Élections 2026 : Akhannouch revigore ses troupes

Les deux groupes parlementaires du Rassemblement national des indépendants (RNI) se sont réunis, avant l’ouverture, vendredi 11 avril, de la deuxième session de l’année législative 2024-2025.

Lors de cette réunion, Aziz Akhannouch a appelé les parlementaires du RNI à faire face aux « tentatives de déstabilisation » et aux « attaques injustifiées » émanant de certains courants de l’opposition. Il a souligné que la majorité dispose d’une vision de travail unifiée et reste déterminée à mener à terme les différents programmes mis en œuvre par le gouvernement.

Il a affirmé que la majorité gouvernementale œuvre dans un esprit d’équipe pour relever le défi du développement, répondre aux attentes des citoyens et honorer les engagements pris à leur égard. Il a également assuré que cette majorité continue de fonctionner avec cohésion et une grande coordination, en dépit des tentatives visant à entraver son action.

Le président du RNI a ainsi invité les députés et les conseillers de son parti à défendre les réalisations du gouvernement et à communiquer activement à leur sujet, afin de faire barrage aux « campagnes de désinformation ». Selon lui, la période actuelle doit être marquée par une accélération du rythme de travail, tant au sein de l’hémicycle qu’en dehors, pour faire face aux contre-vérités propagées par les adversaires de la majorité.

Dans son intervention, Akhannouch a estimé que les parlementaires du RNI doivent être fiers des réalisations du gouvernement et les défendre avec conviction. Il les a appelés à intensifier leur présence et leur communication, à la fois au sein de l’institution législative et sur le terrain, et à répondre aux « campagnes de désinformation orchestrées par certains courants de l’opposition », cherchant à générer du « buzz politique ».

Il les a également exhortés à continuer d’écouter les préoccupations des citoyens, dans le respect des engagements du parti à leur égard.

Enfin, Aziz Akhannouch a exprimé le souhait que la prochaine session parlementaire soit une réussite, et qu’elle constitue un point de départ pour insuffler une nouvelle dynamique de communication au sein des deux groupes parlementaires du parti, à la Chambre des représentants et à la Chambre des conseillers.

Driss Lachgar, Mohamed Ouzzine et Nabil Benabdallah : regards croisés sur le rôle de l’opposition au Maroc

Réunis à HEM Casablanca, les secrétaires généraux du PPS, de l’USFP et du Mouvement Populaire ont tiré la sonnette d’alarme : recul démocratique, absence de dialogue, conflits d’intérêts… Pour eux, la majorité actuelle accapare tous les leviers du pouvoir et étouffe le débat politique.

Le chef du PPS dénonce « un échec manifeste » et met en garde contre une dérive électorale en 2026

Le secrétaire général du Parti du Progrès et du Socialisme (PPS), Nabil Benabdallah, a exprimé une vive critique à l’égard de l’action de l’actuel gouvernement, qu’il juge marquée par une série de profonds dysfonctionnements. Lors de sa prise de parole, il a dénoncé l’absence d’initiatives politiques majeures et l’échec de l’exécutif à répondre aux attentes des citoyens.

« Nous faisons aujourd’hui face à un véritable dysfonctionnement — pour ne pas dire plus grave — dont la responsabilité incombe à plusieurs cercles », a-t-il affirmé d’emblée, tout en ajoutant que « la situation s’est aggravée avec l’arrivée de ce gouvernement ».

Revenant sur l’histoire de son parti, M. Benabdallah a rappelé que le PPS n’est pas né dans la sphère gouvernementale, mais au sein « d’une opposition forte et structurée, portée pendant des décennies ». Ce n’est qu’en 1998 que le parti avait rejoint l’exécutif, dans le cadre de « l’expérience de l’alternance consensuelle, aux côtés de l’USFP, du Mouvement Populaire et d’autres formations », a-t-il souligné.

« Ce fut une période charnière, une transition entre deux époques majeures de notre histoire politique », a-t-il poursuivi, reconnaissant à la fois « les acquis et les échecs » de cette phase. Pour lui, « les attentes du peuple étaient immenses », et malgré les efforts, « nous n’avons pas pu répondre à tout ».

Mais c’est bien l’orientation actuelle du gouvernement qu’il rejette catégoriquement. « Nous sommes dans l’opposition par conviction », affirme M. Benabdallah. Dès les résultats des élections de 2021, le PPS avait exprimé ses réserves, non pas uniquement sur la majorité issue des urnes, mais sur « les méthodes corrompues, inédites par leur ampleur et leur gravité dans l’histoire électorale du Maroc depuis l’indépendance », qui auraient, selon lui, influencé ces résultats.

« Et je mets en garde : il ne faudrait pas que cette expérience se reproduise, de manière encore plus déplorable, lors des échéances de 2026 », a-t-il averti.

>Des engagements gouvernementaux non tenus

Selon le chef de file du PPS, les dix engagements annoncés par le gouvernement n’ont pas été tenus. Il dénonce « un échec manifeste », accompagné d’ »une absence totale sur les dossiers démocratiques et une incapacité à concevoir une gestion cohérente des affaires publiques ». En matière économique, les promesses non plus n’ont pas été suivies d’effet : « Le chômage atteint des niveaux alarmants malgré les annonces », a-t-il souligné.

Quant au slogan de « l’État social », Nabil Benabdallah le qualifie de « simple artifice ». « Ils ont peut-être réussi à le promouvoir, mais sans en traduire l’esprit sur le terrain. Les citoyens ne voient aucun changement concret dans leur quotidien », a-t-il tranché.

Face à ce constat, le PPS prône un changement de cap. « Cette orientation doit cesser. L’expérience actuelle doit être stoppée », a-t-il martelé. Pour 2026, il appelle à une réorientation collective, et espère que les forces d’opposition « parviendront à unifier davantage leurs efforts ».

Il cite en exemple le projet d’une commission d’enquête parlementaire sur les importations de bétail depuis 2022 : « Une étape cruciale », selon lui, qui pourrait « entraîner une véritable secousse, non seulement dans les institutions et les partis, mais également dans la société elle-même ».

>Une opposition vivement critiquée

« L’opposition n’a pas vocation à être un bouc émissaire », a poursuivi Nabil Benabdallah, dénonçant un traitement asymétrique entre majorité et opposition. « Depuis près de trois ans, un phénomène étonnant s’est installé : l’opposition semble faire l’objet d’attentes bien plus exigeantes que celles adressées à ceux qui gouvernent », a-t-il observé.

Dans les médias comme dans certains cercles de pouvoir, l’opposition est régulièrement interpellée, critiquée, voire tenue pour responsable de blocages dont la source réside pourtant ailleurs. « C’est comme si la responsabilité de la gestion de la chose publique nous incombait, comme si nous étions les détenteurs du pouvoir », a-t-il ironisé.

