Eaux souterraines, rivières, barrages : une étude révèle l’ampleur de la pollution hydrique au Maroc

Une équipe de recherche marocaine, provenant principalement de l’Institut international de recherche en eau (IWRI) et relevant de l’Université Mohammed VI Polytechnique, a mené une étude cartographique pour quantifier et évaluer la pollution hydrique au Maroc. Cette étude a été récemment publiée dans la revue scientifique Hydrology : Regional Studies, un journal spécialisé dans l’analyse des problématiques hydrologiques propres à chaque région.

L’étude a mobilisé des données collectées à partir de 25 barrages, 29 aquifères et 172 points de mesure dans des rivières. Ces données ont été fournies par la Direction générale des eaux et les agences des bassins hydrauliques du Maroc, qui effectuent des évaluations régulières de la qualité de l’eau.

Ces évaluations institutionnelles s’appuient sur un réseau de surveillance et des analyses in situ des paramètres hydrochimiques et bactériologiques.

Qualité des eaux souterraines : des nappes fragiles, entre surexploitation et contamination

L’examen de la carte issue de cette étude montre un contraste évident dans la qualité de l’eau des aquifères. En tête, les aquifères du Causse moyen atlasique, d’Ogbane (Loukkos) et de Laou disposent d’une excellente qualité d’eau.

En second lieu, les aquifères de Fès-Taza et de Aïn Béni Mathar (l’Oriental) présentent une qualité d’eau moyenne.

Carte de classification des aquifères du Maroc selon leur degré de pollution (Miftah et al.,2025).

En revanche, une grande partie des aquifères sont contaminés et pollués, affichant une qualité médiocre à mauvaise pour différentes raisons.

Dans le nord du Maroc, l’aquifère de Nekor figure parmi les plus pollués. Fortement minéralisé, il présente des concentrations élevées de chlorures, attribuables à la présence d’argiles évaporitiques dans le bassin ainsi qu’à l’intrusion d’eau de mer.

Dans le bassin du Sebou, l’ensemble des aquifères souffre d’une qualité d’eau très médiocre, principalement en raison d’une pollution aux nitrates. Cette contamination résulte de l’utilisation excessive d’engrais azotés, du rejet d’eaux usées non traitées et de l’élevage intensif.

Le bassin d’Oum Er-Rbia abrite plusieurs aquifères pollués, caractérisés par une forte minéralisation ou des concentrations de nitrates dépassant les normes autorisées. Les activités anthropiques, notamment les rejets d’eaux usées industrielles et domestiques, favorisent l’infiltration de nitrates depuis la surface vers ces aquifères.

L’aquifère de Doukkala-Abda, l’un des principaux aquifères du bassin d’Oum Er-Rbia, connaît une dégradation de sa qualité en raison des activités agricoles régionales, notamment l’emploi intensif d’engrais et de pesticides. L’intrusion d’eau de mer, confirmée par des concentrations élevées de sodium et de chlorure ainsi que par une conductivité électrique importante, accentue la salinité des eaux souterraines. De plus, les déjections animales, les activités industrielles, le fumier et les pratiques d’assainissement inadéquates contribuent probablement à la contamination par les nitrates.

Dans la région Souss-Massa, la qualité des eaux des aquifères de Souss et de Chtouka s’est détériorée avec le temps. La pollution grave par les nitrates provient principalement des activités agricoles et de l’intrusion marine. En revanche, l’aquifère de Tiznit présente une contamination bactérienne liée à des pratiques d’assainissement insuffisantes.

Dans le Sahara marocain, les aquifères du Crétacé du Sahara et de Foum El Oued affichent une qualité faible à très faible, due à des facteurs naturels. La forte minéralisation des eaux souterraines, principalement très salées, résulte de la lithologie de la région.

La pollution des aquifères en nitrates

La contamination par les nitrates est la forme de pollution la plus préoccupante causée par l’activité agricole intense. Les aquifères dépassant le seuil de l’Organisation mondiale de la santé (une teneur supérieure à 50 mg/l) sont principalement les aquifères atlantiques : ceux de la Chaouia, de Doukkala, de Berrechid, de Mnasra Gharba et du Souss. Dans les régions internes, les aquifères les plus pollués en nitrates sont ceux du Saïss et de Triffa au nord-est du Maroc.

Carte du Maroc illustrant les aquifères les plus pollués par les nitrates (violet pour les aquifères fortement pollués, bleu pour les aquifères à faible teneur en nitrates).

À cela s’ajoute l’intrusion d’eau de mer, qui ne cause pas directement la contamination des nappes phréatiques par les nitrates. Cependant, sa forte salinité peut potentiellement limiter le processus de dénitrification, un mécanisme clé pour la réduction des nitrates.

D’autres facteurs ont également contribué à l’augmentation de la concentration en nitrates dans les aquifères, notamment des facteurs climatiques tels que la succession de périodes de sécheresse et la diminution des précipitations. L’ensemble de ces facteurs combinés risque de dégrader davantage l’état des aquifères si aucune mesure n’est prise, comme l’explique l’équipe de recherche de l’UM6P.

En plus de la concentration en nitrates, les auteurs ont utilisé la conductivité électrique et la concentration en chlorures pour évaluer les aquifères les plus adaptés à la consommation d’eau potable. Il s’agit principalement de ceux de Témara, du Rif, de la Moulouya, de Guelmim, du Haouz et d’Errachidia.

Certains aquifères plus riches en nitrates peuvent être utilisés pour certains types d’agriculture où les nitrates présents dans l’eau peuvent agir comme un fertilisant direct pour les cultures, favorisant leur croissance.

Vulnérabilité et pollution des eaux de rivières au Maroc

Les eaux des rivières marocaines, particulièrement vulnérables à la pollution, subissent une dégradation significative en raison de multiples pressions anthropiques. Les analyses de la qualité de l’eau, réalisées par la Direction générale de l’Eau entre 2018 et 2020, révèlent une hétérogénéité marquée selon les stations de mesure. Environ 63% des stations affichent une qualité modérée, tandis que 37% d’entre elles, situées principalement en aval des points de rejet domestiques et industriels, présentent une contamination notable.

