Il est des parfums qui ne nous quittent jamais. Des sillages qui nous transportent et qui, en une fraction de seconde, ravivent un souvenir heureux. MEZEL est de ceux-là. Derrière ce nom onirique – qui signifie en arabe « à l’aube des possibilités » – se cache une promesse : celle d’une invitation à l’émotion. Un parfum qui ne cherche pas à plaire au plus grand nombre mais à dire vrai.

Fondée par Sophia Gyé-Jacquot en 2024, MEZEL est une jeune maison de parfumerie franco-marocaine qui bouscule les codes de la scène olfactive. Sa particularité ? Des jus à la fois audacieux et authentiques, à la croisée du patrimoine aromatique maghrébin et du savoir-faire français.

Un double héritage, une vision unique

Née à Paris dans une famille franco-marocaine, Sophia Gyé-Jacquot grandit entre deux mondes. Une enfance parisienne, ponctués de longs étés au Maroc. C’est à Casablanca, au milieu des mille et une senteurs, qu’elle forge ses plus précieux souvenirs. Car s’il est un pays où le parfum est un art à part entière, c’est bien le Maroc.

Ici, tout est parfum. C’est un savoir-faire ancestral élevé au rang de rituel sacré. « Le Maroc m’a appris à sentir », confie-t-elle avec tendresse. « Pas seulement les parfums, mais aussi les gestes, les matières et les émotions  ».

Nourrie de ces deux cultures et inspirée par les femmes fortes qui l’entourent, Sophia Gyé-Jacquot se passionne très tôt pour l’univers de la beauté. Fascinée par le pouvoir qu’elle renferme et la confiance qu’elle procure, elle s’oriente naturellement vers une carrière dans l’industrie du luxe.

Après des classes préparatoires, elle intègre une école de commerce et se forge, au fil de ses premières expériences professionnelles chez Guerlain, Chanel ou encore LVMH, une solide expertise en marketing stratégique tout en s’imprégnant des codes du luxe et de l’exigence qui définit tant ces maisons parisiennes.

C’est toutefois à Londres, chez le parfumeur Molton Brown, qu’elle fait une rencontre décisive : celle du monde du parfum. Elle pilote le développement de fragrances, de la conception jusqu’au lancement sur les marchés internationaux. Une immersion qu’elle vit comme une révélation : elle y découvre un art invisible, porteur d’émotions et de souvenirs.

Séduite par ce langage des senteurs, elle comprend que le parfum est bien plus qu’une simple coquetterie ; il est confidence et mémoire à la fois. De retour à Paris, elle affine sa connaissance du parfum en rejoignant la Maison Goutal, reconnue pour ses jus d’exception.

Pourtant, un manque persiste. Sophia Gyé-Jacquot observe que les sillages des grandes maisons abordent trop souvent les traditions olfactives orientales de manière superficielle voire stéréotypée, sans leur rendre pleinement hommage.

De ce constat naît MEZEL : une maison de haute parfumerie qui propose un regard authentique et singulier, à la croisée de ses racines marocaines et de son expertise parisienne.

Des parfums singuliers et conscients

Ici, le parfum se conçoit comme un langage, un geste de transmission, une façon d’exprimer l’indicible. Chaque création puise son inspiration dans un souvenir, un rituel, une matière ou un moment vécu, le plus souvent au Maroc, parfois ailleurs. Mais jamais dans la nostalgie ni l’exotisme.

Pour donner vie à ses fragrances, Sophia Gyé-Jacquot s’entoure de trois parfumeurs de talent : Julie Massé, Mathilde Bijaoui et Jérôme Di Marino. Trois créateurs aux sensibilités singulières, capables de révéler l’intime sans jamais le figer.

Ensemble, ils imaginent une collection harmonieuse et incarnée, portée par une signature olfactive douce mais affirmée : un accord musc, fil conducteur présent dans chacune des créations. Dans le monde arabe, le musc évoque la pureté et la tradition ; en Occident, il se révèle moderne, texturé, presque abstrait.

Fragrance « Cuir de pastèque » de chez MEZEL.

On découvre ainsi des compositions surprenantes et irrésistibles. « Cuir de Pastèque », par exemple, marie la fraîcheur juteuse du fruit d’été à la délicatesse de l’iris et de la lavande, en hommage à la parfumerie française. « Datte Opaline » séduit par son sillage éclatant, associant la douceur d’un accord lait et datte relevé de vanille absolue et de néroli du Maroc. Enfin, «  Café Défendu » intrigue dès l’ouverture avec un accord puissant de cannabis, enrichi d’un trio gourmand de fèves – café, tonka et cacao – avant de se prolonger sur des notes fumées et boisées de vétiver. Un jus presque magnétique qui invite au lâcher-prise.

Des fragrances puissantes, renfermées dans un flacon aux lignes épurées, qui rend hommage à la mosquée Hassan II, chef-d’œuvre architectural où l’art marocain s’ouvre à l’universel.

Et pour parvenir à ces créations, la maison fait appel au savoir-faire et à l’expertise française pour l’ensemble de sa production. Elle privilégie des ingrédients d’exception, la plupart du temps issus du Maroc ou de la France.

Et si MEZEL ne se revendique pas «  green« , la maison se questionne et avance avec sincérité et respect dans sa démarche de production. Ainsi, elle s’efforce d’utiliser, dès que la qualité le permet, des matières upcyclées comme par exemple ses flacons rechargeables fabriqués avec au moins 20 % de verre recyclé  et dont les formules vegan, cruelty-free sont sans colorants .

Avec MEZEL, Sophia Gyé-Jacquot signe une nouvelle approche de la parfumerie indépendante : éthique, exigeante et ancrée dans une double culture.

Une démarche qui devrait rapidement séduire une clientèle en quête de sens et d’authenticité. Car entre engagement environnemental et créativité assumée, la marque entend s’imposer comme un acteur qui compte dans l’univers de la haute parfumerie.