s’est même repliée lors des deux dernières années (2022 et 2023).

Pour le ministère de l’Équipement et de l’eau, le budget d’investissement est passé, entre 2019 et 2023, de 16,3 MMDH à 20,1 MMDH. De même, les investissements réalisés ont suivi une évolution parallèle, traduisant un effort soutenu dans la mise en œuvre des projets.

Il convient de noter que le ministère de l’Équipement, du transport, de la logistique et de l’eau a été scindé en deux départements à partir de 2022 : le ministère de l’Équipement et de l’eau, d’une part, et le ministère du Transport et de la logistique, d’autre part.

Ainsi, afin d’assurer l’uniformité de l’analyse, les budgets de ces deux départements ont été regroupés pour les années 2022 et 2023.

Par ailleurs, le ministère de l’Agriculture, dont les enveloppes d’investissement sont passées de 15,8 à 18,1 MMDH entre 2019 et 2023, se distingue par une performance solide en matière d’investissements réalisés.

Analyse comparée du taux d’exécution des investissements

Entre 2019 et 2023, les taux d’exécution (paiements ou dépenses, dans la loi de règlement) des investissements des quatre départements analysés traduisent des trajectoires distinctes.

Pour le ministère de l’Éducation nationale, la performance s’inscrit dans une trajectoire globalement stable. Le taux d’exécution varie entre 66,1% et 73,8% sur la période 2019-2023, avec un pic en 2022. Cette évolution traduit une certaine régularité dans la mise en œuvre des projets, mais le niveau d’exécution demeure perfectible au regard des besoins du secteur.Le ministère de la Santé affiche les taux d’exécution les plus faibles parmi les départements analysésAprès un recul marqué en 2020 à 50%, le ratio d’exécution du ministère de la Santé s’est légèrement redressé jusqu’à 61,8% en 2022, avant de retomber à 50,5% en 2023. Cette évolution irrégulière traduit des difficultés persistantes à concrétiser les crédits d’investissement.

Le ministère de l’Équipement et de l’eau affiche un taux d’exécution en hausse constante, passant de 65% en 2019 à 77,6% en 2023. Cette progression traduit la capacité du département à maintenir une dynamique d’investissement solide, portée notamment par les projets d’infrastructures routières, hydrauliques et de barrages.

Les taux d’exécution relatifs au ministère de l’Agriculture se maintiennent à un niveau élevé, oscillant entre 74,1% et 81,3% sur la période 2019-2023. Cette stabilité traduit une forte capacité de mise en œuvre des programmes agricoles.

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Un investissement de l’État passe par trois phases : budgétisation (il figure dans la loi de finances), engagement (le projet est engagé après le choix du prestataire ou fournisseur), le projet est réalisé et le prestataire payé.

L’engagement signifie une volonté de réaliser, pas une réalisation.

L’absence de paiement signifie que le projet n’est pas réalisé, que le crédit budgétaire n’est pas consommé. Le critère de l’efficacité, c’est la réalisation, donc le paiement.

Tarik Senhaji : « La confiance est la monnaie de nos marchés »

L’Afrique offre les plus hauts retours sur investissement au monde, mais continue de capter à peine 4% des flux d’IDE à l’échelle mondiale. Malgré une population jeune et un potentiel économique reconnu, les capitaux peinent à atteindre les capitales africaines. Le rapport 2025 de la Fondation Mo Ibrahim pointe trois principaux obstacles : un déficit de confiance, une perception excessive du risque et des capacités d’absorption inégales selon les pays.

Dans le même temps, la part de l’Afrique dans l’aide publique au développement a reculé de 11 points, alors que les besoins d’adaptation climatique dépassent aujourd’hui 1.600 milliards de dollars. Le rapport appelle à un changement de paradigme, basé sur une mobilisation accrue du capital privé et une meilleure mise en valeur des fondamentaux économiques du continent.

Les leviers pour mobiliser l’épargne africaine au service du développement du continent

Les marchés de capitaux devraient être le fondement du financement du développement. Lors des discussions du week-end, Tarik Senhaji, directeur général de la Bourse de Casablanca, a souligné qu’un constat clair s’est dégagé de ce forum : « Nous n’avons pas besoin de plus d’aide. Nous devons nous prendre en charge nous-mêmes. Les Africains doivent écrire leurs propres chèques. Et pour cela, nous devons avoir des marchés de capitaux souverains ».

« Le secteur financier est un grand vecteur de gouvernance. Il ne sert pas seulement à financer. Il apporte une bien meilleure responsabilité, une bien meilleure transparence dans l’économie ».

Au Maroc, les banques ont connu une transformation majeure au cours des trente dernières années. Inspirées par la vision royale, elles sont aujourd’hui présentes dans 34 pays et ont soutenu le développement des infrastructures, des PME et l’inclusion financière. Mais pour accélérer davantage, les marchés boursiers sont nécessaires.

« Nos marchés ne servent pas uniquement à financer les entreprises. Ils donnent un prix à l’avenir. Ils valorisent et encouragent la bonne gouvernance et une vision managériale claire ». Une bourse bien organisée est « le seul outil financier qui vous donne aujourd’hui la valeur de votre entreprise demain ».

Ce qui freine encore les entreprises, c’est souvent la confiance. « La confiance est la monnaie de nos marchés. Si vous ne prenez pas le temps de faire naître cette confiance, cela reste lent. Mais une fois qu’elle s’accumule, elle rapporte d’énormes bénéfices pour tous : investisseurs, entreprises et pays ».

