Contrats de nappes : 4 signés, 15 finalisés et 14 en cours d’élaboration (Nizar Baraka)

« L’instauration progressive des contrats de nappe a pour objectif de mettre fin à la surexploitation des ressources souterraines en eaux, estimées actuellement à une capacité de renouvellement annuelle de 4 milliards de m³ (MMm³) », affirme Nizar Baraka lors de l’événement organisé par Médias24 autour de la problématique de l’eau, le 12 juin à Casablanca.

« Actuellement, la consommation des ressources des nappes est largement supérieure à notre capacité de renouvellement », a-t-il déploré, « c’est ce qui fait que le Maroc se retrouve dans une situation hydrique de plus en plus compliquée dans un certain nombre de territoires ».

4 contrats de nappes déjà signés

Selon le ministre, la dotation par personne a baissé de 2 560 m³/hab/an à 600 m³/hab/an actuellement. Ce niveau est inférieur à 1 000 m³/hab/an, reconnu comme seuil de stress hydrique. « On se rapproche donc du niveau de pénurie hydrique, qui correspond à 500 m³/ha/an », a-t-il souligné.

« Pour faire face à cette situation, nous allons, entre autres, mettre en place une comptabilité de l’eau. Nous ne disposons pas d’assez d’informations sur les nappes. On est donc en train de travailler sur les eaux souterraines pour connaître leur situation réelle ».

On se rapproche du niveau de pénurie hydrique, qui correspond à 500 m³/ha/an

« À ce jour, 4 contrats de nappe ont été signés, 15 ont été élaborés et 14 sont en cours d’élaboration », a déclaré Nizar Baraka. « L’objectif est de couvrir l’ensemble des nappes du Royaume, de mieux les connaître pour mieux les gérer ».

Et d’expliquer : « Dans ces contrats de nappes, on réunit l’ensemble des usagers de l’eau, ainsi que la part qu’aura à consommer chaque usager en fonction de ses besoins, mais aussi des capacités hydriques existantes ».

« On souhaite avoir une véritable gestion intégrée de l’eau de ces nappes, une gestion participative, évolutive, qui s’inscrit dans une logique de long terme ». Il est par ailleurs « important de sensibiliser les citoyens, les industriels ainsi que le secteur du tourisme sur la nécessité d’économiser et de préserver l’eau ».

Dans le cadre de ces contrats de nappes, et pour s’assurer que les quotas autorisés sont respectés, « 70 compteurs intelligents ont déjà été installés ». Leur généralisation se fera de manière progressive.

« Le cadastre de l’eau a démarré »

En réponse à une question de Médias24, le ministre de l’Équipement et de l’Eau a révélé par ailleurs que « l’élaboration du  cadastre de l’eau a démarré. Ce cadastre, où l’eau a toute sa place, est multiservice. Nous avons travaillé avec l’Agence foncière sur le projet, en commençant par la région de Tensift comme expérience modèle, pour une généralisation progressive sur l’ensemble du territoire ».

En ce qui concerne les puits, Nizar Baraka a souligné que « 90% des puits au Maroc sont illégaux ». Pour pallier cette problématique, « nous avons élaboré un avant-projet de décret pour assurer leur régularisation. Ce texte est actuellement au niveau du Secrétariat général du gouvernement (SGG). Cette régularisation sera conditionnée par le fait d’avoir un compteur ».

90% des puits au Maroc sont illégaux. Nous avons élaboré un avant-projet de décret pour assurer leur régularisation.

« C’est un peu la procédure qui va être mise en place dans le futur, de manière progressive, en fonction du rythme de régularisation », a-t-il conclu.

Nizar Baraka : « 16 nouveaux grands barrages en cours de construction et 150 petites structures sont programmées »

« La politique des barrages au Maroc a connu une amplification inédite depuis l’ascension du Roi Mohammed VI au Trône, qui s’est traduite par un maillage dense et équilibré. Les barrages construits sont répartis sur l’ensemble du territoire« , c’est ce qu’a déclaré Nizar Baraka, ministre de l’Équipement et de l’Eau, jeudi 12 juin, lors d’une conférence débat organisée par Médias24 autour de la question de l’eau.

« Avec cette vision anticipative, le Royaume a pu affronter les sept dernières années de sécheresse, évitant ainsi les effets dévastateurs constatés dans d’autres pays étrangers qui ont subi les mêmes défis climatiques que le Maroc », a-t-il ajouté.

Il a rappelé que sans la surélévation du barrage Sidi Mohammed Ben Abdellah voulue par le Roi dès 2007, jamais l’interconnexion du Sebou au Bouregreg n’aurait pu se faire de cette manière. Cette interconnexion a sauvé l’alimentation de Casablanca en eau potable grâce au transfert d’eau.

Une réduction des délais de réalisation des barrages de 6 mois à 3 ans

À l’occasion de cet événement, M. Baraka a fait le point sur les barrages construits à ce jour et ceux en cours. D’après lui, une dizaine de barrages ont été construits depuis 1999. Ils sont illustrés dans la carte ci-dessous.

« Nous avons notamment achevé la construction des barrages de Tiddas, de Toudgha, d’Agdez, de Fask, de Mdez, de Koudiat Borna et de Rhiss« , lesquels ont été mis en service depuis 2022. Mais le plus important à noter, « c’est que nous avons réduit le temps de réalisation des barrages de 6 mois à 3 ans ».

16 nouveaux grands barrages en cours de construction

Outre ces barrages existants, « 16 nouveaux barrages sont actuellement en cours de construction », comme le montre la carte ci-dessous.

« Ces structures répondent à une logique territoriale et se trouvent ainsi sur l’ensemble du territoire marocain. On retrouve notamment des barrages dans la région de Sakia El Hamra, ou encore dans la région de Guelmim ».

Selon l’exposé du ministre, les barrages de Rhiss, Sidi Abbou et Koudiat Borna dépassent déjà 90% d’avancement. Ait Ziat, Beni Azimane, Sakia Al Hamra et Targa ou Madi dépassent pour leur part 70% de réalisation. Le barrage Ribat El Kheir est quant à lui  à 7% de réalisation.

Par ailleurs, trois nouveaux barrages moyens sont en cours de construction. Il s’agit de Tassa Wirgane, dans la province d’El Haouz, de Msalit dans la région de Tata et de Ain Ksob dans la province de Benslimane.

En ce qui concerne les petits barrages, 38 sont en cours de réalisation et plus de 150 sont programmés.

La majorité des barrages répondent à la logique des autoroutes de l’eau.

« La majorité de ces barrages répondent aussi à la logique des autoroutes de l’eau », a par ailleurs souligné Nizar Baraka. « Il s’agit notamment de barrages dont la construction sera bientôt lancée, tels que le barrage de Bou Ahmed, au niveau de Chefchaouen ».

« C’est d’ailleurs pour cette raison que le Roi Mohammed VI a insisté sur les zones pluvieuses, le but étant de réaliser la fameuse autoroute de l’eau, allant de Laou jusqu’à Oum Er-Rabia ».

Et de poursuivre : « cette politique fait qu’au-delà de cet aspect hydrique, ces barrages répondent à plusieurs objectifs majeurs, dont le premier est d’atteindre 25 MMm³, pour pouvoir atténuer l’impact du changement climatique, en réduisant les crues, en protégeant les citoyens et en stockant de l’eau ».

« Cette politique permettra aussi l’émergence de nouvelles activités agricoles, qui vont générer de l’emploi ».

Par ailleurs, « pour protéger ces barrages, nous travaillons sur le désenvasement et la collecte des eaux pluviales ». Dans ce sens, le désenvasement du barrage Ighboula dans la province de Midelt et d’Imi El Kheng dans la province de Taroudant est en cours de réalisation.

En ce qui concerne la collecte des eaux pluviales à travers les toitures et les métfias, 21 provinces sont concernées par environ 300 projets sur la période 2021-2025. Il s’agit notamment de Khouribga, de Taza, de Sidi Ifni, de Guelmim, de Boujdour, d’Es Smara, des Rehamna, de Safi, de Figuig, d’Agadir, de Chtouka Ait Baha, de Tiznit, de Tata, de Taroudant, de Chefchaouen, de Mdiaq Fnideq, de Tétouan, d’Essaouira, de Mohammedia, de Midelt et de Tinghir.

