Au moment où nos sources nous annonçaient une baisse spectaculaire de l’ordre de 75% du nombre de fausses factures détectées dans les bilans comptables, un dossier pénal a vu le jour à Fès, rappelant que les réseaux de fraude n’ont pas disparu pour autant.
Derrière cette tendance encourageante de forte baisse du nombre de fausses factures, des poches de résistance subsistent, opérant dans l’ombre à travers la création de sociétés fictives, l’émission de factures de complaisance et la manipulation de documents commerciaux pour escroquer le fisc ou obtenir indûment des crédits bancaires.
C’est précisément ce que reproche la justice à un groupe de 16 personnes actuellement poursuivies à Fès. Ces 16 individus, placés en détention, sont accusés d’avoir mis en place un réseau criminel structuré de falsification de factures – entre autres documents commerciaux – et d’usage de faux.
Leur procès, dont la première audience s’est tenue le 2 mai, a été reporté au 9 mai. Ce renvoi vise à accorder un délai supplémentaire pour permettre aux parties de prendre connaissance du dossier, de préparer leur défense ainsi que leurs éventuelles demandes civiles.
Les 16 mis en cause sont poursuivis pour « falsification de documents commerciaux et leur utilisation », ainsi que pour la « fabrication, en connaissance de cause, de déclarations comportant des faits inexacts, et leur usage ».
Fausses factures à la vente
Arrêtés le 28 avril, les accusés sont impliqués dans un réseau criminel structuré, spécialisé dans la création de sociétés fictives destinées à servir de façade pour des activités financières et commerciales suspectes. Les éléments de l’enquête révèlent l’existence de plusieurs ramifications : les entreprises fictives servaient à émettre des factures vendues à des tiers et à faciliter des transactions financières douteuses, incluant l’obtention frauduleuse de crédits.
Selon un communiqué de la Direction générale de sûreté nationale (DGSN), les perquisitions menées dans le cadre de l’enquête ont permis la saisie de nombreux documents relatifs à la constitution de ces sociétés-écrans, de dizaines de factures, de carnets de chèques, de pièces d’identité appartenant à des tiers, ainsi qu’un grand nombre de tampons et de matériels électroniques contenant des traces numériques de ces activités illicites.
Selon certaines sources médiatiques, non confirmées à ce stade, ces 16 individus comptent parmi eux des comptables bien connus à Fès, le fils d’un homme d’affaires influent de la ville ainsi que plusieurs courtiers et intermédiaires.
Ce dossier s’inscrit dans un contexte plus large de lutte contre les fausses factures. Selon les derniers chiffres du ministère des Finances, objet d’un précédent article paru dans nos colonnes, le nombre de fausses factures déclarées a baissé de 75% dans les bilans comptables en seulement deux ans.
Cette chute, attribuée à un renforcement des contrôles fiscaux et à une vigilance accrue des services concernés, montre que les mécanismes de fraude sont traqués davantage, y compris par la voie judiciaire, comme l’illustre le procès en cours à Fès.
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