En 2021, la Bourse de Casablanca a lancé une vaste consultation locale. « Nous n’avons pas entendu que de bonnes choses. En réalité, nous avons surtout entendu des choses négatives ». Un haut responsable lui a dit : « Votre Bourse est une grande locomotive, mais elle n’a pas de rails ». Le produit était bon techniquement, mais les acteurs ne s’y reconnaissaient pas. Le vrai changement était culturel, pas technique.

« Nous avons changé notre manière d’aborder et de dialoguer avec nos parties prenantes. Nous avons changé notre manière de communiquer avec le monde. Et nous avons aussi beaucoup plus engagé le grand public ».

Les résultats ont été au rendez-vous. « Au cours des deux dernières années, nous avons obtenu les meilleurs résultats des quinze dernières années. L’activité des investisseurs individuels a été multipliée par quatre. Les investisseurs locaux représentent désormais 90% du marché. Et le trading en ligne pèse 75% de notre activité ».

La Bourse a aussi renforcé ses liens avec le capital-investissement. « Si un investisseur a déjà mis un ticket chez vous, il est cinq fois plus probable qu’il en mette un second, plutôt que d’en chercher un nouveau ».

Les IPO restent encore peu nombreuses, mais les signaux sont encourageants. « L’année dernière a été un record en termes de financement, grâce aux nombreuses augmentations de capital. Et nous pensons que le changement arrive. Les IPO viendront« .

« Mais est-ce qu’il n’y a pas aussi un enjeu culturel à traiter ? Beaucoup d’entreprises africaines sont encore des entreprises familiales, qui doivent évoluer dans leur mode de gouvernance. Elles doivent intégrer des administrateurs indépendants, mieux former leurs équipes et libérer leur plein potentiel », souligne Abdelmalek Alaoui, fondateur et PDG de Guepard Group.

« On voit des entreprises qui stagnent à une taille de 40 ou 50 millions de dollars, alors qu’elles pourraient atteindre un chiffre d’affaires de 500 ou 600 millions. Quelles sont, selon vous, les grandes transformations à opérer dans le capitalisme africain pour passer de ces PME familiales à des entreprises bien gérées, tournées vers l’avenir ? », interroge-t-il.

« Je vais répondre à votre question avec une déclaration provocatrice. On a vu toute la journée ce slogan : “L’Afrique que nous voulons”. Mais ne devrait-on pas y ajouter une deuxième ligne : “Les Africains que nous voulons être” ? Parce que c’est bien plus important quand on fait des affaires », insiste Tarik Senhaji.

« Mais plus important encore, je pense que nous ne consacrons pas assez de temps, de ressources ni d’attention à la conception de systèmes de gestion des ressources humaines pour les pays africains », explique Tarik Senhaji.

« On passe trop de temps à courir après le capital. Si on consacrait autant d’énergie à faire en sorte que les projets atteignent un bon niveau, où les investisseurs financiers peuvent vraiment les examiner, cela aurait beaucoup plus d’impact ».

« Je veux saluer l’initiative récente du Fonds Mohammed VI pour l’Investissement, parce que ce n’est pas seulement un fonds souverain. C’est une nouvelle génération. Un fonds souverain de développement. Un fonds souverain pour développer des projets. C’est une initiative enthousiasmante à suivre », conclut-il.

Un risque africain souvent jugé à l’identique, mais un coût domestique encore trop élevé

Marie Diron, directrice générale en charge du risque souverain chez Moody’s Ratings, a répondu à une question aussi directe qu’essentielle : qu’est-ce qui manque encore dans le tableau macroéconomique de l’Afrique ? Le continent est-il mal prisé par les investisseurs, ou présente-t-il un risque réel ?

Elle rappelle que les notations qu’elle supervise constituent avant tout une opinion sur la capacité d’un État à rembourser sa dette, et qu’elles sont utilisées par les investisseurs parmi d’autres sources d’analyse.

Face aux critiques sur la perception du risque en Afrique, elle explique que son équipe a récemment étudié les données disponibles. Sur les 140 pays notés par Moody’s, 50 défauts souverains ont été enregistrés sur les quarante dernières années, dont une dizaine en Afrique, ce qui montre selon elle que les notations reflètent correctement l’ordre de risque.

« Une note B implique une probabilité de défaut six fois inférieure à celle d’une note CAA, et environ six fois supérieure à celle d’une note BA », précise-t-elle.

« Un souverain noté B2 en Afrique présente une probabilité de défaut identique à celle d’un souverain noté B2 ailleurs dans le monde ».

Concernant le coût du capital, Marie Diron affirme que les écarts de taux (spreads) sur la dette externe ne sont pas systématiquement plus élevés pour les pays africains.

« Le Maroc, noté BA1, emprunte à des conditions meilleures que la Roumanie ou le Brésil, pourtant notés pareil. La Côte d’Ivoire, notée BA2, a des spreads comparables à ceux de la Géorgie ».

En revanche, le coût de la dette domestique reste très élevé. « Il atteint environ 12% en Afrique, contre 8% en Amérique latine et 5% en Asie. C’est un enjeu majeur, notamment pour financer des projets d’infrastructure à long terme ».

« Il est important de s’attaquer aux facteurs structurels qui pèsent sur les taux domestiques, en lien avec les constats du rapport de la Fondation Mo Ibrahim », conclut-elle.

Structurer à grande échelle et mobiliser les investisseurs africains

Alain Ebobissé, directeur général d’Africa50, estime que l’Afrique dispose aujourd’hui de références solides sur lesquelles s’appuyer pour attirer des investisseurs institutionnels à grande échelle. « Ce que nous démontrons chez Africa50, c’est qu’on peut investir rapidement dans des infrastructures privées et en PPP en Afrique, générer des rendements et avoir de l’impact ».