Cette politique des barrages avance en parallèle avec celle du dessalement de l’eau de mer, mais aussi avec celle relative à l’économie de l’eau et à la protection des eaux souterraines. Elle vient répondre à des objectifs clairs définis par le Roi Mohammed VI : garantir l’accès à l’eau potable pour tous les Marocains, où qu’ils se trouvent. Il s’agit également d’assurer 80% des besoins en irrigation, un autre objectif ambitieux mais essentiel pour préserver la sécurité alimentaire du pays.

Il est important de noter que la part des eaux de surface consacrée à l’irrigation est passée de 85% à 55% au cours des dernières années. Cette évolution reflète une nouvelle hiérarchisation des usages, où la priorité a été donnée à l’eau potable, dont la part dans les eaux de surface a progressé de 15% à 45%.

« Le Maroc ambitionne de produire 1,7 milliard de m³ d’eau dessalée d’ici 2030 » (Nizar Baraka)

Aujourd’hui, nous faisons face à un contexte particulier qui nécessite de rappeler un certain nombre d’éléments. « Le Maroc dispose de ressources en eau naturelles estimées à 22 milliards de m³ (MMm3)« , a souligné Nizar Baraka, intervenant lors de cet événement. Toutefois, « la répartition des précipitations reste très inégale : 53% des précipitations se concentrent sur seulement 7% du territoire ». Une situation qui engendre d’importantes disparités régionales.

Il est également important de souligner que les effets du changement climatique commencent à se faire fortement ressentir. « On observe une baisse tendancielle des apports en eau de surface », a souligné le ministre. « Actuellement, ces apports sont estimés à 14 MMm³, mais au cours des sept dernières années, ils ont été encore plus faibles, avec une moyenne de seulement 5 MMm³ ». Ce qui témoigne d’une véritable chute des ressources en eau disponibles.

Dessalement : « L’objectif est d’atteindre une capacité de production de 1,7 MMm3 »

Pour pallier cette situation, « le Royaume a fourni d’importants efforts au fil des années, afin de renforcer sa sécurité hydrique. Le pays compte aujourd’hui 154 grands barrages, d’une capacité totale de 20,7 MMm³, ainsi que 150 petits et moyens barrages ».

En outre, « 17 stations de dessalement d’eau de mer ont été mises en place, avec une capacité de production de 320 millions de m³ (Mm³), contre seulement 40 Mm³ en 2021. L’objectif est d’atteindre une capacité de 1,7 MMm³ à l’horizon 2030″.

« Aujourd’hui, nous assistons à un véritable changement de paradigme dans la politique de l’eau au Maroc. Une première inflexion majeure est en cours. Il ne s’agit plus uniquement de développer les ressources conventionnelles, telles que les barrages et les nappes phréatiques, mais de s’orienter vers une approche de mix hydrique. Celle-ci combine ressources conventionnelles et non conventionnelles, économie d’eau et préservation des eaux souterraines ».

C’est une vision à long terme, qui reflète la capacité du pays à s’adapter aux effets du changement climatique tout en assurant la durabilité de ses ressources.

Par ailleurs, « une nouvelle logique de solidarité territoriale est en train d’émerger. Alors que, historiquement, les zones rurales alimentaient en eau les villes côtières, on assiste désormais à un renversement de cette dynamique. Grâce au dessalement, les villes côtières pourront transférer une partie de leurs ressources vers les zones rurales. Cela permettra non seulement de renforcer le développement du monde rural, mais aussi de consolider la souveraineté alimentaire du pays ».

17 stations de dessalement existantes, avec une capacité totale de 320 Mm3

Nizar Baraka a, à cette occasion, fait le point sur les projets existants et ceux en cours. « Nous sommes actuellement à 17 projets existants, avec une capacité de production totale de 320 Mm³« .

« Nous allons passer à 532 Mm³ avec les projets déjà en cours, notamment la station de dessalement de Dakhla, la nouvelle station de Safi que l’OCP est en train de mettre en place, ainsi que l’extension d’autres stations ».

En effet, quatre projets de dessalement sont en cours. Il s’agit de :

– La station de Casablanca, qui fournira l’eau potable et d’irrigation, avec une capacité totale de 300 Mm³/an. La première tranche de cette station est prévue pour être finalisée en 2026, avec une capacité de 200 Mm³/an.

– La station de Dakhla, dont les ressources seront dédiées à l’eau potable et à l’irrigation, avec une capacité de production de 37 Mm³/an.

– L’extension de la station de Jorf Lasfar, qui fournira de l’eau pour l’industrie et servira à approvisionner la région en eau potable. Cette station fournira 60 Mm³ supplémentaires à la région, dont 25 Mm³ dédiés à l’eau potable.

– L’extension de la station de Safi (industrie et eau potable). Une capacité de 135 Mm³ sera ajoutée à cette station, dont 100 Mm³ dédiés à l’eau potable.

9 stations de dessalement programmées

En ce qui concerne les projets futurs de dessalement, neuf stations sont programmées, ainsi que quatre extensions.

« Grâce au méga-deal signé avec Taqa, Nareva, le Fonds Mohammed VI et les Émiratis, nous allons avoir la station de l’Oriental d’une capacité de 300 Mm³, celle de Sous-Massa (350 Mm³), de Rabat (300 Mm³), de Tanger (150 Mm³), de Guelmim et de Tan-Tan avec une capacité combinée de 100 Mm³, sans parler des petites stations programmées à Essaouira (12,8 Mm³/an) et à Tarfaya (60 Mm³/an)… ».

Il s’agit là des stations programmées, en plus de celle de Boujdour (60 Mm³/an) qui servira à l’irrigation. En ce qui concerne les projets d’extension, ils seront opérés au niveau des stations de :

Agadir (eau potable et irrigation), avec 45,7 Mm³ supplémentaires par an ;

Safi (industrie et irrigation), avec 45 Mm³ supplémentaires par an ;

El Jadida (industrie et irrigation), avec 95 Mm³ supplémentaires par an ;

Tarfaya (eau potable), avec 0,47 Mm³ supplémentaires par an.

Plusieurs stations de dessalement seront réalisées dans le cadre de ce méga-deal

« Si on a aujourd’hui ce programme massif de stations de dessalement, c’est grâce à la volonté du Souverain et à cet accord important qui porte sur un investissement de 14 milliards de dollars » a souligné Nizar Baraka.

« Il s’agit d’un projet intégré. Nous avons des projets de dessalement avec une capacité de production prévue de 900 Mm³, hors Rabat. La plupart des autres stations seront financées et réalisées dans le cadre de ce consortium ».

« Nous allons aussi produire les énergies renouvelables nécessaires à la réalisation de ces projets. Sur les 1,7 MMm3 prévus de dessalement, 500 Mm³ seront dédiés à l’irrigation et à l’agriculture. Nous sommes donc dans une logique de nexus eau-énergies renouvelables-sécurité alimentaire ».

« Ce qui est extraordinaire dans ce projet », ajoute le ministre, « c’est que nous allons transférer cette énergie renouvelable qui sera essentiellement produite au sud du pays, notamment à Dakhla et à Guelmim, vers le nord du Royaume, à Casablanca par exemple. Il s’agit d’une ligne électrique de 1.400 km, d’une capacité de 3.000 MW ».

« Il y aura aussi la station de Tahaddart qui entre dans le cadre de ce deal. Lorsqu’on met dans le réseau de l’énergie intermittente qu’est l’énergie renouvelable, nous avons besoin de compenser cela par de l’électricité à base de gaz pour pouvoir assurer l’équilibre au niveau de l’ensemble des connexions électriques. C’est donc un projet très important », a conclu Nizar Baraka.

Le détail du méga-deal conclu le 19 mai 2025.

Autoroute de l’eau Laou-Oum Er-Rbia : Nizar Baraka fait le point sur les prochaines étapes du projet

« Le projet royal de l’autoroute de l’eau, allant de Laou à Oum Er-Rbia, dont la première tranche a été finalisée en octobre 2023, a permis le transfert d’environ 700 millions de m³ jusqu’à aujourd’hui », a déclaré Nizar Baraka à l’occasion de la conférence-débat, les Grands Rendez-vous de Médias24, organisée jeudi 12 juin à Casablanca.

« Cela a permis de répondre au besoin de 11 millions d’habitants et d’éviter les coupures d’eau, notamment à Casablanca« .

« Ce projet sera réalisé en trois phases importantes », a par ailleurs souligné Nizar Baraka. « La seconde, qui permettra d’atteindre 800 Mm³, fait partie du méga-deal signé récemment avec les Émiratis, Taqa, Nareva et le Fonds Mohammed VI ».

