“Nous avons échoué dans la digitalisation du ministère de la Justice” (Ouahbi)

“Nous avons échoué dans la digitalisation du ministère de la Justice, à tous les niveaux”. C’est ce qu’a déclaré Abdellatif Ouahbi lors de son passage au Parlement ce mardi 17 juin, dans le cadre d’une séance plénière législative.

À travers ces mots forts, le ministre de la Justice fait le bilan d’un chantier de digitalisation qui n’a pas réussi à convaincre les professionnels. Une des causes, selon lui, est le manque de ressources humaines formées. Il indique que “70%, voire 80%, des fonctionnaires des tribunaux sont licenciés en droit. Ils font des efforts dans la digitalisation, mais ils n’ont pu apprendre qu’à saisir et envoyer, c’est tout”.

La solution, selon Abdellatif Ouahbi, est de recourir à des experts. “Ces trois dernières années, nous avons recruté des informaticiens et techniciens”.

Ces derniers veilleront sur les plateformes des professions juridiques et judiciaires que le ministre de la Justice a pris la décision de placer sous le contrôle de son département.

À partir de 2:27:53

Nouvelle décision après les cyberattaques

“La décision que j’ai prise, et j’en assume toute la responsabilité, est que toutes les plateformes en lien avec le ministère de la Justice seront placées sous son contrôle et protégées par lui”, a-t-il annoncé.

Il s’agit des plateformes des avocats, des adouls, des experts et des notaires. À propos de ces derniers, Abdellatif Ouahbi s’est également exprimé sur la cyberattaque qui a visé leur plateforme (Tawtik).  “À cause de cette cyberattaque, 80% des recettes des actes n’ont pas été versées dans la trésorerie de l’État”.

Le ministre a réaffirmé par ailleurs que l’attaque ne visait pas l’ANCFCC, mais la plateforme des notaires, comme révélé par Médias24 et annoncé par la DGSSI.

Ces plateformes “seront désormais sous la protection du ministère de la Justice. Nous allons les protéger 24 h/24. On a désigné les fonctionnaires informaticiens qui vont veiller jour et nuit, dans le cadre d’un roulement en équipes, pour contrôler et surveiller”, a-t-il précisé.

200 tentatives de cyberattaques

Il a révélé également qu’en une journée, son département avait subi 200 tentatives de cyberattaques. “On a des informaticiens qui sont armés et qui se sont battus contre ces hackers. Ces derniers ont échoué”.

Selon le ministre, ces hackers se sont alors rabattus sur un barreau d’avocats et sur l’ordinateur d’un ancien fonctionnaire à partir duquel ils ont pu obtenir la liste des magistrats qui a fuité.

“Moi, je n’ai pas de liste de magistrats. J’ai divorcé avec l’autorité judiciaire, je lui ai même remis le service des magistrats”.

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Digit@ction : le pari de la Fondation CDG pour digitaliser l’impact social

Ce jeudi 12 juin, au siège de la CDG à Rabat, l’ambiance était bien différente de celle des réunions habituelles sur les chiffres, les plans d’investissement ou l’aménagement du territoire. Ce jour-là, la priorité était donnée à l’action sociale, à l’innovation, et surtout à celles et ceux qui changent le quotidien sur le terrain.

La Fondation CDG a célébré la clôture de la toute première édition du programme Digit@ction, un accompagnement sur mesure pensé pour les associations marocaines désireuses d’intégrer des solutions numériques dans leurs projets à impact social.

Lancé en janvier 2025 à l’issue d’un appel à projets national, le programme a permis à 20 associations de bénéficier d’un parcours complet mêlant formation, hackathon, mentorat et appui financier, avec un seul objectif : renforcer leur impact et toucher plus de bénéficiaires grâce au digital.

La cérémonie de clôture a réuni plusieurs figures clés du Groupe CDG, aux côtés des associations. Étaient notamment présents Khalid Safir, directeur général de la CDG et président de la Fondation CDG, Yassine Haddaoui, directeur général de CDG Invest, Mehdi Kettani, directeur général de DXC-CDG, Khouloud Abejja, directrice de la transformation digitale à l’Agence de développement du digital (ADD), ainsi que les membres du Groupe CDG, les équipes encadrantes, les coachs et mentors mobilisés dans le cadre du programme.

Cinq projets primés, un accompagnement technique avec DXC CDG

Après une matinée de délibération, le jury a évalué les projets en lice selon plusieurs critères : leur pertinence sociale, leur faisabilité, leur potentiel d’impact, ainsi que leur niveau d’innovation. Ce moment solennel a précédé l’annonce très attendue des lauréats et la remise officielle des prix.

Au total, cinq projets ont été primés. Ils bénéficieront non seulement d’un soutien financier, mais également d’un accompagnement technique de DXC CDG pour le développement et l’affinage de leurs solutions numériques.

Les trois premiers prix ont chacun reçu un financement de 200.000 dirhams. Il s’agit de :

Le 4prix, d’un montant de 150.000 dirhams, a été attribué au projet Lumière Parentale, un système de suivi personnalisé pour les enfants à besoins spécifiques, proposé par l’Institution Tahar Sebti à Casablanca.

Enfin, le 5prix, doté de 60.000 dirhams, revient au projet DigiCoops, une plateforme de digitalisation de la production artisanale féminine en zones rurales, porté par le groupement Al-Akkaya et partenaires.

La suite s’annonce prometteuse : avec l’appui technique de DXC CDG, les projets lauréats entreront dans une nouvelle phase, celle de la concrétisation. De l’idée à l’action, du prototype à la mise en œuvre sur le terrain, Digit@ction incarne une volonté partagée : faire du numérique un levier au service de celles et ceux qui œuvrent chaque jour pour une société plus juste.

