Une vague d’inquiétude s’est propagée ces derniers jours sur les réseaux sociaux au Maroc. En cause : des publications évoquant des cas de tuberculose supposément liés à la consommation de lait cru ou de produits laitiers non pasteurisés. À cela se sont ajoutées des vidéos d’influenceurs, diffusées sur les réseaux sociaux, suggérant sans preuve que certaines personnes auraient été touchées par une forme de la maladie, en montrant des « ganglions au niveau du cou ». Ces affirmations ont alimenté une certaine panique parmi les citoyens.

La tuberculose : de quoi parle-t-on ?

La tuberculose est une maladie infectieuse causée par des bactéries du genre Mycobacterium. Elle se transmet principalement par voie respiratoire, d’une personne malade à une autre. Elle touche principalement les poumons, mais d’autres organes peuvent également être atteints.

Toutefois, une autre forme, dite « zoonotique », causée par Mycobacterium bovis, peut affecter le bétail et, plus rarement, être transmise à l’homme. Chez les bovins, l’infection est souvent inapparente, les symptômes cliniques n’apparaissant que tardivement, ce qui augmente le risque de transmission à l’être humain. Cette transmission peut notamment se faire par la consommation de lait cru contaminé, c’est-à-dire non pasteurisé et non traité thermiquement.

L’ONSSA rassure : le lait industriel est sûr

Contacté à ce sujet, l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) est rassurant. L’organisme souligne que toutes les unités industrielles de production de lait et de ses dérivés doivent obtenir un agrément sanitaire, délivré uniquement après vérification de leur conformité aux normes en vigueur.

Ces établissements ne commercialisent que du lait ayant subi une pasteurisation ou un traitement thermique destiné à éliminer tous les microbes pathogènes, y compris ceux responsables de la tuberculose. Ils sont soumis à des contrôles rigoureux à plusieurs niveaux :

  • Surveillance continue des unités agréées pour vérifier le respect des conditions sanitaires ;
  • Prélèvements réguliers de lait et de ses dérivés pour analyses en laboratoire ;
  • Contrôles sur les lieux de vente, dans le cadre des commissions locales mixtes placées sous l’autorité des pouvoirs publics.

« Ces unités soumettent le lait à un traitement thermique qui permet d’éliminer tous les germes pathogènes », affirme le Dr Hicham Alibou, chef de la division Sécurité sanitaire des produits et sous-produits animaux et aliments pour animaux à l’ONSSA.

Lait non contrôlé : un risque réel

Le véritable danger réside donc ailleurs : dans la consommation de lait et de produits laitiers vendus en dehors des circuits contrôlés, notamment dans les souks ou auprès de vendeurs ambulants.

« Le lait est un produit très sensible. S’il n’est pas bien conservé, il peut s’abîmer rapidement. Le lait pasteurisé, par exemple, doit être conservé à une température inférieure à 6 °C et consommé dans les cinq jours », insiste le Dr Alibou.

L’office recommande aux consommateurs d’acheter uniquement du lait et des produits laitiers portant une étiquette claire, avec un numéro d’agrément ONSSA et une date de péremption, tout en respectant la chaîne du froid. « Parce que l’étiquette doit mentionner des informations essentielles : la provenance, le numéro d’agrément ONSSA, la température de conservation et la date de péremption », explique le Dr Alibou.

« Mon conseil aux consommateurs : achetez uniquement du lait et des produits laitiers provenant de sources connues, avec une étiquette claire, un numéro d’agrément ONSSA, et veillez toujours à bien les conserver au frais », conclut-il.

Dans un communiqué, la Fédération interprofessionnelle de la filière laitière (Maroc Lait) rappelle que le lait produit par les unités industrielles agréées ne présente aucun danger pour la santé.

« La consommation de lait non agréé, qui ne fait l’objet d’aucun contrôle sanitaire, peut présenter un risque pour la santé », avertit la fédération, en appelant les citoyens à privilégier les produits pasteurisés, bien emballés, et commercialisés dans les circuits officiels. En d’autres termes, évitez le lait de colportage, un conseil qui est constamment répété depuis quelques années.