Occupation illégale, dégradation, recul du trait de côte : l’État renforce le contrôle et la protection du domaine public maritime

Le ministère de l’Équipement et de l’Eau a pris l’initiative d’organiser, ce mardi 20 mai 2025 à Rabat, une journée d’étude nationale consacrée à la gestion durable du domaine public maritime.

Le sujet est d’actualité. L’événement intervient dans un contexte où l’occupation illégale du littoral constitue encore une problématique préoccupante, et où l’amplification des effets des changements climatiques menace plus gravement les populations côtières, représentant plus de 50 % de la population marocaine.

De plus, les opérations de libération du domaine public maritime se sont multipliées lors des deux, trois dernières années.

Nizar Baraka : nous avons une responsabilité collective pour protéger ce domaine

Lors de son discours d’ouverture, Nizar Baraka a précisé que l’enjeu prioritaire consiste à orienter les politiques publiques vers une valorisation durable de l’espace maritime, tout en développant des activités économiques rentables qui préservent les équilibres écologiques littoraux.

Cette approche exigera la mise en œuvre de schémas territoriaux permettant de concilier trois objectifs indissociables : la protection du domaine public maritime, son adaptation aux évolutions d’usage et le renforcement de sa résilience climatique.

Nizar Baraka journée d'étude nationale sur le domaine public maritime
Nizar Baraka, ministre de l’Équipement et de l’Eau, lors de son allocution à la journée d’étude sur le domaine public maritime

En vue d’une approche participative de réforme, Nizar Baraka a fait savoir que son ministère a organisé 6 ateliers régionaux (les trois ateliers restants seront programmés dans les semaines à venir) dans les régions littorales afin de concrétiser une feuille de route pour le littoral.

Ces ateliers ont principalement réuni les représentants locaux et les services déconcentrés des administrations concernés, afin d’identifier pour chaque région à part les principaux enjeux et défis liés à la gestion du domaine public maritime.

« Face à ces défis, nous avons une responsabilité collective pour protéger ce domaine, le valoriser et planifier son exploitation de manière rationnelle, équilibrée et durable, garantissant ainsi sa pérennité et sa préservation pour les générations futures », a conclu Nizar Baraka.

Sanae El Amrani : 18% du littoral présentent une vulnérabilité aux risques naturels

Afin de contrôler le domaine public maritime, le ministère de l’Equipement et de l’Eau développe plusieurs projets mobilisant les dernières avancées technologiques de suivi. Ces projets permettront de disposer d’un outil d’aide à la décision pour la planification et la gestion du domaine public maritime.

Ces travaux de développement s’articulent autour de six axes principaux : le diagnostic foncier du domaine public maritime, l’Atlas des potentiels marins et côtiers, la cartographie et le suivi du trait de côte, la carte de vulnérabilité des côtes aux risques naturels et à la pollution marine accidentelle, ainsi que les études spécifiques de protection du littoral.

Sanae El Amrani, directrice des ports et du domaine public maritime au sein du ministère de l’Équipement et de l’Eau

Ces données, développées par le ministère, formeront une base de connaissances partagée avec tous les acteurs institutionnels.

Ces informations orientent déjà les travaux des commissions régionales unifiées d’investissement (CRUI) relevant des centres régionaux d’investissement et guident les projets et documents de planification (plan national du littoral et schéma régional du littoral) pour la protection du domaine public maritime national.

Actuellement, le ministère dispose d’une couverture complète du littoral marocain par imagerie satellite haute résolution du satellite Mohammed VI fournie par le Centre Royal de Télédétection spatiale (CRTS) .

Sanae El Amrani, directrice des ports et du domaine public maritime, a indiqué que d’après les dernières études techniques du ministère, 18 % des côtes marocaines, représentant plus de 600 kilomètres, présentent une vulnérabilité aux risques naturels, qu’il s’agisse d’érosion côtière ou de submersion marine ou d’ensablement.

Pour chaque région, les études techniques (levés bathymétriques, études sédimentologiques, modélisations, etc.) menées par le ministère de l’Équipement visent à identifier précisément les zones et l’évolution de chaque risque naturel pouvant affecter le littoral.

Des exemples concrets de risques

Par exemple, dans la région de Marrakech-Safi, les études ont révélé une très forte vulnérabilité à l’érosion et à la submersion marine près de la centrale thermique de Safi. Cette zone a enregistré un indice côtier de 2,68, alors qu’un indice de vulnérabilité faible ne dépasse généralement pas 1,5.

De même, au niveau de la région de Rabat-Salé-Kénitra, l’ensemble des aléas naturels ont été cartographié. Ces cartes servent désormais d’outil à la planification urbaine, surtout que des zones comme Harhoura présentent des risques d’érosion et de submersion marines, comme fut le cas de la promenade de Temara.

Carte de vulnérabilité de la zone Harhoura aux risques naturels (Ministère de l’Équipement et de l’Eau)

À cela s’ajoute une veille permanente du trait de côte pour chaque région côtière, ainsi que pour les zones signalées par les directions provinciales de l’Équipement et de l’Eau.

Du ciel, ce suivi est assuré en continu grâce aux images du satellite Mohammed VI, permettant une actualisation régulière des données pour ces zones.

En plus du suivi des aléas naturels, ce monitoring par imagerie satellitaire permet également de détecter les diverses formes d’occupation illégale du domaine public maritime.

L'évolution du trait de côte entre 2009 et 2023 au niveau de Kariat Arkemane.
L’évolution du trait de côte entre 2009 et 2023 au niveau de Kariat Arkemane (travaux du ministère de l’Équipement et de l’Eau par imagerie satellitaire Mohammed VI).

 

Les constructions situées à Kariat Arkmane sont quotidiennement menacées d'effondrement en raison de l'érosion marine imminente
Plusieurs constructions situées à Kariat Arkmane (province de Nador) sont quotidiennement menacées d’effondrement en raison de l’érosion marine imminente.

Ces études techniques ne se limitent pas seulement à la détection de l’aléa, mais constituent une première étape pour proposer la solution la plus efficace.

À ce jour, le ministère a mobilisé une enveloppe d’investissement de 457 millions de dirhams sur les quatre dernières années pour des projets de protection du littoral et des infrastructures maritimes des zones identifiées comme vulnérables.