Carte montrant la qualité des eaux des rivières à partir des stations de mesures (Miftah et al., 2025).

En particulier, l’étude met en évidence une situation alarmante dans les bassins du Sebou et du Bouregreg, où plusieurs stations enregistrent une qualité d’eau mauvaise à très mauvaise. Cette dégradation résulte de l’impact combiné de l’urbanisation, de l’agriculture intensive et des activités industrielles. Ainsi, les rivières de ces bassins montrent des concentrations élevées en plusieurs indicateurs de pollution, notamment la demande biochimique en oxygène (DBO), qui évalue la pollution organique, la demande chimique en oxygène (DCO), qui mesure la charge polluante globale, ainsi que des niveaux élevés de nitrates et de coliformes fécaux.

L’augmentation de ces paramètres traduit une origine anthropique marquée de la pollution. Les rejets d’eaux usées urbaines, l’utilisation excessive de pesticides et d’engrais, ainsi que les pressions environnementales, telles que l’érosion des sols, contribuent de manière significative à la détérioration de la qualité des eaux de surface. Par conséquent, des mesures concertées sont indispensables pour atténuer ces impacts et préserver ces ressources vitales pour l’écosystème et les populations.

L’état des barrages : une qualité d’eau supérieure

Entre 2018 et 2020, les données de la Direction générale de l’Eau ont révélé des niveaux de qualité variables pour les eaux des barrages marocains. Environ 78% des barrages présentaient une qualité excellente à bonne, 17% une qualité moyenne, et seulement 5% étaient classés comme ayant une qualité médiocre.

Carte de classification de 25 barrages selon leur degré de pollution (Miftah et al., 2025).

Comparées aux autres sources d’eau fraîche, les eaux des barrages constituent de bonnes ressources pour l’adduction en eau potable, bien que certaines zones soient affectées par des pollutions spécifiques.

Dans le bassin du Sebou, le barrage d’El Kansara se distingue par une qualité d’eau médiocre, marquée par des concentrations élevées en phosphore total et en nitrates, particulièrement durant la période hiver-printemps, ainsi qu’un déficit significatif en oxygène dissous. Ces conditions traduisent une forte influence des activités anthropiques, notamment l’utilisation intensive d’engrais agricoles.

De même, dans le bassin du Bouregreg, les barrages de Himmer, Kreima et Zamrine affichent une qualité médiocre, caractérisée par un appauvrissement en oxygène et une prolifération de chlorophylle-a, indicateur d’une croissance excessive d’algues.

Cette dégradation est principalement attribuée aux activités anthropiques à proximité, telles que le ruissellement de fertilisants agricoles et les rejets provenant de fosses septiques dans le bassin versant. Ces apports en nutriments favorisent l’eutrophisation, entraînant une accumulation de matière organique dans les lacs de barrage.

Grâce à l’IA, une étude marocaine évalue avec plus de précision la vulnérabilité à la pollution des eaux souterraines dans le Loukkos

Combinant la méthode DRASTIC-LU/LC, qui évalue la sensibilité de l’eau souterraine à être affectée par une contamination provenant directement de la surface, avec le maching learning ou l’apprentissage automatique, quatre scientifiques marocains ont étudié la vulnérabilité des eaux souterraines de Rmel à la pollution.

Couvrant une superficie de 240 Km2, la nappe aquifère de Rmel (Loukkos) fait en effet face à des menaces croissantes de pollution en raison de la croissance démographique et du développement économique, pointe l’étude parue récemment dans la revue internationale Groundwater for Sustainable Development.

L’étude, qui s’est étalée sur deux ans, a mis en évidence la variation significative de la vulnérabilité à travers la nappe. Elle met en lumière également le potentiel de l’association de l’IA avec l’analyse géo-spatiale qui offre, contrairement aux méthodes classiques, une approche plus précise et objective de la cartographie des zones vulnérables.

52 échantillons d’eau analysés  

52 échantillons d’eau ont été analysés en somme pour les concentrations de nitrates, en tenant compte de huit facteurs influençant la vulnérabilité, à savoir la profondeur et la lithologie de la nappe, la recharge nette, la texture du sol, la topographie, l’impact de la zone vadose, la conductivité hydraulique et l’utilisation des terres.

Quatre algorithmes d’apprentissage automatique ont été utilisés à cet effet avec la méthode DRASTIC-LU/LC : la perceptron multicouche (MLP), l’algorithme d’ensachage (BA), les K-plus proches voisins (KNN) et les arbres extrêmement randomisés (ERT).

« L’article, partie d’un projet de doctorat préparé par l’étudiant Morad Chahid, et encadré par les professeurs Jamal Eddine Stitou El Messari, Ismail Hilal et ma personne, a eu le mérite de paraître dans une revue scientifique de grande renommée. L’étude s’est étalée sur une période de deux ans. Nous avons eu recours à la télédétection spatiale -les données radar et satellites ont été collectées à partir du site de la NASA– que nous avons couplées au maching learning, le tout en exploitant des données basées sur des prélèvements effectués par l’Agence du bassin hydraulique (ABH) du Loukkos », explique à Médias24 Mourad Aqnouy, professeur-chercheur à la Faculté de sciences et techniques d’Errachidia, qui a pris part à l’étude.

Le sud et le nord-ouest de la nappe enregistrent les niveaux de vulnérabilité les plus élevés 

Les résultats mettent en évidence une variation significative de la vulnérabilité à travers la nappe aquifère de Rmel, avec des niveaux élevés à très élevés dans les régions du sud et du nord-ouest, et des niveaux modérés à faibles dans les zones du nord-est et du centre.

Les cartes de vulnérabilité ont été validées en comparant les concentrations de nitrates observées dans les échantillons d’eau, confirmant la précision du modèle choisi, affirme l’étude. La profondeur des eaux souterraines, la recharge nette et la conductivité hydraulique ont été identifiées comme les facteurs les plus importants influençant la vulnérabilité à la pollution dans le périmètre étudié.

