Selon Abdellatif Hammouchi, plusieurs centaines de Marocains se trouvent actuellement en détention dans les camps sous le contrôle des Forces de la Syrie démocratique. Pour les détails, le directeur général du pôle DGSN-DGST a révélé, lors de son intervention, qu’il s’agit de plus de 200 anciens combattants, de 130 femmes et de 300 mineurs.

Ces groupes de ressortissants marocains font partie d’un total de 45.000 à 50.000 étrangers issus de 50 nationalités. L’écrasante majorité se trouve en détention dans deux principaux camps, Al-Hol et Al-Roj.

Le responsable sécuritaire marocain a également révélé que les services de sécurité du Royaume ont recensé le départ de 132 éléments marocains radicalisés pour rallier des groupes terroristes actifs en Somalie et dans la région du Sahel et ce, depuis la fin de l’année 2022.

Abdellatif Hammouchi, pour faire face aux groupes terroristes et à l’évolution de leurs actions, a plaidé pour un front sécuritaire commun pour une coopération équitable et un meilleur partage de l’information.

62 étrangers arrêtés au Maroc en 15 mois

Pour donner une idée de la forte implication du Royaume dans la coopération internationale contre le crime organisé et la criminalité transfrontalière, M. Hammouchi a révélé que les services de sécurité du Maroc ont arrêté 62 ressortissants étrangers de 25 nationalités disséminées sur 4 continents. Ces arrestations sont intervenues en 2024 et lors des 3 premiers mois de 2025.

Ces individus, recherchés par les autorités judiciaires de leurs pays et par Interpol, sont impliqués dans de graves crimes, dont des homicides, des crimes financiers, l’appartenance à des réseaux organisés de trafic de drogues, la pédophilie…

Combattre à l’étranger : ce que dit la loi marocaine

Lorsque le phénomène des Marocains qui rallient les zones de conflit, surtout en Syrie et en Irak, avait commencé, le législateur a introduit des amendements au Code pénal pour sanctionner toute personne qui se porte volontaire pour combattre à l’étranger et toute personne ou organisation qui l’y aident.

« Constituent des infractions de terrorisme les actes suivants : le fait de se rallier ou de tenter de se rallier individuellement ou collectivement, dans un cadre organisé ou non, à des entités, organisations, bandes ou groupes terroristes, quelle que soit leur forme, leur objet, ou le lieu où ils se trouvent situés, même si les actes terroristes ne visent pas à porter préjudice au Royaume du Maroc ou à ses intérêts », lit-on dans cet amendement introduit en 2016 par la loi 86-04.

Les sanctions prévues dans ce cas sont la réclusion de 5 à 15 ans en plus d’une amende de 50.000 à 500.000 DH.

« Les Marocains qui partent combattre à l’étranger dans les rangs de mouvements terroristes ont été et seront toujours un défi pour l’appareil sécuritaire marocain. L’approche juridique ne suffit toujours pas pour les combattre », commente Ihsane El Hafidi, spécialiste en gouvernance sécuritaire.

« Le plus important reste le renseignement, la collecte des informations sur ces combattants et sur leurs relations familiales au Royaume. N’oublions pas que ce travail a permis de déjouer des actes terroristes au Maroc planifiés depuis le Sahel », ajoute notre interlocuteur qui fait appel aux chiffres officiels.

« En 2024, et sur les cinq cellules terroristes démantelées au Maroc, quatre avaient des liens directs avec des groupes extrémistes dans la région du Sahel », conclut Ihsane El Hafidi.

Pour ce qui concerne la région du Sahel, Abdellatif Hammouchi a dévoilé à Moscou des statistiques qui renseignent sur l’ampleur des défis sécuritaires que posent les groupes terroristes. Il a indiqué qu’en l’espace de trois années, des pays de cette région ont compté 51% des victimes des actes de terrorisme commis dans le monde entier, soit 3.585 sur 7.555.

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