Sur le plan administratif, les efforts du ministère de l’Équipement ont permis de délimiter 79 % du domaine public maritime. Cette délimitation faisant l’objet d’une officialisation par décret représente un élément essentiel pour sa protection juridique.

Qu’en est-il de la protection juridique du domaine public maritime ?

En plus du ministère de l’Equipement et de l’Eau, plusieurs institutions et administrations partagent la mission de la protection du domaine public maritime, à savoir le ministère de l’Intérieur, le ministère de la transition énergétique et du développement durable, le ministère de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme…

En amont, Khalil Bensami, membre du CESE, a critiqué l’absence d’une gouvernance efficace du littoral. Selon lui, la gouvernance demeure fragmentée par la faible convergence des politiques publiques, la multitude des intervenants et la diversité des outils de planification et de leurs chevauchements (l’exemple du schéma régional de l’aménagement du territoire et du schéma régional du littoral).

M. Bensami a rappelé les recommandations antérieures du CESE qui préconisent principalement trois mesures :

  1. repenser la gouvernance et la gestion des zones littorales afin de renforcer la coordination interinstitutionnelle.
  2. élaborer une nouvelle génération de documents d’urbanisme établis sur des études scientifiques et une approche participative.
  3. régler la situation des constructions situées dans le domaine public maritime ou dans la bande littorale des 100 mètres non constructibles.

Parmi les formes d’exploitation illégale du domaine public maritime figure l’extraction de sable littoral, une activité strictement interdite sans autorisation.

Le ministère de l’Équipement et de l’Eau, en concertation avec le département du Développement durable, a soumis un projet de décret au Secrétariat général pour étude et adoption. Ce texte limitera les autorisations d’exploitation de sable aux seules bandes dunaires ne présentant pas de déséquilibre écologique, ainsi qu’aux opérations de dragage.

Par ailleurs, le régime des infractions constitue un instrument essentiel pour la préservation du domaine public maritime, mais, sur le plan juridique, ce dispositif présente des lacunes. Ces dernières en limitent l’efficacité, particulièrement en ce qui concerne la sécurisation juridique des procédures de démolition (par exemple le chevauchement de la loi 12-90 sur l’urbanisme et le Dahir de 1926 relatif au contrôle du domaine public maritime).

Plusieurs difficultés majeures entravent la protection du domaine public maritime. Il existe une complexité notable dans la vérification de la situation des propriétés foncières implantées sur ce domaine.

Ensuite, il existe un retard persistant dans l’application de l’article 46 de la loi relative au littoral. Cet article prévoit la mise en place d’agents assermentés, délégués par l’administration et les collectivités territoriales, pour constater et enquêter sur les infractions sur le domaine public maritime.

Enfin, certains conservateurs continuent de livrer des titres fonciers empiétant ou mitoyant le domaine public maritime.

Dans ce sens, le ministère de l’Intérieur a développé une approche de libération du domaine public maritime le long du littoral de Chtouka-Ait Baha, fondée sur un processus clair comprenant les étapes suivantes :

les habitations du village de Tifnit se situe à quelques mètres de la mer
Les habitations du village de Tifnit se situent à quelques mètres de la mer.

 

Cette procédure a été appliquée par le ministère de l’Intérieur pour libérer le domaine public maritime illégalement occupé à Tifnit située au sud d’Agadir.

Une intervention préventive qui anticipe le risque d’une catastrophe naturelle pouvant survenir à tout moment. Ci-dessous, un exemple d’avancée de la mer en 2016 qui a causé la destruction d’habitat située dans le domaine public maritime au niveau de Tamaris relevant de Dar Bouaza.

Destruction par la mer d’habitations sur la plage de Tamaris entre 2016 et 2019 (les habitats près de la piscine ont été détruits par la mer)


Les barrages du Maroc ont accueilli plus de 200 millions de m³ d’eau depuis début mars

Au lundi 10 mars 2025, les barrages marocains affichent une amélioration de leur taux de remplissage par rapport au début du mois. Selon les données du ministère de l’Équipement et de l’eau, le taux de remplissage global est passé de 27,82 % à 29,08 %, enregistrant une augmentation de 1,26 point de pourcentage.

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Sur les dix premiers jours de mars, les barrages marocains ont enregistré une hausse globale de 212,17 millions de mètres cubes (Mm³), portant le volume total des réserves de 4.684,25 Mm³ le 1ᵉʳ mars à 4.896,42 Mm³ le 10 du même mois.

Cette amélioration est directement liée aux conditions météorologiques récentes. En effet, le Maroc a connu un début de mars particulièrement pluvieux et marqué par une succession de dépressions atlantiques ayant entraîné d’importantes précipitations et des chutes de neige sur les reliefs de l’Atlas.

Cette progression en volume constitue une contribution essentielle pour l’irrigation agricole et l’approvisionnement en eau potable. Pour bien mesurer l’importance de ce volume recueilli depuis début mars, il faut savoir que la ville de Casablanca consomme annuellement 220 millions de m3 d’eau potable.

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Parmi les barrages ayant le plus bénéficié des récentes précipitations, on note :

  • Sidi Mohamed Ben Abdelah : gain de 32,63 Mm³, le taux de remplissage est passé de 40,97 % à 44,32 % (de 399,37 Mm³ à 432,00 Mm³).
  • Ahmed Al Hanssali : gain de 18,62 Mm³, taux de remplissage passant de 4,78 % à 7,57 % (de 31,95 Mm³ à 50,56 Mm³).
  • Al Massira : gain de 18,16 Mm³, taux de remplissage passant de 2,26 % à 2,95 % (de 60,18 Mm³ à 78,33 Mm³).
  • Al Wahda : gain de 17,46 Mm³, portant le taux de remplissage de 38,28 % à 38,78 % (de 1348,50 Mm³ à 1365,96 Mm³).
  • Bin El Ouidane : gain de 15,30 Mm³, avec une progression de 5,12 % à 6,38 % (de 62,23 Mm³ à 77,53 Mm³).
  • Oued El Makhazine : gain de 13,48 Mm³, taux de remplissage passant de 68,96 % à 70,97 % (de 464,03 Mm³ à 477,50 Mm³).
  • Mohammed V : gain de 11,97 Mm³, taux de remplissage progressant de 43,90 % à 48,91 % (de 104,91 Mm³ à 116,88 Mm³).
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Voie express Fès-Taounate : la première tranche avance à 65%, livraison prévue en avril 2025

Dans une déclaration à la presse, Mohamed Mouhtadi a indiqué que ce projet d’envergure, qui s’inscrit dans le cadre d’un accord de partenariat pour la mise à niveau des axes routiers de la région Fès-Meknès, est réalisé en quatre tranches au vu des spécificités géologiques et géographiques de la zone.