« La troisième phase démarrera une fois que les nouveaux barrages prévus dans la zone du Nord seront finalisés », a précisé le ministre. « Avec cette troisième phase, nous passerons à 1,2 milliard de m³ qui seront transférés par an, afin de répondre essentiellement aux besoins en agriculture, mais aussi en eau potable ».

Barrages : 6,57 milliards de m³ d’eau stockés au 11 juin 2025 (Nizar Baraka)

Au 11 juin 2025, les réserves disponibles au niveau des retenues des barrages sont de l’ordre de 6,57 milliards de m³ (MMm³), a annoncé le ministre lors de cette nouvelle édition des Grands Rendez-Vous de Médias24.

Les apports hydriques en amélioration par rapport à l’an passé

Dans le détail, le bassin de Sebou affiche les apports les plus élevés, de l’ordre de 1,33 MMm³, enregistrés entre le 1ᵉʳ septembre 2024 et le 11 juin 2025, a fait savoir Nizar Baraka lors de l’événement de Médias24 dédié aux défis de l’eau.

Ces apports restent toutefois en deçà de la normale enregistrée durant la même période. L’écart s’élève à -67,9%. Par rapport à l’an passé, les apports de ce bassin se sont améliorés de 14%.

Le bassin de Sebou est suivi de celui de l’Oum Er-Rbia, dont les apports s’élèvent à 747,2 millions de m³ (Mm³) sur la même période. Il est en amélioration de près de 16% par rapport à l’an passé. Ces apports restent toutefois faibles par rapport à la normale enregistrée durant la même période. L’écart s’élève à -74,2%.

En troisième position, l’on retrouve le bassin de la Moulouya avec des apports s’élevant à 532,6 Mm³ (+85,9% par rapport à l’an passé et -46% par rapport à la normale), puis celui du Loukkos avec des apports de 483,6 Mm³ (-28,3% par rapport à l’an passé et -65,2% par rapport à la normale durant la même période).

Le bassin du Tensift a enregistré les apports les plus faibles jusqu’au 11 juin 2025, s’élevant à 86,7 Mm3, en baisse de 75% par rapport à la normale durant la même période et de 12,3% par rapport à l’an passé.

Il s’agit donc du bassin le plus impacté par la succession des années de sécheresse. Les précipitations enregistrées en début d’année n’ont pas été suffisantes pour améliorer sa situation hydrique.

En termes de taux de remplissage, le bassin du Bouregreg-Chaouia affiche un taux de 64,8%, soit le plus élevé du Royaume. Il est suivi de celui du Loukkos (59,51%). Le bassin de Sebou affiche un taux de remplissage de 52,26%, contre 41,57% pour la Moulouya et 51,03% pour le bassin du Tensift. Le taux de remplissage du bassin de Souss-Massa s’élève quant à lui à 20,83%.

Malgré la baisse des réserves, les besoins en eau potable sont satisfaits

Lors de sa présentation, Nizar Baraka a par ailleurs souligné que la période allant de 2018 à 2024 a été marquée par une succession d’années sèches, avec des taux de déficit annuels estimés à 54% (2019), 71% (2020), 59% (2021), 85% (2022), 66% (2023) et 71% (2024) par rapport à la moyenne annuelle des apports en eau.

En effet, les apports en eau sont passés de 10,8 MMm³ en 2017-2018 à 3,8 MMm³ en 2019-2020, puis à 3,37 MMm³ en 2023-2024.

Le remplissage des barrages a également emprunté une tendance baissière, passant de 8,9 en 2017-2018 à 4,4 MMm³ en 2023-2024.

Ces ressources étaient réparties entre l’irrigation et la fourniture de l’eau potable. La part relative à l’eau potable est restée stable depuis 2017-2018, autour de 743 Mm³ (2017-2018) et de 910 Mm³ en 2023-2024. La part de l’irrigation a commencé à baisser depuis 2018-2019, passant de 3,176 MMm³ à environ 1 MMm³ en 2023-2024.

Toutefois, « malgré la diminution des réserves en eau des barrages, les besoins en eau potable sont satisfaits », a déclaré le ministre de l’Eau, et ce à travers :

– le recours au dessalement de l’eau de mer, notamment à Agadir, Al Hoceima, Casablanca-Sud, Settat, El Jadida et Safi, en plus d’autres villes et centres des provinces du Sud dont principalement Laâyoune et Tarfaya, Boujdour et Guerguarat ;

– la mise en service de l’interconnexion du barrage de Garde Sebou au barrage Sidi Mohamed Ben Abdellah ;

– le renforcement de l’approvisionnement en eau par les eaux souterraines ;

– la priorisation de l’eau potable en fonction de la réserve d’eau disponible et la détermination des programmes des fournitures de l’eau d’irrigation en coordination avec le ministère de l’Agriculture.

 

4 stations de dessalement en cours de construction et 9 autres programmées

En ce qui concerne le dessalement de l’eau de mer, 17 projets de stations existent déjà dans plusieurs régions du pays, avec une capacité de production annuelle de 320,3 Mm³.

Quatre projets sont en cours de réalisation, avec une capacité totale de 532 Mm³/an. Il s’agit de :

La station de Casablanca, qui fournira l’eau potable et l’eau d’irrigation, avec une capacité totale de 300 Mm³/an. La première tranche de cette station est prévue pour être finalisée en 2026, avec une capacité initiale de 200 Mm³/an.

– La station de Dakhla, dont l’eau sera dédiée à l’approvisionnement en eau potable et à l’irrigation, avec une capacité de production de 37 Mm³/an.

L’extension de la station de Jorf Lasfar, qui fournira de l’eau pour l’industrie ainsi que de l’eau potable. Cette station sera dotée d’une capacité supplémentaire de 60 Mm³, dont 25 Mm³ seront dédiés à l’eau potable.

– L’extension de la station de Safi (industrie et eau potable). Une capacité supplémentaire de 135 Mm³ sera ainsi ajoutée à cette station, dont 100 Mm³ dédiés à l’eau potable.

Neuf stations sont par ailleurs programmées, ainsi que l’extension de quatre stations existantes à Agadir, Tarfaya, Safi et El Jadida.

Occupation illégale, dégradation, recul du trait de côte : l’État renforce le contrôle et la protection du domaine public maritime

Le ministère de l’Équipement et de l’Eau a pris l’initiative d’organiser, ce mardi 20 mai 2025 à Rabat, une journée d’étude nationale consacrée à la gestion durable du domaine public maritime.

Le sujet est d’actualité. L’événement intervient dans un contexte où l’occupation illégale du littoral constitue encore une problématique préoccupante, et où l’amplification des effets des changements climatiques menace plus gravement les populations côtières, représentant plus de 50 % de la population marocaine.

De plus, les opérations de libération du domaine public maritime se sont multipliées lors des deux, trois dernières années.

Nizar Baraka : nous avons une responsabilité collective pour protéger ce domaine

Lors de son discours d’ouverture, Nizar Baraka a précisé que l’enjeu prioritaire consiste à orienter les politiques publiques vers une valorisation durable de l’espace maritime, tout en développant des activités économiques rentables qui préservent les équilibres écologiques littoraux.

Cette approche exigera la mise en œuvre de schémas territoriaux permettant de concilier trois objectifs indissociables : la protection du domaine public maritime, son adaptation aux évolutions d’usage et le renforcement de sa résilience climatique.

Nizar Baraka journée d'étude nationale sur le domaine public maritime
Nizar Baraka, ministre de l’Équipement et de l’Eau, lors de son allocution à la journée d’étude sur le domaine public maritime

En vue d’une approche participative de réforme, Nizar Baraka a fait savoir que son ministère a organisé 6 ateliers régionaux (les trois ateliers restants seront programmés dans les semaines à venir) dans les régions littorales afin de concrétiser une feuille de route pour le littoral.

Ces ateliers ont principalement réuni les représentants locaux et les services déconcentrés des administrations concernés, afin d’identifier pour chaque région à part les principaux enjeux et défis liés à la gestion du domaine public maritime.

« Face à ces défis, nous avons une responsabilité collective pour protéger ce domaine, le valoriser et planifier son exploitation de manière rationnelle, équilibrée et durable, garantissant ainsi sa pérennité et sa préservation pour les générations futures », a conclu Nizar Baraka.

