5 stations monoblocs de dessalement en cours d’installation à El Jadida

A ce jour, El Jadida compte deux unités de dessalement d’eau de mer déjà opérationnelles en plus de cinq autres en cours de réalisation. S’y ajoutent environ 25 camions citernes destinés à approvisionner en eau potable une population d’environ 70.000 habitants de plusieurs communes.

Selon Mouhcine Moursli, responsable eau potable à la Régie intercommunale de distribution d’eau, d’électricité et d’assainissement liquide des provinces d’El Jadida et Sidi Bennour (RADEEJ), les stations de Sidi El Abed et de Tnine Chtouka ont été réalisées dans le cadre de la première phase du projet d’installer 40 stations monoblocs au niveau national, lancé par le ministère de l’Intérieur.

Dans une déclaration à la presse lors d’une visite de terrain, il a expliqué que l’unité de dessalement d’eau de Tnine Chtouka est dotée d’un débit de 380 mètres cubes par jour, tandis que la station de Sidi El Abed produit plus de 780 m3 d’eau par jour.

La province d’El Jadida bénéficiera de cinq nouvelles stations dans les communes d’Azemmour, Sidi Ali, Lamharza Essahel, Ouled Aïssa et Ouled Ghanem, a-t-il précisé.

Abordant le processus de dessalement, M. Moursli a fait savoir que le procédé de traitement commence par la collecte de l’eau de mer à partir de forages, suivie d’une opération de prétraitement via des bassins de sable, puis d’une phase de dessalement par osmose inverse, permettant de produire de l’eau potable de haute qualité.

Il a relevé que l’eau potable est stockée dans des réservoirs d’une capacité de 50 mètres cubes, avant d’être fournie aux villages bénéficiaires par camions citernes, au nombre de 25 d’une capacité de 4 à 12 m3.

À ce sujet, El Mouqri El Idrissi, chef de division des collectivités territoriales à la province d’El Jadida, a précisé que la province a reçu, dans une première phase de la part du ministère de l’Intérieur, un total de 25 camions citernes d’un tonnage de 4 à 12 T. Ces camions approvisionnent en eau 146 douars répartis sur 21 communes de la province en proie à la pénurie.

Environ 2.200 mètres cubes d’eau sont distribués quotidiennement, au profit d’environ 70.000 habitants des douars qui souffrent de pénuries d’eau dans les puits ou d’une augmentation de la salinité de l’eau, a-t-il ajouté.

Six nouveaux camions-citernes supplémentaires de grande capacité seront mis à la disposition de la province par le ministère de l’Intérieur, a-t-il poursuivi, précisant que ces nouveaux camions permettront d’augmenter le volume d’eau distribué et d’accroître le nombre de bénéficiaires à 80.000 habitants.

(Avec MAP)

La station de dessalement de Jorf Lasfar desservira Casablanca en eau potable dès fin septembre

Construite en 2015 avec une capacité de production de 25 millions de mètres cubes par an, la station a vu sa capacité de production augmenter à 45 Mm3/an en 2022, grâce à l’extension menée dans le cadre de la mise en œuvre du Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation (PNAEPI 20-27) visant à pallier le déficit pluviométrique.

Ce projet d’extension de la station de dessalement a consisté au début en une augmentation de la production de 15 Mm3 par an, suivie d’une autre dotée de 45 Mm3 d’eau de production annuelle, dont 30 Mm3 destinés à la ville d’El Jadida et aux régions avoisinantes.

La station de dessalement de Jorf Lasfar, l’une des plus importantes à l’échelle nationale, a pour ambition de franchir le cap d’une production de 300 Mm3 d’eau potable d’ici 2026, dans l’optique d’une riposte significative à la situation de stress hydrique.

Lors d’une visite à la station, Otmane Abousselham, responsable de la production chez OCP Green Water, société spécialisée dans le dessalement et le traitement des eaux usées, a souligné dans une déclaration à la presse que le groupe OCP, en partenariat avec le ministère de l’Intérieur, a mis en place la société “OCP Green Water” en tant que levier d’accompagnement de la stratégie nationale de lutte contre le stress hydrique.

Le premier projet développé fut la station de traitement de Jorf Lasfar, dont l’objectif principal était de couvrir, lors de la première phase, 100% des besoins du complexe industriel de Jorf Lasfar en eau non conventionnelle, a-t-il rappelé.

