Technopark s’allie à Plug and Play pour renforcer l’écosystème des start-up

Technopark et Plug and Play Tech Center ont signé, le 2 juin à Casablanca, un partenariat destiné à soutenir l’écosystème des start-up technologiques au Maroc.

L’accord a été signé par Lamiae Benmakhlouf, directrice générale du Technopark, et Aziz El Hachem, directeur pour le Maroc et co-directeur pour l’Afrique de Plug and Play Tech Center. La cérémonie s’est tenue en présence de la ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni, et de Marissa D. Scott, consule générale des États-Unis à Casablanca.

Ce partenariat vise, selon les signataires, à offrir aux start-up marocaines un accès à un programme d’accélération aligné sur les standards internationaux, afin d’améliorer leur compétitivité et de favoriser leur intégration dans les dynamiques technologiques mondiales. Le programme est soutenu par le ministère de la Transition numérique dans le cadre de la mise en œuvre du plan stratégique « Maroc Digital 2030« .

L’objectif de cette collaboration est de renforcer la capacité d’innovation des jeunes entreprises, d’accompagner le développement des technologies émergentes et de soutenir la montée en compétences des talents locaux, poursuit la même source.

Depuis sa création en 2001, Technopark a accompagné plus de 1.800 start-up innovantes. De son côté, Plug and Play Tech Center revendique un réseau international de plus de 95.000 start-up et 550 entreprises partenaires.

Casablanca : un incubateur de start-up numériques sera construit à Hay Hassani

Un projet d’incubateur pour les start-up numériques verra bientôt le jour à Hay Hassani, à Casablanca. La SDL Casa Aménagement a lancé un marché pour la maîtrise d’œuvre ingénierie de cette future infrastructure, dans le cadre de l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH).

Le marché couvre l’ensemble des phases de conception et de suivi, allant de l’étude d’avant-projet détaillée à l’assistance aux opérations de réception provisoire et définitive des travaux, en passant par la réalisation du projet d’exécution, la préparation du dossier de consultation des entreprises, la passation des marchés et la direction des travaux.

Le coût prévisionnel des prestations de maîtrise d’œuvre est estimé à 336.000 DH, pour un délai d’exécution global fixé à 18 mois.

Un espace de 1.400 m² dédié à l’innovation numérique

Prévu dans la préfecture d’arrondissement de Hay Hassani, le futur bâtiment s’étendra sur une surface de plancher totale d’environ 1.406 m². Le budget des travaux est estimé à 11,5 millions de DH.

Un incubateur dédié aux startups numériques bientôt construit à Hay Hassani
Site du futur incubateur dédié aux start-up numériques à Hay Hassani.

Le rez-de-chaussée comprendra un espace d’accueil, des bureaux administratifs, un bureau pour le directeur avec sanitaires, une salle de réunion, une salle de conférence, une cafétéria, des espaces de coworking, des box, un studio d’enregistrement multimédia ainsi qu’un espace récréatif.

Le premier et le deuxième étage accueilleront principalement des espaces collaboratifs et de travail, avec des bureaux, des salles de réunion, des salles de classe et des box. Chaque étage sera également équipé de blocs sanitaires accessibles, y compris pour les personnes à mobilité réduite. Une guérite d’accès et des zones de circulation complèteront l’ensemble.

Glovo Startup Lab : un tremplin vers l’international pour les startups marocaines

Médias24 a reçu sur son plateau M24 Live Studio au Gitex Africa Adnane Lachheb, responsable du programme Tech Catalyst chez Glovo, ainsi que Nassiba Benabdelhafid, CEO de Logistiqa, l’une des startups bénéficiaires du programme Glovo Startup Lab. Interview croisée.

Adnane Lachheb. Le Glovo Startup Lab est un programme de mentorat lancé lors du Gitex 2024. Pour Glovo, c’était une manière de partager notre savoir-faire, notre expertise et de contribuer à l’essor de l’écosystème entrepreneurial marocain.

L’objectif était de sélectionner des startups marocaines, de les inviter à notre siège à Barcelone afin qu’elles rencontrent d’autres startups issues des pays où nous opérons, et qu’elles découvrent l’écosystème local barcelonais, ville d’origine de Glovo. Le cœur du programme, c’est le partage de notre playbook : nos stratégies, notre approche, nos échecs, nos bonnes pratiques. Le premier pilote a eu lieu en septembre dernier.

Adnane Lachheb. Durant le programme, nous avons organisé des sessions de mentorat avec des experts de Glovo, chacun spécialisé dans un domaine spécifique. Les startups choisissaient les thématiques qui les intéressaient, et nous mettions en place les sessions adaptées.

Par exemple, le CTO de Glovo a animé des séances axées sur le produit, d’autres portaient sur l’expansion à l’international, ou encore sur la stratégie d’entrée sur de nouveaux marchés.

Un volet important concernait également l’impact. Nous avons collaboré avec Impact Hub Barcelona pour accompagner les startups sur cette dimension, afin qu’elles intègrent pleinement la notion d’impact dans leur modèle et puissent ainsi mieux convaincre les investisseurs.

Adnane Lachheb. Dans le cadre du partenariat signé lors du Gitex 2024, nous avons défini des critères généraux : le business model, le secteur d’activité et la maturité de la startup. Chaque partenaire local a été invité à proposer trois startups répondant à ces critères. Logistiqa, fondée par Nassiba Benabdelhafid, a ainsi pu bénéficier du programme.

Adnane Lachheb. L’idée est de transmettre notre expérience, d’inspirer et d’encourager les startups à franchir le pas de l’internationalisation. En les connectant avec des startups étrangères confrontées à des défis similaires mais qui y répondent différemment, on crée une dynamique d’émulation. C’est un vrai mentorat, un partage d’inspiration, qui pousse les startups à se projeter et à accélérer leur développement.

