On en sait davantage sur les objectifs de la feuille de route dédiée à l’emploi dévoilée par le gouvernement ce mercredi 26 février. La circulaire envoyée aux départements ministériels a été suivie par l’envoi, ce jeudi 27 février, d’une note de travail précisant les objectifs. Médias24 a consulté le document.

Nous livrons dans cet article les éléments centraux qui composent cette feuille de route et ses objectifs. Nous reviendrons sur le sujet avec des papiers plus détaillés pour chaque mesure ou axe.

Il est important de noter que les objectifs formulés par le gouvernement sont conditionnés par la pluviométrie et l’impact de cette dernière sur le secteur agricole, ainsi que par l’hypothèse d’unz croissance de 4,5% par an hors agriculture.

Il est ainsi expliqué que « l’ambition formulée dans un scénario de pluviométrie normale et de croissance non agricole de 4,5% / an, vise à atteindre à horizon 2030 :

  • un taux de chômage cible de 9% ;
  • 12,1 millions de Marocains employés, dont environ 5 % (605.000) dépendront directement de l’impact de la pluviométrie sur l’emploi agricole.
  • La création de +1,45 million d’emplois nets supplémentaires (formels et informels / définition HCP de la création d’emploi).

La déclinaison sectorielle de la création nette d’emploi

Secteur

Objectif de création nette d’emplois à horizon 2030

Agriculture forêt et pêche

0

Industrie (y c. Artisanat)

250k – 300k

Commerce

250k – 300k

BTP

250k – 300k

Transport non touristique

75k – 100k

Administration générale et services sociaux fournis à la collectivité

125k – 175k

Tourisme

150k – 200k

Autres services

150k – 200k

Les objectifs à court terme : 350.000 emplois en 2026

La feuille de route s’assigne des objectifs à court terme. « Trois interventions auront pour objectif de permettre, à horizon 2026, de sécuriser une création d’emplois nette de 350.000 emplois pérennes« , lit-on dans le document.

Il s’agit dans un premier temps d’accélérer la mise en œuvre du dispositif de la charte dédiée aux investissements entre 1 et 50 MDH. Ce dispositif devait voir le jour avant fin 2023, puis promis pour 2024. Il n’en fut rien.

La feuille de route pour l’emploi promet donc une accélération de sa mise en œuvre, « pour lancer de nouveaux projets qui porteront 35.000 à 40.000 créations d’emploi ». 

La deuxième mesure urgente est le renforcement des politiques actives de l’emploi (Idmaj, Tahfiz Taehil), la généralisation de l’apprentissage et une prime à l’emploi spécifique aux TPE permettant d’atteindre un nombre d’insertions de 422.500 emplois en 2025, avec un budget supplémentaire accordé de 2 milliards de dirhams.

Enfin, la troisième intervention vise à ralentir les pertes agricoles « par des actions favorisant le retour à une superficie emblavée en céréales supérieure à 4 MHa et l’emploi à travers un plan d’action qui sera déterminé par le ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du développement rural et des eaux et des forêts ».

La note explique par ailleurs qu’à l’horizon 2026, « des problématiques plus profondes de l’emploi doivent être adressées, notamment autour de cinq priorités », que voici :

  1. Fusion des politiques actives de l’emploi sous une prime à l’emploi unique qui stimule la création d’emploi au sein des entreprises.
  2. Renforcement des missions et responsabilités de l’ANAPEC en établissant un parcours d’intermédiation intégré qui commence par des career center dans l’éducation nationale et qui accompagne l’ensemble des chômeurs de façon personnalisée.
  3. Réduction des barrières à l’activité des femmes notamment avec des modèles de crèches de proximité et une sécurisation du transport.
  4. Réduction d’un tiers du décrochage scolaire à horizon 2026, pour atteindre 200K élèves en 2026 contre 300K aujourd’hui.
  5. Amélioration des dispositifs de formation en veillant à l’adéquation et à l’agilité des différents cursus de formation par rapport aux besoins et attentes du marché du travail.

Gouvernance : un tableau de bord pour suivre l’emploi

En matière de gouvernance, un système a été mis en place avec pour objectif « de converger vers un tableau de bord, conçu comme un outil clé pour suivre les indicateurs de l’emploi et optimiser le pilotage des interventions ».

La gouvernance retenue pour ce chantier s’articule autour de trois volets :

  1. Un pilotage et un suivi de la mise en œuvre de la feuille de route nationale de l’emploi, assurés par le comité ministériel de l’emploi présidé trimestriellement par le chef du Gouvernement et réunissant les parties prenantes clés de ce chantier.
  2. Une gouvernance de la donnée, portée par la DEPF au sein du ministère de l’Économie et des finances, fondée sur les données émanant du HCP et axée sur la centralisation et l’harmonisation des définitions et des indicateurs de l’emploi des autres producteurs de donnée (CNSS, DGI) pour assurer une base commune d’analyse et d’évaluation, essentielle à la prise de décision et au pilotage..
  3. Une cellule de suivi de la mise en œuvre des interventions et de pilotage, portée par les services du chef du Gouvernement, visant à assurer le suivi opérationnel des initiatives et projets d’incitation à la création d’emplois dérivés de cette feuille de route et des stratégies sectorielles, en collaboration avec les départements concernés.