Bourse de Casablanca : dans quel contexte démarre 2026 et quels seront les véritables drivers du marché ?
La Bourse de Casablanca démarre l’année 2026 dans un climat de confiance. L’indice MASI entame l’exercice en hausse et franchit d’emblée le seuil symbolique des 19.000 points, un niveau qui résume à lui seul l’état d’esprit du marché en ce début d’année.
Il faut dire que 2025 a été une année exceptionnelle, personne ne le conteste. Le marché a fait preuve d’un large consensus, porté par de solides performances et une dynamique haussière marquée. Le MASI a ainsi terminé l’année sur une progression de 27,5%, nettement supérieure à celles enregistrées en 2024 (+22%) et 2023 (+12%). Une performance d’autant plus notable qu’elle a concerné la majorité des secteurs cotés.
Quelques compartiments sont restés en retrait, à l’image des transports, des boissons, de la chimie ou encore des sociétés de placement immobilier, des secteurs qui regroupent essentiellement des valeurs de moyenne et petite capitalisation. Mais globalement, la hausse de 2025 a été large, visible et assumée par le marché.
L’année 2025 a également été marquée par une hausse significative de la volatilité. La volatilité annuelle s’est établie à 15,94%, contre 8,45% en 2024, ce qui montre une intensification des fluctuations des cours. Ce niveau figure parmi les plus élevés observés sur la période récente, hors le pic exceptionnel de 2020.
Avec l’ouverture de 2026, les questions qui se posent aujourd’hui sont centrales : dans quel contexte démarre réellement l’année boursière ? Quels facteurs vont peser sur le marché, quels éléments peuvent l’influencer, et quels seront les véritables drivers à surveiller ?
Les facteurs et drivers de l’année boursière 2026
Selon les analystes de MSIN, l’année boursière 2026 s’inscrit dans le prolongement de la dynamique enclenchée depuis 2023, dans un environnement qui reste porteur pour le marché actions.
Un avis largement partagé par plusieurs analystes contactés par nos soins. « L’année 2026 devrait être une année de poursuite de la hausse. Ce n’est pas une année de rattrapage. Le marché actions conserve un réel intérêt, d’autant que la rémunération, par exemple obligataire, reste encore modeste. Les investisseurs continueront donc à privilégier le marché actions. Par ailleurs, avec les IPO de 2025, la part des investisseurs retail devient plus visible aux côtés des institutionnels. C’est un signal positif, d’autant que la Bourse de Casablanca a vécu en 2025 l’une des années les plus marquantes de son histoire, et ce rythme devrait se poursuivre ».
Comment expliquer cet optimisme ? Plusieurs facteurs se croisent. D’abord, le cadre macroéconomique et monétaire demeure favorable.
L’inflation devrait rester maîtrisée autour de 1% en 2026, ouvrant la voie à la poursuite de l’assouplissement de la politique monétaire. Dans ce contexte, la tendance baissière des taux d’intérêt continuerait d’offrir des opportunités d’arbitrage en faveur du marché actions, renforçant l’attractivité relative des placements boursiers par rapport aux actifs sans risque.
À cela s’ajoute l’effet des résultats des sociétés cotées. La forte progression des bénéfices enregistrée en 2025 constitue, selon les analystes de MSIN, un socle important pour 2026. Ce rebond a été porté notamment par le retour à la normale des résultats de Maroc Telecom, mais aussi par la bonne dynamique du secteur bancaire et du BTP, deux piliers majeurs de la cote casablancaise. Cette amélioration de la profitabilité demeure un élément clé du soutien des valorisations.
Sur le plan sectoriel, la poursuite de la reprise d’activité dans plusieurs branches, notamment le BTP, le tourisme, le secteur bancaire, l’événementiel, les transports, les télécoms et l’informatique. Cette dynamique est directement liée à l’organisation de grands événements sportifs, qui continuent de générer des besoins en infrastructures, en services et en investissements.
« Pour le secteur touristique, par exemple, l’organisation de la CAN dans notre pays devrait contribuer à soutenir l’activité du secteur, et donc les performances des hôtels et leurs résultats ».
Le secteur du BTP occupe d’ailleurs une place centrale dans les perspectives 2026. En effet, la mobilisation du secteur dans le cadre du programme de reconstruction des régions sinistrées par le séisme d’Al Haouz, doté d’un budget de 120 MMDH sur cinq ans, est un chantier structurel qui constitue un levier durable pour l’activité et pour plusieurs sociétés cotées exposées aux travaux publics et à l’ingénierie.
« Nous l’avons tous constaté l’engouement des investisseurs pour les valeurs du BTP. Bien évidemment, les grands chantiers liés à la CAN 2025 et à la Coupe du monde2030 ont contribué à cet intérêt pour le secteur. L’exemple le plus récent est celui de SGTM, qui a gagné plus de 126% depuis son IPO. Mais, bien entendu, les performances passées ne préjugent pas des performances futures ».
Parallèlement, la reprise progressive du secteur immobilier est également identifiée comme un facteur de soutien. Celle-ci devrait bénéficier de la mise en œuvre du programme d’aide au logement, qui s’étale sur la période 2024-2028, et qui soutient aussi bien la demande que l’activité des opérateurs liés à la construction et aux matériaux.
Sans oublier l’espoir d’une très bonne campagne agricole en 2026, porté par les précipitations enregistrées en novembre et décembre. Après plusieurs années de sécheresse, une amélioration des conditions climatiques pourrait contribuer à soutenir la croissance économique nationale et, indirectement, certains secteurs cotés exposés à la demande intérieure.
Des facteurs de confiance et de visibilité internationale
Au-delà des facteurs domestiques, des éléments de confiance et de perception internationale entrent aussi en jeu. MSIN souligne la possibilité d’un retour du Maroc au sein de l’indice MSCI Emerging Markets en 2026, à la faveur de l’amélioration significative de la liquidité du marché. Un tel scénario pourrait renforcer la visibilité de la place casablancaise auprès des investisseurs internationaux.
Dans le même esprit, les analystes rappellent que « le retour du Maroc à son statut « Investment Grade », unique en Afrique, constitue un élément positif. Cette amélioration du profil de crédit du pays est susceptible de contribuer à la baisse du coût du financement extérieur et de permettre au Trésor de diversifier davantage ses sources de financement, avec des effets indirects favorables sur l’ensemble du marché financier ».
Les chantiers de transition énergétique figurent également parmi les moteurs identifiés pour 2026. Le développement des énergies renouvelables, de l’hydrogène vert, du dessalement de l’eau de mer et des infrastructures associées devrait bénéficier à plusieurs sociétés cotées, notamment dans l’électricité, le BTP et l’ingénierie, selon l’analyse de MSIN.
À ces facteurs s’ajoute l’intégration progressive de l’intelligence artificielle dans les modèles économiques. Les analystes estiment que cette dynamique pourrait soutenir la croissance des sociétés cotées opérant dans l’IT et les services informatiques, portée par des gains de productivité et une demande accrue en solutions technologiques.
Sur le plan institutionnel, les élections législatives de 2026 sont également mentionnées comme un facteur susceptible de renforcer l’optimisme des investisseurs et de favoriser un climat de confiance, même si leur impact reste par nature indirect et dépendant du contexte global.
Enfin, la dynamique attendue des opérations financières, notamment les IPO, les augmentations de capital et le recours croissant aux marchés de capitaux pour compléter les sources de financement traditionnelles. Ces opérations pourraient contribuer à raviver l’intérêt des investisseurs particuliers et à soutenir l’animation du marché.
Waldorf Astoria at Mohammed VI Tower to open January 22, 2026
The Waldorf Astoria at the Mohammed VI Tower in Rabat-Salé has officially entered its commercialization phase. The hotel’s website, now announces the opening of reservations, a milestone step ahead of its inauguration on January 22, 2026.
The published rates firmly position the hotel in the high-end segment. Rooms start at 7,000 dirhams per night, while suites begin at 10,000 dirhams, targeting an international and business clientele in search of an exclusive experience.
The hotel also emphasizes a selection of included services, such as free parking, along with premium facilities including on-site restaurants, an indoor pool, an outdoor pool, and a fitness center — all offering panoramic views of the surrounding area.
Perched atop Africa’s tallest skyscraper, the Waldorf Astoria at the Mohammed VI Tower will occupy 18 levels, from the 29th to the 46th floor. The property will feature 55 keys — comprising 11 rooms and 44 suites — along with a wellness area, a ballroom, a business lounge, and four restaurants, underscoring its position as a premier hotel and event destination.
