En 2021, le groupe a convenablement progressé en bourse avec une hausse de 16% de son cours à 1 760 dirhams le titre.
D’un point de vue opérationnel, le groupe a affiché au premier semestre 2021 une forte hausse de sa profitabilité en profitant de l’effet prix favorable sur les métaux de base, notamment le plomb. Sa progression s’établissait à +17,3% entre le premier semestre 2020 et le premier semestre 2021 à plus de 2.000 dollars la tonne.
Au 30 juin, CMT affichait un chiffre d’affaires de 190,7 millions de dirhams, stable par rapport à la même période en 2020. Mais avec une bonne gestion des coûts et une hausse des produits d’exploitation, le RNPG est ressorti en hausse de 31% à 54,4 millions de dirhams. En revanche, le troisième trimestre 2021 s’est annoncé plus maussade avec un retrait de 17% du chiffre d’affaires à 256 MDH à fin septembre en raison d’un décalage d’expédition.
Dans une récente note, la société de recherche Alpha Mena a réajusté ses prévisions concernant le groupe. Autrefois recommandée à l’allègement, la valeur est désormais recommandée à la vente. Une baisse de 22% de son cours est attendue à 1.402 dirhams l’action.
Une contreperformance malgré un contexte favorable
Pour Alpha Mena, les derniers chiffres communiqués par le groupe sont décevants. Elle note que « le CA du minier a chuté de 45% durant le troisième trimestre dû au décalage d’une expédition prévue à fin septembre, et ce malgré la tendance haussière des cours des métaux, notamment le zinc et le plomb ». Pour la société de recherche, cela laisse prédire une diminution d’au moins 10% sur les revenus du groupe en 2021.
Alpha Mena souligne également la forte hausse de l’endettement du groupe à fin septembre. Ce dernier a explosé de 115% à 385 MDH par rapport à la même période une année auparavant. Une hausse qui a notamment été catalysée par un emprunt obligataire de 250 MDH en juin 2021. « Le ratio d’endettement de CMT a presque quadruplé en une année, passant de 3,9% en 2019 à 12,3% en 2020, et pourrait atteindre 27% en 2021 selon notre modèle » souligne Alpha Mena.
Des projections qui sont inquiétantes selon la société de recherche, malgré un contexte de demande et de prix favorables.
Des perturbations d’approvisionnement potentielles et un titre cher
Si un bon effet prix est observé depuis l’amorçage de la reprise économique mondiale, le groupe fait face comme beaucoup d’acteurs à des perturbations logistiques.
Avec la nouvelle vague Omicron, ces effets pourraient perdurer encore plusieurs mois. Pour la société de recherche, « les difficultés d’approvisionnement dans le monde entier et les problèmes logistiques pèseront sur la rentabilité des miniers, à l’instar de CMT ». Alpha Mena précise que « les marges d’EBITDA de la société devraient se stabiliser autour de 43% en 2021 et 2022, en raison de la flambée des coûts opérationnels comme le fret qui a considérablement augmenté ces derniers mois ».
L’environnement demeure encore incertain pour CMT. Pour la société de recherche, le groupe subira les perturbations du marché international. De plus, le groupe demeure peu diversifié en termes de portefeuille produits. « Rappelons que les prix de métaux pourraient baisser suite à l’apaisement des perturbations liées à la chaîne d’approvisionnement » rappelle Alpha Mena.
De fait, le titre demeure trop cher. « D’un point de vue valorisation, le titre se traite à des niveaux de valorisation très élevés, à 14,9x 2022 VE/EBITDA et 66,1x ses bénéfices contre respectivement 10x et 34,8x pour son concurrent Managem » souligne Alpha Mena.
Mais il convient de rappeler que le groupe demeure très attractif en termes de rémunération de ses actionnaires.
Un rendement prometteur au titre de l’année 2021
Malgré un contexte légèrement tendu et des chiffres en deçà des attentes à fin septembre, le groupe dispose d’arguments intéressants. Notamment concernant son dividende et son rendement. La valeur est d’ailleurs présente dans le portefeuille cash-conversion d’Attijari Global Research (AGR) qui rassemble les 8 valeurs de la place les plus à même de générer du retour pour leurs actionnaires.
D’ailleurs AGR, dans une note diffusée en octobre dernier, recommandait le titre à l’achat et mettait en exergue, l’attrait du rendement à venir concernant le dividende 2021. La société de recherche souligne d’ailleurs l’amélioration de 6,6 points de la marge nette de l’opérateur au S1-2021.
Pour AGR, le groupe devrait afficher un bon résultat net en 2021 notamment en bénéficiant de la bonification des cours du plomb qui atteignait 2 364 dollars la tonne au troisième trimestre 2021. Concernant le rendement du dividende, elle s’attend à un taux de 6% sur la période 2021-2022. Alpha Mena aussi anticipe un rendement alléchant avec 5,96% en 2021 et 5,56% en 2022.