Dams: despite recent rains, reserves remain low

Recent widespread rainfall in Morocco has raised hopes of an improvement in dam reserves, potentially reviving an agricultural season that has struggled to take off for the eighth year in a row.

Following the rains, total water reserves in Moroccan dams stabilized at 5.2 billion cubic meters, or 31.06% of capacity. That marks a 1.76% rise from a year earlier.

Since November 10, the rains have brought about 27 million cubic meters, which represents only a 0.26% increase in the total stock.

After the latest rains, several Moroccan cities saw record 24-hour totals (on Thursday, November 13): 25 mm in Tanger, 32 mm in Benslimane, 31 mm in Rabat. Yet this surge has not translated into a meaningful boost for dam reserves.

Cumulative rainfall between September 29 and November 19 has been heavier along the coasts than inland. Casablanca has already received more than 50 mm, while Marrakech has logged 6.3 mm. Several mountain regions have also seen their first snowfalls.

Evolution of water reserves by hydrological basin

Since November 10, 2025, dam reserves by basin show that the Tensift and Souss-Massa have driven most of the gains in water stocks.

In less than 20 days, filling rates rose from 36.6% to 43.6% in Tensift and from 16.1% to 19.33% in Souss‑Massa.

The Sebou basin posted the biggest decline, with reserves down about 5 million cubic meters between November 10 and 17. Yet given its vast capacity, the drop is marginal, only 0.1% of the filling rate.

To gauge the impact of recent rainfall, we compared changes in the main dams with last year and with October levels.

Médias24

Evolution of dam reserves

Although the impact has yet to fully materialize, the rains ended a steady decline in dam stocks seen since August.

Médias24

Sidi Mohammed Ben Abdellah Dam (near Rabat)

With a capacity of 974 million cubic meters, the Sidi Mohammed Ben Abdellah Dam, now connected to the Sebou basin, has risen from 35% to 63%. Over the past ten days, however, reserves dropped by 28 million cubic meters. The dam supplies Rabat, Casablanca, and nearby regions.

Sidi Mohammed Ben Abdellah Dam – Evolution from Oct. 3 to Nov. 19, 2025

 

Sidi Mohammed Ben Abdellah Dam – Evolution from Nov. 18, 2024 to Nov. 19, 2025

Al Wahda Dam

Al Wahda, Morocco’s largest reservoir, saw resources fall 3% year‑on‑year. In the past ten days, the dam lost 8 million cubic meters.

Al Wahda Dam – Evolution from Nov. 18, 2024 to Nov. 19, 2025

Al Wahda Dam – Evolution from Oct. 4 to Nov. 19, 2025

Idriss I Dam

Near Fes, the Idriss I Dam, with a capacity of 1.13 billion cubic meters, rose from 26% to 33% year‑on‑year. Resources have remained stable over the past ten days.

Idriss I Dam – Evolution from Oct. 2 to Nov. 19, 2025

Idriss I Dam – Evolution from Nov. 22, 2024 to Nov. 19, 2025

Bin el Ouidane Dam

Located in an agricultural region and a driver of national tourism, the Bin el Ouidane Dam has been hit hard by years of drought.

Compared with last year, reserves have edged up from 5.8% to 14%, though still below usual levels. In the past ten days, the dam shed 300,000 cubic meters.

Bin El Ouidane Dam – Evolution from Oct. 2 to Nov. 15, 2025

Bin El Ouidane Dam – Evolution from Nov. 18, 2024 to Nov. 15, 2025

Ahmed El Hansali Dam

Upstream of Al Massira, the Ahmed El Hansali Dam, with a capacity of 668 million cubic meters, remains in critical condition.

In the past ten days, it lost 1% of its volume, or 7 million cubic meters.

Al Massira’s situation is even more alarming, with reserves still below 2% of capacity.

Ahmed El Hansali Dam – Evolution from Nov. 22, 2024 to Nov. 19, 2025

Ahmed El Hansali Dam – Evolution from Oct. 3 to Nov. 19, 2025

Mohammed V Dam

As the region’s largest dam, Mohammed V has seen its reserves plunge from about 60% to 18% year‑on‑year. In the past ten days, it lost roughly 2 million cubic meters.

Mohammed V Dam – Evolution from Oct. 3 to Nov. 19, 2025

Mohammed V Dam – Evolution from Nov. 20, 2024 to Nov. 19, 2025

Southeast Dams

In the Southeast, dams such as Hassan Addakhil and Kaddoussa have benefited from more favorable weather than other regions. Still, in the past ten days, the two shed about 1 million cubic meters.

Kaddoussa Dam

Kaddoussa Dam – Evolution from Nov. 21, 2024 to Nov. 19, 2025

Hassan Addakhil Dam

Hassan Addakhil Dam – Evolution from Nov. 21, 2024 to Nov. 17, 2025

Barrages : malgré les récentes pluies, l’impact sur les réserves reste relatif

Les récentes précipitations généralisées sur le Maroc ont redonné l’espoir d’une amélioration significative de la situation hydrique, notamment dans les barrages, ce qui pourrait relancer une saison agricole qui peine à bien démarrer pour la huitième année consécutive.

Après le passage de cet épisode pluvieux, les réserves totales en eau des barrages marocains se sont stabilisées à 5,2 milliards de mètres cubes, soit 31,06% de la capacité totale, constituant une augmentation de 1,76% par rapport à la même période l’année dernière.

L’impact des récentes précipitations sur les réserves des barrages reste ainsi limité. Alors qu’elles ont permis d’apporter environ 27 millions de mètres cubes depuis le 10 novembre, cela ne représente qu’une hausse de 0,26% du stock total.

À la suite du dernier épisode pluvieux, plusieurs villes ont enregistré des records de précipitations en 24 heures (le jeudi 13 novembre) : 25 mm à Tanger, 32 mm à Benslimane, 31 mm à Rabat. Cependant, cet apport d’eau ne s’est pas encore traduit par une amélioration significative des réserves des barrages.

En effet, le bilan pluviométrique cumulé entre le 29 septembre et le 19 novembre révèle que les précipitations ont été plus abondantes sur les côtes que dans l’arrière-pays. Par exemple, la ville de Casablanca a déjà reçu plus de 50 mm de pluie, tandis que des villes intérieures comme Marrakech n’ont enregistré que 6,3 mm. Par ailleurs, plusieurs régions montagneuses ont connu leurs premières chutes de neige.

Évolution des stocks hydriques par bassin hydrologique

L’examen des évolutions des barrages par bassin par rapport au 10 novembre 2025 montre que les bassins du Tensift et du Souss-Massa ont principalement contribué à l’augmentation des stocks hydriques.

Ces deux bassins ont ainsi vu leur taux de remplissage passer, en moins de 20 jours, de 36,6% à 43,6% pour le bassin du Tensift, et de 16,1% à 19,33 % pour le bassin du Souss-Massa.

La plus importante baisse a été enregistrée dans le bassin du Sebou, dont le taux de remplissage de ses barrages a perdu environ 5 millions de mètres cubes entre le 10 et le 17 novembre. Cependant, en raison de sa grande capacité, cette baisse n’est pas significative, constituant seulement 0,1% de son taux de remplissage total.

Pour mieux mesurer l’impact des récentes précipitations, nous avons choisi de comparer l’évolution des principaux barrages par rapport à l’année dernière et par rapport au mois d’octobre dernier.

Médias24

Évolution des stocks hydriques par barrage

Bien que leurs impacts ne soient pas encore pleinement concrétisés, ces précipitations ont marqué la fin d’une période de diminution progressive des réserves des barrages depuis août dernier.

Médias24

Barrage Sidi Mohammed Ben Abdellah (environs de Rabat)

D’une capacité de 974 millions de mètres cubes, le barrage de Sidi Mohammed Ben Abdellah bénéficie désormais de l’interconnexion avec le bassin du Sebou. Par rapport à l’année dernière, il affiche une nette amélioration, passant de 35% à 63%. Durant les dix derniers jours, les réserves de ce barrage, qui constitue la principale source d’approvisionnement en eau pour Rabat, Casablanca et leurs régions, ont perdu 28 millions de mètres cubes.

