Aïd al-Adha 2026 : l’ONSSA prépare dès à présent l’identification des bêtes destinées à l’abattage

L’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) vient de lancer un appel d’offres pour l’acquisition de matériel et de fournitures pour l’identification des ovins et caprins destinés à l’abattage à l’occasion de Aïd al-Adha 1447.

Les prestations consistent en :

– l’acquisition de 7 millions de boucles en plastique pour l’identification des ovins et caprins ;
– l’acquisition de 1.200 applicateurs desdites boucles.

Selon le cahier des prescriptions spéciales inclus dans l’appel d’offres, les boucles doivent être fournies et présentées d’une manière qui garantit qu’elles soient utilisées pour un animal unique, avec les spécifications suivantes :

– La boucle doit porter le numéro d’identification à affecter à chaque animal.

– Chaque boucle doit être composée d’une partie « mâle » et d’une partie « femelle ». La partie « femelle » sous forme de plaquette et la partie « mâle » sous forme de bouton.

– Le numéro d’identification doit être composé de huit chiffres et porté dans la partie femelle de chaque boucle.

– Les boucles doivent être de couleur jaune.

– Les boucles doivent être inviolables.

– Elles doivent être imprimées au laser avec le numéro visuel à huit chiffres selon la numérotation adoptée.

– L’impression du numéro visuel doit rester lisible pendant au moins 7 années.

– La matière plastique constituant les parties visibles de la boucle (après fermeture des parties mâle et femelle) doit être de couleur unie jaune.

L’applicateur doit quant à lui répondre aux spécifications suivantes :

Le délai d’exécution de l’ensemble des prestations est fixé à deux mois, pour un coût estimé de 8,5 millions de DH.

Nouvelles variétés d’agrumes. Le processus de création variétale expliqué par des chercheurs de l’INRA

Mehdiya, Gharbaouia, Chamsia. Ces noms ne vous disent sans doute rien, mais dans quelques années, elles seront dans vos assiettes ou dans un bateau à destination du continent européen. Vous l’aurez certainement compris, il s’agit de nouvelles variétés d’agrumes créées par l’Institut national de recherche agronomique (INRA). 

Révélées à l’occasion du 1er Congrès national des agrumes, organisé du mardi 13 au jeudi 15 mai à Marrakech par l’interprofession Maroc Citrus, ces découvertes variétales répondent à plusieurs problématiques, dont la pénurie d’eau qui a eu pour effet une perte de rendement, mais aussi d’environ 30.000 hectares en termes de superficie.

Avec ces créations variétales à la production tardive et précoce, il sera possible de combler les périodes creuses dans les calendriers de production, ce qui offre un avantage concurrentiel aux autres pays exportateurs par rapport au Maroc. En outre, ces variétés présentent des caractéristiques intéressantes en matière de jus et d’acidité, entre autres.

Elles sont le fruit d’un travail de longue haleine qui a nécessité une mutualisation des efforts, notamment au sein du Centre régional de la recherche agronomique de Kénitra, « où a été découverte la mandarine Nadorcott, l’une des fiertés marocaines à l’international », affirme à Médias24 le Dr Hassan Benaouda, chef du CRRAK.  

C’est l’une des dix structures régionales relevant de l’INRA. Un centre spécialisé dans les recherches sur les agrumes, où il y a plusieurs unités. « Une unité travaille sur l’amélioration génétique, tout ce qui est variété et porte-greffe. Et une autre unité se focalise sur les aspects phytosanitaires. Et nous avons également une équipe d’agronomie, de sol qui s’occupe de l’irrigation, de la fertilisation et de tout ce qui est conduite des agrumes”, explique le Dr Hassan Benaouda.

Des programmes de recherche à moyen terme y sont lancés sur la base des besoins des professionnels. En l’occurrence, les agrumiculteurs. Et à partir de là, « nous essayons de trouver des solutions à travers ce programme sur quatre années. Sans oublier les programmes continus, comme ceux de l’amélioration génétique », assure notre interlocuteur.

 

 

Du clonage au croisement 

Bref, l’amélioration constitue l’une des orientations majeures du Centre régional de recherche agronomique de Kénitra, en usant de méthodes contemporaines.  Avant les années 1990, l’amélioration variétale des agrumes reposait essentiellement sur la sélection clonale. « Les agrumes font partie des arbres caractérisés par des mutations de bourgeons », explique Dr Hamid Benyahya, chercheur au CRRAK.

Ces mutations naturelles ont permis l’apparition de nombreuses variétés, en particulier chez les clémentiniers. « La majorité des variétés de clémentines qu’on trouve aujourd’hui sur le marché sont issues de mutations clonales », précise Dr Benyahya. Une méthode qui est toujours d’actualité. « Il suffit d’un œil aguerri pour repérer une variation au niveau des fruits sur un arbre et initier un suivi rigoureux. C’est ainsi qu’ont été sélectionnées des variétés comme la clémentine Sidi Aissa, par exemple », ajoute notre interlocuteur. 

Mais, à partir de 1990, un virage s’est amorcé à l’INRA. Un programme de création variétale par croisement a été lancé, en complément de la sélection clonale. Cette nouvelle approche offre une liberté inédite. « On peut désormais choisir les parents à croiser en fonction des besoins : précocité, rusticité, qualité gustative ou rendement », indique-t-il.

Une méthode qui a permis de développer neuf nouvelles variétés inscrites au catalogue officiel de l’Office national de sécurité sanitaire des aliments (ONSSA), dont sept diploïdes, un orangé et deux triploïdes. Certaines sont des mandarines aux qualités exceptionnelles : jus abondant, bonne fermeté, excellente maturité, avec une demande grandissante sur le marché. 

« Il y a même un échelonnement de la production : certaines mûrissent fin novembre, d’autres mi-décembre ou en janvier. La dernière variété inscrite arrive à maturité vers le 15 ou le 20 janvier », assure Hamid Benyahya.

