Entre 2020 et 2022, les 55 fédérations sportives ont reçu 2,9 milliards de DH de subventions étatiques

Sur les 60 athlètes marocains qui participent aux Jeux olympiques de Paris dans 19 disciplines sportives, le Maroc n’a encore remporté que 2 médailles.

L’État marocain consacre des budgets financiers substantiels au soutien du sport à travers le ministère de l’Education nationale, du préscolaire et des Sports, en collaboration avec le Comité national olympique marocain. Chaque fédération est chargée de la réglementation et du développement de la discipline sportive dont elle est responsable, en veillant à sa gestion sur l’ensemble du territoire marocain.

Ce financement étatique est garanti par l’article 26 de la Constitution : « Les pouvoirs publics apportent, par des moyens appropriés, leur appui au développement de la création culturelle et artistique, et de la recherche scientifique et technique, et à la promotion du sport. Ils favorisent le développement et l’organisation de ces secteurs de manière indépendante et sur des bases démocratiques et professionnelles précises ».

En se référant aux dernières lois de finances, on constate que le ministère de tutelle a budgétisé 2,9 milliards de DH de subventions aux entre 2020 et 2022 aux 55 fédérations sportives nationales existant au Maroc, dont 846,13 MDH en 2020 et 727,19 MDH en 2021 et 1,32 MMDH en 2022.

Les fédérations sportives reçoivent également des subventions du Fonds de développement national du sport (FNDS), alimenté par la Marocaine des jeux et des sports à hauteur de 800 millions de DH en 2024. Ceci sans compter les divers apports du sponsoring, des publicité et du ticketting.

Malgré les investissements considérables dans le sport, les résultats olympiques du Maroc restent modestes. Lors des Jeux olympiques de Tokyo 2020, le Maroc n’avait remporté qu’une seule médaille d’or grâce à Soufiane El Bakkali dans l’épreuve du 3.000 mètres steeple. Aux Jeux olympiques de Paris 2024, le Maroc n’a encore remporté que 2 médailles.

La fédérations et leurs présidents

Les Jeux Olympiques de Paris 2024 ont vu la participation de 19 fédérations marocaines:

– La Fédération Royale Marocaine d’Athlétisme, présidée par Abdeslam Ahizoune, a aligné 13 athlètes.

– L’aviron, présidé par Abderrahman Mouadden, et le golf, sous la direction du Prince Moulay Rachid, ont chacun présenté un représentant.

– Le football, présidé par Fouzi Lekjaa, a participé avec 18 joueurs,

– le volleyball, sous Bouchra Hajij, a aligné deux athlètes en beach-volley.

– La boxe, dirigée par Abdeljaouad Belhaj, a présenté trois boxeurs.

– Le breakdance et le canoë-kayak, sous la présidence de Selma Bennani et El Mamoun Belabbas, ont chacun envoyé deux athlètes, tout comme le cyclisme, présidé par Mohamed Benlmahi.

– L’escrime, dirigée par Youssef Fathi, a compté deux participants.

– Le judo, sous Chafik El Kettani, a vu trois judokas concourir,

– La natation, dirigée par Driss Hassa, a envoyé deux nageurs,

– la lutte, le skateboard et le surf, dirigés respectivement par Fouad Meskout, Jaouad Aouatif, et Mohamed Kadmiri, ont chacun eu un participant.

– Les sports équestres, présidés par Moulay Abdellah Alaoui, et le taekwondo, sous Driss Hilali, ont chacun aligné deux athlètes.

– Le tir sportif, dirigé par Abdeladim Lhafi, et le triathlon, sous Mjid Amehroq, ont chacun présenté un représentant.

Une gouvernance éclairée, clé du succès

Outre l’investissement, d’autres éléments jouent un rôle crucial dans le succès olympique, tels que la qualité des programmes d’entraînement, la sélection et le développement des talents, la création d’un environnement compétitif adéquat, ainsi qu’une surveillance stricte de la gestion des fédérations sportives avec une responsabilisation accrue.

Pour relever les défis auxquels le Maroc est confronté, il semble être nécessaire de redistribuer les ressources de manière plus efficace pour garantir un soutien accru aux sports ayant un potentiel de succès international.

Le développement des talents dès le plus jeune âge et l’investissement dans des sports qui ont un historique solide au Maroc, comme l’athlétisme, discipline reine des jeux olympiques, pourraient contribuer à de meilleurs résultats.