Évolution du barrage Sidi Mohammed Ben Abdellah
entre le 3 octobre 2025 et le 19 novembre 2025

Évolution du barrage Sidi Mohammed Ben Abdellah entre le 18 novembre 2024 et le 19 novembre 2025

Barrage Al Wahda

Constituant le plus grand réservoir hydrique du Maroc, les ressources du barrage Al Wahda ont légèrement diminué de 3% par rapport au même jour de l’année dernière. Durant les dix derniers jours de l’année, ce barrage a perdu 8 millions de mètres cubes.

Évolution du barrage Al Wahda entre le 18 novembre 2024 et le 19 novembre 2025

Évolution du barrage Al Wahda entre le 4 octobre 2025 et le 19 novembre 2025

Barrage Idriss Iᵉʳ

Aux environs de Fès, le barrage Idriss Iᵉʳ, d’une capacité de 1129,562 millions de mètres cubes, a relativement progressé, passant de 26% à 33% par rapport à l’année dernière. Durant les dix derniers jours, les ressources sont restées stables.

Évolution du barrage Idriss Iᵉʳ entre le 2 octobre 2025 et le 19 novembre 2025

Évolution du barrage Idriss Iᵉʳ entre le 22 novembre 2024 et le 19 novembre 2025

Barrage de Bin el Ouidane

Se situant dans une région agricole et constituant un moteur du tourisme national, le barrage de Bin el Ouidane a été fortement impacté par les dernières années de sécheresse.

Par rapport à l’année dernière, ses réserves se sont progressivement améliorées, passant de 5,8% à 14%, bien qu’il reste en dessous de ses réserves habituelles. Durant les dix derniers jours, le barrage a perdu 300.000 mètres cubes.

Évolution du barrage Bin El Ouidane entre le 2 octobre 2025 et le 15 novembre 2025

Évolution du barrage Bin El Ouidane entre le 18 novembre 2024 et le 15 novembre 2025

Barrage Ahmed El Hansali

Situé en amont du barrage Al Massira, le barrage Ahmed El Hansali, d’une capacité de 668 millions de mètres cubes, se trouve également dans une situation critique.

Les réserves affichent cependant une légère amélioration par rapport à l’année dernière, avec une augmentation d’environ 5% à 9%, soit un volume supplémentaire de 60 millions de mètres cubes stockés.

Toutefois, la tendance récente est à la baisse : au cours des dix derniers jours, le barrage a perdu 1% de son volume total, ce qui représente une diminution de 7 millions de mètres cubes.

Quant au barrage Al Massira, sa situation demeure alarmante : ses réserves n’atteignent toujours pas 2% de sa capacité totale.

Évolution du barrage Ahmed El Hansali entre le 22 novembre 2024 et le 19 novembre 2025

Évolution du barrage Ahmed El Hansali entre le 3 octobre 2025 et le 19 novembre 2025

Barrage Mohammed V

Constituant le plus grand barrage de la région, le volume stocké dans le barrage Mohammed V a fortement diminué par rapport à l’année dernière, passant d’environ 60% à 18%. Durant les dix derniers jours, le barrage a consommé environ 2 millions de mètres cubes.

Évolution du barrage Mohammed V entre le 3 octobre 2025 et le 19 novembre 2025

Évolution du barrage Mohammed V entre le 20 novembre 2024 et le 19 novembre 2025

Les barrages du Sud-Est

Dans le Sud-Est, les barrages, notamment Hassan Addakhil et Kaddoussa, ont bénéficié d’une situation météorologique plus favorable que dans d’autres régions. Durant les dix derniers jours, les deux barrages ont toutefois perdu environ 1 million de mètres cubes.

Barrage Kaddoussa

Évolution du barrage Kaddoussa entre le 21 novembre 2024 et le 19 novembre 2025

Barrage Hassan Addakhil

Évolution du barrage Hassan Addakhil entre le 21 novembre 2024 et le 17 novembre 2025

L’ombre des sept ans de sécheresse plane sur le lancement de la campagne agricole

Dans sa dernière intervention devant la Chambre des représentants, Nizar Baraka, ministre de l’Équipement et de l’eau, a alerté sur le risque d’une nouvelle année de sécheresse, la huitième consécutive.

Sans épisode pluvieux conséquent, les conditions actuelles ne montrent aucun signe d’amélioration. Les réserves des barrages dépassent à peine le tiers de leur capacité, en raison d’une rareté des précipitations et de températures toujours supérieures aux normales de saison pour un mois d’octobre.

La saison écoulée (2024-2025) a bénéficié d’une amélioration relative des précipitations, principalement grâce aux pluies tardives de février et mars 2025. Celles-ci ont permis de sauver la saison agricole et de porter les réserves des barrages aux environs de 40% en mai 2025. Cependant, malgré ses bénéfices, cette saison est restée déficitaire par rapport à la moyenne pluviométrique habituelle de 200 mm.

C’est pourquoi nous retraçons l’évolution de deux saisons, l’une pluvieuse et l’autre de sécheresse, pour illustrer le fort impact du climat sur le pays. En cette période d’expectative, cette comparaison montre à quel point une seule saison pluvieuse peut effacer les impacts d’une série successive d’années de sécheresse.

La sécheresse de la saison 1994-1995 au Maroc et ses répercussions

Les années 1981, 1992, 2001, 2017, ainsi que les années récentes 2023 et 2024, figurent parmi les plus sèches de l’histoire moderne du Maroc. Cependant, la sécheresse de la saison 1994-1995 a eu un impact particulièrement catastrophique sur l’économie nationale et le monde rural, marquant l’aboutissement d’une série de quatre années consécutives de sécheresse débutée en 1991.

Durant cette saison, la production céréalière s’est effondrée, passant de 96,2 millions de quintaux à seulement 17,6 Mq. Les légumineuses ont connu également une baisse tout aussi dramatique, avec une production tombant de 2,76 Mq à 874.000 q. Ces chiffres représentent respectivement une chute de la production d’environ 82% pour les céréales et de 68% pour les légumineuses par rapport à la saison agricole 1993-1994.

La région de Chaouia, pourtant réputée pour ses bonnes récoltes céréalières, a enregistré un déficit pluviométrique ne cumulant durant la saison 1994-1995 que 183 mm.

Bien que le cumul annuel de 1995 puisse apparaître acceptable dans les statistiques, cette donnée est trompeuse : la majorité des précipitations est en réalité survenue en décembre 1995, appartenant déjà à la saison agricole 1995-1996. Une comparaison avec les sécheresses récentes (2023-2024 et 2024-2025) révèle des cumuls annuels similaires, mais des conséquences socio-économiques nettement plus graves durant la saison 1994-1995.

En plus d’enregistrer la production agricole la plus faible depuis l’indépendance du Maroc, cette période a été marquée par une diminution drastique des réserves des grands barrages, qui atteignaient à peine 26,9% de la capacité totale en décembre 1995.

Cette sécheresse a particulièrement affecté le barrage Al Massira, le plus grand réservoir du pays à cette époque. Ses niveaux ont chuté de façon alarmante : de 19,7% de sa capacité en 1992, à 17% en 1993, puis à 14% en 1994, pour finalement atteindre un niveau critique de 11,2 % en décembre 1995.

De même, les réserves du barrage Idriss Iᵉʳ ont subi une forte diminution, frôlant l’épuisement. Sa capacité est passée de 22,6% en 1992 à 9,4% en 1994, pour chuter encore à 7,2% en décembre 1995.

Impact de la succession de quatre sécheresses successives sur les retenues du barrage d’Al Massira.

La saison 1995-1996, une aubaine après une série de sécheresses consécutives

La saison 1995-1996 est considérée comme la plus pluvieuse au Maroc depuis 1961, avec des précipitations annuelles approchant les 350 mm en moyenne nationale. Plusieurs villes ont enregistré des cumuls exceptionnels : Casablanca (694 mm), Tanger (1323 mm), Fès (586 mm), Kénitra (922 mm) et Marrakech (336 mm)…

Évolution du couvert végétal dans la région de Rabat entre 1995 et 1996.