« Nous avons réussi à mobiliser des capitaux capables d’écrire des chèques de 20 à 50 millions de dollars. Mais, pour attirer ceux qui ne parlent qu’à partir de 500 millions, il faut structurer différemment ».

Depuis sa création il y a huit ans avec l’appui de la BAD et de 33 pays africains, Africa50 a investi dans 28 projets répartis sur 29 pays. « Le portefeuille est de qualité, mais maintenant, c’est une question d’échelle. Et l’échelle demande de la prévisibilité. Il faut montrer ce qu’on a fait, pas seulement ce qu’on aspire à faire ».

Il évoque plusieurs secteurs porteurs comme le gaz et les réseaux de transmission, où des plateformes d’actifs peuvent être créées. Il insiste aussi sur le rôle essentiel des investisseurs africains eux-mêmes : « Nous avons réuni 20 investisseurs institutionnels africains pour soutenir notre Infrastructure Acceleration Fund. C’est inédit ».

Et de conclure : « Vous ne pouvez pas aller sur les marchés internationaux sans avoir d’abord des investisseurs africains avec vous. Pour changer la perception, les Africains doivent investir en Afrique ».

Investir dans le locatif. Comment choisir son bien et quels revenus espérer (2/2)

Dans une première partie, Médias24 et Yakeey, spécialiste de l’immobilier, vous indiquaient les meilleures pistes pour choisir votre bien. Dans cette partie, plus technique, on vous présente les formules pour évaluer concrètement le meilleur choix que vous pouvez faire dans l’investissement locatif.

La règle qui s’applique généralement est la suivante : un prix qui pourrait être acceptable pour une résidence principale ou secondaire pourrait ne pas l’être pour un investissement locatif. Il doit être étudié par rapport au rendement potentiel sans tenir compte du coup de cœur éventuel pour l’achat d’une résidence principale.

Les points décisifs pour un investissement locatif

Il s’agit d’obtenir un loyer susceptible de garantir le taux de rendement souhaité. Il faut donc acheter au bon prix, car les loyers sont fixés par le marché, évaluer la capacité du loyer à autofinancer en totalité ou partiellement la mensualité de l’emprunt et, enfin, faire attention à ne pas sous-estimer la fiscalité et à bien calculer un loyer net de taxe et un rendement net.

En général, le locataire est intéressé par “l’enveloppe globale” du loyer qu’il aura à débourser à l’intéressé. Il en est tout autrement pour le bailleur…

En effet, le bien immobilier dès son acquisition et son propriétaire seront assujettis à des charges, taxes et impôts. Il est impératif de les anticiper pour une lecture parfaite du projet, de sa viabilité et du rendement espéré. Il existe donc trois points essentiels à prendre en compte :

Nous allons nous intéresser en détail aux impôts et taxes à la charge du propriétaire investisseur. En premier lieu, les droits et frais d’acquisition.

Pour calculer le prix de revient total, il faut prendre en compte le prix d’acquisition acte en main (prix de revient avec l’ensemble des frais, droits, charges et taxes légaux) et les frais d’acquisition inclus.

Exemple pour un appartement de 1 million de dirhams :

A. Prix de vente du bien : 1.000.000 MAD
B. Frais de notaire, droits, taxe, hypothèque, etc. = +/- 7.5%. Cela inclut : 4% de droits d’enregistrement + 1,5% pour les frais d’inscription à la conservation foncière + 0,5% à 1% pour les honoraires du notaire + 0,5% ou 1,5% pour l’inscription hypothécaire à la conservation foncière dans le cas d’un financement.
C. Frais d’agence : 2%

PRIX DE REVIENT TOTAL = A + B + C = 1.000.000 + 75.000 + 20.000= 1.095.000 MAD

Concernant la taxe des services communaux, celle-ci dépend de la commune. Par exemple, à Casablanca, elle est de 10,5%. Il peut y avoir des taux réduits si le bien n’a pas été loué pendant une certaine période.

Impôt sur le revenu foncier

Le propriétaire est ensuite assujetti au paiement de l’impôt sur les revenus fonciers. Depuis début 2025, les propriétaires ont le droit de choisir entre deux régimes :

Le niveau de loyer que vous percevez influe sur le système le plus adapté dans votre cas. Le taux libératoire est avantageux si les revenus sont très élevés.

Le tableau suivant présente les différents taux de rendement brut et net selon différents niveaux de loyers, avec l’hypothèse d’un taux de vacance structurel de 10%.

Tableau sur la rentabilité sur l'investissement

Le taux de rendement net est une estimation sur la base du barème de l’impôt progressif, calculé ici à 37%, et qui peut varier au cas par cas en fonction des revenus globaux de l’acheteur.

Ces simulations sont présentées à titre d’exemple et ne prennent pas en compte la TVA à payer en cas de location meublée de longue ou courte durée de type Airbnb.

Pour une meilleure gestion de vos revenus locatifs, vous pouvez faire appel à un professionnel.

Des entreprises catalanes investissent 500 MDH dans quatre projets industriels au Maroc

Conclus lors d’une rencontre, le mercredi 29 mai à Rabat, entre le ministre délégué chargé de l’Investissement, de la convergence et de l’évaluation des politiques publiques, Karim Zidane, et une délégation importante d’entreprises catalanes, conduite par Josep Sánchez Llibre, président de Foment del Treball, principale confédération patronale de Catalogne, ces protocoles d’accord portent sur des projets devant générer plus de 700 emplois directs dans les villes de Tanger, Tétouan et Kénitra.

Ces projets, qui représentent un investissement cumulé de 500 millions de DH, concernent plusieurs secteurs, dont l’automobile, la valorisation des déchets, l’industrie de l’emballage et les matériaux de construction.