La deuxième phase, a-t-il poursuivi, a porté notamment sur la mobilisation de 30 Mm3/an ayant permis dès février 2024 de couvrir 100% des besoins en eau potable de la ville d’El Jadida.

M. Abousselham a affirmé que les travaux d’extension et de développement en cours permettront d’augmenter les capacités de dessalement de l’eau de mer afin de desservir la zone située au sud de Casablanca à raison de 60 Mm3/an.

Les travaux de construction ont débuté en avril de l’année en cours, alors que l’approvisionnement de la ville de Casablanca en eau potable commencera progressivement vers la fin de septembre prochain.

Parallèlement, a poursuivi M. Abousselham, de nouvelles extensions sont actuellement en cours pour approvisionner d’autres régions à l’instar de la ville de Khouribga.

Vers une capacité de 560 Mm3 par an

Tous les projets réalisés ou en cours de mise en œuvre visent à porter, d’ici 2026, la capacité de production annuelle d’eau à 300 Mm3/an au niveau de la station de Jorf Lasfar, a-t-il précisé, notant que cet objectif s’inscrit dans la stratégie globale de l’OCP visant une capacité de 560 Mm3 par an.

Pour accompagner l’extension et le développement de la station de dessalement d’eau de mer de Jorf Lasfar, des travaux sont en cours pour la construction d’une station de pompage qui permettra de desservir deux stations de traitement.

À ce sujet, Zakaria Hour, ingénieur à l’Office régional de mise en valeur agricole (ORMVA) des Doukkala, chargé de la gestion de cette station de pompage, a souligné que cette dernière, dotée de cinq pompes et un débit total de 2,2 m3/s, va fonctionner, dans la première phase du plan d’urgence, avec deux pompes qui seront mises en service pour alimenter la région de Casablanca-Settat avec un débit total d’environ 1.000 L/s, dès le mois de septembre prochain, a-t-il expliqué.

La deuxième phase de ce projet, dont les travaux ont commencé en mai dernier, prévoit la mise en service des deux autres pompes en octobre prochain, tandis que la cinquième pompe servira de pompe de secours, a-t-il détaillé.

En plus de la station de pompage, le projet comprend une canalisation de 54 km de long et de 1.600 mm de diamètre qui transportera l’eau dessalée, en plus d’une conduite de raccordement entre les stations de traitement Daourat et Seoer d’une longueur de 11,4 km et d’un diamètre de 800 mm, a-t-il relevé, notant que cette conduite de raccordement a été mise en service en juillet 2024 et qu’elle pompe actuellement environ 44.000 m3 d’eau par jour.

M. Hour n’a pas manqué de mettre en garde que cet effort national colossal ne peut se substituer à l’adoption de pratiques quotidiennes favorables à la préservation des ressources hydriques et à la rationalisation de leur usage dans tous les domaines.

Le Maroc a lancé une série de chantiers stratégiques pour l’approvisionnement constant en eau potable pour l’ensemble de la population, tout en satisfaisant les besoins en irrigation, notamment la réalisation de la conduite de transfert d’eau brute entre le bassin hydraulique de Sebou et celui de Bouregreg permettant la sécurisation en eau potable d’une population de l’ordre de 10 millions d’habitants des régions de Rabat-Salé-Kénitra et de Casablanca-Settat.

Il s’agit également de la réalisation de 9 nouvelles stations de dessalement d’eau de mer pour une capacité globale de 202 Mm3/an au profit de la population de plusieurs villes, dont celle d’El Jadida, en plus du lancement des travaux de 6 stations de dessalement pour une capacité globale de 360 Mm3/an pour sécuriser principalement l’alimentation en eau au niveau de Casablanca, Settat, Berrechid, entre autres.

(Avec MAP)

Round up. Composition et zones desservies par la station de dessalement de Casablanca

Le lundi 10 juin 2024 est une date à retenir puisqu’elle correspond à la date du coup d’envoi des travaux de construction de la station de dessalement de Casablanca, par le Prince héritier Moulay El Hassan.

Ce mégaprojet extrêmement stratégique pour le Maroc va bon train. L’occasion de revenir sur les détails les plus importants à savoir sur celui-ci.

