Assises de la régionalisation : Mbarka Bouaida énumère les points clés pour élaborer une feuille de route forte (Verbatim)

“L’objectif initial et attendu de ces deux jours de travail serait d’évaluer le bilan de ces neuf années de régionalisation puisque nous avons commencé à entamer ce processus sur le terrain depuis fin 2015”, déclare Mbarka Bouaida.

Et d’ajouter : “Il est question aujourd’hui de faire un bilan, de discuter d’un certain nombre de défis qui ont été soulevés dans la lettre royale, notamment la déconcentration qui va en parallèle avec la décentralisation. Comment est-ce que l’État, à travers l’ensemble des départements ministériels, pourrait accélérer la mise en place de la charte de déconcentration ?”.

La présidente de l’association des régions du Maroc affirme qu’un « autre défi très important est celui des compétences des régions. Quelles sont ces compétences et comment les préciser ? La loi organique parle d’un certain nombre de compétences propres et partagées. Mais depuis 2019, il s’agit de mieux préciser ces compétences et d’expliquer cette interaction entre la région et l’État central ».

“Il ne faut pas oublier le défi de l’investissement dans les régions. Comment est-ce que les régions vont pouvoir gagner ce défi qui est celui de l’attractivité territoriale et celui de gérer les investissements, et, avec ça, de créer de l’emploi”, précise notre interlocutrice.

Financement, disparité territoriale

Elle énumère : “Nous parlerons du défi du financement, parce que le besoin est énorme. Nous évoquons la disparité interrégionale, sur comment développer le territoire marocain dans le cadre d’un équilibre territorial. Effectivement, le financement est très important et constitue le nerf de la guerre.”

Mbarka Bouaida questionne : “Comment augmenter les financements des régions comment les diversifier et comment s’adapter au contexte dans lequel nous vivons avec les changements que nous pouvons vivre au quotidien, comme le changement climatique qui nous impacte directement.”

Feuille de route qui se trace

La présidente de l’Association des régions du Maroc affirme : Il y a une feuille de route qui se trace et fait l’objet des sujets qui seront discutés, aujourd’hui et demain, notamment sur le stress hydrique et pour lequel le Maroc a adopté une feuille de route très ambitieuse et dans laquelle les régions jouent un rôle important dans sa mise en place”. Et de poursuivre : “Nous parlerons mobilité et transport : Comment faire pour harmoniser la mobilité et pour développer le transport urbain et interurbain. Et puis, comment aussi imposer et accélérer la transformation digitale ?”

De plus : “Tout ceci est important pour asseoir une meilleure gouvernance, développer de meilleurs services pour les citoyens. Ce sont là des éléments que nous considérons comme une feuille de route importante.”

“L’occasion nous sera donnée pendant ces deux jours, mais après aussi, pour parler du déploiement de ces projets-là, de ces conventions, mais pas que, puisque nous allons parler de la transformation digitale et voir comment l’accélérer et quel rôle pourraient jouer les régions comme catalyseurs dans son territoire par rapport aussi à l’ensemble des autres communes et à l’ensemble des autres institutions au niveau régional”, conclut Mbarka Bouaida.

L’eau, la gestion des déchets et la mobilité, au cœur des conventions signées lors des assises de la régionalisation avancée

La deuxième édition des assises de la régionalisation avancée a été marquée par la signature de quatre conventions.

La première convention est « une convention-cadre qui concerne le référentiel institutionnel de la régionalisation avancée, à savoir l’accélération de la mise en place de la charte de déconcentration, mais aussi la révision à la hausse des financements et la reprécision et la réactualisation des compétences des régions », a expliqué la présidente de l’Association des régions du Maroc (ARM), Mbarka Bouaida, dans une déclaration à la presse.

Les trois autres conventions ont pour objet de définir la contribution financière des régions dans des secteurs stratégiques.

Une convention « concerne le stress hydrique et la gestion de l’eau, avec une contribution des régions sur les dix années à venir qui dépasse les dix milliards de dirhams sur l’ensemble des régions », avance la présidente de l’Association des régions du Maroc (ARM).

Elle ajoute qu’une autre convention a trait à « la gestion des déchets, un sujet important et qui touche aussi à la qualité de vie des citoyens au quotidien, avec une enveloppe globale de 27 milliards de dirhams, dont 10%, donc 2,7 milliards de dirhams, financés directement par l’ensemble des régions ».

La dernière convention porte sur « le transport et la mobilité durable, tel que ça a été souligné, évoqué dans la lettre royale. Et là aussi on parle d’une enveloppe globale de dix milliards de dirhams avec une contribution financière des régions qui dépasse les trois milliards de dirhams ». 

La construction de la plateforme de réserves de première nécessité de Guelmim-Oued Noun coûtera 64,6 MDH

Ce marché a été remporté par le groupement des sociétés Abaache Négoce et Imilchil pour un coût dépassant légèrement 64,6 millions de DH, selon un document de la commission d’ouverture des plis au niveau de la wilaya de cette région.

Ce groupement était en lice avec la société Sergab dont l’offre était nettement supérieure avec 72,4 millions DH.