Cette rencontre a été l’occasion pour M. Zidane de rappeler que le Maroc connaît une dynamique d’attractivité exceptionnelle et de souligner que l’ambition du Royaume, sous la conduite éclairée du Roi Mohammed VI, est de devenir un hub compétitif et durable à l’échelle régionale.

L’engagement des entreprises catalanes vient confirmer la pertinence de cette trajectoire, a-t-il fait remarquer, estimant que ces quatre projets reflètent la volonté de ces entreprises de contribuer à l’essor industriel du Maroc.

Pour M. Zidane, ces investissements sont le fruit d’un climat d’affaires de plus en plus attractif, rendu possible grâce aux réformes entreprises par le Maroc (simplification des procédures, digitalisation et renforcement du rôle des centres régionaux d’investissement).

De son côté, le président de Foment del Treball, Josep Sánchez Llibre, a fait part de sa satisfaction de l’accueil réservé à la délégation des entreprises catalanes qui ont fait le déplacement pour explorer les opportunités d’investissement dans un pays aussi stratégique que le Royaume du Maroc.

Il a mis en avant la détermination de ces entreprises à renforcer leur présence au Maroc, notant que ces projets d’investissement marquent le début d’un engagement durable et structuré en faveur d’un développement économique mutuellement bénéfique.

« Les investissements catalans continueront d’affluer vers le Maroc. Je peux d’ores et déjà annoncer qu’avant un an, nous reviendrons avec une nouvelle délégation d’une vingtaine d’entreprises catalanes pour explorer davantage d’opportunités d’investissement », a souligné le président de Foment del Treball.

Quant à l’ambassadeur d’Espagne à Rabat, Enrique Ojeda Vila, il s’est félicité de la mission de cette délégation qui permet de consolider le partenariat stratégique entre les deux pays.

En plus de la proximité géographique, l’Espagne et le Maroc sont les principaux partenaires économiques et commerciaux l’un de l’autre, a fait valoir M. Ojeda Vila.

Pour sa part, Adil Rais, co-président du Conseil économique Maroc-Espagne (CEMAES), il a indiqué que les quatre conventions d’investissement signées aujourd’hui traduisent la volonté commune de bâtir un partenariat commercial et d’investissement solide.

Selon lui, le CEMAES œuvre activement à l’approfondissement des relations stratégiques entre les deux pays, avec l’ambition de renforcer les flux d’investissements, à même de permettre à l’Espagne de devenir le premier investisseur au Maroc.

Cette rencontre s’inscrit dans la continuité des roadshows « Morocco Now » réalisés en janvier 2024 à Barcelone et en avril 2025 à Madrid, ainsi que de la première visite au Maroc de la délégation Foment en juin 2024.

Elle traduit la montée en puissance d’une dynamique de coopération bilatérale structurée, fondée sur la confiance mutuelle, la vision partagée d’un développement durable et l’alignement stratégique entre les acteurs économiques des deux rives.

Investissements. Invest Hong Kong en prospection au Maroc et en Afrique

Dans un entretien accordé à Médias24, Charles Ng, directeur général adjoint de la promotion des investissements à Invest Hong Kong, a présenté les multiples avantages qu’offre Hong Kong aux investisseurs étrangers.

« L’offre de Hong Kong est complète : fiscalité allégée, accès privilégié au marché chinois, hub logistique et financier mondial », indique-t-il.

Une offre compétitive sur tous les plans

Selon Charles Ng, Hong Kong représente un territoire où la gouvernance, les infrastructures, la fiscalité et le secteur financier s’articulent autour d’un objectif unique : faciliter les investissements.

« Hong Kong est intégralement orientée business. Chez nous, le chef de gouvernement porte le titre de Chief Executive. Cela illustre bien notre culture économique : nous fonctionnons comme une entreprise, avec des objectifs clairs de compétitivité, d’attractivité et de performance », explique-t-il.

Au centre de cette stratégie figure une fiscalité résolument avantageuse. « L’impôt sur les sociétés est plafonné à 16,5%, mais n’est que de 8,25% sur les premiers 2 millions HKD (2,4 MDH) de bénéfices. Et surtout, pas de TVA, pas d’impôt sur les plus-values, pas de retenue à la source sur les dividendes, pas de droits de succession. C’est un système simple, clair et prévisible », poursuit-il.

Selon notre interlocuteur, l’attrait de Hong Kong dépasse largement la seule fiscalité avantageuse. Il réside aussi dans l’accès direct et simplifié qu’elle offre au marché chinois.

« Grâce à l’accord CEPA, les entreprises installées à Hong Kong bénéficient d’un accès préférentiel à la Chine dans de nombreux secteurs : finance, ingénierie, TIC, audiovisuel, tourisme, etc. En plus, les produits d’origine hongkongaise peuvent entrer en Chine avec zéro droit de douane« , précise-t-il.Moins de cinq heures de vol suffisent pour atteindre la moitié de la population mondiale.La position géographique renforce cette fonction de hub régional. « En moins de cinq heures de vol, on peut atteindre plus de la moitié de la population mondiale. Hong Kong est également la première plateforme mondiale pour le fret aérien et l’un des ports les plus actifs au monde. Plus de 220 destinations sont desservies par notre aéroport », souligne notre interlocuteur.

Cette position fait de Hong Kong un point d’entrée privilégié dans la Greater Bay Area, l’une des régions économiques les plus dynamiques de Chine. « Avec un PIB équivalent à celui de la Corée du Sud et une population de 87 millions d’habitants, la GBA est une mégarégion en pleine expansion. Hong Kong en est le centre financier et logistique », ajoute Charles Ng.