Digitaliser, cela commence à l’école : lancement de la 2ᵉ phase de « Classes connectées Dir iddik »

Pour bâtir une société numérique inclusive, il faut commencer là où tout se construit : à l’école. Une école connectée, c’est un enfant mieux préparé au monde de demain. C’est aussi une école qui n’exclut pas. Une école où la technologie devient un levier d’égalité.

C’est cette conviction que partagent le ministère de l’Éducation nationale, la Fondation Al Mada ainsi qu’inwi, partenaire technologique du programme. Le 4 juin 2025, à l’école Ouled Abdoun, dans la province de Fqih Bensalah, ils ont donné le coup d’envoi officiel de la deuxième phase du programme « Classes connectées Dir iddik », avec la signature d’une convention de partenariat entre le ministère et la Fondation.

Mohamed Saad Berrada, ministre de l’Éducation nationale, du préscolaire et des sports, et Hassan Ouriagli, président de la Fondation Al Mada.

Renforcer l’équité scolaire grâce au digital

Parmi les messages portés par le ministre de l’Éducation nationale, du préscolaire et des sports, Mohamed Saad Berrada : « Une école connectée est une école qui ne laisse aucun élève derrière, elle donne à chaque enfant, où qu’il soit, les mêmes chances de réussir ». Il a précisé que l’ambition du ministère est de « fournir à chaque élève, où qu’il soit, des outils adaptés à son époque : connectivité, équipements, et demain, intelligence artificielle pour personnaliser les parcours d’apprentissage ».

De son côté, Hassan Ouriagli, président de la Fondation Al Mada, a souligné que le digital est un catalyseur de transformation. Il permet de repenser l’école en profondeur, en créant des environnements d’apprentissage modernes, interactifs et réellement inclusifs.

Cette vision partagée se traduit déjà sur le terrain : une trentaine d’écoles ont été équipées lors de la première phase. La nouvelle étape ne s’arrête pas aux équipements. Elle mise aussi sur le renforcement des compétences pédagogiques aussi bien chez les enseignants que chez les élèves.

Pour les enseignants, des formations à la pédagogie active et aux usages du numérique sont proposées dans le cadre de la Caravane Coding pour tous, portée par le ministère.

Pour les élèves, une initiation progressive au numérique commence dès la première année du primaire, avec l’introduction de la programmation et de la robotique dans les deux dernières années du cycle.

Deux classes connectées, deux expériences complémentaires

L’école Ouled Abdoun illustre déjà concrètement ce que permet une classe connectée. Deux espaces d’apprentissage y ont été mis en place :

Dans cette classe, les cours de mathématiques, de sciences, d’arabe, de français ou d’éducation islamique prennent une nouvelle dimension. L’enseignant peut projeter du contenu, interagir avec les élèves, suivre les progrès de chacun en temps réel.

« En cours d’éducation islamique, par exemple, nous pouvons projeter une vidéo YouTube pour apprendre les règles de tajwid du Coran. Cela permet aux élèves de mieux comprendre et d’être plus engagés », explique un enseignant.

Cette technologie ne remplace pas le lien humain, elle le renforce. Elle rend l’enseignement plus vivant, participatif et personnalisé.

Les élèves, dans les deux dernières années du primaire, y découvrent les bases de l’informatique. Grâce aux kits Vex GO et aux logiciels VexCode, un environnement visuel de programmation par blocs, ils apprennent à assembler des robots, à les programmer depuis un ordinateur, puis à les faire bouger selon des instructions qu’ils conçoivent eux-mêmes.

Dans cette classe, c’est une véritable initiation pour tous. Ils commencent par apprendre à manipuler une souris, ouvrir un fichier Word, comprendre la logique d’un enchaînement de commandes. Et en l’espace de quelques mois, ils deviennent capables de programmer seuls.

En fin d’année, chaque groupe de deux ou trois élèves présente un projet de programmation autonome : jeu interactif, robot mobile…

Voir ces enfants s’approprier les outils technologiques avec une telle aisance, dès le primaire, c’est bien plus qu’un simple apprentissage. C’est leur donner une longueur d’avance, les préparer concrètement aux métiers de demain, et leur dire, très clairement, qu’ils ont toute leur place dans le monde numérique à venir.

Fintech. Revolut confirme évaluer activement le marché marocain

Le géant britannique de la fintech Revolut, devenu en 2024 la société technologique privée la plus valorisée d’Europe, confirme à Médias24 évaluer activement le marché marocain et reconnaît être au tout début d’un processus d’exploration.

Cette réponse intervient alors que, ces dernières semaines, des informations non officielles faisaient état de premiers contacts avec des profils basés à Casablanca, apprend Médias24. Plusieurs candidats ont été approchés pour des postes.

Sollicité par Médias24, un porte-parole de l’entreprise a précisé que « Revolut continue d’explorer les opportunités de croissance sur de nouveaux marchés, dans le cadre de sa mission d’apporter l’application Revolut aux clients du monde entier. Le Maroc est un marché que nous évaluons et que nous jugeons attractif, avec le potentiel d’offrir une proposition de valeur unique aux clients à l’avenir. Toutefois, nous en sommes encore aux prémices du processus et nous n’avons pas d’autres informations à partager pour le moment ».

Il ne s’agit donc pas d’une annonce formelle d’implantation, mais d’une confirmation implicite d’un intérêt réel.

Revolut, une super-app bancaire née à Londres

Créée en 2015 à Londres, Revolut est une néobanque, c’est-à-dire une institution financière 100% digitale qui a commencé comme une application de change multidevises avant de devenir une plateforme bancaire mondiale couvrant l’ensemble des besoins financiers.

L’entreprise est aujourd’hui présente dans 42 pays, avec des effectifs regroupant près de 90 nationalités. Au 31 décembre 2024, Revolut comptait 52,5 millions de clients dans le monde, en hausse de 38% sur un an.