Reconnaissant la diversité des partis d’opposition, M. Benabdallah a souligné que celle-ci n’était ni un obstacle, ni une faiblesse, mais une richesse démocratique. « Nous sommes des formations différentes, avec des trajectoires et des sensibilités propres. Si nous étions d’accord sur tout, nous formerions un seul parti. Il est normal qu’il y ait des débats et des désaccords », a-t-il expliqué.

Mais malgré ces différences, le secrétaire général du PPS insiste sur les efforts conjoints entrepris. « Nous avons porté ensemble des propositions de loi, proposé des amendements communs, en particulier dans les lois de finances. Mais ces efforts, eux, sont rarement mis en lumière. Ce qui l’est, c’est la prétendue division de l’opposition. C’est une stratégie consciente de délégitimation ».

Pour le SG du PPS, cela participe à « l’instauration d’un climat de domination politique, d’une tyrannie institutionnelle douce, où l’on cherche à imposer l’idée qu’il n’y a qu’un seul acteur légitime : ce gouvernement dit ‘fort’ et ‘majoritaire' ». Or, selon lui, le gouvernement n’a pas su faire la preuve de cette légitimité : « Il est fort de 5 millions de voix, d’une majorité dans les deux chambres, de la gestion des régions et des grandes villes… mais que fait-il de tout cela ? ».

Il évoque notamment la motion de censure, qui, bien qu’avortée à la dernière rentrée parlementaire, reste une piste politique ouverte. « Rien ne nous empêche de revenir à cette initiative, de la transformer en un moment fort de reddition des comptes », affirme-t-il.

Il appelle également à un débat public national structuré, partant de l’institution parlementaire pour toucher les différentes couches de la société. Un débat qui réaffirme que l’opposition « n’est pas un décor », mais bien un « contre-pouvoir actif, critique et porteur d’alternatives ».

>Des contradictions au sein du gouvernement 

M. Benabdallah a poursuivi en pointant plusieurs contradictions internes au sein même de la majorité gouvernementale. Il a rappelé que « l’un des partis de la majorité a publié un communiqué de son bureau politique appelant à revenir sur la décision d’annulation des taxes, c’est-à-dire à restaurer les mécanismes fiscaux précédemment supprimés ».

Un autre partenaire gouvernemental a lui aussi réclamé des éclaircissements sur les montants engagés dans certains dossiers sensibles, signe, selon lui, d’un manque de cohésion au sein de l’exécutif et ce en allusion aux importations de bétail et de viandes rouges.

>Un flagrant conflit d’intérêts

Mais la critique la plus virulente du secrétaire général du PPS concerne la question du conflit d’intérêts. Pour lui, le gouvernement actuel a franchi une ligne rouge jamais atteinte jusqu’ici : « Je parle ici en toute honnêteté : ce que ce gouvernement a permis — ou toléré — n’a jamais été vu sous aucun autre gouvernement auparavant », a-t-il affirmé avec gravité.

Et d’expliquer : « Comment expliquer que, pour un marché aussi stratégique qu’une station de dessalement, ce soit le gouvernement lui-même qui lance l’appel d’offres… et que ce soit un groupe dirigé par le chef du gouvernement en personne qui le remporte ? Qui peut croire qu’il n’y a là aucun problème éthique ou institutionnel ? ».

Ce type d’affaires soulève, selon lui, des interrogations fondamentales sur l’intégrité de l’action publique. « Si vous êtes sûrs de votre majorité, si vous revendiquez cinq millions de voix et si vous croyez vraiment en votre bilan, alors ouvrez le débat. Offrez au pays une opportunité de transparence ! », a-t-il lancé à l’adresse des partis au pouvoir.

>Des politiques sociales qui n’on pas atteint leur objectif

Parmi les autres sujets de discorde, les politiques sociales occupent une place importante. Le chef du PPS met en cause la prétendue généralisation de la couverture sociale, en décalage avec les rapports d’organismes publics qui signalent que 8,5% de la population n’est toujours pas concernée. « Il est légitime de se poser la question : qui dit vrai ? Eux ? Les institutions ? Ou bien nous, qui soulevons ces mêmes alertes depuis le début ? », interroge-t-il.

Même constat pour le soutien au logement, les aides directes aux ménages, ou encore l’amélioration du pouvoir d’achat : des annonces, selon lui, largement non suivies d’effet sur le terrain. « Ces politiques, présentées comme des réussites, ont échoué dans leur mise en œuvre, ou du moins n’ont pas atteint les objectifs annoncés », tranche-t-il.

>Des lois électorales à revoir

Nabil Benabdallah a abordé un autre chantier jugé prioritaire : celui des lois électorales et de la préparation des élections législatives de 2026. Il déplore l’absence d’initiative du gouvernement sur ce sujet, et s’interroge sur sa sincérité.

« Si ce gouvernement se considérait réellement comme un gouvernement politique, comme il le proclame, il aurait dû prendre des initiatives concrètes en matière de démocratie, de droits humains et d’égalité », a-t-il souligné. « Or, aucune action significative dans ce sens n’a été engagée ».

Le constat est selon M. Benabdallah sans appel : depuis l’investiture de l’actuel exécutif, pas une seule séance parlementaire n’a été consacrée à un débat politique structuré. Un vide qui, pour le dirigeant du PPS, reflète « un véritable épuisement politique », bien au-delà d’un simple manque de volonté.

Alors que la session parlementaire touche à sa fin, le chef du PPS en appelle à l’ouverture immédiate d’un débat national sur les réformes électorales, rappelant que des espaces de concertation pluralistes ont déjà existé à des moments clés de l’histoire politique du pays.

« Nous ne prétendons pas tomber d’accord sur tous les détails — c’est naturel qu’il y ait des divergences — mais il faut ouvrir le débat, chercher ensemble des compromis, des solutions partagées. »

Mais au-delà des modalités techniques, un point fondamental doit, selon lui, faire consensus : la lutte contre la corruption électorale, qualifiée de « menace sérieuse pour les partis, les institutions élues, et la crédibilité même de la démocratie. »

Revenant sur les pratiques observées en 2021, Benabdallah évoque les « paniers électoraux », les opérations d’achat de voix, la confusion entre aides sociales et campagnes politiques. Ces pratiques, selon lui, dégradent le lien entre citoyens et politique, en particulier chez les jeunes et les classes moyennes. « Elles associent la politique à la corruption, aux pots-de-vin, à l’achat de conscience, et non plus à l’engagement et à la militance », a-t-il déploré.

Pour le PPS, l’enjeu des élections de 2026 est clair : exclure les corrompus du champ électoral et redonner la parole aux militants sincères, aux femmes, aux jeunes, aux cadres engagés.
« Ce que nous avons vu en 2021 a dépassé toutes les limites », insiste M. Benabdallah, qui appelle à faire de cette question « un enjeu central des mois à venir. »

Car, selon lui, certains au sein du gouvernement préfèrent repousser ce débat à la dernière heure, dans l’espoir de reproduire les méthodes de 2021. »Ce chemin est dangereux. Il approfondit le fossé entre les citoyens et la politique, alimente l’abstention, entretient le rejet », prévient-il. Rappelant que 18 millions de Marocains ne votent pas, il alerte sur le risque de désaffection durable à l’égard du processus démocratique.