Donc, en plus du groupement Abaache Négoce et Imilchil, voici, pour le moment, les autres intervenants dans ce projet qui élira domicile dans la province de Guelmim, chef-lieu de la région :

2e édition de la Journée nationale de l’industrie : territorialité de l’industrie, quels défis et quelles actions à mettre en place ?

Le premier panel de la deuxième édition de la Journée nationale de l’industrie est intitulé “une industrie marocaine, souveraine, ancrée dans son territoire et exploitant pleinement le potentiel de ses régions”. Les intervenants qui y participent sont le ministre du Transport et de la logistique, Mohamed Abdeljalil, la présidente des Régions du Maroc, M’Barka Bouaida, le vice-président de la CGEM, Mehdi Tazi et Mia Lahlou Filali, présidente-directrice générale Pharma 5.

La Journée nationale de l’industrie rassemble ministères, institutionnels, fédérations professionnelles et opérateurs privés afin de favoriser les échanges sur les nouveaux enjeux liés au développement du secteur industriel pour atteindre son plein potentiel. L’enjeu est de parvenir à consolider une industrie forte et résiliente pour apporter plus de valeurs et de richesse.

Lors de son intervention, la présidente des Régions du Maroc, M’barka Bouaida, souligne que 80% de l’industrie est concentrée dans l’axe El Jadida et Tanger. “Cette compétitivité territoriale est à renforcer par un certain type d’actions. Toutes les régions sont impliquées dans les zones d’activités économiques et par la préparation du terrain pour industriels et entreprises”, déclare-t-elle.

Pour développer l’industrie, M’Barka Bouaida insiste sur trois points : “Le foncier, les programmes de développement régionaux qui sont “des banques de projets”, et la Charte d’investissement qui apporte beaucoup d’avantages, jusqu’à 30% dans certaines régions”.

La présidente-directrice générale de Pharma 5, Mia Lahlou Filali, insiste sur le fait de “sanctuariser le Made in Morocco” en protégeant nos appellations et en gagnant des marchés.

Le DG de la CDG, Khalid Safir, explique pour sa part que : “Nous sommes dans une phase d’arrimage des régions aux deux moteurs de la fusée industrie : les secteurs public et privé. Cela donnera beaucoup plus de force au déploiement de cette stratégie. Nous sommes dans une phase de territorialisation” et d’étude des atouts des territoires pour les faire prospérer.

La mauvaise conjoncture de l’agriculture n’est pas une fatalité, estime le vice-président de la CGEM, Mehdi Tazi, qui considère que c’est une montée en gamme de notre pays. Le relais doit être pris par l’industrie, poursuit-il. Et d’ajouter : “La bonne nouvelle c’est que sur les 400.000 emplois de ces 10 dernières années, ce sont des emplois formels, portés par l’automobile, l’aéronautique, le textile et l’agro-alimentaire”.

Il précise que 80% des emplois entre El Jadida et Tanger sont rémunérés à plus de 6.000 dirhams, donc cela remet en lumière le défi de la régionalisation et de l’intelligence artificielle. “Avec l’innovation, on gagne en compétitivité durable. L’industrie apporte de la souveraineté”, conclut-il.

Guelmim-Oued Noun. Mbarka Bouaida revient sur les réalisations et présente les orientations du conseil de la région

Porte d’entrée du Sahara marocain, Guelmim-Oued Noun marque la fin de la chaîne de l’Atlas. Elle fait le lien entre la région Sous-Massa, récemment définie comme le nouveau centre du Royaume, et les autres provinces du Sud, caractérisées par leur positionnement de traits d’union entre le Maroc et ses voisins africains.

Se déployant sur une superficie de 46.000 kilomètres carrés, elle comprend quatre provinces : Sidi Ifni, Guelmim, Assa Zag et Tan-Tan.

S’exprimant lors d’une conférence de presse, Mbarka Bouaida, présidente du conseil de la région Guelmim-Oued Noun, a souligné les transformations importantes que connaît le Maroc et la nécessité que chaque région suive le même rythme de développement. « Nous constatons qu’il y a une transformation au niveau national, notamment par le début du chantier de l’instauration de l’État social conduit par le gouvernement ».

La responsable a également mis en lumière les nouvelles compétences des régions marocaines. « Les 12 régions ont elles aussi aujourd’hui de nouvelles compétences. Nous avons travaillé pour mettre en place une nouvelle vision stratégique pour la région Guelmim-Oued Noun, en adoptant le Schéma régional d’aménagement territorial (SRAT) ainsi que le Plan de développement régional de cinq ans ».

Mbarka Bouaida a rappelé que le SRAT est un document de référence pour plus de vingt-cinq ans, offrant les grandes orientations de chaque région. « Avec plus de 440.000 habitants et 70.000 km², la région connaît aujourd’hui un vrai changement, dont le point de transformation a eu lieu en février 2016, à travers la signature du programme de développement intégré, dont le budget était de 77 MMDH pour les trois régions les plus défavorisées dont la nôtre ».

Depuis lors, plusieurs grands projets ont été initiés, bien que leurs effets ne soient pas encore pleinement ressentis. « Les grands projets ont commencé, dont on ne sent pas actuellement l’effet, à leur tête l’infrastructure autoroutière dont les travaux ont atteint un niveau d’achèvement de 95%. Le dernier en date est l’autoroute de Guelmim-Tan Tan, qui fut inaugurée à l’occasion de Aïd al-Adha », a-t-elle précisé.

