Publication au BO de trois décrets actant des mesures de valorisation des professionnels de santé

Ces textes s’inscrivent dans la continuité des orientations du programme gouvernemental 2021-2026, qui met l’accent sur la promotion et la valorisation du capital humain national. Ils interviennent également et en exécution des dispositions de l’accord signé le 23 juillet 2024 entre le ministère de la Santé et les organisations syndicales représentatives du secteur.

Il s’agit du :

– Décret 2.25.1065 modifiant et complétant le décret n° 2.17.535, relatif au statut particulier du corps des infirmiers et des techniciens de santé interministériels, promulgué le 28 septembre 2017.

Ce texte introduit plusieurs avancées structurantes, notamment la création du « cadre supérieur de santé » au sein des corps des infirmiers et techniciens de santé. Il définit les missions associées à ce nouveau cadre, les grades qui le composent, ainsi que les conditions de recrutement et de nomination.

Ce décret ouvre également la voie à l’intégration, sur demande, des infirmiers diplômés d’Etat classés au grade excellent ou au grade exceptionnel, remplissant les conditions requises, au sein de ce nouveau cadre. Il prévoit par ailleurs l’octroi d’une bonification aux infirmiers diplômés d’Etat classés au deuxième grade, d’une durée variable, d’un ou de trois ans selon les cas, en fonction de leur dernière situation administrative.

– Décret 2.25.1066 qui complète le décret n° 2.06.620, promulgué le 13 avril 2007, relatif au statut particulier du corps des infirmiers du ministère de la Santé.

Ce texte vise à améliorer la situation statutaire de certaines catégories de professionnels de santé.

Il prévoit notamment l’octroi aux infirmiers assistants et aux aides-soignants titulaires du certificat d’études préparatoires d’une bonification de cinq ans, appliquée sur la base de leur dernière situation administrative. Les effets de cette ancienneté prendront effet à compter du 1ᵉʳ janvier 2025. Cette bonification sera prise en considération pour la promotion en échelon et en grade.

– Décret 2.25.1067 modifiant le décret n° 2.06.623, publié le 13 avril 2007, relatif aux indemnités de garde, de service obligatoire et de permanence effectuées dans les établissements de santé relevant du ministère de la Santé et dans les centres hospitaliers universitaires (CHU).

Ce texte vise à renforcer l’efficacité des systèmes de garde, dans un contexte marqué par la réorganisation du système de santé et la mise en œuvre des groupements sanitaires territoriaux.

Il prévoit notamment le relèvement du nombre des agents chargés de la garde, dans la limite d’un agent, et jusqu’à quatre en cas de nécessité, afin d’améliorer la qualité des services rendus aux citoyens.

Le texte étend également l’application de ces dispositions aux professionnels de santé exerçant au sein des GST, ainsi qu’aux enseignants-chercheurs en médecine et aux médecins résidents affectés aux établissements qui en relèvent, à compter du démarrage effectif de chaque groupement.

Enfin, il prévoit le remplacement du directeur du CHU par le directeur général du GST dans l’exercice des missions prévues par le décret 2.06.623.

Lire aussi : 

https://medias24.com/2025/12/23/amelioration-des-conditions-de-travail-des-professionnels-de-sante-4-decrets-adoptes-4-autres-en-cours-delaboration-1601413/

Santé : la coordination syndicale suspend son programme de lutte après des engagements du ministère

A la suite d’une réunion tenue le 21 janvier dernier avec le ministre de la Santé, la coordination syndicale du secteur de la santé annonce le report de son programme de lutte afin de laisser au ministère le temps nécessaire à la mise en œuvre de l’ensemble des engagements qu’il a prix.

Cette réunion s’est tenue sur invitation du ministère. La coordination y a exposé les raisons de la tension que connaît le secteur de la santé ainsi que les motifs ayant conduit à l’élaboration du programme de lutte. Ces tensions sont principalement liées à la mise en œuvre incomplète des dispositions de l’accord du 23 juillet 2024 entre le gouvernement et la coordination syndicale, ainsi qu’à la situation du Groupement sanitaire territorial (GST) de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, et aux inquiétudes qu’elle suscite quant à son évolution, tant en ce qui concerne la qualité des services de santé offerts aux citoyens de la région qu’en ce qui concerne la préservation des droits et acquis des fonctionnaires de la santé qui y exercent.

Dans ce cadre, la coordination syndicale nationale a appelé à la tenue d’une réunion conjointe avec le directeur du GST de Tanger, ainsi qu’avec les directeurs des deux agences concernées (du médicament et du sang), et à l’accélération de la publication de leurs statuts fondamentaux.

Après les explications fournies par le ministre et les données communiquées sur les actions entreprises par le ministère, et à l’issue d’un débat approfondi sur l’ensemble des questions soulevées, il a été convenu de ce qui suit :

À la suite de cette réunion et des conclusions qui en ont découlé, la coordination syndicale a tenu une réunion au cours de laquelle il a été décidé de reporter le programme de lutte, afin de donner une chance à la concrétisation effective de ces engagements.

HPV : face à la faible adhésion, la stratégie vaccinale sera révisée

Lancée le 12 octobre 2022 au Maroc, la vaccination contre le HPV visait une couverture de 50% de la population cible durant la première année. Plus de trois ans après son démarrage, cet objectif n’a toujours pas été atteint.

Une réunion nationale pour réviser la stratégie de vaccination

Contactée par Médias24, une source au sein du ministère de la Santé nous confirme que le taux de vaccination reste très faible à ce jour, illustrant l’échec de l’opération. 

Pour remédier à cette situation, le ministère prépare une réunion nationale prévue pour la première semaine de février, afin de discuter des raisons de cet échec, et d’en tirer les leçons pour revoir en profondeur la stratégie nationale de vaccination. 

Cette réunion connaîtra la participation de sociétés savantes, notamment en pédiatrie, en immunologie et en oncologie, des praticiens de terrain, des membres du comité technique de vaccination ainsi que des partenaires institutionnels. L’objectif est d’identifier clairement les facteurs de blocage et de proposer des ajustements concrets, qui devront d’abord être validés par le comité technique de vaccination, puis par le ministère de la Santé, avant leur lancement éventuel sur le terrain.

Le passage à une dose unique n’a pas amélioré l’adhésion à la vaccination contre le HPV

Le vaccin contre le HPV a été inclus dans le calendrier vaccinal national en octobre 2022, à la suite de plusieurs appels d’associations nationales et régionales et des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). 

Au Maroc, plus de 2.200 femmes se voient diagnostiquer un cancer du col de l’utérus chaque année, et plus de 1.000 décès sont enregistrés. C’est d’ailleurs le deuxième cancer féminin dans le Royaume ; qui affiche l’un des taux les plus élevés du monde arabe. La vaccination contre le HPV permet de réduire ce risque de 92%. 

Notre source au ministère de la Santé revient pour Médias24 sur les étapes de cette inclusion. « La réflexion des autorités sanitaires pour l’introduction de ce vaccin a démarré en 2010. Le sujet avait été discuté au sein du comité technique de vaccination. Mais à l’époque, le principal obstacle résidait dans le schéma vaccinal recommandé par l’OMS, qui comprenait trois doses, rendant le coût élevé et l’opportunité de lancement peu favorable ».

Depuis, les données scientifiques ont évolué. « L’OMS a révisé ses recommandations, passant d’un schéma de trois doses à deux doses, ce qui a relancé les discussions à ce sujet au Maroc ».