Adnane Lachheb. Absolument. Nous préparons une nouvelle édition en septembre prochain. D’autres startups marocaines pourront se rendre à Barcelone pour y participer.

Glovo, entreprise espagnole bien implantée au Maroc et au Portugal, vient de signer un partenariat avec le ministère marocain de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration. L’idée est de capitaliser sur la dynamique créée par la Coupe du monde 2030 pour fédérer les acteurs de l’écosystème méditerranéen.

Nous envisageons d’organiser à Casablanca un événement d’envergure rassemblant des acteurs du Maroc, du Portugal et de l’Espagne. Ce sera l’occasion de stimuler les échanges de bonnes pratiques et d’attirer des investisseurs.

Retour d’expérience avec une des startups bénéficiaires

Nassiba Benabdelhafid. Logistiqa est une solution cloud pensée pour les très petites entreprises. Elle leur permet d’optimiser leur supply chain et leur logistique de manière simple. Elle intègre la gestion des ventes, des achats et des stocks, et favorise ainsi leur digitalisation.

Notre cible est proche de celle de Glovo : les petites structures, notamment dans le retail. Nous travaillons sur l’optimisation des flux, la réduction des coûts et l’amélioration de la qualité de service.

Nassiba Benabdelhafid. Le programme a réuni des startups de plusieurs pays : Kazakhstan, Kirghizistan, Ukraine… La première leçon a été de constater que, malgré la distance géographique, nous partageons les mêmes défis. Cela a permis de créer des synergies, et même de nouer des partenariats, y compris avec des startups du Kirghizistan ou du Kazakhstan.

La richesse de l’expérience Glovo, à travers leurs réussites mais aussi leurs erreurs, a été très formatrice. Nous avons pu échanger avec des experts impliqués dans leurs opérations et leur stratégie.

Nassiba Benabdelhafid. Absolument. Nous sommes une entreprise à impact : nous accompagnons les coopératives, les petites entreprises, dans leur transition digitale. Le fait d’échanger avec des personnes qui partagent cette vision nous a énormément apporté. Elles ont partagé, de manière ouverte et généreuse, des clés concrètes. C’est ce dont les startups ont besoin : un savoir transmis sans filtre.

Nassiba Benabdelhafid. Oui, clairement. Avec Glovo, nous travaillons actuellement à un partenariat qui vise à créer des synergies entre nos services. Mais le réseautage s’est aussi fait entre startups. Nous explorons des pistes de collaboration technologique et nous avons beaucoup appris en découvrant les écosystèmes d’autres pays. Cela a été une vraie valeur ajoutée.

212 Founders lance Expand212 et HQ212, deux nouvelles offres d’accompagnement (Interview)

212 Founders est le premier programme marocain structuré pour aider les entrepreneurs au potentiel à développer des projets innovants, avec une grande ambition d’internationalisation. Dans cette interview exclusive, le directeur du programme 212 Founders, Nawfal Fassi Fihri nous dévoile les ambitions du programme pour soutenir l’innovation et renforcer la coopération internationale, notamment avec la France et au-delà.

Nawfal Fassi Fihri. Nous profitons de cette édition Gitex pour présenter une évolution majeure du programme 212Founders à travers le lancement de deux nouvelles offres, Expand 212 et HQ212.

L’offre Expand 212 s’adresse à des startups marocaines qui souhaitent amorcer ou structurer leur déploiement à l’international, que ce soit en Afrique francophone, au Moyen-Orient ou en Europe. Le dispositif repose sur un triptyque exploration, structuration et connexion. Il inclut un accompagnement terrain sur les zones ciblées, des mises en relation personnalisées avec des partenaires locaux et un appui à la levée de fonds pour pouvoir financer cette internationalisation et un accompagnement juridique pour anticiper les barrières à l’entrée.

L’offre HQ212 cible des startups étrangères internationales qui souhaitent s’implanter au Maroc. C’est un marché qui est perçu aujourd’hui comme une porte d’entrée vers l’Afrique, mais aussi comme un environnement d’affaires structuré et qui est porteur d’innovation.

Notre offre HQ212 propose un accompagnement complet allant de l’exploration sur le marché marocain à l’implantation et avec des mises en relation qualifiées avec l’écosystème local, institutionnel, investisseur, acteurs privé et public, un appui juridique pour faciliter l’installation au Maroc, ainsi qu’un co-investissement avec nos partenaires pour faciliter cet investissement au Maroc.

Ces deux dispositifs viennent compléter l’accompagnement historique de 212 Founders en s’adressant à des startups en phase préséries A en termes de maturité. Elles répondent à un besoin clairement identifié sur le terrain, celui de passer à l’échelle dans un cadre structuré tout en restant connecté à l’écosystème local et régional.

– Nous avons observé qu’un grand nombre de startups, après avoir validé leurs produits et conquis un premier socle de clients au Maroc, peinent à franchir le cap de la croissance structurée. Cette phase charnière, qui est souvent sous-estimée, révèle des fragilités structurelles, des difficultés à accéder à des relais de croissance pertinents, des méconnaissances de cadres juridiques et fiscaux des marchés étrangers ou encore l’absence de réseaux stratégiques capables d’ouvrir les bonnes portes au bon moment.

Ces obstacles, s’ils ne sont pas anticipés, freinent la capacité de ces startups à scaler de manière cohérente et peuvent même mettre en péril leur dynamique initiale. C’est dans cette logique-là que s’inscrivent l’offre Expand212 et HQ212. Elles apportent une réponse ciblée à ces enjeux de changement d’échelle.

L’approche est à la fois pragmatique, contextualisée, mais également orientée résultat. Nous offrons aux startups des outils concrets pour analyser leur capacité de déploiement, mais aussi des partenaires qualifiés sur les territoires visés, sans oublier un soutien stratégique sur les dimensions financières et juridiques et un accompagnement pour adapter leur modèle aux réalités locales.