D’après l’étude en question, la fusion des algorithmes d’apprentissage automatique avec les données géo-spatiales offre une approche plus précise et objective de la cartographie des zones vulnérables, surmontant efficacement les limites des méthodes traditionnelles. Elle peut ainsi servir d’outil précieux pour les politiques publiques et la gestion des eaux souterraines.

« Contrairement aux méthodes classiques qui ne permettent que l’évaluation individuelle des forages, la méthode à laquelle nous avons eu recours permet une interpolation spatiale sur l’ensemble du périmètre étudié, à savoir au niveau des 52 forages assujettis à l’analyse », confirme Mourad Aqnouy.

COP 28 : adoption d’une décision historique pour une « transition » vers l’abandon des énergies fossiles

Le texte, adopté par consensus, appelle à « transitionner hors des énergies fossiles dans les systèmes énergétiques, d’une manière juste, ordonnée et équitable, en accélérant l’action dans cette décennie cruciale, afin d’atteindre la neutralité carbone en 2050 conformément aux préconisations scientifiques ».

Il s’agit d’une décision « historique pour accélérer l’action climatique », a déclaré Sultan Al Jaber, président de la COP 28 lors de la séance de clôture.

« Nous avons une formulation sur les énergies fossiles dans l’accord final, pour la première fois », a-t-il ajouté, relevant que « nous devons être fiers de ce succès historique ».

Le retour en force des sacs en plastique

À Derb Milan, un quartier populaire implanté au cœur de la capitale économique, les produits en plastique sont de toutes les tailles et couleurs : sacs poubelles, cellophanes, scotchs, sacs de congélation et à usage agricole…

Les échoppes de grossistes offrent une variété de sacs en plastique « autorisés » et vendus en gros ou par unité, ainsi que des sacs en papier et en tissu, alternatives vantées par les autorités depuis l’entrée en vigueur de la loi 77-15.

À première vue, les commerçants du quartier sont tous des grossistes reconvertis, qui ont abandonné la vente des sacs en plastique « interdits » par la loi 77-15. À notre question de savoir si les sacs en plastique utilisés dans les souks et épiceries de proximité sont en vente dans ce quartier, tous nient leur existence et parlent de leur interdiction avec beaucoup d’amertume.

Le retour des sacs en plastique noirs « telfaza »

Il a fallu demander à acheter « telfaza » (nom d’emprunt communément utilisé dans le quartier pour faire référence aux sacs en plastique noirs), pour être dirigé vers une échoppe, qu’on peut facilement confondre avec les autres, et où « telfaza » n’est pas exposée, mais disponible dans un grand sac en tissu au fond du magasin et vendue sur demande.

Sacs en plastique noirs, surnommés « telfaza » chez un grossiste de Derb Milan. Crédit : Médias24

Le paquet contenant « beaucoup de sacs en plastique » est vendu à 260 dirhams, précise le vendeur. À l’unité, le prix de vente s’élève à 1 dirham. Les grands sacs noirs avec poignées sont, pour leur part, vendus à 15 dirhams le kilogramme, poursuit-il.

Les petits sacs noirs achetés ont été emballés dans un sac en plastique rose, lui aussi interdit par la loi. « Je ne sais plus ce qui est autorisé et ce qui est interdit. On vend souvent à l’aveuglette, et on s’adapte à la réaction des autorités qui change d’un jour à l’autre », déplore le vendeur.

Grands sacs en plastique sans poignées, noirs et verts, interdits par la loi mais tolérés par les autorités. Crédit : Médias24

On nous a d’ailleurs soufflé à l’oreille que les commerçants n’ont pas tous abandonné la commercialisation des sacs en plastique, désormais interdits par la loi. Ils se sont plutôt « adaptés » à cette interdiction et ont développé des pratiques qui permettent de contourner la loi.

Les commerçants n’exposent pas les sacs en plastique dans leur échoppe pour éviter le risque d’être soumis à des amendes colossales, mais les cachent dans des entrepôts à proximité, ou encore chez eux.

La veille, les autorités locales ont effectué une descente à Derb Milan et ont trouvé chez le voisin de notre interlocuteur 3 kilogrammes de sacs en plastique interdits par la loi. Une amende de 700 dirhams le kilogramme lui a été infligée, nous raconte-t-on.

Des sacs en plastique qui courent les rues 

Derb Milan est incontestablement un des hauts lieux des sacs en plastique. S’ils sont difficilement dénichés dans le quartier au vu des conséquences de l’interdiction qui planent sur les commerçants, ils sont bel et bien présent dans les échoppes et ensevelis sous les packs de sacs en tissus ou dans des réserves cachées.

Ces sacs en plastique, qui ont disparu quelques mois après l’entrée en vigueur de la loi 77-15 en 2016, ont rapidement refait surface et servent aujourd’hui à plusieurs types d’usage : jeter les ordures, transporter des aliments (épices, olives, fromage, fruits et légumes…) ou encore emballer des objets.

Dans les faits, l’interdiction des sacs plastique a surtout été effective dans les grandes surfaces et chez les bouchers. Ils sont toutefois toujours présents chez les épiciers et envahissent les marchés. Ajoutons à cela la réapparition des sacs en plastique noirs.

Les sacs en plastique sont omniprésents dans la vie quotidienne des Marocains. Crédit : Médias24

Cette recrudescence de l’utilisation et de la production des sacs en plastique pose la question de l’impact de la loi 77-15. D’autant plus que celle-ci a été modifiée en 2019, à la suite de l’approbation du projet de loi 57-18, dont l’objectif est de renforcer le contrôle et la sanction.

Rappelons que, selon la loi 57-18, seuls les sacs à usage agricole ou industriel, les sacs isothermiques, les sacs de congélation et les sacs pour la collecte des déchets ménagers et autres types de déchets sont autorisés à la fabrication, l’importation, l’exportation, la commercialisation et l’utilisation. Le reste est interdit.