« Un travail préparatoire avait même été engagé par le ministère de tutelle juste avant la pandémie de Covid-19, avec l’élaboration d’un plan stratégique national de vaccination, et d’une étude d’acceptabilité. Lorsqu’on parle de stratégie, cela fait référence à la cible, au vaccin lui-même et au schéma vaccinal adopté. Malheureusement, cet élan a été stoppé par l’avènement de la crise sanitaire. Le projet a donc été de nouveau gelé ». 

« Ce n’est qu’en octobre 2022 que la vaccination contre le HPV a finalement été lancée et intégrée au calendrier national de vaccination, après validation du comité technique et du ministère de la Santé ». 

Entre-temps, l’OMS avait de nouveau mis à jour les données scientifiques concernant ce vaccin, lesquelles ont montré qu’une seule dose pouvait offrir une protection suffisante contre le papillomavirus humain. Le Maroc a donc adopté un schéma simplifié, remplaçant le protocole initial de deux doses espacées de six mois, avec l’espoir d’améliorer l’adhésion et de réduire les coûts. 

Mais malgré tous ces ajustements, les résultats sur le terrain sont restés en deçà des objectifs fixés.

Pourquoi la vaccination contre le HPV peine à convaincre

D’après notre source, plusieurs facteurs peuvent expliquer ce démarrage difficile. Le plus important est l’impact résiduel de la pandémie du Covid-19. « Cette crise a profondément affecté la perception des vaccins dans l’opinion publique », nous explique-t-on.

Ensuite, il s’agit d’un nouveau vaccin, introduit dans un contexte marqué par une forte hésitation vaccinale, malgré les efforts de sensibilisation, de formation et de supervision des professionnels de santé.

À tout ceci s’ajoute la particularité de ce vaccin. Il cible une tranche d’âge inhabituelle dans les programmes vaccinaux nationaux. « Au Maroc, ce sont les filles âgées de 11 ans qui sont ciblées par ce vaccin, scolarisées ou non. La vaccination se fait au niveau des structures de santé, mais l’école est utilisée comme espace de promotion et de contact avec les parents », explique notre interlocuteur au ministère.

« Le fait que la vaccination contre le HPV intervienne à un âge où l’on n’a généralement plus l’habitude de vacciner rend l’adhésion des parents difficile. La vaccination est souvent perçue comme étant une affaire de pédiatrie, qui relève exclusivement de la petite enfance », a-t-il souligné.

« D’autre part, le HPV est associé à une infection sexuellement transmissible, ce qui complique l’opération, surtout auprès des familles pour des raisons culturelles et religieuses. L’idée de vacciner une enfant contre un virus lié à un futur risque de cancer du col de l’utérus susceptible d’apparaître à 35 ou 40 ans est difficile à accepter par certains parents ».

« Certains estiment que leurs filles sont ‘bien éduquées’ et n’en ont donc pas besoin, tandis que d’autres ont peur que ce vaccin encourage des comportements précoces ». 

Communication, ciblage et timing : l’heure du bilan

Il faut dire que le Maroc n’est pas un cas isolé. La vaccination contre le HPV suscite les débats et les ajustements partout dans le monde, selon notre interlocuteur au ministère. « Aucun pays n’a atteint des taux de couverture élevés dès la première année ».

« À titre d’exemple, la France, qui avait d’abord limité la vaccination aux filles, l’a progressivement étendue aux garçons. Le dispositif a par ailleurs été déplacé des centres de santé vers les écoles ».

« De son côté, le Japon a été même contraint de suspendre temporairement la vaccination, après des rumeurs sur la sécurité des vaccins ».

Au Maroc, les autorités reconnaissent aujourd’hui la nécessité d’un exercice collectif pour comprendre les raisons qui ont mené à cet échec. La réunion prévue début février aura pour but de répondre à plusieurs questions ayant trait notamment à la communication initiale : était-elle insuffisante ou mal ciblée ? Son timing n’était-il pas bon ?…

« La question devra être débattue avec franchise pour pouvoir réviser la stratégie nationale de vaccination. Les conclusions de cette réunion devraient déboucher sur des propositions concrètes, soumises au Comité technique de vaccination et validées par le ministère ».

« C’est une vaccination tout à fait particulière qui nécessite beaucoup de mobilisation de la part de toutes les parties prenantes, notamment les médecins, les infirmiers, le médecin de la famille… », conclut notre interlocuteur.

Exclusif. Ce que prévoit le nouveau projet de décret portant réforme des prix des médicaments

Médias24 suit ce projet de décret depuis l’annonce de son élaboration par le ministre de la Santé devant le Parlement. Après une première version transmise aux professionnels de santé concernés, le texte a fait l’objet de plusieurs ajustements à l’issue de discussions approfondies. Pharmaciens, laboratoires et industriels ont chacun proposé des amendements. Certains ont été retenus, contrairement à d’autres.

Le texte a par la suite été transmis au Conseil de la concurrence, qui doit désormais donner un avis consultatif, sauf en cas de détection de problématiques majeures susceptibles d’affecter la concurrence.

Consulté par Médias24, nous vous dévoilons dans cet article les principales dispositions de la version finale de ce projet de décret. Notons toutefois qu’il ne s’agit pas de la version définitive. Le texte peut encore faire l’objet de nouvelles modifications tout au long de son circuit d’adoption.

La prochaine étape sera son examen en Conseil de gouvernement. Selon nos informations, des réunions avec les professionnels concernés par ce texte sont prévues par le Conseil de la concurrence vers la fin du mois courant.

Des articles modifiés, et d’autres abrogés et remplacés

Ce nouveau projet de décret vient modifier et compléter le décret 2.13.852 relatif aux conditions et aux modalités de fixation du prix public de vente (PPV) des médicaments fabriqués localement ou importés, promulgué en décembre 2013 en application de certaines dispositions de la loi 17.04, portant Code du médicament et de la pharmacie.

Dans ce nouveau texte :

– Les dispositions des articles 1, 2, 3 (3e alinéa) et 4  du décret 2.13.852, encore en vigueur, seront modifiées ou complétées ;

– Les dispositions des articles 5, 7, 8, 10, 11, 13, 14, 15, 18, 19, 20, 21 et 22 seront pour leur part abrogées et remplacées par d’autres.

Le PPV fixé sur la base de deux éléments, la TVA n’entre plus dans le calcul

Le nouveau texte étend le champ d’application du dispositif de fixation des prix. Désormais, les médicaments princeps, génériques et biosimilaires, qu’ils soient fabriqués localement ou importés et disposant d’une autorisation spécifique, verront également leurs prix fixés conformément au nouveau décret, dès son entrée en vigueur. Jusqu’à présent, cette procédure ne concernait que les médicaments titulaires d’une autorisation de mise sur le marché (AMM).

Le projet introduit également la notion de médicaments à fort enjeu budgétaire, avec un seuil défini par voie réglementaire. Pour ces produits, des remises négociées avec les établissements pharmaceutiques pourront être conclues, selon une procédure spécifique définie également par voie réglementaire.

L’autre nouveauté apportée par ce décret est relative à la fixation du prix public de vente (PPV), qui reposera à présent sur deux éléments principaux :

Le prix fabricant hors taxe (PFHT), retenu sur la base du prix le plus bas pratiqué dans les pays de référence (Arabie Saoudite, Belgique, Espagne, France, Portugal, Turquie) et le pays d’origine, converti en dirhams ;

– Et les marges de distribution revenant à l’établissement pharmaceutique grossiste répartiteur et au pharmacien d’officine.