Mais le leader du PPS reste optimiste : « Nous ne craignons pas le vote populaire massif. Au contraire, nous l’appelons de nos vœux. » Il plaide pour une vague démocratique, consciente, citoyenne, portée par les forces de progrès et les énergies vives du pays. « Quand la conscience citoyenne se mobilise, les corrompus tombent », affirme-t-il, rappelant les leçons des expériences passées.

En conclusion, Nabil Benabdallah a insisté sur la nécessité d’un changement profond, fondé sur des mécanismes de moralisation de la vie publique et un renouvellement du personnel politique par le bas :
« Nous devons imposer de nouvelles règles du jeu pour 2026. Ce n’est qu’à cette condition que nous pourrons incarner une autre image du Maroc : celle d’un pays digne, juste et profondément démocratique. »

Idriss Lachgar : « La majorité gouverne seule, l’opposition est ignorée »

Le premier secrétaire de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), Driss Lachgar, a lui aussi livré une lecture critique de la situation politique actuelle au Maroc, dénonçant une dérive autoritaire du pouvoir exécutif et un affaiblissement manifeste du rôle de l’opposition.

« À l’USFP, nous avons vécu l’opposition dans sa forme la plus dure, durant les années de plomb », a-t-il rappelé. « Je vous invite à consulter le rapport de l’Instance Équité et Réconciliation, qui distingue clairement l’opposition des années 60, 70 et 80 de celle d’aujourd’hui. » À cette époque, rappelle-t-il, l’opposition faisait face à un système verrouillé : « C’était nous ou le système. »

>Une nouvelle opposition pour une démocratie partagée

Aujourd’hui, affirme Driss Lachgar, « nous vivons une autre forme d’opposition, née des grandes avancées démocratiques obtenues au fil des luttes pour les droits humains, les libertés publiques et la dignité du citoyen. » Une opposition qui ne se contente plus de s’opposer frontalement au système, mais qui revendique un rôle dans l’élaboration des politiques publiques.

« La démocratie ne se limite pas au règne de la majorité », a-t-il rappelé. « Elle suppose aussi la participation de l’opposition à la prise de décision. » C’est cette conviction qui anime l’USFP, notamment depuis l’alternance consensuelle de 1998, qui a marqué une étape fondatrice dans la participation politique pluraliste. « Nous avons tous été témoins du dialogue ouvert et prometteur autour de la Constitution de 2011 », a-t-il rappelé, citant cette période comme « un moment d’ouverture et d’espoir démocratique ».

> »Les règles élémentaires ne sont plus respectées »

Driss Lachgar constate aujourd’hui un net recul. « Les règles élémentaires de la démocratie ne sont plus respectées », a-t-il déploré. Selon lui, la coalition actuelle, issue de la majorité formée par les trois partis arrivés en tête en 2021, « a conduit à une forme de monopole du pouvoir, à une hégémonie institutionnelle dangereuse ».

Dans une démocratie normale, explique-t-il, « le premier parti forme une coalition gouvernementale, et le deuxième joue le rôle d’une opposition forte. » Or, cette architecture est rompue : « Les trois premiers partis se sont alliés pour contrôler toutes les sphères de pouvoir. »

Cette concentration s’est traduite, selon lui, par « une domination qui empêche toute écoute, que ce soit envers les institutions de gouvernance ou envers l’opposition. » Un dialogue institutionnel pourtant fondamental aujourd’hui quasi inexistant.

>Une hégémonie à tous les niveaux

« La tyrannie ne se limite plus au niveau central », alerte le chef de file de l’USFP. « Elle s’est étendue à toutes les régions, aux provinces, aux communes », dénonçant une uniformisation politique du territoire, qui élimine toute possibilité de contre-pouvoir local. « Notre pays a perdu le dialogue politique essentiel entre majorité et opposition », a-t-il déploré.

Mais plus grave encore, selon Driss Lachgar, les acquis constitutionnels de 2011 sont aujourd’hui neutralisés : « Les réformes constitutionnelles obtenues collectivement sont gelées, entravées, inopérantes. »

Dans ce climat, l’opposition se retrouve marginalisée. « Nous sommes réduits au silence institutionnel. Et la majorité gouverne seule, sans rendre de comptes, ni dialoguer. »

> »L’opposition n’a pas besoin d’être homogène pour être forte »

Driss Lachgar a tenu à réaffirmer que la diversité des voix au sein de l’opposition n’enlève rien à sa légitimité. « Je crois profondément que, partout dans le monde — et c’est ce que montrent les études comparatives —, l’opposition n’a pas besoin d’être totalement homogène ou de parler d’une seule voix », a-t-il souligné. Pour lui, l’essence même de l’opposition repose sur la pluralité, à l’inverse de la majorité, qui détient le pouvoir, les finances publiques et la gestion des biens communs.

Les divergences existent naturellement, notamment sur des textes sensibles tels que le Code de la famille ou les libertés individuelles. « Il est évident que nous n’aurons pas tous les mêmes positions », a-t-il admis. Mais il précise qu’un consensus reste possible sur un socle commun : « Les procédures démocratiques, la transparence, la participation réelle à la prise de décision ».

>Un gouvernement sourd et une opposition marginalisée

M. Lachgar dénonce un climat politique où l’opposition est systématiquement ignorée : « Nos propositions ne sont pas écoutées, aucun dialogue n’est ouvert avec nous. » Dans ce contexte de blocage, chaque formation politique fait preuve d’ »ijtihad », une initiative autonome au sein d’un système verrouillé.

L’un des exemples les plus concrets de cette dynamique, selon lui, est la création d’une commission d’enquête parlementaire sur l’importation de viandes, un dossier suivi de près depuis juin 2024. « Franchement, ce que nous avons constaté récemment est stupéfiant. La gestion de cette affaire par le gouvernement a été, disons-le, absurde », a-t-il fustigé.

Face à cette situation, l’USFP a décidé de soutenir la démarche de création de la commission d’enquête, malgré ses doutes quant à son efficacité. « Nous n’avons pas la conviction que cette initiative aura des effets concrets. Car constitutionnellement, pour soumettre une demande de commission d’enquête, il faut le tiers des membres. Et nous ne l’avons pas », a-t-il expliqué.

