Lakhdar Brahimi, proche du président algérien, s’est exprimé mercredi soir à la télévision algérienne sur plusieurs sujets, notamment sur l’état de santé de Abdelaziz Bouteflika. 

Brahimi s’est montré rassurant. Il a été invité à rencontrer le président algérien lundi 11 mars, après son discours au peuple algérien, annonçant le report des élections ainsi que sa décision de renoncer à briguer un cinquième mandat.

« Quand je l’ai rencontré j’ai remarqué qu’il va bien« , assure-t-il. « Je ne suis pas un médecin, mais je l’ai rencontré et on a parlé longuement ».

« J’ai remarqué que sa voix était faible. Il ne peut pas faire de discours à la télévision ou devant le public. C’est le résultat de la maladie ».

En effet, Bouteflika, président depuis 1999, a été rarement vu en public depuis un AVC dont il a été victime en 2013. 

Brahimi affirme toutefois que le président « possède 100% de ses capacités mentales. Ses mains bougent un peu, mais il ne peut plus marcher ».   

« Les revendications du peuple algérien sont légitimes et justifiées »

L’ancien diplomate algérien a également évoqué la situation actuelle en Algérie. Il a ainsi qualifié les revendications soulevées par le peuple algérien de « légitimes et justifiées ».

Il a également salué la maturité des jeunes manifestants qui participent aux marches pacifiques, pour revendiquer des réformes politiques et un changement radical. 

Rappelant que « l’Algérie a connu, depuis son indépendance, des moments charnières qu’elle a su, parfois, mettre à profit et d’autres non », il s’est dit confiant que « cette fois-ci elle parviendra à aller vers une deuxième République ». 

Brahimi a appelé à bannir « le dialogue des sourds » afin d’organiser une conférence nationale permettant de choisir la personne la plus habilitée au poste de président de l’Algérie à l’avenir.

A ce propos, il a expliqué que « le départ d’un régime ne peut se faire du jour au lendemain ». 

Il a enfin recommandé, dans ce sens, « la pondération » dans la mise en place d’une nouvelle Constitution et l’organisation de l’élection présidentielle, afin de ne pas rééditer l’expérience égyptienne, appelant à s’inspirer de l’expérience de la Tunisie.

Brahimi présidera-t-il la conférence nationale?

Rappelons que dans son message à la nation, lundi dernier, Abdelaziz Bouteflika a également annoncé que le gouvernement sera dissous et remplacé par un « gouvernement de compétences nationales », et qu’une conférence « nationale inclusive » sera organisée.

Plusieurs médias ont annoncé ces derniers jours que Lakhdar Brahimi a été désigné pour présider la conférence nationale. Ce dernier a apporté un démenti catégorique à ces rumeurs.