En ce qui concerne la première tranche, qui relie Taounate à Oulad Daoud sur 16 kilomètres et qui devrait coûter à terme 260 millions de DH, le responsable a fait état de contraintes au début des travaux, en lien notamment avec le déplacement des réseaux d’eau potable, d’électricité et de fibre optique, outre les difficultés relatives à l’expropriation des terrains.

« Les travaux de cette première tranche sont répartis sur trois axes », a-t-il expliqué, précisant que l’axe Taounate-Aïn Aïcha est achevé à 90%, tandis que l’axe Aïn Aïcha-Oulad Daoud l’est à 70%.

Le troisième axe concerne le centre de Aïn Aïcha, où les travaux sont à 10% après la réalisation des travaux d’assainissement par la RADEEF.

La deuxième tranche, qui relie Oulad Daoud à la route menant à Bouarous sur 19 kilomètres pour un coût de 300 MDH, a démarré en juillet et a atteint un taux d’avancement de 20%.

Mohamed Mouhtadi a indiqué que les travaux de la première tranche devraient être achevés en avril 2025, et ceux de la deuxième tranche vers fin 2025, début 2026.

Concernant la troisième tranche, qui relie la route menant à Bouarous au centre de Aïn Kansara sur 19 kilomètres, le responsable a précisé que l’étude a été approuvée, et que l’ouverture des plis est prévue en février 2025, pour un coût estimatif de 330 MDH.

La quatrième tranche, qui relie Aïn Kansara à l’entrée de la ville de Fès sur 17 kilomètres, est en cours d’étude, et les travaux devraient démarrer en 2025.

Outre les axes routiers, le projet comprend également la construction de 11 ouvrages d’art, dont deux ponts sur Oued Ouergha à l’entrée de Aïn Aicha.

Le même responsable a souligné que les deux ponts, d’une longueur de 278 mètres, coûteront environ 110 MDH. Dix autres ponts sont programmés au cours de 2025 pour un coût estimatif de 180 MDH.

Le coût global de la voie express Fès-Taounate, qui s’étend sur 71 kilomètres, est estimé à 1,56 MMDH. Elle est financée par le ministère de l’Équipement et de l’eau (985MDH), la région Fès-Meknès (485MDH), le conseil provincial de Taounate (40MDH) et l’Agence pour la promotion et le développement des provinces du Nord (50MDH).

Selon les responsables du projet, la voie express permettra de désenclaver la province de Taounate et de dynamiser son développement économique. Elle contribuera également à améliorer la sécurité routière et à réduire le temps de trajet entre les deux villes.

(Avec MAP)

Contrat de la nappe Meski-Boudnib : lancement de la phase d’installation des compteurs

Afin d’assurer une gestion plus efficace des eaux de la nappe phréatique de l’axe Meski-Boudnib, ressource essentielle pour la filière phœnicicole irriguée dans une zone désertique, le gouvernement a instauré un contrat de gestion participative de la nappe (CGPN), le vendredi 28 octobre 2022, à Errachidia.

À ce titre, l’Agence du bassin hydraulique (ABH) de Guir-Ziz-Rheris a lancé la première phase d’un projet pilote visant « l’installation de 18 compteurs intelligents équipés de systèmes de lecture et de traitement à distance, pour un coût total de 1,1 MDH », a indiqué le ministère de l’Équipement et de l’eau.

Lors de la seconde phase du projet, 135 compteurs supplémentaires seront déployés dans les exploitations agricoles de l’axe Meski-Boudnib, pour un investissement de 8 MDH. Ces dispositifs permettront « d’améliorer la qualité des études de modélisation et des bilans hydriques réalisés par l’ABH, contribuant ainsi à la gestion durable des ressources en eau souterraine de la région », précise le ministère de tutelle.

Source : Ministère de l’Équipement et de l’eau

Le contrat de la nappe Meski-Boudnib couvre une surface de 4.670 km² et concerne les communes de Mdaghra et Oued Naâm. Son objectif principal est de ralentir l’épuisement de la nappe phréatique qui connaît un déclin constant. Entre décembre 2016 et février 2021, le niveau piézométrique de la nappe a baissé de trois mètres, soit environ un demi-mètre par an.

Estimée à 110 Mm³ en 2021, cette ressource stratégique fait l’objet d’un plan d’action financé à hauteur de 2,3 MMDH d’ici 2030, conformément à la loi 36-15 sur l’eau. Ce plan repose sur quatre axes clés :

– développement de l’offre en eau (2,1 MMDH) ;

– gestion de la demande en eau (43 MDH) ;

– renforcement des outils de contrôle des ressources (25 MDH) ;

– sensibilisation et formation (2,5 MDH).

L’installation des compteurs intelligents, alimentés par énergie solaire, vise donc à optimiser l’utilisation des ressources et à surveiller avec précision l’évolution du niveau piézométrique. Ces appareils s’appuient sur une combinaison de capteurs, de technologies de communication sans fil (GPRS/4G) et de systèmes de traitement de données :

– Les capteurs mesurent avec précision les quantités d’eau qui passent à travers les conduites.

– La lecture à distance permet d’envoyer des données grâce à la technologie sans fil (GPRS/4G) en vue de transmettre les informations sur la consommation d’eau directement vers une base de données centrale ou une plateforme en ligne.

– Le stockage et le traitement des données collectées par les capteurs repose sur un système central où elles sont stockées et traitées. Ce système peut analyser les données pour détecter des tendances, des anomalies ou des fuites, et fournir des rapports détaillés qui aident à optimiser la gestion de l’eau.

Sécheresse. Le bassin d’Oum Er-Rabia est le plus impacté, voici pourquoi

Il n’y a pas si longtemps, le bassin hydraulique de l’Oum Er-Rabia (BHOER) était considéré comme l’un des principaux châteaux d’eau du Maroc. Cependant, la sécheresse persistante et l’activité humaine ont inexorablement contribué à l’épuisement de ses ressources. Parmi les dix bassins hydrauliques du Royaume, l’Oum Er-Rabia est le seul à avoir enregistré un déficit au cours de l’année écoulée.