The project is spearheaded by O Tower, a subsidiary of O Capital Group, which oversees the development and operation of the Mohammed VI Tower. The group previously announced the signing of a management contract with Hilton, entrusting the hotel’s operation to the Waldorf Astoria brand — an iconic name in international luxury hospitality.
According to unconfirmed information from an official source, the hotel is expected to host VVIPs attending the Africa Cup of Nations (CAN) from this week through the conclusion of the tournament on January 21, 2026.
Risma surperforme le MASI et garde de belles perspectives de hausse
Le secteur du tourisme marocain poursuit sa trajectoire ascendante et s’impose comme un pilier de la dynamique économique nationale.
Selon les données communiquées par le ministère du Tourisme, l’été 2025 a confirmé cette tendance avec des performances inédites : 4,6 millions de visiteurs ont été accueillis entre juillet et août, en hausse de 6% par rapport à l’été précédent.
Cette saison a également été marquée par un retour massif des Marocains résidant à l’étranger, dont le nombre a atteint 3 millions sur la même période, soit une progression de 13%. Cette vitalité témoigne à la fois de l’attachement profond de la diaspora à son pays d’origine et de l’attractivité croissante du Royaume auprès des voyageurs étrangers.
D’après l’Observatoire du tourisme, le cumul des arrivées à fin juin 2025 s’élève à 8,9 millions, en progression de 19% sur un an.
Au total, le Maroc a accueilli 13,5 millions de touristes à fin août, soit une hausse de 15% par rapport à 2024, alors que la croissance mondiale du secteur devrait avoisiner 5% cette année, selon l’ONU Tourisme.
Dans ce contexte porteur, Risma devrait voir ses indicateurs évoluer positivement en bourse, portée par la reprise soutenue de l’activité touristique et par des perspectives de croissance qui s’annoncent particulièrement favorables pour le secteur.
De quoi profite Risma ?
Depuis le début de l’année 2025, le titre Risma a gagné plus de 85%. Le titre se négocie autour de 415 DH. « Les bonnes perspectives du secteur touristique vont forcément se refléter sur la performance de Risma. D’ailleurs, on l’a déjà constaté : le titre a bien progressé depuis le début de l’année et a même fait mieux que le MASI. Le tourisme fait partie des secteurs sur lesquels nous comptions pour tirer la Bourse vers le haut cette année. Et cette dynamique sera renforcée par les grands événements que le Maroc accueillera, comme la CAN 2025 ou la Coupe du monde 2030. Risma bénéficiera donc pleinement de l’essor que connaît actuellement l’activité touristique« , estime un analyste de la place.
« Le secteur est désormais entré dans une phase d’expansion structurelle. On ne parle plus de reprise post-crise, mais bien d’un nouveau cycle touristique porté par une demande soutenue et par la montée en puissance de l’offre. Dans ce contexte, Risma devrait continuer à améliorer ses performances en 2025, aussi bien sur le plan du chiffre d’affaires que des marges », explique-t-il.
« Le groupe conserve d’ailleurs un potentiel de progression important. Certains indicateurs clés, comme le taux d’occupation, n’ont pas encore atteint les niveaux historiques d’avant 2020. Sur les six premiers mois de 2025, ce taux s’est établi à 58%, en hausse de trois points sur un an, alors qu’il évoluait entre 65% et 68% en période normative. Cette marge de rattrapage laisse entrevoir un relais de croissance supplémentaire dans les prochains trimestres », poursuit notre interlocuteur.
Le groupe a notamment acquis un terrain stratégique à Tanger pour y développer un hôtel cinq étoiles, renforçant ainsi sa présence sur un marché régional à fort potentiel. Il a également finalisé l’acquisition de la société CMG, propriétaire notamment du Radisson Blu et du centre commercial Carré Eden à Marrakech, sous réserve de l’approbation du Conseil de la concurrence. Ces opérations s’inscrivent dans une logique de montée en gamme et de diversification du portefeuille d’actifs.
L’entreprise a annoncé son ambition de porter son réseau à 28 hôtels d’ici 2030
« Risma se positionne pour capter la croissance attendue sur les prochaines années, dans un marché marocain porté par la hausse structurelle des arrivées touristiques et la perspective d’événements majeurs comme la CAN 2025 ou la Coupe du monde 2030″.
La direction anticipe d’ailleurs une poursuite de la hausse des résultats sur l’ensemble de l’exercice 2025, sauf choc majeur sur l’environnement international.
« Je pense que cette combinaison d’un environnement porteur, d’une amélioration continue de la rentabilité et d’une capacité d’investissement intacte place ainsi Risma dans une position stratégique pour consolider son leadership et créer davantage de valeur pour ses actionnaires ».
« Côté valorisation, même après la progression enregistrée depuis le début de l’année, l’action conserve encore un potentiel d’appréciation. Elle reste, en effet, en dessous des niveaux de valorisation observés sur d’autres valeurs du marché, qui se négocient parfois à des multiples de 45x voire 50x. Avec un PER autour de 26,4x, Risma dépasse certes la moyenne du MASI, mais son positionnement reste cohérent au regard de ses perspectives de croissance et de la dynamique du secteur ».
Une dynamique opérationnelle solide portée par la reprise de la demande
Au premier semestre 2025, le groupe a réalisé un chiffre d’affaires de 653 MDH, en hausse de 9% sur un an. Cette progression s’explique par une augmentation de 8% des nuitées et par l’amélioration du taux d’occupation, passé à 58%, soit 3 points de plus qu’un an auparavant.
Cette dynamique s’appuie également sur la montée en gamme de l’offre, un segment sur lequel Risma concentre désormais une part importante de ses efforts. L’amélioration du mix produit et la croissance du revenu par chambre disponible traduisent une demande plus qualitative, soutenue par l’essor du tourisme urbain et d’affaires, mais aussi par l’attrait du Maroc sur les segments haut de gamme.
La progression de l’activité s’est accompagnée d’une nette amélioration de la rentabilité. L’excédent brut d’exploitation (EBE) a augmenté de 20% pour atteindre 246 MDH, preuve d’une bonne maîtrise des charges et d’un effet volume favorable. Le résultat net part du groupe (RNPG) a pour sa part bondi de 55%, à 117 MDH, contre 75 MDH un an plus tôt. Même en neutralisant les éléments exceptionnels, la tendance reste très positive : l’EBE s’élève à 230 MDH (+12%) et le RNPG à 100 MDH (+54%).
Sur le plan financier, Risma continue d’afficher des fondamentaux solides. La dette nette s’établit à 1,184 MMDH, en légère hausse par rapport à fin 2024 (1,086 MMDH), avec un levier financier de 41% qui reste dans des niveaux confortables. La génération de trésorerie opérationnelle couvre largement les besoins d’investissement, ce qui permet au groupe de financer sa croissance sans mettre sous pression son bilan.
Analyse technique
« L’action Risma poursuit une tendance globalement haussière sur le moyen et le long terme, soutenue par une dynamique sectorielle solide et des perspectives de croissance favorables. Au 10 octobre 2025, le titre a clôturé à 415 DH, un niveau supérieur à l’ensemble de ses moyennes mobiles principales, ce qui confirme un biais positif de fond », explique un autre analyste de la place.
« La moyenne mobile à 20 jours s’établit à 413,21 DH, celle à 50 jours à 403,46 DH, à 100 jours à 372,88 DH et à 200 jours à 327,29 DH. Cette configuration traduit un mouvement ascendant bien ancré, porté par une succession de creux et sommets haussiers ».
Sur le plan du momentum, le RSI ressort à 44,4, une zone neutre qui reflète une respiration technique après plusieurs semaines de progression.
« La tendance acheteuse reste présente, mais elle s’essouffle légèrement, ce qui laisse entrevoir une phase de consolidation à court terme. Le MACD confirme cette lecture : l’indicateur reste positif à 0,49, mais son signal à 1,13 demeure au-dessus, ce qui montre un léger ralentissement de la dynamique sans remise en cause de la tendance de fond ».
« Les niveaux techniques actuels délimitent un range stratégique. Un support majeur se situe autour de 350 DH, zone testée à plusieurs reprises ces derniers mois et considérée comme un plancher solide en cas de correction ».
« À l’inverse, une résistance importante se trouve à 434 DH. Son franchissement constituerait un signal d’achat clair susceptible de propulser le titre vers 450 DH. En revanche, une cassure nette sous 400 DH renforcerait la probabilité d’un repli vers 380 DH ».
