“Nous avons échoué dans la digitalisation du ministère de la Justice, à tous les niveaux”. C’est ce qu’a déclaré Abdellatif Ouahbi lors de son passage au Parlement ce mardi 17 juin, dans le cadre d’une séance plénière législative.
À travers ces mots forts, le ministre de la Justice fait le bilan d’un chantier de digitalisation qui n’a pas réussi à convaincre les professionnels. Une des causes, selon lui, est le manque de ressources humaines formées. Il indique que “70%, voire 80%, des fonctionnaires des tribunaux sont licenciés en droit. Ils font des efforts dans la digitalisation, mais ils n’ont pu apprendre qu’à saisir et envoyer, c’est tout”.
La solution, selon Abdellatif Ouahbi, est de recourir à des experts. “Ces trois dernières années, nous avons recruté des informaticiens et techniciens”.
Ces derniers veilleront sur les plateformes des professions juridiques et judiciaires que le ministre de la Justice a pris la décision de placer sous le contrôle de son département.
À partir de 2:27:53
Nouvelle décision après les cyberattaques
“La décision que j’ai prise, et j’en assume toute la responsabilité, est que toutes les plateformes en lien avec le ministère de la Justice seront placées sous son contrôle et protégées par lui”, a-t-il annoncé.
Il s’agit des plateformes des avocats, des adouls, des experts et des notaires. À propos de ces derniers, Abdellatif Ouahbi s’est également exprimé sur la cyberattaque qui a visé leur plateforme (Tawtik). “À cause de cette cyberattaque, 80% des recettes des actes n’ont pas été versées dans la trésorerie de l’État”.
Le ministre a réaffirmé par ailleurs que l’attaque ne visait pas l’ANCFCC, mais la plateforme des notaires, comme révélé par Médias24 et annoncé par la DGSSI.
Ces plateformes “seront désormais sous la protection du ministère de la Justice. Nous allons les protéger 24 h/24. On a désigné les fonctionnaires informaticiens qui vont veiller jour et nuit, dans le cadre d’un roulement en équipes, pour contrôler et surveiller”, a-t-il précisé.
200 tentatives de cyberattaques
Il a révélé également qu’en une journée, son département avait subi 200 tentatives de cyberattaques. “On a des informaticiens qui sont armés et qui se sont battus contre ces hackers. Ces derniers ont échoué”.
Selon le ministre, ces hackers se sont alors rabattus sur un barreau d’avocats et sur l’ordinateur d’un ancien fonctionnaire à partir duquel ils ont pu obtenir la liste des magistrats qui a fuité.
“Moi, je n’ai pas de liste de magistrats. J’ai divorcé avec l’autorité judiciaire, je lui ai même remis le service des magistrats”.
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