A moins de 2 mois avant la fin de l’année 2021, il n’y a toujours pas d’introduction en bourse en perspective.

A rappeler que la dernière recrue de la cote casablancaise, à savoir Aradei Capital, a eu lieu en décembre 2020.

Contacté par LeBoursier, un directeur dans une banque d’affaires de la place nous indique que « pour le moment, on n’est pas au courant d’une prochaine introduction en bourse ».

Pour lui, « le cadre général n’a pas beaucoup changé. Il n’y a pas de fortes incitations pour opter pour ce type d’opération. Certes, il y a eu des programmes préparatifs, notamment Elite qui est lancé par la bourse de Casablanca, mais les entreprises, surtout les PME, demeurent hésitantes ».

Rappelons qu’un nouveau compartiment de cotation pour les Entreprises de Taille Intermédiaire (ETI) a été créée par l’AMMC et la Bourse de Casablanca en novembre 2020, afin d’améliorer l’accès au financement de ces entreprises par le marché boursier. Cette initiative, bien que saluée, a été jugée insuffisante pour motiver ces entreprises à réaliser des IPO.

Le marché des actions est en hausse depuis quelques mois. Cette tendance a été renforcée durant les dernières semaines grâce à des résultats semestriels satisfaisants et au renouvellement du gouvernement. Le marché a donc pu renouer avec des niveaux d’évolution haussiers, après la forte chute en 2020. Mais, cela n’est pas suffisant pour encourager de nouvelles introductions en bourse, d’après notre source.

C’est pour dire qu’il y a d’autres blocages à résoudre. « Il y a des entreprises qui ont toujours peur de la transparence. Elles n’ont pas vraiment envie de faire des publications récurrentes et d’informer le marché. Leur gestion de capital est généralement traditionnelle. Les mentalités ne sont pas encore vers l’ouverture de capital à travers la bourse. En face, le concurrent direct reste le fonds d’investissement qui investit. Et puis le marché sanctionne les sociétés qui ne sont pas bien structurées en termes de valorisation ».

« De plus, le niveau de croissance du marché n’est pas le même que celui des années précédentes », continue-t-il.

Une IPO demande tout un travail de préparation et de structuration. « Les sociétés se focalisent sur les complications de cette opération plutôt que de voir ses avantages. En plus, L’introduction en bourse doit venir en deuxième lieu. La première étape à valider consiste à ouvrir son capital à un fonds d’investissement comme. Cela encourage les investisseurs en bourse parce qu’ils voient que le fonds a fait confiance à cette société », continue-t-il.

Selon notre source, « Il faut une nouvelle dynamique. Il faut aussi que la croissance économique tourne autour de 5-6% pour qu’il y ait de la demande et un besoin pour grandir. La période 2011-2019, le taux de croissance oscillait autour de 2-4%, ce n’est pas suffisant pour créer des ambitions de développement ».

Notre interlocuteur tient à souligner que « la crise du Covid n’est pas vraiment à blâmer. Le blocage était bien présent avant l’émergement de cette crise. Pendant la crise du Covid, il y a eu des émissions obligataires par placement privé et par appel public à l’épargne. Cela veut dire que l’activité des sociétés a pu reprendre et les business plan était établis pour ce genre d’opérations. Mais, les sociétés ne se sont pas orienter vers le marché boursier », souligne-t-il.