L’objectif de ces projets est double : « Non seulement le désenclavement de certaines populations, mais aussi l’accélération du développement économique, et rapprocher le nord du sud du Royaume ».

Après, sont venus d’autres grands projets sur lesquels travaille le conseil, à leur tête le programme de contractualisation entre l’État et la région d’un montant de plus de 5 MMDH, en plus du SRAT d’un budget de plus de 11,6 MMDH. Notons également qu’entre 2017 et 2023, 40% du budget de la région était alloué au désenclavement à travers le programme de réduction des disparités sociales.

« Dans l’ensemble, nous parlons de plus de 130 projets à moyen et long terme, dont les objectifs sont le rattrapage des retards critiques de la région, le renforcement des infrastructures et des atouts non seulement logistiques, mais aussi culturels et économiques. Nous nous sommes concentrés sur le secteur des équipements, un taux d’électrification qui dépasse 93%, un réseau routier important sur lequel le conseil de la région travaille à achever, avec une convention très ambitieuse qui dépasse les 2 MMDH, dont 58% sont couverts par la région. Cette convention nous permettra de rattraper plus de treize ans de retard ».

Mbarka Bouaida n’a pas manqué de mentionner la problématique de l’eau, élément fondamental de leur stratégie. « Nous participons aussi à mettre en place la feuille de route au niveau national, avec un budget de 1 MMDH, qui inclut la construction de barrages tels que celui de Fask qui protègera Guelmim des inondations et ouvrira des possibilités d’irrigation de 1.000 ha, et le projet de station de dessalement de Chbika sous la houlette de l’Agence régionale de l’exécution des projets ».

Les énergies renouvelables : l’un des principaux atouts de la région

La région de Guelmim-Oued Noun a pour ambition d’être l’un des premiers territoires à atteindre la neutralité carbone dans le monde. Pour réaliser cet objectif, la GON H2 Valley, une plateforme industrielle et technologique qui ambitionne de créer une chaîne de valeur complète autour de l’hydrogène vert, est programmée pour accueillir des centres de recherche et développement et incuber les premiers projets liés à l’hydrogène vert et ses dérivés.
Plusieurs projets de production d’énergie renouvelable sont actuellement engagés par des investisseurs nationaux et internationaux dans la région. Parmi eux, celui du parc éolien d’Aferkat qui devrait produire 320 mégawatts par an.

Mbarka Bouaida s’est montrée optimiste quant à l’avenir de la région. « Selon nous, l’avenir est très prometteur pour la région car ses atouts vont améliorer son attractivité. Nous voyons des projets prometteurs dans le cadre des énergies renouvelables, notamment dans la production de l’hydrogène vert. La région va réellement en bénéficier, non seulement dans le renforcement des infrastructures, mais également dans la création d’emplois pour la population. Nous prévoyons dans ce sens le lancement des travaux de réalisation de l’Institut régional de l’énergie et des mines à Assa Zag ».

Face à la problématique de la durée nécessaire à la mise en places des infrastructures des énergies renouvelables, Mbarka Bouaida a souligné la nécessité de l’innovation dans ce domaine. « Aujourd’hui, la difficulté avec les énergies renouvelables est d’aller vers des projets très court-termistes. On doit être plus innovants et aller vers les meilleures solutions ».

Mbarka Bouaida explique la fulgurante hausse du coût de certains projets

Interrogée sur les hausses « anormales » des coûts de certains projets, Mbarka Bouaida a précisé que la majorité absolue du conseil a voté pour l’adoption d’un avenant qui prévoit de doubler le budget des barrages.

« La première convention qui concerne les barrages contenait seulement une estimation de 438 MDH pour la construction de 10 barrages, mais suite aux études chapeautées par l’Agence du bassin hydraulique et le ministère du Transport et de l’équipement, les coûts ont été revus à la hausse, atteignant 800 MDH. Deux barrages de la région ont pris la part du lion à cause de la difficulté technique de leur construction. Il s’agit des barrages Bounjim et Tarourast ».

La santé dans la région en question

« Le domaine de la santé ne fait pas partie des compétences du conseil de la région, sauf que les carences observées ont obligé le conseil à prendre des mesures pour développer ce secteur social, notamment à travers la signature de conventions de contractualisation et de conventions pour augmenter le nombre de caravanes médicales », a-t-elle expliqué.

Mbarka Bouaida a également cité les efforts supplémentaires entrepris pour améliorer les infrastructures de santé. « Nous avons signé un contrat cadre de 443 MDH pour la construction d’un hôpital provincial à Lakhssas, et une convention pour remédier aux carences dans d’autres  hôpitaux, comme celui de Mirleft et El Ouatia ».

Protection des oasis : les initiatives de la région Guelmim-Oued Noun

Dans la région Guelmim-Oued Noun, les oasis qui abritent les palmiers dattiers produisent 4.250 tonnes de dattes chaque année. « En ce qui concerne la protection des oasis, nous avons signé une convention de 127 MDH qui couvrira toutes les oasis de la région, notamment les oasis d’Asrir et Tighmert », a-t-elle déclaré.