L’investissement dans l’amélioration et la modernisation des infrastructures sportives sont elle aussi essentielles pour améliorer le niveau de formation et préparer les athlètes aux compétitions internationales.

Alors que le Maroc reste déterminé à développer le sport dans le cadre de sa stratégie nationale, les résultats olympiques modestes suggèrent qu’il est nécessaire de repenser la gestion et l’orientation des budgets sportifs. Se concentrer sur de nouvelles stratégies pour le développement des talents et une meilleure gestion des ressources pourrait être la clé pour atteindre les résultats souhaités lors des prochains Jeux olympiques de Los Angeles en 2028, mais cela nécessitera une réforme structurelle courageuse au sein des fédérations sportives qui peinent à produire des champions olympiques.

JO 2024 : L’équipe nationale de football reçoit sa médaille de bronze (Images)

L’équipe nationale olympique a remporté la première médaille de bronze de son histoire aux JO, grâce à une prestation maîtrisée face à l’Égypte (6-0) jeudi 8 août. L’Espagne a été sacrée championne olympique en battant la France sur le score de 5 buts à 3 (après prolongation) en finale.

Notons que seuls les joueurs dont les noms ont figuré au moins une fois sur une feuille de match qui avaient droit à une médaille. Le Maroc, comme toutes les équipes, a convoqué 18 joueurs et 4 réservistes. Deux parmi les réservistes ont été sollicités et ont figuré sur des feuilles de match. Deux autres ne l’ont pas été et ont été privés de médaille : Reda Asmama et Mehdi Moubarik.

Voici d’abord une revue des 17 buts marocains :

La médaille de bronze remportée par l’équipe nationale lors des Jeux Olympiques 2024 de Paris consolide le statut du Maroc en tant que puissance du football et constitue un accomplissement majeur pour le football africain, s’est félicitée l’Union africaine.

« Le Maroc a marqué l’histoire aux Jeux Olympiques de Paris 2024 », écrit l’UA dans un message posté sur X.

JO de Paris (Boxe/75 kg): La Marocaine Khadija El Mardi éliminée en quart de finale

Khadija El Mardi a perdu son combat face à l’Australienne Caitlin Parker sur décision des juges (4-1).

Jeudi dernier, sa compatriote Widad Bertal s’est inclinée en quart de finale de la catégorie des moins 54 kg face à la Nord-Coréenne Pang Chol-mi sur décision des juges (4-0).

Yasmine Mouttaki a été, quant à elle, éliminée en 16es de finale des moins 50 kg par la Philippine Aira Villegas sur décision unanime des juges (5-0).

Jeux olympiques 2024. Les athlètes marocains face au défi de l’habileté mentale

« L’aspect physique du sport ne peut pas vous mener au-delà de certaines limites. L’aspect mental doit prendre le relais, surtout lorsqu’il s’agit d’être le meilleur parmi les meilleurs ». La double championne olympique de gymnastique, Shannon Miller, résume parfaitement la difficulté de briller dans une compétition telle que les Jeux olympiques. Décrocher l’or est une prouesse nourrie par des années d’entraînement physique, technique, tactique, mais surtout par un mental renforcé.

En l’occurence, une capacité à gérer la pression dont a fait preuve Soufiane Bekkali, titré lors de la dernière édition des JO à Tokyo, à l’inverse de ses compatriotes. « Nous avons effectivement observé à plusieurs reprises que la pression des Jeux olympiques peut entraver les performances des athlètes marocains« , soulignait dans un précédent entretien Hassan Fekkak, directeur technique national du Comité national olympique marocain (CNOM).

Ainsi, pour atteindre les sommets d’une compétition d’un niveau aussi relevé que les Jeux olympiques de Paris, prévus du 26 juillet au 11 août 2024, il ne suffit pas d’être prêt physiquement, tactiquement et techniquement. Il faut l’être également mentalement.

La préparation mentale, l’un des quatre piliers de la haute performance

La compétition sportive est une situation anxiogène par excellence. D’où la nécessité d’avoir un parfait contrôle de soi, en faisant appel à plusieurs habiletés psychologiques. « Nous avons tous intrinsèquement ce relâchement qui nous permet d’accéder à une zone dite flow, désignant l’état de fonctionnement optimal tant recherché par les athlètes », assure le préparateur mental Rafik Benjelloun, à l’occasion d’une visioconférence sur le thème : « Comment booster votre mental et votre motivation ».