La TVA n’entrera donc plus dans le calcul du PPV, sauf modifications lors du circuit d’adoption du présent décret.

Prise en compte de la présentation et du dosage dans la détermination du prix fabricant

En ce qui concerne la fixation du prix du PFHT, elle prendra désormais en considération également la présentation pharmaceutique et le dosage. Comme mentionné ci-haut, le PFHT est égal au prix le plus bas pratiqué dans les pays de référence et le pays d’origine.

Toutefois, selon les nouvelles dispositions du présent texte, dans le cas d’une présentation pharmaceutique différente, si le médicament concerné est disponible dans un des pays de référence ou dans le pays d’origine, son prix est fixé en appliquant un tableau de « multiples de présentation », qui tient compte de sa forme galénique (comprimés, gélules, sachets, ampoules, sirops, suppositoire, pommades, crèmes, formes injectables…).

Ce tableau encadre la fixation des prix des médicaments commercialisés en présentations multiples, en imposant des réductions progressives du prix public à mesure que le nombre d’unités par boîte augmente, avec des taux variables selon la forme pharmaceutique. Le PFHT est donc adapté au nombre d’unités, au dosage…

La même logique sera adaptée en cas de dosage différent. Si le médicament concerné est disponible uniquement dans le pays d’origine, son PFHT est fixé en appliquant un tableau de « multiples de dosage », qui prend notamment en considération sa forme pharmaceutique. Toutefois, si le médicament est disponible dans au moins un pays de référence, le PFHT retenu reste le plus bas converti en dirham.

La majoration de 10% appliquée auparavant aux médicaments importés supprimée

Les marges revenant à l’établissement pharmaceutique grossiste répartiteur et au pharmacien d’officine applicables aux PFHT des médicaments fabriqués localement et importés seront pour leur part harmonisées. Elles seront identiques.

La majoration de 10% appliquée auparavant aux médicaments importés couvrant les marges importateurs, les frais d’approche et les droits de douane a été supprimée.

Ces marges seront définies en fonction des tranches habituelles du PFHT, comme suit :

Les prix des médicaments génériques et biosimilaires fixés selon une logique en escalier

Dans le détail, le prix des médicaments génériques, qu’ils soient fabriqués localement ou importés, sera désormais fixé selon une logique en escalier par l’application de taux de réduction fixes déterminés en fonction de deux critères : le rang d’introduction (1er, 2e, 3e…) et la tranche de PFHT du médicament princeps, comme le montre le tableau ci-dessous :

Le classement des médicaments génériques dans la grille tarifaire dépend de leur statut de fabrication (importé ou fabriqué localement) :

– Si un médicament fabriqué localement est le premier à occuper un palier, tout générique introduit par la suite (importé ou local) est positionné dans le palier suivant ;

– Si un médicament importé est le premier à occuper un palier, un médicament fabriqué localement est positionné au même palier. Tout générique introduit ultérieurement est affecté au palier suivant.

Chaque palier peut ainsi accueillir, au maximum, un médicament importé et un médicament fabriqué localement. Cette méthode avait été rejetée par les industriels lors des négociations avec le ministère de la Santé, estimant qu’elle découragera la production locale.

Par ailleurs, pour les médicaments génériques dont le prix fabricant est inférieur ou égal à 300 DH, les taux de réduction définis par le tableau ci-dessus sont appliqués aux PFHT d’introduction du médicament princeps. C’est-à-dire que les réductions définies ci-haut seront appliquées directement.

Pour ce qui est des génériques dont le PFHT est supérieur à 300 DH :

– A l’introduction du princeps, une grille tarifaire est définie en appliquant les taux de réduction de son PFHT, avant l’entrée du générique sur le marché ;

– Tant qu’aucun générique n’est commercialisé, et que seul le princeps est vendu, le prix de ce dernier peut être révisé tous les trois ans. A chaque révision, si le PFHT baisse, seulement 50% de cette baisse (en pourcentage) sont appliqués uniformément à l’ensemble des paliers de la grille. A titre d’exemple, si le PFHT du princeps baisse de 10%, la grille des génériques baissera de 5% (50% de 10%), et cette baisse s’appliquera à tous les paliers (1er, 2e, 3e…) ;

Dès l’arrivée du premier générique, la grille tarifaire sera figée pour toutes les introductions ultérieures de génériques. Cela signifie que tous les génériques introduits par la suite devront se positionner selon cette grille, sans bénéficier d’éventuelles baisses ultérieures du princeps.

Notons toutefois que lorsqu’un médicament princeps n’est pas commercialisé au Maroc, le prix de tout générique est fixé sur la base de son PFHT théorique, et ne peut être revu pendant un délai de 2 ans, sauf si le PFHT dudit princeps devient inférieur au prix du générique. Dans ce cas, le prix du générique est aligné au PFHT du princeps. Cela signifie qu’aucun médicament générique ne peut être commercialisé à un PPV supérieur à celui de son princeps.

Cette même logique est appliquée également aux médicaments biosimilaires, dont les PFHT seront fixés selon une logique en escalier par l’application d’un taux de réduction fixe (tableau ci-dessous), déterminé en fonction de leur rang d’introduction.

Le décret note que les prix des génériques et des biosimilaires proposés par l’établissement pharmaceutique industriel sont homologués par le ministère de la Santé.

Les conditions et modalités de révision du PPV

Le nouveau décret fixe également les conditions et modalités de révision du PPV. Cette révision interviendra dans les conditions suivantes:

– Pour les médicaments princeps :

Par ailleurs, si le PFHT en vigueur au Maroc au moment de la revue est inférieur aux prix obtenus selon ces modalités, le PPV sera maintenu.

-Pour les médicaments génériques et biosimilaires :

Lorsqu’un princeps n’est pas commercialisé au Maroc, les génériques relevant de lui seront révisés tous les trois ans après la date de fixation du prix du premier générique.

Lors de cette révision, le PFHT du générique ne doit pas dépasser celui théorique du princeps. Aucune révision n’est appliquée si la baisse reste inférieure au seuil suivant : 1 DH pour les prix inférieurs à 15 DH, 2 DH pour les prix entre 15 et 70 DH, et 5 DH pour les prix au-delà de 70 DH.

Par ailleurs, des révisions à la baisse des PPV de tout médicament peuvent être appliquées dans les situations suivantes :

A la demande d’un établissement pharmaceutique industriel. Dans le cas où le princeps ne dispose d’aucun générique ou biosimilaire, la proposition ne peut être inférieure au premier palier de la grille tarifaire de ses génériques ou biosimilaires ;

– Dans le cas où il dispose de génériques ou biosimilaires, la proposition ne peut être inférieure au prix du générique ou biosimilaire le plus cher présent sur le marché ;

– S’il s’avère au ministère de la Santé que le PFHT appliqué dans l’ensemble des pays de référence a connu une diminution supérieure à 15%.

Les conditions et modalités de révision du PFHT

Ce texte fixe également les conditions et modalités de révision du PFHT.

– Pour les médicaments princeps :

Si le PFHT en vigueur au Maroc au moment de la revue est inférieur aux prix obtenus selon ces modalités, le PPV est maintenu.