À cela s’ajoute un écosystème financier de premier plan. « Nous sommes la troisième place financière mondiale. Plus de 2.600 entreprises sont cotées à la bourse de Hong Kong. Notre marché est liquide et transparent », poursuit-il.

Plusieurs services gratuits pour accompagner l’innovation

Selon Charles Ng, de nombreux services sont proposés gratuitement par InvestHK aux entreprises étrangères désirant s’installer à Hong Kong. « Dès la phase d’installation, nous accompagnons les investisseurs : conseils juridiques, recherche de bureaux, contacts bancaires, ressources humaines, networking… Notre objectif est d’accélérer leur développement », explique-t-il.

Pour ce qui est de l’innovation, notre source insiste qu’à Hong Kong, l’innovation n’est pas un slogan, c’est un écosystème en action. « Nous avons des programmes de soutien pour les fintechs, les start-ups technologiques, la blockchain ou encore l’IA. Le gouvernement investit massivement dans l’écosystème via des fonds publics comme le Hong Kong Investment Corporation. Et nous avons des structures comme Cyberport et le Science Park qui offrent des subventions, des bureaux et de l’accompagnement aux jeunes entreprises ».

« Nous avons cinq universités classées dans le top 100 mondial, un système juridique stable, une communauté internationale dense et un marché du travail ouvert aux compétences étrangères », conclut-il.

Investir quand on débute : les bons réflexes pour construire un portefeuille solide

Dans un contexte de taux en baisse, de marchés agités mais globalement haussiers, de nombreux particuliers s’interrogent : faut-il investir ? Comment le faire sans expérience préalable ? Et surtout, comment structurer un portefeuille de façon simple et prudente, sans tomber dans les pièges classiques ?

En 2025, la dynamique boursière marocaine donne envie d’agir. La Bourse de Casablanca connaît un regain de confiance sans précédent. Depuis le début de l’année, l’indice MASI a progressé de plus de 20%, atteignant début mai un record historique au-dessus des 18.000 points. Les particuliers reviennent en force, avec plus de 4 MMDH investis sur les actions au quatrième trimestre 2024, soit une multiplication par 2,6 en un an.

En parallèle, les taux d’intérêt sont orientés à la baisse. Depuis que Bank Al-Maghrib a réduit son taux directeur en mars 2025, les rendements des produits obligataires et de l’épargne classique sont en diminution. De ce fait, les liquidités non investies perdent de leur valeur réelle avec la présence de l’inflation.

Sur le papier, les conditions semblent réunies pour se lancer en bourse. Mais cette dynamique cache aussi des fragilités. La volatilité reste élevée, les valorisations atteignent des niveaux tendus (PER moyen autour de 21x), et la hausse du marché repose en grande partie sur un petit nombre de valeurs dominantes. Pour un investisseur débutant, le risque est donc réel de se positionner trop vite, sans cadre clair, ou de céder à l’euphorie ambiante.

C’est dans ce contexte que de nombreux débutants cherchent à faire leurs premiers pas en bourse ou en OPCVM. Comment répartir ses avoirs entre liquidité, rendement et prise de risque mesurée ?

Les professionnels du conseil et de la gestion d’actifs insistent sur une chose : même avec peu d’expérience, il est possible de construire une stratégie simple, réfléchie et adaptée à son profil.

Structurer un portefeuille débutant

Quand on débute en bourse, l’écueil le plus courant, c’est de vouloir aller trop vite. On investit sans vision d’ensemble, on empile des produits sans cohérence, ou pire encore, on mise tout sur une valeur « conseillée » sur les réseaux.

« La première chose qu’on essaie de faire comprendre à un investisseur débutant, c’est que l’investissement n’est pas un sprint. C’est une marche organisée. Il faut poser les fondations, puis construire étage par étage », explique un conseiller en gestion de patrimoine dans une société de gestion.

Dans le contexte marocain actuel, où les taux sont en baisse et la liquidité en quête de rendement, structurer son portefeuille avec rigueur devient une nécessité.

« Un bon portefeuille commence toujours par une poche de sécurité. On parle ici de 30% à 40% du total, placés dans des OPCVM monétaires ou obligataires à court terme. Ces produits sont peu volatils et offrent une réserve mobilisable en cas de besoin », poursuit-il.

Vient ensuite la poche dite de stabilisation, composée d’OPCVM obligataires moyen et long terme, ou diversifiés équilibrés. « Cette poche peut représenter 30% à 40% aussi. Elle permet de générer un rendement modéré, tout en limitant les à-coups. Dans la configuration actuelle du marché, ces fonds sont redevenus intéressants, avec la détente sur les taux obligataires depuis mars 2025″, indique notre interlocuteur.

Enfin, la partie dynamique du portefeuille, à savoir entre 20% et 30% selon le profil, doit être exposée aux actions.

Mais là aussi, il est inutile de tout miser sur une ou deux valeurs. « L’idéal, pour débuter, reste l’OPCVM actions diversifié, de préférence un fonds orienté sur les blue chips marocaines. Cela permet d’entrer en douceur, avec une exposition large au marché », recommande l’analyste.

Les valeurs individuelles viendront plus tard, lorsque l’investisseur aura acquis une meilleure connaissance des secteurs et de leur comportement boursier.

Quels secteurs privilégier aujourd’hui ?

À la Bourse de Casablanca, plusieurs thématiques offrent actuellement des points d’entrée attractifs.

L’immobilier est en phase de redémarrage. « Les valeurs comme Addoha ou Alliances ont connu un rebond spectaculaire, soutenu par des carnets de commandes solides et une réorganisation stratégique. Le marché a redonné confiance à ces acteurs. Pour un investisseur moyen-long terme, ces titres peuvent compléter une poche actions, à condition de bien mesurer le risque inhérent à ce secteur cyclique ».