« Dans ce contexte, le profil technique de Risma reste favorable. La tendance de fond demeure positive et la récente pause du titre s’inscrit davantage comme une étape de stabilisation que comme un signal de retournement ».
« La zone comprise entre 410 DH et 415 DH peut ainsi constituer un niveau d’accumulation intéressant pour des investisseurs à moyen terme. À court terme, une clôture au-delà de 434 DH ouvrirait la voie à une nouvelle impulsion haussière, tandis qu’un passage sous 400 DH modifierait la structure technique et appellerait à davantage de prudence », conclut-il.
M’hamid El Ghizlane ou le charme de la sobriété
La cité des gazelles n’a rien d’une terre apprivoisée. Ses paysages se dévoilent progressivement, comme une confidence livrée aux plus patients.
« C’est un endroit caché », confie Mohamed Takhchi, Président du Conseil Régional du Tourisme de Drâa-Tafilalet. « À la différence de Merzouga, plus accessible et plus connue, ce village reste un refuge pour les voyageurs en quête d’une nature vierge« .
Le chemin qui y mène vaut à lui seul le détour. Traverser la vallée, c’est parcourir près de 200 kilomètres de palmeraies qui s’étendent d’Agdz à Ouled Driss.
Le paysage déroule ses dattiers, ses kasbahs et ses ksours habités, évoquant la richesse des cultures locales. Traditions et mémoire y font ainsi corps avec la beauté du désert.
Traverser la vallée, c’est parcourir près de 200 kilomètres de palmeraies. Ph : CRT Drâa Tafilalt
M’hamid El Ghizlane séduit aussi par une faune riche et surprenante. Aux abords du lac d’Iriki, on peut selon les saisons assister au ballet des flamants roses qui viennent y faire halte. Leurs silhouettes élancées et teintées contrastent avec les ocres du sable et le vert discret des palmeraies. Le point d’eau attire également une grande variété d’oiseaux migrateurs (hérons, canards sauvages ou sternes) dont les battements d’ailes offrent une véritable symphonie aux férus d’ornithologie. Cette richesse animale insoupçonnée dans un environnement aussi aride fait de M’hamid El Ghizlane un endroit unique où l’on mesure toute la fragilité et la force de la vie dans le désert.
Plus loin, l’horizon s’ouvre sur les dunes du Chgaga, immenses vagues de sable intemporelles. Leur solitude et leur silence en font un lieu d’une rare intensité, propice à la redécouverte de soi.
M’hamid El Ghizlane, un endroit unique où l’on mesure toute la fragilité et la force de la vie dans le désert. Ph : CRT Drâa Tafilalt
Voix et voies du désert
Deux évènements rythment l’année et donnent à la région une certaine vitalité culturelle. Le Festival Zamane qui met en avant les musiques sahraouies et gnaouies et le Festival international des Nomades, célébrant la culture caravanière.
Mais au-delà des rythmes et des chants, la destination dévoile une autre scène, celle de ses horizons infinis. Randonnées pédestres ou à dos de chameau permettent de s’y aventurer pleinement. « Les gens qui aiment la nature, la découverte et l’authenticité du désert se retrouvent ici », souligne Mohamed Takhchi.
Tout dans cette région respire la profondeur, de l’architecture ancienne aux oasis habitées, en passant par une hospitalité transmise de génération en génération. Là où Merzouga charme par ses dunes spectaculaires et ses infrastructures touristiques, M’hamid El Ghizlane propose une approche plus intimiste. Le lieu se vit, se ressent et se respecte dans sa sobriété.
Une échappée belle nommée Tazekka
Fondé en 1950 dans le but de préserver la majestueuse cédraie de Jbel Tazekka, le site a fini par s’étendre sur plus de 72.000 hectares de paysages luxuriants. Sublimée par les éléments, la nature est ici souveraine.
Le joyau souterrain de cette réserve reste sans conteste la grotte Friouato. Ph : CRT Fès-Meknès
Le relief accidenté du parc, alternant canyons, falaises, plateaux et cavernes, offre un terrain de jeu sans équivalent pour les amateurs. Le joyau souterrain de cette réserve reste sans conteste la grotte Friouato, considérée comme l’une des plus grandes cavités accessibles du Maroc. Longue de près de 3 kilomètres, elle attire spéléologues et curieux, fascinés par ses galeries tapissées de concrétions, ses puits vertigineux et ses jeux d’ombres millénaires.
Le relief accidenté du parc, alternant canyons, falaises, plateaux et cavernes, offre un terrain de jeu sans équivalent pour les amateurs. Ph : CRT Fès-Meknès
Mais l’émerveillement ne s’arrête pas là. En surface, les forêts abritent une biodiversité exceptionnelle : plus de 1.000 espèces végétales, dont plusieurs endémiques, tapissent les sols et les falaises du parc. Des merveilles botaniques que l’on ne trouve nulle part ailleurs. À l’ombre des cèdres et des chênes verts, sangliers, mangoustes, renards et rapaces y trouvent refuge.
Le parc national de Tazekka, sous la neige. Ph : DR
Le lieu offre également une mosaïque d’activités sportives et ludiques : randonnée, escalade, spéléologie, canoë, circuits VTT… Les familles peuvent profiter des aires de pique-nique, des sentiers pédagogiques balisés, ou encore de la Vallée des Oiseaux, un site aménagé avec des divertissements pour enfants et des panneaux d’interprétation.
Un décor à couper le souffle.
Pour Ahmed Sentissi, président du conseil régional du tourisme de Fès-Meknès, Tazekka est « l’un des plus beaux parcs de la région. Il offre, d’une part, cette nature extrêmement belle et de nombreuses activités saines à pratiquer et, d’autre part, la possibilité de découvrir un folklore chaleureux ainsi qu’une gastronomie savoureuse« .
Pour qui décide de s’aventurer dans les environs, de pittoresques villages berbères perpétuent un art de vivre séculaire. Dans les kasbahs de terre ou les maisons de pierre, l’hôte est accueilli avec du pain chaud, du miel de jujubier, des olives sauvages et des récits transmis à voix basse.
Tazekka est indéniablement l’un des plus beaux parcs de la région. Ph : CRT Fès-Meknès
Tourisme durable
Des efforts ont aussi été engagés pour renforcer la signalétique, former les guides locaux, valoriser les produits du terroir et impliquer les habitants dans une démarche de tourisme durable. « Tazekka n’est pas seulement un espace protégé, il est un lieu de transmission et d’éducation. Sa mise en valeur entre dans le cadre d’un vaste projet de promotion de la province de Taza, projet que nous avons à cœur de réussir », ajoute Ahmed Sentissi.
Véritable appel du Maroc profond, le site naturel invite à ralentir, à contempler et à s’immerger dans un monde qui finit nécessairement par transformer l’âme du voyageur.
Moulay Yacoub, une destination qui coule de source
À quelques kilomètres de Fès, dans un décor de collines arrondies, Moulay Yacoub déploie subtilement ses charmes. Cette petite bourgade, nichée au creux des montagnes du pré-Rif, est depuis des siècles un haut lieu du thermalisme au Maroc. Elle tire sa renommée d’une source chaude aux propriétés curatives, qui a façonné son identité, son économie et sa notoriété bien au-delà des frontières chérifiennes.
Ici, le climat est doux et sec, avec des hivers modérés et des étés chauds mais ventilés, rendant la région propice à la détente tout au long de l’année. Le paysage, fait d’oliviers, de sentiers sinueux et de reliefs tendres, donne un goût de sérénité avant même de plonger dans l’eau soufrée. Jaillissant à plus de 50 degrés, la source est connue pour ses bienfaits sur les affections dermatologiques, les rhumatismes ou encore les troubles respiratoires.
Jaillissant à plus de 50 degrés, la source est connue pour ses bienfaits. Ph : Vichy Thermalia
L’expérience y est en même temps thérapeutique et sensorielle. L’onde enveloppe le corps, atténue les tensions et laisse une sensation de légèreté immédiate. Réaménagée, la station propose un parcours complet de soins faits de bains, hammams, massages et douches à jet. Pour les plus traditionnels, les anciennes thermes restent accessibles avec leur charme brut et leur ambiance plus populaire.