Composition de la station

Implémenté dans la province d’El Jadida, ce projet d’envergure porte sur la réalisation d’une unité de dessalement d’eau de mer par osmose inverse et la mise en place d’un système de transport de l’eau potable produite.

La première tranche de la station doit être opérationnelle fin 2026. Lors de cette première phase, la station doit atteindre une capacité de 548.000 m3 par jour (200 millions de m3 par an), extensible à 822.000 m3 par jour (300 millions de m3 par an) d’eau traitée dans une seconde phase, prévue pour la mi-2028.

De dernière génération, la station de dessalement de l’eau de mer de Casablanca comportera deux conduites d’amenée d’eau de mer de 1.850 ml de longueur, un émissaire de rejet de 2.500 ml de longueur, des installations de dessalement par osmose inverse (des filtres sous pression et des microfiltres), une unité de traitement des boues, un centre de contrôle et de gestion des stations de pompage, outre un réservoir de stockage de l’eau potable produite.

Ci-dessous les différentes composantes de la station :

Trois grandes zones desservies

Établie sur un site d’une superficie de 50 ha, la station de dessalement de l’eau de mer de Casablanca vise à sécuriser l’alimentation en eau potable du Grand Casablanca, de la zone de Berrechid-Settat et de celle d’El Jadida-Azemmour, et d’atténuer le déficit en eau enregistré dans le bassin de l’Oum Er-Rbia.

Elle est en effet appelée à desservir une aire géographique dont la population est estimée à 7,5 millions d’habitants.

Le projet comprend trois stations de pompage, plusieurs réservoirs de stockage et un réseau de distribution de près de 130 kilomètres de conduites d’adduction.

Selon la carte ci-dessous, plusieurs zones seront desservies. Il y a le grand Casablanca, Nouaceur, Berrechid, Sidi Rahal, Had Soualem, Bir Jdid, Settat et El Jadida.

Pour ce faire, la station sera raccordée à plusieurs réservoirs, à savoir ceux de Bouskoura, Médiouna, Ouled Ziane et Bir Jdid.

Le prix moyen sera inférieur à 4,50 DH/m3

Les 300 millions de mètres cubes (Mm3) iront essentiellement à l’eau potable. Une dotation de 50 Mm3 sera réservée à l’agriculture. Le prix moyen actualisé sur 27 ans, sortie usine, sera inférieur à 4,50 DH/m3.

Ce projet d’envergure nécessite un investissement privé total de 11 MMDH. Ce montant sera financé par l’apport en fonds propres des actionnaires et par de la dette.

Rappelons que l’entreprise projet dédiée à la station de dessalement de Casablanca a été créée. Dénommée Al Baidaa Desalination Company (ADEC), « شركة البيضاء لتحلية المياه », cette société aura pour actionnaire les trois membres du consortium avec une répartition de capital comme suit :

o Acciona : 50% ;
o Green of Africa (GOA) : 45% ;
o Afriquia Gaz : 5%.

Sur les 11 MMDH, 6,5 MMDH concernent la composante usine de dessalement, dont le financement est supporté par le consortium.

Un parc éolien de 360 MW

L’autre composante du projet est le parc éolien qui, lui, nécessitera un investissement de 4,5 MMDH, entièrement supporté par GOA et financé sur le marché national.

Ce sera la première usine de dessalement au monde qui sera alimentée à 100% par l’énergie renouvelable. L’électricité d’origine éolienne sera livrée à partir du parc éolien de Bir Anzarane de 360 MW de puissance installée. La demande de l’usine de dessalement représentera 45% de la production de ce parc.

Les contrats de travaux pour sa réalisation sont déjà signés avec les prestataires. La mise en service du parc éolien se fera bien avant le démarrage de l’usine de dessalement.

Des centrales solaires dans 5 ports marocains en projet

L’ANP cherche deux prestataires pour la réalisation, d’une part, de la mission d’assistance technique pour un budget d’un million de dirhams, et d’autre part, de celle du contrôle technique pour 700.000 DH. Les deux missions concernent trois différents projets répartis comme suit :

– Projet n°1 : travaux de réalisation des centrales solaires photovoltaïques des ports d’Agadir, Laayoune et Boujdour, pour une durée de 12 mois.
– Projet n°2 : travaux de réalisation d’une station de dessalement alimentée en énergies renouvelables au port de Lamhiriz, pour une durée de 10 mois.
– Projet n°3 : travaux de réalisation d’une centrale solaire photovoltaïque au port de Casablanca et Jorf Lasfar, pour une durée de 12 mois.