Le BTP et les matériaux de construction, de leur côté, affichent des performances intéressantes, portées par la commande publique, les projets d’infrastructure, et la reprise des mises en chantier. « LafargeHolcim, TGCC ou Jet Contractors ont publié des résultats solides. C’est un segment qui bénéficie d’une dynamique macroéconomique favorable au Maroc », explique notre interlocuteur.

« La technologie et les télécoms restent aussi stratégiques. Maroc Telecom demeure une valeur importante. Et avec le lancement prochain du cloud souverain, le digital gagne en importance dans les portefeuilles institutionnels ».

Enfin, « le tourisme revient progressivement dans les radars des investisseurs, via les valeurs hôtelières (Risma) ou logistiques (Marsa Maroc). La montée en puissance de la destination Maroc post-Covid, appuyée par des campagnes de promotion ambitieuses, redonne de la visibilité à ce secteur ».

Débuter en bourse : horizon clair, risque mesuré, discipline

« Commencer à investir sans objectif précis est l’une des erreurs les plus fréquentes. Une épargne pour la retraite n’a rien à voir avec un capital mis de côté pour un projet dans trois ans. Le risque, le type de placement et même l’état d’esprit doivent être différents », rappelle un professionnel du secteur.

« Autre piège courant, céder à l’émotion. Monter ou sortir du marché au gré des nouvelles ou des rumeurs revient souvent à s’auto-pénaliser. Ce n’est pas en anticipant les hauts et les bas qu’on construit une performance. Ceux qui réussissent sont souvent ceux qui investissent chaque mois, tranquillement, même avec de petites sommes », insiste notre interlocuteur.

« Ce qui fait la différence, ce n’est pas la trouvaille du siècle, mais la capacité à tenir une stratégie simple, régulière et adaptée à son propre rythme. Pas besoin de prévoir l’avenir. Il suffit de savoir pourquoi on investit et de s’y tenir », conclut-il.

Nizar Baraka : Le ministère de l’Équipement et de l’eau prévoit 70 MMDH d’investissements en infrastructures pour 2025

En comparaison avec l’année 2022, où l’investissement du ministère de l’Équipement et de l’eau dans les infrastructures était de 44 MMDH, cette prévision traduit une progression de 59% en trois ans. Cette hausse s’inscrit dans le cadre d’une politique d’accélération des projets d’infrastructures pour accompagner la dynamique économique et les besoins croissants en équipements structurants.

Dans sa présentation des projets d’investissement du ministère, Nizar Baraka a fait le tour, par secteurs, des principaux projets de l’année 2025.

Pour ce qui est des enveloppes budgétaires dédiées à chaque secteur relevant du ministère, la répartition se présente comme suit :

Parallèlement, un montant de 3,23 MMDH est affecté aux prestations d’études et de suivi des projets (consulting), traduisant l’importance accordée à la qualité de la maîtrise d’ouvrage et à l’accompagnement technique.

Un impact direct sur l’emploi et la demande en matériaux de construction

La mise en œuvre de ces projets devrait générer environ 27,5 millions de jours de travail, selon les estimations avancées par le ministre. Ce volume d’emploi temporaire intervient dans un contexte où l’année 2025 a été désignée par le gouvernement comme « année du marché du travail », avec pour objectif de renforcer les opportunités professionnelles à travers les grands chantiers publics.

« Étant donné que le gouvernement a déclaré l’année 2025 comme année du marché du travail, ces projets vont générer près de 27,5 millions de jours de travail« , a indiqué le ministre de l’Équipement et de l’eau, Nizar Baraka, lors de sa présentation.

Par ailleurs, l’ampleur des projets programmés se traduit par des besoins considérables en matériaux de construction.

Le ministère prévoit ainsi :

Dans le même sens, il est à noter que le programme prévisionnel des projets de construction et de travaux publics pour l’année 2025, présenté par le ministre du Transport et de la logistique, Abdessamad Kayouh, prévoit un investissement public global dépassant 20 MMDH pour le financement de 140 marchés.

Le secteur ferroviaire captera à lui seul 58% du volume total, avec 63 marchés de travaux pour un montant de 11,55 MMDH et 21 marchés d’études pour une enveloppe de 122 MDH.

Dans le secteur aéroportuaire, l’Office national des aéroports (ONDA) prévoit un budget de 8,34 MMDH, réparti entre 21 marchés de travaux et 5 marchés d’études d’une valeur totale de 29 MDH.

Concernant la logistique, l’Agence marocaine de développement de la logistique (AMDL) engagera 4 marchés d’aménagement de zones logistiques et 7 marchés d’études, pour un investissement global de près de 540 MDH.

Enfin, la Société nationale des transports et de la logistique (SNTL) prévoit de lancer 9 marchés de travaux pour un montant de 16,6 MDH, ainsi que 10 marchés d’études pour un budget de 12,7 MDH.

Infrastructures routières et portuaires : les projets majeurs de 2025

Dans la continuité de sa présentation, Nizar Baraka s’est penché sur les principaux projets d’infrastructures, notamment routiers et portuaires. Voici l’essentiel à retenir.

Concernant les infrastructures routières, plusieurs projets structurants sont programmés pour l’année 2025. En matière de réseau routier, le programme prévoit une série d’interventions visant à renforcer l’accessibilité et la qualité des infrastructures existantes. Il est ainsi prévu la mise à niveau de 1.075 kilomètres de routes déjà en service. Parallèlement, 75 ouvrages d’art feront l’objet de travaux de reconstruction ou de maintenance pour préserver leur fonctionnalité et prolonger leur durée de vie.

