« Le président du Conseil constitutionnel, Tayeb Belaiz, a informé les membres du Conseil, lors d’une réunion tenue mardi 16 avril 2019, qu’il a présenté au chef de l’Etat sa démission du poste de président du Conseil constitutionnel qu’il occupe depuis la prestation de serment le 21 février dernier », a souligné le Conseil dans un communiqué.

Le Conseil constitutionnel est chargé de valider les candidatures à la présidentielle contestée fixée au 4 juillet pour élire un successeur à M. Bouteflika et de veiller à la régularité des opérations de vote.

Les étudiants qui manifestaient par dizaines de milliers mardi à Alger et dans plusieurs autres villes, ont réagi en scandant « Dégage, dégage ».

Les contestataires, qui ont obtenu début avril le départ de Bouteflika après 20 ans de règne, réclament désormais notamment le départ des « 3 B »: le président par intérim Abdelkader Bensalah, le Premier ministre Noureddine Bédoui, et M. Belaiz.

Le président du Conseil constitutionnel est notamment chargé par la Constitution d’assurer l’intérim à la tête de l’Etat en cas de démission de M. Bensalah.

Ancien magistrat, ministre de façon quasi ininterrompue durant 16 ans, M. Belaiz, 70 ans, avait été nommé le 10 février à la tête du Conseil constitutionnel par M. Bouteflika pour remplacer Mourad Medelci, décédé.

M. Belaiz avait déjà présidé le Conseil constitutionnel de mars 2012 à septembre 2013.

Cette démission intervient au 1er jour d’une révision exceptionnelle des listes électorales, qui doit durer une semaine, dans la perspective de la présidentielle du 4 juillet.

Des magistrats et des maires ont d’ores et déjà indiqué qu’ils boycotteraient la supervision de cette étape, importante avant l’organisation du scrutin.

Pour les contestataires algériens, le maintien à la tête de l’Etat des structures et personnalités issues du « système » mis en place par M. Bouteflika ne permettent pas de garantir un scrutin libre et équitable pour élire son successeur.

(Avec Agences)