Si les résultats de la dernière enquête de conjoncture auprès des ménages menée par le HCP montrent, globalement, que la confiance des ménages a été stable au second trimestre de l'année en cours, cette stabilité cache toutefois la persistance d'un pessimisme omniprésent par rapport à l'investissement et à l'épargne.

En effet, l'enquête révèle que sur la période étudiée, 54,9% des sondés considèrent que "le moment n'est pas opportun pour effectuer des achats de biens durables". Une réticence palpable dans tous les domaines d'investissement des particuliers, et ce de l'immobilier jusqu'à l'or.

L'immobilier résidentiel à titre d'exemple souffre d'une atonie liée en particulier à une demande affaiblie des particuliers. Si une partie de cette demande est insolvable, d'autres segments des demandeurs potentiels affichent une frilosité par rapport à l'investissement dans le secteur, et ce en dépit d'une quasi-stagnation des prix des actifs immobiliers en plus de baisses consécutives des taux d'intérêts des crédits à l'habitat.

"Le moral des particuliers peine à se redresser, et ne se redressera qu'après une reprise économique globale du pays", nous avait indiqué Moncef Lahlou, PDG de l'agence immobilière Capital Foncier, dans un précédent entretien. L'immobilier suit le rythme de l'économie du pays et il faut dire qu'à ce stade, les ménages ne sont pas confiants envers celle-ci.

En attestent les chiffres du crédit à l'habitat qui peinent à décoller, malgré les différentes incitations précitées: Selon les dernières statistiques de Bank Al-Maghrib, à fin mai 2018, l'encours des crédits à l'habitat se situe à un peu plus de 199 MMDH. Il affiche une légère appréciation depuis le début de l'année (+1,7%).

Pour leur part, les crédits à la consommation affichent une meilleure performance, compréhensible eu égard au fait que ce type de crédit ne soit pas lié à l'acquisition de biens d'une importance majeure.

Cette meilleure performance demeure toutefois modeste: L'encours des crédits bancaires à la consommation s'est situé à 52,8 MMDH à fin mai 2018, en progression de 3,7% depuis le début de l'année. D'une autre part, l'encours des crédits à la consommation contractés auprès de sociétés de financement s'élève à 54,2 MMDH à fin mars 2018 selon les derniers chiffres disponibles, en progression de 1,2%.

Cela étant, cette progression timide des crédits est accompagnée d'une hausse plus importante des créances en souffrance sur les ménages, symptôme peut-être d'une croissance malsaine de l'encours des crédits bancaires, mais également de difficultés financières chez les ménages. A fin mai 2018, elles atteignent 25,2 MMDH sur un encours global de créances en souffrance de 65,3 MMDH. Elles affichent une progression de 2,7% depuis le début de l'année et de 6% en variation annuelle.

Outre l'investissement dans des biens immobiliers ou d'autres biens acquis via des crédits à la consommation; l'investissement dans l'or, longtemps perçu comme étant un investissement sûr et rentable pour les marocains, est également touché par le mauvais moral de ceux-ci, et la demande pour ce métal précieux n'est plus au rendez-vous comme avant.

Les difficultés à épargner persistent

D'une autre part, les résultats de l'enquête menée par le HCP révèlent que les ménages peinent toujours à épargner: Seulement 5,4% de la population sondée affirme épargner une partie de son revenu. En outre, 21% des ménages uniquement s'attendent à épargner au cours des 12 prochains mois.

Une tendance confirmée par le rythme de progression des placements en comptes d'épargne qui devient de moins en moins soutenu. La rémunération de ce type de placement est certes en baisse, mais c'est surtout le tassement des revenus et la capacité d'épargne des ménages qui contribuent à cette décélération.