Dans une logique d’expansion du réseau autoroutier, 77 kilomètres de nouvelles autoroutes seront également construits, répondant aux besoins croissants de mobilité sur les principaux axes du pays. Enfin, le programme prévoit le dédoublement et le triplement de 305 kilomètres d’axes routiers, afin de fluidifier le trafic et d’accompagner l’augmentation des flux de transport dans plusieurs régions.

En complément, des opérations de réhabilitation spécifiques cibleront les infrastructures affectées par le séisme d’Al Haouz et par les inondations de septembre 2024, afin de restaurer les réseaux dans les zones sinistrées.

>Projets portuaires : modernisation et extension

Le programme portuaire présenté par le ministère de l’Équipement et de l’eau pour l’année 2025 inclut à la fois des projets d’extension, de modernisation et de construction de nouveaux ports. Il convient de préciser que plusieurs de ces projets avaient déjà été engagés au cours des années précédentes. Leur inscription dans le programme de 2025 s’explique par le fait qu’une partie des dépenses associées à leur réalisation reste prévue et budgétisée sur l’exercice 2025.

Voici les principales opérations :

Épargne Enfant. Ce qu’il faut savoir avant de choisir un placement (1)

Il y a un moment que tous les parents redoutent un peu. Ce jour où leur enfant leur dira : « Je pars étudier ailleurs », « J’ai trouvé un logement », ou tout simplement « J’ai besoin d’un coup de main ». Ce moment-là arrive plus vite qu’on ne le pense. Et lorsqu’il se présente, une question revient : qu’avons-nous prévu pour l’aider à démarrer ?

Au Maroc, l’épargne pour les enfants existe, mais reste souvent informelle. Billets offerts à l’occasion de l’Aïd, économies « au cas où »… Des gestes généreux, mais dispersés. Et face à l’inflation, ces montants perdent vite de leur valeur. Ce qui pourrait financer une année d’université aujourd’hui ne suffira peut-être pas demain.

Alors épargner pour son enfant, ce n’est pas seulement mettre de l’argent de côté. C’est mettre en place une stratégie claire, réfléchie, adaptée à ses besoins et à son avenir.

C’est dans cet esprit que Le Boursier de Médias24 vous propose, à partir de ce jeudi 24 avril 2025, et dans les semaines à venir, une série d’articles pour explorer les solutions d’épargne dédiées aux enfants. À travers des décryptages d’offres bancaires et d’assurances, cette série vous donnera toutes les clés pour comparer, comprendre et faire les bons choix, selon votre budget, vos objectifs et l’âge de votre enfant.

Les options disponibles au Maroc

Les banques et les compagnies d’assurance proposent des solutions différentes, chacune avec sa propre logique.

Les banques mettent en avant des produits simples, accessibles et faciles à comprendre. Le plus connu reste le compte sur carnet.

C’est un compte d’épargne rémunéré, dont le taux est fixé deux fois par an par Bank Al-Maghrib. Les parents peuvent y déposer de l’argent à leur rythme. Les fonds restent disponibles à tout moment, sans pénalité en cas de retrait. Ce type de compte convient à ceux qui souhaitent garder leur épargne à portée de main, tout en générant un revenu modeste.

Certaines familles préfèrent immobiliser l’épargne pendant une période définie. Elles peuvent alors se tourner vers un compte à terme.

Ce produit permet de bloquer une somme pour une durée précise, généralement entre six mois et trois ans. En échange, l’établissement propose un taux d’intérêt souvent un peu plus élevé. En revanche, l’argent n’est pas accessible librement, et un retrait anticipé peut réduire le rendement obtenu.

Il existe également des plans d’épargne jeunesse proposés par certaines banques. Ces formules permettent de verser des montants réguliers en vue de constituer un capital à moyen ou long terme.

En plus de ces produits standards, certaines banques proposent des formules spécifiques dénommées épargne éducation. Ce type de solution permet aux parents d’épargner de manière programmée dans le but de constituer un capital destiné à couvrir, le moment venu, des dépenses importantes liées aux études ou à l’entrée dans la vie active. Il peut s’agir des frais de scolarité, d’un logement étudiant, de matériel informatique ou encore d’un besoin de mobilité.

Le fonctionnement est généralement souple. Les parents choisissent le rythme des versements en fonction de leurs capacités financières. Le montant versé n’a pas besoin d’être élevé dès le départ. Ce qui compte, c’est la régularité et la durée. L’épargne se construit progressivement, dans un cadre qui encourage la discipline tout en restant adaptable. Les conditions de sortie, les bonus éventuels ou les taux bonifiés varient d’une banque à l’autre.

Les compagnies d’assurance proposent des solutions d’épargne à caractère éducatif, principalement à travers des contrats dits plans d’épargne éducation. Il s’agit de contrats d’assurance-vie orientés vers la constitution progressive d’un capital, avec une échéance définie à l’avance, généralement calée sur les besoins futurs de l’enfant (entrée dans le supérieur, départ à l’étranger, projet personnel ou professionnel).

Le souscripteur, qui est souvent un parent ou un proche, effectue des versements périodiques, le plus souvent à fréquence mensuelle ou trimestrielle. Ces versements peuvent être fixes ou modulables selon les capacités du foyer. Les sommes versées sont ensuite investies par l’assureur sur des supports financiers définis par le contrat, allant du fonds en dirhams à capital garanti à des supports en unités de compte pour un rendement potentiellement plus élevé, mais exposé à plus de volatilité.