Elle est aujourd’hui l’application de finance personnelle la plus téléchargée dans 19 pays européens et figure dans le top 3 dans 26 pays. En 2024, elle a enregistré un bénéfice avant impôts de 1,1 milliard de livres sterling (+149%) pour un chiffre d’affaires de 3,1 milliards (+72%).

Revolut détient une licence bancaire dans 30 pays. Elle a obtenu une licence au Royaume-Uni (avec restrictions) en 2024, lancé une société de crédit directe au Brésil, obtenu une licence bancaire au Mexique et entamé un test en Inde. Sa stratégie d’expansion repose sur une entrée progressive : test de marché, partenariat local ou licence EMI, avant d’évoluer vers un statut bancaire complet.

L’application permet d’ouvrir des comptes multidevises, d’effectuer des paiements internationaux, de commander des cartes physiques ou virtuelles, et de suivre ses dépenses. Elle donne aussi accès à des comptes d’épargne rémunérés, à l’achat d’actions, d’ETF, d’obligations ou de cryptoactifs, ainsi qu’à un robo-advisor. Côté crédit, Revolut propose des prêts personnels, des cartes de crédit et teste une offre hypothécaire.

Les abonnés bénéficient également de fonctionnalités lifestyle, comme les eSIMs pour voyager, la réservation d’hébergement ou le programme de fidélité RevPoints, déjà actif dans 30 pays.

Revolut Business, la branche dédiée aux professionnels, connaît aussi une forte croissance. Elle propose des IBANs locaux, des outils de gestion des dépenses, des solutions d’encaissement, ainsi que des produits de trésorerie comme les fonds monétaires. L’offre est complétée par des services tels que BillPay ou Revolut Terminal, qui permettent aux entreprises de centraliser paiements, facturation et automatisation comptable.

Quelle forme pour une entrée de Revolut au Maroc ?

Plusieurs options s’offrent à Revolut si elle décide de se lancer sur le marché marocain. La plus souple consisterait à s’appuyer, dans un premier temps, sur un partenaire local. Cela pourrait prendre la forme d’une coopération technologique ou opérationnelle avec un acteur déjà agréé, afin de proposer une offre limitée : comptes de paiement, transferts, cartes ou opérations de change, tout en capitalisant sur sa marque et sa technologie.

Une autre possibilité serait de créer une entité locale et de solliciter une licence d’établissement de paiement auprès de Bank Al-Maghrib. Ce statut permet d’offrir une gamme étendue de services de paiement sans pour autant accéder aux activités bancaires traditionnelles comme l’octroi de crédit ou la gestion de l’épargne rémunérée. Il implique néanmoins un certain nombre de conditions, notamment en matière de capital, de gouvernance, de conformité et de sécurité opérationnelle.

Mais pour l’heure, aucune démarche officielle n’a été engagée. Interrogée par Médias24, Bank Al-Maghrib a été formelle : « Revolut n’a jamais contacté Bank Al-Maghrib ni déposé un dossier de demande d’agrément« .

Dans un horizon plus lointain, si le marché s’avère porteur, l’entreprise pourrait envisager une demande de licence bancaire complète. Ce statut lui permettrait d’opérer de manière autonome sur l’ensemble de ses activités : crédit, épargne, trading, voire assurance. Mais il s’agit d’un processus très encadré.

La stratégie d’expansion internationale de Revolut

Le rapport annuel 2024 de Revolut décrit une stratégie d’implantation par étapes. L’entreprise commence par des licences alternatives ou des partenariats, puis dépose une demande d’agrément bancaire si le potentiel est confirmé. Ce modèle lui permet de tester rapidement un marché tout en limitant les risques réglementaires.

Aux États-Unis, Revolut s’est lancée en partenariat avec Lead Bank, qui lui a permis de proposer des services de base avant d’engager une demande de licence complète. Son fondateur, Nik Storonsky, a toutefois reconnu que cette approche limitait la compétitivité sur un marché mature.

En Europe, Revolut a obtenu une licence bancaire en Lituanie en 2018. Ce statut lui donne accès au marché européen via le passeport bancaire. En Belgique, elle prévoit de migrer les IBANs vers des comptes locaux en mai 2025.

Dans d’autres pays comme le Brésil, l’Inde ou le Mexique, Revolut a adapté sa structure réglementaire pour opérer selon les spécificités locales.

Quels enjeux pour le Maroc ?

Au Maroc, l’application pourrait séduire rapidement une clientèle jeune et connectée, en quête de solutions simples, notamment les indépendants, les urbains mobiles et la diaspora. Elle introduirait un standard technologique élevé, susceptible de bousculer les acteurs en place, tant sur la tarification que sur l’expérience client. Son arrivée pourrait ainsi accélérer la transformation digitale du secteur.

Si elle applique sa logique d’expansion au Maroc, Revolut pourrait privilégier une implantation par étapes. Cette méthode lui permettrait de lancer une offre de base, de tester la réceptivité du marché et d’ajuster son modèle avant de viser un cadre plus structurant.

Morocco Fintech Center, un guichet unique pour développer les FinTechs (BAM)

Le 15 janvier 2025, l’assemblée générale constitutive de l’association Morocco Fintech Center (MFC) s’est tenue au siège de Bank Al-Maghrib à Rabat. Cette nouvelle structure a pour ambition de soutenir et structurer l’écosystème FinTech marocain en fournissant des solutions concrètes aux besoins des start-up innovantes.

Le MFC vise à constituer un guichet unique pour les start-up FinTech en leur offrant :

Par ailleurs, l’association s’engage à promouvoir un écosystème collaboratif, en favorisant les partenariats et les opportunités de réseautage, tout en soutenant la recherche et le développement en matière d’innovation financière.

Cette initiative s’inscrit dans une stratégie globale visant à réduire les obstacles au financement des PME par la digitalisation. Lors de l’Africa Financial Industry Summit (AFIS), en décembre dernier, Abderrahim Bouazza avait annoncé la création du pôle FinTech de Bank Al-Maghrib pour fédérer les efforts des acteurs du secteur et encourager les porteurs de projets innovants.