Une loi « appliquée avec fermeté » 

En 2022, l’Administration des Douanes et des impôts (ADII) rapportait la saisie de 133 tonnes de sacs en plastique prohibés, et le démantèlement de plusieurs ateliers clandestins de fabrication où ont été confisquées diverses machines et fournitures de production de sachets en plastique prohibés. Par ailleurs, depuis l’entrée en vigueur de la loi en 2016, les saisies douanières ont évolué de +405 % en 2021, ressort-il du rapport d’activité de 2022 de l’ADII.

Une source autorisée au sein du ministère de l’Industrie et du commerce reconnaît que « les unités clandestines de production de sacs en plastique pullulent et qu’on assiste dans les zones urbaines à une adhésion inégale quant à l’utilisation des produits alternatifs aux sacs en plastique, d’autant plus que les Marocains font face à des problématiques qui les inquiètent plus que celle de la pollution plastique ».

Toutefois, face à ces défis « la loi est appliquée avec fermeté », assure notre interlocutrice, et les derniers chiffres en date du 31 juillet 2023, qu’elle nous communique, en témoignent.

Depuis le 1er juillet 2016, « 7.337 opérations de contrôle ont été menées au niveau des unités de production formelles. Selon la même source, 16.003 infractions ont été relevées suite au contrôle d’un total de 1.737.952 points de vente. Ces opérations de contrôle ont donné lieu à la saisie de 456 tonnes de sacs interdits ».

Traçabilité, contrôle et dissuasion 

Dans l’ensemble, « la loi 57.18 a considérablement renforcé la lutte contre la circulation des sacs en plastique en apportant des dispositions plus strictes, une traçabilité accrue, des sanctions dissuasives et une meilleure réglementation du secteur », se réjouit notre source.

Le travail du ministère repose ainsi sur le triptyque « traçabilité, contrôle et dissuasion », qui ont tous les trois été renforcés au lendemain de la mise en oeuvre de la loi 57.18 :

– La traçabilité : Il s’agit de mettre en place un système d’information unifié pour faciliter la surveillance et le suivi en coordination avec le ministère de l’Intérieur. Les entreprises du secteur plastique pourront ainsi saisir directement leurs données liées aux activités sur un support électronique. « Cela a considérablement amélioré la traçabilité des sacs autorisés et de la matière première utilisée », nous précise-t-on.

– Le contrôle : La loi a autorisé la saisie des matières premières plastique, des rouleaux en plastique, des matières issues du recyclage du plastique, ainsi que des matériels et équipements qui ont servi ou devraient servir à l’infraction. Elle a par ailleurs habilité les autorités locales, notamment les walis et les gouverneurs, à fermer provisoirement une société pendant six mois à la demande de l’administration concernée. « Cela a renforcé la capacité des autorités locales à prendre des mesures immédiates en cas de non-conformité », assure-t-on.

– La dissuasion : Il s’agit dans ce cadre de l’adoption de sanctions dissuasives strictes pour les contrevenants aux dispositions de cette loi. À titre d’exemple, toute personne détenant des sacs en plastique dédiés à la vente ou à la distribution écope d’une amende de 2.000 DH à 500.000 DH. Une amende allant jusqu’à un million de DH peut être infligée à toute personne détenant des matières premières dédiées à la fabrication de sacs en plastique. « Cela a renforcé l’incitation à la conformité et a dissuadé les acteurs du secteur de s’engager dans des pratiques illégales », ajoute notre interlocutrice au sein du ministère.

Nouveaux défis, nouvelle stratégie

Notre source nous confie que le ministère s’engage dans une nouvelle stratégie de lutte contre la circulation des sacs en plastique, »en combinant des mesures juridiques, numériques, de contrôle et de sensibilisation ». La sensibilisation et l’amélioration de la qualité des alternatives aux sacs en plastique sont les deux volets phares de cette stratégie.

Un plan de communication ciblant le grand public est prévu pour sensibiliser à cette cause, en plus d’un guide des bonnes pratiques qui est en cours d’élaboration et réalisé en collaboration avec l’Institut marocain de normalisation (IMANOR). Dans ce sens, « des normes spécifiques aux sacs non tissés seront établies », explique-t-on. Enfin, « trois arrêtés sont en cours de publication pour renforcer davantage les contrôles ».

Des nappes souterraines en proie à une grave pollution, quasi irréversible

Avec la pénurie que traverse le Royaume, l’eau souterraine joue un rôle prépondérant « puisqu’elle représente une capacité tampon pour pallier le manque d’eau dû aux sécheresses récurrentes », affirme Abdelaziz Zerouali, directeur de la recherche et de la planification de l’eau, relevant du ministère de l’Equipement et de l’eau. Il s’exprimait dans le cadre du Congrès international sur l’eau et le climat organisé récemment à Fès. 

Toutefois, la qualité des eaux des nappes ne cesse de se dégrader depuis les années 1980. D’abord à cause des eaux usées et d’un réseau d’assainissement peu développé. Ensuite, en raison de l’intensification de l’agriculture et des pratiques favorisant le ruissellement, en particulier des nitrates, vers l’aquifère.

« La situation est inquiétante », déplore le Pr Mohammed Hssaisoune. Pour Médias24, le docteur en géologie, spécialité hydrogéologie-géophysique, à l’université Ibn Zohr à Agadir revient sur cette problématique qui se pose avec insistance, et dont la résolution est complexe.  

Un aquifère sur trois est pollué 

Selon la Direction de la recherche et de la planification de l’eau (DRPE), le Maroc peut recevoir jusqu’à 140 milliards de m3 de pluviométrie chaque année. Mais ce chiffre est théorique, puisque le Maroc n’a plus reçu autant de précipitations depuis des dizaines d’années. En tous les cas, sur ce total pluviométrique, 22 milliards de m3/an sont captées sous forme de :

– Eaux de surface (oueds, fleuves, lacs, barrages): jusqu’à 18 milliards de m3/an ; 

– Eaux souterraines : jusqu’à 4 milliards de m3/an viennent recharger les nappes phréatiques.