« En atteignant cet état », reprend-il, « ils sont intensément impliqués dans l’accomplissement de leur activité. Au summum de leur concentration, de leur engagement et de leur satisfaction personnelle pour atteindre un niveau de maîtrise qui allie aisance et plaisir ». Se préparer psychologiquement à être le meilleur, aide donc l’athlète à dépasser ses limites. Il s’agit d’un levier essentiel, constituant l’un des quatre piliers de la haute performance :

– la préparation physique ; 

– la préparation tactique ; 

– la préparation technique ; 

– la préparation mentale. 

« Les spécialités en préparation mentale distinguent entre plusieurs types d’habiletés mentales sollicitées par la pratique sportive, comme le contrôle de l’activation, la concentration, la confiance en soi, la motivation et la relaxation », précise dans une étude Abdellah Essiyedali, professeur au Centre régional des métiers de l’éducation et de la formation (CRMEF), à Rabat. 

Toutefois, certains freins viennent parasiter cette aptitude et sanctionner la performance ; dont la peur de perdre et de stagner, mais aussi le manque de confiance en soi et d’autres émotions négatives, telles que la colère, la frustration et l’anxiété. « Lorsqu’un athlète est stressé, anxieux ou en colère, il n’arrive plus à réfléchir correctement du fait que son néocortex [la partie du cerveau responsable notamment de la réflexion, ndlr] n’est plus actif », souligne Rafik Benjelloun.  

C’est l’une des explications des performances décevantes des athlètes marocains lors de l’édition nippone. Dès lors, comment y remédier pour atteindre la plénitude en termes de performances sportives ?  

Se fixer un projet sportif en vue de surmonter les difficultés

Selon la littérature scientifique, il existe plusieurs techniques d’entraînement des habiletés mentales. Elles se déclinent comme suit :  

– l’établissement de buts ;  

– l’imagerie et la visualisation mentale ;  

– la relaxation physique ; 

– le contrôle des pensées. 

« Ces méthodes doivent figurer dans les programmes d’entraînement mental, avec pour objectif le développement des habiletés fondamentales (motivation, conscience de soi, estime de soi et confiance), de performance (activation physique et mentale) et de facilitation (habileté interpersonnelle, gestion et organisation de la vie quotidienne) », précise Abdellah Essiyedali.

Un athlète olympique doit aussi se fixer un projet sportif afin de surmonter les difficultés qu’il rencontre lors de sa préparation et d’accepter de faire des sacrifices. « Il est préférable de choisir des objectifs de maîtrise et pas uniquement des aspirations en lien avec les résultats », préconise Rafik Benjelloun. 

Le CNOM a organisé plusieurs formations destinées aux directeurs techniques nationaux (DTN) et aux entraîneurs, afin de renforcer le soutien psychologique des athlètes marocains en prévision des JO 2024. « Nous avons opté pour la mise à disposition de préparateurs mentaux pour les soixante sportifs faisant partie du programme olympique. Tous ont accepté cette proposition, exprimant un réel intérêt pour un accompagnement mental », assure Hassan Fekkak.

Mais, en cours de route, la donne a quelque peu changé. »Certains entraîneurs et DTN ont accueilli favorablement cette initiative, tandis que d’autres étaient sceptiques. Ces derniers tentent parfois de cumuler plusieurs rôles, comme celui d’entraîneur, de préparateur physique et mental, et même de soigneur, ce qui est une erreur », complète notre interlocuteur. 

En outre, bien qu’ayant manifesté un intérêt au départ, seulement 15% des soixante athlètes se sont montrés réguliers et impliqués dans ce suivi mental. Cette réticence s’explique par le fait que le recours à des séances de préparation mentale est perçu comme une marque de faiblesse.

D’autres craignent également que le préparateur mental empiète sur leur vie privée. Un préjugé souvent infondé et qu’il convient de démystifier. Car, au bout du compte, il faut entraîner son esprit comme on entraîne son corps. D’autant que les Jeux en valent la chandelle

https://medias24.com/2024/07/10/jeux-olympiques-de-paris-2024-60-athletes-defendront-les-couleurs-nationales/