Le criquet pèlerin maintient sa présence au Maroc, occupant toujours plusieurs sites dans les régions du Sud-Est. Cette zone de récession habituelle, qui s’étend du sud du Maroc jusqu’à l’ouest de la Libye, où les criquets pèlerins se trouvent normalement en faible nombres et en phase solitaire, a été exceptionnellement propice aux précipitations cette année, renforçant ainsi leur reproduction.

Selon le dernier rapport de suivi acridien, le statut « jaune » de vigilance reste en vigueur dans l’ensemble des pays du Maghreb. Bien que la situation au Maroc soit normale, cette mesure de précaution s’explique par la persistance du développement acridien dans le Sud algérien, le long des zones frontalières tuniso-algériennes, ainsi que par une situation plus préoccupante en Libye, où des essaims actifs continuent d’être signalés.

Situation acridienne au Maroc : un déclin des essaims à partir du mois de juin

Par rapport à avril, où l’activité acridienne au Maroc était à son apogée, celle-ci a diminué durant le mois de mai. Elle était caractérisée par la présence d’adultes isolés et dispersés, incluant des individus immatures, en maturation et matures, ainsi que des formes solitaires et transiens (stade transitoire vers la forme grégaire). Ces populations ont été observées de manière continue le long des vallées du Drâa et du Ziz-Ghris, plus précisément entre Fam El Hisn et Erfoud.

Dans la région de Zagora, plusieurs groupes d’adultes transiens immatures ont été signalés au sud-ouest de la ville, notamment aux abords du parc national d’Iriqui. De plus, une augmentation notable des larves solitaires et de transiens de derniers stades a été enregistrée au sud de Merzouga, où elles étaient dispersées.

Lors de cette même période, le Centre national de lutte antiacridienne a intensifié ses actions au cours du mois de mai. Un total de 8.402 hectares a été traité, dont 5.200 par voie aérienne, contre 1.785 hectares (dont 600 par voie aérienne) en avril 2025.

À ce jour, aucune présence de criquets n’a été détectée au sud de l’Atlas, confirmant ainsi l’absence de développement en dehors de la zone de récession printanière, qui constitue la limite connue au Maroc pour cette espèce.

À la fin du printemps, selon les prévisions de la FAO, les criquets pèlerins solitaires et en groupes seront contraints d’immigrer vers les pays du Sahel en raison de l’assèchement de la végétation dans le Sud-Est marocain. Ils seront à la recherche des pluies sahéliennes de l’été pour se développer et se reproduire.

Cette migration acridienne vers le sud est soutenue par l’arrivée en Mauritanie de populations de criquets adultes, comprenant des individus solitaires et transiens aux stades immature et mature.

La vigilance et la lutte doivent encore être maintenues

En raison de la situation acridienne en développement dans les pays voisins, la vigilance est fortement recommandée au Maroc. À cet égard, la FAO a appelé le Royaume à garder la vigilance en raison d’un possible développement dans la région de l’Oriental où des précipitations peuvent avoir lieu et des groupes peuvent arriver du côté algérien.

En Algérie, une reproduction supplémentaire est probable dans le Nord-Ouest (près de la région orientale marocaine) et éventuellement le Sud-Est, à la suite des précipitations enregistrées récemment. Ceci pourrait entraîner l’apparition de nouveaux groupes de larves et de petites bandes dès juin, ainsi qu’une augmentation des effectifs entre Tindouf et Béchar (avoisinant la vallée de oued Drâa).

En Tunisie, de nombreux groupes et essaims de criquets transiens et grégaires (stade où le criquet devient ravageur) ont été observés dans les régions méridionales (Tataouine, Médenine et Kébili). Durant les mois prochains, une augmentation des groupes de criquets adultes immatures est prévisible avant leur envol vers les pays du Sud.

En Libye, des groupes d’adultes grégaires matures étaient encore en phase de reproduction durant la première quinzaine du mois de mai. De plus, des groupes d’adultes immatures et de petits essaims vont se développer dans le Nord-Ouest, où certains pourraient atteindre leur maturité et continuer à se reproduire. Cependant, la plupart d’entre eux devraient se déplacer vers le Sud-Ouest à partir de la mi-juin, en quête de zones pluvieuses.

Dans la région sahélienne, les conditions de végétation sont demeurées sèches en l’absence de pluies, à l’exception du secteur de Faya au Tchad et de certaines localités du Nord-Ouest et du Sud-Est mauritanien, où les précipitations récentes ont permis une reprise de la croissance végétale, améliorant les conditions de développement des criquets.