L’ANP précise que ces centrales solaires sont destinées à alimenter en électricité verte le réseau interne des ports concernés.

La centrale PV de Lamhiriz alimentera le port et la station de dessalement projetée et ses ouvrages hydrauliques annexes. La station de dessalement au port de Lamhiriz sera composée de deux unité monobloc de dessalement, d’un débit unitaire de 2,5 litres par seconde, pour une capacité de production totale de 5 litres par seconde. Les résultats attendus sont la production d’un débit de 432 m³/j d’eau potable, présentant un taux de salinité maximum de 1.000 mg/l.

25 MDH pour le suivi et le contrôle de l’exploitation de la station de dessalement de Chtouka et son extension

La station de dessalement, qui s’appuie sur la technologie de l’osmose inverse, est située à 300 mètres de la côte et à une altitude de 44 mètres, dans la commune d’Inchaden, au sein du parc national de Souss-Massa.

Selon l’appel d’offres, l’extension du projet PPP de l’unité de dessalement et du réseau d’irrigation vise à augmenter la capacité de 275 000 m³/j à 400 000 m³/j. L’objectif est de répondre aux besoins croissants en irrigation dans la plaine de Chtouka et en eau potable pour le Grand Agadir.

À l’achèvement de son extension, l’unité de dessalement pourra irriguer 15.000 hectares de terres. Cela profitera directement à 1.500 agriculteurs et indirectement à 5.000 autres personnes dans le cadre de la protection de la nappe phréatique. Ce projet contribuera aussi à préserver plus de 100.000 emplois menacés par l’intrusion saline, touchant les secteurs de la production, du conditionnement, de la logistique et des intrants.

Concernant l’eau potable, à terme, ce projet bénéficiera à 1,6 million d’habitants de la grande région d’Agadir, garantissant l’accès à une source d’eau potable fiable et durable.

Les coûts des prestations sont estimés à 25 millions de DH, pour un délai d’exécution de 36 mois.

Les objectifs spécifiques de cette extension sont les suivants :

– consolider l’approvisionnement en eau d’irrigation de la zone de Chtouka en intégrant davantage d’eau dessalée pour remplacer les prélèvements sur la nappe, contribuant ainsi à la durabilité et au développement de l’activité agricole dans la région, en particulier pour les cultures d’exportation à haute valeur ajoutée et les infrastructures connexes (serres, irrigation localisée, stations de conditionnement et similaires) ;

– assurer à long terme l’approvisionnement en eau potable du Grand Agadir, compte tenu de la saturation de l’offre en ressources en eau conventionnelles (barrages et nappe) ;

– réduire les coûts de production de l’eau et les tarifs de vente de l’eau dessalée en optimisant les ressources communes, notamment le foncier et les infrastructures partagées.

Les études techniques du projet de dessalement à Dakhla bientôt lancées

Le projet de dessalement pour l’alimentation en eau potable de la ville de Dakhla et du nouveau Port Dakhla Atlantique (NPDA) aura une capacité de 22.500 m3/j et sera mutualisé avec le projet de dessalement initié par le département de l’Agriculture pour l’irrigation de 5.000 ha.

Ce projet nécessitera la réalisation des ouvrages suivants :

• Une station équipée pour un débit de 280 l/s et une HMT=100 m ;
• Une conduite de refoulement, entre cette station et un réservoir de mise en charge sur environ 35 km
• Un réservoir de mise en charge de 1.000 m3, surélevé de 35 m ;
• Une adduction gravitaire sur environ 91 km, qui dessert les réservoirs existants 2×7.500 m3 du nouveau complexe de la ville de Dakhla ;
• Un réservoir de stockage de 10.000 m3 ;
• Equipements électriques et de télégestion.

La mission d’assistance technique concernera le suivi et la supervision des travaux relatifs au projet. Il s’agit des éléments suivants :

La mise en œuvre de cette assistance technique est prévue sur une période de 30 mois. Le coût de ces services est estimé à environ 8,5 millions de DH.