Président du Conseil régional du tourisme de Fès-Meknès, Ahmed Sentissi le confirme : « Moulay Yacoub est l’une des stations thermales les plus marquantes du continent africain. Elle incarne une richesse naturelle que nous avons à cœur de valoriser ». Chaque année, ce sont des milliers de visiteurs originaires de tout le Royaume, d’Europe ou d’Amérique du Nord qui viennent tester les propriétés de cette eau si singulière.
« Le bouche-à-oreille joue aussi un rôle essentiel. Beaucoup entendent parler de cette source aux effets presque miraculeux et veulent s’y baigner. C’est vous dire son rayonnement », souligne le président du CRT Fès-Meknès. L’engouement suscité s’inscrit également dans une dynamique plus large de promotion des stations thermales du pays. Les acteurs du secteur entendent ainsi repositionner le Maroc comme une destination de bien-être à part entière.
Les anciennes thermes restent accessibles avec leur charme brut et leur ambiance plus populaire. Ph : DR
Se rendre à Moulay Yacoub, c’est renouer avec une tradition ancestrale du soin par l’eau et redécouvrir un art de vivre fondé sur la lenteur, l’écoute du corps et le respect des rythmes naturels. Que l’on soit en quête de soulagement physique ou simplement d’un souffle rassérénant, la source millénaire répond à toutes ces attentes. Elle ne souffre aucune hâte, se laisse découvrir lentement et se savoure à l’image d’une promesse de reconnexion à soi…
Marouane Ghanimi : « Marchica n’est pas seulement une destination, c’est une expérience »
– Médias24 : Pouvez-vous nous raconter la naissance de cette lagune ?
– Marouane Ghanimi : la lagune de Marchica, située à Nador, est l’une des plus grandes lagunes littorales de la Méditerranée. Sa formation naturelle remonte à des millénaires, façonnée par les dynamiques marines et géologiques. Longtemps marginalisée, elle a été placée au cœur d’un ambitieux projet de réhabilitation et de valorisation.
Lancé en 2007 dans le cadre de la vision stratégique du Roi Mohammed VI en faveur du développement économique et social de la région de l’Oriental, le projet a pour objectif de valoriser les potentialités et les richesses naturelles que recèlent la lagune et la province de Nador.
Revêtant un caractère multidimensionnel, ce projet prend en considération les préoccupations d’ordre économique, touristique, urbanistique, culturel et écologique. L’objectif ultime est de transformer la province de Nador en une nouvelle destination touristique attractive et de la positionner comme un pôle de compétitivité reconnu à l’échelle du bassin méditerranéen.
C’est dans ce cadre qu’ont été créées l’Agence pour l’aménagement et la mise en valeur du site de la lagune de Marchica et sa filiale Marchica Med, chargées de piloter ce projet, en conciliant développement durable, inclusion sociale et excellence environnementale.
Marouane Ghanimi, directeur général délégué de Marchica Med SA – filiale de l’Agence pour l’aménagement du site de la lagune de Marchica. Ph : Marchica SA
– Quel investissement a été nécessaire pour ce projet ?
– Le projet de réhabilitation et de développement de la lagune de Marchica a mobilisé un investissement global de plus de deux milliards de dirhams. Ces fonds ont été alloués à la dépollution de la lagune, l’aménagement de la corniche, la création d’infrastructures touristiques, culturelles et environnementales, ainsi qu’à la mise en place de projets pilotes comme la cité d’Atalayoun, première des sept cités prévues dans le cadre du projet global de développement de la lagune. C’est un investissement à long terme, pensé pour conjuguer attractivité économique et préservation écologique.
C’est un investissement à long terme, pensé pour conjuguer attractivité économique et préservation écologique. Ph : Marchica SA
– Qu’a apporté cette lagune à la population de Nador, et aux touristes internationaux ?
– Pour la population de Nador, la lagune est devenue un espace de vie, de loisirs et d’opportunités économiques. Elle a permis la création d’emplois, le développement de l’artisanat local, et l’émergence d’un tourisme durable. Pour les visiteurs internationaux, Marchica est une destination unique, entre mer et montagne, où l’on peut découvrir une biodiversité exceptionnelle, pratiquer des activités nautiques, ou simplement profiter d’un cadre naturel préservé.
Pour les visiteurs internationaux, Marchica est une destination unique, entre mer et montagne. Ph : Marchica SA
— Que peut-on y trouver en termes de faune et de flore ?
– La lagune de Marchica abrite une biodiversité remarquable grâce aux actions de dépollution entreprises par Marchica Med qui ont permis de rétablir ses équilibres écologiques et la préservation de cet écosystème unique. On peut désormais y dénombrer plus de 200 espèces d’oiseaux, dont des flamants roses, des hérons, et certaines espèces migratrices rares qui avaient disparu par le passé.
La flore est tout aussi riche, avec des plantes halophiles adaptées aux milieux salins, des zones humides, et des herbiers marins qui jouent un rôle essentiel dans l’équilibre de l’écosystème. C’est aujourd’hui un véritable sanctuaire écologique, reconnu au niveau international, qui lui vaut son classement en tant que site RAMSAR et site d’intérêt biologique et écologique (SIBE).
Une faune et une flore riches distinguent la lagune de Marchica. Ph : Marchica SA
– Vous avez lancé, en janvier, un appel aux investisseurs désireux de participer à la transformation de la lagune, plus spécifiquement trois projets de la cité d’Atalayoun. L’appel a-t-il abouti ?
– Oui, l’appel à projets lancé en début d’année a connu un franc succès. Nous avons finalisé, en mai, le processus de sélection des investisseurs pour trois composantes majeures de la Cité d’Atalayoun : les Résidences du Port, la Cité des Riads et les Villas de la Baie – T2. Ces projets couvrent une superficie de 12 hectares et représentent un investissement global de 1,4 milliard de dirhams, à déployer sur les trois prochaines années.
Nous avons reçu 11 dossiers de candidature émanant de six soumissionnaires, nationaux et internationaux, ce qui témoigne de l’attractivité croissante du site. Cinq offres ont été retenues à l’issue d’un processus rigoureux, et les projets ont été attribués à de grands opérateurs marocains, confirmant la confiance du secteur privé dans la dynamique de Marchica.
Certains lots sont toujours commercialisés. Ph : Marchica SA
Je saisis cette occasion pour préciser que certains lots, notamment ceux dédiés à une clinique de bien-être, un établissement scolaire et une structure hôtelière, sont toujours en cours de placement auprès de potentiels investisseurs, nationaux ou internationaux. Nous étudions actuellement les meilleures options pour la concrétisation de ces projets dans les meilleurs délais.
Cette étape marque un tournant stratégique pour Marchica Med, qui s’affirme comme un catalyseur de l’investissement et un accélérateur du développement durable dans la ville de Nador.
– Quels sont les projets à venir pour la mise en valeur de la lagune ?
– Dans le cadre de notre plan d’action triennal 2025-2027, Marchica Med poursuit avec rigueur la mise en œuvre de ses projets stratégiques. Trois nouveaux projets structurants sont en cours de lancement : la zone commerciale et d’animation, la deuxième tranche des résidences de la Colline 2, et le lotissement du port. Ces projets ont franchi des étapes clés, notamment la finalisation des études architecturales, la clôture des dossiers de consultation des entreprises, ainsi que le lancement anticipé des procédures d’appel d’offres.
Ainsi, grâce à la consolidation de l’ensemble de ces projets structurants, le développement de la cité d’Atalayoun aura atteint sa vitesse de croisière. Désormais, l’accélération du développement des six autres cités sera au centre des priorités de Marchica Med.
Ces avancées témoignent de la capacité opérationnelle consolidée de notre société à piloter plusieurs projets complexes, tout en garantissant la qualité, la rigueur budgétaire et le respect des délais. Ces projets visent à renforcer l’attractivité de la lagune, à diversifier l’offre touristique et résidentielle, et à créer un écosystème économique durable au service du territoire.
– Quel message souhaitez-vous adresser aux visiteurs de la région de Nador ?
— Je souhaite dire aux visiteurs que Marchica n’est pas seulement une destination, c’est une expérience. C’est un lieu où la nature, la culture et le bien-être se conjuguent. Nous les invitons à découvrir cette lagune avec respect, à s’immerger dans son authenticité, et à devenir, eux aussi, des ambassadeurs de sa préservation. Nador et Marchica vous accueillent les bras ouverts.
La nouvelle vie du site historique de Chellah
Le site archéologique de Chellah est un bijou de la capitale. Aux abords des remparts, les Rbatis adorent s’y rendre pour flâner et faire des pique-niques avec une vue imprenable sur le Bouregreg.