L’objectif n’est pas d’aller plus vite à tout prix, mais au contraire de poser les bons jalons au bon moment dans une logique de croissance maîtrisée et pérenne.

Le volet investissement chez Expand212 est vraiment un pilier central de notre accompagnement. Il intervient à différents stades selon la maturité de la startup, en Seed ou pré-Série A, mais également avec la possibilité de mobiliser jusqu’à 13 millions de dirhams sous forme de co-investissement avec nos autres partenaires co-investisseurs. Le financement est conditionné à une instruction très rigoureuse qui intègre une analyse du produit, du marché, de l’équipe fondatrice, mais aussi de la stratégie de déploiement.

Nous accompagnons également les startups dans la structuration de leurs levées de fonds à travers nos partenaires pour les rendre plus attractives et lisibles auprès des investisseurs.

Depuis le lancement du 212 Founders en 2019, plus de 135 startups ont été accompagnées avec 24 financements réalisés. Et à ce jour, 2 sorties. Nous avons vu plusieurs startups accélérer leur déploiement, structurer leur gouvernance, lever des fonds significatifs à l’issue de notre programme.

Mais au-delà des chiffres, ce que nous retenons, c’est la création d’un cadre de confiance aujourd’hui et de structuration dans un environnement où les entrepreneurs ont souvent besoin d’un accompagnement clair, exigeant et bienveillant.

L’internationalisation est vraiment au cœur de notre vision. Avec Expand 212 Founders, nous accompagnons les startups dans l’exploration de nouveaux marchés, la structuration de leurs opérations à l’international et la mise en relation avec des experts locaux, des investisseurs et des partenaires sectoriels. Nous opérons sur le terrain à travers des relais physiques ou à travers des collaborations ciblées dans des hubs pour offrir à nos startups un accès qualifié à des écosystèmes clés.

Notre présence à Station F nous permet d’avoir un pied dans un écosystème européen de référence tout en offrant à nos startups un espace d’accueil, de réseautage et d’inspiration. C’est une porte d’entrée vers l’Europe mais aussi un outil de crédibilité pour des projets marocains ou africains souhaitant se confronter à d’autres standards internationaux. Cela crée évidemment un effet miroir utile qui encourage les entrepreneurs à se structurer davantage et à penser leurs ambitions à l’échelle régionale et internationale.

Plusieurs freins subsistent aujourd’hui. Le manque d’accès à des financements structurants, une fragmentation des marchés. Parfois, les startups souffrent d’un cadre réglementaire encore peu lisible et d’une solitude stratégique des entrepreneurs ou des fondateurs. Donc notre rôle est justement de réduire ces asymétries en apportant de la méthode, du réseau et des outils concrets pour passer de l’idée à l’escalade.

Je leur dirais : Osez structurer vos ambitions. Nous ne promettons pas de raccourci, mais nous offrons un cadre clair, exigeant et bienveillant, comme je le disais tout à l’heure, pour accompagner celles et ceux qui veulent construire des projets solides et durables.

Candidater à 212 Founders, c’est entrer dans une dynamique de long terme dans laquelle nous nous engageons aux côtés des entrepreneurs au rythme de leur développement et avec une vraie volonté de co-construction ensemble. Donc il faut tout simplement candidater, Il faut oser, tout simplement.

Chakib Achour (GITEX) : « Le Maroc peut devenir un hub technologique au service de tout le continent »

À Marrakech, le compte à rebours est lancé. Du 14 au 16 avril 2025, la 3e édition de GITEX Africa s’annonce comme un rendez-vous stratégique pour l’écosystème numérique continental.

Plus de 140 pays, 1.400 exposants et 400 investisseurs sont attendus dans la ville ocre, qui deviendra durant trois jours l’épicentre technologique de l’Afrique. Cette 3e édition se veut un catalyseur d’innovation, de souveraineté numérique et de connexions humaines à l’échelle du continent. Au cœur de cette édition : l’intelligence artificielle (IA).

Agriculture, santé, éducation, services publics… les cas d’usage se multiplient, et l’ambition est claire : faire de l’Afrique un producteur de solutions, et non un simple marché. Au-delà des technologies, GITEX Africa 2025 veut aussi repositionner les grands enjeux de connectivité, de souveraineté numérique et de mobilisation des talents de la diaspora.

Le représentant officiel de l’événement au Maroc, Chakib Achour, répond aux questions de Médias24 sur ce rendez-vous de la tech et des start-up, et les nouveautés qu’il propose.

Médias24 : L’intelligence artificielle est le thème de cette 3e édition. Comment peut-elle participer à l’essor du Maroc et du continent africain ?

Chakib Achour : L’intelligence artificielle, aujourd’hui, ce n’est plus un luxe ou un terrain de recherche réservé aux grandes puissances. C’est un levier immédiat pour résoudre des défis locaux, optimiser nos ressources et créer de nouveaux modèles de développement. En Afrique, où les besoins sont énormes et les structures souvent sous pression, l’IA peut accélérer des changements profonds, dans l’agriculture, la santé, l’éducation ou encore les services publics.

Pour le Maroc, c’est une opportunité historique. Nous avons les talents, les infrastructures, et une ambition politique affirmée à travers la stratégie Maroc Digital 2030. L’IA peut faire du Maroc un hub technologique au service de tout le continent. GITEX Africa 2025 va d’ailleurs offrir une scène centrale à cette thématique, avec des panels, des démonstrations, des cas d’usage concrets d’IA appliquée au développement. C’est une manière d’ancrer cette technologie dans la réalité africaine et de montrer que, oui, l’Afrique peut produire et exporter des solutions en intelligence artificielle.

– Quelles surprises nous réserve la 3e édition de GITEX Morocco Africa ?