Selon lui, « la digitalisation permet de réduire les coûts et les risques associés au financement, tout en augmentant l’efficacité des opérations ». Le Morocco Fintech Center entend prolonger cette dynamique en proposant un cadre favorable au développement des FinTechs marocaines.

Sous la présidence de Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib, le premier conseil d’administration a désigné Mustapha Lahlali comme directeur exécutif de l’association.

Ce conseil a également défini les actions prioritaires, arrêté le budget et validé les contributions des membres. Ces engagements visent à mobiliser les ressources nécessaires pour construire un écosystème FinTech national compétitif, ouvert sur les marchés régionaux et internationaux.

Le Morocco Fintech Center regroupe des acteurs publics et privés de premier plan, notamment :

Portail des auto-entrepreneurs : des pannes persistantes suscitent l’inquiétude des utilisateurs

Récemment, de nombreux auto-entrepreneurs se plaignent de leur incapacité à se connecter au portail officiel qui leur est dédié pour effectuer leurs déclarations fiscales. Cette situation, qui dure depuis plus d’une semaine, empêche certains d’entre eux de s’acquitter de leurs obligations administratives, les exposant ainsi à des pénalités et à des complications avec l’administration fiscale.

Approché par Médias24, un auto-entrepreneur témoigne de ses difficultés à accéder au portail : « L’accès au portail des auto-entrepreneurs est très compliqué. Les interruptions sont fréquentes, rendant les démarches administratives particulièrement ardues. »

Un autre auto-entrepreneur, visiblement agacé, nous confie que la panne ne date pas d’une semaine, mais dure depuis près d’un mois : « Ce n’est pas acceptable ! Le site est hors service depuis presque un mois et rien ne semble être fait pour résoudre le problème. Nous sommes bloqués dans nos démarches et cela impacte directement notre activité. », déplore-t-il.

L’un des points de préoccupation majeurs concerne l’impossibilité, pour de nombreux auto-entrepreneurs, d’effectuer leur inscription via le portail dédié en raison de pannes prolongées. Plusieurs utilisateurs signalent que le site est hors service depuis plusieurs semaines, rendant toute nouvelle adhésion impossible. Cette situation constitue un frein pour ceux qui souhaitent formaliser leur activité et se retrouvent dans l’incapacité de finaliser leurs démarches en raison de ces dysfonctionnements.

La situation est encore plus problématique pour les Marocains résidant à l’étranger (MRE). Nombre d’entre eux affirment que l’accès au portail et au site de Poste Maroc est pratiquement impossible depuis l’international, ce qui complique davantage la gestion de leur statut à distance.

De même, sur la plateforme X (anciennement Twitter), un Marocain résidant à l’étranger (MRE) exprime son exaspération face aux dysfonctionnements persistants des services en ligne. « Pour nous, Marocains du monde, ces plateformes ne fonctionnent plus depuis un bon moment. Il est impossible d’y accéder, que ce soit au site des auto-entrepreneurs ou à celui de Poste Maroc. »

Réponse de Poste Maroc

Face aux difficultés d’accès rencontrées ces derniers jours sur la plateforme dédiée aux auto-entrepreneurs, Barid Al-Maghrib a apporté des précisions quant aux causes de ces dysfonctionnements et aux mesures prises pour y remédier. L’organisme en charge de la gestion du portail reconnaît que ces perturbations sont liées à une affluence exceptionnelle des utilisateurs, notamment en raison des déclarations fiscales et de la couverture sociale des auto-entrepreneurs.

« La plateforme des auto-entrepreneurs a récemment enregistré des pics significatifs de connexions simultanées, liés aux déclarations des revenus et à la couverture sociale. Comme pour toute plateforme destinée à un large public, ces sollicitations concentrées sur des plages horaires restreintes ont engendré des ralentissements et des engorgements du système », indique une source autorisée à Barid Al-Maghrib, contactée par Médias24.

Dans ce contexte, l’opérateur affirme avoir mobilisé ses équipes techniques afin d’apporter des solutions rapides à ces perturbations. « Barid Al-Maghrib a mobilisé ses ressources techniques pour apporter des solutions dans les plus brefs délais. Dès le 8 janvier, des interventions majeures ont été réalisées pour renforcer les capacités de la plateforme et garantir une expérience utilisateur fluide. Ces efforts ont permis de stabiliser la plateforme et d’assurer un service de qualité aux auto-entrepreneurs. », assure la même source.

Par ailleurs, si ce phénomène se produit chaque année, la question de l’anticipation se pose. La mise en place de solutions techniques adaptées ou de dispositifs préventifs pourrait permettre d’atténuer ces dysfonctionnements et d’assurer un accès continu au portail, en particulier durant les périodes de forte affluence.

Soumissions électroniques : la nouvelle règle de Bank Al-Maghrib dès le 1er Janvier 2025

Bank Al-Maghrib rappelle que la période transitoire, instaurée depuis la mise en service, le 06 septembre 2024, de son Portail Achats et durant laquelle les soumissions à ses marchés au format papier sont possibles, prendra fin le 31 décembre 2024, indique la Banque centrale dans une communication publiée sur son site, notant que les soumissions au format papier ne seront plus acceptées à partir du 1er janvier de l’année prochaine.

En conséquence, les fournisseurs désireux de participer aux marchés de la Banque devront se doter d’un certificat de signature électronique autorisé et sont invités, en cas de besoin, à consulter les guides utilisateurs disponibles sur le Portail Achats.

Ils peuvent également contacter la cellule d’assistance mise à disposition via l’e-mail « achats-assistance@bkam.ma » ou par téléphone sur le numéro « +212 5 37 81 82 84 » (jours ouvrables, 9h-16h).