En matière de rendement, certaines de ces nouvelles variétés atteignent des tonnages importants. « Jusqu’à 70 tonnes par hectare pour certaines. Un chiffre bien au-dessus de la moyenne actuelle qui tourne autour de 20 à 30 tonnes », se réjouit-il.

Cependant, l’ensemble de ces variétés n’est pas encore disponible chez les pépiniéristes. Car, une fois la variété obtenue, on procède à son inscription et à sa certification en collaboration avec l’ONSSA. Il est interdit de diffuser une variété qui n’est pas inscrite au catalogue officiel. Toutes les variétés sont également protégées, ce qui signifie que leur usage est réglementé. « Le matériel de base est conservé au parc à bois de l’INRA, où l’on trouve les arbres-mères. Ce sont eux qui fournissent les greffons destinés aux pépiniéristes ». 

 

 

Une adaptabilité géographique éprouvée

Quid de l’adaptation géographique d’une variété dans certaines conditions et qui sera exploitée dans un environnement différent, au moins sur le plan climatique. « Créer une variété, c’est long. Il faut en moyenne 12 ans. Et si l’on tient compte de l’étude du porte-greffe compatible, on parle de 17 ans de travail. Autant dire que ce serait une perte de temps et d’argent si l’adaptation dans différentes conditions n’est pas prise en compte au moment de son développement ». 

C’est pourquoi l’INRA mène des essais dans diverses régions du Maroc. Objectif ? tester le comportement des variétés dans différents environnements. « À travers des journées portes ouvertes, les agriculteurs peuvent venir observer les résultats et évaluer l’adaptabilité des variétés à leur région”, affirme M. Benyahya.

D’ailleurs, les essais de comportement sont la phase la plus longue et fastidieuse. « On ne peut pas évaluer sérieusement le comportement d’une variété en deux ou trois ans. Il faut au minimum sept ans pour tirer des conclusions fiables », avance-t-il. Cela dit, une variété aussi prometteuse soit-elle, n’est pas automatiquement inscrite.

« Surtout si elle ne répond pas aux critères définis par l’ONSSA. Car il ne suffit pas de créer une variété. Il faut déposer un dossier détaillé et faire confirmer les caractéristiques de la plante par une équipe indépendante sur deux années », prévient le Dr Hamid Benyahya. Le programme ne s’arrête pas là. Il se poursuit avec la création de nouveaux porte-greffes nationaux, une première au Maroc.

« Jusqu’ici, les porte-greffes étaient tous importés. Désormais, grâce à un programme de croisement, nous avons développé des porte-greffes marocains aux caractéristiques très recherchées », conclut-il.

Création, sélection, certification, adaptation… La recherche agrumicole marocaine suit un processus exigeant, précis, et surtout ancré dans la durée. Un travail d’orfèvre, fait de patience, d’observation et d’innovation pour le bien présent et futur de l’agriculture marocaine et de la filière agrumicole en particulier.

https://medias24.com/2025/05/14/congres-national-des-agrumes-la-riposte-scientifique-de-linra-aux-defis-climatiques/

Tuberculose et lait cru, quelles sont les véritables menaces pour la santé publique ?

Une vague d’inquiétude s’est propagée ces derniers jours sur les réseaux sociaux au Maroc. En cause : des publications évoquant des cas de tuberculose supposément liés à la consommation de lait cru ou de produits laitiers non pasteurisés. À cela se sont ajoutées des vidéos d’influenceurs, diffusées sur les réseaux sociaux, suggérant sans preuve que certaines personnes auraient été touchées par une forme de la maladie, en montrant des « ganglions au niveau du cou ». Ces affirmations ont alimenté une certaine panique parmi les citoyens.

La tuberculose : de quoi parle-t-on ?

La tuberculose est une maladie infectieuse causée par des bactéries du genre Mycobacterium. Elle se transmet principalement par voie respiratoire, d’une personne malade à une autre. Elle touche principalement les poumons, mais d’autres organes peuvent également être atteints.

Toutefois, une autre forme, dite « zoonotique », causée par Mycobacterium bovis, peut affecter le bétail et, plus rarement, être transmise à l’homme. Chez les bovins, l’infection est souvent inapparente, les symptômes cliniques n’apparaissant que tardivement, ce qui augmente le risque de transmission à l’être humain. Cette transmission peut notamment se faire par la consommation de lait cru contaminé, c’est-à-dire non pasteurisé et non traité thermiquement.

L’ONSSA rassure : le lait industriel est sûr

Contacté à ce sujet, l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) est rassurant. L’organisme souligne que toutes les unités industrielles de production de lait et de ses dérivés doivent obtenir un agrément sanitaire, délivré uniquement après vérification de leur conformité aux normes en vigueur.

Ces établissements ne commercialisent que du lait ayant subi une pasteurisation ou un traitement thermique destiné à éliminer tous les microbes pathogènes, y compris ceux responsables de la tuberculose. Ils sont soumis à des contrôles rigoureux à plusieurs niveaux :

« Ces unités soumettent le lait à un traitement thermique qui permet d’éliminer tous les germes pathogènes », affirme le Dr Hicham Alibou, chef de la division Sécurité sanitaire des produits et sous-produits animaux et aliments pour animaux à l’ONSSA.

Lait non contrôlé : un risque réel

Le véritable danger réside donc ailleurs : dans la consommation de lait et de produits laitiers vendus en dehors des circuits contrôlés, notamment dans les souks ou auprès de vendeurs ambulants.

« Le lait est un produit très sensible. S’il n’est pas bien conservé, il peut s’abîmer rapidement. Le lait pasteurisé, par exemple, doit être conservé à une température inférieure à 6 °C et consommé dans les cinq jours », insiste le Dr Alibou.

L’office recommande aux consommateurs d’acheter uniquement du lait et des produits laitiers portant une étiquette claire, avec un numéro d’agrément ONSSA et une date de péremption, tout en respectant la chaîne du froid. « Parce que l’étiquette doit mentionner des informations essentielles : la provenance, le numéro d’agrément ONSSA, la température de conservation et la date de péremption », explique le Dr Alibou.

