En comparaison avec l’année 2022, où l’investissement du ministère de l’Équipement et de l’eau dans les infrastructures était de 44 MMDH, cette prévision traduit une progression de 59% en trois ans. Cette hausse s’inscrit dans le cadre d’une politique d’accélération des projets d’infrastructures pour accompagner la dynamique économique et les besoins croissants en équipements structurants.
Dans sa présentation des projets d’investissement du ministère, Nizar Baraka a fait le tour, par secteurs, des principaux projets de l’année 2025.
Pour ce qui est des enveloppes budgétaires dédiées à chaque secteur relevant du ministère, la répartition se présente comme suit :
- Routes et autoroutes : 24,355 MMDH (35% de l’enveloppe globale) ;
- Eau et météorologie : 12 MMDH (17%) ;
- Portuaire et maritime : 4,222 MMDH (6%) ;
- Équipements publics (voies et bâtiments) : 29,592 MMDH (42%).
Parallèlement, un montant de 3,23 MMDH est affecté aux prestations d’études et de suivi des projets (consulting), traduisant l’importance accordée à la qualité de la maîtrise d’ouvrage et à l’accompagnement technique.
Un impact direct sur l’emploi et la demande en matériaux de construction
La mise en œuvre de ces projets devrait générer environ 27,5 millions de jours de travail, selon les estimations avancées par le ministre. Ce volume d’emploi temporaire intervient dans un contexte où l’année 2025 a été désignée par le gouvernement comme « année du marché du travail », avec pour objectif de renforcer les opportunités professionnelles à travers les grands chantiers publics.
« Étant donné que le gouvernement a déclaré l’année 2025 comme année du marché du travail, ces projets vont générer près de 27,5 millions de jours de travail« , a indiqué le ministre de l’Équipement et de l’eau, Nizar Baraka, lors de sa présentation.
Par ailleurs, l’ampleur des projets programmés se traduit par des besoins considérables en matériaux de construction.
Le ministère prévoit ainsi :
- 2 millions de tonnes de ciment ;
- 800.000 tonnes d’acier ;
- 700.000 tonnes de bitume ;
- 1.500 kilomètres de conduites pour les réseaux d’adduction et d’assainissement ;
- 6 millions de mètres cubes de béton.
Dans le même sens, il est à noter que le programme prévisionnel des projets de construction et de travaux publics pour l’année 2025, présenté par le ministre du Transport et de la logistique, Abdessamad Kayouh, prévoit un investissement public global dépassant 20 MMDH pour le financement de 140 marchés.
Le secteur ferroviaire captera à lui seul 58% du volume total, avec 63 marchés de travaux pour un montant de 11,55 MMDH et 21 marchés d’études pour une enveloppe de 122 MDH.
Dans le secteur aéroportuaire, l’Office national des aéroports (ONDA) prévoit un budget de 8,34 MMDH, réparti entre 21 marchés de travaux et 5 marchés d’études d’une valeur totale de 29 MDH.
Concernant la logistique, l’Agence marocaine de développement de la logistique (AMDL) engagera 4 marchés d’aménagement de zones logistiques et 7 marchés d’études, pour un investissement global de près de 540 MDH.
Enfin, la Société nationale des transports et de la logistique (SNTL) prévoit de lancer 9 marchés de travaux pour un montant de 16,6 MDH, ainsi que 10 marchés d’études pour un budget de 12,7 MDH.
Infrastructures routières et portuaires : les projets majeurs de 2025
Dans la continuité de sa présentation, Nizar Baraka s’est penché sur les principaux projets d’infrastructures, notamment routiers et portuaires. Voici l’essentiel à retenir.
Concernant les infrastructures routières, plusieurs projets structurants sont programmés pour l’année 2025. En matière de réseau routier, le programme prévoit une série d’interventions visant à renforcer l’accessibilité et la qualité des infrastructures existantes. Il est ainsi prévu la mise à niveau de 1.075 kilomètres de routes déjà en service. Parallèlement, 75 ouvrages d’art feront l’objet de travaux de reconstruction ou de maintenance pour préserver leur fonctionnalité et prolonger leur durée de vie.
Dans une logique d’expansion du réseau autoroutier, 77 kilomètres de nouvelles autoroutes seront également construits, répondant aux besoins croissants de mobilité sur les principaux axes du pays. Enfin, le programme prévoit le dédoublement et le triplement de 305 kilomètres d’axes routiers, afin de fluidifier le trafic et d’accompagner l’augmentation des flux de transport dans plusieurs régions.
En complément, des opérations de réhabilitation spécifiques cibleront les infrastructures affectées par le séisme d’Al Haouz et par les inondations de septembre 2024, afin de restaurer les réseaux dans les zones sinistrées.
>Projets portuaires : modernisation et extension
Le programme portuaire présenté par le ministère de l’Équipement et de l’eau pour l’année 2025 inclut à la fois des projets d’extension, de modernisation et de construction de nouveaux ports. Il convient de préciser que plusieurs de ces projets avaient déjà été engagés au cours des années précédentes. Leur inscription dans le programme de 2025 s’explique par le fait qu’une partie des dépenses associées à leur réalisation reste prévue et budgétisée sur l’exercice 2025.
Voici les principales opérations :
- Extension du port Tanger Med Passagers : prévue à partir de 2025, pour un coût estimé à 3,56 MMDH.
- Extension du port de Jebha (deuxième tranche) : investissement cumulé de 266 MDH entre 2022 et 2025.
- Port Nador West Med : coût global de 11,59 MMDH entre 2019 et 2025.
- Prolongement de la jetée Moulay Youssef à Casablanca : opération en cours, avec 1,16 MMDH investis sur 2022-2026.
- Nouveau port de Safi (deuxième phase) : budget mobilisé de 4,1 MMDH pour la période 2023-2025.
- Nouveau port phosphatier de Laâyoune (porté par l’OCP) : projet estimé à 6 MMDH pour 2023-2025.
- Nouveau port de Dakhla Atlantique : représentant un investissement de 12,65 MMDH pour la période 2021-2028.