> »Une opportunité pour l’opposition d’agir »

Malgré ces limites, Driss Lachgar appelle à la mobilisation : « J’invite ici tous les groupes d’opposition à se réunir. Nous avons une opportunité. » Il propose que les présidents des groupes parlementaires concertent leurs efforts pour déposer une motion de censure. « Les trois partis ici présents détiennent ensemble le cinquième requis par la Constitution », a-t-il rappelé. « Cela obligerait le président de la Chambre des représentants à répondre sous trois jours, et à convoquer le chef du gouvernement. »

Ce serait, selon lui, l’occasion d’ »un véritable débat national, devant l’opinion publique ». Un débat nécessaire, à la lumière de la confusion actuelle : « Les chiffres me préoccupent profondément, d’autant plus que chaque membre du gouvernement y va de ses propres estimations », a-t-il confié.

> »Un problème de choix économiques »

Pour Driss Lachgar, le fond du problème est clairement identifié : « C’est un problème de choix économiques. » Il dénonce une stratégie qui privilégie l’importation étrangère au détriment de l’économie nationale : « Au lieu de soutenir les éleveurs marocains, les petits agriculteurs, le gouvernement subventionne l’importation, qu’elle vienne d’Espagne ou de Roumanie. »

Chaque mouton importé bénéficie d’un soutien public de 500 dirhams. « Est-ce cela l’État social que l’on nous promet ? », s’interroge-t-il, dénonçant une politique qui ignore les véritables moteurs du chômage rural.

« Ces 200.000 chômeurs du monde rural qui s’accumulent chaque année auraient pu être soutenus. On aurait pu leur fournir du fourrage, alléger leurs charges, leur accorder les aides que nous avons offertes à d’autres pays à travers des exonérations », a-t-il insisté.

> »Provoquer une secousse démocratique »

Alors que certains ministres reconnaissent publiquement leurs erreurs, M. Lachgar s’étonne de l’inaction gouvernementale. « Le gouvernement ne se réunit pas, rien ne change. Nous devons aller plus loin. Il faut obliger le chef du gouvernement à venir s’expliquer devant le Parlement ».

Face au silence institutionnel, Driss Lachgar conclut avec une conviction forte : « Je crois que la seule manière de provoquer une réaction, c’est par la force institutionnelle, par les mécanismes que nous offre la Constitution ».

Et de prévenir : « Si l’arrogance persiste, si chaque député de la majorité refuse de s’impliquer, nous serons seuls. Et il ne nous restera qu’à constater l’étendue de la tyrannie institutionnelle à laquelle nous faisons face ».

Mohamed Ouzzine : « Nous sommes à la croisée des chemins »

Le secrétaire général du Mouvement populaire, Mohamed Ouzzine, a lui aussi exprimé avec fermeté son inquiétude face à ce qu’il considère comme une dérive institutionnelle majeure dans la gouvernance actuelle.

>Un mécanisme de contrôle oublié

« La motion de censure a bien été une initiative à laquelle nous avons adhéré », a d’abord rappelé Mohamed Ouzzine. « Mais elle a coïncidé avec la présentation du bilan de mi-mandat du gouvernement. Nous avons alors estimé qu’il était préférable de laisser les choses mûrir, de ne pas mélanger les débats, et de donner la priorité au bilan à mi-parcours. »

Pour lui, le débat d’aujourd’hui dépasse les clivages habituels : « Nous parlons ici d’un mécanisme constitutionnel de contrôle, la commission d’enquête parlementaire, dont le recours est rarissime dans l’histoire politique de notre pays. » Et de rappeler : « La dernière fois que ce mécanisme a été activé, c’était en 2010, sur l’affaire de Gdim Izik. Et avant cela, il n’y a eu que trois ou quatre précédents. »

Il interroge alors : « Est-il raisonnable de penser que, depuis 15 ans, aucun sujet ne mérite une enquête parlementaire ? Que tout fonctionne parfaitement, sans rien qui inquiète les Marocains ? Permettez-moi d’en douter. »

>De la tyrannie à la prédation

Mais pour Mohamed Ouzzine, le contexte actuel n’est plus celui d’un simple déséquilibre démocratique. « Plusieurs parlent aujourd’hui de tyrannie politique. Mais je dirais que ce que nous vivons va au-delà de la tyrannie : c’est une prédation. Une prédation politique, institutionnelle, économique. Le gouvernement a tout accaparé, s’est immiscé partout, et cela devient profondément inquiétant. »

Il souligne que, selon le règlement intérieur de la Chambre des représentants, il faut le tiers des membres (132 députés) pour soumettre une demande de commission d’enquête. « Aujourd’hui, opposition et non-alignés réunis, nous ne sommes que 101. Mais ce n’est pas le chiffre qui importe le plus. Ce qui compte aujourd’hui, c’est d’interpeller les députés de la majorité : sont-ils les représentants du gouvernement ou les représentants de la nation ? »

>Un appel direct à la majorité

Mohamed Ouzzine s’adresse alors aux membres du gouvernement et à leurs partis alliés : « Nous avons vu récemment des responsables politiques — chefs de partis, ministres — déclarer publiquement : ‘Craignez Dieu à l’égard des Marocains’. Eh bien, nous leur disons : prouvez-le. »

Il insiste notamment sur le rôle du parti de l’Istiqlal, directement interpellé : « Je m’adresse ici particulièrement aux ministres et au chef du parti de l’Istiqlal. Ne nous trahissez pas. Vous avez vous-même alerté l’opinion publique sur des intermédiaires dans le dossier de l’importation du bétail. Alors tenez vos engagements, et signez. »

> »Plus importante qu’une motion de censure »

Le secrétaire général du Mouvement populaire considère que l’enquête parlementaire est aujourd’hui un levier plus puissant qu’une motion de censure. « Parce qu’elle va au fond des choses. Elle ne se limite pas à un vote politique. Elle ouvre la voie à une véritable reddition des comptes. Elle nous permettra de poser la seule vraie question : voulons-nous combattre la corruption, ou nous y accommoder ? »

Et d’ajouter, sans détour : « Aujourd’hui, le discours dominant dans la rue est tragique : tout le monde est corrompu, dit-on. L’homme politique, l’avocat, le médecin, le policier, le gendarme, le fonctionnaire, l’agent d’autorité… On ne sait plus qui est honnête et qui ne l’est pas. »

>L’urgence sociale comme indicateur

Au-delà du politique, Mohamed Ouzzine insiste sur les répercussions sociales : « Aujourd’hui, le pouvoir d’achat du Marocain est détruit, sa table est vide, sa poche est vidée, sa dignité est piétinée. »

Pour lui, la question n’est plus seulement celle de la transparence, mais celle de la dignité des citoyens : « Ce Parlement est composé d’élus. Ce sont les Marocains qui nous ont placés ici. Alors, à nous de choisir : voulons-nous défendre ceux qui nous ont élus, ou défendre des intérêts opaques ? »

Et de conclure par une formule claire, presque tranchante : « Il n’y a plus d’alternative : soit nous sommes du côté de la corruption, soit nous luttons contre elle. »

Importations de bétail. Les groupes de la majorité demandent une mission d’information

Les groupes parlementaires de la majorité à la Chambre des représentants ont demandé la formation d’une mission d’information sur les importations de bovins, d’ovins et de viandes.