LIRE AUSSI

https://medias24.com/2022/06/23/une-station-de-dessalement-deau-de-mer-et-un-parc-eolien-a-dakhla-en-2025/

Station de dessalement de Casablanca : 354,7 MDH pour les équipements des stations de pompage

L’adduction d’eau traitée à partir de la station de dessalement de Casablanca se fera sur neuf lots. Deux ont déjà été lancés (Lots 1 et 3), et un troisième (Lot 5) vient de l’être par l’ONEE, dont le coût de réalisation est estimé à 354,7 millions de DH.

Il est relatif aux équipements des stations de pompage d’eau dessalée. Les travaux prévus dans le cadre du présent lot comprennent :

– Fourniture, transport et pose des équipements de la station de pompage d’eau dessalée SP1, au droit de la station de dessalement (Q=9.800 l/s ; HMT=155 m) ;

– Fourniture, transport et pose des équipements de la station de pompage d’eau dessalée SP2, au droit du réservoir projeté R2 (Q=6.900 l/s ; HMT=73 m) ;

– Fourniture, transport et pose des équipements de la station de pompage d’eau dessalée SP3, au droit du réservoir projeté R3 (Q=3.000 l/s ; HMT=22 m) ;

– Fourniture, transport et pose des équipements de la station de pompage d’eau dessalée SP3bis, entre R3 et le réservoir AB1 (Q=3.000 l/s ; HMT=35 m) ;

– Fourniture, transport et pose des équipements du réservoir R2 ;

– Fourniture, transport et pose des équipements du réservoir R3 ;

– Fourniture, transport et pose des équipements du réservoir 5.000 m³ (SP3bis).

Les travaux d’équipements électromécaniques prévus incluent les études, la fourniture, le transport et le montage des équipements suivants :

– les groupes de pompage ;

– la robinetterie nécessaire d’isolement et de non-retour ;

– les joints de démontage ;

– toute la tuyauterie d’interconnexion ;

– les supports des tuyaux ;

– les appareils de levage et de manutention.

Les deux lots déjà lancés concernent la réalisation de conduites d’eau dessalée. Le premier lot (Lot 1) s’étend sur 15 km, tandis que le second (Lot 3) s’étend sur environ 5,5 km.

LIRE AUSSI

https://medias24.com/2023/06/28/station-de-dessalement-de-casablanca-les-travaux-dadduction-de-leau-traitee-bientot-lances/

https://medias24.com/2023/04/12/le-projet-de-construction-de-lusine-de-dessalement-casablanca-demarrera-fin-2023-nizar-baraka/

Tout savoir sur l’eau potable que vous consommez

Pour boire, il vous suffit d’actionner votre robinet ou d’ouvrir votre bouteille d’eau. Mais savez-vous combien d’eau vous consommez chaque année ? Qui la fournit ou encore d’où provient cette ressource vitale à votre survie ? Médias24 répond à toutes ces interrogations. 

Bien que transparente, l’eau est omniprésente dans notre quotidien. Et même si elle se fait de plus en plus rare, personne ne peut s’en passer. Au niveau national, le principal producteur est l’ONEE. Il produit environ 90% du total national. L’ONEE produit 1,3 milliard de mètres cubes (exactement 1.324 millions de m3, chiffre de 2022). Le total produit au Maroc en 2022 est quant à lui estimé par nos calculs à 1,5 millard de m3 (exactement 1.471 millions de m3).

La capacité de production de la seule ONEE est de 2,6 milliards de m3. C’est dire s’il y a de la marge par rapport à la production actuelle ; mais à condition d’avoir la matière première, l’eau non traitée.

La production marocaine est issue des barrages et des nappes phréatiques (après traitement bien sûr). L’eau de mer est également mise à contribution par les stations de dessalement d’eau de mer dont la principale en service est celle de Chtouka, d’autres stations (dont celle de Laâyoune) ainsi que les unités mobiles de dessalement d’OCP. 

ONEE assure 90% de la production nationale d’eau potable  

Principal garant de la continuité de l’alimentation du pays en eau potable, l’ONEE produit de plus en plus ces dernières années, avec un débit de 78,6 m3/s. En 2022, la production était de l’ordre de 1,32 milliard m3. En 2021, elle s’établissait à 1,3 milliard m3. Alors qu’en 2020, elle n’était que de 1,2 milliard de m3. La hausse annuelle de la consommation d’eau potable s’est donc ralentie, probablement à la suite des actions menées pour économiser l’eau.