– Pour les médicaments génériques et biosimilaires : 

Fixation des prix des génériques et biosimilaires en cas de pluralité d’équivalents

En cas d’existence d’un ou de plusieurs médicaments génériques ou biosimilaires d’un même médicament princeps sur le marché national à la date de publication du présent décret au Bulletin officiel, le prix de tout nouveau générique ou biosimilaire est fixé selon les modalités suivantes :

– Pour l’introduction d’un générique ou biosimilaire importé :

– Pour l’introduction d’un générique ou biosimilaire fabriqué localement :

Par ailleurs, les prix des médicaments princeps, génériques et biosimilaires commercialisés à la date de publication du présent décret au BO sont fixés progressivement, après leur révision conformément à ces nouvelles dispositions, par arrêté du ministère de la Santé au cours des 12 mois suivant cette date.

Les prix résultant de la révision entrent en vigueur au plus tard 60 jours suivant la date de publication de cet arrêté.

Consultez notre série d’articles sur le sujet ICI.

Une série de sit-in prévus par la coordination syndicale de la santé

« Ces grèves font suite au retard accusé par le gouvernement et le ministère de la Santé dans l’application de l’ensemble des engagements contenus dans l’accord du 23 juillet 2024« , déclare la Coordination dans son communiqué.

Elle dénonce également « la non-publication des textes réglementaires de la loi 09.22 relative à la fonction publique de la santé, notamment le décret sur la mobilité, la part variable du salaire, et l’indemnité pour les zones éloignées…, ainsi que l’absence de clarté concernant le parcours du Groupement sanitaire territorial (GST) pilote de la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima ».

Trois décrets portant sur le statut des professionnels de santé et les indemnités de garde ont été adoptés le 22 décembre dernier en Conseil de gouvernement. Quatre autres sont en cours d’élaboration, d’après le ministère, portant notamment sur la mobilité, la part variable de la rémunération et le travail dans les zones reculées.

La Coordination évoque aussi « l’opacité entourant les statuts fondamentaux des fonctionnaires des deux agences (du médicament et du sang), l’absence de réponse à leurs revendications, ainsi que la situation préoccupante de l’Agence du médicament ».

Les premiers sit-in locaux et provinciaux démarrent ce jeudi 8 janvier à partir de midi. Les prochains sont prévus le jeudi 15 janvier à midi, puis d’autres le 22 janvier à midi également. 

« Une grève nationale dans toutes les institutions de santé est par ailleurs prévue le jeudi 29 janvier 2026″.

Facturation illégales et exigence de chèques de garantie : 80% des cliniques privées contrôlées présentent des irrégularités

Interpellé ce lundi 22 décembre au Parlement au sujet des pratiques illégales de facturation dans certaines cliniques privées (pratique du noir) et de l’exigence de chèques de garantie, le ministre de la Santé, Amine Tahraoui, a révélé que des opérations de contrôle sont menées régulièrement, lesquelles ont démontré que 80% des cliniques présentent des dysfonctionnements. 15 d’entre elles ont été sanctionnées à ce jour.

« Ces pratiques sont illégales, contraires à l’éthique, et portent atteinte aux droits des patients ainsi qu’à la confiance dans le chantier de généralisation de la protection sociale », a-t-il rappelé en réponse aux élus à la Chambre des représentants.

« Le cadre juridique applicable prévoit des sanctions, y compris sur le plan pénal, pour les pratiques de facturation illégale et les atteintes aux règles de commerce et de transparence », a-t-il poursuivi.

En effet, l’article 75 de la loi sur l’exercice de la profession médicale interdit aux cliniques privées de demander toute garantie en espèces ou chèque au-delà de ce que prévoit la loi, et les articles 316 du Code de commerce et 544 du Code pénal prévoient des sanctions pénales et des amendes pour les contrevenants.

AMO : 25% des cliniques contrôlées présentent des écarts par rapport au TNR

A cet effet, « des opérations de contrôle sont menées de manière régulière, et il s’avère qu’une majorité des cliniques privées contrôlées présentent des dysfonctionnements. La proportion évoquée est d’environ 80% », ce qui est énorme.

Et d’ajouter : « des décisions administratives urgentes ont été prises. Un total de 15 cliniques ont été sanctionnées, avec des mesures pouvant aller jusqu’à la suspension totale ou partielle d’activité, en parallèle de procédures judiciaires ».

Par ailleurs, « dans le cadre du contrôle lié à l’Assurance maladie obligatoire (AMO), des écarts au respect de la tarification nationale de référence ont été relevés chez environ 25% des cliniques contrôlées ».

Et le ministre de conclure : « jusqu’à novembre 2025, environ 15 plaintes relatives à ces pratiques ont été traitées, à travers l’ouverture d’enquêtes, des vérifications et des suites selon les procédures ».

Le ministre a enfin appelé les citoyens, ainsi que toute personne confrontée à ce type de pratiques ou interagissant avec ce phénomène, à déposer des plaintes via la plateforme nationale « Chikaya« , afin de permettre à l’inspection générale d’exercer ses missions et d’activer les mesures de contrôle, le cas échéant.

Amélioration des conditions de travail des professionnels de santé : 4 décrets adoptés, 4 autres en cours d’élaboration

Le ministre de la Santé, Amine Tahraoui, a annoncé ce lundi, en réponse à des questions orales à la Chambre des représentants en relation avec la gestion des ressources humaines dans le secteur, que huit textes réglementaires ont été élaborés pour l’amélioration des conditions de travail des professionnels de santé, dont quatre ont déjà été adoptés en Conseil de gouvernement.

« La problématique du déficit en ressources humaines de santé, en particulier dans les zones éloignées et montagneuses, constitue l’un des défis structurels accumulés par le système de santé au fil de longues années », a-t-il souligné. « Elle ne peut donc être résolue par des mesures conjoncturelles ou partielles ».

Mobilité, part variable de la rémunération, travail dans les zones reculées : 4 nouveaux décrets en cours d’élaboration

« Pour faire face à ce défi, le ministère de la Santé a engagé une réforme globale reposant sur trois axes principaux. Le premier porte sur l’incitation des ressources humaines et l’amélioration des conditions de travail », a-t-il précisé.

« Des réformes législatives et structurelles ont été adoptées, parmi lesquelles la promulgation de la loi-cadre n° 06.22, qui pose les fondements d’une réforme globale du système de santé et consacre la complémentarité entre les secteurs public et privé, ainsi que la loi n° 09.22 relative à la fonction publique sanitaire, instaurant un nouveau système de rémunération combinant une part fixe et une part variable liée à la performance, ainsi que des indemnités spécifiques pour l’exercice dans les zones difficiles ».

« Grâce à un dialogue social responsable, des acquis tangibles ont été obtenus au profit des professionnels de santé, notamment l’amélioration des salaires et des indemnités, l’accélération des promotions, en particulier pour les infirmiers et les techniciens de santé, ainsi que la valorisation du parcours professionnel et de la reconnaissance statutaire ».

Dans ce cadre, huit textes réglementaires ont été élaborés pour la mise en œuvre de ces réformes, dont quatre déjà adoptés en Conseil de gouvernement :

– Le décret portant revalorisation de l’indemnité pour risques professionnels ;

– Le décret relatif au statut particulier du corps des infirmiers et des techniciens de santé communs aux administrations, visant la création du cadre de « professionnel de santé supérieur », avec la prise en compte d’années d’ancienneté fictive au profit de cette catégorie ;

– Le décret relatif au statut particulier du corps des infirmiers du ministère de la Santé, prévoyant l’octroi de bonifications aux infirmiers assistants et aux aides-soignants titulaires du certificat d’études préparatoires ;

– Le décret relatif aux indemnités de garde, d’astreinte et de permanence effectuées dans les établissements de santé relevant du ministère de la Santé et des centres hospitaliers universitaires, visant l’adoption d’une formule optimale de calcul des indemnités et l’augmentation du nombre de personnels de garde, afin d’améliorer la qualité des services offerts aux citoyens.