Sanae El Amrani : 18% du littoral présentent une vulnérabilité aux risques naturels

Afin de contrôler le domaine public maritime, le ministère de l’Equipement et de l’Eau développe plusieurs projets mobilisant les dernières avancées technologiques de suivi. Ces projets permettront de disposer d’un outil d’aide à la décision pour la planification et la gestion du domaine public maritime.

Ces travaux de développement s’articulent autour de six axes principaux : le diagnostic foncier du domaine public maritime, l’Atlas des potentiels marins et côtiers, la cartographie et le suivi du trait de côte, la carte de vulnérabilité des côtes aux risques naturels et à la pollution marine accidentelle, ainsi que les études spécifiques de protection du littoral.

Sanae El Amrani, directrice des ports et du domaine public maritime au sein du ministère de l’Équipement et de l’Eau

Ces données, développées par le ministère, formeront une base de connaissances partagée avec tous les acteurs institutionnels.

Ces informations orientent déjà les travaux des commissions régionales unifiées d’investissement (CRUI) relevant des centres régionaux d’investissement et guident les projets et documents de planification (plan national du littoral et schéma régional du littoral) pour la protection du domaine public maritime national.

Actuellement, le ministère dispose d’une couverture complète du littoral marocain par imagerie satellite haute résolution du satellite Mohammed VI fournie par le Centre Royal de Télédétection spatiale (CRTS) .

Sanae El Amrani, directrice des ports et du domaine public maritime, a indiqué que d’après les dernières études techniques du ministère, 18 % des côtes marocaines, représentant plus de 600 kilomètres, présentent une vulnérabilité aux risques naturels, qu’il s’agisse d’érosion côtière ou de submersion marine ou d’ensablement.

Pour chaque région, les études techniques (levés bathymétriques, études sédimentologiques, modélisations, etc.) menées par le ministère de l’Équipement visent à identifier précisément les zones et l’évolution de chaque risque naturel pouvant affecter le littoral.

Des exemples concrets de risques

Par exemple, dans la région de Marrakech-Safi, les études ont révélé une très forte vulnérabilité à l’érosion et à la submersion marine près de la centrale thermique de Safi. Cette zone a enregistré un indice côtier de 2,68, alors qu’un indice de vulnérabilité faible ne dépasse généralement pas 1,5.

De même, au niveau de la région de Rabat-Salé-Kénitra, l’ensemble des aléas naturels ont été cartographié. Ces cartes servent désormais d’outil à la planification urbaine, surtout que des zones comme Harhoura présentent des risques d’érosion et de submersion marines, comme fut le cas de la promenade de Temara.

Carte de vulnérabilité de la zone Harhoura aux risques naturels (Ministère de l’Équipement et de l’Eau)

À cela s’ajoute une veille permanente du trait de côte pour chaque région côtière, ainsi que pour les zones signalées par les directions provinciales de l’Équipement et de l’Eau.

Du ciel, ce suivi est assuré en continu grâce aux images du satellite Mohammed VI, permettant une actualisation régulière des données pour ces zones.

En plus du suivi des aléas naturels, ce monitoring par imagerie satellitaire permet également de détecter les diverses formes d’occupation illégale du domaine public maritime.

L'évolution du trait de côte entre 2009 et 2023 au niveau de Kariat Arkemane.
L’évolution du trait de côte entre 2009 et 2023 au niveau de Kariat Arkemane (travaux du ministère de l’Équipement et de l’Eau par imagerie satellitaire Mohammed VI).

 

Les constructions situées à Kariat Arkmane sont quotidiennement menacées d'effondrement en raison de l'érosion marine imminente
Plusieurs constructions situées à Kariat Arkmane (province de Nador) sont quotidiennement menacées d’effondrement en raison de l’érosion marine imminente.

Ces études techniques ne se limitent pas seulement à la détection de l’aléa, mais constituent une première étape pour proposer la solution la plus efficace.

À ce jour, le ministère a mobilisé une enveloppe d’investissement de 457 millions de dirhams sur les quatre dernières années pour des projets de protection du littoral et des infrastructures maritimes des zones identifiées comme vulnérables.

Sur le plan administratif, les efforts du ministère de l’Équipement ont permis de délimiter 79 % du domaine public maritime. Cette délimitation faisant l’objet d’une officialisation par décret représente un élément essentiel pour sa protection juridique.

Qu’en est-il de la protection juridique du domaine public maritime ?

En plus du ministère de l’Equipement et de l’Eau, plusieurs institutions et administrations partagent la mission de la protection du domaine public maritime, à savoir le ministère de l’Intérieur, le ministère de la transition énergétique et du développement durable, le ministère de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme…

En amont, Khalil Bensami, membre du CESE, a critiqué l’absence d’une gouvernance efficace du littoral. Selon lui, la gouvernance demeure fragmentée par la faible convergence des politiques publiques, la multitude des intervenants et la diversité des outils de planification et de leurs chevauchements (l’exemple du schéma régional de l’aménagement du territoire et du schéma régional du littoral).

M. Bensami a rappelé les recommandations antérieures du CESE qui préconisent principalement trois mesures :

  1. repenser la gouvernance et la gestion des zones littorales afin de renforcer la coordination interinstitutionnelle.
  2. élaborer une nouvelle génération de documents d’urbanisme établis sur des études scientifiques et une approche participative.
  3. régler la situation des constructions situées dans le domaine public maritime ou dans la bande littorale des 100 mètres non constructibles.

Parmi les formes d’exploitation illégale du domaine public maritime figure l’extraction de sable littoral, une activité strictement interdite sans autorisation.

Le ministère de l’Équipement et de l’Eau, en concertation avec le département du Développement durable, a soumis un projet de décret au Secrétariat général pour étude et adoption. Ce texte limitera les autorisations d’exploitation de sable aux seules bandes dunaires ne présentant pas de déséquilibre écologique, ainsi qu’aux opérations de dragage.

Par ailleurs, le régime des infractions constitue un instrument essentiel pour la préservation du domaine public maritime, mais, sur le plan juridique, ce dispositif présente des lacunes. Ces dernières en limitent l’efficacité, particulièrement en ce qui concerne la sécurisation juridique des procédures de démolition (par exemple le chevauchement de la loi 12-90 sur l’urbanisme et le Dahir de 1926 relatif au contrôle du domaine public maritime).

Plusieurs difficultés majeures entravent la protection du domaine public maritime. Il existe une complexité notable dans la vérification de la situation des propriétés foncières implantées sur ce domaine.

Ensuite, il existe un retard persistant dans l’application de l’article 46 de la loi relative au littoral. Cet article prévoit la mise en place d’agents assermentés, délégués par l’administration et les collectivités territoriales, pour constater et enquêter sur les infractions sur le domaine public maritime.

Enfin, certains conservateurs continuent de livrer des titres fonciers empiétant ou mitoyant le domaine public maritime.

Dans ce sens, le ministère de l’Intérieur a développé une approche de libération du domaine public maritime le long du littoral de Chtouka-Ait Baha, fondée sur un processus clair comprenant les étapes suivantes :

les habitations du village de Tifnit se situe à quelques mètres de la mer
Les habitations du village de Tifnit se situent à quelques mètres de la mer.

 

Cette procédure a été appliquée par le ministère de l’Intérieur pour libérer le domaine public maritime illégalement occupé à Tifnit située au sud d’Agadir.

Une intervention préventive qui anticipe le risque d’une catastrophe naturelle pouvant survenir à tout moment. Ci-dessous, un exemple d’avancée de la mer en 2016 qui a causé la destruction d’habitat située dans le domaine public maritime au niveau de Tamaris relevant de Dar Bouaza.

Destruction par la mer d’habitations sur la plage de Tamaris entre 2016 et 2019 (les habitats près de la piscine ont été détruits par la mer)


Élections 2026. Nizar Baraka met en garde contre la course au « gouvernement du Mondial »

Nizar Baraka s’exprimait devant les membres du Conseil national de son parti qui tenait sa deuxième session, samedi dernier à Salé.

Il a appelé les militants du parti de l’Istiqlal (PI) à ne pas s’impliquer dans la campagne préélectorale pour les législatives de 2026, car cela risque d’avoir de fâcheuses répercussions sur le train des réformes que connaît le pays et de nuire aux intérêts supérieurs du Royaume.

« L’intérêt du pays est que nous réussissions ensemble », a déclaré Nizar Baraka, qui estime que la pré-campagne à plus d’une année des législatives de 2026 pourrait nuire à la cohésion de la majorité gouvernementale et à l’aboutissement du programme élaboré par ses composantes.

