Ménages. Au T4-2025, la confiance se redresse légèrement, mais les anticipations restent prudentes (HCP)
Le moral des ménages est important pour l’activité économique, car leurs perceptions et leurs anticipations pèsent sur les décisions de consommation, d’investissement et d’épargne.
Selon les résultats de l’enquête, le T4-2025 marque une amélioration sensible de l’Indice de Confiance des Ménages (ICM).
L’indice atteint 57,6 points, contre 53,6 points au T3-2025 et 46,5 points au T4-2024. Il s’agit du niveau le plus élevé enregistré depuis le T4-2021.
Ce redressement est significatif après une longue phase de détérioration. Il s’explique surtout par l’amélioration des perceptions et des anticipations des ménages, et non par une amélioration généralisée de leur niveau de vie, l’ICM étant construit à partir de plusieurs sous-indicateurs liés à la situation actuelle et aux perspectives.
Ce que révèlent les indicateurs
Sur le niveau de vie, la situation reste toutefois tendue. Au cours des 12 derniers mois, 77,8% des ménages déclarent une dégradation de leur niveau de vie, 16,9% estiment qu’il est resté stable et seulement 5,3% évoquent une amélioration.
Le solde d’opinion correspondant reste très négatif à -72,5 points, traduisant un malaise social encore profond, même s’il est légèrement moins marqué qu’un an auparavant.
Les perspectives à court terme apparaissent néanmoins moins pessimistes. Pour les 12 prochains mois, 49,4% des ménages s’attendent à une dégradation du niveau de vie, 40,7% anticipent une stabilité et 9,9% une amélioration.
Le solde d’opinion ressort à -39,5 points, en amélioration par rapport aux trimestres précédents.
Les perceptions liées au chômage suivent une dynamique similaire. Au T4-2025, 65,2% des ménages s’attendent à une hausse du chômage au cours des 12 prochains mois, contre 17,5% qui anticipent une baisse.
Le solde d’opinion s’établit à -47,7 points, en nette amélioration par rapport au trimestre précédent et surtout par rapport au T4-2024. Le chômage demeure une source majeure d’inquiétude, mais la crainte d’une aggravation rapide recule.
Cette prudence des ménages se reflète dans leurs décisions d’achat. Une large majorité des ménages, soit 67,1%, considère que le moment n’est pas opportun pour effectuer des achats de biens durables, contre 14,2% qui jugent le contexte favorable.
Le solde d’opinion atteint -52,9 points. Bien qu’encore négatif, il s’améliore par rapport aux trimestres antérieurs, signalant un léger desserrement des comportements de report.
Concernant la situation financière, au T4-2025, 58,4% des ménages déclarent que leurs revenus couvrent leurs dépenses, tandis que 39,2% s’endettent ou puisent dans leur épargne. Seuls 2,4% parviennent à épargner une partie de leur revenu.
Le solde d’opinion sur la situation financière actuelle reste négatif à -36,6 points, indiquant une stabilité sous contrainte plutôt qu’un réel soulagement.
Sur les 12 derniers mois, 48,6% des ménages estiment que leur situation financière s’est dégradée, contre 5,1% qui évoquent une amélioration.
En revanche, les perspectives financières à court terme sont moins défavorables. Pour les 12 prochains mois, 16,4% des ménages s’attendent à une amélioration de leur situation financière, contre 20,6% qui anticipent une dégradation, ramenant le solde à -4,2 points, un niveau proche de l’équilibre.
La capacité d’épargne reste toutefois très limitée. Seuls 10,7% des ménages s’attendent à pouvoir épargner au cours des 12 prochains mois, contre 89,2% qui ne s’y attendent pas.
Les prix alimentaires continuent de peser lourdement sur le ressenti des ménages. Au T4-2025, 91,7% déclarent une hausse des prix des produits alimentaires au cours des 12 derniers mois.
Pour les 12 prochains mois, 75% anticipent une poursuite de la hausse, contre 2% seulement qui anticipent une baisse.