Quatre autres décrets sont en cours d’élaboration d’après le ministre, en vue de leur prochaine soumission au processus d’adoption. Il s’agit des :

– Projet de décret relatif à l’indemnité de participation aux programmes nationaux de santé ;

– Projet de décret relatif à la mobilité (en cours d’élaboration et qui sera soumis aux partenaires sociaux et au gouvernement) ;

– Projet de décret relatif à la part variable de la rémunération ;

– Projet de décret relatif à l’indemnité pour l’exercice dans les zones difficiles.

Renforcement de la formation et du recrutement et amélioration des conditions des stages

Le deuxième axe a pour objectif de combler le déficit par la réforme de la formation, du recrutement et de la répartition des professionnels de santé.

« Parallèlement aux mesures d’incitation, le ministère a adopté une approche globale pour résorber le déficit », rappelle Amine Tahraoui. Cette approche repose sur :

– Le renforcement de la formation, « par la création de quatre nouvelles facultés de médecine et de pharmacie, portant leur nombre à neuf au niveau national et l’augmentation de la capacité d’accueil, passant de 2.700 étudiants en 2021 à 6.500 étudiants en 2025, soit une augmentation de 142% ».

– Le renforcement du recrutement, par l’augmentation des postes budgétaires : 6.500 postes en 2025 contre 8.000 postes prévus en 2026.

– L’amélioration des conditions des stages pratiques et l’élargissement de leurs champs d’application à l’ensemble des établissements de santé, afin de renforcer l’employabilité immédiate des lauréats.

« Une répartition plus équitable des professionnels de santé »

Le troisième axe porte pour sa part sur la répartition des ressources humaines de santé. « En matière de justice territoriale dans la répartition des ressources humaines, le ministère a procédé à la régularisation définitive de la situation d’affectation des médecins spécialistes », a souligné M. Tahraoui.

D’après lui, « 661 médecins spécialistes issus des promotions 2023 et 2024 et 480 médecins spécialistes issus de la promotion 2025 ont été recrutés, soit près de 1.200 médecins en une année. Par ailleurs, une faible proportion (environ moins de 5%) de ces médecins ne rejoignent pas leurs postes ».

Le ministre rappelle par ailleurs que la problématique du déficit en médecins spécialistes ne pourra être résorbée qu’à l’horizon 2029-2030.

Amine Tahraoui a également évoqué l’adoption de « la régionalisation dans la gestion du recrutement et des affectations, sur la base de critères objectifs liés aux besoins réels de chaque région et l’incitation à l’exercice dans les zones éloignées par la prise en compte d’une durée d’engagement multipliée pour les médecins spécialistes, en plus de programmes d’accompagnement et de soutien visant à garantir la stabilité professionnelle et sociale ».

Les parlementaires appellent, pour leur part, à combler le déficit en médecins spécialistes dans les zones qui en sont dépourvues, à mettre en place des plans d’urgence pour freiner le départ des médecins marocains à l’étranger et à encourager le retour de ceux exerçant dans d’autres pays.

Pannes des équipements médicaux : un programme national de maintenance récemment lancé par le ministère de tutelle

À la Chambre des représentants, un élu du PAM a déploré, ce lundi 22 décembre, les pannes récurrentes d’équipements médicaux dans de nombreux hôpitaux et établissements de soins au niveau national.

Il a notamment évoqué l’exemple du centre hospitalier provincial de Salé, où, selon lui, « l’IRM serait hors service depuis près de deux ans« .

Il a également souligné « l’absence d’échographie au niveau d‘établissement de santé Al Wahda (Kénitra), desservant une population d’environ 80.000 habitants ».

« Aucun appareil d’échographie n’y est disponible », a-t-il déploré, « ce qui complique notamment le suivi des femmes enceintes durant les premiers mois de grossesse ».

L’élu appelle ainsi à la mise en place d’une maintenance préventive afin d’éviter ce type de dysfonctionnements.

Lancement d’un programme national généralisant la maintenance des équipements de santé

En réponse à ces propos, le ministre de la Santé, Amine Tahraoui, a annoncé « le lancement, au cours des dernières semaines, d’un chantier national structuré, visant la généralisation de la maintenance des équipements médicaux ».

« Celui-ci a pour objectif de traiter les problématiques accumulées et de garantir la disponibilité des équipements médicaux », a expliqué le ministre.

Ce chantier repose ainsi sur :

un inventaire exhaustif de l’ensemble des équipements médicaux et biomédicaux au sein des établissements publics de santé ;

– l’inventaire et le suivi de tous les contrats de maintenance, en veillant à l’intégration de la maintenance préventive et corrective dans les contrats de fourniture ;

– l’unification de l’approche de gestion de la maintenance à l’échelle nationale ;

– la mise en œuvre de mécanismes d’alerte précoce pour le suivi de l’état des équipements et dispositifs.

Généralisation du système de gestion informatisée de la maintenance, avec un projet pilote à Kénitra

Par ailleurs, « le ministère a entamé la généralisation du système de gestion informatisée de la maintenance (GMAO), qui permet de suivre l’état des équipements, de programmer la maintenance préventive, de réduire les périodes d’arrêt et d’améliorer la gouvernance et la transparence » a ajouté le ministre.

« Ce système a été déployé à titre pilote au centre hospitalier provincial de Kénitra, avant sa généralisation progressive aux autres hôpitaux, accompagnée d’un programme d’appui technique et de formation qui débutera à partir de la semaine prochaine ».

Amine Tahraoui a par ailleurs rappelé que « la maintenance des équipements et dispositifs médicaux constitue un élément essentiel pour garantir la continuité et la qualité des services de santé ainsi que la sécurité des patients ».

« Le ministère a ainsi œuvré à la mise en place d’un cadre institutionnel et organisationnel favorable à la maintenance, à travers la création de services dédiés au niveau des directions régionales, le renforcement des ressources humaines techniques par le recrutement et la formation continue, l’allocation de ressources financières, ainsi qu’un accompagnement de terrain des établissements de santé », a-t-il conclu.

Onze décrets adoptés pour encadrer la généralisation des groupements sanitaires territoriaux

Réuni ce jeudi 11 décembre, le Conseil de gouvernement a adopté onze décrets fixant la date de lancement effectif des groupements sanitaires territoriaux (GST) des régions restantes du Royaume.

Elle est arrêtée au premier jour du troisième mois suivant la tenue du premier conseil d’administration de chaque groupement. Le gouvernement prépare donc la généralisation de ce modèle.

Mais comme expliqué par Médias24 dans un article précédent, cette généralisation n’est pas imminente. La date de la tenue du conseil d’administration du groupement est déterminante. Elle est précédée par plusieurs étapes.

Rappelons que le conseil d’administration du GST de la région pilote Tanger-Tétouan-Al Hoceima a été tenu le 28 juillet dernier, sous la présidence du chef du gouvernement, après la nomination, en mai, de son directeur général par le Roi Mohammed VI.