Une demande dans ce sens a été adressée par les cinq partis (RNI, PI, PAM, UC et MDS) au président de la commission des secteurs productifs, conformément au règlement intérieur de la Chambre des représentants.

Les partis de la majorité disent vouloir s’informer « des programmes et des mesures prises pour subventionner l’importation des bovins, des ovins et des viandes pour protéger le pouvoir d’achat des citoyens », et dans quelle mesure ils ont atteint la finalité escomptée.

La demande adressée par les groupes de la majorité au président de la commission des secteurs productifs.

Le week-end dernier, trois partis de l’opposition (PPS, MP et PJD) avaient révélé avoir initié des démarches pour la constitution d’une commission d’enquête. Le lundi, en début de soirée, ils ont été rejoints dans cette initiative par l’USFP, autre force de l’opposition parlementaire.

Sauf que, mathématiquement, cette démarche de l’opposition a très peu de chances d’aboutir faute d’un minimum de 132 signatures (le tiers des 395 députés), alors que les quatre partis n’en réunissent ensemble que 95 à 100 avec l’éventuel ralliement des cinq députés non affiliés à un groupe parlementaire.

Interrogé par Médias24, Rachid Hammoumi, chef du groupe parlementaire du PPS, a déclaré qu’il était optimiste quant à l’issue de la demande d’une commission d’enquête. Le même espoir transparaissait lors des interventions des chefs des partis de l’opposition, mardi à Casablanca, lors d’une rencontre-débat organisée par HEM.

Avec cette sortie des groupes parlementaires de la majorité, la messe est dite.

https://medias24.com/2025/04/03/debat-sur-les-13-mmdh-et-les-aides-a-limportation-les-vrais-chiffres-et-les-questions-en-suspens/

La performance des députés marocains scrutée par le centre de recherche Tafra

La nouvelle édition du rapport s’appuie sur les données de la sixième session parlementaire (entre avril et juillet 2024) de la législature 2021-2026 et examine en détail les questions écrites et orales posées par les députés pour contrôler l’action gouvernementale.

Pourquoi ce rapport ?

Depuis 2011, la Chambre des représentants publie des données sur les questions parlementaires et les réponses du gouvernement. L’objectif du rapport est « d’analyser ces données pour évaluer l’engagement des députés et leur impact sur le suivi des politiques publiques ». L’étude révèle que 26.000 questions ont été posées depuis le début de la législature, dont 11.000 ont reçu une réponse, soit un taux de réponse de 42%. Par ailleurs, le gouvernement a pris 463 engagements en réponse aux interrogations des parlementaires​.

L’importance des questions parlementaires

Selon le rapport de Tafra, le choix d’étudier les questions parlementaires repose sur plusieurs éléments. Tout d’abord, elles permettent de « mesurer l’activité individuelle des députés », contrairement aux votes en commission ou en séance plénière qui relèvent d’une dynamique collective. Ensuite, elles constituent « une source de données ouvertes », exploitables pour des analyses approfondies. De plus, les questions écrites peuvent être posées tout au long de la session parlementaire, alors que les questions orales bénéficient d’une plus grande visibilité médiatique.

L’analyse de ces données permet ainsi de « mieux comprendre le fonctionnement du contrôle législatif, d’évaluer la réactivité du gouvernement et d’encourager une plus grande transparence démocratique », précise le rapport.

Combien de questions ont été posées ?

Lors de la sixième session parlementaire, 2.932 questions ont été posées, marquant une légère baisse par rapport aux 3.202 questions de la session précédente. Toutefois, le taux de réponse du gouvernement a progressé, passant de 19% à 34%​, fait observer le rapport.

La majorité des questions posées étaient des questions écrites, qui représentaient 71% du total (2.077 questions), contre 29% pour les questions orales (855 questions). « Il est intéressant de noter que le gouvernement a répondu à 41% des questions écrites, mais seulement à 15% des questions orales, malgré la visibilité accrue de ces dernières », souligne le rapport.

Qui pose les questions ?

L’analyse de la répartition politique des questions révèle que 65% des questions ont été posées par les députés de l’opposition, tandis que 35% émanaient de la majorité. Ce constat confirme « le rôle traditionnel de l’opposition dans le contrôle de l’action gouvernementale, tandis que les députés de la majorité sont généralement plus modérés dans leur interpellation du gouvernement ».

En ce qui concerne les réponses du gouvernement, les taux de réponse aux questions de la majorité et de l’opposition sont assez proches : 31% des questions posées par la majorité ont reçu une réponse, contre 36% pour celles de l’opposition.

Parmi les groupes parlementaires les plus actifs, on retrouve le Groupe socialiste (USFP) qui a posé 615 questions, suivi du Groupe Haraki (MP) avec 685 questions, et du Groupe du Rassemblement national des indépendants (RNI, majorité) avec 437 questions.

Les femmes parlementaires, bien qu’elles ne représentent que 24% des membres de l’Hémicycle, ont montré une plus grande activité que leurs homologues masculins. Elles ont posé en moyenne 9 questions par députée, contre 6 pour les hommes. De plus, les nouveaux députés (30% de la chambre) ont posé en moyenne 12 questions, soit trois fois plus que les députés réélus, qui en ont posé 4 en moyenne​.

À qui sont adressées les questions ?

Les ministères les plus sollicités par les députés sont ceux de l’Éducation nationale, le ministère de l’Intérieur, la Santé et la protection sociale, l’Agriculture et l’Équipement. Le ministère de l’Éducation nationale arrive en tête avec 344 questions, suivi par le ministère de l’Intérieur avec 339 questions, et le ministère de la Santé avec 323 questions.

​En revanche, certains ministères ont reçu très peu d’interpellations. Le Secrétariat général du gouvernement n’a reçu que 3 questions, le chef du gouvernement 5 questions et le ministère chargé des Relations avec le Parlement 11 questions.

La réactivité des ministères est variable. Le ministère des Habous et des affaires islamiques est le plus performant, avec 65% des questions ayant reçu une réponse. À l’inverse, le chef du gouvernement et le Secrétariat général du gouvernement n’ont répondu à aucune question durant la sixième session gouvernementale.​

Délais de réponse du gouvernement

Le règlement intérieur du Parlement impose un délai de 20 jours pour que le gouvernement réponde aux questions parlementaires. Toutefois, il ressort du rapport que ce délai est rarement respecté.

Le ministère de l’Éducation nationale est le plus réactif, avec un délai moyen de 44 jours. En revanche, le ministère des Habous et des affaires islamiques, bien qu’efficace en nombre de réponses, prend en moyenne 91 jours pour répondre. Le ministère de l’Intérieur met 75 jours en moyenne, tandis que le ministère de la Justice met 65 jours​.