L’équilibre déjà fragile entre la demande et l’offre hydriques s’est progressivement effondré, entraînant des coupures d’eau fréquentes dans les villes et localités alimentées par ce bassin. L’agriculture en fait également les frais. En attestent les récentes campagnes oléicoles, largement en deçà des espérances.

Dans l’attente de conditions climatiques plus clémentes, le ministère de l’Équipement et de l’eau a mis en place un plan d’action axé sur une gestion optimisée des ressources existantes. Une nécessité pour faire face à l’important recul du niveau des eaux du bassin de l’Oum Er-Rabia, qui ne dispose actuellement que d’environ 240 millions de mètres cubes, contre 4,45 milliards de mètres cubes en 2010. 

De fait, deux des trois plus grands barrages du pays, Bin El Ouidane et Al Massira, cumulent à peine 120 millions de mètres cubes sur une capacité de stockage de 3,8 milliards de mètres cubes.

L’Ighil M’Goun et l’Oum Er-Rabia

Situé au centre-ouest du Royaume, le bassin hydraulique de l’Oum Er-Rabia s’étend sur 35.000 km². À l’est, il est délimité par les montagnes du Moyen et du Haut-Atlas. A 4.071 mètres d’altitude, l’Ighil M’Goun en est le point culminant. Plus haut sommet du Maroc, après le Toubkal (4.167 m) et l’Ouanoukrim (4.089 m), l’Ighil M’Goun est la principale source d’approvisionnement en eau pour les zones en aval.

Il influence l’hydrologie et l’écologie de l’ensemble du bassin, dont le réseau hydrographique est dominé par le fleuve Oum Er-Rabia, long de 550 km. Il prend sa source dans le Moyen-Atlas avant de se déverser dans l’océan Atlantique. Le bassin est également alimenté par de nombreux affluents, tels que les rivières Tassaout, El Abid, Lakhdar et Melloul.

Mais aussi les Asifs Ouamana, Srou, Chbouka, Ouirine, Gzef, El Touim et Faragh. Des cours d’eau qui traversent quinze structures hydriques, dont Bin El Ouidane, Ahmed El Hansali et Al Massira. Des barrages essentiels à la production de l’énergie hydroélectrique, à l’approvisionnement en eau potable et surtout à l’irrigation des terres agricoles.

Construit dans les années 1950, le barrage Bin El Ouidane était un symbole de la politique du Maroc pour lutter contre la sécheresse. Au même titre que celui d’Al Massira. Aujourd’hui, les ambitions de développement économique à travers le tourisme et l’agriculture ont été mises en suspens pour assurer l’approvisionnement en eau potable. Et pour cause, les réserves de ces retenues artificielles d’eau ont grandement décliné. 

Évolution du taux de remplissage du barrage de Bin El Ouidane au cours des six dernières années.

 

Évolution du taux de remplissage du barrage Al Massira au cours des six dernières années

Inefficacité hydrique et pression anthropique

Les raisons derrière la baisse de l’offre hydrique dans le bassin de l’Oum Er-Rabia sont multiples. Aux taux d’évaporation élevés, compris entre 1.600 et 1.800 mm par an, s’ajoutent « des rendements des réseaux de distribution qui ne dépassent pas 70 % dans la plupart des centres urbains et des pertes d’eau au niveau des réseaux d’irrigation supérieures à 40%”, selon le ministère de l’Equipement et de l’eau.

Plus important encore, après les sécheresses de 2005, 2010 et 2022, “l’année hydrologique 2022-2023 a enregistré un déficit de précipitations de 38% par rapport à la moyenne annuelle, ce qui a eu un impact négatif sur les apports en eau des barrages, avec un déficit de 69 %”, précise la même source. 

Evolution de la sécheresse (en rouge) dans le bassin hydraulique d’Oum Er-Rabia

2002 2022

 

En outre, une récente étude atteste que le stress hydrique s’intensifie depuis 20 ans dans ce bassin à mesure que les superficies irriguées et les zones urbaines s’étendent, « en particulier dans les parties ouest et sud du bassin, où l‘intensité de la croissance urbaine semble s’accélérer avec le temps. Des augmentations substantielles des zones construites étant observées entre 2010 et 2022 par rapport à la décennie précédente », soulignent ses auteurs.  

D’un côté, l’utilisation accrue de l’irrigation et des cultures à haute valeur ajoutée mais qui nécessitent d’importantes quantités d’eau, contribue au stress hydrique au sein du bassin. Tout en épuisant et polluant les nappes phréatiques à raison de 50.000 tonnes de nitrates par an. De l’autre, l’urbanisation a aggravé la pénurie d’eau en réduisant la recharge des aquifères et en augmentant le ruissellement de surface par manque de végétation.

En conséquence, les coupures d’eau potable sont fréquentes dans des villes comme Béni Mellal. Le secteur agricole est également fortement impacté, puisque la dotation à partir des barrages dans la région de Béni Mellal-Khénifra n’a pas dépassé les 60 millions de mètres cubes lors de la campagne agricole précédente.

De fait, seulement 205.000 hectares ont été irrigués sur les 721.000 ha inscrits au programme d’assolement par la Direction régionale de l’agriculture de Béni Mellal-Khénifra. Les rendements des cultures, notamment arboricoles, ont pareillement été affectés. L’impact est tel que le prix de l’huile d’olive dépasse désormais les 110 DH le litre pour la deuxième année de suite. 

Planification urbaine et développement de l’offre

Idéalement, le retour des années pluvieuses ferait le plus grand bien au bassin hydraulique d’Oum Er-Rabia. Mais pour l’heure, plusieurs mesures ont été prises pour surmonter la crise hydrique qui y sévit. Les ressources du bassin OER “seront renforcées avec un volume supplémentaire compris entre 400 et 500 millions de mètres cubes par an en provenance du bassin du Sebou”, assure le ministère de l’Equipement et de l’eau. 