Ces eaux souterraines sont contenues dans 130 nappes inventoriées : 

– 98 nappes superficielles ; 

– 32 nappes profondes (plus de 1.000 mètres de profondeur).

Bien qu’elles soient de la plus haute importance, ces ressources souterraines sont concernées par un phénomène des plus inquiétants : la pollution par les nitrates.

Selon la DRPE, 31% des eaux souterraines sont affectées par la pollution humaine et la dégradation naturelle ; près de la moitié sont de bonne à très bonne qualité (47%), et plus d’un cinquième sont de qualité moyenne (22%). 

Un constat corroboré par plusieurs études scientifiques. Comme celle réalisée à Sidi Slimane, une zone agricole située entre Fès et Kénitra. Cette zone couvre une superficie de 1.517 km²

L’étude s’est basée sur 20 échantillons d’eaux souterraines, prélevés à différents endroits afin d’en évaluer les caractéristiques. L’indice de pollution des eaux souterraines à Sidi Slimane a révélé « que 60% des échantillons analysés dans la zone d’étude ont été classés comme très pollués et impropres à la consommation ».

En sus, « les valeurs de l’indice de potentiel de nitrification soulignent que 80% de l’ensemble des échantillons se sont révélés très pollués, ce qui confirme l’inadaptation des eaux souterraines à la consommation », soulignent les chercheurs. 

Dans la région de Rabat, l’Agence du bassin hydraulique du Sebou a été à l’origine d’une étude sur la qualité des eaux souterraines. Datant de 2007, cette étude a conclu que 45% des stations de mesure de la Maâmora étaient de mauvaise qualité en raison des niveaux élevés de nitrates qui dépassent la valeur maximale admissible de 50 mg/l.   

Les ressources en eaux souterraines dans le sud du Maroc ne sont pas épargnées par le phénomène. Les aquifères de Souss-Massa subissent eux aussi une dégradation qualitative et quantitative continue. « Les niveaux d’eau montrent un déficit chronique depuis 1969, principalement dans les zones agricoles, où l’aquifère est soumis à une forte pression due à des prélèvements excessifs pour l’irrigation », précisent les auteurs d’une étude relative à l’évaluation de la qualité de l’eau et de la source de nitrates dans le bassin versant de la Massa.

« La qualité des eaux souterraines est également affectée par la pollution par les nitrates, causée principalement par l’application d’engrais. Avec une quantité totale de 1146,2 t/an d’azote utilisé pour les principales cultures de la région, le lessivage des nitrates est principalement localisé dans les zones à sol sablonneux. »

L’aquifère de la Chaouia souffre également du problème de pollution des eaux souterraines par la remontée de l’eau de mer, ainsi que du lessivage des engrais chlorés, du recyclage des eaux d’irrigation, de l’évaporation et de l’interaction eau-roche. 

L’aquifère de Oualidia présente le même problème d’intrusion de l’eau de mer, en plus de la contamination évaporitique et anthropique affectant à la fois les aquifères peu profonds et profonds. Idem pour la nappe de Berrechid, elle aussi polluée par les nitrates.

Les eaux usées, à l’origine des premières dégradations

Factuellement, la dégradation de la qualité des eaux des nappes n’est pas uniquement la conséquence des activités industrielles ou agricoles. Dans les années 1980 et 1990, bien que la population marocaine n’était pas aussi importante, le réseau d’assainissement était peu développé dans la majorité des petites villes et dans les villages. 

Dès lors, les fosses septiques et les puits perdus étaient très utilisés. « Avec le temps, les eaux usées domestiques sont devenues une grande source de contamination des nappes”, précise le Pr Hssaisoune. « Surtout quand les eaux des nappes étaient proches du sol. » C’est justement le cas de la nappe de Tadla, dont la pollution par les nitrates est élevée.

« Le problème de cette nappe, c’est qu’au niveau de la zone de Béni Amir et Béni Moussa, l’aquifère était très proche de la surface, notamment dans les années 1990″, souligne notre interlocuteur. À tel point que parfois, lorsqu’il pleuvait, l’eau de la nappe remontait et provoquait des inondations au niveau des habitations, dans une plaine qui était très peuplée.

Donc, la combinaison d’un niveau très proche du sol et d’un assainissement peu développé a facilité la contamination de la nappe par les nitrates. De plus, « il y avait également une intense activité industrielle avec les usines de raffinement du sucre qui produisaient des déchets qui atteignaient la nappe quand il pleuvait ». 

Des techniques d’irrigation polluantes

En outre, la plaine de Tadla fait partie des derniers périmètres agricoles à opter pour des techniques d’irrigation modernes. « D’ailleurs, aujourd’hui encore, certains agriculteurs utilisent des méthodes d’irrigation traditionnelles », déplore le spécialiste en hydrogéologie-géophysique à l’université Ibn Zohr. 

En effet, jusqu’à la fin des années 2010, les agriculteurs utilisaient des techniques d’irrigation traditionnelles, à l’image du drainage et des lâchers d’eau dans les champs. « Ce qui fait qu’une grande quantité d’eau s’infiltre vers les nappes. Il y a un lessivage qui s’opère quand l’eau entre en contact avec les fertilisants qui sont très solubles dans l’eau. Ce qui implique une pollution des nappes par les nitrates », explique le Pr Hssaisoune.  

Par la suite, l’utilisation des techniques de micro-irrigation a réduit l’infiltration de l’eau dans les nappes, car dans le cas par exemple du goutte-à-goutte, « l’eau reste majoritairement en surface. Il n’y a plus qu’une petite quantité qui atteint la nappe, par rapport aux anciennes méthodes d’irrigation », affirme notre interlocuteur. 

Pour preuve, si les aquifères de Souss-Massa sont pollués, c’est moins le cas de la partie nord (autour de Biougra et d’Ait Amira) où la qualité de l’eau souterraine « est relativement bonne (concentration de nitrates inférieure à 30 mg/l) », d’après l’étude précitée.