« Mon conseil aux consommateurs : achetez uniquement du lait et des produits laitiers provenant de sources connues, avec une étiquette claire, un numéro d’agrément ONSSA, et veillez toujours à bien les conserver au frais », conclut-il.

Dans un communiqué, la Fédération interprofessionnelle de la filière laitière (Maroc Lait) rappelle que le lait produit par les unités industrielles agréées ne présente aucun danger pour la santé.

« La consommation de lait non agréé, qui ne fait l’objet d’aucun contrôle sanitaire, peut présenter un risque pour la santé », avertit la fédération, en appelant les citoyens à privilégier les produits pasteurisés, bien emballés, et commercialisés dans les circuits officiels. En d’autres termes, évitez le lait de colportage, un conseil qui est constamment répété depuis quelques années.

Rappel de poivrons marocains en Allemagne : deux lots issus d’un seul verger identifiés par l’ONSSA

Le 21 mars 2025, les autorités allemandes ont émis une alerte à travers le système d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF), signalant la présence excessive d’abamectine, un pesticide, dans un lot de poivrons en provenance du Maroc et acheminé en Allemagne via des opérateurs espagnols.

Ce dépassement des seuils autorisés a conduit au retrait immédiat des produits concernés du marché allemand, soulevant des interrogations quant au respect des normes sanitaires dans les exportations agricoles marocaines.

Médias24 a contacté l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) pour obtenir des précisions sur cette affaire. L’organisme a confirmé avoir reçu la notification du RASFF et avoir immédiatement lancé une enquête approfondie afin d’identifier l’origine du problème et de prendre les mesures nécessaires.

Contrairement aux inquiétudes initiales, les investigations de l’ONSSA ont permis d’établir que seuls deux lots issus d’un même verger étaient concernés par cette non-conformité, et non l’ensemble des exportations marocaines de poivrons vers l’Allemagne.

Face à cette situation, l’ONSSA a mis en place des mesures immédiates et strictes :

L’abamectine : un pesticide autorisé mais réglementé

L’abamectine est un insecticide homologué pour la culture du poivron, avec des limites maximales de résidus (LMR) établies à 0,05 ppm au Maroc et 0,09 ppm selon le Codex Alimentarius. Ce dépassement des seuils réglementaires en Allemagne a donc nécessité une intervention corrective immédiate, bien que l’usage de cette substance soit légal dans l’agriculture marocaine.

L’ONSSA rappelle que des plans annuels de surveillance et de contrôle des résidus de pesticides dans les fruits et légumes sont mis en place afin de garantir la salubrité des produits consommés au Maroc et exportés.

En 2025, 1525 échantillons ont déjà été analysés à travers les marchés de gros, points de vente et exploitations agricoles. Ces contrôles ont conduit à l’établissement de 30 procès-verbaux d’infraction et à la destruction de 1,5 tonne de produits non conformes.

Ce rappel en Allemagne illustre l’efficacité du dispositif de traçabilité et de contrôle mis en place par l’ONSSA, qui veille à garantir la conformité des produits agricoles marocains aux normes internationales, précise notre source.

Pour l’année 2024, l’ONSSA a réalisé 5.716 analyses, incluant 275 échantillons de poivrons, et dressé 155 procès-verbaux d’infraction, avec 73 tonnes de produits détruits pour non-conformité.

Viandes rouges et subventions : entre flou, surenchères politiques et soupçons de spéculation

« Dix-huit acteurs du secteur de la viande rouge ont engrangé jusqu’à 13 milliards de centimes (130 MDH), profitant des subventions pour réaliser des marges excessives ».  C’est, en substance, l’information relayée par les deux ministres, Nizar Baraka et Ryad Mezzour.

Lors de meetings politiques ou face aux médias, ils dénoncent « des spéculateurs » ayant tiré profit des mesures instaurées par l’État pour engranger « des marges excessives, jugées abusives et non éthiques ».

Ryad Mezzour explique ces sorties par la nécessité d’agir rapidement sur un secteur qui affecte directement le pouvoir d’achat des Marocains. Interrogé par nos confrères de The Voice, il a affirmé qu’il s’agissait d’une stratégie de dissuasion fondée sur le principe du name and shame.

Autrement dit, une mise en garde aux spéculateurs : « Nous avons révélé votre nombre. Si ces pratiques persistent, nous révélerons vos noms ». Faire pression par la voie politique en attendant que les voies administratives et législatives puissent être enclenchées, affirme le ministre de l’Industrie et du commerce.

La multiplication des déclarations à ce sujet fait enfler la polémique et suscite des questions. La confusion s’installe et les interrogations fusent.

Les dix-huit acteurs dont il est question sont-ils des importateurs ? Des distributeurs ? Des grossistes ? Et ces 130 MDH, s’agit-il du montant des aides publiques ? Des gains générés par les marges non éthiques ? Que représente exactement ce montant ?

Des déclarations politiques floues qui alimentent la confusion

Si l’on s’attelle à décrypter les propos publics, que faut-il retenir ? En résumé, de l’argent public investi pour soutenir le pouvoir d’achat des Marocains a été détourné de son objectif initial par des acteurs de la filière.

Soit les opérateurs en question n’ont pas respecté le cadre de l’opération. Il faudrait alors des enquêtes et des mesures strictes à leur encontre.

Soit le gouvernement a failli dans la conception de la mesure, laissant des failles dans le dispositif.

Dans les deux cas, l’opinion publique a le droit de savoir et d’avoir l’information en toute transparence. Cela commence par l’identité de ces 18 opérateurs accusés de « spéculation ».

Nous avons interpellé des responsables gouvernementaux et des départements ministériels et institutions concernés par le sujet, dont le département de Ryad Mezzour, par qui le sujet a éclaté, et celui de l’Agriculture qui a piloté le dispositif d’aides.