Le plan d’action du ministère vise aussi à améliorer la capacité de stockage de l’eau d’environ 2 milliards de mètres cubes au niveau des principaux affluents de l’Oued Oum Er-Rabia. Au programme également, une réduction de 10 % du taux d’envasement des barrages d’ici 2050. 

En matière de gestion de la demande en eau, il s’agira de réduire les besoins agricoles à travers l’irrigation au goutte-à-goutte, l’amélioration de l’efficacité des réseaux de transport et de distribution d’eau potable pour atteindre au moins 80 % de rendement. Pour ce qui est de la préservation des ressources en eau, le ministère s’est principalement donné pour mission de réduire de 50 % le déficit des eaux souterraines d’ici 2030 pour atteindre l’équilibre d’ici 2050.   

Enfin, en termes de planification urbaine, les auteurs de l’étude susmentionné préconisent “l’intégration des infrastructures vertes pour atténuer les effets de la réduction de l’infiltration et de l’augmentation du ruissellement, renforçant ainsi la résilience urbaine face à la sécheresse”.

Hausse de 15,3% du trafic commercial des ports marocains au premier semestre 2024

Le trafic domestique a enregistré un volume de 60,8 millions de tonnes, avec une augmentation de 13%, tandis que le transbordement a atteint un volume de 55,6 millions de tonnes, soit une croissance de 17,8% par rapport au 1er semestre de l’année 2023, souligne le ministère de l’Équipement et de l’eau dans un communiqué.

La répartition du trafic a connu une prédominance de l’activité de transbordement, représentant ainsi une part de 47,8% du trafic global, suivi des importations avec 32,2%, des exportations avec 16,3% et du cabotage avec 2,9%, fait savoir la même source.

Ainsi, les importations ont atteint un volume de 37,5 millions de tonnes (+15,9%), les exportations 18,9 millions de tonnes (+13,2%), le cabotage 3,4 millions de tonnes (-10,9%) et le soutage des hydrocarbures un volume de 923,4 milliers de tonnes (+10,6%), et ce au profit des navires transitant par le Détroit de Gibraltar.

S’agissant des principaux trafics stratégiques traités par les ports marocains, le 1er semestre de l’année 2024 a connu une hausse au niveau des trafics des conteneurs (5,6 millions d’EVP/+16%), des hydrocarbures importés (6,3 millions de tonnes/+9,8%), des céréales (5,4 millions de tonnes/+26,2%), des phosphates et produits liés (16,1 millions de tonnes/+44,6%) du transport international routier (287.749 unités/+3,6%) et des voitures neuves (347.002 unités/+8%), d’un côté, et la baisse du trafic du charbon (4,9 millions de tonnes/-8,4%), d’un autre côté.

Pour le trafic des passagers, les ports marocains ont vu transiter 1,47 million de passagers à fin juin de l’année 2024, soit une hausse de 7% par rapport à la même période de l’année précédente.

Quant à l’activité de croisière, elle a connu une baisse de 23% par rapport au 1er semestre de l’année 2023, avec un nombre de 96.450 croisiéristes.

Concernant le volume des débarquements des produits de la pêche maritime côtière et artisanale, au titre du 1er semestre de l’année 2024, il a connu une baisse de 10,2% pour s’établir à 469.715 tonnes, conclut le communiqué.

Réunion à Rabat pour l’accélération des projets hydrauliques

Le ministre de l’Équipement et de l’eau, Nizar Baraka, a présidé, vendredi 2 août à Rabat, une réunion à la Direction générale de l’ingénierie hydraulique, consacrée à l’examen des projets hydrauliques qui seront mis en œuvre conformément aux orientations contenues dans le discours royal à l’occasion de la Fête du Trône.

Lors de cette réunion, le ministre a exhorté les directeurs des agences des bassins hydrauliques à élaborer un plan d’action précis pour atteindre les objectifs tracés, appelant à la mobilisation de toutes les parties concernées pour réaliser les projets programmés en application des orientations du Roi Mohammed VI, indique un communiqué du ministère de l’Équipement et de l’eau.

Ces projets concernent notamment le parachèvement du programme de construction des grands barrages et l’accélération de leur mise en œuvre en fonction des nouvelles priorités, ainsi que des projets de transfert d’eau entre les bassins de Laou, Loukkos, Sebou et Oum Er-Rbia vers le barrage Al Massira.

Le ministre a également invité les parties prenantes à la mise en œuvre rapide des projets qui portent sur l’interconnexion des barrages afin de permettre une gestion intégrée et fluide des ressources en eau au niveau des bassins, appelant à l’élaboration d’un programme intégré pour la construction de stations de dessalement de l’eau de mer, en collaboration avec l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) et l’ensemble des intervenants.

Il s’agit aussi d’augmenter le volume des eaux usées traitées d’ici 2030 et d’inciter les secteurs de l’agriculture, de l’industrie et du tourisme à les utiliser, en coordination avec le ministère de l’Intérieur.

A cet égard, Nizar Baraka a rappelé l’importance de la réalisation des contrats des nappes phréatiques et de la collecte les données relatives aux ressources en eaux souterraines, insistant sur la nécessité d’actualiser la stratégie nationale de l’eau en tenant compte de l’impact du changement climatique, de l’évolution des besoins en eau et de l’état des nappes phréatiques.

Dans ce contexte, des réunions seront organisées avec toutes les parties prenantes pour lutter contre le gaspillage des ressources en eau et rationaliser l’utilisation de l’eau potable et d’irrigation en adoptant des programmes de réhabilitation des canaux de pompage et des techniques du goutte-à-goutte, outre le renforcement de la police de l’eau en la dotant des moyens humains et financiers nécessaires, en étroite coordination avec les autorités locales et la Gendarmerie royale, note le communiqué.

Il sera également procédé à l’intégration de la formation d’ingénieurs et de techniciens dans les domaines des eaux non conventionnelles (dessalement de l’eau de mer, réutilisation des eaux usées traitées, énergies renouvelables) au niveau de l’Ecole Hassania des travaux publics (EHTP) et des instituts de formation technique relevant du ministère.

Ont participé à cette réunion, les directeurs centraux de la direction générale de l’ingénierie de l’eau, les directeurs des agences de bassin, le directeur de l’EHTP et la directrice des ressources humaines au ministère .

