La situation épidémique à Pékin est jugée « extrêmement grave » par les autorités, faisant craindre une nouvelle vague de contaminations. 137 personnes ont été contaminées depuis la semaine dernière dans la mégapole de 21 millions d’habitants.
Un choc pour les Pékinois, car la Chine avait largement endigué à force de quarantaines et de dépistages le coronavirus, apparu fin 2019 à Wuhan dans le centre du pays.
« On ne peut rien y faire », confie résigné à l’AFP le patron de la salle de sport Break Fitness, dans l’arrondissement pékinois très touché de Fengtai, Xiao Tianwei, qui a fermé ses portes pour faire dépister son personnel.
Bai Xue, une employée du restaurant de cuisine ouïghoure Pinzhi Yili, a vu le nombre de ses clients chuter des deux tiers ces derniers jours: « La situation est grave et les gens ne veulent plus sortir ».
Ce rebond des infections, centré autour du marché géant de Xinfadi dans le sud de la capitale, a poussé les autorités aéroportuaires à annuler mercredi plus d’un millier de vols au départ et à l’arrivée des deux aéroports de Pékin, soit 65% du total quotidien.
500 wagons
Autre symbole du brusque reconfinement en cours à Pékin: les écoles ont refermé leurs portes mercredi et les habitants sont invités à reporter tout voyage non essentiel.
Situation préoccupante aussi en Inde, deuxième pays le plus peuplé de la planète, où le bilan s’est alourdi de 2.000 morts en un jour, portant le total à 11.903 décès.
Même si cette hausse brusque est partiellement imputable à des révisions de chiffres à Bombay et New Delhi, deux des villes les plus durement frappées, pour intégrer des décès antérieurs non comptabilisés, l’épidémie continue de progresser au rythme d’environ 11.000 nouveaux cas confirmés par jour. Et ce alors que le système de santé indien est déjà saturé et que les experts estiment que le pic reste à venir.
Confronté à une économie exsangue, le Premier ministre Narendra Modi a largement levé au début du mois le confinement draconien imposé fin mars aux 1,3 milliard d’Indiens.
Les autorités de la capitale New Delhi disent s’attendre à plus d’un demi-million de malades du Covid-19 à fin juillet dans la mégapole de 20 millions d’habitants, soit une multiplication par près de 20 en moins de deux mois.
« Percée scientifique »
Face à l’expansion du virus, une lueur d’espoir est venue mardi des responsables de l’essai clinique britannique Recovery, qui ont découvert qu’un médicament de la famille des stéroïdes, le dexamethasone, réduisait d’un tiers la mortalité chez les malades les plus gravement atteints. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a salué une « percée scientifique ».
De son côté, la Russie a débuté mercredi les essais cliniques de ses deux premiers prototypes de vaccins sur deux groupes de 38 volontaires chacun.
Autre nouvelle rassurante, la progression de la maladie est désormais sous contrôle en Europe, où la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a appelé mercredi à une « mise en commun » des ressources, en Europe et dans le monde, pour les futurs vaccins.
Afrique sous pression
La pandémie continue de faire rage en Amérique latine et aux Caraïbes, qui ont dépassé les 80.000 décès. La moitié sont recensés au Brésil qui, avec 45.241 morts est le deuxième pays le plus endeuillé.
En Afrique, les soignants en première ligne face à la pandémie se disent sous pression. Selon le ministère sud-africain de la Santé, plus de 2.000 professionnels du secteur ont contracté le virus et au moins 17 en sont morts.
« Les secteurs privé et public sont défaillants: ils se sont procuré des EPI (Equipements de protection individuels) mais sur le terrain ceux-ci ne sont pas disponibles », a dénoncé le secrétaire général d’un syndicat national d’infirmiers, Cassim Lekhoathi.
Situation identique au Nigeria: « Nos membres sont quotidiennement confrontés à des risques d’infection en raison de l’insuffisance des EPI », témoigne un responsable de l’Association des médecins nigérians.
A travers le monde, au moins 8.192.130 cas d’infection parmi lesquels 443.821 décès ont été comptabilisés au total, notamment en Europe, continent le plus touché avec plus de 2,44 millions de cas (189.155 morts), et aux Etats-Unis, qui comptent le plus grand nombre de cas diagnostiqués (plus de 2,1 millions) et de décès, selon le dernier comptage réalisé mercredi à 11H00 GMT par l’AFP.