Le confinement peut être une vraie torture psychologique. Il peut avoir un impact plus grave chez certains citoyens. Cela dépend de divers facteurs, dont la situation financière de chacun.
Le HCP a réalisé une enquête, du 14 au 23 avril, sur 2.530 ménages. Elle porte sur différents aspects, notamment les « réactions psychologiques » des ménages à l’égard du confinement.
Les citadins, deux fois plus touchés par les troubles du sommeil
Le cadre de vie constitue incontestablement, un facteur d’impact psychologique. Plus de la moitié (51%) des ménages ayant désigné l’anxiété comme principal impact psychologique, résident dans des bidonvilles.
Le HCP a relevé dans son enquête, que 41% des ménages ressentent de la peur. Parmi ces derniers, ce sont les ménages pauvres (43%) qui évoquent le plus ce sentiment de peur, depuis le début du confinement.
Autre effet indésirable du confinement : la multiplication des phobies. Le quart des ménages déclare l’avoir constatée. Tandis que 30% évoquent un « sentiment de claustrophobie ». Ce dernier est surtout ressenti chez les ménages de plus de 5 membres.
Moins évoqués mais non moins importants : l’hypersensibilité et la nervosité qui, avec d’autres troubles psychologiques, ont touché 8% des ménages ayant fait l’objet de l’enquête.
Ce n’est pas tout, les troubles du sommeil s’invitent également chez certains ménages (24%), surtout en milieu urbain puisque, « les citadins (28%) sont deux fois plus touchés que les ruraux (14%).

Ménages inquiets: entre peur de contamination, chômage et pauvreté
« 24% des ménages sont très inquiets des menaces du Covid-19, et 46% sont plutôt inquiets. Ces inquiétudes sont dues principalement à la crainte d’être contaminé par le virus (48%), de perdre son emploi (21%), du décès (10%), à ne pas pouvoir subvenir aux besoins alimentaires du ménage (10%) et par rapport à l’avenir scolaire des enfants (5%) ».

Pour 72% des ménages, la qualité des rapports familiaux n’a pas changé pendant le confinement
Une majorité écrasante des ménages (72%) ne constate pas de changement au niveau des rapports familiaux, depuis le début du confinement. Pour les autres (18%), l’enfermement impacte négativement les rapports familiaux.
Selon l’enquête du HCP, les ménages pauvres sont légèrement plus concernés par les troubles des relations familiales, que les ménages aisés. Avec 19% pour les premiers, contre 13% pour les seconds.
Cependant, la différence est plus notable, en comparant les ménages constitués de plus de 5 personnes (23%) avec ceux composés de deux personnes (7%).
Pour atténuer les tensions et rendre le confinement plus supportable, les ménages diversifient les activités. 66% d’entre eux suivent des films ou séries, optent pour la lecture et diverses « activités intellectuelles ou de loisirs ».
D’autres se tournent vers des activités spirituelles (37%) ou physiques (12%). Ces dernières sont surtout à la portée des ménages aisés, qui arrivent à faire du sport dans leurs domiciles (26% chez ménages aisés contre 7% chez les ménages pauvres).
Prêts à prolonger ?
« Un ménage sur deux (53%) serait prêt à supporter, mais difficilement, une éventuelle prolongation de la période de confinement, et 36% la supporteraient sans difficulté ».
Si 40% des ménages sont prêts à supporter n’importe quelle durée de prolongation du confinement fixée par le gouvernement, « le nombre maximal de jours moyen que les ménages pourraient supporter est de 32 ».
Pour améliorer l’efficacité du confinement, les ménages ont proposé différents moyens (assistance à domicile pour les plus vulnérables, matériel scolaire pour le télé-enseignement etc.). Mais, la mesure la plus efficace, selon plus de 8 ménages sur 10, est de faire bénéficier les familles nécessiteuses d’un appui matériel.