– Cette édition 2025 s’annonce comme un moment charnière. D’abord, parce que nous franchissons un seuil en termes de participation internationale. Pour la première fois, nous accueillerons 140 pays, avec un espace inédit baptisé « Pavilion Countries ». Ce sera une vitrine mondiale de l’innovation, une sorte de carte vivante des écosystèmes numériques planétaires.

Ensuite, il y aura des thématiques totalement nouvelles. L’agrégation de secteurs comme l’AgriTech, la SportTech ou encore la Green Energy nous permet d’élargir le champ de la tech africaine. C’est aussi la première fois qu’un sommet sur la souveraineté numérique africaine, couplé à un dialogue sur la régulation des crypto-actifs, sera organisé avec des régulateurs, dont Bank Al-Maghrib.

Et puis, bien sûr, il y a l’intensité du matchmaking cette année. Plus de 400 investisseurs internationaux seront présents, avec une plateforme entièrement repensée pour faciliter les deals, les levées de fonds et les partenariats stratégiques. GITEX Africa 2025, c’est un concentré de technologie, d’ambition et de connexions humaines.

– Quelles ambitions pour l’édition 2025 de GITEX ? Quels sont les objectifs que vous souhaitez atteindre ?

– Notre ambition, elle est claire : faire de cette édition un accélérateur de souveraineté technologique pour l’Afrique. Concrètement, nous voulons connecter les meilleurs talents aux meilleurs investisseurs, offrir aux institutions publiques des solutions adaptées à leurs enjeux, et donner à voir une Afrique en capacité de produire ses propres innovations.

Sur le plan quantitatif, nous visons à dépasser les 50.000 visiteurs, à maintenir une représentation de plus de 1.400 exposants, et à renforcer le rôle de GITEX comme un catalyseur de croissance, avec des centaines de deals signés ou enclenchés. Mais l’objectif le plus important, c’est l’impact. Si une start-up sénégalaise repart avec son premier tour de table, si une entreprise marocaine décroche un contrat continental, ou si un jeune développeur ivoirien trouve son mentor ici à Marrakech, alors l’ambition aura été atteinte.

– Pouvez-vous nous en dire plus sur Africa Future Connectivity ?

– Le coeur battant de cette édition, c’est Africa Future Connectivity. Ce sommet va réunir les décideurs de la connectivité en Afrique – opérateurs télécoms, ministres, régulateurs, géants du cloud, acteurs des data centers – pour une discussion stratégique sur l’avenir des infrastructures numériques.

Pourquoi c’est crucial ? Parce que sans connectivité, il n’y a ni IA, ni e-santé, ni éducation à distance, ni souveraineté numérique. Nous avons besoin d’un socle commun solide. Ce sommet abordera des sujets concrets : comment déployer et étendre la 5G ? Comment sécuriser les réseaux africains ? Comment mutualiser les investissements pour les câbles sous-marins ?

L’Afrique a besoin d’un cadre de gouvernance clair et d’une vision collective sur ces enjeux. GITEX Africa devient ainsi un espace de dialogue politique, économique et technologique, avec un objectif simple : que l’Afrique se parle à elle-même, et construise ses propres routes digitales.

– Cette édition est plus focalisée sur la diaspora. Qu’est-ce que le Diaspora Studio ? Pourquoi est-ce essentiel pour GITEX ?

– Le Diaspora Studio, c’est l’une des grandes innovations de cette édition. Il s’agit d’un espace dédié aux talents africains installés à l’international, qui souhaitent contribuer à l’essor technologique du continent. La diaspora, c’est une richesse exceptionnelle : des ingénieurs, des investisseurs, des chercheurs, des entrepreneurs qui ont acquis une expertise mondiale et qui veulent désormais revenir, transmettre, investir.

Ce studio va leur offrir une scène, mais aussi un programme d’accompagnement, des outils pour investir dans des start-up locales, pour lancer un projet en Afrique, ou simplement pour établir des passerelles entre les deux rives.

C’est aussi un signal fort. GITEX Africa ne regarde pas uniquement l’Afrique continentale. Il s’adresse à l’Afrique globale, celle qui vit à Paris, à Toronto, à Dubaï, mais qui garde une racine, une vision, un désir d’agir. Le futur numérique africain ne se construira pas sans sa diaspora, et nous voulons qu’elle se sente ici chez elle.

Les nouveautés du GITEX 2025 avec la DG de Kaoun International, organisateur de l’événement

Lors de la conférence de presse dédiée à la 3e édition du Gitex, à Rabat, Médias24 a pu rencontrer Trixie LohMirmand, PDG de Kaoun International, l’organisateur de GITEX Africa pour en savoir davantage sur l’édition 2025 prévue à Bab Jdid, à Marrakech, du 14 au 16 avril.

Médias24 : Vous avez annoncé une édition historique pour 2025. En quoi celle-ci sera-t-elle différente ou spéciale par rapport aux autres éditions ?

Trixie LohMirmand : Ce qui rend cette édition particulièrement marquante, c’est que nous entrons dans une décennie dominée par l’intelligence artificielle (IA) – une époque où tout évolue extrêmement vite, dans un climat de compétition intense. Les règles du jeu changent chaque jour. Il est donc crucial que les communautés technologiques marocaines et africaines se connectent avec les 40.000 participants présents, issus de plus de 130 pays, pour comprendre les tendances mondiales, saisir des opportunités de collaboration et s’inspirer des meilleures pratiques.

Alors que nous entamons notre troisième année, les attentes autour des start-up marocaines sont de plus en plus élevées, que ce soit en matière de croissance, d’emploi ou de plans d’investissement, ces jeunes pousses ont beaucoup évolué.

Nous sommes très fiers du salon cette année : près de 300 start-up marocaines y participent, ce qui représente une augmentation considérable par rapport à la 1re édition.