Cette initiative vise à préserver les écosystèmes fragiles des oasis et à soutenir les communautés locales qui en dépendent. Mbarka Bouaida a souligné l’importance de ces efforts pour la durabilité environnementale et le développement économique de la région. « La protection des oasis est essentielle pour maintenir l’équilibre écologique et soutenir les moyens de subsistance des habitants ».

La convention signée prévoit des mesures spécifiques pour la gestion de l’eau, la lutte contre la désertification et la promotion de pratiques agricoles durables. En investissant dans la protection des oasis, la région espère renforcer la résilience des communautés locales face aux défis climatiques et environnementaux.

Mbarka Bouaida a réitéré l’engagement du conseil de la région à continuer de travailler en étroite collaboration avec les partenaires nationaux et internationaux pour assurer la réussite de ces initiatives. « Nous sommes déterminés à protéger notre patrimoine naturel et à promouvoir un développement durable pour le bien-être de tous les habitants de la région ».

Autre objectif, améliorer l’éducation dans la région

Mbarka Bouaida a souligné une initiative majeure visant à renforcer le secteur éducatif dans la région. « Nous avons signé une convention avec le ministère de l’Éducation nationale qui dépasse 600 MDH, dont le but est de remédier aux manques de personnel du corps enseignant et d’améliorer la qualité de l’éducation dispensée dans la région ».

La responsable a souligné l’importance de cette convention pour combler les lacunes actuelles en matière de personnel éducatif et améliorer les conditions d’apprentissage pour les élèves. « Cette initiative est essentielle pour assurer un enseignement de qualité et offrir de meilleures opportunités aux jeunes de notre région ».

La convention prévoit également des investissements dans la formation des enseignants, l’amélioration des infrastructures scolaires et l’acquisition de matériel pédagogique moderne. Ces mesures visent à créer un environnement d’apprentissage plus propice et à garantir que tous les élèves de la région aient accès à une éducation de qualité.

Selon Mbarka Bouaida, cette initiative représente un pas significatif vers la réduction des disparités éducatives et le renforcement du système éducatif régional. « Nous sommes déterminés à travailler en partenariat avec le ministère de l’Éducation nationale pour assurer la réussite de ce projet ambitieux et offrir un avenir meilleur à nos enfants ».

Les initiatives sociales et économiques de la région Guelmim-Oued Noun

Urbanisée à 65%, la population de la région fait la synthèse entre les cultures arabe, hassanie et amazighe pour constituer une mixité culturelle unique au Maroc, incarnée notamment dans un format d’entrepreneuriat fortement enraciné dans le commerce et particulièrement enclin aux formes coopératives et solidaires.

« Concernant le secteur social, nous avons subventionné les maisons d’étudiants et aidé les TPE à travers l’Association Guelmim-Oued Noun Moubadara, qui a accordé plus de 80 prêts d’honneur aux jeunes de la région »,  a déclaré Mbarka Bouaida

Pour renforcer le tissu économique local, Mbarka Bouaida a annoncé la signature d’une convention avec le ministre de l’Industrie, d’un montant de 300 MDH. « Cette convention prévoit la mise en place d’une zone d’activités économiques à Guelmim, Assa et Sidi Ifni. Pour attirer les investisseurs, nous devons fournir le foncier, la main-d’œuvre et les compétences », a-t-elle expliqué.

La région sollicite l’aide du ministère de l’Enseignement supérieur dans la réalisation de ces objectifs. « À côté de la Cité des métiers et des compétences qui est en cours de réalisation, nous devons établir une Faculté de sciences économiques dans la région, une École supérieure de commerce et de gestion (ENCG), une École nationale des sciences appliquées (ENSA) », a précisé Mbarka Bouaida.

Revenant sur la justice territoriale, elle a insisté sur l’importance de permettre à toutes les provinces de progresser à un rythme uniforme. « La justice territoriale ne se limite pas seulement à fournir le même budget à chaque ville de la région, mais à permettre à toutes les provinces d’avancer au même rythme sur la voie du développement ».

Une nouvelle société de développement pour dynamiser le tourisme dans la région

La beauté des sites naturels de la région répond aux nouvelles attentes de l’écotourisme. Ainsi, la région entend privilégier un tourisme responsable, respectueux de la nature et de la culture locale. Plusieurs univers présentent de fortes potentialités, avec notamment la Plage blanche, l’embouchure de l’oued Derâa, la station thermale d’Abaynou, et un large territoire composé d’oasis et de dunes de sable.

Mbarka Bouaida a mis en avant les efforts entrepris pour valoriser le secteur touristique de la région. « Concernant le tourisme, la région a des atouts très importants qu’on doit mettre en valeur, c’est pourquoi nous avons dernièrement créé la Société de développement régional (SDR) du tourisme pour stimuler ce secteur ».

Mbarka Bouaida a souligné l’importance de cette initiative pour exploiter pleinement le potentiel touristique de la région. La création de la SDR du tourisme vise à promouvoir les richesses naturelles, culturelles et historiques de Guelmim-Oued Noun, tout en attirant davantage de visiteurs et d’investissements dans ce secteur clé.