Le secrétaire général du PI a clarifié ses précédentes déclarations sur la hausse des prix et la difficulté de créer un million d’emplois à l’horizon 2026, précisant qu’elles n’étaient en aucune manière une remise en question des engagements de son parti au sein de la majorité.

Il a, par la même occasion, salué l’ensemble des chantiers menés par le gouvernement avec la participation de son parti au service des citoyens et du pays.

Il a fait une mention particulière des réalisations menées par les ministères que dirige le PI en matière de souveraineté nationale industrielle, de l’amélioration du transport durable, de la compétitivité logistique, de la flotte du transport maritime, du commerce extérieur et des investissements.

Nizar Baraka, tout en affirmant tenir à la cohésion de l’actuelle majorité, a déclaré que son parti aspire à arriver en tête lors des élections législatives de 2026.

Dans cette optique, il a précisé que toutes les sections locales du PI allaient être renouvelées en octobre prochain pour permettre l’émergence de nouvelles élites capables de remporter les prochaines échéances.

2025 : une année pour clore définitivement le conflit du Sahara

Concernant le dossier du Sahara, Nizar Baraka a déclaré que son parti espère que cette année 2025 sera décisive pour clore ce conflit de manière définitive, au vu de l’évolution de la première cause nationale du fait du soutien mondial grandissant à la position du Royaume et au processus de développement que connaissent les provinces du Sud.

« Un processus cumulatif qui reflète la sagesse de la vision du Roi Mohammed VI et son approche d’une affaire sacrée pour tous les Marocains », a souligné le secrétaire général du PI.

https://medias24.com/2025/03/11/att-elections-2026-qui-pilotera-le-gouvernement-du-mondial/

https://medias24.com/2025/01/24/mehdi-bensaid-le-pam-dirigera-le-gouvernement-du-mondial/

La DGM se transformera en Agence nationale de la météo (Nizar Baraka)

Sur le thème « Services climatiques et alertes précoces : vers un renforcement de la résilience », cette rencontre, tenue avec la participation de décideurs politiques, d’experts techniques et scientifiques, ainsi que de partenaires socio-économiques, a été l’occasion de mettre en avant l’importance cruciale des services climatiques pour des secteurs vitaux tels que l’agriculture, les ressources en eau, l’énergie, les transports et la santé publique.

Le ministre de l’Équipement et de l’eau a, lors de son intervention, rappelé l’importance cruciale des services climatiques et des systèmes d’alerte précoce dans l’anticipation des risques liés aux changements climatiques, insistant sur la nécessité d’une approche intégrée et centrée sur les citoyens. Selon Nizar Baraka, les services climatiques ne doivent pas seulement servir à prévoir, mais également à « protéger les populations et à renforcer la résilience des territoires et des économies ».

Le ministre a dans ce sens insisté sur le rôle fondamental de l’impact dans la conception et le déploiement de ces services. « Il est désormais clair que le développement des services climatiques efficaces ne peut se faire sans une approche intégrée basée sur l’impact : l’impact sur les citoyens, sur leur vie quotidienne, mais aussi l’impact économique et social ».

La pertinence des services à travers la coconstruction

Le ministre a d’autre part plaidé pour une logique de co-construction, impliquant directement les usagers dès la phase de conception. « Il nous faut absolument placer les utilisateurs au cœur de la démarche, en les associant dès la conception des outils ».

« Cette logique de coconstruction est la clé, d’abord pour garantir la pertinence, l’appropriation, mais surtout l’utilité concrète des services qui sont déployés, notamment dans les secteurs sensibles comme la gestion de l’eau, l’agriculture, la santé, les infrastructures, l’aménagement du territoire, sans oublier évidemment les eaux et forêts », a-t-il ajouté.

Le ministre a également mis en avant le rôle croissant des technologies innovantes dans la modernisation des services climatiques. « Le recours accru aux technologies innovantes, telles que l’intelligence artificielle, les systèmes satellitaires – et j’ajouterai nano-satellitaires – ainsi que les plateformes numériques, offre aujourd’hui des perspectives inédites pour améliorer la précision, la rapidité, l’accessibilité et la qualité des prévisions ».

Dans cette dynamique, le développement des prévisions climatiques fondées sur les impacts est devenu, selon lui, un axe prioritaire. « Il s’agit non seulement d’anticiper les évolutions climatiques – et Dieu seul sait combien le débat est vif entre changement climatique et dérèglement climatique, une question à laquelle il nous faudra bien répondre –, mais aussi et surtout d’en anticiper les effets tangibles sur nos systèmes socio-économiques ».

Le responsable gouvernemental a également appelé à un renforcement des synergies institutionnelles, estimant que l’intégration des services d’alerte précoce et des services climatiques dans les politiques publiques nécessite des mécanismes de coordination plus efficaces. « Nous devons renforcer les synergies entre institutions afin d’assurer une meilleure intégration des services dans les politiques publiques. Cela passe par la consolidation des mécanismes de concertation intersectorielle, la mise en place d’une gouvernance efficace à travers la commission interministérielle qui agit déjà fortement dans ce domaine ».

Une gouvernance climatique plus cohérente

Le ministre a en outre insisté sur la nécessité d’une gouvernance climatique plus cohérente, agile et territorialisée, capable de répondre aux besoins concrets des utilisateurs. « Il nous faut une gouvernance climatique qui soit plus proche des besoins réels des territoires et des citoyens. Une approche territorialisée est indispensable pour mieux partager les connaissances, orienter les actions et renforcer notre capacité d’adaptation face aux effets du climat », a-t-il souligné.

Dans cette dynamique, la reconnaissance du réseau climatique d’État comme infrastructure nationale stratégique s’impose, selon le ministre, comme une évidence. « Je peux vous assurer que nous allons tout faire pour le mettre en place rapidement ». Ce réseau constitue un pilier fondamental pour garantir une observation continue, assurer la qualité des données et la fiabilité des services produits, autant de conditions « sine qua non pour une prise de décision éclairée et efficace ».

Le PPP pour accélérer le développement des nouveaux services

Par ailleurs, le ministre a insisté sur l’importance de l’investissement dans l’innovation, soulignant le rôle déterminant des partenariats public-privé.

« L’innovation ne peut être durable sans investissement. Le rôle des partenariats public-privé devient ici essentiel, non seulement pour accélérer le développement des nouveaux services, mais aussi pour mobiliser les ressources financières nécessaires ».

Il a dans le même esprit appelé à renforcer les capacités locales et régionales, afin d’autonomiser les acteurs de terrain dans l’utilisation et l’interprétation des données. « Nous devons œuvrer à renforcer les capacités locales et régionales, afin de donner aux acteurs territoriaux les moyens d’utiliser, d’interpréter et surtout de valoriser les informations climatiques en toute autonomie », a insisté Nizar Baraka.

La coopération internationale et régionale, notamment dans le cadre de la coopération Sud-Sud, constitue un autre levier à activer. « Les échanges entre pays permettent de partager des expériences réussies, de mutualiser les efforts et de bâtir des initiatives conjointes porteuses de résilience ».

Dans ce sens, il a plaidé pour un partage sécurisé et équitable des données climatiques, le qualifiant de « levier fort de l’action publique ». Un partage nécessaire à la transparence, à la coordination et à l’efficacité des réponses collectives.

« Il est nécessaire de communiquer avec les citoyens et de les intégrer dans le processus de réaction et d’action face aux événements climatiques extrêmes ».

Le financement climatique pour transformer les ambitions en actions

Pour que les ambitions se concrétisent, le financement climatique apparaît comme un enjeu structurant. « Rien ne pourra se faire sans un soutien financier conséquent. Le financement climatique, notamment par les banques multilatérales de développement, constitue un axe important. Mais il y a aussi le financement vert et les obligations vertes, que l’on pourrait mobiliser pour financer ces modèles et les systèmes d’alerte indispensables à l’action », a-t-il précisé.

Un financement, selon lui, qui conditionne la capacité à transformer les ambitions en actions tangibles, à atteindre les plus vulnérables et à construire une résilience réelle et durable.

La DGM, une institution amenée à se réformer

Le ministre a également salué le rôle stratégique joué par la Direction générale de la météorologie (DGM). « La DGM joue un rôle de premier plan en tant qu’acteur régional de référence. Ce positionnement stratégique, reconnu à l’échelle internationale, reflète un engagement constant, une excellence scientifique et une volonté de coopération active avec ses partenaires régionaux« , a-t-il affirmé.