La livraison d’eau potable de l’ONEE en 2022 pour trois grandes villes du Royaume s’établit comme suit : 

–  zone de Casablanca : 225 millions de m3 ; 

–  Tanger/Asilah : 76 millions de m3 ; 

–  zone de Marrakech (2022) : 70 millions de m3.

L’eau potable est issue des eaux de surface et des nappes 

Cette eau est produite à partir des eaux de surface et des eaux souterraines. Jusqu’à une période récente, le Maroc recevait en moyenne 140 milliards de m3 de précipitations par an. Mais à cause du réchauffement climatique, ce chiffre n’a pas été atteint depuis plusieurs années. 

Sur ces 144 milliards théoriques, la quantité d’eau mobilisée par an est de 22 milliards de m3, dont 18 milliards de m3 issus des eaux de surface, alimentant par la même occasion les barrages, tandis que 4 milliards de m3 peuvent être prélevés des nappes souterraines ; cette quantité étant considérée comme la part d’eau renouvelable en cas de pluviométrie normale. Toutefois, les prélèvements des nappes atteignent 5,1 milliards de m3 par an depuis quelques années, appauvrissant chaque année les réserves souterraines. 

Les eaux de surface sont prélevées principalement à partir des barrages. On peut citer l’exemple de la mise en production progressive par l’ONEE d’un projet de renforcement et de sécurisation de l’approvisionnement en eau potable des villes de Fès, Meknès et des localités avoisinantes, à partir des eaux du barrage Idriss 1er. 

On peut également citer le barrage de Sidi Mohammed Ben Abdellah qui alimente notamment Rabat, Mohammédia et Casablanca, ou bien le barrage de Bin El Ouidane dédié à l’irrigation, mais aussi à l’alimentation de l’eau potable dans la région de Béni Mellal, entre autres.

Les nappes phréatiques ne sont pas en reste. Les 132 aquifères du Royaume sont des ressources stratégiques permettant d’assurer l’irrigation des zones agricoles, mais aussi l’alimentation en eau potable de certaines zones urbaines. L’immense nappe profonde fossile qui se situe dans le Sahara marocain est productive et alimente plusieurs villes dont Laâyoune, Dakhla et Tarfaya. Dans le bassin du Sebou, la nappe de Saïss est également exploitée pour l’eau potable.

L’essor du dessalement d’eau de mer

Quant à la station de dessalement de Chtouka, elle alimente depuis plusieurs années le Grand Agadir. Celle de Laâyoune est également en service. D’autres sont en projet telles que les stations de Casablanca et Dakhla notamment. En sus, depuis cet été, des unités mobiles d’OCP alimentent les villes d’El Jadida et Safi. 

Cette carte indique les projets de dessalement de l’eau de mer en service ou en cours de réalisation à mi-mars 2023

Par ailleurs, en matière de gestion des ressources hydriques, l’eau potable figure en haut des priorités du département du ministère de l’Equipement et de l’eau. Dès lors, en temps de pénurie, l’alimentation en eau potable est privilégiée, aux dépens de l’agriculture, comme c’est souvent le cas ces dernières années. 

En particulier lors de la campagne agricole 2022-2023, où la dotation hydrique dédiée à l’irrigation à partir des barrages a été inférieure aux quantités d’eau réservées à l’alimentation en eau potable (910 millions de mètres cubes). « Les changements climatiques impactent significativement le potentiel des ressources en eau mobilisables », a admis Nizar Baraka, ministre de l’Equipement et de l’eau, lors de son discours à l’occasion du SIAM 2023, à Meknès.

Construction de la station de dessalement de Casablanca : report de l’ouverture des plis

L’ouverture des plis du marché de la station de dessalement de la région Casablanca-Settat se fera le 15 août prochain, apprend Médias24 auprès de l’un des soumissionnaires en lice.

Le projet pourra démarrer en fin d’année et son achèvement est toujours maintenu pour 2026, avait annoncé Nizar Baraka, ministre de l’Equipement et de l’eau.