Par exemple, dans la ville de Casablanca, la saison a commencé avec des précipitations dont l’intensité a augmenté dès octobre 1995. Après avoir enregistré seulement 11 mm en octobre, les précipitations ont relativement augmenté, avec un cumul de 60 mm en novembre, puis ont progressé davantage en décembre 1995 et janvier 1996, pour atteindre respectivement 92,8 mm et 312 mm (soit le maximum de la saison). Les mois allant de février à mai ont connu des précipitations moindres, comprises entre 64 et 10 mm.

Durant cette saison pluvieuse de 1996, la station de Nouaceur, située dans la périphérie de Casablanca, a enregistré des précipitations sur 82 jours pour des cumuls supérieurs à 1 mm. Cette fréquence pluviométrique se décompose en 41 jours avec plus de 5 mm de précipitations, et 19 jours ayant dépassé le seuil de 10 mm.

Comparée aux trois dernières années (2023, 2024 et 2025), la région de Casablanca a enregistré en 1995 un nombre de jours de précipitations plus élevé pour les cumuls compris entre 1 et 5 mm. En revanche, cette même année 1995 est inférieure pour les précipitations supérieures à 10 mm par rapport aux années 2024 et 2025. Quant à l’année 2023, elle détient un record de faiblesse avec seulement trois jours de fortes pluies enregistrés à Nouaceur.

De même, la ville de Tanger a enregistré, durant l’année 1996, quatre mois et demi (4,5 mois) de précipitations supérieures à 1 mm, 77 jours de précipitations supérieures à 5 mm, et 60 jours de précipitations supérieures à 10 mm. S’il est vrai que l’année 1996 a connu un grand écart, la comparaison des dernières années avec l’année 1995 en termes de jours de pluie indique que, malgré la sécheresse de 1995, les jours de pluie cumulant entre 1 et 5 mm sont plus nombreux par rapport à ces trois dernières années d’accentuation de la sécheresse. En revanche, les jours de pluie cumulant des valeurs supérieures à 10 mm ont été inférieurs par rapport aux années 2024 et 2025, mais relativement supérieurs par rapport à 2023.

L’intensité de cette année pluvieuse a provoqué une inondation du fleuve Sebou, dont les berges sont restées immergées pendant des mois. De leur côté, les réserves des principaux barrages de l’époque se sont renflouées après une série d’années de sécheresse entre 1991 et 1994.

Impact de l’inondation de l’oued Sebou en 1996.

C’est ainsi que le taux de remplissage global des retenues des principaux barrages du Maroc a bondi, passant de seulement 26,1% au 31 décembre 1995 à 83,1% au 31 décembre 1996.

Cette amélioration notable a profité à l’ensemble des grandes infrastructures hydrauliques du Royaume. Dans la région de Settat, le barrage Al Massira a connu une métamorphose spectaculaire, son taux de remplissage bondissant de 11,2% à 83,3%. Une tendance similaire a été enregistrée au barrage Idriss Iᵉʳ, à Taounate, où le taux est passé de 7,2% à 74,5%. Quant au barrage Al Wahda, la plus grande retenue du Maroc alors nouvellement mise en service, il a affiché dès sa première année d’exploitation un taux de 47,5%, confirmant d’emblée son rôle stratégique dans la sécurité hydrique du Maroc.

Évolution des retenues du barrage Al Massira entre septembre 1995 et septembre 1996.

 

Comparaison des retenues du barrage Idriss Iᵉʳ entre décembre 1995 et décembre 1996.

Grâce à l’amélioration significative des précipitations, le secteur agricole a enregistré une saison record subséquente. La production céréalière a bondi de 17,6 Mq à 100,9 Mq, représentant une multiplication par près de 5,7. De même, la production des légumineuses a triplé, passant de 874.000 q à 2,7 Mq, tandis que le cheptel ovin a également bénéficié de ces conditions favorables, augmentant de 1,1 million de têtes.

Est-il possible de capitaliser sur la réversibilité rapide du stress hydrique ?

En se référant aux années 1996 et 1994, un épisode pluvieux dès novembre, qui s’intensifie en décembre et janvier, pourrait permettre une bonne saison 2025-2026. Les précipitations des mois de septembre et d’octobre, bien qu’intéressantes, ne permettent pas, à elles seules, de statuer sur la saison agricole.

L’espoir réside désormais, dans les prochains mois, dans la survenue d’un épisode pluvieux généralisé pour mettre fin à une succession de sept années de sécheresse.

Il est de plus en plus évident que les effets du réchauffement climatique s’installent rapidement, se manifestant par des épisodes extrêmes de plus en plus aigus et des précipitations de plus en plus rares et soudaines. Durant la saison dernière, les précipitations étaient principalement dues à l’occurrence de dépressions coupées qui devraient devenir très fréquentes dans la région, selon les modélisations climatiques.

La réversibilité du stress hydrique est un fait établi qui nous oblige à revoir en profondeur notre modèle de gestion de l’eau. Notre pays est passé de cinq épisodes de sécheresse entre 1940 et 1979 (40 ans) à dix épisodes entre 1980 et 2002 (22 ans).

Par rapport aux épisodes de sécheresse précédents, la série actuelle de sept années consécutives est la plus longue depuis l’indépendance du Maroc. Elle est également plus intense en termes de diminution de la pluviométrie, l’année 2023 étant considérée comme la plus faible en termes de précipitations enregistrées.

Dans la même veine, le modèle agricole nécessite d’être revu à la loupe afin de l’adapter au mieux à ces changements dont personne ne peut nier les effets. Il se peut qu’une année pluvieuse revienne, mais cela ne serait pas suffisant pour compenser le déficit.

Plusieurs experts suggèrent, face à la récurrence des sécheresses et au retard des pluies, qu’un report du calendrier agricole permettrait une meilleure adéquation avec le nouveau régime pluviométrique. Cette hypothèse mérite cependant une étude scientifique rigoureuse pour en évaluer les avantages et les limites, et pour déterminer le calendrier optimal le cas échéant.

L’évaluation à mi-parcours de la stratégie Génération Green, si elle est conduite avec rigueur, pourrait apporter des réponses à ces questions cruciales. Elle devrait définir un futur modèle agricole marocain, durable, rentable, générateur de développement socio-économique, et surtout, résilient face aux effets des changements climatiques.

Après les récentes pluies, une légère amélioration des réserves des barrages (images satellite)

Après une saison agricole légèrement meilleure que la précédente, les agriculteurs se préparent pour le début d’une nouvelle saison agricole avec l’espoir qu’elle bénéficiera d’une amélioration des précipitations. 

Des pluies salvatrices qui réalimenteront les barrages et les nappes phréatiques, fortement affaiblis ces dernières années.

Au 13 octobre 2025, les réserves totales en eau des barrages marocains s’élevaient à 5,38 milliards de mètres cubes, soit 32,1 % de la capacité totale.

Par rapport à l’année dernière, les stockages des grands barrages n’ont pas beaucoup changé, à l’exception des régions orientale et du Sud-Est qui ont récemment connu plusieurs épisodes pluvieux.

Au nord, les barrages des bassins du Loukkos et du Sebou continuent de détenir les plus grandes réserves, lesquelles représentent la moitié des réserves actuelles. Cette prépondérance est assurée notamment par le barrage d’Al Wahda qui retient actuellement 1,5 milliard de mètres cubes, et par celui d’Oued Makhazin qui en retient 505 millions de mètres cubes.

En exploitant les données satellitaires disponibles, nous présentons ci-après les évolutions les plus marquantes des niveaux de remplissage des barrages du pays, comparées à l’année dernière.

Certains barrages affichent une amélioration par rapport à l’année dernière. Par exemple, le barrage Mohammed V, près d’Oujda, affiche un taux de 24 %, contre 12 % le même jour l’année dernière.

Dans la région du Sud-Est, le barrage Hassan Addakhil affiche également une amélioration importante de ses réserves, passant de 49% à 58% en raison des précipitations qui ont augmenté le niveau d’eau de l’Oued Ziz, principal oued alimentant le barrage.

Évolution des principaux barrages entre octobre 2024 et octobre 2025

Barrage Hassan Addakhil 

 

Le barrage de Sidi Mohammed Ben Abdellah, qui constitue la principale source d’approvisionnement en eau pour Rabat, Casablanca et leurs régions, affiche une nette amélioration de son taux de remplissage par rapport à la même période l’année dernière, passant de 33% à 67%. Contrairement à ce que l’on pourrait supposer, cette hausse significative est principalement attribuable à l’interconnexion réalisée avec le bassin du Sebou, plutôt qu’aux précipitations récentes enregistrées dans la région.