Réunion du comité de pilotage du Programme national d’approvisionnement en eau

Cette réunion a été axée sur les moyens de renforcer la dynamique de mise en œuvre de ce programme et d’actualiser ces différents axes, de manière à accélérer la réalisation des investissements à caractère urgent à entreprendre dans le secteur de l’eau, ainsi que sur l’examen des priorités contenues dans le discours royal adressé à la Nation à l’occasion du 25e anniversaire de la Fête du Trône, indique un communiqué du département du chef du gouvernement.

Au début de cette réunion, Aziz Akhannouch a mis l’accent sur la « teneur du discours royal qui a tracé les grands axes à même de permettre de relever les défis liés à la problématique de l’eau, ainsi que sur l’appel du Souverain à la nécessité d’une mise à jour continue des leviers de la politique nationale de l’eau et d’une mise en œuvre des différents projets dans un total respect des délais fixés et sans aucun retard », ajoute la même source.

En droite ligne avec les hautes instructions royales, le gouvernement ne ménagera aucun effort pour veiller à la concrétisation optimale de l’ensemble des volets du Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation 2020-2027, en vue d’assurer la mise en œuvre de l’ensemble de ses projets avec la célérité et l’efficience requises et réaliser ses objectifs d’atténuer les effets du stresse hydrique, en phase avec les aspirations du Roi, a poursuivi Aziz Akhannouch.

Lors de cette réunion, le chef du gouvernement a exhorté les différents départements gouvernementaux concernés à relever la cadence des investissements liés à l’eau et de leur mise en œuvre, selon le calendrier arrêté, affirmant que le comité de pilotage intensifiera ses réunions pour suivre de près le déroulement des différents programmes arrêtés, note la même source.

Cette réunion s’est déroulée en présence du ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, du ministre de l’Equipement et de l’eau, Nizar Baraka, et du ministre de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, Mohammed Sadiki.

Eau et agriculture : le projet du barrage Kheng Grou commence à prendre forme

Les travaux de construction du nouveau barrage se poursuivent sans relâche pour gagner du temps, dans un contexte de sécheresse sévère dans la région de l’Oriental. Situé dans la province de Figuig, le barrage de Kheng Grou sera bâti dans une gorge de l’oued Kheng Grou près de Ksar Moghel, caidat Beni Tadijit.

Ce cours d’eau s’écoule entre deux reliefs montagneux, le jbel Boudhir à l’ouest et le jbel Talmest à l’est. Il résulte de la confluence de plusieurs oueds situés en amont du bassin du Guir, principalement les oueds Safsaf, Rmila, Ghazouan, Hallouf et Sahb Sabab.

Une première zone à relocaliser située dans le bassin du barrage.

L’ouvrage, en cours de construction, est de type béton compacté au rouleau (BCR). Il s’agit d’une construction de barrage par mise en place successive de couches de béton. Cette approche permet une durabilité, une rapidité dans les travaux et une économie dans les coûts. Elle présente également l’avantage de déverser facilement les crues.

Les travaux récemment initiés concernent le début du coulage des couches de béton, qui atteindront une hauteur totale de 79 m à l’achèvement du projet. Deux ans après le lancement du projet, les travaux réalisés représentent environ 2/5 du projet total, soit un taux d’avancement d’environ 37%.

En raison de la crise hydrique, les travaux sont intensifiés pour achever le projet plus tôt que la date prévue. L’ambition est qu’il soit prêt vers juillet 2026 au lieu de mars 2027. De précieux mois gagnés.

Une fois finalisé, le projet, qui permettra le stockage d’environ 1.069 millions de mètres cubes d’eau supplémentaires, constituera le plus grand barrage de la région orientale et le cinquième plus grand du Maroc.

Image satellitaire montrant le caractère aride aux alentours du site du barrage (23 juin 2024).

En marge des travaux de construction, sont prévues des opérations de relocalisation des équipements qui seront noyés par la future retenue du barrage Kheng Grou, dont la ligne électrique de moyenne tension.

Forte sécheresse dans la province de Figuig

Contrairement à ce qui est médiatisé, ce projet ne constitue en aucun cas une menace hydrique pour l’ouest de l’Algérie puisque l’oued Kheng Grou ne présente aucune connexion avec l’oued Guir, dont la source est située dans la montagne Al Ayachi (province de Midelt) et qui déverse en Algérie.

Ce projet vise à trouver une solution face à la succession des années de sécheresse dans la région de l’Oriental.

D’une année à l’autre, le niveau des nappes souterraines a baissé en raison de la limitation des eaux de surface dans le bassin de Guir. Aujourd’hui, la surexploitation des nappes menace l’approvisionnement en eau potable et l’agriculture oasienne, très répandue dans cette zone aride.

Selon le ministère de l’Equipement et de l’eau, le bassin de Guir comprend principalement trois nappes, toutes surexploitées :

Nappe du Haut Atlas : cette nappe, la plus importante, s’étend de Figuig à l’est jusqu’au Rich à l’ouest. Les ressources d’eau renouvelables annuelles sont de 211,3 millions de mètres cubes contre une consommation de 211,3 millions de mètres cubes.

Nappe du Crétacé : elle se situe aux alentours de la ville d’Errachidia où les ressources renouvelables sont de l’ordre de 154.5 millions de mètres cubes contre une consommation annuelle de 154.4 millions de mètres cubes.

– Nappe du Quaternaire : il s’agit d’une nappe superficielle où les ressources renouvelables sont de 164,7 millions de mètres cubes contre une consommation de 188,1 millions de mètres, soit un déficit de 23,4 millions de mètres cubes.

Pour préserver l’oasis de Figuig, un projet de connexion entre le barrage Rkiza, avec une capacité de 17 millions de mètres cubes, et le barrage de Sfisef, dont la capacité ne dépasse pas 20 millions de mètres cubes, est envisagé.

Potentiel exploitable dans le bassin de Guir

Le bassin de Guir compte environ 59 seuils de dérivation et des khettaras le long des principaux oueds et affluents permettant le développement des oasis et le pastoralisme. Le projet Kheng Grou est pensé dans une zone où la qualité de l’eau de surface et souterraine est bonne et pérenne.

Il est estimé qu’il cumulerait un apport d’environ 110 millions de mètres cubes, pouvant doubler en cas de crues, fréquentes dans cette zone où les précipitations sont rares, sous forme de pluies torrentielles brèves mais intenses, pouvant apporter des volumes d’eau plus importants. Les grandes vallées traversées par les oueds du bassin Guir confirment ce constat.