En effet, « la partie nord est caractérisée par la prédominance des serres de fruits et légumes (61% de la surface cultivée), et donc par l’adoption de l’irrigation au goutte-à-goutte et l’utilisation de techniques de fertigation ». Néanmoins, la pollution par les nitrates est tout de même omniprésente dans la majorité du pays. 

Les nitrates, un danger pour la santé humaine 

La pollution par les nitrates est une problématique qui se pose avec insistance à l’échelle nationale. Cependant, « aucune étude scientifique n’a pour l’instant déterminé l’impact des nitrates sur la santé des Marocains », regrette le Pr Hssaisoune.   

Une chose est sûre, l’Organisation mondiale de la santé a alerté sur les risques encourus par les populations exposées à une eau contaminée, dont la teneur en nitrates dépasse une certaine limite (50 mg/l). Selon l’OMS, une teneur élevée présente un danger sur la santé humaine lorsque ces eaux souterraines sont utilisées pour l’approvisionnement en eau potable. 

« La présence dans le sang de ces nitrites peut provoquer la formation de méthémoglobine. C’est une forme d’hémoglobine incapable de transporter l’oxygène », prévient l’OMS, précisant que la teneur en nitrates des eaux souterraines est normalement faible. « Cependant, elle peut atteindre des niveaux élevés en cas de ruissellement à partir des terres agricoles. » 

Et le risque n’est pas uniquement présent lorsque l’eau contaminée est ingurgitée. « Même lorsque l’eau contaminée par les nitrates est réservée à l’usage domestique, elle représente un danger pour la santé humaine, avec un risque élevé de cancer », affirme le Pr Hssaisoune.  

La situation est-elle irréversible ? 

Au-delà du constat selon lequel un tiers des eaux souterraines sont polluées, ce qui est encore plus dramatique est que la situation est pratiquement irréversible. « On peut dire que c’est le cas. D’abord à cause des effets du réchauffement climatique qui a réduit la pluviométrie. Il n’y a pas assez de pluie pour recharger les nappes et diluer les nitrates », explique notre interlocuteur.  

« Lorsque je pompe de l’eau contaminée et que je la pollue, la teneur en nitrates va augmenter. Mais lorsque je pompe et que je pollue, mais qu’en parallèle je recharge la nappe, il y a une petite dilution des nitrates dont la teneur sera réduite. Or le taux d’exploitation est supérieur au taux de recharge. La dilution ne s’opère donc pas. » 

Les prélèvements des nappes, qui atteignent 5,1 milliards de m3 par an depuis quelques années, soit 1,1 milliard de plus que les apports, appauvrissent progressivement les réserves souterraines. Ainsi, il paraît difficile de revenir à l’état initial.

Une telle prouesse « nécessite beaucoup de pluies, de minimiser le pompage, de renforcer les réseaux d’assainissement, de traiter les eaux avant de les rejeter et même des traitements avancés pour éliminer les nitrates ». 

Dans le meilleur des cas, et si toutes les conditions citées ci-dessus sont réunies, il faudrait au moins vingt ans pour que la situation s’améliore. Quoi qu’il en soit, à défaut de réunir toutes les conditions nécessaires, la réutilisation des eaux usées et le développement de l’offre de dessalement de l’eau de mer permettront de réduire la pression sur les nappes phréatiques et, par conséquent, de favoriser leur recharge. 

Un pas important vers l’élimination de la pollution des eaux souterraines. Sans oublier le recours aux ressources en eau non conventionnelles. Sur ce dernier point, notons que 27 des 74 villes relevant du bassin hydraulique du Sebou sont dotées de stations d’épuration. 

Le taux de traitement des eaux usées en milieu urbain est de 59%, alors que celui des rejets industriels ne dépasse pas 30%. « L’objectif d’ici 2050 est de rabattre la pollution de plus de 70% », promet l’Agence du bassin hydraulique du Sebou, dans la lignée de plusieurs autres Agences (ABH), à l’instar de celle du Tensift.

Benali confirme envisager l’arrêt de la centrale thermique de Kénitra

A la Chambre des conseillers, la ministre de la Transition énergétique, Leila Benali, a rappelé que l’utilisation de la centrale thermique de la ville de Kénitra, d’une capacité de 615 MW, serait limitée à une très courte durée, « dans des situations exceptionnelles et en cas d’urgence ».

Elle a également assuré qu’elle négociait avec l’Office national de l’eau et de l’électricité pour l’arrêt de son utilisation, dans le cadre du Plan national de l’équipement 2023-2027.

Indiquant que Kénitra disposait d’une seule station de mesure de la qualité de l’air, située au milieu de la ville, la ministre a annoncé que « dans les prochaines semaines, une nouvelle station sera mise en place à Oulad Oujih, pour un montant de 1,5 million de DH« .

Elle a également souligné que l’indicateur de la qualité de l’air à Kénitra avait été « bon » durant les dix premiers mois de 2022, mais qu’il s’était détérioré les deux derniers mois de la même année.

Rappelons que la centrale thermique de Kénitra a été pendant plusieurs années décriée comme étant à l’origine d’une poussière noire impactant la qualité de l’air de la ville.

 

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A Dakhla, militants écologistes et opérateurs touristiques s’inquiètent de la pollution de la lagune

Dakhla est-elle en train de perdre de sa superbe ? C’est ce qui inquiète plusieurs opérateurs touristiques et militants écologistes contactés par Médias24. « L’avenir de cette baie est catastrophique », fustige Mohamed Chérif, membre du Conseil régional du tourisme de Dakhla, président de l’association Nass, active notamment dans la protection de l’environnement, et éleveur d’huîtres.

« Ce qui se passe à Dakhla est fou », abonde un opérateur touristique sous couvert d’anonymat.

