« La politique des barrages au Maroc a connu une amplification inédite depuis l’ascension du Roi Mohammed VI au Trône, qui s’est traduite par un maillage dense et équilibré. Les barrages construits sont répartis sur l’ensemble du territoire« , c’est ce qu’a déclaré Nizar Baraka, ministre de l’Équipement et de l’Eau, jeudi 12 juin, lors d’une conférence débat organisée par Médias24 autour de la question de l’eau.
« Avec cette vision anticipative, le Royaume a pu affronter les sept dernières années de sécheresse, évitant ainsi les effets dévastateurs constatés dans d’autres pays étrangers qui ont subi les mêmes défis climatiques que le Maroc », a-t-il ajouté.
Il a rappelé que sans la surélévation du barrage Sidi Mohammed Ben Abdellah voulue par le Roi dès 2007, jamais l’interconnexion du Sebou au Bouregreg n’aurait pu se faire de cette manière. Cette interconnexion a sauvé l’alimentation de Casablanca en eau potable grâce au transfert d’eau.
Une réduction des délais de réalisation des barrages de 6 mois à 3 ans
À l’occasion de cet événement, M. Baraka a fait le point sur les barrages construits à ce jour et ceux en cours. D’après lui, une dizaine de barrages ont été construits depuis 1999. Ils sont illustrés dans la carte ci-dessous.
« Nous avons notamment achevé la construction des barrages de Tiddas, de Toudgha, d’Agdez, de Fask, de Mdez, de Koudiat Borna et de Rhiss« , lesquels ont été mis en service depuis 2022. Mais le plus important à noter, « c’est que nous avons réduit le temps de réalisation des barrages de 6 mois à 3 ans ».
16 nouveaux grands barrages en cours de construction
Outre ces barrages existants, « 16 nouveaux barrages sont actuellement en cours de construction », comme le montre la carte ci-dessous.
« Ces structures répondent à une logique territoriale et se trouvent ainsi sur l’ensemble du territoire marocain. On retrouve notamment des barrages dans la région de Sakia El Hamra, ou encore dans la région de Guelmim ».
Selon l’exposé du ministre, les barrages de Rhiss, Sidi Abbou et Koudiat Borna dépassent déjà 90% d’avancement. Ait Ziat, Beni Azimane, Sakia Al Hamra et Targa ou Madi dépassent pour leur part 70% de réalisation. Le barrage Ribat El Kheir est quant à lui à 7% de réalisation.
Par ailleurs, trois nouveaux barrages moyens sont en cours de construction. Il s’agit de Tassa Wirgane, dans la province d’El Haouz, de Msalit dans la région de Tata et de Ain Ksob dans la province de Benslimane.
En ce qui concerne les petits barrages, 38 sont en cours de réalisation et plus de 150 sont programmés.
La majorité des barrages répondent à la logique des autoroutes de l’eau.
« La majorité de ces barrages répondent aussi à la logique des autoroutes de l’eau », a par ailleurs souligné Nizar Baraka. « Il s’agit notamment de barrages dont la construction sera bientôt lancée, tels que le barrage de Bou Ahmed, au niveau de Chefchaouen ».
« C’est d’ailleurs pour cette raison que le Roi Mohammed VI a insisté sur les zones pluvieuses, le but étant de réaliser la fameuse autoroute de l’eau, allant de Laou jusqu’à Oum Er-Rabia ».
Et de poursuivre : « cette politique fait qu’au-delà de cet aspect hydrique, ces barrages répondent à plusieurs objectifs majeurs, dont le premier est d’atteindre 25 MMm³, pour pouvoir atténuer l’impact du changement climatique, en réduisant les crues, en protégeant les citoyens et en stockant de l’eau ».
« Cette politique permettra aussi l’émergence de nouvelles activités agricoles, qui vont générer de l’emploi ».
Par ailleurs, « pour protéger ces barrages, nous travaillons sur le désenvasement et la collecte des eaux pluviales ». Dans ce sens, le désenvasement du barrage Ighboula dans la province de Midelt et d’Imi El Kheng dans la province de Taroudant est en cours de réalisation.
En ce qui concerne la collecte des eaux pluviales à travers les toitures et les métfias, 21 provinces sont concernées par environ 300 projets sur la période 2021-2025. Il s’agit notamment de Khouribga, de Taza, de Sidi Ifni, de Guelmim, de Boujdour, d’Es Smara, des Rehamna, de Safi, de Figuig, d’Agadir, de Chtouka Ait Baha, de Tiznit, de Tata, de Taroudant, de Chefchaouen, de Mdiaq Fnideq, de Tétouan, d’Essaouira, de Mohammedia, de Midelt et de Tinghir.
Cette politique des barrages avance en parallèle avec celle du dessalement de l’eau de mer, mais aussi avec celle relative à l’économie de l’eau et à la protection des eaux souterraines. Elle vient répondre à des objectifs clairs définis par le Roi Mohammed VI : garantir l’accès à l’eau potable pour tous les Marocains, où qu’ils se trouvent. Il s’agit également d’assurer 80% des besoins en irrigation, un autre objectif ambitieux mais essentiel pour préserver la sécurité alimentaire du pays.