« Poisson à prix raisonnable » : 2.150 tonnes de produits congelés ont été écoulées

Selon le secrétariat d’État chargé de la Pêche maritime, l’initiative « poisson à prix raisonnable », dont le coup d’envoi officiel a été donné le 22 février 2025, a permis de « répondre à la demande croissante en produits de la mer à des prix compétitifs, tout en garantissant une qualité irréprochable ».

Le nombre de villes où les points de vente sont opérationnels a dépassé 40 villes à travers le territoire national, parmi lesquelles Casablanca, Benslimane, Rabat, Salé, Aïn Aouda, Fès, Témara, Tamesna, Agadir, Tan-Tan, Dakhla, Tiznit, Guelmim, Assa-Zag, Khénifra, Béni Mellal, Tadla, Marrakech, Essaouira, Fqih Ben Saleh, M’diq, Sidi Ifni, Ouarzazate, Taroudant, Chichaoua et Afourar, en plus de caravanes mobiles reliant plusieurs autres villes.

Les points de vente atteignent près de 400 citoyens par jour, selon le département de tutelle, qui note que « tous ces poissons font l’objet d’un contrôle strict de l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA), garantissant ainsi leur qualité et leur sécurité alimentaire ».

En complément des villes déjà citées, et dans le cadre d’un partenariat avec plusieurs enseignes de distribution, des points de vente supplémentaires ont été mis en place afin d’étendre la disponibilité des poissons congelés aux zones non couvertes par l’initiative.

Ainsi, les magasins « BIM » disposent d’environ 780 points de vente, les magasins « Label’Vie » mettent à disposition 183 points de vente sur l’ensemble du territoire national, et les magasins « Super U » comptent six points de vente à Casablanca et Rabat.

Un approvisionnement renforcé pour le Ramadan

Dans les semaines à venir, la distribution sera renforcée à travers des efforts logistiques supplémentaires et une coordination accrue entre les différents acteurs du secteur de la pêche, afin d’assurer un approvisionnement régulier des marchés tout au long du mois de Ramadan, souligne la même source.

De plus, l’initiative « poursuivra son engagement en faveur du pouvoir d’achat des familles marocaines, en proposant des prix débutant à 17 dirhams le kilogramme ».

Le secrétariat d’État chargé de la Pêche maritime assure qu’il intensifiera ses efforts pour garantir l’approvisionnement des marchés en produits maritimes, malgré les conditions météorologiques instables qui perturbent les activités de pêche dans plusieurs ports du Royaume.

Cette période se caractérise par des vagues dépassant les cinq mètres dans certaines zones, tandis que les prévisions météorologiques pour les 48 prochaines heures annoncent la persistance du mauvais temps, notamment en Méditerranée, avec des vents violents affectant particulièrement la zone de Saïdia à Tanger.

De plus, des vagues dangereuses sont attendues entre Tanger et Essaouira, ce qui risque de perturber les opérations de pêche et d’obliger les navires à éviter certaines zones afin de garantir la sécurité des bateaux et des marins.

(Avec MAP)

Intermédiaires et inflation alimentaire : on redécouvre chaque année le même problème, sans agir

Dans un récent débat entre Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du commerce, et Driss El Azami, membre du secrétariat national du PJD, le ministre a fait une déclaration qui ne devrait pas passer inaperçue : « 18 spéculateurs perturbent les prix des viandes rouges« .

Cette affirmation met en lumière une réalité bien plus structurelle qu’il n’y paraît : celle d’un marché où une concentration d’acteurs influence les prix non seulement des viandes rouges, mais aussi des fruits, légumes, viandes blanches et produits de la mer.

Ce phénomène n’a pourtant rien de nouveau. Chaque année, la flambée des prix alimentaires suscite la même vague de réactions indignées, accompagnées d’engagements à encadrer le marché. Mais une fois la crise passée, le sujet retombe dans l’oubli, laissant place à une nouvelle flambée l’année suivante.

Le problème est pourtant bien connu et largement documenté. Le Conseil de la concurrence, dans un rapport détaillé, souligne l’existence d’un déséquilibre structurel : « Les marchés de la production et de la commercialisation des fruits et légumes au Maroc […] sont caractérisés par la présence d’une multitude d’intermédiaires, qui pratiqueraient de la spéculation en ponctionnant des marges excessives et injustifiées, supportées in fine par les consommateurs ».