La centralisation des salaires garantie

Les notes de présentation de ces textes rappellent que leur adoption en Conseil de gouvernement intervient en application des instructions royales appelant à une révision globale du système de santé, laquelle a conduit à une refonte complète du cadre législatif régissant l’ensemble de ses composantes, notamment à travers la création d’organismes spécialisés dans la gestion et la gouvernance.

Il s’agit des GST, institués par la loi 08.22.

Les principales dispositions de ces onze décrets ont pour objectif de prévoir ce qui suit :

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Généralisation des GST : face à l’inquiétude syndicale, la tutelle assure que l’adoption des décrets ne signifie pas démarrage immédiat

Le Conseil de gouvernement prévoit d’examiner ce jeudi 11 décembre un décret fixant la date d’opérationnalisation des 11 GST restantes. Autrement dit, c’est la généralisation du modèle des groupements au niveau national, après le lancement d’une expérience pilote dans la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima fin juillet 2025.

Cette annonce ravive l’inquiétude et la colère syndicale et a déclenché des manifestations dans plusieurs préfectures et provinces du Royaume, particulièrement dans la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima. Les syndicats se disent surpris de l’ordre du jour du prochain Conseil de gouvernement. Ils estiment en effet que le retour d’expérience sur le projet pilote n’est pas encore suffisant, et que plusieurs textes réglementaires en rapport avec les ressources humaines, visant à fluidifier l’expérience du GST de TTAH, n’ont pas encore été élaborés ou publiés.

Contacté par Médias24, le ministère de la Santé nous explique de son côté que « le démarrage opérationnel de ces groupements est lié à la publication des 11 décrets programmés, fixant la date officielle de leur mise en œuvre, et ce, après la tenue du premier conseil d’administration de chaque groupement. L’adoption de ces textes ne signifie donc pas un démarrage immédiat ».

« Le ministère n’a pas encore évalué l’expérience du GST de TTAH »

Un membre de la Coordination nationale syndicale de la santé, qui regroupe les cinq syndicats les plus représentatifs du secteur, nous explique que « dans la réforme du système de santé en cours, la coordination avec les syndicats est essentielle, les ressources humaines étant l’une de ses composantes majeures« .

« Les discussions avec le gouvernement ont duré plusieurs mois, jusqu’à la signature de l’accord du 23 juillet 2024« , rappelle notre source. « Dans cet accord, plusieurs textes devaient être élaborés et adoptés pour leur application, notamment ceux liés à la valorisation des ressources humaines ».

« Or, plus d’un an après, plusieurs décrets n’ont toujours pas été publiés. On nous affirme, au ministère de tutelle, qu’ils sont en cours d’adoption, mais ils connaissent un retard important. Cela concerne notamment des textes relatifs aux infirmiers, à la bonification, au changement des horaires de travail, à la mobilité, à l’indemnisation liée aux programmes de santé, ainsi qu’au salaire variable directement lié au fonctionnement des GST ».

Et de poursuivre : « La mise en œuvre des GST implique un changement dans les modes de gestion. L’idée initiale était de démarrer dans quatre régions pilotes. Mais, à son arrivée, le ministre de la Santé, Amine Tahraoui, a préféré commencer par une seule région, celle de Tanger-Tétouan- Al Hoceima, afin d’évaluer le modèle, ses avantages et ses limites, avant d’envisager une généralisation au niveau national ».

« Or, nous avons été surpris d’apprendre la programmation des décrets pour l’opérationnalisation des 11 autres GST, alors même que la première n’est pas encore stabilisée. De nombreux problèmes persistent, et les protestations quotidiennes se multiplient dans plusieurs préfectures ».

Des décrets importants, liés aux GST, demeurent en suspens

D’après notre interlocuteur, parmi les problématiques les plus urgentes, le texte relatif à la mobilité au sein de la GST. « Certains infirmiers, techniciens et professionnels de santé ont déjà obtenu l’accord du directeur de l’établissement pour leur mutation. Mais l’absence du décret retarde toute la procédure, ce qui bouleverse la vie de nombreuses personnes ».

L’autre exemple cité par notre source concerne la garde obligatoire et l’astreinte. « Un accord a été trouvé pour les organiser dans un cadre clair, mais le décret n’a toujours pas été publié ». Il en est de même pour le texte relatif aux indemnisations liées aux programmes de santé et à celles des cadres supérieurs au sein du GST de TTAH. Ces textes ne sont pas encore sortis non plus.

Les syndicats refusent également d’élire leurs représentants au sein du conseil d’administration du GST de TTAH. « Le conseil d’administration de ce groupement devait inclure plusieurs parties prenantes, mais dans le texte fixant sa composition, les administrateurs ont été exclus. Nous avons évoqué ce point avec le ministre pour y remédier, puis nous avons été surpris par la publication du texte tel qu’il est au Bulletin officiel ».

« Nous ne comprenons donc pas la démarche du ministère. Il avance à deux vitesses. D’un côté, il tarde à publier les décrets nécessaires à l’application de l’accord du 23 juillet et, de l’autre, il accélère la généralisation des GST alors même que le modèle pilote n’a pas encore été ajusté », conclut notre interlocuteur.

L’adoption des 11 décrets ne signifie pas une opérationnalisation imminente

Joint par nos soins, le ministère de la Santé nous a apporté plusieurs éclaircissements.

« La généralisation des groupements sanitaires territoriaux à l’ensemble des régions du Royaume constitue une concrétisation effective des dispositions de la loi n° 08-22 relative aux groupements sanitaires territoriaux », a-t-il rappelé, avant d’assurer que « le démarrage opérationnel de ces groupements est lié à la publication des décrets programmés fixant la date officielle de leur mise en œuvre, et ce, après la tenue du premier conseil d’administration de chaque groupement », comme cela a été le cas pour le GST de TTAH.

En d’autres termes, « l’adoption de ces textes ne signifie pas un démarrage immédiat. Ces textes fixent plutôt la date de début après la tenue du premier conseil d’administration », nous précise-t-on.

« Ce processus s’accompagne d’un ensemble de mesures administratives et techniques essentielles, notamment celles liées à la gestion des ressources humaines, des finances et des marchés publics », souligne le ministère de la Santé.

« La mise en œuvre de ces dispositions se fera selon une approche participative ouverte à l’ensemble des parties prenantes », assure-t-il, et « en premier lieu les instances syndicales, afin de permettre l’évaluation de l’expérience et la résolution des contraintes relevées lors du déploiement du modèle pilote du groupement sanitaire territorial Tanger-Tétouan-Al Hoceima ».

« Parallèlement, ce déploiement s’accompagnera de l’adoption des textes constituant l’axe central de l’accord de 2024, garantissant ainsi l’amélioration des conditions de la profession et des personnels de santé, conformément aux orientations royales relatives à la restructuration du système de santé ».

Rappelons-le, le GST de TTAH, dont le directeur général, Mohamed Akkouri, a été nommé en mai par le Roi Mohammed VI, a tenu son premier conseil d’administration le 28 juillet 2025, après l’adoption, en Conseil de gouvernement, de trois décrets importants :

– Le premier portait sur le statut-type des professionnels de santé, texte important à la tenue du conseil d’administration.

– Le second sur l’attribution d’un complément de rémunération aux enseignants-chercheurs.

– Le troisième fixait la date effective de l’opérationnalisation du GST, soit deux mois après la tenue de son premier conseil d’administration.

La liste des établissements constituant ce GST a, quant à elle, été publiée le 10 octobre dernier au Bulletin officiel.