Certains nous répondent brièvement : « cherchez du côté des chevillards ». D’autres préfèrent garder le silence.

Ce que nous savons des mesures destinées au secteur et de leur impact

Médias24 a tenté de reconstituer les données relatives à ces opérations d’importations à partir de sources publiques.

Deux types de mesures ont été adoptées :

En 2024, le dispositif en place visait l’importation de 300.000 têtes pour Aid Al-Adha. Ainsi, pour cette année-là, l’enveloppe de l’aide consentie par le gouvernement pouvait atteindre jusqu’à 150 MDH.

Plusieurs acteurs ont été impliqués dans ce dispositif :

La liste des importateurs éligibles à la subvention

Selon nos recherches, ils étaient plus d’une centaine d’importateurs éligibles à la subvention forfaitaire en 2024.  Une première liste de 67 opérateurs a été publiée sur le site de l’ONICL. Elle a été complétée par une liste additive de 33 opérateurs.

Nous n’avons pas pu reconstituer les listes pour 2023.

Nous ne sommes pas en mesure d’attester que tous les opérateurs figurant dans la liste de 2024 ont effectivement participé à l’opération.

Ce qui est certain, c’est que le nombre des opérateurs éligibles au dispositif d’aide et probablement ayant participé à l’importation est supérieur à 18.

 

Les effectifs importés en 2023 et 2024 selon l’office des changes

Qu’en est-il alors des chiffres d’importations et des montants des aides ?

Pour ce volet et à défaut d’avoir des chiffres précis auprès des institutions concernées, nous nous sommes tournées vers les données publiques de l’office des changes.

Il nous donne une indication sur les effectifs importés en 2023 et 2024 :

*Les données de l’année 2024 sont provisoires et arrêtées à fin septembre 2024. 

Nous savons, sur la base des circulaires consultées, que l’opération d’aide à l’importation en 2024 était autorisée entre le 15 mars et le 15 juin.

Pendant cette période d’importation éligible à la subvention de 500 DH/tête, 519.930 têtes d’ovins ont été importées.

À supposer que toutes les importations faites entre mars et juin 2024 répondaient aux différentes conditions et exigences, on peut estimer la valeur de la subvention en 2024 à 259,9 MDH.

Pour l’année 2023, aucune période spécifique n’était mentionnée dans les documents relatifs à cette opération et consultés par Médias24. Il nous est donc impossible de procéder à une estimation crédible.

L’impact des mesures

L’un des points soulevés par Baraka et Mezzour, ce sont les marges « non éthiques ».

« 18 spéculateurs réalisent des marges excessives, atteignant le double des marges pratiquées sur le marché, soit 40 DH/kg au lieu de 20 DH/ kg, et ce n’est pas normal », a  déploré Ryad Mezzour.

À Nizar Baraka de renchérir : « Ce n’est pas normal parce que l’objectif de cette subvention était de réduire le prix pour le consommateur final, alors que ces importateurs ont préféré en profiter pour améliorer leurs bénéfices. L’ovin importé à 2.000 DH a été vendu à 4.000 DH ».

Quand on analyse les prix de la viande ovine, on remarque que l’impact des mesures est peu perceptible et que les prix restent volatils, oscillant entre hausse et baisse, sans logique apparente.

La vraie baisse des prix est survenue après la décision de l’annulation du rituel du sacrifice pour l’année 2025. Cela dit, une hausse a été remarquée récemment, après les fortes pluies qui ont amélioré les parcours.

Medias24
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En tous les cas, tout porte à croire que les déclarations des ministres concernent le circuit de distribution et de commercialisation. Un circuit complexe, désorganisé et même anarchique.

Ci-dessous, une reconstitution de la chaine de valeur de la filière des viandes rouges publiée par le ministère de l’Agriculture sur son site web.

Elle ne comprend pas l’importation, car le Maroc n’y recourt massivement que ces deux dernières années. Par ailleurs, on y voit que, sur le volet de la commercialisation, il y a environ 700 marchés à bestiaux. C’est à ce stade que se forment les prix. Un projet de mise en place de 12 marchés à bestiaux régionaux a été lancé, sans voir le jour.

Le commerce des animaux vivants au Maroc se fait dans des conditions déplorables dans les souks hebdomadaires ruraux qui ne sont pas équipés, souvent très tôt le matin. De nombreux intermédiaires informels interviennent dans la chaine de commercialisation et exercent une pression sur les prix.

L’étape d’après est celle de l’abattage, qui se déroule dans plus de 180 abattoirs municipaux et près de 700 tueries rurales.

L’État a un programme ambitieux pour moderniser les abattoirs qui est en cours de déploiement. Il a commencé par la région de Rabat qui a été dotée d’un abattoir régional nouvelle génération.

Un secteur en proie à l’anarchie

Il reste donc la grande question : cette subvention publique que le gouvernement a pensée pour soutenir le pouvoir d’achat des Marocains et détendre les prix des moutons et de la viande rouge a-t-elle été détournée par des spéculateurs ?

Si oui, qui sont-ils ? Que compte faire le gouvernement ? Une telle dérive ne peut avoir eu lieu sans une entente préalable entre les opérateurs, puisque les marchés sont censés être des lieux de « formation des prix ».

M. Ryad Mezzour laisse entendre qu’il connait l’identité des 18 « spéculateurs ».

S’il rechigne à la communiquer à l’opinion publique, l’a-t-il transmise aux autorités compétentes pour qu’elles engagent les procédures qui s’imposent et tiennent informée cette opinion publique ?

L’ONSSA dément les rumeurs sur la sécurité des viandes et la santé du cheptel national

L’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) a tenu à rassurer le public concernant la santé du cheptel national et la sécurité des produits d’origine animale. Dans un communiqué, l’ONSSA a souligné que la santé des animaux est scrupuleusement suivie tout au long de l’année par ses services vétérinaires, en collaboration avec les vétérinaires privés et les autorités locales.

