Le terrorisme risque-t-il de s’implanter durablement dans le Sahel africain? Déborde-t-il déjà sur la Mauritanie, le sud ouest de l’Algérie, les camps de Tindouf? Y a-t-il des complicités dans les camps de Tindouf et au sein du polisario? En tous les cas, il se passe quelque chose.
Le 29 novembre, ce sont des sources officielles espagnoles qui alertent les voyageurs espagnols, leur demandant de s’abstenir de voyager dans les camps de Tindouf. Le polisario y tient son congrès du 19 au 21 décembre. Des sources gouvernementales espagnoles, citées notamment par El Pais, indiquent l’imminence d’une attaque terroriste dans la région, pouvant cibler des citoyens espagnols. En octobre 2011, deux Espagnols et une Italienne avaient été enlevés dans les camps de Tindouf par une branche d’Al Qaïda.
Les sources espagnoles évoquent des « sources fiables », des « services de renseignement dans la région », une attaque qui est dans « un état de préparation avancée ». Selon un expert espagnol cité par El Pais, les jihadistes ont « la capacité de le faire, ils sont déterminés à le faire et il y a des précédents ».
L’avertissement pointe l’Etat islamique du Grand Sahara (ISIS-GS), une organisation dirigée par Adnan Abu Walid Sahraoui, né à Laâyoune avant la réintégration des provinces sahariennes.
Cet avertissement espagnol a été critiqué par différentes sources basées en Algérie comme étant une ingérence, voire une intox.
Ce lundi 2 décembre, la surprise est venue du journal algérien TSA selon lequel l’Algérie a averti la Minurso d’un risque d’enlèvement d’Espagnols à l’est du mur. Le journal cite une missive adressée par l’Algérie à la Minurso, sans citer ses sources, ni publier de fac-similé de cette missive. Selon notre confrère, ile gouvernement algérien a avisé la Minurso de l’existence d’un plan « en vue de kidnapper des étrangers dans les camps de réfugiés et dans les zones à l’est du mur des sables recommandant une série de mesures visant à protéger les membres de la mission ». Alger a démenti cette information de TSA.
AU cours du mois de novembre, le secrétaire général de l’ONU et le conseil de sécurité ont manifesté leur inquiétude « face à la dégradation de la sécurité au Sahel, où la violence terroriste gagne les pays côtiers ». La région de tout le Nord Ouest africain a besoin de stabilité et de paix.