Le lieu est avant tout un site patrimonial d’exception. Il a été classé monument historique depuis 1920, puis patrimoine mondial de l’UNESCO en 2012.
Le chantier de restauration du Chellah a été lancé en 2019 et rentre dans le cadre du programme royal “Rabat, ville lumière, capitale marocaine de la culture”. En 2023, les travaux ont été accélérés sous l’impulsion de la Société de développement régional Rabat Région Patrimoine historique (RRPH).
Le projet a été supervisé par une équipe pluridisciplinaire composée d’architectes, de conservateurs du patrimoine et d’archéologues. Mustapha Ramdani, conservateur du site archéologique rbati, affirme à Médias24 que ces personnes ont veillé à la “préservation de l’authenticité de l’ensemble des édifices” restaurés. Les actions se sont limitées à des “opérations de consolidation”.
Conserver l’âme de Chellah
La restauration a été pensée dans une logique de conservation intégrale, comme nous l’explique Mehdi Hameda Benchekroun, président du Centre régional de tourisme (CRT) de Rabat-Salé-Kénitra : “Chaque pierre, chaque ruine, chaque recoin du site a été traité avec respect archéologique et sensibilité esthétique, afin de préserver ce qui constitue l’âme plurimillénaire du lieu. Il ne s’agit pas d’une simple restauration technique, mais d’un acte culturel et patrimonial fort, fidèle à la vision royale d’un Maroc fier de ses racines et résolument tourné vers l’avenir”.
Ces dernières années ont permis de retrouver l’âme de Chellah. Le projet a résulté en la création de nouveaux équipements (service sanitaire, une salle polyvalente transformée en café), la restauration de la muraille et de la grande porte, etc. Mustapha Ramdani nous explique qu’un tout nouveau circuit touristique a été créé, en plus d’un système audioguidé.
Chellah, c’est plus de 2000 ans d’histoire à ciel ouvert. Ph : Pexels
Pour le président du CRT Rabat-Salé-Kénitra, la transformation est “profonde mais subtile”. Désormais, le Chellah propose un parcours de visite structuré autour de 29 points d’intérêt, reliés par des allées paysagères élégamment intégrées dans l’environnement naturel. Chaque station est accompagnée de panneaux explicatifs multilingues, conjuguant rigueur scientifique et accessibilité grand public.
L’expérience sensorielle du lieu a été repensée. “Les visiteurs ne sont plus de simples spectateurs, mais des acteurs d’un voyage historique, au croisement de la civilisation romaine, de l’époque mérinide et de la mémoire contemporaine”, précise Mehdi Hameda Benchekroun.
Le site est désormais plus lisible, plus accueillant, plus vivant
Voyage dans le temps
Le site archéologique de Chellah est riche, c’est plus de 2000 ans d’histoire à ciel ouvert. Les visiteurs voyagent dans le temps en naviguant entre les périodes, de l’antiquité romaine, en passant par le temps des marabouts, jusqu’à la période mérinide.
Pour Mehdi Hameda Benchekroun, les visiteurs peuvent découvrir à Chellah les fondations de la cité romaine Sala Colonia, les restes majestueux de la nécropole mérinide, un jardin méditerranéen foisonnant, des bassins mystérieux et des voûtes silencieuses où le temps semble suspendu.
Les visiteurs voyagent dans le temps en naviguant entre les périodes, de l’antiquité romaine en passant par le temps des marabouts jusqu’à la période mérinide. Ph : Mustapha Ramdani
L’expérience est enrichie par une boutique de souvenirs inspirés des motifs historiques du site. Le président du CRT affirme qu’il y aura bientôt des dispositifs immersifs numériques (mapping, reconstitutions 3D, etc.) qui offriront une découverte interactive et sensorielle, en particulier pour les jeunes publics.
Une première à Chellah. Les visiteurs peuvent bénéficier d’une visite audioguidée. Pour Mustapha Ramdani, cette expérience est “essentielle” puisqu’elle permet aux visiteurs de comprendre l’histoire du site, sans intermédiaire.
Une première à Chellah. Les visiteurs peuvent bénéficier d’une visite audioguidée. Ph : Mustapha Ramdani
Et sa fréquentation touristique ?
Le site archéologique est reconnu pour sa diversité et sa richesse. Il attire en moyenne 900 visiteurs par jour. La fréquentation étrangère représente environ “un tiers des entrées quotidiennes, avec une forte présence de visiteurs européens”, notamment français, espagnols et italiens, précise le responsable du CRT Rabat-Salé-Kénitra. Toutefois, il y a une émergence du “tourisme panarabe et nord-américain, notamment porté par la diaspora marocaine”. Ces MRE reviennent pour découvrir ou redécouvrir l’héritage de leur terre natale.
Cette diversité de visiteurs témoigne de la puissance évocatrice du lieu et de la réussite de sa mise en valeur
Le site de Chellah se transforme, souvent, en écrin pour les événements culturels de la ville-lumière. Le lieu accueille désormais des concerts, des spectacles vivants, des lectures poétiques et des rencontres artistiques, “dans un format qui respecte scrupuleusement l’intégrité du lieu”, souligne le président du CRT.
Un lieu majestueux où le temps s’arrête. Ph : Mustapha Ramdani
Chellah se métamorphose et accueille des soirées de musique andalouse et soufie, organisées en partenariat avec les conservatoires de la région. Le lieu reçoit des rencontres internationales de poésie. Le festival Chellah en Scène est un des événements phares du lieu, avec une programmation mêlant musique du monde, patrimoine et création contemporaine.
Tourisme. Que faire à Rabat en 48 heures ?
Jour 1 : La mémoire impériale et l’élégance urbaine, « Immersion culturelle et patrimoine millénaire »
1. La Kasbah des Oudayas – Le charme andalou sur l’Atlantique
Commencez votre découverte par la Kasbah des Oudayas, véritable perle perchée sur l’embouchure du Bouregreg. Flânez dans ses ruelles blanches et bleues, entre bougainvilliers et portes sculptées. Ne manquez pas la porte monumentale des Oudayas, un chef-d’œuvre de l’architecture almohade du XIIᵉ siècle. Baladez-vous dans le jardin andalou, un havre de paix où l’air embaume de parfums d’orangers et de jasmins. Passage obligé au café Maure, une pause bienvenue, face à la mer, pour goûter un thé à la menthe accompagné de cornes de gazelle.
2. La médina de Rabat – Artisanat vivant et vie locale
Poursuivez avec une immersion dans la médina, beaucoup plus calme que celles de Fès ou de Marrakech, mais riche en authenticité. Promenez-vous dans les souks colorés de la rue des Consuls où vous pourrez contempler tapis, broderies, objets en cuivre et vêtements traditionnels. N’hésitez pas à prendre des photos souvenir de Bab Chellah, une porte emblématique donnant sur le cœur de la ville ancienne. La médina est aussi idéale pour découvrir l’artisanat rbati (zellige, cuir, tapis) et faire quelques achats dans un cadre paisible.
Balade paisible dans la médina de Rabat. Ph : Pexels
3. Tour Hassan et mausolée Mohammed V – L’âme spirituelle du Royaume
L’après-midi, direction l’un des plus grands symboles de Rabat : la tour Hassan, minaret inachevé du XIIᵉ siècle, vestige d’une mosquée jamais terminée. En face se trouve le mausolée Mohammed V, où reposent les rois Mohammed V et Hassan II. Ce lieu incarne la solennité et la beauté de l’architecture arabo-andalouse. Encadré par la garde royale, le site majestueux est imprégné de calme. L’entrée est libre.
La Tour Hassan, emblème de la ville de Rabat. Ph : Pexels
4. Site archéologique de Chellah – Voyage dans le temps au cœur de la nature
La journée continue dans l’un des sites les plus mystiques de Rabat : Chellah. Entre ruines romaines (Sala Colonia), nécropole mérinide, bassins, cigognes et figuiers, le lieu est un sanctuaire d’histoire et de nature. Le parcours est balisé avec des panneaux explicatifs. Vous pouvez vous restaurer sur place dans les différents restaurants prévus à cet effet.
Une incursion dans le passé en déambulant à travers les vestiges de Chellah. Ph : Pexels
Jour 2 : Nature, loisirs et douceur de vivre
1. Balade dans les Jardins d’essais botaniques
Commencez votre journée par une parenthèse végétale dans les Jardins d’essais botaniques, véritable “poumon vert” de Rabat. Créés au début du XXᵉ siècle, ces jardins historiques mêlent espèces locales et exotiques, allées ombragées, bassins, serres et zones de repos.
