Pourquoi lancer des fonds Private Equity ?
D’après Adil Rzal, Président de l’Association marocaine des investisseurs en capital (AMIC) et PDG d’ Upline Investments, sollicité par LeBoursier, investir dans le Private Equity permet d’avoir un couple rendement/risque plus élevé.
Selon lui, c’est une classe d’actif qui doit être considérée par les gestionnaires de fonds eu égard au potentiel de profitabilité qu’elle présente. Bien évidemment, "le risque et le rendement sont tous les deux élevés", souligne-t-il.
Investir en capital permet également d’ "avoir plus d’impact sur les PME, et, ainsi, avoir un impact social sur l’économie (impact RSE, création d’emplois…)", ajoute M. Rzal.
Quels conseils pour les investisseurs en capital au Maroc ?
Afin d’investir dans cette classe d’actifs, les investisseurs en capital doivent choisir minutieusement les équipes de gestion. "Il faut choisir des personnes qui ont fait leurs preuves et opter pour celles installées au Maroc". Et le plus important est de "faire confiance aux équipes de gestion".
Il s’explique : "les équipes qui sont locales, présentes sur le terrain et qui connaissent très bien le tissu économique peuvent garantir un meilleur suivi des investissements".
Et de souligner : "Quand on n’est pas installé dans le pays où l’investissement est effectué, il s’avère difficile d’avoir les bons deals et aussi de faire un bon suivi tout au long de la durée de l’investissement".
La question qui se pose est de savoir comment se construit la relation de confiance avec l’entreprise et l’investisseur en capital ?
D’après le guide intitulé "Capital Investissement au Maroc : Guide pratique pour entrepreneurs" (2012) préparé par la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED), en coopération avec l’Association Marocaine des Investisseurs en Capital (AMIC) et en collaboration avec Fidaroc Grant Thornton, "la relation de confiance repose sur un droit à l’information dont dispose légalement tout actionnaire de la société. Il comporte, à minima, la communication des informations financières".
Ces informations et la fréquence de leur communication doivent être négociées dans le pacte d’actionnaire. Les échanges informels entre parties sont aussi des outils indispensables.
Quels secteurs privilégier ?
"C’est difficile d’investir dans un secteur en particulier quand on est installé au Maroc", affirme M. Rzal en expliquant qu’ "il faut privilégier les fonds généralistes, parce que l’économie n’est pas tellement diversifiée pour pouvoir avoir un fonds dédié à un secteur d’activité".
Et de continuer : "Quand on veut se spécialiser dans un secteur, on risque de ne pas trouver beaucoup d’opportunités. Si on veut investir dans un fonds sectoriel, il faut se placer à l’échelle régionale. Et là se pose le problème de la connaissance de chaque pays".
Qu'en est-il des demandeurs ?
Pour les entreprises qui souhaitent contacter des investisseurs en capital, ils doivent exprimer deux besoins, selon le président de l’AMIC :
> Un besoin d’investissement et de croissance, interne ou externe, accompagné d’une stratégie établie qui reflète un besoin de financement étalé sur le moyen et long terme.
> Un besoin d’accompagnement. Il faut que l’entreprise sente qu’elle a besoin d’être accompagnée sur le plan stratégique.
Afin de contacter un investisseur en capital au Maroc, il faut passer par l’AMIC qui dispose d’une documentation (données statistiques, études, guides pratiques…) permettant d’appréhender du secteur.
Elle édite également un annuaire avec les coordonnées des sociétés de gestion ainsi que des informations sur les fonds gérés par celles-ci.
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