Conclusions et recommandations

Ce rapport met en évidence plusieurs tendances majeures. On observe une augmentation du nombre de questions parlementaires, avec une hausse de 21% par rapport à la précédente législature. L’opposition se distingue par son rôle actif, posant presque deux fois plus de questions que la majorité.

Les femmes parlementaires et les nouveaux élus se montrent plus engagés que leurs homologues masculins et expérimentés. Quant au gouvernement, bien que le taux de réponse ait progressé, il reste encore inférieur aux attentes, avec des délais souvent trop longs pour répondre aux questions des députés​.

Afin d’améliorer cette dynamique, Tafra recommande d’accélérer les réponses gouvernementales, en veillant au respect des délais légaux. Il serait également bénéfique de faciliter l’accès aux données parlementaires en open data, afin de renforcer la transparence et de permettre une meilleure analyse des tendances. De plus, il serait pertinent d’analyser les critères qui influencent la sélection des réponses du gouvernement, pour éviter des inégalités de traitement.

Enfin, le rapport suggère d’encourager les députés à diversifier leurs outils de contrôle, notamment en exploitant davantage les commissions d’enquête et les interpellations directes​.

Mehdi Bensaïd : « Le PAM dirigera le gouvernement du Mondial »

Mehdi Bensaïd, ministre de la Jeunesse, de la culture et de la communication et membre de la direction collégiale du PAM, a tenu ces propos lors d’un débat, jeudi 23 janvier, à la Fondation Lafqui Titouani à Salé.

Le jeune dirigeant du PAM a tenu à rassurer quant à la solidité de son parti. « Nous sommes un parti debout après 14 ans dans l’opposition, sinon nous aurions eu 16 sièges (à la Chambre des représentants, Ndlr.), sinon moins », a répondu Mehdi Bensaïd à une question sur les chances de son parti pour les échéances électorales de 2026.

Récemment, quelques polémiques ont eu lieu au sujet de cette échéance entre le PAM et le RNI, chacune des formations déclarant être prête pour remporter les prochaines élections législatives.

Pour autant, Mehdi Bensaïd a tenu à minimiser les conséquences de ces échanges sur la cohésion de la majorité. S’il a admis l’existence de quelques « escarmouches » entre le PAM et le RNI, il a toutefois affirmé que de tels différends doivent être réglés lors des réunions de la majorité.

Celui qui nous provoque nous trouvera!

« Quand vous avez un différend avec votre femme, vous en discutez au sein du domicile conjugal, mais vous ne sortez pas dans la rue pour crier que ce qu’elle fait n’est pas à votre goût », a commenté le dirigeant du PAM qui a cependant émis cette sorte de mise en garde : « Celui qui nous provoque nous trouvera! ».

Ouahbi et le référentiel

Lors de ce débat, Mehdi Bensaïd a rendu hommage à Abdellatif Ouahbi, ancien secrétaire général du parti et ministre de la Justice. Il a affirmé qu’il avait toute sa place au sein du parti et qu’il était toujours membre du Bureau politique, même s’il n’était pas aussi assidu qu’auparavant.

Il l’a remercié pour avoir permis que le parti soit mené par une direction collégiale. « Je ne suis pas adepte de la logique des leaders (Za3amat) », a-t-il affirmé en précisant que Abdellatif Ouahbi répond présent à chaque fois que le parti le sollicite.

« Nous estimons qu’il fait partie des ministres qui ont une importante cadence politique et législative », a encore dit Mehdi Bensaïd à propos du ministre de la Justice tout en signalant que le parti aurait pu le remplacer lors du remaniement gouvernemental, mais qu’il ne l’a pas fait.

La politique ne doit pas se mêler de la confession des citoyens

Interrogé sur l’identité et l’idéologie du PAM, il a répondu que cette question était posée entre les années 2007 et 2010, mais qu’elle a été tranchée en 2012 avec une plateforme politique dans laquelle le parti a opté pour la démocratie sociale.

« Quand nous avons rejoint les rangs d’une organisation internationale des partis libéraux, nous l’avons fait dans une optique sociale et libérale. Le nom du parti Authenticité et modernité est clair. Nous sommes un parti progressiste qui croit en les valeurs sociales et de progrès, mais dans le cadre des valeurs nationales », a expliqué M. Bensaïd qui a précisé ce qu’il voulait dire en faisant référence aux valeurs nationales.

« Le parti croit en la Commanderie des croyants. La politique ne doit pas se mêler de la confession des citoyens. Dans la religion, nous puisons les valeurs que nous défendons dans notre projet politique, et le monde vit actuellement des guerres de valeurs et non d’idéologies », affirme le jeune dirigeant du PAM.

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Réunion au sommet de la majorité gouvernementale : voici ce qui a été convenu

Comme nous l’annoncions sur nos colonnes, une réunion, au sommet, de la majorité gouvernementale, s’est tenue mercredi 9 octobre. L’objectif était d’évoquer plusieurs questions liées à la conjoncture économique, politique et sociale du pays, comme l’indique un communiqué diffusé dans la matinée de ce jeudi 10 octobre.

Dans ce communiqué, les partis de la majorité gouvernementale (RNI, PAM et PI) expriment leur refus de la dernière décision de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE). « Son contenu manque de clairvoyance, d’impartialité et atteste d’une méconnaissance juridique », affirme la majorité pour qui « le dossier de l’intégrité territoriale du Maroc est du ressort exclusif des Nations Unies et du Conseil de sécurité« .

« La souveraineté du Maroc sur ses régions du Sud ne saurait souffrir d’aucun chantage ou tractation. Elle [la majorité, ndlr] appuie la position inébranlable de l’Etat marocain de ne s’engager dans aucun accord ou d’accepter un document juridique qui ne respectent pas l’intégrité territoriale nationale », ajoutent les partis de la Majorité.

La souveraineté du Maroc sur ses régions du Sud ne saurait souffrir aucun chantage ou tractation

Après avoir condamné les attaques israéliennes contre les peuples palestinien et libanais, en appelant à résoudre les différends régionaux par un retour aux tables des négociations, la majorité gouvernementale s’est exprimée sur des questions de politique intérieure.

Elle a salué « la célérité et le sérieux » des efforts du gouvernement dans la concrétisation des programmes et politiques publics, ainsi que l’efficacité de son intervention suite aux « chocs et aux catastrophes naturelles » qu’a connus le pays.

Après avoir salué la forte implication du gouvernement dans la concrétisation du chantier de l’Etat social en matière de généralisation de la couverture sanitaire, de logement et de santé, la majorité a promis d’aller de l’avant pour installer une école publique de qualité, terreau de futures compétences, pour lui permettre de s’acquitter de sa mission d’ascenseur social.

Sur le plan économique, la majorité dit comprendre la problématique de l’inflation au Maroc durant les deux dernières années et les augmentations progressives de certains produits. Une « inflation importée », affirme la majorité qui rappelle les mesures « volontaristes » du gouvernement pour y faire face : les aides sociales directes aux familles et l’intervention pour garantir la stabilité des prix de l’eau et de l’électricité.