C’est un véritable musée végétal à ciel ouvert, où vous pouvez vous reconnecter à la nature, en plein cœur de la capitale. Les férus de nature peuvent faire une promenade contemplative ou prendre des photos.
Les activités nautiques ont la cote à Rabat, avec en bonus une vue imprenable sur la tour Mohammed VI. Ph : Pexels
2. Activités nautiques sur le Bouregreg
Rejoignez ensuite la marina de Salé, un espace de loisirs en plein essor. Vous y trouverez plusieurs clubs nautiques qui proposent des activités sportives et ludiques sur le fleuve Bouregreg :
Canoë & Kayak : pour explorer les berges et les vues imprenables sur la tour Hassan et le mausolée.
Sortie en bateau : croisière courte ou privatisée, idéale pour admirer Rabat et Salé depuis l’eau.
Jet-ski et paddle : pour les amateurs de sensations fortes.
Initiation à la voile (selon la saison et les clubs disponibles).
Vous pouvez faire une balade en barque ou effectuer la traversée du Bouregreg d’une rive à l’autre. Ph : Pexels
3. Déjeuner en terrasse au bord de l’eau
Après l’effort, place au réconfort dans l’un des restaurants de la marina : l’offre est alléchante et pour tous les goûts.
4. Temps libre, détente ou shopping arty
L’après-midi peut être consacré à la détente ou à une balade en ville selon les envies. Le parc Hassan II est parfait pour une sieste sur l’herbe ou une promenade paisible. Pour le shopping et la culture, vous pouvez vous rendre aux concept-stores et galeries qui sont disséminés dans la ville lumière.
Rabat se dotera bientôt de bus touristiques
Après Casablanca, la ville de Rabat s’apprête à enrichir son offre touristique avec l’arrivée prochaine de bus spécialement conçus pour faire découvrir ses richesses culturelles et patrimoniales. Trois bus panoramiques seront bientôt mis en circulation, dont deux dans un premier temps, suivis d’un troisième en seconde phase.
D’un budget estimé à 15 millions de DH, selon un appel d’offres que vient de lancer Rabat Région Mobilité, ce projet vise à renforcer l’attractivité de la capitale en proposant aux visiteurs un moyen de transport dédié à l’exploration de ses principaux sites historiques et urbains.
Les bus touristiques, neufs et conformes aux dernières normes techniques et environnementales, seront aménagés pour offrir un confort optimal et une expérience immersive. Chaque bus sera équipé d’un système d’audioguides multilingues permettant de découvrir l’histoire des lieux traversés, de dispositifs facilitant l’accès aux personnes à mobilité réduite, ainsi que d’installations modernes telles que la connectivité à bord, une signalétique adaptée et un système de ventilation performant.
L’avenir de Rabat à l’aube de la Coupe du monde 2030
D’année en année, Rabat se métamorphose. En 2022, la Ville Lumière était la capitale culturelle de l’Afrique. En 2030, elle sera l’une des villes hôtes de la Coupe du Monde 2030. Les chantiers se multiplient à 5 ans de l’échéance.
D’ailleurs, récemment, le royaume s’est engagé dans une transformation majeure de sa mobilité urbaine et interurbaine, avec l’extension de la ligne à grande vitesse (LGV) jusqu’à Marrakech, mais aussi le lancement de l’ambitieux projet du réseau express régional (RER). Sa mise en service est attendue d’ici 2030. Ce projet feroviaire répond à la demande croissante qui risque d’augmenter davantage durant la période de la Coupe du monde 2030.
Concernant Rabat, la ville se prépare, doucement mais sûrement, à ce grand rendez-vous. Médias24 a échangé avec Nourredine Sridi, délégué régional du tourisme de Rabat-Salé-Kénitra pour comprendre les enjeux et la transformation attendue à l’aube de cet événement sans précédent dans le Royaume.
Médias24. Rabat fait partie des villes hôtes de la Coupe du monde 2030. Quel rôle stratégique peut-elle jouer ?
Nourredine Sridi. Oui, Rabat est bien l’une des villes hôtes officielles de la Coupe du monde 2030. Elle accueillera plusieurs matchs dans un stade entièrement reconstruit : le nouveau complexe sportif Prince Moulay Abdellah, d’une capacité de 68.500 places, avec des tribunes couvertes, des loges VIP, des équipements technologiques de dernière génération et une conformité totale aux normes FIFA.
En tant que capitale politique, culturelle et institutionnelle du Royaume, Rabat occupera également une place stratégique dans le dispositif global : accueil des délégations, organisation d’événements diplomatiques, centre média et base logistique de haut niveau.
– Quel est l’état actuel de l’offre hôtelière et touristique dans la région, et quels efforts sont en cours pour la renforcer d’ici 2030 ?
– La région Rabat-Salé-Kénitra dispose aujourd’hui d’environ 12.000 lits touristiques, dont plus de 70% sont concentrés dans la ville de Rabat. Cette capacité est répartie sur une offre hôtelière riche, équilibrée et très diversifiée.
Nous disposons d’hôtels de luxe et haut de gamme tels que le Ritz Carlton, le Marriott, le Sofitel, le Fairmont Marina, The View, le Conrad, le Four Seasons Bab Al Bahr, le Waldorf Astoria Rabat-Salé et, bientôt, le Royal Mansour Rabat, en cours de construction. Nous avons aussi des hôtels 3 et 4 étoiles bien positionnés, offrant un excellent rapport qualité-prix.
Il faut noter qu’il existe une offre croissante d’appart-hôtels et de maisons d’hôtes, notamment dans la médina et les quartiers résidentiels, et une offre complémentaire en arrière-pays, dans les provinces de Khemisset, de Tamesna ou de Sidi Bettach, avec des gîtes ruraux, des fermes hôtes et des villages de vacances.
Dans la perspective de la Coupe du monde 2030, les autorités locales mettent en œuvre un plan de développement touristique intégré, visant à renforcer l’hébergement en capacité et en qualité, à diversifier la restauration, du gastronomique à la street-food, et à créer des espaces d’animation touristique et culturelle dans les zones stratégiques.
– Peut-on s’attendre à une hausse significative du tourisme dans la région ? Quel positionnement souhaitez-vous mettre en avant ?
– Oui, une hausse significative du tourisme est attendue, grâce à la Coupe du monde, mais aussi aux efforts structurels engagés.
Un levier clé sera l’extension de l’aéroport international de Rabat-Salé, qui triplera sa capacité en passant de 1,5 à 4 millions de passagers par an d’ici 2030, avec un nouveau terminal de 69.000 m² et des parkings modernes. Cette transformation permettra de plus que doubler les arrivées internationales poste-frontière, faisant de Rabat un véritable troisième hub touristique national.
Rabat se positionne comme une destination culturelle premium, durable et connectée, à la croisée des influences arabes, andalouses et africaines, avec plus de 20 sites classés à l’UNESCO et un patrimoine architectural et artistique vivant. La ville développe également une offre forte dans le tourisme de luxe, avec des prestations exclusives et un art de vivre raffiné, dans le tourisme d’affaires (MICE), avec des infrastructures modernes, connectées et accessibles, et enfin dans le tourisme de loisir, autour du patrimoine, de la nature, du littoral, du shopping et de la création contemporaine.
– Comment Rabat peut-elle capitaliser sur cet événement footballistique pour renforcer son attractivité économique et touristique ?
– La Coupe du monde 2030 représente une opportunité historique pour repositionner Rabat sur la scène internationale, bien au-delà du sport. Elle offre une visibilité mondiale exceptionnelle, qui doit être exploitée pour accélérer la transformation de la destination, structurer son offre, attirer de nouveaux publics et inscrire son nom durablement dans l’esprit des voyageurs et des investisseurs.
Sur le plan économique, Rabat pourra attirer de nouveaux investissements directs dans les secteurs stratégiques (hôtellerie, restauration, culture, mobilité, digital, événementiel, etc), dynamiser l’écosystème entrepreneurial local, avec des retombées directes pour les PME, artisans, startups et prestataires, stimuler l’emploi local, à travers les chantiers liés aux infrastructures, à l’accueil, aux services et à la culture. La capitale aura la capacité de renforcer son image de capitale d’affaires, de conférences et de diplomatie, grâce à ses équipements et à son positionnement institutionnel.