Concernant les médicaments vétérinaires, leur prescription et leur utilisation sont strictement réservées aux vétérinaires, à la suite d’un diagnostic précis. De plus, les vaccins utilisés sont sans danger pour l’homme, l’animal et l’environnement. Les antibiotiques ne sont administrés qu’en cas de nécessité médicale, et non à des fins préventives.

L’ONSSA a également rappelé qu’un programme national de surveillance des résidus de médicaments, incluant les antibiotiques, est mis en place chaque année, garantissant l’absence de résidus dans la viande destinée à la consommation. Enfin, les animaux destinés à la consommation subissent un contrôle sanitaire quotidien dans les abattoirs sous la supervision des inspecteurs vétérinaires.

Le communiqué conclut en réfutant les rumeurs concernant la présence de substances dangereuses dans les viandes, précisant que la sécurité sanitaire des produits est assurée à toutes les étapes.

Les températures caniculaires et l’absence de pluies provoquent inquiétude et attentisme

Ce jeudi 28 novembre 2024, il a fait 32 degrés à Casablanca. Depuis au moins une semaine, la température dans la métropole atteint quotidiennement des pics de 29 ou 30 degrés.

Le réchauffement climatique s’installe donc et avec lui, une inquiétude certaine. « La situation est grave. Je suis très inquiet », nous disent une partie des spécialistes que nous avons contactés.

En fait, la situation n’est pas uniforme dans tout le pays.

A Meknès, le Pr Errahj, enseignant à l’Ecole nationale d’Agriculture, témoigne: « dans cette zone, il n’y a pas de stress pluviométrique. Les températures ne sont pas trop hautes et on constate la présence d’un petit couvert végétal ». C’est qu’il avait déjà plu en quantité non négligeable.

A Imlil, dans le Haut-Atlas, les quantités d’eau ont « un peu baissé car il n’a pas neigé depuis quelques années », mais le moral est bon, car les populations qui vivent de tourisme et de plantations fruitières (cerisiers, pommiers…), arrivent à irriguer, témoigne Mohamed Mahdi, le sociologue du monde rural qui s’y trouvait il y a une semaine.

 

 

Les échos sont néanmoins globalement préoccupants. L’inquiétude porte sur le devenir de cette année agricole, mais également sur l’avenir de la situation hydrique au Maroc et à l’absence d’une bonne communication des pouvoirs publics quant à leur plan d’avenir. Les informations restent en effet fragmentées.

Le réchauffement climatique impacte directement l’agriculture et l’élevage. Et peut impacter l’eau potable, ce qui heureusement n’est pas le cas au Maroc.

En affectant l’agriculture et l’élevage, il peut faire des ravages dans le monde rural ainsi que dans les villes par effet domino. La situation actuelle était prévue. Elle semble toutefois s’être installée brutalement et intensément.

Le Pr Larbi Zagdouni, ago-économiste, spécialisé dans le monde rural, ne mâche pas ses mots: « C’est une gangrène. Le changement climatique dévaste tout, même les plantations fruitières et l’élevage. Seule l’agriculture saisonnière peut être épargnée. Il décime donc le capital productif. C’est une catastrophe كارثة ».

Le Pr Tahar Srairi, enseignant chercheur à l’Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II (IAV), se trouve face à un dilemme devant ses étudiants: « je me demande si je dois enseigner au passé », tellement le réchauffement climatique semble bien installé et durable. Il avoue que chez lui, « l’inquiétude est absolue, et je pèse mes mots. La situation est très inquiétante et ceci sans dramatriser. Elle confirme ce qui nous attend au cours des prochaines années ».

C’est une gangrène. Le changement climatique dévaste tout, même les plantations fruitières et l’élevage. Seule l’agriculture saisonnière peut être épargnée

Tahar Srairi rappelle que 4 millions de personnes vivent de l’agriculture. Larbi Zagdouni cite les pertes d’emplois dans le monde rural (1,2 million en 6 ans). Tahar Srairi pose LA question : quel est le plan B? Où est-il? Quelle est l’alternative? ».

Les besoins marocains en eau potable sont seulement de 1,7 milliard de m3 par an. Ceux de l’agriculture sont de 14 milliards de m3.

A titre d’information, et pour ce qui concerne l’actuelle saison agricole 2024-25, il prévient que le point de non-retour, c’est fin décembre. « S’il ne pleut pas d’ici là, nous subirons une année blanche ».

Où va le Maroc?

Larbi Zagdouni estime que l’on ne parle pas assez d’un secteur sinistré, l’élevage. Il trouve la crise des viandes rouges incompréhensible et inexplicable si l’on s’en tient uniquement aux chiffres officiels. En effet, lors des cycles précédents de sécheresse, comme celui de 1981-1985, les prix de la viande se sont effondrés, car les bêtes sont sacrifiées ou bradées. Là, c’est le contraire qui se passe: les prix ne cessent d’augmenter, atteignant des pics jamais connus auparavant. « Si l’autorité gouvernementale estime que le cheptel est suffisant, pourquoi importe-t-on de la viande fraîche ou congelée? ». Il dit son incompréhension totale devant la décision de confier une enquête sur le cheptel à l’ANOC, une association professionnelle, comme si le ministère se défaussait sur les professionnels ou se reposait sur eux, alors que c’est une affaire de spécialistes et de services comme ceux de l’ONSSA ou de la Direction des statistiques du ministère de l’Agriculture.

Larbi Zagdouni évoque une « sahélisation » de l’Afrique du Nord. Il estime que le dessalement ne remplacera jamais les apports d’eau conventionnels en forte baisse. Il attire l’attention sur l’hémorragie actuelle dans la catégorie des petits éleveurs. L’agriculture actuelle, impactée par la pénurie d’eau, ne peut plus faire vivre les 13 millions de personnes qui habitent la campagne. Il appelle le ministère de l’Agriculture à publier les chiffres exacts du cheptel ainsi que celui des destructions (arrachages, dessèchement) des arbres fruitiers. « Les solutions à cette situation se trouvent en dehors de l’agriculture », conclut-il.