Concours de recrutement de 800 infirmiers et techniciens de santé

Le ministère de la Santé annonce l’organisation d’un concours pour le recrutement de 800 nouveaux cadres appartenant au corps des infirmiers et techniciens de santé, qui se tiendra dimanche 18 janvier 2026.

Le nombre de postes ouverts est réparti entre plusieurs spécialités infirmières et techniques, notamment les urgences et réanimation, les sages-femmes, les soins infirmiers polyvalents, l’anesthésie-réanimation, le laboratoire, la radiologie, la kinésithérapie et les métiers du soutien social.

Le concours concerne également un ensemble de préfectures et provinces, parmi lesquelles Rabat, Casablanca, Agadir, Fès, Marrakech, Tétouan, Tanger, entre autres.

Selon l’annonce, cette opération vise à combler le déficit enregistré au sein des établissements de santé, en particulier dans les services des urgences, à renforcer la présence des assistants sociaux et à soutenir les spécialités connaissant une pression croissante en matière de prestations de soins.

Le ministère a également fixé les conditions de candidature, qui s’adressent aux titulaires du diplôme d’Etat en soins infirmiers ou d’un diplôme équivalent, avec une inscription exclusivement via le portail électronique du ministère avant le 5 janvier 2026, et le dépôt des dossiers en ligne dans les délais impartis.

Ci-dessous les conditions de candidature :

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https://medias24.com/2025/11/16/sante-un-manque-criant-de-medecins-et-dinfirmiers-freine-le-systeme-public/

Polémique du KCl : Tahraoui exige des preuves, Bouanou maintient ses accusations et demande une commission d’enquête

La réunion de la commission des secteurs sociaux, tenue ce mercredi 19 novembre, a duré plusieurs heures. Elle a démarré vers 11h30 et n’a pris fin qu’en fin de journée.

Comme expliqué dans un précédent article, au début de la réunion un débat a eu lieu pour sa diffusion en direct. Finalement, les députés ont tranché pour la non-transmission en direct. Nous avons toutefois pu visionner plusieurs extraits des interventions, celles du ministre et de plusieurs députés de la majorité, et celle de Abdellah Bouanou (PJD), par qui la polémique a éclaté.

Le débat a été marqué par des tensions entre les deux parties. De ce que nous avons pu visionner, Bouanou a réitéré ses accusations contre la société Pharmaprom. Il a cité cette fois ses actionnaires, notamment la famille du ministre de l’Éducation nationale, Mohamed Berrada, sans toutefois apporter de preuve, si ce n’est une pile de papiers qu’il avait sous la main, comprenant des appels d’offres relatifs à l’achat de médicaments pour les années 2024 et 2025, selon ses dires. Il a enfin exigé la création d’une commission d’enquête.

Mohamed Chaouki, président du groupe parlementaire du RNI, a assuré que depuis 2023, le ministère, les centres hospitaliers et les polycliniques de la CNSS ont lancé une cinquantaine d’appels d’offres pour l’achat de chlorure de potassium (KCl), qui ont été attribués principalement à une seule société, dont il ne cite pas le nom, mais qui, selon lui, dispose de l’autorisation de mise sur le marché (AMM). Dans deux cas spécifiques, ces appels d’offres ont été attribués à une autre société.

Quant à Younes Besnlimane, du RNI également, il a appelé les députés à faire attention aux accusations sans fondement, qui peuvent être très dangereuses, soulignant que la commission d’enquête parlementaire ne doit en aucun cas servir à régler des comptes entre deux entreprises opérant dans le même secteur.

Pour clore le débat, le ministre de la Santé a répondu aux députés en apportant de nouveaux éclaircissements à ce sujet, en revenant sur les ATU, les AMM et sur les marchés publics.

Voici les propos détaillés de toutes les parties.

Bouanou : « Je ne suis pas convaincu, j’exige la création d’une commission d’enquête »

Après un mot du ministre de la Santé, Amine Tahraoui, et une présentation du directeur de l’Agence marocaine du médicament et des produits de santé (AMMPS), dont nous avons rapporté l’essentiel, le débat entre les députés s’est ouvert. Chaque membre de ladite commission a pris la parole pour exposer sa vision.

Malgré les confirmations du ministre et du directeur de l’AMMPS, Abdellah Bouanou s’est dit sceptique, ces derniers n’ayant « pas répondu à ses questions » concernant les autorisations exceptionnelles d’importation (ATU) et l’AMM, notamment.

« Je réitère ce que j’ai dit le 13 novembre dernier au Parlement », a-t-il déclaré, toujours sans présenter de preuves. « Une ATU pour le KCl a été accordée à un ministre qui en a profité, ce qui constitue un conflit d’intérêts ».

Cette fois-ci, il nomme la société en question. « La société dont je parle est Pharmaprom », a-t-il souligné. « Certes, il y a toujours eu des hommes d’affaires au gouvernement, mais ils doivent respecter la loi. On nous a informés qu’il y a eu des changements au niveau de la direction de cette société et que le ministre a vendu ses actions, mais elle est à présent dirigée par Hassan Berrada, son frère, sans parler des 7.500 parts que ses enfants et sa femme continuent d’y détenir ».

En effet, comme nous l’avons expliqué dans un précédent article, Mohamed Saâd Berrada n’exerce plus de fonction de gestion ni de direction dans aucune société. Il a quitté la présidence de Pharmaprom en novembre 2024 et a cédé parallèlement ses parts de BMPAR, également actionnaire de cette société. Cela dit, il convient de préciser que BMPAR est toujours gérée par sa famille.

Et Bouanou d’ajouter en remuant une pile de papier dans sa main : « Nous avons fait des recherches sur le portail des marchés publics, et nous avons trouvé ce qui suit :

En 2024, cette société n’a obtenu aucun des marchés [d’achat de médicaments, ndlr] lancés directement par le ministère de la Santé. Elle a toutefois remporté des marchés lancés par les CHU, pour près de 8 millions de DH (MDH).

En 2025, elle a remporté des marchés lancés directement par le ministère, pour un total d’environ 32 MDH. Si l’on prend aussi en considération les marchés lancés par les CHU, ce chiffre s’élève à 50 MDH« .

Des déclarations dénoncées par d’autres députés de la commission, considérant que « ces marchés n’ont aucun lien avec le KCl ».

Abdellah Bouanou pose par ailleurs quelques questions auxquelles il exige des réponses :

– Promopharm [entité légale de Hikma au Maroc, ndlr] a demandé une AMM en mars dernier. Pourquoi ne l’a-t-elle toujours pas obtenu ? Pourquoi avoir accordé une ATU à une autre société pour importer ce médicament ?

– 50% des marchés lancés pour l’achat de médicaments sont infructueux. Que fait le ministère de tutelle par la suite pour approvisionner les établissements de santé ?

– Quelles sont les ATU accordées et à quelles sociétés ?

Le député du PJD a enfin réitéré sa demande de création d’une commission d’enquête. Il a affirmé avoir appris que « le ministère public s’est saisi de l’affaire ». Selon lui, « chaque fois qu’on évoque un sujet qui dérange, le ministère public se saisit du dossier, ce qui nous empêche d’activer la commission d’enquête ». Il met ainsi en garde contre l’intervention de n’importe quel acteur dans ce dossier.

Benslimane : « La commission d’enquête ne doit en aucun cas servir à régler des comptes entre deux sociétés »

Pour sa part, le président du groupe parlementaire du RNI a confirmé avoir consulté les appels d’offres relatifs au KCl. « Depuis janvier 2023, 53 marchés ont été lancés par une direction relevant du ministère de la Santé, les CHU, les centres hospitaliers spécifiques ou encore par les polycliniques de la CNSS », a déclaré Mohamed Chaouki.