Digitalisation. La DGSN lance le portail de services numériques E-Police

La conception du portail E-Police est basée sur une approche technologique visant à rassembler l’ensemble des services fournis par la Sûreté nationale dans un même espace, indique la DGSN dans un communiqué, soulignant que ce portail est caractérisé par une facilité d’usage et comprend les dernières technologies et solutions numériques intégrées ayant été adoptées dans le domaine de l’e-administration, telles que la réponse rapide aux demandes, la vérification à distance de l’identité et la protection des données personnelles et des données des usagers.

La fiche anthropométrique à bout de clic

La DGSN a veillé à ce que la numérisation de la fiche anthropométrique soit le premier service administratif à être intégré dans le nouveau portail numérique E-Police, poursuit la même source, indiquant, à cet égard, qu’à partir du 20 décembre, les citoyens pourront effectuer la demande en ligne de ce document administratif immédiatement après la vérification de leur identité à l’aide de la plateforme « Tiers de confiance » pour la vérification de l’identité et le portail « Identité numérique » conçus par la DGSN.

En pratique, ce nouveau service, intégré dans le portail E-Police, permet aux citoyens d’effectuer la demande à distance d’un extrait de la fiche anthropométrique via leur carte d’identité nationale électronique, avant d’effectuer les démarches nécessaires par voie électronique sur le même portail, explique la DGSN.

Par la suite, une notification électronique est envoyée au citoyen concerné pour l’informer de la disponibilité du document et l’invite, ainsi, à se rendre au centre d’enregistrement des pièces d’identité le plus proche, et de son choix, en vue de retirer le document et ce, dans un délai plus court qu’auparavant.

Outre le service de demande de la fiche anthropométrique, poursuit le communiqué, le portail E-Police a été relié à un ensemble de services numériques fournis par la DGSN, notamment le service de demande de rendez-vous pour l’obtention de la carte d’identité nationale électronique, le service d’inscription aux concours de police, ainsi qu’à d’autres services.

Le lancement du portail E-Police constitue la première phase d’un processus continu de numérisation du service public policier, ce projet de service devant inclure dans ses phases futures l’intégration et la numérisation de la demande d’autres documents administratifs tels que le certificat de résidence et la demande de renouvellement de la carte nationale d’identité électronique dans un espace numérique unique.

La DGSN prévoit d’activer ce portail et d’élargir l’ensemble des services qu’il offre de manière progressive, afin de garantir une police de proximité, d’une part, et de simplifier et d’optimiser les services fournis aux citoyens, d’autre part, conclut le communiqué.

Procédures du commerce extérieur : un service en ligne pour la gestion des certificats de conformité

Bank of Africa lance la première plateforme digitale et collaborative Supply Chain Finance au Maroc

SCF by BOA se distingue par ses fonctionnalités avancées, notamment l’accès rapide à un financement compétitif et immédiat, l’optimisation des échéanciers de paiement et l’accélération des flux de trésorerie, indique un communiqué de Bank of Africa.

Avec des services de reporting complets et une visibilité accrue sur les paiements, SCF by BOA « répond aux besoins spécifiques des donneurs d’ordres et de leurs fournisseurs, renforçant ainsi leurs relations de confiance et minimisant les risques de rupture dans la chaîne d’approvisionnement », poursuit la même source.

Depuis son adoption en septembre 2023 par l’OCP, premier donneur d’ordres à intégrer cette solution, SCF by BOA a prouvé sa capacité à répondre aux exigences des écosystèmes complexes, note le communiqué. Pour étendre cette offre, la banque propose un accompagnement et un programme de formation pour les écosystèmes des donneurs d’ordres.

Managem s’associe à Epiroc pour la digitalisation du projet Tizert

Epiroc fournira à Managem les outils numériques nécessaires pour moderniser ses opérations et assurer à la fois la sécurité et l’efficacité du site de Tizert, annonce le groupe suédois dans un communiqué.

Le projet Tizert au Maroc, un site greenfield, prévu pour être la plus grande exploitation minière souterraine de la région, représente une opportunité transformatrice de croissance, avec un objectif de production ambitieux de 3,6 millions de tonnes par an rappelle la même source.

Pour exploiter pleinement son potentiel, Managem a imaginé une mine de cuivre greenfield numérisée de pointe, exploitant des technologies avancées pour assurer une production optimisée et une sécurité renforcée dès le premier jour, souligne le communiqué. L’engagement de Managem en matière d’excellence opérationnelle et de sécurité nécessitait des solutions de suivi en temps réel du personnel et des véhicules. La solution de pointe fournie par Epiroc offre divers avantages tels que :

– Connaissance de la situation : suivi en temps réel des véhicules et du personnel avec des étiquettes matérielles, garantissant une utilisation efficace des ressources.
-Support d’urgence : détermine rapidement l’état de sécurité du personnel, améliorant considérablement les temps de réponse.
-Event Automation : automatise les processus basés sur les événements et les données des machines tout en s’intégrant à des systèmes de planification tiers pour un aperçu clair de l’avancement des travaux, garantissant ainsi le respect des délais du projet.
-Intégration de données via MQTT (Sparkplug) : garantissant un flux de données fluide et en temps réel.

« Nos solutions modulaires et évolutives répondent aux besoins immédiats de Managem tout en permettant une croissance future à mesure que le projet Tizert se développe et nous sommes heureux de soutenir davantage le projet », a déclaré Pelin Kocak, responsable régional des affaires numériques chez Epiroc, cité dans le communiqué.

La division Digital Solutions d’Epiroc propose des solutions qui favorisent la transformation numérique des secteurs minier et de la construction. La division propose une gamme dynamique de solutions numériques indépendantes de la technologie qui améliorent la sécurité, la productivité et la durabilité sur site, de la salle de contrôle à la salle de conférence.