L’IA est appelée à peser plus de 3.600 milliards de dollars d’ici 2034 dans l’économie mondiale. Pourtant, l’Afrique ne représente aujourd’hui que 2,5% de ce marché, un chiffre encore très bas. Cela montre qu’il y a un énorme potentiel de croissance, avec une projection à 2.900 milliards de dollars d’ici 2030 ou au-delà.

Mais comment y parvenir ? Cela passe par une forte interaction avec des partenaires internationaux, pour comprendre comment s’adapter et évoluer de façon compétitive. Cette année, plus de 40% des entreprises présentes à Gitex Maroc proposent des produits ou des solutions basés sur l’IA, en particulier dans des secteurs comme l’agriculture, la santé, l’éducation ou la finance.

– Pouvez-vous nous donner un aperçu des initiatives clés qui seront présentées lors de cette édition du Gitex Morocco Africa ?

– Plusieurs nouveaux programmes et plans seront présentés par les entreprises elles-mêmes. Ce qui nous importe, c’est de voir à quel point ces start-up ont intégré l’IA dans leurs produits, comment elles ont su faire pivoter leur modèle pour rester pertinentes. De nouveaux secteurs sont mis en lumière cette année, comme l’agritech, la healthtech – déjà présentes l’an passé –, mais aussi l’edtech et la sportech, qui prennent une importance particulière à l’approche de la Coupe du monde de 2030 au Maroc.

Et ce qui est encore plus excitant, c’est que nous accueillons plus de 350 investisseurs venus de plus de 60 pays, dont beaucoup découvrent le Maroc pour la première fois. Quand on leur demande dans quels types de start-up ils souhaitent investir, la réponse est unanime : l’IA.

L’IA s’intègre désormais dans toutes les industries, ce qui donne aux start-up marocaines une chance unique de comprendre ce qu’il faut pour attirer des investissements, gagner en compétitivité et accéder à de nouveaux marchés, notamment dans les domaines de l’agriculture, de la santé, de la finance et de l’éducation.

– Quelle vision stratégique pour cette 3e édition du Gitex ?

– Nous ne voyons pas cette édition comme un événement isolé, mais comme un tremplin vers l’avenir. Il s’agit de construire sur la dynamique accumulée au cours des deux dernières années, en synergie avec le gouvernement, les institutions partenaires et l’Agence de développement du digital (ADD).

Nous voulons accélérer le développement de l’économie numérique, encourager les exportations digitales et surtout aider les start-up à se développer à l’échelle internationale. C’est dans cette optique que nous insistons sur l’importance de rester concentrés, de guider nos efforts dans la bonne direction et de favoriser les bonnes conversations autour de l’IA, avec les meilleurs experts, pour imaginer les prochaines étapes et affiner les stratégies produit, marketing et de croissance.

L’UM6P s’installe à Station F pour soutenir l’innovation entre l’Europe et l’Afrique

Ce programme, intitulé NextAfrica, vise à soutenir et accélérer le développement des startups internationales intéressées par le marché africain dans des secteurs tels que la Greentech, l’Agritech, la Healthtech, relevant du positionnement stratégique de l’UM6P, indique l’Université dans un communiqué.

À travers ce partenariat, l’UM6P aura un espace dédié de plus de 40 postes de travail à Station F. Ce partenariat offre aux startups des opportunités uniques combinant mentorat, possibilités de financement, accompagnement technique et accès privilégié aux marchés africains.

Il mettra à profit l’expertise scientifique et la richesse des laboratoires de l’UM6P, en favorisant les échanges avec ses chercheurs et experts, apportant une perspective locale et africaine précieuse pour les startups, ajoute le communiqué.

Au-delà du soutien opérationnel, les startups bénéficieront de connexions stratégiques avec des acteurs clés au Maroc et en Afrique, ainsi que d’opportunités de partenariats technologiques et business.

En parallèle, l’intégration à l’écosystème dynamique de Station F leur offrira un levier unique pour accélérer leur croissance et consolider leur positionnement sur les marchés européens et africains.

Le programme d’accélération NextAfrica offrira à une vingtaine de startups Greentech et Healthtech par an un accompagnement international unique, combinant une immersion au sein de l’écosystème entrepreneurial de Station F à Paris et un accès direct aux infrastructures et aux ressources du campus de l’UM6P au Maroc.

« Cette alliance avec Station F reflète notre ambition de connecter les talents africains et européens autour d’un environnement entrepreneurial innovant. En unissant nos forces, nous mettons à disposition des startups les outils leur permettant de relever les défis technologiques, économiques et environnementaux de l’Afrique, tout en renforçant ce pont entre les deux continents. À travers ce positionnement, l’UM6P entend approfondir son rôle clé dans la création d’un écosystème d’excellence », a déclaré Hicham El Habti, président de l’UM6P, cité dans le communiqué.

« Nous sommes très fiers d’accueillir l’UM6P à Station F. Ce partenariat ne fera que renforcer des secteurs clés et stratégiques pour nous, notamment la GreenTech et le HealthTech, ainsi que notre lien avec le Maroc –qui est le troisième pays le mieux représenté à Station F aujourd’hui », a souligné, de son côté, Roxanne Varza, directrice de Station F qui accompagne plus de 1000 startups par an à travers 30 différents programmes.

« The Forge », le programme d’accompagnement de l’UM6P pour les startups à impact global

Hébergé à StartGate Benguerir, le campus dédié à l’innovation et à l’entrepreneuriat de l’UM6P, et soutenu par le fonds de capital-risque UM6P Ventures ainsi que la Fondation Ibn Rochd pour les Sciences et l’Innovation (FIRSI), « The Forge » ambitionne de transformer des idées novatrices en entreprises prospères grâce à un accompagnement sur mesure, indique un communiqué de l’UM6P.

The Forge propose bien plus qu’un simple programme : il offre un environnement intégré et structuré où les fondateurs bénéficient d’un mentorat de classe mondiale, d’infrastructures technologiques de pointe et d’un accès à des réseaux internationaux. Le programme met un accent particulier sur le développement personnel et professionnel des participants pour renforcer leur résilience et leur leadership, explique la même source.