« Ces marchés ont tous été attribués à une seule société détentrice de l’AMM », a-t-il ajouté, sans en révéler le nom, « sauf dans deux cas spécifiques, où les marchés ont été attribués à une autre société ».

« Si l’opposition a assuré à plusieurs reprises avoir travaillé sur des lois et décrets importants, pourquoi ne dépose-t-elle pas une proposition de loi qui interdit les hommes d’affaires au gouvernement ? », a-t-il conclu, en appelant les députés à « éviter les accusations sans preuves ».

M. Benslimane (RNI) a quant à lui souligné que « la commission d’enquête ne doit en aucun cas servir à régler des comptes entre deux sociétés. Elle a une portée bien plus large et s’inscrit dans la mission fondamentale du Parlement ».

AMM, ATU et marchés publics : les nouvelles précisions du ministère de la Santé

Pour clore le débat, Amine Tahraoui est revenu sur les déclarations des différents députés, pour y apporter les éclaircissements nécessaires.

Ci-dessous les principaux points qu’il a évoqués :

– Tous les marchés de médicaments passent par la procédure d’appel d’offres, une procédure transparente.

– Lorsqu’on parle d’un appel d’offres, ce n’est pas une seule personne qui gère le dossier, mais plutôt un ensemble d’intervenants et de contrôleurs qui font leur travail et qui en sont responsables.

Dans un marché, l’entreprise détentrice d’une AMM reste prioritaire par rapport à celle disposant d’une ATU

– Si quelqu’un a une preuve que l’administration n’a pas respecté la loi en vigueur ou que j’ai attribué un marché à quelqu’un, qu’il nous la donne. Jusqu’à présent, aucune preuve ne nous a été remise.

– En ce qui concerne le KCl et les ATU, il y a un malentendu. Lorsqu’une ATU est délivrée, certains pensent que son bénéficiaire obtient automatiquement le marché. C’est faux. Même dans la loi, l’entreprise détentrice d’une AMM est prioritaire par rapport à celle disposant d’une ATU. Lorsque le ministère lance un marché pour un médicament et que l’Agence du médicament a délivré une ATU, si l’entreprise titulaire de l’AMM répond au marché, l’offre financière de l’entreprise sous ATU n’est même pas ouverte, car la priorité revient d’abord à l’AMM. L’entreprise qui possède une AMM est un acteur économique connu du ministère et de l’Agence. Nous ne sommes donc pas dans une procédure d’exception. Il est donc erroné d’affirmer qu’une ATU confère un avantage indu à une société pour obtenir des marchés.

– Il arrive que des ruptures surviennent, et avant même que le ministère ne soit au courant, tout le marché l’est déjà. Les entreprises échangent entre elles, assurent une veille permanente et détectent rapidement les signaux précurseurs de pénurie. En tant que ministre, j’aimerais disposer d’un observatoire permettant de recevoir ces alertes en amont, afin de mieux y répondre et de les éviter. Aujourd’hui, les sociétés présentes sur le marché disposent d’une veille plus réactive que le ministère et l’Agence. L’un des projets de l’Agence consiste justement à mettre en place cet observatoire pour anticiper les ruptures.

– En ce qui concerne la production du KCl, nous avions initialement une seule société locale qui produisait ce médicament [Promopharm, ndlr]. Elle a entrepris un ensemble de travaux d’aménagement, ce qui rendait nécessaire, selon la loi, la révision de son AMM. La DMP (ex-AMMPS) puis l’Agence du médicament sont intervenues pour délivrer cette autorisation, mais la société ne remplissait pas encore tous les critères requis pour garantir la qualité du médicament.

On pourrait se demander pourquoi l’AMM de cette entreprise a été retardée, mais s’il y avait un problème, elle aurait pu saisir le ministère 

– On pourrait, certes, se demander pourquoi l’AMM de cette entreprise a été retardée ou pourquoi elle ne lui a pas été accordée immédiatement. En tant que ministre, j’ai reçu et examiné une note m’alertant sur un produit vital susceptible de connaître une rupture. J’ai contacté le directeur de l’AMMPS, indépendante à présent, qui m’a indiqué qu’il y avait effectivement un problème et qu’il faudrait un peu de temps pour accompagner la seule entreprise productrice à l’époque. Des aménagements supplémentaires ont été demandés par l’Agence, afin qu’elle puisse accorder l’AMM tout en garantissant la sécurité du produit. Parallèlement, une autre société locale [Sothema, ndlr] a commencé la production de KCl. Le directeur de l’AMMPS a ainsi décidé de l’accompagner également, afin d’accélérer la production et d’éviter la rupture. C’est ainsi que nous avons géré la situation pour ce médicament.

– S’il y avait un problème avec l’AMMPS, rien n’empêche la société, dont l’AMM tarde, de déposer une plainte auprès du ministère de la Santé, que nous sommes alors obligés de traiter. En tant que ministre, j’aurais d’abord contacté le directeur de l’Agence du médicament. Si des zones d’ombre subsistaient, une inspection générale aurait été organisée. Cela fait partie des avantages de l’indépendance de cette Agence.

En 2024-2025, le ministère n’a pas eu recours aux ATU pour le KCl

– Pour l’année 2024-2025, tous les marchés d’achats de médicaments, pour répondre aux besoins du secteur public et des hôpitaux relevant du ministère, sont passés par des appels d’offres et ont été attribués à la deuxième société productrice localement [Sothema, ndlr]. On n’a donc pas recouru à une ATU.

– Une fois que la première société productrice [Promopharm, ndlr] reprendra la production de ce médicament – et je pense que ce sera pour bientôt –, il n’y aura plus de problème pour ce médicament. Nous aurons deux sociétés qui produiront localement le KCl, et aucune ATU ne sera nécessaire pour l’importer. On aura une souveraineté nationale au moins sur ce produit.

– L’objectif pour moi est que ce médicament soit disponible pour les patients. 

– L’Agence du médicament est appelée à accélérer le chantier de l’observatoire des médicaments. À ce jour, nous ne savons pas si, d’ici trois ou six mois, on aura assez de KCl ou pas. Et cela est valable pour plusieurs autres médicaments. Nous avons des données qu’on doit analyser sur plusieurs semaines pour le savoir, alors que l’information doit être instantanée pour anticiper et éviter les ruptures.

Tahraoui évoque l’existence de lobbies puissants

Le ministre déplore enfin le fait qu’il soit la cible d’attaques concentrées sur les marchés publics, souvent « basées sur des procès d’intention », depuis son arrivée à la tête du ministère.

« Tous les chantiers que j’ouvre portent sur des intérêts importants et anciens. Je comprends que, lorsque je m’attaque à ces intérêts, une pression s’exerce, des retards apparaissent et des visions émergent dont on ne connaît pas toujours l’origine. On peut parler de lobbies, puisque c’est le terme approprié ».

« Ces lobbies sont puissants et peuvent se trouver à différents niveaux. On ne sait pas toujours comment ils fonctionnent, mais ils disposent d’une capacité d’impact et de résistance considérable. Il est donc important d’en être conscient et de rester vigilant face aux manœuvres et à l’influence de ces lobbies, qui cherchent parfois à défendre leurs intérêts propres, parfois au détriment de l’intérêt public et des citoyens », a-t-il conclu.