La FAO appelle les pays d’Afrique du Nord-Ouest à renforcer les opérations de surveillance et de lutte contre le criquet pèlerin, face à une recrudescence de l’activité acridienne observée depuis février dans plusieurs zones du Sahel et du Maghreb. Des groupes d’adultes et de petits essaims, en provenance notamment du Mali, du Niger et du Tchad, ont migré vers le centre de l’Algérie, le sud de la Tunisie et l’ouest de la Libye, où des conditions écologiques favorables alimentent une reproduction printanière anormalement active.

L’Organisation onusienne considère que la situation dans la région occidentale de distribution du criquet est à classer en phase de « vigilance accrue », en particulier dans les zones ayant reçu des précipitations récentes, favorables à la croissance de la végétation, et donc à la reproduction du ravageur.

Le Maroc en phase préventive

Au Maroc, aucun essaim ni bande larvaire n’ont été détectés à ce jour, selon les données officielles de surveillance. Toutefois, les autorités ont noté une hausse significative des formes solitaires de criquets au mois d’avril, passées de 53 à 149 individus recensés. Ces formes ne représentent pas un danger immédiat, mais leur multiplication pourrait conduire à une grégarisation, étape critique avant la formation d’essaims.

Pour éviter cette évolution, les autorités marocaines ont intensifié leurs interventions : 56 opérations de contrôle ont été menées en avril, contre 17 en mars. Ces opérations préventives visent à contenir la population acridienne avant tout risque de regroupement.

L’Algérie et la Tunisie plus exposées

En revanche, la situation apparaît plus préoccupante en Algérie et en Tunisie, où des bandes larvaires – précurseurs directs d’essaims – sont déjà en formation, selon les données de surveillance régionale. Les zones touchées comprennent notamment le nord et le sud du massif du Hoggar (Algérie) et le Sud tunisien, où les conditions climatiques actuelles (vents, pluies) facilitent le développement du criquet pèlerin.

La FAO, via sa commission régionale (CLCPRO) et son service d’information acridienne (DLIS), continue de fournir un appui technique et opérationnel aux pays de la région, insistant sur l’importance des surveillances de terrain intensives entre le sud de l’Atlas marocain et les régions sahariennes.

Un essaim de criquets peut couvrir des centaines de kilomètres carrés et dévaster en une journée l’équivalent des cultures alimentaires de 35.000 personnes. La détection précoce et la réponse rapide restent les leviers essentiels pour éviter une crise acridienne à grande échelle.