L’organisation du marché alimentaire repose sur un enchevêtrement d’intermédiaires qui, faute de cadre réglementaire précis, participent à une montée artificielle des prix. Les écarts entre le prix payé au producteur et celui affiché au consommateur final sont significatifs. À titre d’exemple, certaines hausses dépassent les 100% entre le prix du producteur et celui pratiqué sur les marchés, notamment pour des produits de grande consommation comme la tomate, la pomme de terre ou l’oignon. Comment expliquer qu’un kilogramme de pommes de terre vendu 2 dirhams par le producteur puisse atteindre 5 à 6 dirhams sur les marchés urbains ?

La spéculation effrénée et l’absence totale de contrôle de ces réseaux d’intermédiaires en sont la seule explication.

Les intermédiaires captent en moyenne 34% du prix final, faisant d’eux le principal maillon de la formation des prixLe Conseil de la concurrence met en évidence cette dynamique inflationniste : la formation des prix est gangrenée par une intermédiation excessive et anarchique, où chaque maillon de la chaîne prélève des marges injustifiées, alimentant une inflation artificielle qui finit par écraser le consommateur final. « La marge brute des intermédiaires constitue la composante dominante dans la formation des prix de vente, en s’appropriant en moyenne près de 34% du prix final, et en dépassant ainsi même la marge brute des grossistes et des détaillants ».

Ce déséquilibre ne relève ni du hasard ni d’une fatalité économique : il résulte d’une structure de marché déséquilibrée, où les producteurs peinent à valoriser leur travail tandis que les consommateurs supportent des prix excessifs, au bénéfice d’un petit nombre d’acteurs qui captent des marges élevées.

Une absence de régulation qui nourrit la spéculation

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a, lui aussi, dressé un constat édifiant sur la commercialisation des produits agricoles, mettant en lumière les dysfonctionnements structurels du marché. Son rapport souligne une organisation défaillante, dans laquelle les petits et moyens agriculteurs se retrouvent démunis face aux grands réseaux de distribution et aux circuits de spéculation.

Ainsi, au-delà des fruits et légumes, cette problématique touche également les viandes rouges et blanches, ainsi que les produits halieutiques. Le CESE dresse un état des lieux alarmant et observe notamment « la prédominance d’une panoplie d’intermédiaires, car aucune réglementation sur l’intermédiation et le courtage des fruits et légumes n’existe actuellement ».

La situation est plus prononcée, notamment à l’approche de l’Aïd, période où les prix connaissent des hausses significatives. « La persistance des pratiques spéculatives impacte la commercialisation des bovins, des ovins et caprins au sein des marchés, des souks, etc., notamment à l’occasion de Aïd al-Adha », précise le CESE.

Pourquoi aucune réforme de fond n’a-t-elle été engagée ?

L’accumulation de ces constats soulève une question majeure : pourquoi ces dérives persistent-elles malgré les analyses et recommandations formulées depuis des années ? Pourquoi l’État n’arrive-t-il pas à mettre en place des mesures concrètes ?

Le Maroc a prouvé, dans d’autres domaines, sa capacité à mener des réformes structurelles ambitieuses. Il est difficile de comprendre pourquoi un cadre réglementaire strict n’a pas encore été instauré pour encadrer les marges et fluidifier les circuits de commercialisation.

L’absence d’action nourrit une défiance croissante au sein de l’opinion publique. Face à une problématique qui touche directement le quotidien des ménages, cette inertie interroge.

Les leviers d’une réforme nécessaire

Une action résolue s’impose. La première étape consiste à réorganiser les circuits de distribution en favorisant des modes de commercialisation plus directs entre producteurs et consommateurs. Le développement de marchés régulés, l’essor de coopératives agricoles et l’encouragement aux circuits courts sont des pistes à explorer pour réduire la dépendance aux intermédiaires.

La régulation des marges commerciales est également un levier essentiel. Une surveillance accrue des écarts de prix et la mise en place d’un cadre juridique limitant la spéculation pourraient contribuer à stabiliser le marché.