Le rendement servi dépend de la nature du support choisi, de l’horizon d’investissement et de la stratégie retenue. Certains contrats permettent d’opter pour une gestion dite profilée (prudente, équilibrée, dynamique), tandis que d’autres laissent une marge de décision plus large au souscripteur.

À l’échéance, le capital peut être perçu en une seule fois, sous forme de versement unique, ou bien converti en rente périodique, permettant par exemple de couvrir plusieurs années de frais de scolarité. Certains contrats intègrent également des options de transfert partiel avant terme ou de modulation des versements en cours de vie du contrat.

Choisir le bon placement : quels critères prendre en compte ?

Le choix d’un produit d’épargne dépend avant tout de la situation de la famille et de ce qu’elle souhaite construire pour l’enfant. Il n’y a pas de solution universelle, mais plusieurs critères doivent être pris en compte pour faire un choix cohérent et adapté.

Le premier critère est l’horizon de placement. Plus l’enfant est jeune, plus la durée d’épargne est longue. Cela permet d’envisager des produits programmés sur dix ou quinze ans, avec un effort régulier qui bénéficie pleinement des effets de la capitalisation. À l’inverse, lorsque l’enfant approche de l’adolescence, le besoin se rapproche, et l’épargne doit devenir plus disponible, plus prudente. La durée restante influe directement sur le type de produit à privilégier.

Le deuxième critère est l’objectif poursuivi. Financer des études supérieures, un logement, un séjour à l’étranger ou un projet entrepreneurial ne requiert pas les mêmes ressources. Une dépense ponctuelle pourra être couverte par un capital débloqué en une fois, alors qu’un soutien régulier (logement étudiant, frais mensuels) pourra être mieux servi par une sortie en rente. Définir clairement ce à quoi l’épargne est destinée permet d’orienter le choix vers un produit structuré en conséquence.

Le troisième critère concerne le niveau de rendement attendu. Certains produits, notamment en assurance, offrent des options d’investissement plus dynamiques, avec un potentiel de performance plus élevé sur le long terme. D’autres, comme les comptes sur carnet, privilégient la sécurité et la liquidité.

La régularité de l’effort constitue un autre élément clé. Épargner de manière mensuelle ou trimestrielle, même avec des montants modestes, permet de construire un capital solide dans le temps. La constance pèse souvent davantage que le montant initial. Cette logique est au cœur de la plupart des plans d’épargne programmés, qu’ils soient bancaires ou assurantiels.

Il ne faut pas non plus négliger certains aspects pratiques qui peuvent influencer le choix du produit. La fiscalité applicable, par exemple, varie selon le type de placement. Les intérêts des comptes sur carnet sont soumis à une retenue à la source, tandis que les contrats d’assurance peuvent bénéficier d’une fiscalité différée, voire allégée après une certaine durée de détention. Il est important de se renseigner sur le traitement fiscal applicable au souscripteur et à l’enfant au moment du retrait.

Enfin, la question des frais ne doit jamais être négligée. Certains produits comportent des frais d’entrée, de gestion ou de sortie, qui peuvent réduire sensiblement le rendement net perçu. Le bon produit est donc celui qui correspond le mieux à l’âge de l’enfant, au projet visé, au niveau d’implication souhaité par les parents et à la capacité à maintenir l’effort d’épargne dans la durée.

Subventions aux TPME : un plafond de 30% de l’investissement primable

Adopté le jeudi 10 avril en Conseil de gouvernement, le décret relatif au soutien dédié aux très petites, petites et moyennes entreprises (TPME) définit les modalités de mise en œuvre du dispositif ainsi que les conditions d’éligibilité.

>Conditions d’éligibilité :

Le dispositif s’adresse aux entreprises en cours de création ou déjà existantes, répondant aux critères suivants :

– Un chiffre d’affaires ne dépassant pas 200 millions de DH ;

– Le montant global d’investissement doit être supérieur ou égal à un million de DH et inférieur à 50 millions de DH ;

– Le ratio d’emplois stables prévisionnel doit être supérieur ou égal à 1,5 ;

– Une mobilisation de ressources propres ou l’obtention d’un prêt bancaire couvrant au moins 10% du coût total du projet ;

– L’obtention de l’autorisation du chef du gouvernement.

Les TPME nouvellement créées peuvent également bénéficier de ce soutien, sans exigence de chiffre d’affaires.

Le décret introduit également une formule de soutien adaptée aux startups actives dans les domaines des technologies avancées, des industries créatives, culturelles et numériques, ainsi que dans les secteurs innovants. Des conditions d’éligibilité assouplies sont prévues pour ces entreprises, selon leurs spécificités.

>Trois types de primes

Le dispositif prévoit trois types de primes à l’investissement :

Prime à la création d’emploi : accordée selon les critères et taux suivants :

– Prime territoriale : entre 10 et 15% selon la province ou la préfecture. Les critères sont fixés par arrêté ministériel.

– Prime liée aux activités prioritaires : 10% du montant d’investissement primeable.

Les primes sont cumulables dans la limite de 30% du montant d’investissement.

Cema Bois de l’Atlas investit 150 MDH dans la modernisation de ses infrastructures

Cema Bois de l’Atlas, entreprise marocaine spécialisée dans la production de panneaux, la menuiserie industrielle et les meubles en kit, a annoncé un investissement de 150 millions de DH pour moderniser ses infrastructures et renforcer sa compétitivité.

Avec deux unités de production situées à Casablanca et Meknès, l’entreprise injecte 120 millions de DH dans la modernisation des lignes de fabrication de panneaux, et 30 MDH pour développer l’atelier kit. Cette initiative vise à répondre à une demande locale en forte croissance et à anticiper les transformations du marché dans les années à venir, explique un communiqué de l’entreprise.