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Dossier patient partagé et santé connectée : bientôt une nouvelle ère pour le système de santé marocain

La digitalisation du système de santé est un pilier essentiel du chantier royal de la réforme du système national de santé. Pour ce faire, le ministère de la Santé œuvre à l’implémentation d’un système d’information national unifié, ayant pour but de faciliter l’échange des données médicales entre les établissements de santé via une plateforme électronique avancée, garantissant ainsi un accès plus efficient aux services de santé, notamment dans les régions éloignées. Ce système permettra également aux citoyens d’accéder à leurs dossiers de maladie, grâce à la carte nationale d’identité électronique (CNIE).

La mise en place de ce système devient urgente dans la mesure où la généralisation de la couverture médicale de base sollicitera davantage les ressources humaines et matérielles du système de santé actuel, laquelle doit alors être accompagnée par une mise à niveau globale du secteur pour améliorer son rendement, sa résilience et la qualité de ses prestations.

Les problèmes impactant le système de santé actuel

A cette date, plusieurs problèmes continuent d’impacter négativement le système de santé actuel et empêchent la réforme d’atteindre rapidement ses objectifs. Citons-en quelques exemples :

– L’absence d’un dossier patient partagé (DPP) national, qui impacte la qualité et l’efficacité des soins de santé dans le pays. Parmi ces problèmes, on retrouve une coordination insuffisante entre les différents acteurs du système de santé, des retards de diagnostic, des traitements inappropriés et une répétition de coûteux examens médicaux…;

L’absence d’intégration IT/MD (systèmes d’information/équipements médicaux) dans le système de santé actuel, qui peut engendrer des inefficacités et des vulnérabilités importantes;

– La vétusté du plateau technique médical et la persistance d’équipements et de dispositifs médicaux non connectables à l’origine, empêchant la récupération de données structurées à la source, leur intégration au sein des systèmes d’information et leur traitement par les nouveaux assistants médicaux à base d’IA et de big data;

– Les systèmes décisionnels actuels ne prennent pas en compte toutes les typologies de données et ne permettent pas leur agrégation avec les données médicales, empêchant ainsi les organes de gouvernance d’accéder à une vision 360° du secteur et d’exploiter la remontée de l’information à des fins de planification sanitaire, d’évaluation médico-économique ou encore de surveillance épidémiologique ».

Partant de ce constat, le ministère de la Santé a récemment lancé un marché relatif à l’acquisition et à la mise en place d’un système de santé territorial intelligent, qui repose notamment sur un dossier patient partagé à l’échelle nationale, une intelligence distribuée favorisant la prise de décision rapide et la pluridisciplinarité, la lutte contre l’obsolescence programmée des grands équipements avec le prolongement de leur durée de vie, un pilotage épidémiologique précis du territoire avec une maîtrise des dépenses de santé, et des systèmes d’informations opérationnels orientés performance médicale.

Cet appel d’offres a récemment été remporté par le groupement Mediot, Nextronic, Stella Technology INC, et Sivsa soluciones informaticas SUCC pour 180,5 millions de DH. Ce dernier se chargera ainsi de doter le Royaume de tous les composants du système intelligent de santé, en 24 mois. Mais comment ces composants participeront à la modernisation du système actuel de santé ? Et quels sont les changements et les avantages prévus pour les patients et les professionnels de santé ? Réponses.

Qu’est ce qu’un Système de santé national intelligent ?

Contactée par Médias24, une source proche du dossier nous explique que le SSNI « est une solution innovante introduite par le ministère de la Santé et de la protection sociale (MSPS) conformément aux exigences de la loi-cadre 06-22 relative au système national de santé qui a instauré le concept d’un système d’information sanitaire national intégré, destiné à collecter, traiter et exploiter l’ensemble des données des établissements de santé, publics et privés, tout en assurant un suivi et une évaluation rigoureux de la performance sanitaire ».

« Le SSNI repose sur une architecture intégrée et stratifiée », ajoute notre interlocuteur, « conçue pour capter l’information médicale, l’enregistrer et la traiter, avec comme finalité une vue 360° des données du patient ».

« Le SSNI se compose ainsi d’une plateforme d’interopérabilité intégrant le dossier patient partagé national et le portail des professionnels de santé, d’un portail patient et d’une couche décisionnelle. Il intègre également deux composantes matérielles autorisant la convergence IT/MD et la récupération des données à partir des équipements médicaux, à savoir les hardwares de connexion des équipements et les hardwares de convergence.

Le schéma suivant illustre les différentes composantes du SSNI :

Dossier patient partagé : les antécédents médicaux connus et les risques réduits 

Le dossier patient partagé constitue le composant principal du SSNI. Il s’agit, selon notre source, et pour la première fois dans notre pays, de « rassembler l’ensemble des données de santé d’un patient X dans un dossier unique dématérialisé et accessible à tout moment par le patient et les professionnels de santé le prenant en charge sous certaines conditions bien définies pour donner une vision complète de son parcours de santé ».

Ce dossier patient offre ainsi plusieurs avantages. « Pour les citoyens, il simplifie l’accès à leurs informations médicales, disponibles à tout moment et en tout lieu. Qu’ils soient en consultation chez leur médecin traitant ou en urgence dans un établissement éloigné, les professionnels de santé peuvent consulter leur dossier immédiatement et en toute sécurité ».

« En l’absence d’un dossier patient partagé, les antécédents médicaux peuvent être oubliés ou mal transmis », nous explique-t-on, « ce qui expose à des risques importants : des allergies ou des traitements incompatibles peuvent être ignorés, entraînant des complications graves, voire fatales. Dans ce sens, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré que jusqu’à 10% des patients hospitalisés subissent des préjudices liés aux soins, dont une part notable est attribuable à des erreurs évitables (erreurs de prescription, diagnostics incomplets…) ».