Enfin, la modernisation des infrastructures commerciales et la digitalisation des transactions permettraient d’apporter une plus grande transparence sur les prix et les circuits de distribution. Un suivi en temps réel des prix de gros et de détail limiterait les abus et renforcerait la confiance des consommateurs.

Il n’est plus concevable de se limiter à des constats. La question de la régulation du marché alimentaire est devenue un enjeu stratégique qui touche au pouvoir d’achat des citoyens.

Les décideurs ont désormais un choix clair : engager une réforme structurelle du marché alimentaire ou laisser perdurer un système qui, année après année, entraîne les mêmes déséquilibres. Les consommateurs attendent des mesures concrètes.

Le débat ne peut plus se limiter à une indignation saisonnière. L’heure n’est plus au constat, mais à l’action.

Inauguration du nouveau marché de gros au poisson de Tétouan

Ce nouveau marché s’inscrit dans le cadre d’une vision de développement d’un réseau national de 10 marchés de gros au poisson, dédiés à la 2e vente.

Mis en place sur une superficie de 2 hectares, dont près de 2.167 m2 construits, pour un investissement total de 40 millions de DH, cette plateforme devra assurer l’approvisionnement régulier de la région en poisson.

Le marché de gros au poisson de Tétouan est le 10e et dernier marché inauguré dans le cadre du plan Halieutis.

L’activité des marchés de gros au poisson permet de commercialiser près de 167.000 tonnes de produits de la pêche annuellement, a rappelé, à cette occasion, le ministre de l’Agriculture, Aziz Akhannouch. Ce nouveau marché, aux côtés des marchés de gros au poisson récemment inaugurés à Tanger et Agadir, permettra d’augmenter davantage ce chiffre.

Le nouveau marché comporte notamment une halle d’exposition et de vente à température contrôlée, une chambre froide, des locaux techniques, une unité de lavage des caisses, une guérite de contrôle, des locaux communs, ainsi que des bureaux administratifs, outre un laboratoire vétérinaire.

En plus du marché de Tétouan, le réseau compte 9 autres structures similaires et couvre les villes de Tanger, Agadir, Casablanca, Rabat, Oujda, Marrakech, Béni-Mellal, Meknès et Taza.

Patrimoine de Casablanca: A quand la réunion de la commission d’évaluation?

Abdelhak Mabchour, président de la commission du patrimoine de Casablanca est en colère. Et il ne manque pas de le faire savoir à Mohamed Sajid, maire de la ville. «Je vous relancé à maintes reprises pour faire avancer le dossier du patrimoine, mais vous persistez à faire la sourde oreille», a-t-il interpellé le président du Conseil de Casablanca lors de la conférence de presse tenue mercredi 11 décembre au sujet du plan d’urgence de la métropole. Un plan qui n’intègre pas le dossier du patrimoine –immobilier- de Casablanca parmi ses priorités.

«Depuis le discours du Roi, nous n’avons eu de cesse de demander que la commission d’évaluation des prix se réunisse. Nous n’avons que des promesses qui restent lettres mortes. Nous ne pouvons plus tolérer ce genre de comportement», lance-t-il tout de go.

En effet, c’est à cette commission qu’incombe le rôle de procéder à une évaluation des biens de la ville et c’est sur la base de son travail que sont lancés les nouveaux appels d’offres.

«La dernière fois qu’elle s’était réunie, ce fut au sujet des dossiers de la Sqala et du complexe Paradise. Nous attendons toujours son compte-rendu qui doit d’abord transiter par le gouverneur d’Anfa. Mais d’autres dossiers aussi importants attendent», ajoute M. Mabchour.

Parmi ces dossiers, «certains logements sociaux, de villas situés sur les boulevards Zerktouni et Abdelmoumen, des terrains exploités par la société Lesieur… », précise-t-il.

Dans la pratique, il appartient au président du Conseil de la ville d’envoyer un courrier au gouverneur concerné pour convoquer la commission d’évaluation. Cette dernière regroupe, entre autres, des représentants du ministère des Finances, de la direction des Domaines, de la préfecture concernée et de l’Agence urbaine.

Selon le président de la commission du patrimoine, le manque à gagner pour la ville dépasserait les 3 milliards de DH. Un chiffre à prendre avec précaution en attendant que la commission d’évaluation livre sa copie.