Cette nouvelle entité travaillera à la mise en œuvre de stratégies de développement touristique, à la création d’infrastructures adéquates et à l’organisation d’événements destinés à attirer les touristes. En renforçant la visibilité de la région et en améliorant l’accueil des visiteurs, le conseil espère dynamiser l’économie locale et créer de nouvelles opportunités pour les habitants.

« Les budgets des régions doivent augmenter »

Mbarka Bouaida a plaidé pour une augmentation des budgets alloués aux régions afin de mieux soutenir leurs projets de développement. « Nous souhaitons aujourd’hui une augmentation des budgets des régions, car elles sont beaucoup plus impliquées dans les projets de développement des régions ».

La responsable a souligné les progrès réalisés dans le cadre du programme de réduction des disparités sociales, affirmant qu’ »environ 97% du programme a été réalisé dans la région ». Elle a ajouté que ces efforts deviendront plus tangibles avec l’augmentation de l’attractivité économique de la région et la création d’emplois.

« Je crois que, malgré les difficultés et parfois un sentiment d’injustice des populations de la région, la voie est aujourd’hui claire », a-t-elle affirmé, mettant en avant les efforts considérables fournis par le conseil, notamment en garantissant les financements et en responsabilisant toutes les parties prenantes.

Réunion à Rabat pour évaluer le bilan de la régionalisation avancée

Cette réunion qui s’est déroulée en présence des représentants des départements ministériels signataires du cadre d’orientation relatif à la mise en œuvre des compétences des régions, outre les présidents des régions et les walis, a été l’occasion de mettre l’accent sur l’importance de la convergence entre l’action du gouvernement et les régions et de la coordination entre les différents intervenants pour la promotion du développement intégré dans le Royaume.

Dans une déclaration à la presse, la présidente de l’Association des régions du Maroc (ARM) a souligné que cette réunion constituait une occasion pour évaluer le bilan de la régionalisation avancée en tant que « chantier royal stratégique d’une importance majeure » ayant enregistré « un succès avéré à tous les égards ».

Mbarka Bouaida a rappelé que la première phase de la mise en œuvre de ce chantier royal a porté sur l’opérationnalisation des décrets et lois, tandis que le mandat actuel, qui court depuis fin 2021, se focalise sur la mise œuvre effective des projets de la régionalisation sur le terrain.

Dans le même sens, la présidente de l’ARM a indiqué qu’une nouvelle approche a été adoptée depuis le début de cette période, avec la participation de plusieurs départements ministériels en vue d’une structuration des secteurs sur le plan territorial.

Et d’ajouter que cette réunion a permis de discuter également de l’ordre du jour pour les mois et années à venir, dans « un souci d’améliorer les performances et d’accélérer la cadence de la concrétisation sur le terrain des projets au niveau des régions, notamment en termes de ressources matérielles et humaines, ainsi que sur le plan de contractualisation entre l’Etat et les régions, outre la préparation des 2es Assises nationales de la régionalisation avancée, prévues fin de l’année en cours ».

(Avec MAP)

AA2023. L’essentiel de la 5e journée des Assemblées annuelles

La 5e journée sur le site de Bab Ighli a démarré par la plénière des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, à laquelle ont bien évidemment pris part, respectivement, la directrice générale du FMI et le président de la Banque mondiale.

Dans le cadre de sa couverture en continu des assemblées annuelles, Médias24 s’est entretenu avec de hauts responsables marocains. Il s’agit de Mbarka Bouaida, présidente de la région Guelmim-Oued Noun (à partir de 1:36:00) ; Habiba Laklalech, directrice générale de l’Office national des aéroports (à partir de 2:09:44) ; Fouzi Lekjaa, ministre délégué chargé du Budget et président de la Fédération royale marocaine de football (à partir de 2:42:42.) ; et Karim El Aynaoui, président exécutif du Policy Center for the New South (à partir de 6:36:15).

Des mesures à prendre “sans regret”

Lors de la séance plénière des AA2023, Kristalina Georgieva a annoncé les mesures « à prendre sans regret » face à la situation mondiale actuelle, soulignant qu’il est essentiel de réduire l’écart de revenu entre l’Afrique et les pays les plus avancés et de générer une croissance créatrice d’emplois.

Ajay Banga, président de la Banque mondiale, a quant à lui évoqué les quatre domaines de focus choisis par son institution pour faire face à l’urgence climatique, dévoilant son ambition de lever 4 milliards de dollars pour le Crisis Response Window Plus.

“Les investissements post-séisme n’auront aucun impact sur le PLF 2024”

Fouzi Lekjaa, ministre délégué chargé du Budget et président de la FRMF, a accordé une interview exclusive à Médias24, dans laquelle il évoque la position privilégiée du Maroc à l’international à la suite des AA2023, et le financement du plan d’investissement de 120 MMDH sur cinq ans après le séisme d’Al Haouz.

Le ministre est revenu sur le positionnement renforcé du Maroc à l’international, et sur la forte visibilité dont bénéficie le pays après les récentes annonces d’organisation de la CAN, de la Coupe du Monde ainsi que des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale.
Il a également rappelé les trois sources de financement qui permettront de déployer les 120 MMDH sur cinq ans, annoncés dans le cadre du programme royal.

