L’Arabie saoudite, qui abrite les deux premiers lieux saints de l’Islam, ainsi que la plupart des pays arabes, dont la Syrie, l’Egypte, la Tunisie, la Jordanie et Bahreïn- ont annoncé le début vendredi du Ramadan.
Un des piliers de l’Islam, le mois de jeûne, est traditionnellement une période de rassemblements. C’est aussi un mois de prières au cours duquel les musulmans convergent en grand nombre dans les mosquées, surtout la nuit.
Coronavirus oblige, le repas de rupture du jeûne (iftar) se prendra donc seul à la maison, alors que c’est normalement l’occasion de se réunir autour de grandes tablées au sein de la famille élargie ou entre amis. La prière du soir, qu’il est de coutume d’aller faire à la mosquée après le repas, se fera également à domicile.
Au Moyen-Orient, en Afrique de nord ou en Asie, une grande partie des pays musulmans ont fermé les mosquées et interdit les rassemblements nocturnes. Des restrictions soutenues, dans la plupart des cas, par les autorités religieuses. Et qui s’appliquent par ailleurs pleinement aux communautés musulmanes vivant en Europe, toujours en partie sous un strict confinement.
Le roi Salmane d’Arabie s’est dit « affligé que le mois sacré arrive dans des circonstances nous privant d’effectuer des prières telles que les Rarawih dans les mosquées, en raison des mesures de prévention pour protéger la vie et la santé des peuples dans la lutte contre la pandémie de nouveau coronavirus ».
Cette année, ce sera « Ramadan en privé, loin des uns et des autres et loin des mosquées », résume un responsable albanais.
En Asie cependant, des dignitaires religieux ont refusé de respecter ces restrictions: au Bangladesh, au Pakistan, ou dans la région indonésienne conservatrice d’Aceh, où des milliers de fidèles ont assisté à la prière du soir jeudi dans la plus grande mosquée de la capitale, Banda Aceh.
Au Niger, l’arrivée du Ramadan fait craindre une flambée de violences dans ce pays africain, après des émeutes ces derniers jours dans plusieurs villes contre le couvre-feu et l’interdiction des prières collectives. « On n’a pas pu faire les prières les vendredis et on veut en plus nous empêcher les prières durant le mois béni de Ramadan? Ca ne va pas se passer comme ça! », se révolte Hadjia Aïssa, une ménagère d’un quartier populaire de la capitale Niamey.
(AFP)
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