Selon les données de l’Office des changes arrêtées à fin août, les exportations automobiles continuent d’évoluer à la baisse. C’est la première fois depuis la période post-Covid qu’un mois d’août se termine sur une baisse.

À cette date, les ventes à l’étranger du secteur automobile sur 8 mois se sont établies à 98,7 MMDH contre 101,6 MMDH à la même période un an auparavant, soit une baisse de 2,9%.

L’impact sur l’écosystème fournisseurs

Cette évolution interroge sur le risque d’un effet d’entraînement sur l’ensemble de l’écosystème industriel marocain, notamment sur les fournisseurs et les équipementiers.

Dans le détail, le repli provient essentiellement du segment de la construction, en baisse de 15,4% en glissement annuel.

Tous les autres segments affichent des progressions notables. Les exportations de « câblage » poursuivent leur hausse de 5,8%, celles de l’« intérieur de véhicules et sièges » progressent de 8,1% et le segment « powertrain«  enregistre une croissance de 5,3% sur la même période.

Dans le même cadre, Médias24 a interrogé Adil Zaidi, président de la Fédération de l’automobile au sein de la CGEM.

Selon lui, même si le segment de la construction recule, la situation est tout autre chez les équipementiers, qui répondent à une demande soutenue de la part des constructeurs européens.

« Les exportations de véhicules montés reculent, c’est vrai, mais la demande en câblage et d’autres composantes demeure soutenue. Les constructeurs européens continuent de solliciter les unités marocaines, sans que cette demande ne montre aucun signe d’essoufflement », indique notre source.

Par ailleurs, Adil Zaidi souligne que la baisse des exportations observée en août s’explique principalement par la période des vacances, la reprise entamée depuis le début de l’année ayant marqué une pause.

« La baisse enregistrée en août s’explique principalement par la période estivale. Durant ces semaines, de nombreuses unités industrielles tournent à effectif réduit, aussi bien au Maroc qu’en Europe. La demande s’en trouve affectée, notamment dans le secteur automobile, où les constructeurs européens ralentissent leur cadence », explique-t-il.

« Nous sommes passés d’un recul de 7,8% en mars à une contraction de seulement 1,8% en juillet, avant un léger tassement en août. La reprise est donc progressive, mais la dynamique demeure fragile ».

Un ralentissement structurel du secteur automobile

Le débat remonte au début de l’année 2025, quand les exportations du secteur ont commencé à évoluer de façon inhabituelle.

Dans le même sens, Adil Zaidi souligne que la situation du secteur doit être lue dans le contexte plus large de la mutation du marché européen.

« Le problème de fond est structurel. Le marché européen est aujourd’hui inondé par les voitures hybrides chinoises. Il s’agit d’une offre particulièrement abondante en provenance de Chine, qui réduit les opportunités de l’offre marocaine sur son principal marché d’exportation ».

S’agissant des perspectives de fin d’année, Adil Zaidi estime que « si la tendance actuelle se maintient, les exportations automobiles devraient s’établir entre 150 et 155 MMDH à fin 2025, soit un niveau proche de celui de l’année dernière ».

« On sera plutôt dans une logique de stagnation que de croissance », conclut-il.