Face aux défis croissants imposés par les dérèglements climatiques, Nizar Baraka estime toutefois que cette institution doit entamer une transformation structurelle. « Les défis à venir exigent une transformation en profondeur. C’est pourquoi, en tant qu’autorité de tutelle, nous sommes engagés dans l’accompagnement de la DGM dans sa transformation institutionnelle pour en faire une agence nationale de la météorologie, avec un statut à la hauteur de ses missions », a-t-il précisé.

Cette réforme s’inscrit selon le ministre dans le cadre de la vision 2035 du ministère, qui accorde une place centrale à la résilience, à la science et à l’innovation dans les politiques publiques.

« La Direction générale de la météorologie est prête à s’investir pleinement pour accompagner nos frères africains, en vue de développer un centre africain de météorologie et de prévision à moyen terme. Il s’agira d’un outil stratégique pour agir et anticiper les actions futures à l’échelle régionale », a-t-il conclu.

Nizar Baraka appelle la jeunesse marocaine à s’impliquer dans la vie politique

Cette rencontre a eu lieu au siège central du parti à Rabat en clôture du festival « Les jeunes pour le leadership politique » qui a démarré le 3 mai en collaboration avec le Conseil danois des jeunes (DUF).

Cette rencontre a connu la participation de jeunes issus de plusieurs régions du Maroc venus échanger avec Nizar Baraka autour de leurs préoccupations, de leurs attentes, de leurs propositions et de leur vision en ce qui concerne la gestion des affaires publiques.

En réponse aux interventions des jeunes participants, Nizar Baraka a axé son propos sur les grandes dynamiques de développement que vit le Royaume, une nouvelle ère qu’il a qualifiée de « développement grande vitesse ».

Dans ce cadre, le secrétaire général du PI a insisté sur le rôle que doivent remplir les jeunes pour accompagner cette dynamique de manière à ce qu’elle bénéficie à tous les Marocains en termes de réduction des disparités sociales et territoriales.

Nizar Baraka a profité de cette rencontre pour rappeler une série d’initiatives lancées par son parti pour une meilleure implication des jeunes dans la vie publique, dont le programme « 2025, année du bénévolat » et la « Charte des jeunes« . Ces deux initiatives ont été dévoilées par le parti de l’Istiqlal lors des célébrations du 81ᵉ anniversaire de la présentation du Manifeste de l’indépendance.

Nizar Baraka a rappelé aux jeunes participants l’importance de leur implication dans la vie politique en prenant part aux échéances électorales et en s’investissant dans le bénévolat et la vie associative en tant qu’expression de la citoyenneté active et responsable au service du projet de société du Royaume qui aspire à renforcer sa position de hub de développement régional.

Nizar Baraka : Le ministère de l’Équipement et de l’eau prévoit 70 MMDH d’investissements en infrastructures pour 2025

En comparaison avec l’année 2022, où l’investissement du ministère de l’Équipement et de l’eau dans les infrastructures était de 44 MMDH, cette prévision traduit une progression de 59% en trois ans. Cette hausse s’inscrit dans le cadre d’une politique d’accélération des projets d’infrastructures pour accompagner la dynamique économique et les besoins croissants en équipements structurants.

Dans sa présentation des projets d’investissement du ministère, Nizar Baraka a fait le tour, par secteurs, des principaux projets de l’année 2025.

Pour ce qui est des enveloppes budgétaires dédiées à chaque secteur relevant du ministère, la répartition se présente comme suit :

Parallèlement, un montant de 3,23 MMDH est affecté aux prestations d’études et de suivi des projets (consulting), traduisant l’importance accordée à la qualité de la maîtrise d’ouvrage et à l’accompagnement technique.

Un impact direct sur l’emploi et la demande en matériaux de construction

La mise en œuvre de ces projets devrait générer environ 27,5 millions de jours de travail, selon les estimations avancées par le ministre. Ce volume d’emploi temporaire intervient dans un contexte où l’année 2025 a été désignée par le gouvernement comme « année du marché du travail », avec pour objectif de renforcer les opportunités professionnelles à travers les grands chantiers publics.

« Étant donné que le gouvernement a déclaré l’année 2025 comme année du marché du travail, ces projets vont générer près de 27,5 millions de jours de travail« , a indiqué le ministre de l’Équipement et de l’eau, Nizar Baraka, lors de sa présentation.

Par ailleurs, l’ampleur des projets programmés se traduit par des besoins considérables en matériaux de construction.

Le ministère prévoit ainsi :

Dans le même sens, il est à noter que le programme prévisionnel des projets de construction et de travaux publics pour l’année 2025, présenté par le ministre du Transport et de la logistique, Abdessamad Kayouh, prévoit un investissement public global dépassant 20 MMDH pour le financement de 140 marchés.

Le secteur ferroviaire captera à lui seul 58% du volume total, avec 63 marchés de travaux pour un montant de 11,55 MMDH et 21 marchés d’études pour une enveloppe de 122 MDH.

Dans le secteur aéroportuaire, l’Office national des aéroports (ONDA) prévoit un budget de 8,34 MMDH, réparti entre 21 marchés de travaux et 5 marchés d’études d’une valeur totale de 29 MDH.

Concernant la logistique, l’Agence marocaine de développement de la logistique (AMDL) engagera 4 marchés d’aménagement de zones logistiques et 7 marchés d’études, pour un investissement global de près de 540 MDH.

Enfin, la Société nationale des transports et de la logistique (SNTL) prévoit de lancer 9 marchés de travaux pour un montant de 16,6 MDH, ainsi que 10 marchés d’études pour un budget de 12,7 MDH.

Infrastructures routières et portuaires : les projets majeurs de 2025

Dans la continuité de sa présentation, Nizar Baraka s’est penché sur les principaux projets d’infrastructures, notamment routiers et portuaires. Voici l’essentiel à retenir.

Concernant les infrastructures routières, plusieurs projets structurants sont programmés pour l’année 2025. En matière de réseau routier, le programme prévoit une série d’interventions visant à renforcer l’accessibilité et la qualité des infrastructures existantes. Il est ainsi prévu la mise à niveau de 1.075 kilomètres de routes déjà en service. Parallèlement, 75 ouvrages d’art feront l’objet de travaux de reconstruction ou de maintenance pour préserver leur fonctionnalité et prolonger leur durée de vie.

Dans une logique d’expansion du réseau autoroutier, 77 kilomètres de nouvelles autoroutes seront également construits, répondant aux besoins croissants de mobilité sur les principaux axes du pays. Enfin, le programme prévoit le dédoublement et le triplement de 305 kilomètres d’axes routiers, afin de fluidifier le trafic et d’accompagner l’augmentation des flux de transport dans plusieurs régions.

En complément, des opérations de réhabilitation spécifiques cibleront les infrastructures affectées par le séisme d’Al Haouz et par les inondations de septembre 2024, afin de restaurer les réseaux dans les zones sinistrées.

>Projets portuaires : modernisation et extension

Le programme portuaire présenté par le ministère de l’Équipement et de l’eau pour l’année 2025 inclut à la fois des projets d’extension, de modernisation et de construction de nouveaux ports. Il convient de préciser que plusieurs de ces projets avaient déjà été engagés au cours des années précédentes. Leur inscription dans le programme de 2025 s’explique par le fait qu’une partie des dépenses associées à leur réalisation reste prévue et budgétisée sur l’exercice 2025.

Voici les principales opérations :

Nizar Baraka décline la stratégie nationale pour sécuriser l’eau potable et l’irrigation

A l’occasion de la 17e édition du SIAM, le ministre de l’Equipement et de l’eau, Nizar Baraka est revenu sur la vision de son ministère et les projets visant à répondre aux besoins du Royaume en eau potable et d’irrigation.

Nizar Baraka a rappelé, lors de son intervention, l’objectif exprimé par le Roi Mohammed VI de satisfaire 100% des besoins en eau potable et au moins 80% des besoins agricoles en eau d’irrigation, et ce même dans les conditions climatiques les plus difficiles.

Cette vision s’inscrit dans « une politique de gestion décentralisée » au niveau des bassins hydrauliques, permettant une prise de décision adaptée aux spécificités locales et intégrant pleinement la dimension régionale dans l’élaboration et la mise en œuvre des actions.