« Avec un dossier patient partagé, le temps de prise en charge est considérablement réduit, car les professionnels de santé n’ont plus besoin de collecter ou de rechercher des informations éparpillées », poursuit notre interlocuteur. Ainsi, « dès l’arrivée d’un patient, le personnel médical dispose de tout l’historique de ses soins, des diagnostics passés aux traitements en cours, ce qui permet de commencer les soins immédiatement et de manière plus précise. Ce gain de temps est particulièrement appréciable dans les situations d’urgence, où chaque seconde compte pour améliorer les chances de guérison ».

Diagnostic plus précis, détection précoce et réduction des coûts des soins

« Le dossier patient partagé optimise également la précision du diagnostic en centralisant l’ensemble des informations cliniques du patient, notamment l’anamnèse, les antécédents pathologiques, les imageries médicales et les analyses biologiques ».

« Cette synthèse des données de santé fournit aux cliniciens une vision globale du profil patient, facilitant la détection précoce de pathologies sous-jacentes et réduisant le risque de diagnostics erronés ».

Par exemple, poursuit notre source, « l’accès instantané aux allergies, aux potentiels effets indésirables liés aux interactions médicamenteuses et aux antécédents familiaux de maladies héréditaires oriente les choix thérapeutiques de manière ciblée, personnalisée et sécurisée, tout en minimisant les risques ».

« Une autre conséquence directe du DPP est la réduction des coûts des soins. En facilitant l’accès aux informations et en évitant les redondances, le dossier patient partagé permet d’éviter des examens inutiles, comme des radiographies ou analyses déjà réalisées ailleurs. Des études ont ainsi montré qu’un DPP correctement renseigné pourrait réduire de 18% les examens d’imagerie et de 11% les analyses de laboratoire redondants. Ces économies sont significatives pour le système de santé national et pour les patients eux-mêmes qui n’ont plus à supporter des frais supplémentaires pour des examens répétitifs et inutiles. Les professionnels de santé peuvent aussi rationaliser les traitements, ajustant les prescriptions en fonction des informations consolidées, ce qui optimise les ressources tout en limitant les dépenses ».

« En intégrant toutes les données de santé à l’échelle nationale, le dossier patient partagé représente ainsi un investissement stratégique pour le système de santé, avec un retour sur investissement palpable. À long terme, les économies réalisées grâce à une meilleure coordination des soins et à une réduction des examens inutiles permettent de réinvestir ces ressources dans l’amélioration des infrastructures et des services de santé. Par ailleurs, cette centralisation des données renforce les capacités d’analyse des besoins en santé publique, facilitant une gestion proactive et efficace du système de santé dans son ensemble ».

La convergence IT/MD est l’innovation clé du SSNI, 53 hôpitaux pilotes équipés en première phase

Pour alimenter convenablement ce dossier patient partagé, le SSNI prévoit la mise en place d’une plateforme logicielle d’interopérabilité de données de santé, « avec une innovation la rendant unique en son genre : la prise en charge de convergence IT/MD (technologies de l’information et dispositifs médicaux) », selon notre source.

« Cette plateforme permet tout d’abord d’intégrer de manière fluide et sécurisée les informations contenues dans tous les systèmes d’information des établissements de santé du Royaume, qu’ils soient publics ou privés, ainsi que les systèmes tiers, tels que ceux de la CNSS, des laboratoires ou des centres d’imagerie médicale. Mais l’innovation clé du SSNI réside surtout dans sa convergence IT/MD, qui permet à la plateforme de prendre en charge également les données provenant des équipements biomédicaux ».

Cette convergence est assurée, d’après nos informations, au sein du SSNI par des hardwares de convergence IT/MD, qui seront déployés au niveau de 53 hôpitaux publics pilotes. Ces hardwares permettent d’agréger non seulement les données des systèmes d’information des établissements de santé (IT), mais également celles issues des équipements médicaux (MD) tels que les scanners, IRM, échographes, moniteurs, ECG, dispositifs d’examens fonctionnels, capteurs IoMT…, qu’ils soient nativement digitaux ou d’ancienne génération grâce à des hardwares de connexion permettant de connecter ces derniers et de les superviser.

Ainsi, le DPP peut intégrer non seulement les information médicales saisies par les professionnels, mais également les données complémentaires telles que les radiographies, les tracés ECG, les résultats d’audiométrie ou les paramètres vitaux d’un patient monitoré, offrant ainsi une vraie vision à 360° des données du patient.

Les hardwares de convergence IT/MD utilisent des technologies récentes, notamment l’intelligence artificielle, pour agréger diverses sources de données, en automatisant leur collecte et en optimisant leur transmission vers la plateforme d’interopérabilité nationale tout en assurant un accès direct aux praticiens. Ces dispositifs intègrent des outils analytiques avancés pour affiner les diagnostics grâce à des algorithmes IA et des capacités de traitement d’image et vidéo, tout en garantissant la sécurité des données via une cybersécurité intégrée. En réduisant la bande passante et en traitant les données localement pour un accès immédiat, ces hardwares constituent une solution scalable, éco-énergétique et adaptable, facilitant des décisions rapides dans des contextes critiques tels que les urgences.

La fin des saisies manuelles qui représentent 30% du temps de travail des professionnels

La convergence IT/MD permet par ailleurs de réduire le temps que les professionnels de santé passent à rechercher et à saisir manuellement les données des patients, une tâche qui peut représenter jusqu’à 30% de leur temps de travail, libérant ainsi des ressources pour du temps patient. De plus, l’automatisation de la collecte des données limite les erreurs de retranscription, un problème récurrent avec la saisie manuelle, où les taux d’erreur peuvent atteindre 10%. Ces erreurs peuvent compromettre la qualité des soins, créer des complications médicales et ralentir la prise en charge.