Barrage Sidi Mohamed Ben Abdellah 

 

Le barrage d’Al Massira, qui constitue la principale source d’approvisionnement en eau potable de la région Casablanca-Settat, se trouve toujours dans une situation extrêmement critique. Alors que l’an dernier ses réserves plafonnaient à un niveau historiquement bas de 0,3 % (13 octobre 2024), elles atteignent à peine 2 % aujourd’hui, soit approximativement 65 millions de mètres cubes. Cette quantité est largement insuffisante pour répondre aux besoins de la métropole, qui s’est tournée vers d’autres solutions. Pour assurer son approvisionnement, elle s’appuie de plus en plus sur les ressources du barrage Sidi Mohammed Ben Abdellah et, dans une mesure croissante, sur l’eau dessalée provenant de la station de Jorf Lasfar.

Barrage d’Al Massira 

Dans la région de Bin Ouidane, les récentes précipitations ont entraîné une nette amélioration des réserves du barrage, dont le taux de remplissage est passé de 7% à 16% en l’espace d’un an. Cette infrastructure revêt une importance cruciale, tant pour l’activité agricole que pour le tourisme local. Cependant, à l’image du barrage Al Massira, les niveaux d’eau de Bin Ouidane avaient considérablement baissé au cours des dernières années, peinant souvent à dépasser le seuil de 7%. Cette baisse persistante a lourdement impacté les activités socio-économiques qui dépendent de cette ressource vitale.

Barrage Bin Ouidane 

Récemment, une récente étude a démontré que les eaux des barrages représentent la meilleure qualité d’eau au Maroc par rapport aux eaux souterraines et aux eaux des rivières aggravées par la pollution due à des activités humaines.

Nizar Baraka : « 16 nouveaux grands barrages en cours de construction et 150 petites structures sont programmées »

« La politique des barrages au Maroc a connu une amplification inédite depuis l’ascension du Roi Mohammed VI au Trône, qui s’est traduite par un maillage dense et équilibré. Les barrages construits sont répartis sur l’ensemble du territoire« , c’est ce qu’a déclaré Nizar Baraka, ministre de l’Équipement et de l’Eau, jeudi 12 juin, lors d’une conférence débat organisée par Médias24 autour de la question de l’eau.

« Avec cette vision anticipative, le Royaume a pu affronter les sept dernières années de sécheresse, évitant ainsi les effets dévastateurs constatés dans d’autres pays étrangers qui ont subi les mêmes défis climatiques que le Maroc », a-t-il ajouté.

Il a rappelé que sans la surélévation du barrage Sidi Mohammed Ben Abdellah voulue par le Roi dès 2007, jamais l’interconnexion du Sebou au Bouregreg n’aurait pu se faire de cette manière. Cette interconnexion a sauvé l’alimentation de Casablanca en eau potable grâce au transfert d’eau.

Une réduction des délais de réalisation des barrages de 6 mois à 3 ans

À l’occasion de cet événement, M. Baraka a fait le point sur les barrages construits à ce jour et ceux en cours. D’après lui, une dizaine de barrages ont été construits depuis 1999. Ils sont illustrés dans la carte ci-dessous.

« Nous avons notamment achevé la construction des barrages de Tiddas, de Toudgha, d’Agdez, de Fask, de Mdez, de Koudiat Borna et de Rhiss« , lesquels ont été mis en service depuis 2022. Mais le plus important à noter, « c’est que nous avons réduit le temps de réalisation des barrages de 6 mois à 3 ans ».

16 nouveaux grands barrages en cours de construction

Outre ces barrages existants, « 16 nouveaux barrages sont actuellement en cours de construction », comme le montre la carte ci-dessous.

« Ces structures répondent à une logique territoriale et se trouvent ainsi sur l’ensemble du territoire marocain. On retrouve notamment des barrages dans la région de Sakia El Hamra, ou encore dans la région de Guelmim ».

Selon l’exposé du ministre, les barrages de Rhiss, Sidi Abbou et Koudiat Borna dépassent déjà 90% d’avancement. Ait Ziat, Beni Azimane, Sakia Al Hamra et Targa ou Madi dépassent pour leur part 70% de réalisation. Le barrage Ribat El Kheir est quant à lui  à 7% de réalisation.

Par ailleurs, trois nouveaux barrages moyens sont en cours de construction. Il s’agit de Tassa Wirgane, dans la province d’El Haouz, de Msalit dans la région de Tata et de Ain Ksob dans la province de Benslimane.

En ce qui concerne les petits barrages, 38 sont en cours de réalisation et plus de 150 sont programmés.

La majorité des barrages répondent à la logique des autoroutes de l’eau.

« La majorité de ces barrages répondent aussi à la logique des autoroutes de l’eau », a par ailleurs souligné Nizar Baraka. « Il s’agit notamment de barrages dont la construction sera bientôt lancée, tels que le barrage de Bou Ahmed, au niveau de Chefchaouen ».

« C’est d’ailleurs pour cette raison que le Roi Mohammed VI a insisté sur les zones pluvieuses, le but étant de réaliser la fameuse autoroute de l’eau, allant de Laou jusqu’à Oum Er-Rabia ».

Et de poursuivre : « cette politique fait qu’au-delà de cet aspect hydrique, ces barrages répondent à plusieurs objectifs majeurs, dont le premier est d’atteindre 25 MMm³, pour pouvoir atténuer l’impact du changement climatique, en réduisant les crues, en protégeant les citoyens et en stockant de l’eau ».

« Cette politique permettra aussi l’émergence de nouvelles activités agricoles, qui vont générer de l’emploi ».

Par ailleurs, « pour protéger ces barrages, nous travaillons sur le désenvasement et la collecte des eaux pluviales ». Dans ce sens, le désenvasement du barrage Ighboula dans la province de Midelt et d’Imi El Kheng dans la province de Taroudant est en cours de réalisation.

En ce qui concerne la collecte des eaux pluviales à travers les toitures et les métfias, 21 provinces sont concernées par environ 300 projets sur la période 2021-2025. Il s’agit notamment de Khouribga, de Taza, de Sidi Ifni, de Guelmim, de Boujdour, d’Es Smara, des Rehamna, de Safi, de Figuig, d’Agadir, de Chtouka Ait Baha, de Tiznit, de Tata, de Taroudant, de Chefchaouen, de Mdiaq Fnideq, de Tétouan, d’Essaouira, de Mohammedia, de Midelt et de Tinghir.

Cette politique des barrages avance en parallèle avec celle du dessalement de l’eau de mer, mais aussi avec celle relative à l’économie de l’eau et à la protection des eaux souterraines. Elle vient répondre à des objectifs clairs définis par le Roi Mohammed VI : garantir l’accès à l’eau potable pour tous les Marocains, où qu’ils se trouvent. Il s’agit également d’assurer 80% des besoins en irrigation, un autre objectif ambitieux mais essentiel pour préserver la sécurité alimentaire du pays.

Il est important de noter que la part des eaux de surface consacrée à l’irrigation est passée de 85% à 55% au cours des dernières années. Cette évolution reflète une nouvelle hiérarchisation des usages, où la priorité a été donnée à l’eau potable, dont la part dans les eaux de surface a progressé de 15% à 45%.

Province de Jerada : SNTRO construira le barrage de Guelta pour 22,6 MDH

La SDR Oriental Services S.A, maître d’ouvrage, a tranché. Le marché de construction de ce barrage a été confié à SNTRO pour 22,6 MDH, alors que le coût estimé lors du lancement de l’appel d’offres était de 18,8 MDH.

Ce barrage sera édifié sur une superficie qui avoisine les 18 hectares pour une capacité de stockage de 610 millions m³.

Les travaux incluent :

– l’aménagement des accès et la réalisation des installations de chantier ;

– la construction du barrage en remblai et ses ouvrages annexes (fouilles, bétons, remblais, coffrage, ferraillage…) ;

– la mise en place des dispositifs d’auscultation des ouvrages ;

– la remise en état des lieux.