Développement des ressources en eau conventionnelles

La nouvelle politique de l’eau repose d’abord sur le développement des ressources en eau conventionnelles, à travers:

Le Maroc dispose actuellement de 154 barrages grands et moyens, pour une capacité globale de 20 milliards de m³. À ce jour, 16 nouveaux barrages sont en construction, et trois autres sont programmés en 2025, avec pour objectif de porter cette capacité à 25 milliards de m³ à l’horizon 2030.

Accélération du recours aux ressources non conventionnelles

Face à la pression croissante sur les ressources hydriques, le Royaume a entrepris, selon le ministre, un virage stratégique vers les eaux non conventionnelles, notamment le dessalement de l’eau de mer. Le programme national vise à porter la production de 140 millions de m³ en 2022 à 1,7 milliard de m³ en 2030. Sur ce volume, 500 millions de m³ seront dédiés à l’irrigation, permettant de couvrir environ 100.000 hectares.

Parmi les principaux projets :

Une considération essentielle concerne le principe de solidarité entre l’amont et l’aval. L’objectif est que l’eau issue des stations de dessalement d’eau de mer couvre les besoins des villes et centres côtiers ainsi que des zones agricoles à haute valeur ajoutée, tandis que les eaux de surface régulées par les barrages soient prioritairement réservées à l’approvisionnement des zones montagneuses, des régions rurales et des villes de l’intérieur.

« Dans ce cadre, il est par exemple prévu d’acheminer l’eau dessalée depuis Safi vers les villes de Marrakech et Benguerir, ou encore depuis El Jadida vers Khouribga« , a noté le ministre.

Doubler le volume des eaux usées traitées

Le Royaume compte doubler d’ici 2027 le volume des eaux usées traitées afin d’être réutilisées pour les espaces verts, la recharge des nappes phréatiques et l’irrigation des cultures arboricoles.

En parallèle, le gouvernement s’engage dans la gestion rationnelle de la demande en eau, via l’amélioration des rendements des réseaux de distribution d’eau potable et des systèmes d’irrigation, dans le cadre du Programme d’efficience hydrique.

L’exécutif mise également sur la sensibilisation des citoyens à l’importance de préserver les ressources hydriques, ainsi que sur l’élaboration de contrats sectoriels avec les acteurs de l’industrie, du tourisme et de l’agriculture pour une meilleure gestion de la ressource.

Enfin, dans le cadre de sa collaboration avec le ministère de l’Agriculture, le ministère de l’Équipement et de l’eau élabore un programme futur pour faire face aux effets du changement climatique, fondé sur :

Le ministre a conclu en rappelant les efforts entrepris dans le domaine de la recherche agronomique, visant à développer des variétés végétales plus résilientes au stress hydrique, tout en assurant une réduction de la consommation d’eau et une meilleure efficience hydrique au niveau national.

Tout ce qu’il faut savoir sur la situation hydrique actuelle du Royaume (Nizar Baraka)

« Le Maroc est l’un des pays les plus affectés par le changement climatique. Nous sommes dans une zone méditerranéenne, et on peut dire que nous sommes dans la zone rouge, là où l’impact est le plus fort », a tenu à clarifier Nizar Baraka au début de son intervention.

« Lors des accords de Paris, l’objectif était de ne pas dépasser une augmentation de 1,5°C. Au Maroc, l’année dernière, nous avons dépassé les 1,8°C, ce qui montre véritablement que nous sommes dans une situation de réchauffement réel », a-t-il expliqué. Cette hausse des températures a un impact direct sur les ressources en eau : « Nous perdons tous les jours 1,5 million de m³ d’eau dus à l’évaporation ».

Baisse des précipitations et réduction de la surface enneigée

Le ministre a souligné une baisse significative des précipitations : « En moyenne, au cours des six dernières années, nous avons enregistré une baisse des précipitations de l’ordre de 75% par rapport à la moyenne nationale et historique ». Concernant l’enneigement, « l’année dernière, nous n’avons pas dépassé 9.700 km² de surface enneigée, alors que nous atteignons normalement les 54.000 km². » Cependant, les récentes chutes de neige ont permis une amélioration : « Nous sommes à un cumul de 30.000 km², et au cours des trois à quatre derniers jours, nous avons gagné environ 2.000 km² supplémentaires ».

40.000 hectares sont devenus inexploitables à cause de la salinisation des sols par la surexploitation des nappes

« Historiquement, la moyenne des apports en eau était de 22 milliards de m³ par an à partir de 1940. Mais depuis les années 80, ces apports n’ont pas dépassé les 18 milliards de m³ par an, et au cours des dix dernières années, nous n’avons pas dépassé les 5 milliards de m³ », a-t-il précisé. Cette situation est exacerbée par des phénomènes climatiques extrêmes : « Nous avons connu la sécheresse la plus longue de l’histoire du Maroc, avec six années consécutives de sécheresse, alors que par le passé, nous ne dépassions pas 3 ans ».

La surexploitation des nappes phréatiques est un autre problème majeur : « Le niveau de renouvellement des nappes était de 4 milliards de m³, mais l’exploitation a atteint 5 à 6 milliards de m³, ce qui signifie que nous puisons dans les réserves futures, notamment les nappes fossiles ». Cette surexploitation a eu des conséquences dramatiques, comme dans la région du Souss, où « 40.000 hectares sont devenus inexploitables en raison de la salinisation des sols ».

« Nous allons vers une pénurie d’eau. Aujourd’hui, nous sommes à environ 600 m³ d’eau par habitant par an, alors qu’en 1960, nous étions à 2.600 m³. Si cette tendance se poursuit, nous atteindrons les 500 m³ d’ici 2035-2040″, a averti le ministre.

Rôle crucial des barrages

Malgré ces défis, les barrages jouent un rôle essentiel dans la gestion des ressources en eau. « Le Maroc dispose de 154 barrages avec une capacité de mobilisation de 20 milliards de m³, mais jusqu’en 2024, nous n’avons pas dépassé les 4,5 milliards de m³« , a indiqué le responsable gouvernemental. Les barrages ont permis de faire face aux sécheresses et aux inondations, comme lors des crues de septembre et octobre derniers, où « des crues de 3.200 m³ par seconde ont été enregistrées, équivalentes à une semi-crue du Rhône ». Grâce aux barrages, des régions comme Zagora, Errachidia et Guelmim ont pu gagner respectivement deux, trois et un an de consommation d’eau potable.

« Entre le 1er septembre et le 11 mars, nous avons enregistré une nette amélioration des apports en eau, avec 667 millions de m³ supplémentaires, portant le taux de remplissage des barrages à plus de 30%« , a annoncé M. El Baraka. Le bassin d’Oum Rabia, qui était en situation critique, a particulièrement bénéficié de ces précipitations : « Nous sommes passés de 200 à 370 millions de m³, et les écoulements continuent, ce qui nous permettra de doubler ce niveau ».

Les acquis du Maroc en matière de gestion de l’eau, les orientations stratégiques pour l’avenir

Aujourd’hui, le Maroc dispose d’un certain nombre d’acquis importants en matière de gestion des ressources hydriques, qui lui permettent de faire face aux défis posés par le changement climatique. « Notre pays compte 154 barrages, dont 150 petits et moyens barrages, qui jouent un rôle crucial, notamment dans les zones rurales », a rappelé Nizar Baraka. En outre, « nous disposons de 16 stations de dessalement d’eau de mer, dont la première a été inaugurée en 1977 à Boujdour, dans les provinces du Sud. Aujourd’hui, ces stations produisent 277 millions de m³ d’eau par an, et nous avons également 17 ouvrages de transfert d’eau« .

En termes d’accès à l’eau potable, « le Maroc a atteint un taux de 100% en milieu urbain, avec 94% des foyers connectés à des branchements individuels. En milieu rural, le taux d’accès est de 98%, mais seulement 40% des foyers disposent de branchements individuels », a tenu à préciser le ministre.

Concernant l’agriculture, « 2 millions d’hectares sont irrigués, dont 892.000 hectares grâce à l’irrigation localisée, c’est-à-dire le goutte-à-goutte, ce qui permet d’économiser d’importantes quantités d’eau. » Par ailleurs, « 2.120 mégawatts de puissance installée permettent de produire de l’électricité hydraulique, sans oublier le rôle crucial des barrages dans la protection contre les inondations ».