Sur le plan touristique, Rabat pourra s’affirmer comme une destination à part entière, alliant patrimoine, nature, art de vivre et innovation, déployer une stratégie de marketing territorial puissante, s’appuyant sur des contenus immersifs, des ambassadeurs de la destination et des campagnes ciblées sur les marchés prioritaires. La Ville Lumières pourra créer une programmation culturelle et événementielle autour de la Coupe du monde, valorisant les atouts identitaires de la ville : patrimoine UNESCO, musées, design, artisanat, musique, gastronomie, et mettre en œuvre des expériences visiteurs fluides et mémorables, pour fidéliser et encourager le retour.
L’objectif est de faire de la Coupe du monde un accélérateur de rayonnement, et de Rabat une destination référence sur la carte du tourisme méditerranéen et africain — moderne, humaine, inspirante et durable.
Rabat se positionne comme une destination culturelle premium, durable et connectée, à la croisée des influences arabes, andalouses et africaines, avec plus de 20 sites classés à l’UNESCO et un patrimoine architectural et artistique vivant. Ph : Pexels
– Quels secteurs clés de l’économie locale pourraient bénéficier en priorité de cette dynamique ?
– La Coupe du monde 2030 va agir comme un accélérateur économique pour Rabat et sa région, en générant des investissements directs, en dynamisant les filières liées à l’accueil et en créant des opportunités pour les entreprises locales. Plusieurs secteurs clés bénéficieront de cette dynamique :
1. Le BTP et les infrastructures
• La reconstruction complète du Complexe Moulay Abdellah et des autres terrains de foot, l’extension de l’aéroport de Rabat-Salé, les aménagements urbains autour des axes touristiques et les nouvelles infrastructures hôtelières représentent un investissement estimé à plus de 4 milliards de dirhams.
• Les retombées concernent aussi bien les grandes entreprises que les sous-traitants et artisans locaux du bâtiment, du génie civil, de la signalétique ou de l’éclairage public.
2. L’hôtellerie, la restauration et les services touristiques
• L’afflux attendu de visiteurs étrangers et nationaux stimulera la demande sur l’ensemble de la chaîne d’accueil : hôtels, maisons d’hôtes, restaurants, cafés, traiteurs, services de transport privé, guides touristiques.
• Ce secteur sera un générateur important d’emplois directs et indirects, avec un potentiel de plus de 1 000 créations de postes dans les prochaines années.
3. La culture, l’artisanat et les industries créatives
• Rabat, déjà capitale culturelle du Royaume, verra ses musées, ses festivals, ses lieux d’art contemporain et son artisanat mis en valeur auprès d’un public international.
• Cela renforcera la demande pour les créateurs, artistes, designers, producteurs locaux, mais aussi pour les marchés de la médina, les coopératives et les circuits de découverte culturelle.
4. Le digital, la tech et les solutions intelligentes
• La Coupe du monde 2030 nécessitera des outils technologiques avancés pour la gestion des flux, la billetterie, la sécurité, les traductions en ligne, les visites immersives, ou encore les applications mobiles de destination.
• Ce contexte crée des opportunités pour les start-ups, développeurs, agences digitales et acteurs du numérique dans la région, en lien avec la vision de Rabat comme ville intelligente et connectée.
5. Le commerce et les entreprises de proximité
• L’augmentation du trafic touristique stimulera les secteurs de la vente au détail, des souvenirs, du textile, des produits du terroir, des transports locaux, des agences réceptives, etc.
Rabat. La ville se prépare, doucement mais sûrement, pour la Coupe du monde.
– Quelles actions sont prévues pour capter la clientèle internationale à Rabat et ses alentours ?
– Afin de tirer pleinement profit de la Coupe du monde 2030 et de capter une part significative des visiteurs internationaux, plusieurs actions concrètes sont mises en œuvre à l’échelle de la ville et de sa région. Ces actions sont articulées autour de trois axes : visibilité, accessibilité et expérience.
Des fanzones seront mises en place dans différents quartiers de la ville. Elles seront bien plus que de simples espaces de retransmission : elles offriront une ambiance festive, une immersion culturelle et une vitrine vivante du patrimoine local à travers des concerts, des animations artistiques, des stands gastronomiques et des activités interactives.
Pour permettre aux visiteurs de découvrir pleinement la richesse du territoire, un programme structuré de plus de 10 circuits touristiques est en cours de développement. Ces circuits seront conçus comme de véritables portes d’entrée vers l’identité plurielle de la région, en s’appuyant sur 12 expériences complémentaires. Chaque circuit bénéficiera de supports en plusieurs langues, d’un encadrement professionnel et sera progressivement intégré dans les circuits des tour-opérateurs et des plateformes de voyages.
D’autre part, des campagnes de communication ciblées seront menées en coordination avec le Centre régional de tourisme (CRT), l’Office national marocain de tourisme (ONMT), les compagnies aériennes et les tour-opérateurs. Elles viseront à intégrer Rabat dans les offres touristiques liées à la Coupe du monde, à renforcer la visibilité de la destination dans les marchés émetteurs prioritaires (Europe, Amérique du Nord, Golfe, Afrique) et à positionner Rabat comme une ville à vivre avant, pendant ou après les matchs.
Et pour finir, des partenariats sont en cours avec les agences de voyages, les plateformes digitales et les réseaux de distribution pour promouvoir Rabat et proposer des séjours sur mesure. Un accueil spécifique est aussi envisagé pour les groupes, délégations, médias et clients VIP.
– En termes de mobilité, d’accueil et d’expérience touristique, quels sont les chantiers prioritaires du CRT pour les années à venir ?
– Pour garantir une expérience fluide, moderne et qualitative aux visiteurs attendus pendant la Coupe du monde 2030 et au-delà, Rabat et le CRT travaillent sur plusieurs chantiers prioritaires, articulés autour de trois grands axes : la mobilité, l’accueil et l’amélioration de l’expérience touristique.
1. Mobilité et accessibilité
• Le chantier d’extension de l’aéroport international de Rabat-Salé, qui fera passer la capacité de 1,5 à 4 millions de passagers par an, est au cœur de la stratégie d’accessibilité. Ce projet fera de Rabat le 3ᵉ hub aérien du pays, après Casablanca et Marrakech.
• Le développement de nouvelles lignes aériennes internationales est en cours, avec un objectif de 15 liaisons directes d’ici 2030.
• La mobilité interne est également une priorité : la ville poursuit l’amélioration du réseau tramway, du transport public et la promotion de la mobilité douce (marche, vélo, circuits piétons touristiques).
• L’un des projets emblématiques est le déploiement d’un bus touristique à impériale, qui permettra aux visiteurs de découvrir les principaux sites d’intérêt de Rabat à travers des circuits commentés, accessibles, pratiques et attractifs.
2. Qualité de l’accueil et signalétique
• Un plan d’amélioration de l’accueil touristique est en cours, ciblant les gares, l’aéroport, les médinas, les plages, les musées et les pôles hôteliers.
• Ce plan prévoit la mise en place de guichets d’information multilingues, une signalétique urbaine moderne et cohérente, et la digitalisation des supports d’orientation (QR codes, cartes interactives, info en temps réel).
• Des dispositifs spécifiques seront mis en place pour l’accueil des groupes VIP, des délégations officielles et des visiteurs internationaux pendant les événements.
3. Expérience visiteur et hospitalité
• La formation des professionnels est un axe prioritaire, avec un objectif de plus de 1 000 personnes formées d’ici 2028 dans les métiers de l’accueil, du guidage, de la restauration et du service.
• L’amélioration de l’expérience passe aussi par l’usage du digital : outils de réservation en ligne, cartographie géolocalisée, informations multilingues, audioguides, etc.
• Enfin, les autorités travaillent à renforcer les standards de qualité dans les hôtels, restaurants, espaces publics et zones de forte fréquentation touristique.
L’objectif est clair : offrir aux visiteurs une expérience fluide, sécurisée, conviviale et immersive, à la hauteur des standards internationaux, et faire de Rabat une destination de référence au-delà de l’événement sportif.
-Selon vous, quels sont les défis majeurs à relever pour que Rabat devienne une destination touristique incontournable sur la carte mondiale ?
-Rabat possède des atouts indéniables pour devenir une destination touristique de premier plan : patrimoine classé à l’UNESCO, capitale culturelle et politique du royaume, offre balnéaire, nature, architecture contemporaine, gastronomie, art de vivre… Mais pour concrétiser cette ambition à l’échelle mondiale, plusieurs défis stratégiques doivent encore être relevés. Tout d’abord, celle de changer la perception internationale de Rabat : Aujourd’hui, Rabat souffre encore d’une image perçue comme principalement administrative.