Le délai d’exécution global du marché est fixé à 14 mois.

Marrakech-Safi : 80 MDH pour la construction de trois barrages

Le premier ouvrage, le barrage Oued Assayad, sera implanté dans la province de Chichaoua. Doté d’un budget de 29,3 millions de DH, il disposera d’une retenue d’eau couvrant 21,8 hectares au niveau normal et offrira une capacité de stockage de 840.000 m³. Le délai d’exécution des travaux est fixé à 16 mois.

Le barrage Ouled Talha, prévu dans la province de Rhamna, mobilisera un investissement estimé à 26,5 millions de DH. Sa retenue s’étendra sur 12 hectares, avec une capacité de 287.000 m³. Les travaux devront être achevés dans un délai de 14 mois.

Enfin, dans la préfecture de Marrakech, le barrage Azib Ayad sera réalisé pour un montant prévisionnel de 22,9 millions de DH. Il couvrira une superficie de 11,6 hectares et permettra le stockage de 201.000 m³ d’eau. Là aussi, le délai d’achèvement est de 14 mois.

https://medias24.com/2025/04/25/eau-comment-lacceleration-inedite-de-la-politique-des-barrages-depuis-2000-a-permis-au-maroc-deviter-le-pire/

Eau. Comment l’accélération inédite de la politique des barrages depuis 2000 a permis au Maroc d’éviter le pire

La politique des barrages s’est imposée comme un levier majeur du développement hydraulique au Royaume. Bien qu’on l’associe souvent à la vision stratégique du Roi Hassan II, c’est sous l’impulsion du Roi Mohammed VI qu’elle a connu un tournant décisif.

En effet, la gestion de l’eau est l’une des priorités du Souverain. Il en a fait une urgence nationale, en réponse aux enjeux liés au changement climatique et à la raréfaction des ressources hydriques.

Le bilan des deux dernières décennies illustre d’ailleurs les avancées réalisées depuis le début de son règne, et témoigne d’une anticipation constante, visant à sécuriser les ressources hydriques du Royaume.

Les barrages, pierre angulaire de la sécurisation des ressources hydriques

Conscient des enjeux stratégiques qu’elle représente pour le développement durable, la question de l’eau a été inscrite par le Roi Mohammed VI au cœur des priorités nationales, et ce depuis son accession au Trône en 1999. Bien plus qu’une ressource, l’eau constitue aujourd’hui un levier essentiel de sécurité alimentaire et un facteur de stabilité sociale.

Cette vision s’est concrétisée à travers une stratégie hydrique globale, mettant l’accent sur des leviers clés, avec les barrages en tête. C’est la pierre angulaire de l’aménagement et de la sécurisation des ressources.

En effet, un total de 62 barrages ont été réalisés sous son règne. 14 autres grands barrages, totalisant une capacité d’environ 4,8 MMm3, sont en cours de réalisation au niveau de six régions, tandis que sept nouvelles infrastructures sont programmées au-delà de 2027. La capacité de ces dernières s’élèvera à 3,36 MMm3.

Ces projets porteront le nombre total des barrages à plus de 170 à travers le Royaume, avec une capacité d’environ 29 MMm3, qui permettra de sécuriser davantage l’approvisionnement en eau potable et en irrigation, particulièrement dans les zones arides et semi-arides.

D’autres projets de barrages de taille moyenne et de retenues collinaires sont pour leur part également en cours de réalisation ou prévus dans les prochaines années. Cette nouvelle génération d’infrastructures répondra, pour sa part, aux besoins spécifiques des territoires enclavés, favorisant ainsi le développement agricole local.

Medias24
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La capacité actuelle dépasse 20 milliards de m3

Comme expliqué ci-haut, depuis les premières années du règne du Roi Mohammed VI, un total de 62 barrages ont été édifiés au Maroc, augmentant la capacité de stockage du Royaume de plus de 6,35 MMm3, pour atteindre aujourd’hui un volume de plus de 20 MMm3.

56% de ces 62 barrages contribuent à l’approvisionnement du Royaume en eau potable. L’irrigation reste prioritaire, avec une part de plus de 72%, contre à peine 11,3% pour la production d’énergie.

Les régions Béni Mellal-Khénifra (8 barrages), Marrakech-Safi (8 barrages), l’Oriental (7 barrages), Rabat-Salé-Kénitra (7 barrages) et Tanger-Tétouan-Al Hoceima (7 barrages) arrivent en tête en termes d’unités. En termes de capacité de stockage, la région Rabat-Salé-Kénitra (plus de 1,6 MMm3) se classe en première place, suivie de Drâa-Tafilalet (plus de 1,18 MMm3), et de Fès-Meknès (plus de 1 MMm3). Leurs ressources sont principalement destinées à l’approvisionnement en eau potable et d’irrigation. 

Les grands barrages réalisés sous le règne du Roi Mohammed VI

Parmi les principales infrastructures réalisées par le Roi Mohammed VI, citons le barrage Tidass, pour lequel une enveloppe budgétaire de 867 MDH a été mobilisée.

Situé dans la région Rabat-Salé-Kénitra, dans la province de Khémisset, à 70 km au sud-oued de la capitale administrative, ce barrage illustre pleinement la stratégie nationale de valorisation et de sécurisation des ressources hydriques.

Mis en service en 2022, ce barrage, édifié sur l’Oued Bouregreg, est d’une capacité de 507 Mm3. Il joue un rôle important dans la sécurisation de l’approvisionnement en eau potable des villes d’Oulmes, Zhiliga, Brachoua, Maaziz et les centres liés, soit une population estimée à 141.000 habitants.

Le barrage Tiddas, qui s’impose comme un maillon essentiel du dispositif hydraulique régional, contribue aussi à l’irrigation de 4.627 ha, dans les périmètres de Béni Zoulit, Aït Zaghou, Aït Boumska, ainsi qu’à la régulation des apports du bassin de l’oued Bouregreg et à l’atténuation des risques d’inondations dans sa vallée.

La surélévation du barrage Sidi Mohammed Ben Abdellah est également l’un des projets phares réalisés durant le règne du Roi Mohammed VI, avec un budget conséquent de 570 MDH.

Achevé en 2007, ce barrage constitue aussi un projet hydraulique structurant de la région Rabat-Salé-Kénitra. Situé dans la préfecture de Rabat, il a vu sa capacité plus que doublée, passant de 446 Mm3 à 1 MMm3.

Edifié également sur l’oued Bouregreg, le barrage Sidi Mohammed Ben Abdellah contribue aujourd’hui à l’alimentation en eau potable de plus de 10 millions d’habitants, et joue un rôle clé dans le transfert de l’eau à partir du bassin de Sebou vers le bassin d’Oum Er-Rbia. Par ailleurs, en plus de ces fonctions vitales, il contribue aussi à la protection de la vallée de Bouregreg contre les crues.

Outre ces deux grands barrages, d’autres infrastructures de grande taille ont été construites depuis 1999, notamment celui d’Ahmed El Hansali, sur l’oued de l’Oum Er-Rbia.

D’une retenue d’eau d’une capacité de 740 Mm3, ce barrage a été mis en service en 2002. Il se situe dans la région Béni Mellal-Khénifra, au niveau de la province de Béni Mellal. Il contribue à la fois à l’approvisionnement des zones avoisinantes en eau potable, à l’irrigation de 36.000 ha dans la plaine de Béni Amir et à la création d’énergie. Il est donc d’une importance capitale, en particulier pour les deux provinces de Tadla et Doukkala.

Mis en service en 2024, le barrage M’dez, dans la région Fès-Meknès (province de Sefrou), est également un projet d’envergure. Avec une capacité totale d’environ 700 Mm3, cette infrastructure, encore récente, joue déjà un rôle clé dans l’approvisionnement en eau potable des régions avoisinantes.

Relié à l’oued M’dez, affluent de l’oued Sebou, il contribue aussi à l’irrigation de 30.000 ha dans la plaine du Saïss et à la protection contre les inondations, notamment du barrage Allal El Fassi.  Rappelons que sa réalisation a nécessité une enveloppe budgétaire de près de 1,6 MMDH.