Le dossier de l’emploi sera à la tête des priorités dans la prochaine étape

La majorité promet que le gouvernement allait persévérer dans son action pour améliorer les conditions sociales et financières des Marocains avec une attention particulière pour la classe moyenne et une action soutenue pour aboutir à une justice territoriale au profit des zones précaires.

« Le dossier de l’emploi sera à la tête des priorités dans la prochaine étape », promet encore la majorité gouvernementale qui dit se féliciter du degré de « cohésion » de ses composantes.

Présidence de la Chambre des conseillers : vote ce samedi 12 octobre

Selon des sources sûres à la Chambre des conseillers, des invitations individuelles seront envoyées, ce mercredi 9 octobre, aux membres de cette Chambre pour prendre part au vote qui aura lieu samedi 12 octobre (à 11 h) pour l’élection d’un nouveau président et le renouvellement des autres instances : membres du bureau (vice-présidents et questeurs), présidence des groupes et présidence des commissions thématiques permanentes.

Une première réunion de coordination a eu lieu entre les groupes de la majorité à la Chambre des conseillers et un consensus a été trouvé autour d’Enaâm Miayara pour rempiler pour un nouveau mandat, affirment nos sources. Sauf que la décision finale sera prise lors d’une réunion au sommet des chefs de file de la majorité, en fin de journée de ce mercredi 9 octobre.

Aziz Akhannouch, président du RNI, Nizar Baraka, secrétaire général du parti de l’Istiqlal, ainsi que le tandem Fatima Ezzahra El Mansouri et Mehdi Bensaid du PAM tiendront cette réunion pour évoquer la rentrée parlementaire en général et le poste de président de la Chambre des représentants en particulier. Comme le veut la coutume depuis la signature de la Charte de la majorité, Aziz Akhannouch sera accompagné de Rachid Talbi Alami, dirigeant du RNI et président de la Chambre des représentants, alors que Nizar Baraka y assistera aux côtés de Abdeljabbar Rachdi, dirigeant du PI et président du comité préparatoire du 18e Congrès de l’Istiqlal.

« Pour le moment, il n’y a aucun candidat déclaré à part Enaâm Miayara, mais, comme le veut l’usage, c’est à Nizar Baraka de présenter officiellement à ses pairs au sein de la majorité la candidature de son parti », expliquent nos sources.

Le mandat de l’actuel bureau, présidence comprise, est achevé. La deuxième Chambre doit, de ce fait, renouveler ses instances dans les meilleurs délais pour le bon déroulement du travail législatif avec l’un des plus grands rendez-vous annuels : l’examen, dès le 20 octobre, du PLF 2025.

Parti de l’Istiqlal : voici ce qui attend Nizar Baraka et la nouvelle direction

Armistice au sein du parti de l’Istiqlal. La page des guerres intestines entre clans semble tournée. Les Ould Errachid (appelés clan du Sahara) y sont bien représentés. Les pro-Nizar Baraka aussi. Selon des sources sûres, en interne, le parti de l’Istiqlal a eu le courage de prendre des décisions « dans la douleur », dont celle d’écarter la candidature de Nordine Moudiane, impliqué dans une affaire soumise à la justice et l’opposant à la conseillère communale Rafiaa Mansouri.

Retour à la normale et à la première position

Ces problèmes organisationnels ayant été expédiés, les militants de l’Istiqlal placent d’énormes espoirs en la nouvelle direction. « Nizar Baraka n’a plus d’argument pour ne pas faire de l’Istiqlal la première force politique, pas en termes de voix mais en présence nationaliste et politique », nous déclare un ancien responsable du « parti de la balance », qui avait choisi de prendre ses distances.

« Cette nouvelle direction doit faire le ménage et préparer un retour à la normale », explique notre interlocuteur pour qui il est plus que jamais temps d' »honorer la responsabilité morale du plus ancien parti marocain« , avec « un réel ancrage dans les régions et de nouvelles méthodes pour faire la politique dans les partis ».

« Il nous faut un « retour aux valeurs et nous intéresser aux grandes questions de la Nation : la jeunesse, le civisme, l’emploi et l’appartenance à tamaghrabite », ajoute notre source pour qui « aujourd’hui, cette équipe [La nouvelle direction, ndlr] a une responsabilité nationaliste morale et historique du côté de l’USFP et du PPS ».

Avec ces deux partis, en plus de l’Organisation de l’action démocratique et populaire (OADP), l’Istiqlal formait un bloc politique qui avait négocié l’alternance politique avec feu Hassan II dès la moitié des années 1990.

« La place de notre parti est bien dans cette famille politique naturelle », insiste notre interlocuteur. Une remise en question de la participation du PI au gouvernement au moment où l’on évoque, de plus en plus, un éventuel remaniement ?

Parti de l’Istiqlal: voici la composition du nouveau Comité exécutif

Parti de l’Istiqlal: voici la composition du nouveau Comité exécutif

Le Conseil national du Parti de l’Istiqlal (PI, majorité) a terminé, ce samedi 5 octobre, les travaux de sa session restée ouverte depuis le 18ème congrès en élisant les membres du Comité exécutif (Direction, équivalent d’un Bureau politique).

On y retrouve une grande partie de celles et de ceux qui font le bon et le mauvais temps parmi les héritiers de Allal El Fassi.

Selon un communiqué du parti de la Balance, 50% des membres du Comité exécutif font leur entrée à la direction pour la première fois.

Parlement : voici la composition réactualisée de la Chambre des représentants (Infographies)

De toute son histoire, jamais la Chambre des représentants n’a connu un tel « turn over« . En plus des décès et des remplacements, la Cour constitutionnelle a déchu de leurs mandats pas moins de 42 députés, généralement condamnés en relation avec la gestion des affaires locales (beaucoup d’entre eux dirigeaient des conseils communaux), pour des chèques sans provision, voire parce qu’ils étaient emprisonnés en relation avec des délits de droit commun.

De cette législature, ceux qui s’intéressent à l’actualité politique du pays n’oublieront pas de sitôt Mohamed Moubdiî, l’ancien ministre haraki (Mouvement populaire) actuellement incarcéré à Oukacha en attendant son procès. Ni le jeune Yassine Radi (Union constitutionnelle) impliqué dans un fait divers à Rabat, qui lui avait valu une année de prison ferme et qui reviendra bientôt devant la justice en sa qualité d’ancien maire de Sidi Slimane. On n’oubliera pas non plus Mohamed El Hidaoui (RNI), le désormais ancien député de Safi et ex-président de son club de football, qui avait purgé une peine de prison en relation avec la tristement célèbre affaire des tickets du Mondial du Qatar. Nos « élus » ont même réussi la « prouesse » de se faire condamner pour des chèques sans provision et de se faire éjecter de l’institution.

