Contrats de nappes : 4 signés, 15 finalisés et 14 en cours d’élaboration (Nizar Baraka)
« L’instauration progressive des contrats de nappe a pour objectif de mettre fin à la surexploitation des ressources souterraines en eaux, estimées actuellement à une capacité de renouvellement annuelle de 4 milliards de m³ (MMm³) », affirme Nizar Baraka lors de l’événement organisé par Médias24 autour de la problématique de l’eau, le 12 juin à Casablanca.
« Actuellement, la consommation des ressources des nappes est largement supérieure à notre capacité de renouvellement », a-t-il déploré, « c’est ce qui fait que le Maroc se retrouve dans une situation hydrique de plus en plus compliquée dans un certain nombre de territoires ».
4 contrats de nappes déjà signés
Selon le ministre, la dotation par personne a baissé de 2 560 m³/hab/an à 600 m³/hab/an actuellement. Ce niveau est inférieur à 1 000 m³/hab/an, reconnu comme seuil de stress hydrique. « On se rapproche donc du niveau de pénurie hydrique, qui correspond à 500 m³/ha/an », a-t-il souligné.
« Pour faire face à cette situation, nous allons, entre autres, mettre en place une comptabilité de l’eau. Nous ne disposons pas d’assez d’informations sur les nappes. On est donc en train de travailler sur les eaux souterraines pour connaître leur situation réelle ».
On se rapproche du niveau de pénurie hydrique, qui correspond à 500 m³/ha/an
« À ce jour, 4 contrats de nappe ont été signés, 15 ont été élaborés et 14 sont en cours d’élaboration », a déclaré Nizar Baraka. « L’objectif est de couvrir l’ensemble des nappes du Royaume, de mieux les connaître pour mieux les gérer ».
Et d’expliquer : « Dans ces contrats de nappes, on réunit l’ensemble des usagers de l’eau, ainsi que la part qu’aura à consommer chaque usager en fonction de ses besoins, mais aussi des capacités hydriques existantes ».
« On souhaite avoir une véritable gestion intégrée de l’eau de ces nappes, une gestion participative, évolutive, qui s’inscrit dans une logique de long terme ». Il est par ailleurs « important de sensibiliser les citoyens, les industriels ainsi que le secteur du tourisme sur la nécessité d’économiser et de préserver l’eau ».
Dans le cadre de ces contrats de nappes, et pour s’assurer que les quotas autorisés sont respectés, « 70 compteurs intelligents ont déjà été installés ». Leur généralisation se fera de manière progressive.
« Le cadastre de l’eau a démarré »
En réponse à une question de Médias24, le ministre de l’Équipement et de l’Eau a révélé par ailleurs que « l’élaboration du cadastre de l’eau a démarré. Ce cadastre, où l’eau a toute sa place, est multiservice. Nous avons travaillé avec l’Agence foncière sur le projet, en commençant par la région de Tensift comme expérience modèle, pour une généralisation progressive sur l’ensemble du territoire ».
En ce qui concerne les puits, Nizar Baraka a souligné que « 90% des puits au Maroc sont illégaux ». Pour pallier cette problématique, « nous avons élaboré un avant-projet de décret pour assurer leur régularisation. Ce texte est actuellement au niveau du Secrétariat général du gouvernement (SGG). Cette régularisation sera conditionnée par le fait d’avoir un compteur ».
90% des puits au Maroc sont illégaux. Nous avons élaboré un avant-projet de décret pour assurer leur régularisation.
« C’est un peu la procédure qui va être mise en place dans le futur, de manière progressive, en fonction du rythme de régularisation », a-t-il conclu.

