Un décalage qui fait prospérer l’informel
La majorité écrasante des bijoutiers se trouvent sans accès direct à la matière première et s’en remettent à des intermédiaires qui, eux, trouvent des voies informelles. Ces canaux imposent leur tarif, alimentent la rareté et générent un surcoût qui se répercute, toujours, sur le prix payé par le client.
Plutôt que de laisser chacun négocier seul un impossible compromis, les bijoutiers ont choisi de se regrouper dans une société d’importation.
« Nous avons décidé de créer une société d’importation d’or. C’est le seul moyen de sortir de l’informel et d’assurer un approvisionnement régulier. Les statuts sont en cours de finalisation. Un expert-comptable accompagne la démarche, et un dialogue est ouvert avec les autorités », affirme notre interlocuteur.
Pour régler à l’avance l’intégralité ou la quasi-intégralité d’une facture dont les biens n’ont pas encore été reçus, une société doit disposer d’une attestation de référencement, délivrée seulement après deux ans d’activité. Cependant, la Fédération marocaine des bijoutiers a obtenu de la douane la promesse d’un assouplissement exceptionnel.
« Dans notre cas, et après des discussions avec les parties prenantes, nous avons obtenu la promesse de la douane de nous délivrer l’attestation de référencement avant cette échéance. Concrètement, nous sommes passés du principe de deux ans d’activité formelle à un an, puis, sur insistance, à six mois pour obtenir l’autorisation de régler intégralement à l’international ».
Ce que la nouvelle société d’importation va changer
Sur le plan économique, les effets attendus sont clairs. L’offre augmente, l’informalité diminue, et la formation des prix devient plus claire.