Tous deux déplorent effectivement le fait que la lagune de Dakhla soit en train de devenir « une poubelle » dans laquelle, aussi bien les établissements hôteliers que les pêcheurs, déversent leurs déchets. « Parmi les complexes touristiques installés le long de la lagune, quatre ou cinq sont dotés de stations de traitement des déchets et d’un système de recyclage des eaux. Quant aux autres… Ils continuent de déverser leurs déchets dans la lagune. Des prélèvements sont effectués tous les jours au sein de la lagune. Pour l’instant, ils ne semblent pas démontrer une pollution à proprement parler, d’autant que le confinement et le ralentissement de l’activité économique ont heureusement permis une régénération de la faune et de la flore », témoigne une seconde opératrice touristique, également sous couvert d’anonymat.

Des oiseaux migrateurs qui fuient la baie

Une régénération, oui, mais jusqu’à quand ? « La lagune est une zone de reproduction ; une sorte de nursery pour les poissons. Or la présence des pêcheurs perturbe complètement cet écosystème. Il y a un laisser-aller total de la part des autorités locales, qui laissent les pêcheurs installer leurs filets de poissons partout », s’inquiète le premier opérateur touristique joint par Médias24.

L’installation des filets piège également les tortues, dont certaines sont régulièrement retrouvées mortes sur la plage. « Beaucoup d’oiseaux migrateurs ne transitent même plus par cette région, car ils fuient les mouvements générés par l’activité humaine », déplore Mohamed Chérif. Il constate également la présence, au sein du littoral, de « boîtes de sardines consommées par les pêcheurs, qui les jettent par-dessus leurs barques, une fois le contenu consommé ». « Certains pêchent même le poulpe avec des chambres à air, de façon totalement illégale », indique-t-il encore.

Mohamed Chérif estime par ailleurs que « la commune ne joue pas son rôle dans le ramassage des déchets. Ils sont déversés dans le littoral plutôt que d’être transportés dans la décharge située à 40 km de Dakhla ». Nous n’avons pas pu joindre les autorités locales, contactées à plusieurs reprises.

Des falaises éventrées à coups de pelleteuses

Il n’y pas que le milieu aquatique qui souffre. Les falaises qui surplombent la lagune en prennent également un coup.

« Des promoteurs sont en train de défoncer les falaises à coups de grosses pelleteuses Caterpillar. Au lieu que ce soient les projets qui s’adaptent à l’écosystème, c’est le contraire : c’est l’environnement qui est contraint de s’adapter à ces projets immobiliers. Les promoteurs contraignent en effet la nature à s’intégrer à leurs constructions en béton armé, qui n’ont rien à voir avec des structures légères et démontables, posées sur des éléments naturels sans toucher à la matière. Il n’y a même pas d’espace entre les constructions ; elles sont montées les unes sur les autres. En creusant dans la montagne, les pelleteuses créent des plateaux pour pouvoir poser leurs structures. On dirait littéralement des carrières de sable. Ils sont en train de reproduire ce qui s’est passé sur la Costa del Sol en Espagne : construire sur une plage avec du béton. Visiblement, les erreurs des uns ne servent pas aux autres », ajoute cet opérateur.

« Le pire, c’est que ça ne marchera même pas ! L’avenir du tourisme, c’est l’écotourisme. La clientèle est très sensible au volet écologique. Le béton n’a plus d’avenir dans le tourisme », dit-il encore.

Ces constructions posent également un autre problème : elles désorientent le vent. « Les falaises jouent un rôle dans la préservation de l’équilibre écologique de la baie, notamment en équilibrant le vent qui y pénètre. Or lorsque le vent est déséquilibré, la baie peut risquer d’être ensablée », indique encore Mohamed Chérif.

La surpopulation galopante de la ville de Dakhla, dont la baie est classée zone Ramsar, est en partie, et indirectement, à l’origine de la dégradation des falaises. Les promoteurs viennent en effet y chercher du sable et des gravettes, petites pierres utilisées dans le béton armé, « pour satisfaire les besoins de la ville en habitats, dont beaucoup sont occupés par les pêcheurs saisonniers », indique Mourad Lamine, secrétaire général de l’association Nature initiative, qui constate lui aussi que « beaucoup des projets touristiques ne respectent pas le règlement concernant la protection de l’environnement et le rejet des eaux usées dans la baie ».

L’ONU lance le « Ocean Innovation Challenge » pour la protection de l’océan

Selon les Nations unies, 4,8 à 12,7 millions de tonnes de plastique atteignent l’océan chaque année. D’un autre côté, entre la surpêche, la pollutionla destruction des habitats et les multiples impacts du changement climatique sur les écosystèmes océaniques, les océans n’ont jamais été confrontés à un ensemble de menaces aussi diversifié.

De ce fait, ce programme a pour but d’accélérer les progrès accomplis par rapport aux cibles de l’objectif 14 du programme de développement des Nations unis, qui consiste à protéger la vie aquatique.

L’Ocean Innovation Challenge a, ainsi, été conçu pour identifier, financer, conseiller et encadrer des approches innovantes, entrepreneuriales et créatives de restauration et de protection des océans et des côtes. Les subventions accordées dans le cadre de cette initiative s’élèvent de 50.000 à 250.000 dollars.

Des entités publiques ou privées, y compris des gouvernements, des entreprises privées (notamment des start-ups), des ONG (Organisations non gouvernementales) , des OSC (Organisations de la société civile), des entités des Nations unies, des établissements universitaires et des organisations intergouvernementales peuvent participer à ce programme et soumettre leurs candidatures du 8 janvier au 5 mars 2020. 

Ensuite, en avril 2020, les candidats retenus pour le premier tour seront invités à soumettre une proposition de projet plus détaillée avant le 25 avril 2020 .

Les lauréats des prix de l’OCI seront annoncés lors de la 2e Conférence des Nations unies sur l’océan à Lisbonne, du 2 au 6 juin 2020.

Déchets plastiques: les produits de quelques multinationales polluent la planète

Cette coalition internationale composée de 1.475 organisations écologistes dont Greenpeace, reproche à ces multinationales de se dédouaner, pour la plupart, de la responsabilité du nettoyage de la pollution due à leur activité.

