« Il a fallu plus de trois mois pour que le premier million de cas soit signalé. Le dernier million de cas a été signalé en seulement huit jours », a averti le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus. Cela démontre que la pandémie « continue de s’accélérer », a-t-il dit lors d’une conférence virtuelle organisée par l’émirat de Dubaï lundi 22 juin.

La pandémie de Covid-19 « est bien plus qu’une crise sanitaire, c’est une crise économique, sociale et, dans de nombreux pays, politique. Ses effets se feront sentir sur des décennies« , a-t-il averti.

L’Unesco a d’ailleurs souligné, dans un rapport publié mardi, les ravages sans précédent que l’épidémie pourrait causer chez les traditionnels laissés-pour-compte de l’éducation.

« Les expériences du passé, comme avec Ebola, ont montré que les crises sanitaires pouvaient laisser un grand nombre de personnes sur le bord du chemin, en particulier les filles les plus pauvres, dont beaucoup risquent de ne jamais retourner à l’école », a déclaré dans ce document la directrice de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture, Audrey Azoulay.

Aux Etats-Unis, le pays le plus endeuillé par le Covid-19, le bilan a dépassé lundi les 120.000 morts pour 2,31 millions de cas recensés.

En Amérique latine, devenue l’épicentre de l’épidémie, l’Argentine a battu lundi son record quotidien de contaminations (2.146) et de décès (32). Le bilan dans le pays est de 1.043 morts.

Son voisin, le Brésil, reste le deuxième pays le plus touché au monde derrière les Etats-Unis avec un total de 51.271 morts pour plus de 1,1 million de cas.

Le Honduras, petit pays d’Amérique centrale de 9 millions d’habitants, est submergé par les morts, officiellement au nombre de 300 mais probablement cinq fois plus nombreux, estime Jesus Moran, secrétaire de l’Association des pompes funèbres.

Dans le nord du pays, « ils enterrent la nuit entre dix et douze cadavres (entassés) dans des remorques« , affirme-t-il. Selon lui, dans les quartiers les plus misérables, les gens se plaignent de douleurs dans la poitrine et meurent chez eux sans être testés.

« La morgue ne marche plus, les cadavres sont en état de décomposition, il va y avoir une large contamination », s’est alarmé sur les réseaux sociaux le président du syndicat du personnel de l’hôpital Escuela de Tegucigalpa, où il a fallu monter à la hâte des tentes dans la cour pour accueillir les patients toujours plus nombreux.

(Avec AFP)