Le Travail d’intérêt général (TIG) se place en tête des peines alternatives prononcées durant la première semaine de leur application.
Derrière ce dispositif, qui peut sembler simple de prime abord (remplacer la prison par des heures de travail), se cache en réalité un processus rigoureux et coordonné. Plusieurs acteurs y interviennent : juges, parquet, administrations publiques, sans oublier la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR), qui en assure le suivi.
Voici, étape par étape, comment s’articule ce mécanisme.
> Du jugement au transfert du dossier
Tout commence au tribunal. À l’issue du procès, le juge peut condamner un individu à une peine de TIG, par exemple 3.600 heures. Mais à ce stade, le magistrat ne précise ni le lieu ni la nature des travaux à effectuer. Une fois le jugement prononcé, le parquet dispose de cinq jours pour transmettre le dossier au juge de l’application des peines (JAP).
> Le rôle central du JAP
C’est ce magistrat, désigné par arrêté du ministre de la Justice pour une durée de trois ans renouvelable, qui assure la mise en œuvre de la peine. Il a dix jours pour décider de l’affectation du condamné à un poste de travail concret, en tenant compte de plusieurs paramètres : les possibilités offertes par les institutions, la proximité avec le lieu de résidence du condamné, ainsi que son profil. Une fois sa décision arrêtée, il la notifie aux parties concernées.
Traditionnellement chargé du suivi des établissements pénitentiaires (contrôle de la légalité des détentions, visites mensuelles, vérification des registres, rapports d’observation, etc.), le JAP voit ses missions s’élargir avec la réforme de la procédure pénale.
Il pourra désormais recourir aux services sociaux du tribunal pour diligenter des enquêtes, intervenir également auprès des mineurs, proposer des changements de mesures éducatives, ou encore traiter des demandes de réhabilitation judiciaire.
> Les administrations au cœur du dispositif
Pour que le JAP puisse exercer cette mission, il doit s’appuyer sur des listes établies par les administrations et les institutions publiques. Conformément à la circulaire du chef du gouvernement du 16 juillet 2025, la DGAPR a engagé un vaste processus de coordination interinstitutionnelle.
Contactée par Médias24, la DGAPR indique que les 28 et 29 juillet 2025, deux grandes réunions se sont tenues au siège de la DGAPR avec l’ensemble des départements gouvernementaux concernés. Elles ont été suivies de rencontres bilatérales destinées à discuter, secteur par secteur, des propositions concrètes et des projets de conventions. Chaque institution est tenue d’identifier les lieux et types d’activités qu’elle est prête à accueillir dans le cadre du TIG.
Parmi les travaux envisagés figurent :
- le jardinage et l’entretien des espaces verts ;
- le nettoyage et la maintenance des locaux ;
- la préparation et la distribution de repas ;
- l’appui administratif de base (classement de dossiers, logistique) ;
- la conduite de véhicules pour le transport de matériel ou de denrées ;
- ou encore des tâches spécifiques adaptées à l’environnement de l’organisme concerné.
Ces listes sont ensuite transmises au JAP, qui les consulte pour décider quelle tâche attribuer à quel condamné.
> Une coordination territoriale encadrée
Le décret d’application, notamment son article 71, prévoit la création d’une commission locale de suivi.
Présidée par le gouverneur de la préfecture ou de la province, elle réunit le directeur de l’établissement pénitentiaire, les services déconcentrés de l’État, les collectivités territoriales ainsi que les institutions et organismes habilités.
Sa mission est de garantir la bonne articulation entre tous les acteurs et d’assurer la cohérence du dispositif sur le terrain.