L’objectif est de fournir aux startups les ressources nécessaires pour générer un impact durable et accompagner la naissance des futures licornes marocaines.

À travers une expérience immersive de résidence de 9 à 12 mois, The Forge guide les entrepreneurs à travers quatre étapes :

  1. L’idéation, pour structurer et affiner les idées en projets concrets.
  2. L’incubation, pour développer des prototypes grâce à un accès aux laboratoires de l’UM6P.
  3. L’accélération, pour connecter les startups aux opportunités de financement.
  4. Le scaling, pour soutenir l’expansion régionale et internationale des startups.

Ouvert aux fondateurs du monde entier, The Forge accorde une priorité particulière aux entrepreneurs marocains, y compris les membres de la diaspora, ainsi qu’aux fondateurs venus d’autres pays africains. En réunissant des profils aux compétences et perspectives diversifiées, le programme vise à créer une communauté dynamique de fondateurs prêts à relever les défis locaux et mondiaux, indique l’UM6P. Cette approche garantit un écosystème riche en talents tout en valorisant les compétences locales et le rôle du Maroc comme hub d’innovation en Afrique.

 

Les candidatures pour la première cohorte de The Forge sont ouvertes sur le site www.theforge.ma du 18 décembre 2024 au 7 février 2025.

« Nous croyons fermement que les entrepreneurs marocains et africains ont le potentiel de s’imposer sur la scène internationale. The Forge incarne cette mission en offrant un programme axé sur les fondateurs, car tout part d’eux. Bien plus qu’un programme classique : c’est une passerelle qui connecte les fondateurs à des ressources de classe mondiale tout en valorisant leur impact local et global. Notre ambition est d’accompagner ces startups dans leur conquête des marchés mondiaux et de poser les bases des futures licornes africaines », déclare Yassine Laghzioui, directeur de l’Entrepreneuriat et du Venturing et CEO d’UM6P Ventures.

 » The Forge incarne l’engagement de la FIRSI, en sa qualité de fondation adossée à l’UM6P, à faire de l’innovation et de l’entrepreneuriat la clé d’un développement économique inclusif. Nous croyons fermement que chaque entrepreneur, quelles que soient ses contraintes, doit avoir la possibilité de réaliser son plein potentiel. À travers ce programme, nous créons un environnement propice pour transformer des idées innovantes et ambitieuses en succès concrets, contribuant ainsi à un écosystème africain inclusif et influent », déclare Tarik El Fehri, secrétaire général de la FIRSI.

eHealth Forum. Quels défis rencontrent les start-up de la healthtech ?

Les travaux de la 2e édition de l’International eHealth Forum se poursuivent ce jeudi 31 octobre, dans les locaux de l’Université Mohammed VI des sciences et de la santé. Le panel « Construire des start-up healthtech réussies » a mis en lumière les défis et les forces des start-up du domaine de la santé.

Le milieu est très prometteur, même s’il rencontre une « réglementation stricte, des enjeux de financement et des obstacles technologiques », a commenté Imane Bara, modératrice et directrice Entrepreneuriat au Centre Mohammed VI pour la recherche et l’innovation.

Pour Abdelmoughite Abdelmoumen, directeur du département stratégie Tamwilcom, les défis se concentrent sur l’accès au marché. « Ce sont des marchés spécifiques, et il est très difficile d’accéder aux marchés publics ». Le responsable a mentionné en outre le défi du développement international et la réglementation, deux aspects primordiaux pour les startupers.

Abdelmoughite Abdelmoumen a souligné que, du fait de leur développement rapide, les start-up nécessitent des conseils juridiques et financiers, mais également l’accès aux ressources humaines. Sans oublier, l’aspect protection de la propriété intellectuelle, où au niveau international, « c’est compliqué pour les petites start-up », a-t-il précisé.

« On ne peut être que fiers de la place qu’occupe le Maroc sur le continent », a déclaré Zineb Benhamou, program manager chez 212 founders de CDG Invest. L’heure est à l’optimisme. Elle liste les points positifs dans le domaine de la santé digitale. « Depuis 2019, il y a une prise de conscience des institutions pour faire émerger les start-up, et de la nécessité de structurer chaque étape », a indiqué Zineb Benhamou.

Sur la question du financement, elle a affirmé que « plusieurs fonds peuvent accompagner la croissance des start-up », et a souligné « la maturité de l’écosystème et des business angels ». Zineb Benhamou a cité en exemple le collectif de business angels, M Founders, qui vient apporter de la complémentarité aux entrepreneurs.

Le thème de la 2e édition de l’International eHealth Forum est « L’ère de la santé numérique vers des soins de qualité ». L’événement est organisé par la Fondation Mohammed VI des sciences et de la santé et le Centre d’innovation e-santé de l’université Mohammed V de Rabat, en partenariat avec le ministère de la Santé et de la protection sociale.

African Digital Summit 2024 : innovation, start-up et intelligence artificielle au cœur des débats

Lors de la cérémonie d’ouverture, Ghita Mezzour, ministre déléguée chargée de la Transition numérique, a dévoilé un budget de 240 millions de DH destiné à stimuler la demande nationale de services innovants.

Ce financement stratégique vise à soutenir les start-up marocaines en leur offrant des opportunités d’externalisation et d’exportation de leurs solutions au-delà des frontières. Ghita Mezzour a souligné l’importance cruciale des start-up, les qualifiant de « véritables moteurs d’innovation et de transformation numérique au Maroc ». Elle a exhorté les acteurs économiques à faire confiance à ces entreprises émergentes, dont le potentiel pourrait révolutionner le paysage numérique du pays.

Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique a également pris la parole pour insister sur le rôle clé de l’intelligence artificielle (IA) et des compétences numériques dans la préparation des générations futures. Abdelatif Miraoui a encouragé une valorisation proactive de la jeunesse africaine, soulignant que la révolution technologique actuelle offre des opportunités sans précédent pour innover et se développer.

Youssef Cheikhi, président du Groupement des annonceurs du Maroc (GAM), a présenté un programme riche, articulé autour de huit axes thématiques majeurs tels que le marketing digital, le branding, le retail media et le gaming. Cette année, des géants de l’industrie, tels qu’Amazon Web Services, Google et TikTok, ont été invités à partager leur expertise et leurs visions sur l’avenir du numérique. En outre, plusieurs accords de partenariat ont été signés, consolidant ainsi la coopération entre diverses entités du secteur et renforçant l’écosystème numérique marocain.

Marketing sportif : un levier de croissance

Un panel consacré au marketing sportif a réuni des leaders mondiaux pour discuter de l’impact potentiel du sport sur les marques. Iris Diaz, directrice Marque et Marketing de la FIFA, a mis en lumière les opportunités exceptionnelles qu’offre la Coupe du monde 2026, qui se déroulera dans 16 villes hôtes et comportera 48 matchs. Elle a souligné l’importance de créer un contenu authentique et diversifié qui reflète la richesse culturelle des pays hôtes, en veillant à répondre aux attentes des divers marchés.

Adil Barii, directeur de la communication de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), a détaillé les efforts déployés par la fédération pour promouvoir le football marocain à l’international. Il a évoqué les succès récents de l’équipe nationale lors des compétitions internationales, affirmant que ces réalisations avaient renforcé l’image de marque du football marocain. Les experts présents ont également analysé l’essor du marketing sportif au Maroc, révélant qu’environ 30% des marques investissent actuellement dans ce domaine, avec des prévisions de croissance de 25% dans les 12 prochains mois.

Stratégies numériques et évaluation de la performance

Un autre panel a examiné les stratégies numériques et les priorités des annonceurs au Maroc. Luc Durant, directeur général d’Ipsos Maroc, a mis en avant l’importance cruciale des réseaux sociaux dans les stratégies des annonceurs, qui ont atteint un taux d’utilisation de presque 100%.

Les intervenants ont également abordé les défis liés à la mesure de la performance des campagnes numériques. Mehdi Mourabit, PDG de l’agence digitale Webeuz, a plaidé pour une collaboration étroite entre les équipes marketing et commerciales, soulignant que la technologie, bien qu’essentielle, ne peut garantir des résultats optimaux sans une gestion efficace des données.

Safia Taghi, directrice marketing de l’Association marocaine des instituts de sondages et d’études (AMISE), a relevé que bien que 75% des marques disposent d’outils de mesure de performance, leur utilisation reste souvent sous-exploitée. Elle a recommandé de renforcer l’usage des tests pré et post-campagnes pour garantir l’efficacité des stratégies marketing, insistant sur l’importance de ne pas se limiter à des indicateurs immédiats comme les impressions ou les clics, mais de viser des résultats concrets et significatifs.

L’African Digital Summit 2024 a renforcé la conviction que le digital et l’intelligence artificielle peuvent transformer non seulement les entreprises, mais aussi l’ensemble de la société marocaine et africaine, en offrant de nouvelles perspectives et en favorisant l’innovation à tous les niveaux.

Accompagnement des start-up : signature d’une convention entre le ministère de la Transition numérique, la CDG et Tamwilcom

Cette convention, signée par la ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la réforme de l’administration, Ghita Mezzour, le directeur général de la CDG, Khalid Safir, et le directeur général de Tamwilcom, Hicham Zanati Serghini, vise à sélectionner des opérateurs qualifiés, notamment des incubateurs et des accélérateurs en vue de développer des programmes de qualité adaptés au marché marocain pour accompagner et encadrer les start-up, et gérer et distribuer les subventions qui leur sont allouées.

Cet accord vise à fournir un soutien durable et structuré aux start-up à chaque étape de leur développement, tout en renforçant leurs compétences entrepreneuriales et en les aidant à réaliser leurs objectifs, grâce à des mécanismes de mentoring et de mise en relation avec les investisseurs, dans le cadre de la stratégie nationale Digital Morocco 2030.

À cet égard, la ministre délégué chargé de la Transition numérique et de la réforme de l’administration a souligné que cet accord vise à sélectionner des opérateurs économiques nationaux et internationaux pour développer et soutenir les start-up.

Ghita Mezzour a ajouté que cette initiative s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie Digital Morocco 2030, dans le volet lié au financement, afin d’accompagner et de soutenir les start-up, notant que cette stratégie accorde également une grande importance au développement de solutions numériques à même de répondre aux besoins de ces entreprises et de renforcer les opportunités d’emploi pour les jeunes.

Pour sa part, le directeur général de Tamwilcom a relevé que cette convention tripartite intervient dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie Digital Morocco 2030 en matière d’accès au financement des start-up innovantes, rappelant que cette catégorie d’entreprises est confrontée à certaines contraintes liées à l’accès au financement, notamment bancaire.

Hicham Zanati Serghini a indiqué, de son côté, que l’accès au financement pour ces entreprises nécessite un modèle économique particulier qui répond à de nouveaux critères adaptés à leurs spécificités, rappelant que le gouvernement a développé ces dernières années plusieurs programmes et mécanismes en faveur de ces entreprises pour simplifier l’accès au financement.

(Avec MAP)

Loop for Science and Technology prépare les jeunes Marocains aux métiers de demain

Depuis sa création, Loop for Science and Technology s’est fixé un objectif clair : sensibiliser les étudiants du secteur public aux nouveaux métiers émergents tels que la robotique, l’internet des objets (IoT) et l’intelligence artificielle (IA). « Nous nous sommes lancés avec des écoles privées, en proposant des cours de robotique et en formant les enseignants. Très vite, nous avons réalisé qu’il était impératif d’intégrer les écoles publiques pour toucher un maximum d’élèves, surtout ceux issus de milieux défavorisés », raconte à Médias24 Laila Barchane, cofondatrice de Loop for Science and Technology.