Des volontaires de la coalition ont collecté près d’un demi-million de déchets plastiques lors d’une « Journée mondiale du nettoyage de notre planète » coordonnée dans 51 pays il y a un mois, dont 43% de marques reconnaissables.

Pour la deuxième année consécutive, Coca-Cola s’est classé au premier rang des pollueurs avec 11.732 déchets plastiques collectés dans 37 pays sur quatre continents cette année.

Parmi les dix principaux producteurs de déchets plastiques collectés figurent aussi Nestlé (4.846), Pepsico (3.362), Unilever (3.328) Procter & Gamble (1.160), Philip Morris (2.239) ainsi que Mars, Colgate-Palmolive, Perfetti Van Mille et Mondelez International, selon le classement de la coalition.

Si nombre de pays asiatiques déversent leurs déchets dans les océans, « les véritables responsables du gros de la pollution plastique en Asie sont les multinationales dont les sièges se trouvent en Europe et aux Etats-Unis », souligne le rapport.

Sollicités par l’AFP, les groupes Coca-Cola, PepsiCo et Nestlé n’ont pas commenté ce rapport dans l’immédiat.

Alors que les marques reconnaissent généralement leur rôle dans la propagation de cette pollution, le rapport juge qu’elles « s’acharnent à promouvoir de fausses solutions pour répondre au problème ».

La promotion du recyclage est leur manière de faire porter la responsabilité aux consommateurs, ajoute le rapport, précisant qu’à peine 9% de la totalité des matières plastiques produites depuis les années 50 ont été recyclées.

« Les entreprises continuent de tirer profit de l’abondante production de plastique à usage unique, tandis que partout dans le monde les collectivités sont obligées d’en supporter le fardeau », a regretté Break Free from Plastics, qualifiant cette situation d' »inacceptable ».

(Avec AFP)

Ukraine: Le pouvoir met en garde l’opposition après l’accord avec Moscou

« On ne laissera plus personne déstabiliser la situation », a déclaré le Premier ministre Mykola Azarov en ouvrant le Conseil des ministres, au lendemain de la visite du président Viktor Ianoukovitch à son homologue russe Vladimir Poutine, qui a donné lieu à l'annonce en grande pompe des accords au Kremlin. Par ces accords, la Russie accorde 15 milliards de dollars à l'Ukraine en achetant ses obligations, abaisse d'un tiers le prix du gaz qu'elle lui livre, au niveau préférentiels des pays de l'ex-URSS qu'elle considère comme partenaires, et lève les obstacles au commerce imposés ces derniers mois. L'opposition ukrainienne a dénoncé un accord qui a, selon elle, « mis le pays en gage », devant une manifestation de 50.000 personnes mardi soir à Kiev.

Les États-Unis, qui avaient activement soutenu les opposants ces dernières semaines, ont jugé que l'accord ne calmera pas « les inquiétudes de ceux qui se sont rassemblés pour protester dans toute l'Ukraine ». Les leaders d'opposition, dont le boxeur Vitali Klitschko, ont prévu de s'exprimer mercredi dans la journée pour annoncer leurs intentions. Dans l'immédiat, le Premier ministre Mykola Azarov s'est félicité d'un accord « historique » avec Moscou. L'accord d'association avec l'Union européenne, en préparation depuis trois ans et auquel Kiev a renoncé fin novembre, « aurait entraîné la faillite et l'effondrement socio-économique », a-t-il déclaré, reprenant les arguments avancés ces dernières semaines par les dirigeants russes pour dissuader l'Ukraine.

(Avec AFP)

Kia Maroc : les saisies conservatoires se multiplient

La liste des saisies sur les comptes de Kia Motors Maroc ne cesse de s’allonger. En plus des 18 saisies déjà consignées, trois autres ont eu lieu depuis le début octobre pour le compte de la CNSS (4,6 MDH), Total Maroc (1,49 MDH) et Belle Auto (3,55 MDH).

Ce dernier est un concessionnaire de la maison Kia à Fès. Le premier du réseau à avoir franchi le pas. «La collaboration entre Belle Auto et Kia Maroc date d’une dizaine d’années. Cependant, les problèmes ont démarré en 2012, date à laquelle la maison n’arrivait plus à honorer ses engagements. En contrepartie des effets que nous lui avions remis, l’équivalent de 5 MDH, aucune marchandise ne nous a été envoyée», raconte Abdelilah Tabite de l’entreprise.

Et d’ajouter, «nous avions demandé à la direction générale de nous restituer les effets, chose qu’elle a promis, sans pour autant le faire. Et contre toute attente, elle a escompté les effets, en partie, auprès de la Banque Populaire qui s’est retournée vers nous pour réclamer 3,5 MDH».

D’autres concessionnaires sont dans la même situation. Certains n’en sont pas encore arrivés aux tribunaux, mais ne tarderaient pas à la faire si la situation ne s’arrange pas.

«Le dossier est entre les mains de mon avocat. La BCP a bloqué mes comptes bancaires et réclame que je lui paie 2,5 MDH pour une marchandise que je n’ai jamais réceptionnée. Je me demande d’ailleurs comment cet établissement financier a-t-il toléré de tels niveaux d’endettement, comment justifierait-il l’escompte d’effets non accompagnés de factures», s’indigne M. Harras, concessionnaire à Tétouan.

Notons que le 20 juin 2013, la BCP a elle aussi opéré une saisie conservatoire sur les comptes de Kia pour un montant de 178 MDH. Soit la plus importante après celle de Gamma Motors, datant de 2007 et qui elle, s’élève à 434,6 MDH !

Le Crédit Agricole du Maroc (76 MDH),  BMCI (21,6 MDH), Maroc Leasing (27,2 MDH) ainsi que Maghrebail (28,8 MDH) sont aussi de la partie.

Comment une société peut-elle atteindre de tels niveaux d’endettement sans contreparties solides dans ses actifs? une affaire dont on n'a pas fini de parler.