Le bassin de Guir alimentant les provinces de Figuig et Errachidia ne dispose que de quelques barrages moyens, à savoir le barrage de Hassan Ad Dakhil (312 millions de mètres cubes) et le barrage de Kadoussa (220 millions de mètres cubes).

Ses potentialités, justifient la nécessité d’un nouveau barrage permettant de stocker plus de ressources, tout en réduisant la pression sur les eaux souterraines en surexploitation.

 

 

Le futur projet de barrage Kheng Grou permettra de créer une immense capacité de stockage d’eau, répondant ainsi à la demande croissante en eau face à l’épuisement des ressources souterraines. Il fournira de l’eau potable à la région, contribuera à la recharge de la nappe phréatique appauvrie, protégera contre les crues récurrentes et permettra le développement d’un périmètre agricole à l’aval du barrage, dont l’aménagement sera lancé prochainement et se développera en parallèle.

Enfin, il permettra de soutenir l’agriculture oasienne à l’aval du barrage sur une superficie de 1.000 hectares de petite et moyenne hydraulique traditionnelle, et d’étendre la superficie du périmètre sur 3.300 hectares additionnels.

Voici ce qu’il faut retenir du nouveau barrage de Kheng Grou :

– Capacité du barrage : 1 milliard 69 millions de mètres cubes ;

– Début de construction : deuxième trimestre de l’année 2022 ;

– Fin des travaux : juillet 2026 (au lieu de mars 2027, prévue initialement) ;

– Coût du projet : 1.150 millions de dirhams ;

– Finalité du barrage : eau potable, irrigation agricole, protection contre les inondations et recharge artificielle de la nappe de Guir.

Les travaux du Port Dakhla Atlantique affichent un avancement de 12%

Intervenant lundi 4 décembre à la Chambre des représentants au nom du ministre de l’Equipement et de l’eau, Nizar Baraka, le ministre de la Culture, Mehdi Bensaïd a fait le point sur le projet du port Dakhla Atlantique.

Le projet avance selon le calendrier établi et a actuellement atteint un taux d’avancement de 12% avec la fin des travaux de préparation et le lancement des préparations des blocs de clinker et des matières de construction pour réaliser les dernières constructions, comme le pont maritime et les ouvrages de protection.

En plus d’un point d’accès en mer, ce projet, d’un budget de 12,65 milliards de DH, se constituera, à terme, des ouvrages suivants :

– Bassin de commerce :

– Bassin de pêche :

– Bassin de réparation navale :

Une zone, d’une superficie préliminaire de 1.000 ha, a été réservée aux activités industrielles adjacentes au port en sus d’une zone portuaire d’une superficie de 650 ha.

Le réaménagement du barrage Sakia El Hamra réalisé à 70%

Le ministre de l’Equipement et de l’eau, Nizar Baraka, a présidé ce lundi 20 novembre les travaux du conseil d’administration de l’Agence du bassin hydraulique de Sakia El Hamra et Oued Eddahab au titre des années 2022 et 2023.

Cette rencontre a été consacrée à l’examen du bilan des actions de cette agence au titre des années 2022 et 2023 et à la présentation, ainsi qu’à la discussion, de son budget et de son programme au titre des années 2023 et 2024.

Voici le bilan des années 2023-2023

Durant l’année écoulée, le bassin de de Sakia El Hamra et Oued Eddahab a été marqué par :

– la poursuite des travaux de réaménagement du barrage Sakia El Hamra, endommagé par les inondations de 2016. Le taux de réalisation des travaux de ce projet a atteint 70% ;

– l’achèvement des travaux du projet de la station de dessalement de l’eau de mer au centre de Guerguerat, récemment inauguré à l’occasion du 48e anniversaire de la Marche verte ;

– la poursuite de la réalisation du projet de la station de dessalement de l’eau de mer à Tarfaya, du projet d’extension de la station de dessalement de l’eau de mer à Laayoune et du projet de la station de dessalement de l’eau de mer au centre Amgriou ;

– la poursuite de la réalisation des travaux du projet intégré de dessalement de l’eau de mer dans la ville de Dakhla ;

– la poursuite de l’exploration des eaux souterraines à travers la réalisation des forages d’exploration, afin d’assurer l’approvisionnement en eau potable ;

– la réalisation d’un bon nombre d’études, comme celles relatives aux contrats de gestion participative des ressources en eau souterraines et au réseau de suivi quantitatif à distance des nappes souterraines.

Un déficit pluviométrique de 46% en 2022-23

Le bassin de Sakia El Hamra et Oued Eddahab a connu durant l’année hydrologique 2021-2022 un déficit significatif au niveau des précipitations, de l’ordre de 43%, ce qui a impacté négativement le niveau des nappes souterraines, a rappelé Nizar Baraka.

Ce déficit au niveau des précipitations a persisté durant l’année hydrologique 2022-2023, pour atteindre 46% par rapport à la moyenne annuelle, a-t-il souligné.

Des projets de réutilisation des eaux usées, de petits barrages et lacs collinaires programmés

Afin d’anticiper les conséquences de cette situation, le ministre de tutelle a souligné que le gouvernement se penche sur la mise en œuvre de nombreux projets structurants au niveau du bassin de Sakia El Hamra et Oued Eddahab. Il s’agit de la programmation de la réalisation des projets suivants :

– l’extension de la station de dessalement de l’eau de mer de Tarfaya et de la station de déminéralisation des eaux saumâtres d’El Ouattia et de Tan Tan ;

– la poursuite des efforts dans le domaine de l’exploration des nappes souterraines et l’équipement de forages afin de mobiliser des ressources en eau supplémentaires et leur mobilisation pour répondre au déficit hydrique conjoncturel notamment dans les zones rurales ;

– la réalisation des petits barrages et lacs collinaires selon les propositions des comités régionaux présidés par les walis ;

– la réalisation des projets de réutilisation des eaux usées traitées des villes de Dakhla et Laâyoune pour l’arrosage des espaces verts afin de réduire la pression sur les eaux conventionnelles.