Trafic aérien : un record historique attendu d’ici fin 2023

Médias24 a aussi reçu sur son plateau, à Bab Ighli, Habiba Laklalech, directrice générale de l’ONDA.

Lors de notre entretien, Habiba Laklalech a abordé la vision stratégique de l’ONDA, le modèle de gestion des aéroports, les projets d’extension et de construction de nouvelles infrastructures aéroportuaires.

“L’ONDA se porte très bien maintenant avec la reprise du trafic, après les deux années de Covid (…). À fin septembre, le niveau de trafic aérien a dépassé celui d’avant-Covid et on s’attend à ce que, d’ici la fin de l’année, on enregistre un véritable record historique.”

Région Guelmim-Oued Noun : un accord de financement dans le pipe avec la BERD (130 MDH)

Médias24 s’est également entretenu avec la présidente de l’Association des régions du Maroc et du conseil régional de Guelmim Oued-Noun. Mbarka Bouaida a apporté un éclairage sur plusieurs aspects en lien avec la région qu’elle préside, notamment les projets susceptibles d’être financés grâce au partenariats public-privé (PPP) et le développement du secteur des énergies renouvelables.

“Il est utile de préciser que la région Guelmim-Oued Noun s’est ouverte aux institutions financières internationales afin de financer des projets, mais aussi pour bénéficier de l’assistance technique de celles-ci, ainsi que du partage de savoir-faire avec d’autres régions du monde.”

Mbarka Bouaida précise que “la région a signé avec la SFI un accord de financement de 40 millions de dollars pour la réalisation de projets de mise à niveau urbaine et portuaire. Nous avons également dans le pipe la signature d’un accord de financement de 130 MDH avec la BERD, pour la réalisation de projets d’assainissement et d’approvisionnement en eau potable.” 

Médias24 s’est entretenu avec Karim El Aynaoui, président exécutif du PCNS. À la question de savoir comment les hauts organismes financiers globaux gèrent le fait d’être “bousculés” par ce “nouveau Sud”, Karim El Aynaoui a expliqué que, si cela “se ressent” davantage aujourd’hui, il s’agit “des caisses de résonance des rapports et des tensions géopolitiques globales qui existent depuis les années 1990 (…) Ces conséquences ont mis trente ans à vraiment se faire sentir dans l’ordre international, avec la montée en puissance de la Chine”.

Débat sur l’économie mondiale

En deuxième partie de journée, un débat sur l’économie mondiale s’est tenu avec la participation de Gita Gopitah, première directrice générale adjointe du FMI, Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne (BCE) et Ngozi Okonjo-Iweala, directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

“Aujourd’hui, nous assistons à une croissance mondiale faible du fait de l’inflation. Cette croissance à moyen terme risque également d’être faible, autour de 3%”, a indiqué Gita Gopitah, qui n’a pas manqué de rappeler le niveau record des dettes de plusieurs pays et le fardeau des services de la dette pour les finances publiques de ceux-ci.

Christine Lagarde, qui a rappelé l’objectif et le mandat de la BCE consistant à ramener le taux d’inflation à 2%, a souligné la nécessité d’investir dans l’économie numérique et l’économie verte, afin d’insuffler un nouveau souffle à la croissance mondiale, pénalisée également par les fragmentations géo-économiques et les velléités protectionnistes.

“Nous avons recensé près de 3.000 mesures de restriction au commerce en 2022”, a révélé Gita Gopitah. Toujours sur le registre des obstacles à l’essor du commerce international, Ngozi Okonjo-Iweala a déclaré en substance : “Pour certains, nous assistons à la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement, mais les problèmes découlent aussi de la sur-concentration des chaînes d’approvisionnement dans certaines zones géographiques. D’où la nécessité de remédier à cela.”

Par ailleurs, il convient de mentionner que le continent africain s’est invité dans les discussions du panel consacré à l’économie mondiale. “L’Afrique ne représente que 3% du commerce mondial. Sachant que ce chiffre a baissé durant le Covid-19”, a indiqué la patronne de l’OMC. Elle reste tout de même optimiste pour le continent qui, selon elle, doit tirer profit de sa jeunesse, augmenter la valeur ajoutée des produits échangés et lever les barrières au commerce.

Les bailleurs de fonds sont intéressés par les projets régionaux et inspirés par la belle expérience marocaine (Bouaida)

La recherche et l’accès au financement sont deux volets importants pour les régions qui travaillent déjà directement avec les institutions financières internationales. Certaines régions du Maroc collaborent avec la Société financière internationale (membre du groupe de la Banque mondiale) et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD). Au cours de cet entretien, Mbarka Bouaida, présidente de l’Association des régions du Maroc (ARM) et du conseil régional de Guelmim-Oued Noun, apporte un éclairage sur plusieurs aspects en lien avec la région qu’elle préside, notamment les projets susceptibles d’être financés grâce au PPP et le développement du secteur des énergies renouvelables.

Médias24 : Quel bilan pouvez-vous dresser au terme du quatrième jour des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale ?

Mbarka Bouaida : Les deux institutions de Bretton Woods ont pris la bonne décision de maintenir les assemblées annuelles à Marrakech. Nous sommes au quatrième jour de cet évènement international et de l’avis général, le Maroc a en réussi l’organisation. Les débats sont intenses et pertinents.