Le premier défi est donc de faire émerger une nouvelle identité de destination, centrée sur la culture, la modernité, la nature, la sécurité et la qualité de vie. Il s’agit de passer du statut de ville “institutionnelle” à celui de capitale inspirante, humaine et vibrante, à l’image de ce qu’est réellement Rabat.
La capitale a un fort besoin d’amélioration de l’accessibilité aérienne. L’attractivité touristique passe aussi par l’accessibilité. Le chantier d’extension de l’aéroport Rabat-Salé est un pas décisif, mais il devra être accompagné d’une ouverture plus large aux compagnies internationales, d’une politique de promotion des lignes directes et d’une meilleure desserte interrégionale. L’objectif est d’atteindre 1 million de passagers à l’horizon 2030 et de faire de Rabat un point d’entrée compétitif par rapport à Marrakech ou Casablanca.
Il est nécessaire de structurer une offre touristique forte et cohérente. Le potentiel existe, mais il reste parfois dispersé. Le défi est de structurer une offre lisible, segmentée et commercialisable, avec des produits adaptés aux différentes clientèles (loisir, affaires, luxe, culture, sport, famille…). Cela implique la création de packages, la digitalisation de l’offre, et une coordination entre les opérateurs privés et les institutions.
Améliorer la qualité de service et la formation est aussi un défi majeur. L’hospitalité est un pilier de l’expérience touristique. Le renforcement de la formation continue, le développement d’une culture de service, et l’adoption de standards internationaux dans l’accueil, la restauration, l’accompagnement, et la propreté urbaine seront essentiels pour fidéliser les visiteurs.
Le défi restant est de renforcer la promotion et la présence sur les marchés internationaux. Rabat doit être plus visible. Cela implique une présence continue dans les salons professionnels, une stratégie digitale ciblée, une mobilisation d’ambassadeurs de la ville, et des campagnes créatives pour mettre en valeur sa singularité.
Ces défis sont à la fois techniques, organisationnels et symboliques. Mais ils sont à la hauteur du potentiel exceptionnel de Rabat. La Coupe du monde 2030 est une fenêtre stratégique pour accélérer cette transformation et inscrire durablement Rabat sur la carte des grandes capitales touristiques mondiales.
– Enfin, qu’aimeriez-vous que les visiteurs étrangers retiennent de leur passage à Rabat pendant la Coupe du monde 2030 ?
– Nous souhaitons que chaque visiteur reparte de Rabat avec un souvenir vivant, émotionnel et profond. Qu’il ne s’agisse pas seulement d’un match ou d’un séjour, mais d’une rencontre authentique avec une ville à dimension humaine, enracinée dans l’histoire et tournée vers l’avenir.
Nous voulons qu’ils retiennent que Rabat est une capitale élégante et accueillante, qui conjugue patrimoine et modernité ; Une ville ouverte, tolérante, cosmopolite, au carrefour des cultures arabe, andalouse et africaine ; Une destination calme, inspirante, sûre et verte, où il fait bon se promener, s’émerveiller, déguster, échanger et revenir.
Qu’ils se souviennent de l’hospitalité chaleureuse de ses habitants, de la beauté de ses paysages, de l’émotion d’un coucher de soleil sur le Bouregreg, du silence majestueux d’un monument, ou encore du goût d’un plat typique partagé dans une médina vivante.
Notre ambition, au-delà de l’événement sportif, est que Rabat marque les esprits, touche les cœurs et donne envie d’y revenir — et d’en parler. Que la Coupe du monde soit pour beaucoup une première visite… mais jamais une dernière.
Cascades d’Ouzoud, un site idéal pour l’écotourisme
“Les cascades d’Ouzoud sont les plus belles cascades d’Afrique du Nord, le symbole de la région Béni Mellal-Khénifra”, déclare d’emblée Saïd Kachad, vice-président du Centre régional du tourisme (CRT) de la région. Il y a quelques années, “c’était le seul site que les Marocains et les touristes venaient visiter dans la région. C’était le site le plus connu à l’époque”. Mais les visiteurs ne passaient pas plus d’une nuit sur place.
Le CRT Béni Mellal-Khénifra œuvre à améliorer la durée de séjour en développant les sites alentours pour renforcer la structure touristique. D’après notre interlocuteur, il existe désormais plusieurs auberges, gîtes et même un hôtel 4 étoiles. “Le potentiel touristique est important autour de ce site. Dorénavant, les touristes peuvent passer deux nuits aux cascades, ce qui n’était pas le cas auparavant”, précise Saïd Kachad.
Vue aérienne des cascades d’Ouzoud. Ph : CRT Béni Mellal
Randonnées
Les cascades d’Ouzoud sont une véritable merveille de la nature. Les eaux se déversent d’une hauteur de cent mètres dans un bassin rocheux au milieu d’une végétation luxuriante. Le site majestueux accueille, depuis des décennies, familles, visiteurs étrangers et amoureux de la nature. Près du gouffre des cascades, douze moulins anciens restent actifs grâce à l’énergie du torrent. Les cascades sont aussi propices à la randonnée, au VTT et au 4×4. Des circuits sont disponibles sur place.
Faire une balade pour découvrir les alentours, visiter un village berbère typique, effectuer une randonnée avec pause déjeuner chez l’habitant… sont autant d’activités proposées sur place. À quatre kilomètres au-dessus des cascades d’Ouzoud se trouvent leur source. Les touristes peuvent y faire un tour ou même déjeuner sur place. Selon Saïd Kachad, un circuit permet de voir les chutes, avec une vue imprenable sur la nature qui impressionne les visiteurs.
À 2,3 kilomètres des cascades, il existe un coin magnifique où s’écoule l’Ouzoud. Sur place, il y a même une grotte que l’on peut visiter.
Les cascades d’Ouzoud ont été aménagées il y a quelques années. Des escaliers sécurisés ont été mis en place, des boutiques proposent des produits typiques berbères et d’artisanat local, et il y a également des cafés construits en bois.
Le site attire tous les amoureux de la nature. Ph : Pexels
Un projet de lignes téléphériques
En janvier 2025, la Société marocaine d’ingénierie touristique (SMIT), en partenariat avec le CRT et les partenaires au niveau local, a entrepris de lancer une étude de faisabilité visant à mettre en place un mode de transport touristique par câble. L’estimation financière est de 1,2 million de dirhams.
La première ligne téléphérique reliera les cascades d’Ouzoud au site qui accueillera le futur projet Dinoparc, tandis que la seconde reliera le parc Aïn Asserdoun au sommet Tassemit, offrant une vue panoramique sur la ville de Béni Mellal et la plaine du Tadla. Saïd Kachad nous confirme que ce projet a été approuvé. “Les deux lignes verront probablement le jour d’ici deux ans”.
Les cascades sont propices à la randonnée, au VTT et au 4×4. Des circuits sont disponibles sur place. Ph : Médias24
Le projet Dino Parc
Le projet de parc de découverte Dino Parc nécessite un budget de 100 millions de dirhams. Il a été annoncé en 2023. Ce lieu sera divisé autour de trois zones : le village de l’Atlas qui mettra en valeur le patrimoine matériel et immatériel de la région ; la vallée des dinosaures, qui sera l’attraction phare, l’identité du Dino Parc, où les visiteurs découvriront de façon ludique les reconstitutions de dinosaures. “Ce Dino Parc s’étendra sur cinq hectares. Le projet va enrichir encore plus le site des cascades d’Ouzoud”, indique Saïd Kachad.
Vue aérienne des cascades d’Ouzoud. Ph : Médias24.
Un site fragile à préserver
Le seul bémol mentionné par le vice-président du CRT Béni Mellal-Khénifra a trait à l’anarchie des constructions autour des cascades d’Ouzoud. “Il faut que le président de la commune empêche les constructions, à droite, à gauche, mal conçues. Elles ont abîmé les alentours des cascades. Nous avons besoin d’un plan d’aménagement strict, puisque c’est un site fragile qu’il faut protéger”.
Notre interlocuteur cite également le singe macaque, symbole fort des cascades d’Ouzoud, qui était en danger. Bien que cette espèce ait été sauvée, Saïd Kachad estime qu’il faut faire davantage d’efforts pour la préserver.