Les solutions sont en dehors de l’agriculture

Mostafa Errahj va dans le même sens. « La question agricole ne se pose pas en tant que problématique agro-agricole ».  « Nous disposons de nombreux instruments d’incitation à la production, et peu d’incitations à la consommation intelligente », déplore-t-il. Le système agricole favorisait le moins-disant, « or, le moins-disant sera toujours celui qui effectue de l’exploitation intensive, jamais le paysan de Berrechid ne pourra le concurrencer, il sera toujours le moins cher ».

« A côté de la maîtrise de l’eau, du bon choix des variétés, il y a d’autres instruments à actionner ». Il préconise des systèmes territorialisés. Il cite l’exemple de l’AMAP, l’Association pour le maintien d’une agriculture paysanne, qui conclut des contrats avec des producteurs agro-écologistes avec mise en place d’un système de pré-financement par les consommateurs.

Nous disposons de nombreux instruments d’incitation à la production, et peu d’incitations à la consommation intelligente

En conclusion, la situation actuelle est préoccupante. Les solutions qui sont agitées telles que le dessalement ne sont pas jugées suffisantes pour remplacer les apports en eaux conventionnelles. Des chercheurs mais aussi des citoyens sont dans le flou et n’ont pas de visibilité quant à un éventuel plan B, ou plan de rattrapage.

Importation de viandes rouges prêtes à la consommation : le cahier des charges publié

Pour faire face à la crise actuelle dans le secteur, le gouvernement a décidé en octobre dernier d‘autoriser les importations, pour une durée limitée, de viandes rouges fraîches prêtes à la consommation.

Pour encadrer cette opération, un cahier des charges a été récemment publié par le ministère de l’Agriculture. Un document qui fixe notamment les normes techniques à respecter et les procédures d’importation.

Race, sexe, identification et abattage

Ce texte explique que « dans le cadre de la conjoncture actuelle qui se caractérise par une sécheresse sévère ayant un impact direct sur le cheptel national, le Maroc a décidé d’ouvrir l’importation des viandes bovines, ovines, caprines et camelines, ainsi que les abats, pour assurer l’approvisionnement du marché national en viandes rouges et stabiliser leurs prix« .

Ces viandes et abats doivent, selon les dispositions dudit document, provenir de pays ouverts à l’importation, conformément à la réglementation en vigueur, et doivent répondre aux normes techniques suivantes :

– être issus de bovins, camelins, ovins, et caprins mixtes (lait et viande) ou de croisements entre les races à viande entre elles et entre les races à viande et les races mixtes ;

– mâles et femelles ;

– être issus d’animaux identifiés conformément à la réglementation en vigueur du pays d’origine ;

– provenir d’animaux ayant été abattus dans un abattoir agréé et selon le rituel islamique halal ;

– être présentés en carcasse entière, en demi-carcasse, en quart de carcasse, ou encore en unité de vente pour les viandes rouges. Les abats incluent le foie, le cœur, les rognons, la langue, le ris, la rate, la tête, les pieds, les tripes et la queue ;

– viandes et abats frais, réfrigérés ou congelés ;

– provenir d’abattoirs et/ou d’unités de découpe agréés sur le plan sanitaire au niveau du pays d’origine.

Quid des importateurs éligibles ?

Selon ledit cahier des charges, les importateurs éligibles sont les suivants :

– les abattoirs de viandes rouges agréés par l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) ;

– les unités de découpe de viandes rouges agréées par l’ONSSA et équipées en entrepôts ou sous-traitant l’activité d’entreposage avec un entrepôt agréé par l’ONSSA ;

– les chevillards (disposant d’un ICE) exerçant dans les abattoirs agréés par l’ONSSA ;

– les personnes morales disposant d’un entrepôt agréé par l’ONSSA ou sous-traitant l’activité d’entreposage avec un entrepôt agréé ou abattoir agréé.

Ces derniers sont tenus de déposer leurs dossiers d’importation auprès de la Direction de développement des filières de production (DDFP) du ministère de l’Agriculture.

Les différentes procédures d’importation

Pour la première opération d’importation, les professionnels désirant importer les viandes et abats doivent déposer auprès de la DDFP une demande d’importation de viandes rouges, dont le dossier se constitue des pièces suivantes :

– une demande d’importation ;

– un engagement d’importation ;

– une copie du statut de la société ou du registre de commerce ou de l’ICE ;

– une copie de l’agrément de l’abattoir/unité frigorifique/entrepôt ;

– une attestation d’entreposage délivrée par le responsable de l’entrepôt sous-traitant l’activité d’entreposage ;

– une fiche technique relative à la capacité de stockage et la logistique d’entreposage, de transport frigorifique et de distribution des viandes rouges fraiches et congelées.

Après examen du dossier de la demande, la DDFP délivre une attestation d’éligibilité d’importation, qui fixe la quantité de viande à importer par acteur.

Pour la seconde demande d’importation, le dossier d’importation compte les pièces suivantes :

– une demande d’importation ;

– un engagement de l’importateur ;

– une copie des documents de l’opération d’importation précédente ;

– une copie du registre de suivi des viandes importées.

Les importateurs sont par ailleurs tenus de disposer d’un registre de traçabilité des viandes importées. En cas de non-respect par l’importateur des dispositions de ce cahier des charges, les approbations d’importation ne seront pas renouvelées. Le gouvernement, lui, appliquera en plus le plein tarif douanier à l’importation.

Notons que, selon nos informations, les viandes importées ont commencé à arriver au Maroc depuis le 11 novembre 2024. Cette opération « restera en vigueur aussi longtemps que possible, le temps de reconstituer le cheptel et à revenir à des niveaux d’approvisionnement normaux par la production nationale », d’après nos sources.