Le Roi Mohammed VI lance les travaux du barrage Oued Martil, aux environs de Tétouan (mai 2008).

L’autre barrage essentiel pour le Royaume, et en particulier pour la région Rabat-Salé-Kénitra, construit sous le règne du Souverain : Ouljet Essoltane. Il fait partie du bassin de Sebou, l’un des plus importants versants du Maroc.

Située au niveau de la province de Khémisset, sur l’oued Beht, cette infrastructure a été mise en service en 2018. D’une capacité globale de 510 Mm3, elle contribue à l’approvisionnement en eau potable des villes de Khémisset et Tiflet, à l’irrigation du périmètre du Beht, à la création d’énergie hydroélectrique notamment, mais aussi à la protection de la plaine du Gharb contre les inondations.

14 grands barrages en cours de réalisation

Outre ces infrastructures déjà en service dans les différentes régions du pays, 14 grands barrages sont actuellement en cours de réalisation. Quatre d’entre eux se situent dans la région de l’Oriental. Il s’agit des barrages :

Kheng Grou (Figuig), d’une capacité de 1,07 MMm3. Ce barrage, qui sera le plus grand de la région, et le cinquième plus grand du Maroc une fois finalisé, est destiné à l’approvisionnement en eau potable, à l’irrigation agricole et à la protection contre les inondations. En raison de la crise hydrique, les travaux de ce barrage se sont intensifiés. Leur achèvement est prévu pour juillet 2026, au lieu de mars 2027.

La surélévation du barrage Mohammed V (Taourirt) : une fois achevée en septembre 2026, ce barrage deviendra un pilier central pour sécuriser les ressources en eau dans la région de l’Oriental, grâce à sa capacité de stockage qui s’élèvera à 980 Mm3.

Construit en 1967 sur l’oued Moulouya à environ 55 kilomètres au nord de la ville de Taourirt et à 65 kilomètres au sud de la ville de Nador, le barrage Mohammed V a joué un rôle essentiel dans l’approvisionnement en eau potable des populations de la région de l’Oriental, ainsi que dans l’irrigation et la production d’énergie hydroélectrique.

Cela renforcera sa capacité à répondre aux divers besoins en eau, notamment pour garantir l’approvisionnement en eau potable pour les habitants de la région, fournir de l’eau pour l’irrigation dans la basse Moulouya, soutenant ainsi le secteur agricole et contribuant à la durabilité de la production agricole, protéger les zones avoisinantes contre les inondations en réduisant les risques de crues soudaines, et produire de l’énergie hydroélectrique, renforçant ainsi les sources d’énergie propre dans la région.

Targa Ou Madi (Guercif) : d’une capacité globale de 287 Mm3, ce barrage contribuera à l’approvisionnement des régions avoisinantes en eau potable, à l’irrigation et à la production d’énergie.

Béni Azimane (Driouch) : d’une capacité de stockage de 44 Mm³, cette infrastructure contribuera à approvisionner la région en eau potable, mais aussi à l’irrigation des terres avoisinantes et à protéger la zone contre les inondations.

Trois autres sont en cours de construction dans la région Fès-Meknès :

Retba (Taounate) : avec une capacité de stockage de 1,009 MMm³, son achèvement est prévu pour 2028. Il s’agit du deuxième plus grand barrage du bassin de Sebou, après celui d’Al Wahda.

Sidi Abbou (Taounate) : avec une capacité de 200 Mm3, ce barrage est construit sur l’oued Leben, au niveau du bassin hydraulique du Sebou. Il a pour objectif l’irrigation d’un périmètre d’environ 4.600 hectares, le renforcement de l’approvisionnement en eau potable de plusieurs petits centres urbains et ruraux, la protection contre les inondations, la production hydroélectrique d’une puissance d’environ 5 MW et la diminution des pertes vers la mer en offrant une possibilité d’interconnexion avec d’autres bassins hydrauliques.

Ribat El Kheir (Sefrou) : la capacité de stockage de cette infrastructure est d’environ 124 Mm³. Son achèvement est prévu pour 2029. Il contribuera à l’approvisionnement en eau potable, à l’irrigation et à la production d’énergie.

Deux autres grands barrages sont en cours dans la région Sous-Massa :

– La surélévation de Mokhtar Soussi à Taroudant : ce barrage relève du bassin hydraulique de Souss-Massa. Sa surélévation permettra d’atteindre une capacité globale de stockage des ressources de 280 Mm³. Ses travaux ont atteint environ 60%.

Tamri (Adadir Ida Ou Tanane) : la capacité de ce barrage s’élève à 204 Mm³. Les travaux de construction de cette infrastructure ont atteint environ 62%.

Dans la région Marrakech-Safi, les barrages en cours de réalisation sont :

le barrage d’Ait Ziat (Al Haouz) : relevant du bassin de Tensift, il dispose d’une capacité de stockage de 185 Mm³. Ce projet est prévu pour être achevé en 2026.

le barrage de Boulaaouane (Chichaoua), qui relève également du bassin de Tensift, et qui dispose d’une capacité de stockage de 66 Mm3. Il est prévu d’être achevé en 2026, pour contribuer au développement de l’irrigation dans la plaine de Mejjat, au renforcement de l’approvisionnement en eau potable de la ville d’Imintanoute et à la protection contre les inondations des zones situées en aval.

Deux autres barrages sont en cours de construction dans la région Béni Mellal-Khénifra :

Le barrage sur l’Oued Lakhdar à Azilal, au niveau du bassin hydraulique de l’Oum Er-Rbia, d’une capacité de stockage de 150 Mm³. Il contribuera à l’approvisionnement en eau potable et en eau d’irrigation. Ce projet est prévu pour être achevé en 2027.

Taghzirt (Béni Mellal) : sa capacité de stockage s’élève à 85 Mm³. Il servira notamment à approvisionner la zone en eau potable et à la production hydroélectrique. Ce projet est prévu pour être finalisé en 2027.

Le dernier projet de cette série de 14 infrastructures en cours de réalisation se situe quant à lui dans la région Laâyoune-Sakia El Hamra. Il porte sur la reconstruction du barrage sur l’oued Saquia El Hamra, avec une capacité de 113 Mm3. Cet ouvrage hydraulique a pour objectif la protection de la ville de Laâyoune contre les inondations et la recharge de la nappe de la ville.

Notons que ce barrage a été réalisé en 1995. À la suite des inondations exceptionnelles de novembre 2016, qui avaient causé d’importants dégâts, notamment l’enclavement de la ville pendant plusieurs jours ainsi que la rupture du barrage existant, il a été décidé de le reconstruire après des investigations de terrain et des missions d’expertise.

Sept barrages programmés au-delà de 2027

Le Souverain entend par ailleurs poursuivre cet élan, à travers de nouvelles infrastructures en projet pour les années à venir, dans, au moins, cinq régions du Royaume, à savoir :

La région Tanger-Tétouan-Al Hoceima, avec la construction des barrages :

La région Béni Mellal-Khénifra, avec la construction du barrage Tioughza, dans la province d’Azilal. D’une capacité de 204,6 Mm3, il contribuera à l’irrigation.

La région Drâa-Tafilalet, avec la construction du barrage Tadighoust, dans la province d’Errachidia, d’une capacité de 60 Mm3.

Le site de ce barrage est l’un des sites les plus intéressants en matière de ressources en eau de surface. Il contribue, à lui seul, à 34% des apports naturels du bassin du Rhéris, avec un apport annuel de 60 Mm3/an. Les apports de ce bassin se caractérisent par un régime d’écoulement sous forme de crues plus ou moins fréquentes et plus ou moins violentes.

Le barrage Tadighoust permettra ainsi l’irrigation des terres situées en aval par épandage de crues, l’amélioration de la recharge des nappes souterraines et la protection contre les inondations.

La région Fès-Meknès, avec la construction du barrage amont El Wahda dans la province de Taounate, d’une capacité de 1,8 MMm3. Il contribuera à l’approvisionnement en eau potable, à l’irrigation et à la protection contre les inondations.

La région Marrakech-Safi, avec la construction du barrage Bouidel dans la province d’Al Haouz. D’une capacité de 200 Mm3, il contribuera à l’irrigation.