A cela s’ajoute une convergence d’ensemble sur la nécessité d’aller vers des solutions unifiées, adaptées et communes afin de juguler des problématiques communes, notamment le changement climatique et ses conséquences. Les assemblées annuelles représentent également une tribune pour les acteurs marocains afin de mieux expliquer à la communauté financière internationale les réalisations et les ambitions du Royaume ainsi que la vision stratégique de SM le Roi Mohammed VI.

– Quelles peuvent être les retombées de ce genre d’événement planétaire pour les 12 régions du Royaume que vous représentez en tant que présidente de l’Association des régions du Maroc ?

– Il faut savoir qu’historiquement, le Maroc entretient de bonnes relations avec les institutions financières internationales, notamment le FMI et la Banque mondiale. Aujourd’hui, notre pays évolue sur plusieurs chantiers dont celui de la décentralisation, portée par le projet de la régionalisation avancée qui suppose que les régions deviennent maîtres de leur développement économique et social.

Depuis 2015, les lois marocaines ont accordé aux conseils régionaux davantage de compétences propres en matière de développement socioéconomique. Un transfert de pouvoir s’est opéré de l’administration centrale vers les régions. On assiste également au renforcement du rôle de l’élite politique dans les régions. Celle-ci a davantage de responsabilités, ce qui est de bon augure pour l’accompagnement des transformations majeures à l’échelle régionale.

La recherche et l’accès au financement sont deux volets cruciaux pour les régions qui travaillent déjà directement avec les institutions financières internationales.

Concrètement au Maroc, certaines régions, autorisées par la loi, travaillent avec la Société financière internationale (membre du groupe de la Banque mondiale) et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD). La région Guelmim-Oued Noun s’est ouverte aux institutions financières internationales afin de financer des projets et de bénéficier de l’assistance technique de celles-ci et du partage de savoir-faire avec d’autres régions du monde. La région a signé avec la SFI un accord de financement de 40 millions de dollars pour la réalisation de projets de mise à niveau urbaine et portuaire. Nous avons également dans le pipe la signature d’un accord de financement de 130 MDH avec la BERD pour la réalisation de projets d’assainissement et d’approvisionnement en eau potable. 

– La région Tanger-Tétouan Al Hoceima s’est récemment dotée d’un fonds pour le développement et l’investissement. Est-ce que ce genre de véhicule financier est intéressant et nécessaire pour le développement régional ?

– La loi organique relative à la régionalisation avancée permet aux conseils régionaux de se doter de fonds pour le développement et l’investissement. L’intérêt de ce genre de fonds réside dans le fait d’encourager et d’accompagner l’investissement privé au niveau régional. Cette belle initiative dont vous faites mention, qui en réalité relève des compétences de la région, est une action nécessaire pour accompagner l’essor du tissu économique de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima.

La région de Casablanca-Settat est intéressée par ce genre de fonds. La création d’un fonds visant la promotion du développement et de l’investissement est prévue par le Plan de développement régional de la région Guelmim-Oued Noun. En définitive, ce type de véhicule financier permet au tissu économique local de se développer via le financement et l’appui technique, tout en invitant d’autres investisseurs à s’implanter au niveau régional et créer ainsi plus d’emplois régionaux.   

– Les institutions internationales sont d’importants bailleurs de fonds et financeurs pour les régions. Y a-t-il eu des discussions lors de ces Assemblées, notamment de financements globaux ou spécifiques à des régions ?

– La présence des régions du Maroc aux assemblées annuelles est importante. D’ailleurs, en marge de l’évènement international, une rencontre réunissant le ministre de l’Investissement, Mohcine Jazouli, les présidents des 12 régions du Maroc et les bailleurs de fonds, a été organisée. L’objectif de cette réunion était, entre autres, d’expliquer aux bailleurs de fonds la régionalisation avancée et de permettre aux présidents de région de s’exprimer sur les réalisations et les projets de leur région, tout en indiquant leur choix en matière de financement de projets locaux.

Il ressort des échanges que les bailleurs de fonds sont intéressés par les projets et inspirés par la belle expérience marocaine. 

– En mai 2023, vous suggériez au cours d’une discussion avec Médias24 que le PPP est un outil incontournable pour la réalisation des infrastructures structurantes à l’échelle régionale. Où en est la région Guelmim-Oued Noun en la matière ?

– Tout d’abord, je tiens à préciser que la région a voté son PDR en juillet 2023 et il a été visé récemment début septembre 2023 par le ministère de l’Intérieur. Le PDR constitue la feuille de route du travail du conseil régional. Ce PDR comporte certains projets devant être financés par le partenariat public-privé (PPP).

Pour ce mode de financement, nous avons dans le pipe le projet de la réalisation de la station de dessalement de Chbika (Tan-Tan) qui devrait être financé grâce au PPP. Ce projet a été présenté devant la commission PPP du ministère de l’Economie et des finances, laquelle a donné son approbation. D’autres projets en lien avec les infrastructures portuaires, les énergies renouvelables et le dessalement de l’eau de mer peuvent être financés à l’avenir grâce au PPP au niveau de la région.