Qualité et sécurité sanitaire des sauces commercialisées : voici les nouvelles normes édictées par le gouvernement

Le nouveau projet de décret n°2.24.394 instaure des critères stricts en matière de composition et de qualité des sauces. Il définit les ingrédients autorisés dans leur fabrication et fixe des limites quant aux additifs et conservateurs utilisés. Ces normes sont destinées à garantir que les produits disponibles sur le marché répondent à des standards de qualité élevés, « protégeant ainsi les consommateurs de substances potentiellement dangereuses ».

L’un des points essentiels du décret, élaboré par le ministère de l’Agriculture, est le renforcement des mesures de sécurité sanitaire. Les fabricants seront tenus de garantir la traçabilité des ingrédients utilisés dans leurs produits. Cela implique une surveillance stricte de l’origine des matières premières et le respect des bonnes pratiques d’hygiène tout au long du processus de fabrication. 

Les autorités comptent également intensifier les contrôles pour s’assurer que les sauces commercialisées ne contiennent pas de contaminants pouvant nuire à la santé des consommateurs. L’objectif est de réduire les risques liés à l’usage d’ingrédients mal contrôlés ou à des conditions de production non conformes.

Des règles d’étiquetage claires pour une meilleure transparence

Le projet de décret n°2.24.394 prévoit aussi des règles d’étiquetage strictes destinées à fournir aux consommateurs toutes les informations nécessaires pour faire des choix éclairés. Parmi les informations obligatoires figurent :

Pour veiller au respect de ces nouvelles dispositions, le décret introduit des mesures de contrôle régulier des installations de production et des échantillons de sauces vendues sur le marché. En cas de non-conformité, des sanctions seront appliquées, allant d’amendes à des interdictions de commercialisation. Ces mesures visent à dissuader toute infraction aux normes sanitaires et à s’assurer que seules des sauces sûres et de qualité sont mises en vente.

461 produits phytosanitaires interdits d’usage au Maroc depuis 2018

Dans le cadre du renforcement de la sécurité sanitaire des produits alimentaires, le directeur général de l’ONSSA a transmis aux chefs de service, par correspondance en date du 16 juillet, la liste des pesticides dont l’utilisation a été interdite dans le domaine agricole entre janvier 2018 et juillet 2024, suite au retrait de leurs homologations. Le but étant d’en assurer la diffusion à large échelle, notamment auprès des professionnels et des agriculteurs.

 

461 produits phytosanitaires interdits d’usage entre janvier 2018 et juillet 2024

Sur ladite période, l’ONSSA a retiré en somme l’homologation de 461 produits phytosanitaires (noms commerciaux). L’Office a par ailleurs déclenché le réexamen de 15 substances actives (1,3-Dichloropropène,  Flumetsulam, Novaluron, Alpha-Cypermethrine, Flutriafol, Prochloraze, Cadusafos, Indoxacarbe, Topramezone, Chloropicrine, Lufenuron, Tricyclazole, Diméthoate, Myclobutanil, Zeta-cypermethrine), lit-on dans un avis adressé le 12 juillet aux sociétés agréées pour l’importation ou la fabrication des produits phytopharmaceutiques.

Le processus d’homologation de produits contenant l’une des substances actives précitées est à cet effet gelé pendant toute la période de réexamen. La décision relative au nouveau statut au Maroc de ces matières actives ainsi que les produits phytopharmaceutiques les contenant sera prise après avis de la Commission nationale des produits phytopharmaceutiques qui tiendra sa réunion en décembre 2024.

L’intensification des mises à jour ne serait-elle pas liées à l’acharnement en Europe sur les produits agricoles marocains et la guerre phytosanitaire déclenchée contre le Maroc? Joints par nos soins, l’ONSSA et les opérateurs de distribution des produits phytosanitaires s’en tiennent à affirmer qu’il s’agit d‘une procédure courante dont l’objectif est de tenir informés les consommateurs et les agriculteurs.

Pourquoi procède-t-on alors au retrait de certains produits phytosanitaires?

« Nous avons un système de veille des pesticides qui permet d’identifier les substances actives. Ainsi, nous homologuons, retirons, et revoyons les préparations commerciales, au niveau de nos laboratoires et en concertation avec l’Union européenne. Nous mettons à jour notre plateforme à chaque fois que nous procédons à un retrait. Nous tenons informées nos directions régionales, les sociétés ainsi que les agriculteurs », explique l’ONSSA.

Un grand opérateur de distribution des produits phytosanitaires rejoint l’Office sur ce point : « Ce sont des mises à jour courantes dont l’objectif est de tenir informés les consommateurs. Il existe trois raisons pour lesquelles l’homologation des noms commerciaux est retirée. D’abord, le produit phytosanitaire en question est toxique. Une fois la toxicité d’un produit arrêtée par l’ONSSA, l’Office en interdit automatiquement et définitivement la vente. La société importatrice du produit concerné est responsable dans ce cas de figure de la destruction des stocks obsolètes. Je tiens à souligner dans la même lignée que nos centres de destruction ne sont malheureusement pas adéquats puisque leur capacité d’absorption est faible ».

« Un produit phytosanitaire est également retiré du marché quand sa société importatrice n’arrive pas à l’homologuer de nouveau alors que la ou les matières actives le composant sont encore reconnues et appliquées à l’échelle mondiale. Dans ce cas-là, la société importatrice dispose d’une année pour faire écouler son stock. Elle reste dans la réseau de distribution deux ans après le retrait de ses produits », poursuit-t-il.

Notre interlocuteur de conclure : « Le troisième cas, c’est quand la ou les substances actives composant le produit concerné fait l’objet d’un réexamen. L’importation du produit est gelée jusqu’à la fin du réexamen. Ce dernier est déclenché suite à l’annonce de réexamens des mêmes substances à l’étranger, notamment en Europe. Au-delà des différentes raisons derrière le retrait d’un produit phytosanitaire, il faut retenir que le non-respect des doses recommandées et la mauvaise utilisation demeurent les vrais poisons ».