Dans une approche prospective, le Souverain a également donné une impulsion décisive à des projets structurants, notamment le programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation 2020-2027. Doté de plus de 115 MMDH, il englobe, outre les barrages, la mobilisation des ressources en eaux non conventionnelles, le dessalement de l’eau ainsi que la réutilisation des eaux usées traitées.

Dans le cadre d’un round up, Médias24 poursuivra la publication d’articles sur les barrages les plus récents ou en cours de réalisation.

https://medias24.com/2025/05/02/le-barrage-sidi-mohammed-ben-abdellah-un-pilier-de-la-politique-de-leau-au-maroc/

Barrages : les nouveaux projets en cours totalisent 4,4 milliards de m3 de capacité

Plusieurs barrages d’une capacité globale de plus de 4,4 milliards de m3 (MMm3) sont en cours de construction.

Le Maroc poursuit ses investissements dans la construction de nouveaux barrages dans le cadre du Programme national pour l’approvisionnement en eau potable et l’irrigation (PNAEPI) 2020-2027. Initialement doté de 115 milliards de dirhams (MMDH), ce programme bénéficie désormais d’un budget porté à 143 MMDH. Son ambition : assurer l’accès universel à l’eau potable et couvrir 80% des besoins en irrigation à l’échelle nationale.

Dans cet article, Médias24 vous propose un aperçu des principaux projets de barrages en cours et à venir. Cette analyse, non exhaustive, s’appuie sur les déclarations de Nizar Baraka, ministre de l’Équipement et de l’eau, lors des conseils d’administration de certains bassins hydrauliques tenus en début d’année, ainsi que sur les marchés publics récemment lancés ou attribués.

Barrages prévus pour être achevés en 2025

Aujourd’hui, le Maroc dispose d’un réseau d’au moins 154 grands barrages d’une capacité de plus de 20,7 MMm³ et de 146 petits barrages, permettant ainsi de répondre aux besoins en eau (potable, industrielle et touristique), et de contribuer à la production d’énergie hydroélectrique, à la protection contre les phénomènes extrêmes tels que les inondations et la sécheresse, et à assurer l’irrigation dans certaines zones du pays. Notons toutefois que, suite à la succession des années de sécheresse, plusieurs zones et cultures n’ont pas bénéficié, au cours de la campagne agricole en cours et de celles précédentes, de l’eau d’irrigation.

En 2024, deux grands barrages ont été mis en eau : le barrage Mdez (700 Mm3), situé dans la province de Sefrou, et le barrage Fask (80 Mm3), dans la province de Guelmim. Par ailleurs, les travaux d’une quinzaine de grands barrages se sont poursuivis tout au long de l’année 2024, dont plusieurs programmés pour un achèvement en 2025, parmi lesquels :

– Le barrage Sidi Abbou dans la province de Taounat, avec une capacité de 198 millions de m³ (Mm³) sur l’oued Leben, au niveau du bassin hydraulique du Sebou. Ce barrage a pour objectif l’irrigation d’un périmètre d’environ 4.600 hectares, le renforcement de l’approvisionnement en eau potable (AEP) de plusieurs petits centres urbains et ruraux, la protection contre les inondations, la production hydroélectrique d’une puissance d’environ 5 MW et la diminution des pertes vers la mer en offrant une possibilité d’interconnexion avec d’autres bassins hydrauliques ;

– Le barrage Béni Azzimane dans la province de Driouch, d’une capacité de stockage de 44 Mm³. Cette infrastructure contribuera, elle, à approvisionner la région en eau potable, mais aussi à l’irrigation des terres avoisinantes et à protéger la zone contre les inondations.

Poursuite des chantiers de grands barrages en 2025…

En 2025, plusieurs projets de grands barrages se poursuivront, notamment le barrage Rhis, situé dans la province d’Al Hoceima, au sein du bassin hydraulique du Loukkos, et disposant d’une capacité de stockage de 95 Mm³.

Sont également concernés :

– Le barrage Kheng Grou, avec une capacité de stockage de 1.068 Mm³. Ce projet, qui se situe dans la région de l’Oriental, contribuera particulièrement à un nouveau projet de développement de l’agriculture à vocation oasienne dans la province de Figuig. Le coût global de sa réalisation dépasse les 900 MDH ;

– Le barrage Taghzirt à Beni Mellal au niveau du bassin hydraulique de l’Oum Er-rabia. Sa capacité de stockage s’élève à 85 Mm³. Il servira notamment à approvisionner la zone en eau potable et à la production hydroélectrique. Ce projet, qui coûtera plus d’un milliard de DH, est prévu pour être finalisé en 2027 ;

– Le barrage sur l’Oued Lakhdar à Azilal, également au niveau du bassin hydraulique de l’Oum Er-rabia, d’une capacité de stockage de 150 Mm³. Il contribuera également à l’approvisionnement en eau potable et en eau d’irrigation. Ce projet, prévu pour être achevé en 2027, coûtera plus de 1,2 MMDH ;

– Les travaux de surélévation du barrage Mokhtar Soussi à Taroudant, relevant du bassin hydraulique de Souss-Massa, pour atteindre une capacité de 281 Mm³. Ces travaux ont atteint 60% actuellement. Le budget global alloué à ce projet s’élève à plus de 1,1 MMDH ;

– Le barrage Ribat Al Kheir à Taounate. Réalisé par la société des travaux agricoles marocains (STAM) pour plus d’un milliard de DH, la capacité de stockage de cette infrastructure est d’environ 124 Mm³. Son achèvement est prévu pour 2029 ;

– Le barrage Tamri à Agadir-Ida Outanane, relevant également du bassin de Souss-Massa. Sa capacité s’élève à 204 Mm³. Les travaux de construction de cette infrastructure ont atteint 62% actuellement ;

– Le barrage Sidi Abbou dans la province de Taounate, avec une capacité de stockage de 200 Mm³. Ce dernier, dont la réalisation nécessite une enveloppe budgétaire de 657 MDH, relève du bassin de Sebou ;

– Le barrage Ait Ziat dans la province d’Al Haouz, relevant du bassin de Tensift. Disposant d’une capacité de stockage de 185 Mm³, ce projet, pour lequel une enveloppe budgétaire de plus d’un milliard de DH a été mobilisée, est prévu pour être achevé en 2026 ;

– Le barrage Boulaouane à Chichaoua, relevant également du bassin de Tensift, avec une capacité de stockage de 66 Mm³. Il est prévu d’être achevé en 2026. Sa réalisation nécessitera un budget de plus de 900 MDH. Ce barrage contribuera au développement de l’irrigation dans la plaine de Mejjat, au renforcement de l’approvisionnement en eau potable de la ville d’Imintanoute et à la protection contre les inondations des zones situées en aval ;

– Le barrage Ratba à Taounate, avec une capacité de stockage de 1,9 MMm³. Son achèvement est prévu pour 2028. Il s’agit du deuxième plus grand barrage du bassin de Sebou, après celui d’Al Wahda.

… mais aussi de petits barrages, essentiels pour l’irrigation et la recharge des nappes

Les autorités compétentes continueront également la construction de plusieurs petits barrages dans différents bassins hydrauliques, notamment :

– Le barrage Idaougnidif dans la province de Chtouka Ait Baha (800.000 m³) ;

– Le barrage Akhfamane, dans la province de Taroudant (2,49 Mm³), qui contribuera à la recharge de la nappe, à l’irrigation des périmètres avoisinants et à l’abreuvement du cheptel ;

– Le barrage Kodiet El Berna à Sidi Kacem (12 Mm³), qui servira à l’irrigation et à l’approvisionnement en eau potable ;

– Le barrage Tassa Ouirgane dans la province d’El Haouz (3 Mm³) ;

– Le barrage Khenig Maider dans la province de Tinghir (1,17 Mm³). Ce dernier contribuera à l’abreuvement du cheptel, au contrôle des crues, au stockage d’une part importante des apports d’eau et à la recharge de la nappe phréatique ;

– Le barrage Ait Moussa dans la province de Khouribga (1,33 Mm³) qui servira entre autres à l’irrigation des périmètres avals…

La construction d’autres petits barrages dans plusieurs provinces sera également bientôt lancée, avec les marchés récemment attribués. Parmi ceux-ci, on retrouve notamment :

