Dans son dernier bulletin climatique mensuel, Copernicus a classé le mois de février 2025 parmi les mois les plus chauds du globe après l’année 2024 et l’année 2006. Les données indiquent que ce mois a enregistré une température moyenne de 13,36°C, soit 0,63°C au-dessus de la moyenne 1991-2020 et 1,59°C au-dessus de la moyenne préindustrielle (1850-1900). Selon les données de Copernicus, il s’agit du 19ᵉ mois consécutif qui dépasse le seuil préindustriel de 1,5°C.

Pour sa part, le mois de janvier 2025 a été plus chaud que celui de l’année précédente, qui avait enregistré une moyenne de 13,23°C, soit 0,79°C au-dessus de la moyenne de la période 1991-2020 et 1,75°C au-dessus de la moyenne préindustrielle (1850-1900).
À travers le monde, l’Arctique a connu des anomalies thermiques spectaculaires pendant ce mois de février, avec des températures atteignant 20°C au-dessus des moyennes de saison, provoquant même la fonte de la glace de mer. Le nord et le sud-ouest de l’Europe ont également enregistré des températures supérieures à la moyenne, avec des records battus en Suède. D’autres régions ont souffert de la chaleur, notamment le nord du Chili, l’Argentine, l’ouest de l’Australie et le sud-ouest des États-Unis, où des records ont été battus à Los Angeles.
Au Maroc, l’hiver actuel présente des températures plus froides et un retour modéré des précipitations, contrastant avec l’année précédente. L’examen des cartes mondiales montre qu’aux mois de février 2025 et de janvier 2025, les températures de la surface enregistrées dans notre pays sont aux alentours de la moyenne décennale.


À Rabat, les températures maximales extrêmes ont atteint 29,2°C le 15 février 2025 et 25,8°C le 21 janvier 2025. Ces valeurs sont inférieures à celles enregistrées en 2024, où les records s’étaient élevés à 33,9°C le 14 février 2024 et 28,9°C le 13 janvier 2024.
À Casablanca, la même tendance a été observée. En 2025, les maximales ont été de 27,7°C le 15 février et 25,7°C le 21 janvier, contre 34,8°C le 14 février 2024 et 30,4°C le 13 janvier 2024.
L’année 2024 dans les villes marocaines : plusieurs villes ont également battu des records de température maximale journalière au début de l’année 2024. Par exemple, Sidi Ifni a atteint 31,3°C le 12 janvier, tandis que Mohammedia et Nouaceur ont enregistré respectivement 31,2°C et 30,9°C le 13 janvier. Cette tendance s’est poursuivie en février, avec des températures exceptionnellement élevées le 14 février 2024. Bensilmane a enregistré 34,3°C, surpassant son précédent record de 28,8°C datant du 18 février 2010. El Jadida a vu le mercure monter à 34,8°C, battant l’ancien record de 26,9°C du 16 février 2010. Safi a connu une température de 35,6°C, dépassant légèrement le record de 34,7°C du 16 février 1980. Taroudant a atteint 34,2°C, battant son précédent record de 32,5°C du 16 février 1984. Sidi Ifni a enregistré 35,3°C, dépassant son ancien record de 34,9°C du 16 février 2024. Enfin, Tantan a atteint 36,6°C, bien que cela reste en dessous de son record absolu de 37,7°C du 16 février 2024. Ces données illustrent une hausse notable des températures maximales dans plusieurs régions du Maroc en 2024.
D’après les explications de la Météorologie nationale, ces épisodes de chaleur intense s’inscrivent dans une tendance mondiale de changements climatiques, caractérisée par une augmentation des phénomènes extrêmes, tels que les vagues de chaleur et les sécheresses, affectant même des pays comme le Maroc, habitués à des hivers plus froids ou doux.
Pour mieux déchiffrer cette légère diminution des températures en 2025, l’analyse des données satellitaires des températures au sol au Maroc montre que les températures moyennes enregistrées au cours du mois de février 2025 se situent entre un minimum de 0°C et un maximum de 33°C, avec une moyenne de 23°C. Cela contraste avec l’année précédente, où les températures moyennes de février 2024 variaient entre 6°C et plus de 35°C au maximum, pour une moyenne nationale de 26°C.


Après les conditions extrêmes de l’année dernière, le Maroc connaît un retour à un hiver plus traditionnel, marqué par des températures plus douces et des précipitations modérées. Cependant, dans un contexte mondial où le réchauffement climatique s’accélère, tant sur terre qu’en mer, il est essentiel de rester vigilant et de s’adapter aux défis croissants posés par le changement climatique. Ces défis concernent notamment l’agriculture et la gestion des ressources en eau, qui nécessitent des stratégies adaptées pour faire face à ces évolutions abruptes.
Lors de la 1263ᵉ réunion du Conseil de Paix et de Sécurité (CPS) de l’Union Africaine, tenue le jeudi 6 mars 2025 sous la présidence de Mohamed Arrouchi, représentant permanent du Maroc auprès de l’Union africaine, Ghita El Ghorfi, directrice générale de la Fondation Initiative AAA, a souligné que l’adaptation climatique constitue un levier puissant pour la paix, la sécurité et la résilience durable en Afrique.
Elle a également exposé des solutions portées par l’Initiative AAA pour renforcer la résilience agricole et promouvoir la paix et la stabilité à travers le continent. Ces solutions incluent le renforcement de la gouvernance climatique et des capacités des États, la promotion active de la coopération Sud-Sud et des partenariats stratégiques, ainsi que le développement d’outils innovants, comme l’African Agriculture Adaptation Tracking Tool, pour faciliter l’adaptation agricole.