Lors de ce conseil d’administration, le plan d’aménagement intégré des ressources en eau de bassin de Sakia El Hamra et Oued Eddahab a été adopté. En outre, neuf projets de conventions de partenariat et de coopération dans le domaine de l’eau, ont été approuvés. Ces conventions concernent notamment le développement de l’offre en eau, la mobilisation des ressources en eau, le traitement des eaux usées, la protection contre les inondations, la météorologie, ainsi que le partenariat avec des établissements universitaires.

Enfin, le ministre de tutelle a déclaré que son département se penche actuellement sur la réalisation de l’étude d’actualisation de la Stratégie nationale de l’eau 2009, tout en tenant compte des évolutions des ressources en eau et leurs dernières données suite à l’impact des changements climatiques.

Voici le volume d’eau mobilisé et l’usage qui en est fait en une journée à partir des barrages

D’ordinaire, nous n’avons qu’une vision panoramique ou parcellaire de la quantité d’eau mobilisée à partir des eaux retenues par les barrages du Royaume, sans avoir la chance de rentrer dans les détails. Médias24 a pu consulter le tableau de répartition précis des volumes d’eau mobilisés et de leurs usages, datant du mercredi 4 au jeudi 5 octobre. 

Ce document dont les données sont collectées par la Direction générale de l’hydraulique, relevant du ministère de l’Equipement et de l’eau, esquisse les priorités en termes d’utilisation des ressources hydriques à partir des barrages. Notons que les données suivantes sont d’ordre indicatif. Les volumes mobilisés et leurs usages peuvent changer d’un jour à l’autre.

De plus, ces barrages ne sont pas les seules sources d’eau potable et d’irrigation du pays. Outre les eaux de surfaces, ces usages sont également possibles via les eaux souterraines à travers des forages dans les aquifères et les eaux non conventionnelles, à l’image des stations de dessalement.  

5,3 Mm3 d’eau mobilisés à partir de 39 barrages 

Ainsi, du mercredi 4 au jeudi 5 octobre, 5,3 millions de mètres cubes ont été mobilisés à partir de 39 barrages. Ces ressources ont servi à plusieurs usages, en haut desquels trône logiquement l’alimentation en eau potable (AEP)

– Alimentation en eau potable : 2,4 millions de mètres cubes (2.485.700 m3) ; 

– Irrigation : 1,4 million de mètres cubes (1.397.800 m3) ; 

– Energie : 200.000 m3 (barrage Hassan Ier) ; 

– Autres usages, notamment industriel : 1,2 million de mètres cubes (1.250.800 m3).

Ces ressources ont été mobilisées à partir de 39 barrages. En termes d’utilisation, ils se répartissent comme suit : 

– Alimentation en eau potable : 30 barrages ;  

– Irrigation : 10 barrages ;

– Energie : un barrage (Hassan Ier) ; 

– Autres usages, principalement industriel : 8 barrages.

A souligner que les eaux de certains barrages sont mobilisées pour répondre à plusieurs demandes en même temps, à l’instar des édifices de Mechra Hommadi et Bouhouda. Par ailleurs, du fait d’un taux de remplissage très bas, les ressources de certains barrages, dont Al Massira (3%) et Bin El Ouidane (7,8%), n’ont pas été mobilisées.

Voici en détails la quantité d’eau mobilisée et l’usage qui en a été fait, barrage par barrage : 

– Oued El Makhazine : 600.000 m3 (irrigation) ; 

– Tanger Méditerranée :  24.100 m3 (AEP) ; 

– Ibn Battouta : 14.600 m3 (AEP) ;  

– Neuf Avril 1947 : 55.000 m3 (AEP) ;  

– My Hassan Ben El Mahdi : 14.800 m3 (AEP) ;  

– M.B.A. Al Khattabi : 8.300 m3 (AEP) ;  

– Acharif Al Idrissi : 67.400 m3 (AEP) ;  

– Hassan II : 7.300 m3 (AEP) ;  

– Dar Khrofa : 249.700 m3 (AEP) ;  

– Joumou’a : 2.000 m3 (AEP) ;  

– Injil : 4.300 m3 (industrie) ;

– Barrage sur Oued Za : 216.000 (AEP) ;   

– Mechra Hommadi : 144.200 m3 au total (86.400 m3 irrigation / 25.900 m3 AEP / 31.900 m3 industrie ) ;

– Bab Louta : 26.200 m3 (AEP) ;

– Idriss 1er : 76.300 m3 (industrie) ;

– Sidi Echahed : 86.400 m3 (irrigation) ; 

– Bouhouda : 51.300 m3 (43.000 m3 industrie / 8.300 m3 AEP) ; 

– Asfalou : 1.900 m3 (industrie) ;   

– Al Wahda : 26.300 m3 (AEP) ;  

– Garde Sebou : 835.400 m3 (industrie) ;  

– El Kansera : 50.300 m3 (AEP) ;

– S.M. Ben Abdellah : 784.500 m3 (AEP) ;

– Oued Mellah : 17.300 m3 (AEP) ;  

– Hassan Ier : 200.000 m3 (production d’énergie) ;  

– Sidi Driss : 103.000 m3 (AEP) ;  

– Moulay Youssef : 257.000 m3 (irrigation) ;  

– Timinoutine : 276.400 m3 (irrigation) ;  

– Imfout : 259.200 m3 (AEP) ;  

– Daourat : 388.800 m3 (AEP) ; 

– Sidi Said Maachou : 181.400 m3 (AEP) ;

– Abou El Abbass Essabti : 23.700 m3 (10.000 m3 irrigation / 13.700 AEP) ;

– Lalla Takerkoust : 94.000 m3 (1.800 m3 irrigation / 89.100 m3 AEP / 3.100 m3 autres usages) ;

– Barrage Moulay Abderrahmane : 44.300 m3 (31.000 m3 irrigation / 13.300 AEP) ; 

– Aoulouz : 2.400 m3 (irrigation) ;  

– Moulay Abdallah : 19.500 m3 (AEP) ; 

– Abdelmoumene : 2.000 m3 (AEP) ;  

– Mokhtar Soussi : 24.500 m3 (3.800 irrigation / 21.600 AEP) ;

– Ahl Souss : 3.900 m3 (AEP) ;  

– Youssef Ben Tachfine : 68.700 m3 (45.000 m3 irrigation / 23.700 AEP) ; 

– Sultan Moulay Ali Cherif : 20.400 m3 (AEP).