Aïd al-Adha 2024. Face aux fraudes, les associations de consommateurs appellent à généraliser les preuves d’achat

À la date du 31 mai, plus de 51 tonnes d’aliments pour animaux non conformes aux spécifications ont été détectées dans le Royaume, avait annoncé Mohammed Sadiki à la Chambre de Conseillers, un chiffre susceptible d’augmenter d’ici le 17 juin, date officielle de l’Aïd. Ces infractions, constate Ouadie Madih, président de la Fédération nationale des associations du consommateur (FNAC), sont la preuve que le cheptel destiné à l’Aïd requiert une surveillance plus accrue.

Depuis 2017, année où les moutons de l’Aïd avaient posé un véritable problème avec leur carcasse de couleur verte ou grise, voire bleue, des mesures ont été prises pour prévenir ces anomalies. « Depuis ce temps-là, nous avons travaillé conjointement avec l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) et avons constaté une nette réduction de ces problèmes », a affirmé Ouadie Madih dans un entretien avec Médias24.

Le président de la FNAC souligne que malgré ces progrès, certains problèmes persistent. « Il serait erroné de prétendre que tous les problèmes sont résolus. Nous pouvons affirmer que la situation s’est nettement améliorée, même si certaines personnes continuent malheureusement à utiliser des méthodes d’engraissement illégales et des aliments non conformes à la réglementation ».

Pour lutter contre ces pratiques, une plateforme de réclamation a été mise en place en collaboration avec l’ONSSA pour recevoir et traiter les plaintes des consommateurs. « Les interventions des forces de sécurité, telles que la gendarmerie royale et la police nationale, ont également contribué à réduire drastiquement ces problèmes ».

Concernant la traçabilité, les boucles jaunes permettent d’identifier l’éleveur, mais elles ne garantissent pas la qualité ou la chaîne de vente. « Si un éleveur vend à un intermédiaire, la chaîne de traçabilité peut se casser, compliquant la remontée jusqu’à l’origine en cas de problème. Nous insistons sur la nécessité de preuves d’achat, à l’image des grandes surfaces pour assurer une traçabilité fiable et éviter les fraudes « , poursuit Ouadie Madih.

En outre, les consommateurs se rendant aux souks remarquent cette année une hausse fulgurante du prix du mouton, exacerbée par le contexte économique actuel. « La hausse des prix n’est pas toujours justifiée, et les intermédiaires illégaux, qui profitent de la situation, sont un problème majeur que les autorités doivent éradiquer », martèle Ouadie Madih, plaidant pour que les marchés soient réglementés, « à l’exemple du souk de Laâyoune, qui répond aux attentes des consommateurs et des éleveurs ».

Le président de la FNAC critique également la subvention gouvernementale de 500 dirhams par tête de mouton importé, qui n’a pas été répercutée sur les prix de vente. « Le marché doit être libre et concurrentiel, mais l’État doit intervenir pour contrôler et plafonner les prix des produits subventionnés afin de protéger les consommateurs. Nous insistons pour que des mesures soient prises pour garantir des prix justes et transparents, surtout lorsque des fonds publics sont utilisés pour subventionner ces produits », conclut-il.

Que fait l’ONSSA pour prévenir les fraudes?

Interrogé sur les mesures entreprises pour faire face à l’engraissement illicite du bétail, l’ONSSA s’est contenté d’énumérer les différentes missions entrant dans le cadre de son plan d’action. Selon l’organisme public, sa priorité est de « sensibiliser les acteurs concernés aux bonnes pratiques d’alimentation animale ». Pour une meilleure traçabilité, l’ONSSA impose également « l’enregistrement des élevages et l’identification obligatoire des ovins et caprins destinés à l’abattage de Aïd al-Adha 1445 Hégire ». Cette mesure vise à « prévenir les fraudes et à garantir la transparence tout le long de la chaîne d’approvisionnement ».

Un autre volet « crucial du plan est le renforcement du contrôle des aliments pour animaux ». L’ONSSA « s’engage ainsi à intensifier les inspections pour s’assurer que les aliments fournis répondent aux normes de sécurité et de qualité ». De plus, une attention particulière sera portée à l’utilisation frauduleuse de substances non autorisées, « telles que les fientes et fumiers de volailles ». En cas de transport, ces matériaux devront être accompagnés d’un laissez-passer vétérinaire, garantissant leur traçabilité depuis l’origine jusqu’à la destination finale.

Enfin, l’Office a mis en place des commissions mixtes (comprenant les ministères de l’Intérieur et de la Santé, ainsi que l’ONSSA) pour effectuer des opérations de contrôle rigoureuses dans les unités d’engraissement et les points de vente. L’objectif est de vérifier la qualité et la sécurité des aliments fournis aux animaux et de prendre des mesures strictes contre les contrevenants, en les traduisant en justice conformément aux lois en vigueur.

Lancement de l’opération d’identification des ovins et des caprins pour Aïd al-Adha 2024

Sous l’égide du ministère de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, en partenariat avec l’Association nationale ovine et caprine (ANOC), cette opération, gratuitement réalisée au profit de tous les éleveurs engraisseurs, consiste en la pose sur l’une des oreilles de l’animal d’une boucle de couleur jaune qui porte un numéro de série unique à chaque animal portant la mention « Aïd al-Adha », indique l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) dans un communiqué.

Cette identification permet aux citoyens d’acquérir des animaux tracés, facilitant ainsi leur suivi en cas de besoin, souligne la même source.

En plus de cette opération, l’ONSSA renforce le contrôle et le suivi des préparatifs de Aïd al-Adha qui comprend notamment :

– le contrôle de la qualité de l’eau d’abreuvement ;

– l’alimentation animale ;

– les médicaments utilisés au niveau des élevages ;

– les unités d’engraissement ;

– la circulation des déchets de volaille qui est conditionnée par l’obtention d’un laissez-passer auprès des services vétérinaires de l’ONSSA afin de suivre leur traçabilité.

À l’occasion de Aïd al-Adha 1444 (2023), environ 6,8 millions de têtes d’ovins et de caprins ont été identifiées, rappelle l’ONSSA.

(Avec MAP)