Selon un décompte de Médias24, établi grâce à des sources sûres et arrêté à la date du 8 août, pas moins de 42 parlementaires ont été « débarqués » par les magistrats de la Cour constitutionnelle.

Dans ce « palmarès », la palme revient aux partis formant la majorité, avec un total de 30 députés évincés de l’Hémicycle : 12 issus du parti de l’Istiqlal, 10 élus sous les couleurs du RNI et 8 PAMistes.

Cela n’a en aucun cas signifié un affaiblissement de la majorité qui, au contraire, a renforcé ses rangs au rythme d’une série de scrutins législatifs partiels. Ces échéances ont par exemple permis au RNI de gagner deux sièges supplémentaires par rapport aux résultats du scrutin du 8 septembre 2021. Actuellement, le parti de Aziz Akhannouch dispose de 104 députés. Seul le parti de l’Istiqlal a perdu un siège pour faire une rentrée avec 80 élus.

Aujourd’hui, le gouvernement a derrière lui une majorité plus que confortable : 272 députés pour les trois partis (RNI, PAM et Istiqlal) ; et 295 quand on comptabilise ses soutiens qui ne siègent pas au gouvernement : l’Union constitutionnelle de Mohamed Joudar (18 sièges) et le Mouvement démocratique et social (MDS) de Abdessamad Archane (5 élus).

En séances plénières comme en travaux en commissions, les élus du PJD (13 au total) ou de la gauche (FGD et PSU) se trouvent désarmés face à une supériorité numérique écrasante.

Le jeudi 12 septembre 2024, la majorité en général et le RNI en particulier avaient rendez-vous avec une échéance spéciale dans l’interminable série des élections législatives partielles. Le RNI tenait absolument à récupérer le siège qu’il avait perdu dans la circonscription Rabat-Océan. L’ancien titulaire de ce siège, Abderrahim Ouaslam, avait été évincé à cause d’une affaire de chèques sans provision.

Le jour « J », le candidat des bleus, Said Benmbarek, remportait ce scrutin partiel. La machine électorale du RNI, bien rodée, avec l’appui des deux autres composantes de la majorité qui s’abstiennent de présenter des candidats, est imbattable.

Le même jour, et cette fois-ci à Fkih Ben Salah, le RNI réitérait le scénario avec Saleh Hanine. Ce dernier a remporté le siège laissé vacant après l’éviction de Kamal El Mahfoud, lui aussi à la suite d’une condamnation pour chèques sans provision.

Dans les rangs des responsables et des militants du RNI, on jubile. Comme au sein des partis qui ont misé sur les notabilités locales ou régionales, l’essentiel est de gagner.

La majorité gouvernementale réaffirme sa cohésion

Dans un communiqué publié à l’issue de sa réunion, l’instance a indiqué que « cette cohésion a eu un impact positif sur le bilan gouvernemental présenté par le chef de l’exécutif devant les deux chambres du Parlement, en dépit des crises et des contraintes auxquelles le gouvernement a dû faire face durant cette période ».

Au début de ses travaux, l’instance a vivement salué le déploiement, sur instructions du Roi Mohammed VI, d’une aide humanitaire médicale au profit de la population palestinienne de Gaza.

L’instance, poursuit le communiqué, a loué une gestion gouvernementale « novatrice et distinguée, basée sur la mise en œuvre efficace des engagements contenus dans le programme gouvernemental et l’interaction rapide et positive avec les problématiques imprévues ». La même source note que l’instance a également fait part de la satisfaction des composantes de la majorité quant au rythme d’exécution du programme gouvernemental, mettant en exergue l’ingénierie financière mise en place par l’exécutif pour garantir la durabilité du financement du chantier de l’État social.

L’instance, ajoute le communiqué, a mis en avant l’action majeure des groupes de la majorité parlementaire au sein des Chambres des représentants et des conseillers.

Elle a également réaffirmé son engagement à poursuivre la mise en œuvre du programme gouvernemental, à agir pour pérenniser le projet de l’État social et à prioriser le dossier de l’emploi au cours du restant du mandat gouvernemental.

Cette réunion s’est déroulée en présence du président du Rassemblement national des indépendants, Aziz Akhannouch, de la coordinatrice de la direction collégiale du secrétariat général du Parti authenticité et modernité, Fatima Ezzahra El Mansouri, et du secrétaire général du parti de l’Istiqlal, Nizar Baraka, en présence de Rachid Talbi Alami et Samir Goudar.

Talbi Alami assuré de garder la présidence de la Chambre des représentants après le mi-mandat

La présidence de la majorité gouvernementale a tenu, le jeudi 4 avril, une réunion sous la présidence de Aziz Akhannouch, président du RNI, de Fatima Ezzahra El Mansouri, coordinatrice de la direction collective du secrétariat général du PAM, aux côtés de Mohamed Mehdi Bensaid, Salaheddine Aboughali et de Nizar Baraka, secrétaire général du parti de l’Istiqlal (PI).

Cette réunion a porté sur la conjoncture politique et économique au Maroc, le prochain agenda de l’action de la présidence de la majorité gouvernementale, et les moyens à même d’améliorer et de renforcer la coopération entre le gouvernement et l’ensemble des composantes de la majorité parlementaire en matière de législation et du contrôle de l’action gouvernementale.

Dans un communiqué publié à l’issue de cette réunion, la majorité s’est félicitée du bilan de mi-mandat « très honorable » de l’action gouvernementale, que le chef du gouvernement compte présenter devant le Parlement après l’ouverture de la session d’avril. L’Instance entend lancer un débat public sur ce bilan, aussi bien au sein de l’institution parlementaire que dans les médias et l’espace public.

L’Instance s’est également félicitée de « l’esprit de cohésion et de coopération qui caractérise les relations du gouvernement avec les groupes de majorité parlementaire, ainsi que les rôles majeurs que jouent ces groupes en matière de législation, de contrôle de l’action gouvernementale et de diplomatie parlementaire », relève la même source.

Elle a en outre exprimé sa disposition à interagir avec les propositions de loi présentées par les groupes parlementaires, ajoutant qu’elle a décidé dans ce sens de mettre en place un mécanisme pour se pencher sur l’examen et l’évaluation desdites propositions et d’interagir avec celles qui sont en cohérence avec les choix du gouvernement et ses orientations.

Après avoir salué la poursuite du dialogue social entre le gouvernement et les centrales syndicales les plus représentatives, l’Instance a exprimé le vœu que ce dialogue soit « fructueux ».

Elle a en outre fait part de son soutien à la candidature de Rachid Talbi Alami à la présidence de la Chambre des représentants pour la seconde moitié de la législature actuelle. L’élection aura lieu à l’ouverture de la session d’avril.

https://medias24.com/2024/02/05/le-mi-mandat-du-gouvernement-a-quoi-faut-il-sattendre/