– S’appuyant sur un potentiel avéré en termes d’énergies renouvelables, la région Guelmim-Oued Noun ambitionne de devenir une capitale internationale de l’hydrogène vert. Aujourd’hui, où en êtes-vous pour l’atteinte de cet objectif très ambitieux ? 

– Il est vrai que l’ambition de la région est de devenir une capitale internationale des énergies renouvelables, notamment celle de l’hydrogène vert. Pour ce faire, la région est à l’écoute des différents investisseurs potentiels. Elle prépare également l’accueil des investisseurs en investissant dans le capital humain. Une série de conventions ont été signées avec le ministère de l’Enseignement supérieur.

Des efforts seront déployés pour la mise en place d’instituts dédiés aux énergies renouvelables. Concrètement, nous travaillons à ce que l’Institut des mines de la région se spécialise aussi dans les énergies renouvelables. Il en est de même pour l’Ecole nationale des sciences appliquées (ENSA), sachant que la Cité des métiers et des compétences de la région aura parmi ses filières les énergies renouvelables. L’autre chantier à même de faciliter l’atteinte de l’objectif précité est la réalisation des zones d’activité économique.

Le PDR de la région prévoit de surcroît la réalisation d’un cluster dénommé « GON H2 Valley » visant à regrouper tous les projets pilotes relatifs à l’hydrogène vert et aux énergies renouvelables. En d’autres termes, un espace est dédié aux investisseurs désirant mener des projets tests en la matière et susceptibles d’être déployés à grande échelle dans la région voire ailleurs.

Ceci dit, la véritable valeur ajoutée au niveau local se situe au niveau des créations d’emplois. Nous incitons les investisseurs à s’inscrire dans une dynamique d’économie intégrée en matière d’énergie renouvelable. Ce qui suppose le développement de l’amont et l’aval de la chaîne de valeur.

Mbarka Bouaida : « Le Plan de développement régional de Guelmim-Oued Noun en phase de validation »

La loi sur la régionalisation avancée impose aux douze régions du Royaume de se doter d’un Plan de développement régional (PDR), lequel permet de bâtir un plan stratégique sur cinq ans, tout en prévoyant un certain nombre de projets structurants. Cela permet de résorber le déficit en infrastructures à l’échelle régionale. Mbarka Bouaida, présidente de l’Association des régions du Maroc et du conseil de la région Guelmim-Oued Noun, était logiquement présente à la conférence annuelle organisée par CDG Invest, sur le thème : « Opportunités et perspectives des PPP au Maroc ».

Au cours d’un échange avec Médias24, Mbarka Bouaida nous apprend que le Plan de développement régional (PDR) de Guelmim-Oued Noun, en phase finale de validation, comprend plusieurs projets. « Nous réfléchissons afin de voir dans quelle mesure le secteur privé, dans le cadre de partenariats public-privé (PPP), peut être associé à la réalisation des projets en fonction de leur taille et des secteurs », révèle l’ex-ministre.

Notre interlocutrice n’a pas manqué de rappeler que la région Guelmim-Oued Noun, qui a suffisamment de ressources éoliennes et solaires, affiche un grand potentiel pour se positionner dans le secteur d’avenir de l’hydrogène vert. « La volonté politique d’ériger cette région du Sud en une capitale internationale de l’hydrogène vert existe, à l’image de ce qu’a fait le Maroc à Ouarzazate avec le projet Noor », confie la présidente de l’Association des régions du Maroc, laquelle parle d’un futur projet gigantesque d’hydrogène vert dans la région Guelmim-Oued Noun.

Le PPP, un outil incontournable

« Nous sommes conscients du fait qu’au regard de la complexité des projets d’hydrogène vert, très capitalistes, le recourt au PPP sera inéluctable », assure notre interlocutrice, qui misera également sur le PPP afin de multiplier ses infrastructures structurantes avec l’expertise du secteur privé et sa capacité à structurer des projets bancables. Selon elle, le PDR devrait également offrir aux acteurs de l’hydrogène vert un environnement propice à l’essor de leur activité. Et ce, grâce notamment à la disponibilité de ressources humaines qualifiées et de zones d’activité économique adaptées, et à un projet intégré (création de valeur locale et d’emplois, transfert technologique, etc.).

« Il est question d’attirer l’ensemble des acteurs privés de toute la chaîne de valeur de l’hydrogène vert (de l’amont à l’aval de la production), sachant que le dessalement est une composante clé qui permettra de produire de l’eau potable pour les populations et de l’eau destinée à l’irrigation », explique la présidente de région.

En conclusion, Mbarka Bouaida, qui évoque l’attractivité croissante des régions du Sud pour les investisseurs, a cité les trois principaux atouts de la région qu’elle préside. Il s’agit de la proximité avec Agadir et Casablanca, la disponibilité des infrastructures de mobilité (deux aéroports et deux ports) et l’enveloppe de 11 MMDH d’investissements pour les cinq prochaines années. « Avec l’ouverture de la voie express, la région Guelmim-Oued Noun, située à 55 minutes de Casablanca par vol direct, sera à moins de deux heures de trajet en voiture avec Agadir », assure Mbarka Bouaida.