Les orientations royales pour une feuille de route claire

Ces acquis permettent au Maroc d’atténuer les effets du changement climatique, mais des efforts supplémentaires sont nécessaires. « Sa Majesté le Roi Mohammed VI, conscient de l’ampleur de la sécheresse, a fixé des objectifs majeurs lors de deux discours clés », a souligné Nizar El Baraka. Le premier, prononcé le 14 octobre 2022 à l’ouverture de la session législative, a dressé une feuille de route pour l’avenir. Le second, lors du discours du Trône, a été entièrement consacré à la question de l’eau, avec des objectifs précis :

– Assurer 100% de l’accès à l’eau potable pour tous les citoyens, où qu’ils se trouvent.

– Garantir 80% des besoins en eau d’irrigation.

– Accélérer la réalisation des projets du Programme National Prioritaire de l’Eau 2022-2027.

– Poursuivre la construction de barrages, en priorisant les régions les plus pluvieuses. « 53% des précipitations tombent sur seulement 7% du territoire, ce qui montre l’inégalité de répartition des ressources en eau », a rappelé le ministre.

– Développer les grands projets de transfert d’eau.

– Mettre l’accent sur le dessalement, avec un objectif de production de 1,7 milliard de m³ d’eau dessalée d’ici 2030. « Actuellement, nous sommes à 270 millions de m³, et toutes les stations de dessalement fonctionneront grâce aux énergies renouvelables pour réduire les coûts et assurer la durabilité », a-t-il expliqué. Parmi ces 1,7 milliard de m³, 500 millions seront dédiés à l’irrigation pour renforcer la sécurité alimentaire.

– Améliorer la réutilisation des eaux usées.

– Protéger et préserver les nappes souterraines.

– Sensibiliser les citoyens et les industriels à une gestion responsable de l’eau.

Transition vers les eaux non conventionnelles

« Jusqu’à présent, la politique de l’eau au Maroc reposait principalement sur les eaux conventionnelles, c’est-à-dire les barrages et les nappes souterraines. Aujourd’hui, nous nous orientons vers une politique qui intègre davantage les eaux non conventionnelles, comme le dessalement et la réutilisation des eaux usées », a déclaré le ministre. Cette transition permettra de réduire la pression sur les eaux de surface et de garantir une gestion plus durable des ressources.

« À l’horizon 2030, 75% de la population des grandes villes côtières sera alimentée en eau dessalée, ce qui représentera 50% des besoins en eau potable du pays », a-t-il annoncé. Cette ambition est rendue possible grâce à l’utilisation des énergies renouvelables, qui réduisent les coûts de production. « À Casablanca, le coût du mètre cube d’eau dessalée est de 4,40 DH, et nous visons un prix de référence de 4,50 DH pour toutes les futures stations », a précisé le responsable gouvernemental. Cela permettra de garantir l’accès à l’eau sans alourdir la facture pour les citoyens.

Efficacité hydrique et réutilisation des eaux

« OCP joue un rôle essentiel en produisant 560 millions de m³ d’eau pour ses besoins et en développant des projets de réutilisation des eaux usées (REUSE) », a-t-il souligné. Ces initiatives permettent d’économiser des ressources précieuses pour les zones rurales et les villes intérieures. De plus, « dans les nouvelles zones industrielles, nous imposerons des normes d’efficience hydrique, comme le REUSE ou le dessalement, pour réduire la consommation d’eau ».

Pour lutter contre le gaspillage, « nous avons mis en place une gestion intégrée de l’eau, avec des contrats de nappes qui définissent les quotas d’utilisation pour chaque usager », a expliqué Nizar El Baraka. En parallèle, « nous avons élaboré des Plans de Développement Intégré des Ressources en Eau (PDAIRE) à l’horizon 2050, qui identifient les besoins actuels et futurs, ainsi que les actions à entreprendre pour une gestion durable de l’eau ».

Solidarité entre régions et autoroute de l’eau

« Nous avons changé la logique de solidarité en matière d’eau. Auparavant, l’eau des zones rurales était transférée vers les villes côtières. Désormais, grâce au dessalement, les grandes villes côtières pourront s’approvisionner localement, laissant l’eau des campagnes aux zones rurales et aux villes intérieures », a-t-il expliqué. Par exemple, « un projet de canalisation entre Safi et Marrakech permettra d’alimenter Benguerir et Youssoufia en eau dessalée. De même, la ville de El Jadida fournit déjà de l’eau à Berrechid, Settat et Casablanca Sud, et bientôt à Khouribga ».

D’autre part, « l’autoroute de l’eau, qui transfère l’eau du nord vers le sud, a déjà permis de déplacer plus de 700 millions de m³ entre octobre 2023 et aujourd’hui, assurant l’approvisionnement de Rabat, Casablanca et d’autres villes avoisinantes », a-t-il ajouté. Un projet majeur, annoncé par le Roi lors du discours du Trône, vise à transférer l’eau des bassins de Laou et Loukkous vers le Sebou, puis vers le Bouregreg et Oum Rabiaa, pour répondre aux besoins en eau potable et d’irrigation dans les régions déficitaires.

Grâce à ces initiatives, « nous pourrons assurer l’eau potable et l’irrigation dans des régions comme Doukkala, qui n’ont pas reçu d’eau d’irrigation depuis cinq ans, et répondre aux besoins de Tadla et du bassin d’Oum Rabiaa », a ajouté le ministre.

Le dessalement de l’eau pour faire face au déficit

Le dessalement de l’eau de mer est devenu une nécessité incontournable pour faire face aux défis croissants liés à la rareté des ressources en eau auxquels fait face le Royaume. « Nous disposons déjà d’une capacité de production de 277 millions de d’eau dessalée par an, et plusieurs projets sont en cours pour augmenter cette capacité », a rappelé le responsable gouvernemental. Parmi ces projets, le plus important est celui de Casablanca, qui devrait être opérationnel d’ici fin 2026 avec une capacité de 200 millions de m³, suivie d’une extension de 100 millions de en 2028.

Parmi les autres projets en cours, « la station de dessalement de Sid Ifni vient d’être mise en service cette semaine, tandis que celle de Dakhla, alimentée exclusivement par de l’énergie éolienne, représente un modèle d’innovation et de durabilité », a expliqué le ministre. Ce projet, en plus de fournir de l’eau potable, permettra d’irriguer 5.000 hectares de terres agricoles. « Dakhla deviendra une région clé pour la production de tomates, complétant ainsi le rôle du Souss et renforçant la sécurité alimentaire du pays, » a-t-il souligné. Cette initiative contribuera également à réguler l’offre et la demande, ainsi qu’à stabiliser les prix des produits alimentaires.

Plusieurs autres projets de dessalement sont programmés pour répondre aux besoins croissants en eau potable et d’irrigation :

« Tous ces projets sont réalisés dans le cadre de partenariats public-privé, ce qui nous permet de bénéficier des capacités techniques et financières de nos partenaires pour les mener à bien dans des délais record », a précisé M. El Baraka. Cette approche garantit également une gestion durable des ressources et une réponse efficace aux besoins en eau de la population et du monde rural.

Les stations monoblocs : une solution pour les zones rurales

En plus des grandes stations de dessalement, le Maroc a lancé un programme ambitieux de stations monoblocs, de petite capacité mais très efficaces. « Ces stations, qui produisent entre 10 et 100 litres d’eau par seconde, sont déployées dans plusieurs régions du pays, notamment en milieu rural », a précisé le ministre. « Nous prévoyons d’installer 200 stations de ce type, qui permettront de répondre aux besoins en eau potable des villages et des zones reculées, tout en dessalant l’eau près des côtes ».

Développement d’une industrie nationale du dessalement

Une autre priorité du Maroc est d’augmenter le taux d’intégration locale dans la construction et la gestion des stations de dessalement. « Actuellement, ce taux est de 40%, mais notre objectif est d’atteindre 65% à moyen terme », a annoncé Nizar El Baraka. « Cela nous permettra de développer une véritable industrie nationale du dessalement, créatrice d’emplois et de valeur ajoutée, tout en réduisant notre dépendance vis-à-vis des technologies étrangères ».

Grâce à des projets innovants, durables et adaptés aux besoins locaux, le Maroc s’engage à répondre aux défis posés par le changement climatique et la rareté des ressources en eau. « Ces efforts nous permettront non seulement de sécuriser l’approvisionnement en eau pour les générations futures, mais aussi de renforcer notre résilience face aux phénomènes climatiques extrêmes », a conclu le ministre.