« L’autre originalité de cette plateforme d’interopérabilité réside dans son intégration avec d’autres composantes clés du SSNI », apprend-on, « à savoir le Dossier patient partagé et le Portail des professionnels. »

« D’un point de vue technique, cette intégration native offre plusieurs avantages. En unifiant ces composants dans un environnement intégré, on élimine les barrières de compatibilité et de transfert de données qui existent souvent entre des systèmes distincts. Cette intégration assure également une communication en temps réel et des mises à jour synchronisées, réduisant la latence entre les accès au dossier patient et les interventions des professionnels de santé ».

« En tant qu’unité unique, le module permet également une architecture plus cohérente et centralisée en matière de sécurité, limitant les points de vulnérabilité et renforçant la protection des données sensibles via des protocoles de sécurité homogènes. Cela simplifie aussi la maintenance et les mises à jour, car les modifications ou améliorations n’ont besoin d’être déployées qu’une seule fois pour l’ensemble du module. Cette unification permet par ailleurs d’optimiser les ressources système en limitant la duplication de données et les besoins de synchronisation entre différents serveurs, ce qui se traduit par une meilleure performance et une utilisation plus efficace des infrastructures du ministère ».

Les équipements ancienne génération également intégrés

La vue à 360° des données de santé d’un patient, rendue possible grâce à la convergence IT/MD, ne saurait toutefois être possible en négligeant les données produites par les dispositifs médicaux d’ancienne génération ou non connectables nativement. Il est important de souligner que ces équipements représentent environ 70% du parc médical au Maroc, d’où l’intérêt réel de les intégrer au sein du SSNI.

« Cela est rendu possible par les hardwares de connexion des équipements, qui permettent de connecter de manière sécurisée et non invasive tous types d’équipements hospitaliers non digitaux, et de communiquer leurs données aux hardwares de convergence. Ces hardwares intègrent des technologies intelligentes pour trier les données avant transmission, réduisant ainsi les besoins en stockage et en bande passante, tout en limitant l’impact environnemental et les coûts énergétiques. En garantissant une sécurité renforcée des données de santé, ils protègent également les informations sensibles tout en répondant aux exigences réglementaires, rendant ces solutions adaptées aux besoins actuels et évolutifs des établissements de santé ».

De plus, « les hardwares de connexion sont conçus pour assurer une longue durée de vie aux équipements médicaux en monitorant leur état et en anticipant les besoins de maintenance. Ainsi, sans le SSNI, le risque d’obsolescence prématurée des équipements serait important, avec un coût estimé à 15%, soit une perte sèche de 225 millions de dirhams annuels sur une base d’investissement de 1,5 milliard de dirhams ».

« En intégrant activement ces équipements, le SSNI prolonge leur durée de vie, réduit les dépenses de renouvellement et optimise le retour sur investissement des infrastructures existantes », précise notre interlocuteur.

Un portail pour les professionnels et un autre pour les patients

Comme expliqué ci-haut, le SSNI introduit également des portails dédiés pour faciliter l’inclusion de chaque acteur dans le système de santé national, notamment le portail des professionnels et le portail patient.

« Le Portail des professionnel, partie intégrante de la plateforme d’interopérabilité, s’adresse aux professionnels de santé indépendants comme les médecins de cabinet et les pharmaciens qui ne disposent pas encore de système d’information. Ce portail, accessible via une application Web et mobile, leur permet d’accéder et de mettre à jour le dossier patient partagé (DPP) de leurs patients sans investissement préalable, garantissant un suivi de santé complet et sécurisé, accessible à tous les praticiens autorisés. Ce portail facilite une coordination fluide, contribuant ainsi à une prise en charge globale et collaborative des patients, dans une logique de santé publique inclusive ne mettant aucun professionnel ni patient à l’écart du système ».

« Pour les patients, le SSNI a prévu un portail dédié donnant à chacun la possibilité de devenir acteur de sa santé. Il permet par exemple aux patients de consulter leur historique médical, de renseigner des informations, de recevoir des rappels pour les vaccins et examens et de partager leurs données médicales avec les spécialistes de leur choix ».

« Ce portail sécurisé, accessible également sous forme d’une page Web et d’une application mobile, met en avant une approche centrée sur le patient, en encourageant un suivi préventif et personnalisé qui réduit les risques de complications médicales et favorise une meilleure gestion de la santé », ajoute notre source

Des ressources optimisées et une surveillance épidémiologique de pointe

Le Système de santé national intelligent dispose également d’une couche décisionnelle, « se présentant sous la forme d’un module analytique, intégrant des outils de business intelligence et d’analyse avancée optimisés par l’intelligence artificielle. Grâce à des indicateurs personnalisables et actualisés en temps réel, le ministère de la Santé peut par exemple optimiser la gestion de ses ressources humaines et matérielles, mieux planifier les besoins en soins et répondre de manière agile aux crises de santé publique. En particulier, le SSNI facilite une surveillance épidémiologique de pointe, offrant des données précises et consolidées pour le suivi des tendances de santé et l’élaboration de politiques de santé publique adaptées aux réalités locales ».

« Les données anonymisées recueillies via le SSNI constituent également une ressource précieuse pour la recherche médicale et l’épidémiologie, soutenant des projets scientifiques pour une meilleure compréhension des problématiques sanitaires du pays. Cette base de données contribue à développer une médecine plus personnalisée et permet aux chercheurs de disposer d’un échantillon national pour identifier et analyser les déterminants de la santé au Maroc. En soutenant une recherche proactive, le SSNI contribue à améliorer continuellement les soins offerts et à anticiper les besoins futurs ».

Et notre interlocuteur de conclure : « avec le SSNI, le Maroc se positionne comme un pionnier de la santé numérique en Afrique et dans le monde arabe, en associant innovation technologique et promotion de la santé. Ce système va au-delà de la simple digitalisation : il constitue une réforme en profondeur, un modèle de modernisation qui place la santé et le bien-être de ses citoyens au cœur des priorités nationales ».