L’association, née à Casablanca en 2018, est le fruit d’une vision partagée par trois ingénieurs passionnés de technologie et profondément attachés à leur pays. Laila Barchane, sa sœur Imane Barchane, toutes deux diplômées de l’École Mohammadia des ingénieurs en génie industriel, et Saâd Zabari, ingénieur diplômé de l’ENSAM, ont vu dans la technologie un levier pour transformer l’éducation marocaine. Leur ambition commune : intégrer davantage de technologie dans le système éducatif marocain afin de préparer les jeunes à un monde où les compétences numériques sont essentielles.

L’idée est née d’une observation simple mais percutante : « Bien que le Maroc connaisse une croissance rapide de l’accès à la technologie, les opportunités pour les jeunes d’apprendre et de maîtriser ces outils restent limitées, surtout dans les écoles publiques », note la cofondatrice. Elle poursuit : « Nous avons commencé modestement. Nous étions juste trois, avec beaucoup d’idées et une volonté farouche de faire la différence ».

En 2021, Loop for Science and Technology a signé un partenariat avec le ministère de l‘Éducation nationale pour développer la robotique dans les écoles publiques. Depuis, elle a créé 180 clubs de robotique dans tout le pays, avec au moins un club par région, y compris dans des zones rurales telles que Driouch, Aousefr et Moulay Yacoub. Des enseignants bénévoles sont formés et équipés pour encadrer les élèves.

En effet, Loop for Science and Technology repose sur un modèle communautaire. « Chaque année, près de 300 bénévoles se joignent à cette aventure. Ils viennent de divers horizons : des ingénieurs chevronnés, des artistes passionnés, des étudiants curieux, et même des professionnels d’autres secteurs, tous unis par un même désir : transmettre leur savoir et leur passion pour la technologie aux jeunes générations », affirme notre interlocutrice. Elle ajoute que cette diversité dans l’encadrement crée une synergie unique, où chaque compétence et chaque expérience se complètent pour offrir aux jeunes une formation riche et variée.

Un éventail de programmes pour stimuler l’innovation technologique et l’engagement des jeunes

L’association organise ses compétitions en mettant l’accent sur l’engagement communautaire. Chaque compétition comprend une composante de projet en équipe, où les participants mobilisent des compétences transversales telles que l’intelligence artificielle, la mécanique, et bien d’autres disciplines.

L’un des programmes les plus emblématiques de Loop for Science and Technology est le « Tech Challenge » : First® Tech Challenge et First® Lego® League. Cette compétition met les participants au défi de résoudre des problèmes concrets à l’aide de technologies modernes telles que la robotique et l’intelligence artificielle.

« Les jeunes ne sont pas seulement formés à utiliser ces outils, ils sont incités à innover, à explorer les possibilités offertes par ces technologies pour créer des solutions originales à des problématiques réelles, telles que l’optimisation de la gestion des déchets dans les villes ou l’amélioration de l’accès à l’éducation dans les zones rurales », assure Laila Barchane. Aussi, l’un des principaux objectifs du Tech Challenge est de permettre aux jeunes de se projeter dans des carrières technologiques avec confiance.

L’autre initiative de Loop est l’Olympiade de Robotique « World Robot Olympiad (WRO)« . Ici, les élèves sont regroupés en équipes pour concevoir, programmer et construire des robots capables de relever des défis spécifiques. Mais l’Olympiade va plus loin : elle intègre une composante artistique où les robots sont utilisés pour créer des œuvres visuelles, qui fusionnent ainsi technologie et expression créative.

Dans ces hackatons, le défi est double. D’abord technologique : les équipes doivent concevoir et programmer un robot capable de réaliser un défi préétabli. Par exemple, « cette année, le défi consiste à développer un robot qui assemble des éléments pixelisés pour créer une mosaïque artistique sur un tableau. Les équipes gagnent des points en fonction de la précision, des couleurs et de la composition finale », décrit la cofondatrice.

Enfin, le hackathon soutenu par la NASA « Space Apps Challenge » est sans doute l’un des programmes les plus ambitieux de Loop for Science and Technology. Dédié à l’exploration spatiale et terrestre, ce hackathon pousse les jeunes à penser comme des ingénieurs de la NASA, en les plongeant dans des défis réels liés à l’exploration de l’espace et à la protection de notre planète. Cette expérience immersive non seulement développe des compétences techniques pointues, mais elle inspire également les jeunes à s’engager dans des domaines scientifiques importants pour l’avenir.

Bien qu’ancrées dans la technologie, ces compétitions ont été conçues pour développer bien plus que des compétences techniques. Imane Barchane insiste sur l’importance des soft skills : « Nous souhaitons que chaque élève participant puisse développer des compétences techniques, mais aussi des soft skills comme le leadership et la résolution de problèmes ». En effet, les équipes sont encouragées à organiser des activités de sensibilisation, telles que des ateliers de codage, et à proposer des solutions innovantes pour résoudre un problème spécifique dans leur école, ou même à contacter des institutions internationales pour promouvoir la robotique dans des zones reculées.

L’association ne se limite pas au Maroc. Sa vocation africaine est clairement établie avec l’ouverture d’un centre à Kinshasa, au Congo, et un partenariat en Tunisie pour étendre son impact à travers le continent. Loop for Science and Technology reconnaît le potentiel immense de l’Afrique dans le domaine de la Tech et souhaite accompagner cette nouvelle génération d’innovateurs africains. « Ces initiatives permettent de créer un écosystème propice à l’émergence de talents africains capables de contribuer à la résolution de problèmes globaux, tout en répondant aux besoins spécifiques des communautés locales », conclut Laila Barchane.