– Au niveau du bassin de la Moulouya, le barrage Belmini dans la province de Figuig (0,88 Mm³) et le barrage Bellassoued à Oujda Angad, dont la réalisation a été attribuée, en ce mois de mars, à SNTRO SARL, respectivement pour 23,7 MDH et 10,5 MDH ;

– Au niveau du bassin hydraulique de Draâ-Oued Noun, les barrages Tagueriante à Sidi Ifni (26,9 Mm³) et Ouin Medkour (1,26 Mm³), dont la construction sera réalisée par la société Majmed pour, respectivement, 16,6 MDH et 16,7 MDH. Ces deux barrages serviront à l’abreuvement du cheptel ;

– Les barrages Oued Assafao (1 Mm³) et Tazounte à Guelmim, qui seront respectivement réalisés par la société CAPEP pour 28,9 MDH et Abhaje Frères pour 32,5 MDH. Le barrage Oued Assafao contribuera essentiellement à la recharge de la nappe phréatique, à la protection contre les inondations et à l’abreuvement du cheptel, tandis que le second contribuera à l’irrigation, à l’abreuvement et à la lutte contre les inondations ;

– Les barrages Oussat Hassen (1,73 Mm³) et Ain Nokra à Boulmane, qui seront construits par la société Perla BTP pour, respectivement, 32,8 MDH et 38,4 MDH ;

– Le barrage Tannoust à Khemisset (3,90 Mm³), dont la réalisation a été attribuée au groupe Mojazine pour 189,2 MDH.

Les futurs projets de barrages

Nizar Baraka a, par ailleurs, fait un point, lors des conseils d’administration de plusieurs bassins hydrauliques, sur les projets de barrages à venir, ainsi que sur ceux pour lesquels les appels d’offres seront prochainement lancés. Il s’agit notamment de :

– Les barrages Bouhmed à Chefchaouen et Tfer à Larache, dont les appels d’offres devraient être lancés durant l’année en cours ;

– Le barrage Sidi Yaacoub à Tiznit, dont la capacité de stockage s’élève à 286 Mm³. Le marché relatif à sa construction a récemment été lancé en ce mois de mars. Il servira à l’irrigation des terres situées à l’aval du barrage, à la fourniture en eau provenant du stockage momentané, à la recharge graduelle de la nappe phréatique d’Ammelne, à la protection contre les inondations de la vallée d’Ammelne, ainsi qu’à l’abreuvement du cheptel ;

– Le barrage Ain Ksob à Benslimane (13,93 Mm³), qui contribuera pour sa part à l’irrigation et à la protection contre les inondations ;

– Le petit barrage Hamdallah dans la province de Sidi Kacem (1,53 Mm³), dont le marché a été lancé ;

– Le petit barrage Azrou Nait Lehassen dans la province de Khénifra (1,29 Mm³), dont le marché a également été lancé. Cette infrastructure contribuera à alimenter la zone en eau potable et en eau agricole.

Bassin du Sebou : un tiers de capacité de stockage en plus grâce aux barrages en chantier

Malgré une amélioration des précipitations par rapport à l’année précédente, les ressources en eau du bassin du Sebou restent en deçà des moyennes annuelles. En 2023-2024, le déficit pluviométrique a atteint 25,4%, une situation exacerbée par la succession de plusieurs années de sécheresse.

Lors du conseil d’administration de l’Agence du bassin hydraulique du Sebou (ABHS), réuni sous la présidence du ministre de l’Équipement et de l’eau, Nizar Baraka, plusieurs conventions ont été approuvées pour renforcer la protection contre les inondations, la préservation du domaine public hydraulique et l’approvisionnement en eau potable et agricole.

Extension de la capacité de stockage du bassin de Sebou

Les projets en cours permettront d’augmenter la capacité de stockage du bassin à 8,14 milliards de mètres cubes (MMm³), contre 6,1 MMm³ actuellement. Parmi ces projets majeurs :

Par ailleurs, la construction de neuf petits barrages est programmée, conformément aux recommandations des commissions régionales présidées par les walis.

Le transfert des eaux du bassin de Sebou vers celui du Bouregreg constitue un projet crucial. À ce jour, plus de 610 Mm³ ont été acheminés vers le barrage Sidi Mohammed Ben Abdallah, contribuant à l’approvisionnement en eau potable de Rabat et du nord de Casablanca.

 

Protection de l’environnement et lutte contre la pollution

Dans le cadre du programme de dépollution du bassin de Sebou, plusieurs stations collectives de traitement des margines issues des unités de trituration d’olives ont été mises en place. En parallèle, le gouvernement met en œuvre des mesures pour répondre aux pénuries d’eau, notamment par l’acquisition de camions-citernes et la réalisation de forages de reconnaissance.

Un programme de réutilisation des eaux usées traitées pour l’arrosage des espaces verts est déjà en place à Bouknadel et à Salé. D’autres projets similaires sont à l’étude pour Fès, Meknès, Ifrane et Kénitra.

Bilan des réserves en eau

Les barrages du bassin de Sebou ont reçu près de 600 Mm³ à la suite des dernières précipitations, portant leur taux de remplissage à 44%, soit environ 2,7 MMm³ stockés. Le barrage Al Wahda, infrastructure majeure de la région et du pays, affiche un taux de remplissage de 50%, correspondant à 1,6 MMm³.

Barrage Bouassame : aucun risque pour la sécurité après les récentes précipitations (ministère)

« À la suite des récentes précipitations, une visite d’inspection menée le 18 mars 2025 par la direction générale de l’Hydraulique a confirmé l’absence de tout risque compromettant la sécurité du barrage Bouassame », souligne un communiqué du ministère.

Après un examen approfondi, les experts du ministère ont relevé qu’aucun signe d’instabilité du barrage ni de ses appuis n’a été détecté, et qu’aucune infiltration d’eau au niveau des fondations n’a été observée, poursuit-on.

Les deux vannes de vidange de fond ont été testées et fonctionnent correctement. Des venues d’eau ont été constatées sur le parement aval, sans présenter de danger particulier compte tenu du profil du barrage, qui assure sa grande stabilité, précise la même source.

Le barrage Bouassame est situé dans la province d’Al Hoceima, avec une capacité de 100.000 m³. La fin des travaux a eu lieu en 2014, et sa réception définitive a été faite en septembre 2015.

Le ministère de l’Équipement et de l’eau réaffirme sa stricte vigilance en faveur de la sécurité des infrastructures hydrauliques. Il rappelle que la conception, la construction et l’exploitation des barrages sont rigoureusement encadrées par la loi n° 30.15 relative à la sécurité des barrages.

Près de 6 milliards de m3 dans les barrages, un niveau inédit depuis novembre 2021

Une situation en évolution

Le taux de remplissage des barrages est de 35,3% ce lundi 17 mars 2025. Un niveau que nous n’avions pas observé depuis novembre 2021, où le taux de remplissage avait atteint 35%.

En termes de volume, les réserves d’eau actuelles dans les barrages s’élèvent précisément à 5,94 MMm³, sur une capacité totale de 16,84 MMm³. Selon les données du ministère de l’Eau et de l’équipement compilées par Médias24.

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Une nette amélioration par rapport aux trois dernières années

Le taux de remplissage maximal actuel de 35,3% enregistré le 17 mars 2025 reste en deçà des niveaux historiques optimaux. Cependant, il représente une nette amélioration par rapport aux pics des trois années précédentes :

  • 32,9% (19 avril 2024) ;
  • 34,9% (19 mars 2023) ;
  • 34,4% (13 avril 2022).

Les réserves des barrages ont atteint en  mars 2025 un volume maximal de 5.944 Mm³ cubes d’eau, contre un maximum de 5.302 millions en avril 2024. Cette augmentation de 641 Mm³ représente une hausse de 12,1% par rapport au niveau maximal de l’année précédente.

De même, par comparaison au pic de 2023 (5.623 Mm³), le volume actuel représente une augmentation de 320 Mm³, soit une progression de 5,7%. Enfin, par rapport au maximum de 2022 (5 541,80 Mm³), nous observons une hausse de 401,97 Mm³, équivalent à 7,3% d’amélioration.

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